HAL Id: jpa-00236771
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Sur l’application du spectroscope à l’observation des phénomènes d’interférence
Mascart
To cite this version:
Mascart. Sur l’application du spectroscope à l’observation des phénomènes d’interférence. J. Phys.
Theor. Appl., 1872, 1 (1), pp.177-188. �10.1051/jphystap:018720010017700�. �jpa-00236771�
177
SUR L’APPLICATION DU SPECTROSCOPE A L’OBSERVATION DES PHÉNOMÈNES
D’INTERFÉRENCE ;
PAR M. MASCART
On sait combien
l’analyse spectrale
de la lumière estprécieuse
pour l’étude dcs
phénomènes
d’interférencegrandes
diliéreiices de marche. Je ne veux pas exposer cesphénomènes
d’une manièrecomplète,
mais seulementindiquer
lesprincipaux
et donnerquel-
ques détails
pratiques
sur d’autrcsqui
sont moins connus.Si l’on veut
observer,
parexemplc,
la double réfraction recti-ligne
ou circulaire avec des lames tropépaisses
pour donner les teintes de lapolarisation chromatique,
on peutemployer
un spec- troscopeordinaire,
en mettant unpolariseur
en avant de lafente,
derrière le collimateur une lame
biréfringente
tailléeparallèle-
ment à
l’axe,
et enfin unpolariseur
entre l’oeil etl’oeulaii2;
onvoit alors le spectre sillonné de bandes d’interfé~°ence
plus
oumoins nettes. En
particulier,
si les sectionsprincipales
dupolari-
seur et de
l’allalyseur
sontparallèles
et si la sectionprincipale
de lalalne est
inclinée à 45 degrés
sur lesprécédentes,
les bandes d’in-terférence sont absolument noires. Une lame de quartz d’un cen- tilnètre
d’épaisseur,
une lame despath
d’unmillimètre,
ou unefeuille de gypse
clivé,
d’uneépaisseur intermédiaire,
convienenttrès-bien pour cette
expérience.
Je n’insiste pas sur la théorie, de cesphénomènes,
etje
renvoie le lecteur aux beaux Mémoirespubliés
sur cesujet
par MM. Fizeau et Foucault(2)
pour l’étude des états variés depolarisation qui
seproduisent
alors dans les dif-férents
points
du spectre entre deux bandes successives,.Si l’on
remplace
la lamebiréfringente
par une lame de quartz de 4 ou 5 centinlètrcsd’épaisseur perpendiculaire
àl’axe,
on observede
larges
bandes d’extinction dues à ladispersion
rotatoire. Ces bandes sedéplacent
dans un sens ou dans l’autrequand
on faittourner
l’analyseur,
et l’on reconnaîtra que le quartz est droit ougauche
en cherchant s’il faut tournerl’analyseur
à droite ou c~gauche
~
(1) Voir même tome, p. J 7.
{s) ~lnnales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XX~I et t. XXX.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018720010017700
178
pour faire marcher les
franges
vers le violet du spectre. Je ferai observer seulemeii t quc, si l’on voulaitprclclrc
des mesures exactes,il faudrait se
prén1.Ullir
contre l’influcncc duprislnc réfringent qui polarise
parréfraction,
et modifier un peu ladisposition expéri--
inentale.
De Wrede a
observé,
il y aplusieurs
années( 1 ) ~
des spectres à bandes d’interférencequi correspondent
aux anneaux colorés de Newton par réflexion. Pour cela il courbait une lame mince de inica en forme de surfacecylindrique
et exaininait au travers d’unprisme
laligne
brillanteque l’on
obtient cm éclairant cette laine àl’air d’une
lalnpe.
On peutrépéter
cetteexpérience
d’une marnièreplus simple,
en éclairant la fente du collimateur d’un spectroscope par de la lumièrequi
s’cst réflécli-ic sur une lame mince de lnica oude verre, ou bien en
disposant
cette lameobliqucmcnt
derrière l’o-culairc et observait
l’ilnagc
du spectrequ’elle
rénéchit. Dans tousles cas le spectre
parait
sillonné de bandes brillantes et noiresqui proviennent
de l’interférence des faisceaux réfléchis sur les deux faces de la lame mince. La différence de 111arcl1e des deux faisceauxest
exprimée
par la formule 2cn cosr-i- 2
danslaquelle
e est l’é-a
paisseur
de la1aI21e~
71, 1 eu 1 l’indice deréfraction, l’angle
de réfrac-tion et la
longueur
d’onde de la lumière que l’onenvisagc ;
le dernierterme 2 provient
de la perte de chcmi.nqui
s’établit dans l’une des2
deux réflexions. Les rayons pour
lesquels
cette différence de marcheest d’un nombre
impair
dedemi-longueurs d’onde,
ou pourlesquels
on a
in étant un nombre entier
quelconque,
interfèrentcomplétement
etmanquent dans le sl~ectre, où ils
produisent
une bande obscure.D’autres rayons, pour
lesquels
on aont une intensité maXimlln1. et forment les milieux de bandes bril-
(’) Poggr. Ann., t. XXXIII, p. 253. --· Voir le Répertoire d’Optique de M. l’abbé 1B:oiauo, t. Il, p. ;7 t; .
179
lances
qui
sont bordées de lumière dont l’intensité estprogressive-
met décroissante. Entre deux raies du spectre dont les
longueurs
d’onde sont X ct
~~,
il y aura un nombre iit- ln de bandes donné parl’expression
dans
laquelle
ou a accentue les lettresqui
se rapportent el la deu-xièn1.c raie.
Si la lumière incidente est
normale,
cequ’il
est facile de réaliseren éclairant la laine mince par de la lumière réfléchie sur une
glace
transparente, les formules deviennent
On peut remarquer que, si l’on
s’éloigne
de l’incidencenormale,
ladifférence de marche
diminue;
on voit lesfranges s’élargir
et I1l.ar-~11er vers le violet. Le nombre des bandes
qui,
pour une rotation donnée de lalame,
passent sur uneraie,
peut se déduire deséquations ( 1)
et1 )~ qui
donnentOn obtient des apparences
très-variées,
enopérant
avec de lalumière
qui
s’est réfléchieplusieurs
fois sur des lames de mica dif~ié- rentes, comme le faisait De Wrede à l’aide d’une double réflexionsur deux lames courbées.
L’empiétement réciproque
dessystèmes
de bandes dus aux diff’érentes lames donne des cannelurcs
pério- diques
que De Wredecomparait
aux raiesd’absorption produites
par certains milieux
colorés,
comme les vapeursd’iode,
de bromeet d’acide
hypoazotique.
On peut encoreprofiter
de cetteexpérience
pour constater la perte d’une
demi-longueur
d’onde due à la ré- flexion dans certains cas. Il suffitd’argentcr
la deuxième face de la laine de mica sur unepartie
de sonétendue ;
on observe alors que les bandesproduites
dans le spcctrc par la lumière réfléchie sur larégion argentée
alternent avec cellesqui proviennent
de lapartie
non modifiée.
180
Ces
expériences
réussissent très-bien avec des lames de lnica de ollm 102 à 0~~,01 Id’épaisscur. Toutefois,
comlne le mica est bi-réfringent,
il peut arriver que les deuxsystèmes
de bandesqui
pro- viennent des deux rayons réfractés soientalternants;
il serait alors. nécessaire
d’employcr
unanalyseur
pour les mettre en évidence.On peut aussi faire usage de lamelles de verre un peu
plus épaisses,
comme celles
qui
servent à couvrir lcspréparations microscopiques ;
mais il est
beaucoup plus
dilficile d’en trouverqui
aient leurs facessuffisamment
parallèles.
,De
même,
il cst très-facilcd’observer,
comme l’afait Erman ~ 1 ~,
des spectres à bandes d’interférence
qui correspondent
aux anneauxde Newton par transmission. Pour
cela,
oninterceptée
le faisceaux lumineux par une lame mince de inica ou de verre que l’onplace
en un
point quelconque,
soit devant lafente,
soit à la suite du col-limateur,
soitaprès
leprisme,
soit derrièrel’oculaire,
de manière à couv rir entièrement lapupille.
Cette dernièredisposition
est lameilleure,
parcequ’il
suffit alors que la lame ait uneépaisseur
con-stante dans une
très-petite
étendue. Les bandes sombres que l’onaperçoit
dans le spectre ne sontplus compléteinent obscures,
commedans le cas
précédent;
ce sont seulement des minimaanalogues
àceux des anneaux de transmission.
On obtient les combinaisons de bandes les
plus remarquables
ensuperposant
plusieurs
lames de micad’épaisseurs différentes ;
iln’est pas utile de les
décrire,
et chacun les observera sans difficulté.dès la
première
tentativ e. La différence de marche des deux fais-ceaux
qui interfèrent,
et dont l’un a traversé trois fois la lame par suite d’une doubleréflexion,
est iciégale
à 2 en cos i’. Le nombre des bandesqui
existent entre deux raies déterminées et le nombre de cellesqui
passent sur une raiequand
onchange l’inclinaison,
sontencore donnés par les mêmes
équations
queprécédemment.
Cephénomène
comporte unetrès-grande précision,
et l’on voit aisé-ment le
parti
que l’on peut en tirer pour la mesure des indices de réfraction de lamesminces;
maisje
n’insiste pas maintenant surcette
application,
parceque j’y
reviendraiplus
loin à propos d’unautre genre d’interférence
qui
nieparaît présenter,
sous ce rap-parut, de nombreux avantages.
1
(1) G’omptes rendus de r Académie des Sciences, t. XIX, p. 830 (IS4 D.
181
Supposons
maintenant que l’on veuille observer des spectres à bandes d’interférencecorrespondant
auphénomène
des lainesmixtes
d’Young,
c’est-à-dire au cas 01B les deux faisceauxqui
inter-fèrent ont traversé des
épaisseurs égales
de deux milieuxdifférents ;
l’un
d’eux,
parexemples,
traverserait une lame de verre, tandis que l’autre cheminerait dans l’air.L’expérience
peut êtredisposée
dela manière suivante : à l’aide d’un collimateur à fente K
(fig. y
etd’une lunette sans oculaire
L,
onproduit en f’
uneimage
linéaireque l’on fait tomber sur la fente d’un spectroscope ;
alors,
si l’oninterpose
une lame de verre en 1VI ou en 1B1’ de manière àintercepter
la moitié du faisceau de
lumière,
on voit le spectre couvert de bandes noiresd interférence,
une lame d’un quart de millimètre ou moinsd’épaisseur
convient très-bienquand
onn’emploie qu’un
seulprisme.
Le retard
éprouvé
par le faisceauqui
a traversé la lamede verre,
si l’incidence est
normale,
estexprimé
par(ii 1 ~
e. Pour certains rayons, ce retard seraégal
à un nombreimpair
dedemi-longueurs d’onde ;
il seproduira
alors unefrange
obscure sur lafeiite..f’
et lesfranges
latérales serontinterceptées
par les bords de lafente ;
il yaura donc une bande noire dans la
région correspondante
du spectre.Les rayons
qui
ne satisfont pas à cette conditionproduiront
sur lafente
~’~
unequantité
de lumièreplus
ou moinsgrande qui
se re-trouvera dans le spectre.
Dans le cas
actuel,
la lame retardatrice peut êtreplacée
indiflë-remment en 31 ou en
1B1’; mais,
si l’on ouvrelargement
la fente~’~,
on observe cette circonstance
remarquable
que la lameplacée
en 81’ne donne
plus
debandes,
tandisqu’elle
enproduit
encore de très-belles si on la met en M.
La nature du
phénomène
est alors un peumodifiée;
il seproduit
182
une nouvelle
espèce
de bandes d’interférencequi
ontété
aperçues pour l apremière
fois par Talbot( ’ ~ .
Pour observer les bandes de Talbot avec le spectroscope
ordinaire,
il suffit
d’interposer
une lameréfringente
sur la moitié du faisceaude lumière
(~ f ~~. 2),
en 1 ou en l’ ou même enl /1,
derrièrel’oculaire,
de m anière à couvrir la moitié de la
pupille.
On voit que l’on établit ainsi un rctard sur la moitié du faisceauqui
traverse leprisme
dans le
voisinage
del’arétc ; l’expérience
ne réussirait pas si l’oninterceptait
l’autre moitié. La lunette doit êtreréglée
defaçon
que le spectre soit bien aupoint
pourl’observateur; toutefois,
on peut alors enfoncer ou retirer l’oculaire dans d’assezgrandes limites,
sans que les bandes
disparaissent.
Cette
expérience
peut être modifiée de bien des manières :Baden-Powell
parexemple,
s’est servi d’unprisme
àliquide
dansl’intérieur
duquel
il introduisait une laineréfringent.
M. Stokersmet la 1 ame
réfringente
dans une cuve à facesparallèles
renfermantun
liquide,
et ilplace
cette cuve sur letrajet
du faisceau avant ouaprès
leprisme.
Dans les deux cas, la différence de marche estégale
au
produit
del’épaisseur
de la lame par la différence des indices de réfraction de la laine et duliquide.
Quelque disposition
que l’onadopte,
il est nécessaire que le re- tard maximum soitporté
sur la moitié du faisceauqui
traverse leprisme
dans levoisinage
de l’arête. Cettesingulière dissymétrie
a Eété
signalé
d’abord parBrewstcr;
31.Airy
en a donné uneexplica-
tion
complète 2 ~
sous une formequi
a sans doute rebutébeaucoup
de
lecteurs,
car elle lneparait
peu connu. Le calcul exact n’offre~’ ) Plailoso~hical l~la~ ~rziuc, t. X, p. 36~ ; t S3; .
(~) P/~7o~o/?~c~r/~/2~c~o/~, i 8 ~o et 18 Il i °
183
pas de difficultés
quand
on se borne à considérer lephénomène
dansle
plan
où seproduit
un spectre laur ; mais on peut donner une idée . suffisante duphénomène
par des considérations élémentaires.Si lc collimateur est
pa.rfaitcment achromatique
et la fente aufoyer principal,
la lumièrequi
sort duprisme
est formée d’une série de faisceaux de rayonsparallèles
dont la directiondépend
de lacouleur. Tous ces faisceaux tombent sur
l’objectif
de lalunette,
etnous
désignerons
par axe d’une couleur la droite mcnée par lecentre
optique
del’objectif, parallèlement
aux rayons correspon- dants.Supposons
quel’objectif
soitdiaphragmé
par un écran rec-tangulaire
delargeur ~,
à moitié couvert par une lameréfringente,
et considérons une couleur pour
laquelle
le retard subi par l’une des moitiés du faisceau soit un nombre entier delongueurs
d’onde.Cette couleur se réfracte dans
l’objectif
comme s’iln’y
avait pas e~.de
retard,
etproduit
dans leplan
focalprincipal
uneimage
brillantede la fente bordée par des
franges
de diffraction alternativement obscures et brillantes. Les minima successifs sont nuls et se pro- duisent dans dcs directionsqui
font avec l’axe desangles
e donnéspar la formule
dans
laquelle
nidésigne
un nombre entier. Ces maxima et minimapeuvent être
représentés
par la courbe 1(fig. 3).
~ 1
Considérons une autre couleur un peu
plus réfrangible
et suppo-sons d’abord
qu’elle
se propage dans la même direction que la pure- mière. Le retard causé par la lame seraexprime
par un nombre delongueurs
d’onde un peuplus grand, puisque
l’indice de réfraction184
augmente et que la
longueur
d’ondediminue,
c’est-à-dire par un noinbre entierplus
unefraction;
lafrange
maximumquittera
1 axeet se portera du côte de la lame
retardatrice,
vers ladroite,
parexemple,
en se modifiant un peu ; lepremier
minimum sedéplacera
aussi et le
phénomène
pourra êtrereprésente
par la courbe II. Il en sera de même pour d’autres couleurs moinsréfrangibles
encore, etl’on en trouvera bientôt une pour
laquelle
le retard auraaugmentés
d’une
demi-longueur
d’onde. Celle-ci donnera un minimum nul surl’axe,
et deux maximaégaux
de part etd’autre,
commel’indique
lacourbe III. Il est clair que si toutes ces couleurs ont la même direct- tion
primitive,
commeje
l’aisupposé,
les états variés d’interférencevont se superposer et
produire
un éclairement uniforlne.Nlais le
prisme
airnprimé
aux différentes couleurs des directionsqui
varient d’une manièrecontinue ;
il peut alors sepréscnter
deuxcas.
Si l’arête
réfringente
duprisme
est àgauche,
c’est-à-dire du côtéopposé
à lalame,
les axes des dilléreiites couleurs s’inclinent deplus
en
plus
vers la droite à mesure que laréfrangibilité
augmente, desorte que le
premier
maximum de la courbe II sera encoreporté
vers la
droite,
à cause dudéplacement
de l’axe. Il en sera de même pour les couleurs suivantes et lephénoinéne
restera confus.Si l’aréie
réfringente
est du côté de lalaIne,
les axes des couleurss’inclinent à
gauche quand
lalongueur
d’onde diminue. Cedéplace-
ment des axes ramène les maxima vers la
gauche,
et si ladispersion
est
convenable,
il peut arriver que les minima des couleurs succes-"
sives soient
superposés j
on verra alors des bandes noires dans le spectre.Quand
cette condition sera réalisée exactement, les lninilna A’ et A" seront venus se superposer aupoint A,
les minima 13’ et li~’au
point B,
etl’angle
3 sous-tendu par lafrange
AB seraégal à
la dis-tance
angulaire
des bandes successives du spectre. D’autre part, ona pour le
point
1Bce
qui
donneou
185
Telle est la relation
très-simple qui
doit exister entre lalargeur
du
diaphragme
etl’angle
apparent des bandes pour que lephéno-
mène ait le maximum de ne tteté .
On peut remarquer que les couleurs pour
lesquelles
le retard estun nombre entier de
lomgueurs
d’onde ne sont pasdéplacées,
de sorteque si ~1 et À’ sont les
longueurs
d’onde de deux couleursqui
satisfontà cette
condition, n
et n~ les indices de réfractioncorrespondants
dela lame
qui produit
leretard,
on aurad’où
Cette
expression
donne le nombre de bandesqui
existent dans le spectre entre les deux rayons considérés .Si~la
lame estplacée
dansun liquide
dont les indices de réfractionsont tz1 et
n’1 ,
on a de mêmeLa f ormule
( 4 ~
montre toutes les circonstances duphénomène.
Ony
voit,
parexemple, qu’avec
le rouge on pourra conserverplus
delargeur
audiaphragme,
c’est-à-direplus
delumière.,
et eneffet,
lesfranges
sontgénéralement plus
faciles à voir dans le rouge. Si la difl’érence de marche estfaible,
il y a peu de bandes dans le spectre : il faut alorsemployer
une faibledispersion
ou rétrécir lediaphragme ;
le contraire a lieu si le retard est considérable. J’ai d’ailleurs vérifié
cette forlnule en
produisant
des retards très-différents et en déter- minant par tâtonnements les ouvertures dudiaphragme qui
don-naient le
plus
de netteté auphénomènes.
Avec de la lumière verte,par
exemple,
si l’on évalue la distance d en millimètres etl’angle
aen
minutes,
on trouve par le calcul que leproduit
dô doit êtreenviron de
3,9,
et en cherchant parexpérience
les conditionsqui
rendent les bandes minima le
plus sombres,
cequi présente toujours
une certaine incertitude surtout
quand
la lumière estfaible, j’ai
obtenu des nombres variant
depuis 3,1 jusqu’à 1~,~,
et la moyenne a été de3,7,
cequi
estparfaitement
conforme à la théorie. Il est186
presque inutile
d’ajouter
que les minima seront de moins en moinsapparents â mesure que l’on
s’éloignera
des conditionsqu’indique
"la formule
(4).
Pour obtenir des retards variant d’une manière
continue,
il suffit, d’incliner lalame,
comme on le verraplus loin,
maisj’ai employé
avec un
grand
succès les bilamesimaginées
par 1~2. 11 izeau. Un seul de cesappareils
peutsulire,
maisl’expérience
estplus
intéressantequand
on enemploie deux,
commel’indique
lafig.
4. Lapremière
Fig. 4.
bilame NI
sépare
les deux moitiés du faisceauqui
sort du collinla-teur, la seconde NI’ les ramène au contact. On peut ainsi écarter l es deux faisceaux interférents de
plus
d’uncentimètre ;
il est alors facile de les modifierséparément
et de constituer un véritableappareil
interférentiel. Si les bilames sont toutes deux
également
inclinées surla direction de la
lumière,
elles n’introduisent pas de différence demarche; mais,
en faisant tourner l’une d’elles autour d’un axe ver-tical à l’aide d’une vis
micrométrique,
on peut introduire un retardsur l’un ou l’autre des faisceaux interférents et
produire
dans lespectre des bandes aussi
larges
et aussi resserréesqu’on
le veut. Onvoit que ces bilames
jouent
en même temps le rôle de compensa-teurs. ..
Ces bandes dans le spectre
présentent plusieurs particularités
intéressantes dont
je
vais encore citer la suivante.Supposons
que, la fente du collimateur étanttrès-étroite,
les bandes minima soient absolument noires, cequi correspond
à la condition(4).
Si l’onélargit
peu à peu la fente ducollimateur,
l’éclatgénéral
augmente, mais les bandes deviennent moins nettes et finissent pardisparaître
entièrement. En continuant
d’élargir
lafente,
on voit les bandes semanifester de nouveau sans que les minima soient
nuls,
s’évanouirensuite, puis reparaître
encore, etc., et l’on peut obtenir aisément187
une dizaine d’altcrnatives débandes et
d’éclairage
uniforme.Quand
on
élargit
lafente,
les maxima du spectres’élargissent
en mêmetemps; si
deux
maxima voisinsempiétent convenablement,
l’éclatsera
umiforme;
s’ilseinpiètent davantage,
lespoints
où la superpo- sitioIl aura lieuparaîtront plus
éclatants que chacune desina-xima,
et le
phénomène
scrarenversé; puis
les bandesdisparaîtront
denouveau et renaîtront à leurs
positions primitives quand chaque
maximum sera
augmentés
parl’empiétement
des deux maxima voi-sins,
et ainsi de suite. Si la fentes’élargit également
des deuxcôtés,
tous ces
changements
se font surplace ; mais,
si l’on écarte un desbords de la fente
sculement,
on obscrve en même temps unpetit glissement
des bandes à droite ou àgauche.
Ces transformation sont, bienentendu, complétement indépendantcs
du moyen que l’onemploie
pourproduire
lesbandes;
on peut les obtenir avec tous les spectres cannelés.Si la lame retardatrice est
biréfringente,
les deux rayons ordi- naire et extraordinairequ’elle
fournitagissent
Isolément et donnentdeux
systémes superposés
de bandespolarisées
àangle droit, qui
peuvent se troublcr d’une manière
plus
ou moinscomplète.
Il su~.talors d’exaininer le spectre avec un
analyseur
pour faireapparaître
alternativemcnt l’un ou l’autre des deux
systèmes.
Nous avons
supposé jusqu’à présent
que la lame retardatrice était normale à la lumière incidente. Si cette lame estoblique,
le retardqu’elle produit
estaugmenté.
On trouvera aisémentqu’il
estexprimé
par la formule
( n cos 1 -
cos i )e.
On
vérifié,
eneffets,
que si l’on incline la lame dans un sens ou dans l’autre les bandes se resserrent et marchent vers le rouge; cettepropriété
fournit le moyen de laplacer
exactement normale à la lumière incidente. Si la laine estplongée
dans unliquide,
le retardproduit
dans une directionoblique
sera de même( ~a cos r - n, cos r, j e.
Les
applications
de cephénomène
seprésentent
maintenantd’elles-mêmes.
~ ° En comptant le nombre des bandes
qui
existent entre deuxraies du spectre et mesurant
l’épaisseur
de lalame,
on aura par l’é-188
quation 5~
une relation entre les indices de réfraction pour ces deux raies. Si l’onnéglige
ladispersion,
cetteéquation
fournitrapide-
ment une valeur
approchée
de l’inaicc de rétraction.2° On peut, par des
procédés kl’ÔS-Si1lipleS,
faire tourner la lamed’un
angle
connu ct compter lcnoxnhrc p
de bandesqui
passent surune raie déterminée. Les deux
équations
donneront alors
expression qui
permet de calculer la valeur de n.30 Si la lame est
plongée
dans unliquide, l’équation (6)
donnerad’une manière très-exacte la différencc des indices de réfraction des deux corps, surtout si leurs
dispersions
ne sont pas très-dinérentes.On pourra choisir une lame de quartz dont les indices sont bien
connus et en déduire ceux du
liquide.
On voit même que, si l’onemploie
leprocédé
de1’albot, qui
consiste à couvrir enpartie
la pu-pille,
il suflira dequelques
gouttes seulement duliquide;
il seraitfacile de déterminer ainsi la réfraction des inilieux de l’0153il d’une manière
beaucoup plus
exactequ’elle
ne l’a étéjusqu’à présent.
40 En faisant tourner la cuve
qui
renferme leliquide,
on obtien-drait directement par le nombre des bandes
qui
passent sur une raie la différence des indices duliquide
et de la lameréfringente.
L’emploi
des bandes de Talbot pour ce genre de recherches meparaît préférable
à celui des spectres à bandescorrespondant
auxanneaux de
Newton,
à cause de la commodité del’expérience,
destransformations nombreuses
qu’on
peut lui fairesubir,
et par suite de cette circonstance que les formules donnent directement lapartie
décimlale des indices de réfraction ou la diflérence de deux
indices,
ce
qui
permet d’atteindre uneplus grande précision.
Les limites de cet article lIe m’ont pas
permis
d’entrer dans desdétails
très-circonstanciés, mais j’espère que j’ai
pu donner une idéedes ressources que
présentc
pour ungrand
nombre de recherches uninstrument