UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI M
Dr Casimir D. AKPOVI
Maître-assistant des universités en Biochimie
Maître de mémoire : Pr François DJROLO
Professeur agrégé des universités en endocrinologie
Co-maître de mémoire: Achille ABODOHOUI
Présenté et soutenu par:
ANALYSE DE LA VARIATION DU PROFIL LIPIDIQUE CHEZ LE DIABETIQUE SOUS
TRAITEMENT
THEME
Pour l’obtention du diplôme de Master Professionnel
MEMOIRE DE FIN DE FORMATION Spécialité: Technologie Biomédicale
Mention: Génie de Biologie Humaine
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI DEPARTEMENT DE GENIE DE BIOLOGIE HUMAINE
Président :
Pr Frédéric LOKO
Professeur titulaire des universités en Biochimie
Membres :
Pr François DJROLO Dr Julien SEGBO
Maître-assistant des universités en Biochimie
Dr Casimir D. AKPOVI
Jury : Sous la direction de :
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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
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ECOLE POLYTECHNIQUE D’ABOMEY-CALAVI
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DEPARTEMENT DE GENIE DE BIOLOGIE HUMAINE
DIRECTEUR: PrFélicien AVLESSI
DIRECTEUR ADJOINT: PrClément BONOU
CHEF DU DEPARTEMENT DU GENIE DE BIOLOGIE HUMAINE:
DrJulien SEGBO
« Nul n’ignore ce que sont les longues années de recherche dans les ténèbres pour une vérité que l’on sent, sans pouvoir l’exprimer, l’intense désir et les alternances de certitudes et de doutes jusqu’à ce que l’on atteigne la clarté et la connaissance. »
Albert Einstein
DEDICACES
A mes très chers parents
En hommage à tous les sacrifices que vous avez consentis pour moi durant toutes ces années à l’école. Aucune dédicace, aucun mot de remerciement ne saurait exprimer véritablement mon profond amour, mon respect et ma vive gratitude envers vous.
A mes sœurs et mes frères
En témoignage de mon profond amour: je vous souhaite la paix du cœur.
REMERCIEMENTS
A Dieu tout puissant
Pour son soutien à la réalisation de ce travail.
A mes amis (es)
Pour les peines et joies partagées.
A tout le personnel de la banque d’insuline
Pour votre disponibilité, votre soutien, vos multiples conseils et l’ambiance cordiale qui a régné lors de mon stage.
A tous mes camarades de promotion
Pour notre solidarité, notre franche amitié et en souvenir des moments de joies et peines vécus ensemble. Courage, persévérance et brillante carrière à vous.
Aux autorités et enseignants de l’EPAC
En particulier ceux de Génie de Biologie Humaine. Recevez ici le témoignage de notre profonde gratitude.
A tous-ceux qui ne sont pas évoqués dans ces pagesmais qui ont contribué à la poursuite de ma formation ou à la réalisation de ce travail, sans qui ceci n’eut été possible, soyez rassurés.
Santé et longévité.
HOMMAGES
Au professeur François DJROLO
Vous avez accepté de diriger ce travail malgré vos multiples occupations. Vous avez rendu possible la réalisation de cette étude en nous ouvrant les portes de la banque d’insuline où une partie du travail a été réalisée. Votre rigueur scientifique et votre ouverture d’esprit font de vous un modèle à suivre pour autant de jeunes désirant contribuer à mieux appréhender la maladie du diabète ici au Bénin. Hommages respectueux.
Au Docteur Casimir D. AKPOVI
C’est un grand honneur et une extrême fierté de vous voir me confier ce travail et veiller à son élaboration, en sacrifiant votre temps précieux et vos efforts. Je garderai toujours les meilleurs souvenirs de votre immense savoir et de votre sens du devoir. Qu’il me soit permis de vous exprimer ici mon profond respect et mon intense admiration pour vos qualités humaines exceptionnelles.
A son excellence, le président du jury
C’est un honneur que vous nous faites en acceptant de présider notre jury de soutenance. Par vos observations, nous espérons améliorer ce travail. Hommages respectueux.
Aux honorables membres du jury
Nous sommes très heureux de vous avoir dans notre jury. Vos critiques sont indispensables à l’amélioration de ce travail. Hommages respectueux.
RESUME
Contexte: Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie chronique dont la complication peut entrainer l’hypertension, l’athérosclérose et les maladies cardiovasculaires. Les anomalies lipidiques, qui sont communes chez les patients DT2, constituent des facteurs de risque majeurs de complication. Le succès du traitement du DT2 passe par la restauration des taux sanguins des paramètres lipidiques qui, selon notre hypothèse, peuvent servir de baromètre pour le suivi du patient diabétique. Pour cela, la normalisation de l’HbA1c devrait être accompagnée d’une normalisation concomitante du profil lipidique. Méthodes: Notre étude s’est déroulée en deux étapes, une prospective et une rétrospective. Les taux sériques de la glycémie, du cholestérol total (CT), du cholestérol dérivé des HDL (HDLc) et des triglycérides (TG) étaient déterminés par des méthodes enzymatiques chez les patients DT2 et des sujets contrôles non diabétiques. Le taux de cholestérol dérivé des LDL (LDLc) est calculé par la formule de Friedwald. Les analyses statistiques des résultats obtenus sont réalisées avec le logiciel Sigma Plot software 2010. Résultats: A l’étape prospective de notre étude, les résultats ont montré que les TG augmentaient significativement (p<0,01) chez les diabétiques comparés aux sujets non diabétiques alors que le HDLc baissait significativement (p<0,05). Le traitement à la metformine baissait (p<0,05) les TG chez les diabétiques alors que l’effet des sulfamides était mitigé. A l’étude rétrospective, chez les patients diabétiques sous traitement, seuls les TG étaient significativement augmentés lorsque l’HbA1c > 9,5%.
Nous avons déterminé une corrélation entre l’HbA1c et la glycémie (r = 0,60; p<0,05) mais pas entre l’HbA1c et les paramètres lipidiques. Conclusion: Ensemble, nos résultats suggèrent que les paramètres lipidiques ne reflètent pas la variation de l’HbA1c chez le patient diabétique et ne peuvent être ciblés comme facteur déterminant dans le suivi du traitement antidiabétique.
Mots clés: Diabète, traitement, HbA1c, paramètre lipidique, corrélation.
Abstract
Background: Type 2 diabetes (T2D) is a chronic disease which complication may cause hypertension, atherosclerosis and cardiovascular diseases. Lipid abnormalities, which are common in T2D patients, are major risk factors for complications. Successful treatment of T2D goes through restoring of blood levels of lipid parameters which, according to our hypothesis, can serve as a barometer for the monitoring of diabetic patients treatment. For this raison, the standardization of HbA1c should be accompanied by a concomitant normalization of lipid profile. Methods: Our study was conducted in two steps, a prospective study and retrospective analysis. Serum glucose, total cholesterol (TC), HDL-derived cholesterol (HDLc) and triglycerides (TG) were determined by enzymatic methods in T2D patients and in non diabetic control subjects. The LDL-derivative cholesterol (LDLc) is calculated by the Friedwald formula. Statistical analyzes of the results were performed with Sigma Plot software 2010 software. Results: In the prospective phase of our study, the results showed that TG increased significantly (p <0.01) in diabetic compared with non diabetic subjects, while HDL fell significantly (p <0.05). Treatment with metformin lowered TG level (p <0.05) in diabetic, while the effect of sulfamides was mixed. In diabetic patients under treatment, only TG level was significantly increased when HbA1c >9.5%. We found a correlation between HbA1c and glucose (r = 0.60, p <0.05) but not between HbA1c and lipid parameters.
Conclusion: Together, our results suggest that lipid parameters do not reflect the change in HbA1c levels in diabetic patient and can be targeted as a determining factor in the monitoring of diabetic treatment.
Keywords: Diabetes, treatment, HbA1c, lipid parameter, correlation.
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
%: pourcentage
°C: degré Celcius µL: microlitre
ACAT: acyl coenzyme A cholesterol acyltransferase AG: acide gras
AGNE: acides gras non estérifiés Apo: apoprotéine
CE: cholestérol estérifié
CETP: cholestérol ester transfer protein CL: cholestérol libre
CM: chylomicron CT: cholestérol total DG: diabète gestationnel DT1: diabète de type 1 DT2: diabète de type 2
GLUT: transporteur de glucose HbA1c: hémoglobine glyquée HDL: lipoprotéine de haute densité
HGPO: hyperglycémie provoquée par voie orale IDL: lipoprotéine de densité intermédiaire
LDL: lipoprotéine de faible densité LDLr: récepteur des LDL
LRP: LDL-receptor related protein mL: millilitre
MODY: maturity onset diabetes of the young OMS: Organisation Mondiale de la Santé PL: phospholipide
PLTP: phospholipid ester transfer protein SIDA: syndrome d’immunodéficience acquise TG: triglycérides
UAC: Université d’Abomey-Calavi VIH: virus d’immunodéficience humaine VLDL: lipoprotéine de très faible densité
LISTE DES TABLEAUX
Pages
Tableau I: Classification étiologique du diabète sucré ……… 6
Tableau II: Dosage du glucose ……… 22
Tableau III: Dosage des triglycérides ……….. 24
Tableau IV: Dosage du cholestérol total ……….. 25
Tableau V: Dosage du cholestérol HDL ……….. 26
Tableau VI: Variation du profil lipidique suivant l’âge des sujets diabétiques sous traitement………... 31
LISTE DES SCHEMAS
Pages
Schéma 1: Effets pléïotropes de l’insuline ……… 7
Schéma 2: Interaction entre résistance à l’insuline, dysfonction des cellules ß ainsi que glucotoxicité et lipotoxicité dans la genèse du DT2 ... 9
Schéma 3: Lipides des membranes biologiques ………... 11
Schéma 4: Structure générale d’une lipoprotéine ……… 12
Schéma 5: Métabolisme des chylomicrons ……….. 13
Schéma 6: Métabolisme des VLDL ……… 15
Schéma 7: Métabolisme des HDL ……… 16
Schéma 8: Mécanisme d’action des statines ……… 19
LISTE DES FIGURES
Pages Figure 1: Répartition des patients par petites tranches d’âges……… 29 Figure 2: Répartition des patients par grandes tranches d’âges……….. 30 Figure 3: Répartition des patients suivant le sexe……….. 30 Figure 4: La glycémie et le taux sérique des paramètres lipides chez les sujets
diabétiques et comparés aux sujets non diabétiques ………….………. 32 Figure 5: Taux sérique des paramètres lipidiques chez les sujets diabétiques non traités, sous metformine et sous sulfamides ………... 33 Figure 6: Variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction du taux d’HbA1c chez les sujets diabétiques sous traitement ... 34 Figure 7: Variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de l’IMC chez les sujets diabétiques sous traitement ………... 35 Figure 8: Variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de
l’ethnie chez les sujets diabétiques sous traitement ………... 36 Figure 9: Corrélation entre le taux de glycémie et le taux de l’HbA1c ………. 37 Figure 10: Corrélation entre le taux sérique des paramètres lipidiques et l’HbA1c... 38
Figure 11: Variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de la
glycémie chez les sujets diabétiques sous traitement ………. 39
SOMMAIRE
Pages
INTRODUCTION ……… 1
1- GENERALITES 1.1- Le diabète ……….. 3
1.2- Lipides ………... 10
1.3- Diabète et lipides ………... 17
2- CADRE, MATERIEL ET METHODES 2.1- Cadre d’étude ………... 20
2.2- Matériel d’étude ………... 20
2.3- Méthode d’étude ………. 21
3- RESULTATS ET DISCUSSION 3.1- Figures et légendes ……… 29
3.2- Analyses des résultats ……… 40
3.3- Discussion ………... 43
CONCLUSION ET PERSPECTIVES. ……….. 46
BIBLIOGRAPHIE ……….. 47
INTRODUCTION
Le diabète est une maladie chronique, de longue durée, évolutive, souvent associée à une invalidité et à la menace de complications graves. Contrairement à une vieille opinion considérant le diabète sucré comme une maladie des pays riches, cette affection constitue de plus en plus une préoccupation majeure dans les pays en développement (Gning et al., 2007).
L’Afrique Subsaharienne est la région la plus touchée avec une forte prédominance du diabète de type 2 (DT2) (Gning et al., 2007).
Au Bénin, la prévalence du diabète est de 1,1 % en 2001 (Djrolo et al., 2003). La grande majorité des patients qui développent le DT2 présente des facteurs de risque cardiovasculaire comme l’hyperglycémie chronique, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, l’inflammation, l’hypercoagulation regroupés tous sous le nom de syndrome métabolique (Bonoro et al., 2004; Ninomiya et al., 2004).
Les anomalies lipidiques sont communes chez les patients vivants avec le DT2 et constituent des facteurs de risque majeurs de maladie cardiovasculaire (Garg, 1996; Brunzell et Hokanson, 1999). C’est pourquoi les meilleurs traitements contre le diabète présentent le double avantages de baisser le taux de glucose sanguin tout en réduisant le niveau des paramètres lipidiques comme les triglycérides (TG) et le cholestérol dérivé des lipoprotéines de faible densité (LDLc) (Giugliano et al., 1993; Fanghanel et al., 1996) et en augmentant celui du cholestérol dérivé des lipoprotéines de haute densité (HDLc).
L’HbA1c est utilisée comme marqueur à long terme du contrôle de l’état de santé du diabétique (Khaw et al., 2004). C’est un indicateur du taux moyen du glucose sanguin qui peut prédire les risques de complication chez le patient diabétique (Haffner et al., 1998).
Cependant, le test coûte cher et ne peut être réalisé dans la plupart des centres de santé.
Dans cette étude, nous nous sommes fixés pour objectif générald’analyser si le profil lipidique est influencé par le succès du traitement antidiabétique.
Les hypothèses qui orientent la présente étude s’énoncent comme suit:
- Les sujets diabétiques présentent une dyslipidémie;
- il existe une bonne corrélation entre l’HbA1c et les paramètres lipidiques chez le patient diabétique;
- le traitement antidiabétique améliore le profil lipidique au même titre que l’HbA1c.
La vérification de cette hypothèse se fera à travers l’atteinte des objectifs spécifiques suivants:
- Déterminer les paramètres lipidiques chez des patients diabétiques et des sujets non diabétiques et les comparer;
- comparer le profil lipidique chez les patients diabétiques sous traitement avec le profil chez les patients non encore sous traitement;
- déterminer le taux de l’HbA1c chez les sujets diabétiques;
- rechercher une corrélation entre les paramètres lipidiques et l’HbA1c.
1- GENERALITES
1.1- LE DIABETE
1.1.1- Epidémiologie du diabète au Bénin et de part le monde
Le diabète est une maladie chronique, de longue durée, évolutive, souvent associée à une invalidité et des complications graves. Il est causé par l’incapacité de l’organisme à produire suffisamment d’insuline ou à l’utiliser convenablement (Ehud, 2008). On distingue le diabète de type 1, le diabète de type 2, le diabète gestationnel et les autres types spécifiques de diabète. Le diabète est reconnu aujourd’hui comme une épidémie mondiale dont les conséquences socio-économiques sont catastrophiques (OMS, 2011). Chaque année, il fait autant de victimes que le VIH/SIDA, et pèse très lourd sur les systèmes de santé et les économies de tous les pays de la planète (OMS, 2011). Plus de 300 millions de personnes sont concernées en 2010 et il y en aura plus de 500 millions en 2030 (OMS, 2011).
Contrairement à une vieille croyance qui considère le diabète sucré comme une maladie des pays riches, cette affection est de plus en plus une préoccupation majeure dans les pays en développement et particulièrement en Afrique subsaharienne (Gning et al., 2007). On note une croissance galopante de la prévalence du DT2 en Afrique avec une prévision de 15 millions de diabétiques en 2025 (Gning et al., 2007).
Au Bénin, la prévalence du diabète est de 1,1% en 2001 (Djrolo et al., 2003).
1.1.2- Critères de diagnostic
1.1.2.1- Glycémie à jeun
Le diagnostic de certitude du diabète sucré repose sur la glycémie veineuse à jeun.
Deux dosages successifs permettent de poser le diagnostic de diabète sucré si la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/L. Une glycémie à n’importe quel moment de la journée supérieure à 2g/L chez un sujet présentant les signes du diabète ou une glycémie à la deuxième heure de l’Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale (HGPO) supérieure ou égale à 2g/L permet aussi de poser le diagnostic (Drouin et al., 2000).
1.1.2.2- L’Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale
L’Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale (HGPO) consiste en un dosage de la glycémie au temps zéro (à jeun) puis toutes les 30 minutes pendant 2 heures chez un sujet au repos ayant ingéré 75g de glucose dilué dans 300cm3 d’eau. Le test de l’HGPO doit être fait en dehors d’une prise médicamenteuse pouvant influencer la glycémie, d’une affection aiguë ou d’un stress majeur. Il permet de distinguer le défaut de tolérance glucidique non diabétique et l’intolérance aux hydrates de carbone ne dépassant pas 50%. Il faut noter que la concordance entre l’hyperglycémie à jeun diabétique et la glycémie à la deuxième heure de l’HGPO, supérieure ou égale à 2 g/L est satisfaisante sur le plan épidémiologique. En pratique clinique, il est rarement besoin de recourir à l’HGPO pour poser le diagnostic de diabète.
1.1.3- Classification
Plusieurs mécanismes physiopathologiques distincts peuvent aboutir à l’hyperglycémie caractéristique à chaque type de diabète sucré (Spinas et Lehmann, 2001).
1.1.3.1- Le diabète de type 1 (DT1)
Anciennement appelé diabète maigre, diabète juvénile ou diabète insulinodépendant (DID), le DT1 résulte d’une faillite rapidement totale du pancréas à sécréter l’insuline. La maladie est due à la destruction des cellules endocrines productrices d’insuline, appelées cellules ß des îlots de Langerhans dispersées dans le pancréas. L’hyperglycémie, qui signe le diagnostic de diabète, apparaît lorsque 80 % à 90 % de cellules ß ont été détruites. Le DT1 nécessite un traitement à l’insuline.
1.1.3.2- Le diabète de type 2 (DT2)
Le DT2 est caractérisée par une insulinorésistance hépatique et périphérique, associée à une insulinopénie relative et progressive. L’insuline fait partie intégrante du traitement dans diverses situations intercurrentes et après un certain temps d’évolution.
1.1.3.3- Les types spécifiques de diabète
Les causes des types de diabète sont variées. Il peut s’agit d’un défaut génétique de la fonction des cellules ß comme dans les diabètes MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young), d’un défaut génétique dans l’action de l’insuline, des maladies du pancréas exocrine,
d’endocrinopathies. On y retrouve aussi le diabète induit par les médicaments, les infections et certaines formes rares de diabète immunogène et autres syndromes génétiques associés.
1.1.3.4- Diabète gestationnel (DG)
Le DG désigne une hyperglycémie qui apparaît ou qu’on remarque pour la première fois pendant la grossesse (Metzger et Coustan, 1998). Cette définition recouvre donc des situations très différentes (Vanderijst et al., 2012). Il peut s’agir d’un DT1 révélé par la grossesse, ou d’un DT2 méconnu avant la grossesse (Schranz et Savona-ventura, 2002 ; Xilian et al., 2002). Il apparaît généralement au seuil du 3e trimestre de la grossesse, au moment où les facteurs diabétogènes placentaire exercent leur plein effet (vanderijst et al., 2012).
Les quatre groupes principaux de diabète sont présentés dans le tableau ci- dessus.
Tableau I: Classification étiologique du diabète sucré (selon ADA et OMS 1998) 1. Diabète sucré de type 1
a. auto-immun (trouble des cellules ß)
b. idiopathique (rare, sans élément pour le facteur auto-immun)
2. Diabète sucré de type 2 (résistance à l’insuline et défaut de sécrétion d’insuline) 3. Types spécifiques de diabète
a. Défaut génétique de la fonction des cellules ß (Maturity onset diabetes of the young : Mody). Actuellement, cinq défauts différents sont connus dans le diabète de type Mody b. Défaut génétique dans l’action de l’insuline (résistance à l’insuline de type A,
Lepréchaunisme, syndrome de Rabson-Mendenhall : défaut des récepteurs à l’insuline, diabète lipo-atrophique, autres
c. Maladies du pancréas exocrine (pancréatite, néoplasie, fibrose kystique, hémochromatose, pancréatopathie fibro-calculeuse, autres)
d. Endocrinopathies (acromégalie, syndrome de Cushing, phéochromocytome, syndrome de Conn, autres)
e. Induit par les médicaments (stéroïdes, pentamidine, acide nicotinique, diazoxyde, thiazides, inhibiteurs de la protéase, autres)
f. Infections (rougeole congénitale, oreillons, virus Coxsackie, cytomégalovirus)
g. Formes rares de diabète immunogène (syndrome de Stiff-Man, anticorps anti-insuline- récepteurs, autres)
h. Autres syndromes génétiques associés au diabète (trisomie 21, syndrome de Klinefelter, syndrome de Turner, dystrophie myotonique, autres)
4. Diabète gestationnel
1.1.4- Le diabète de type 2
1.1.4.1- Pathogenèse du diabète de type 2
Le diabète sucré de type 2 représente 85 à 90% des cas de diabète (Halimi, 2000).
C’est une maladie hétérogène où les facteurs génétiques et acquis entrainent une perturbation
Schéma 1: Effets pléïotropes de l’insuline (Capeau, 2003)
1.1.4.1.1- Résistance périphérique à l’insuline
La résistance à l’insuline se traduit par une insensibilité des principaux tissus utilisateurs du glucose comme le muscle, le tissu adipeux et le foie vis-à-vis de l’insuline.
Cette résistance peut aboutir à la sécrétion d’une concentration anormale d’insuline conduisant aussi à une réponse biologique subnormale (Spinas et Lehmann, 2001). Les muscles périphériques utilisent environ 25% du glucose sanguin sous l’effet de l’insuline (DeFronzo, 1997). L’internalisation du glucose dans la cellule musculaire se fait grâce à un mécanisme de diffusion facilité par des transporteurs GLUT notamment le GLUT4. Les molécules de GLUT4 à l’état de repos sont encastrées dans des vésicules de sécrétion intracellulaires. Elles ne sont exportées à la surface de la cellule que sur un signal insulinique (Wu et Garvey, 2010). Dans le DT2, la translocation de GLUT4 dans la membrane plasmique
phosphorylation du glucose par hexokinase 2 est fortement diminuée (Pendergrass et al., 1998).
Les acides gras non estérifiés (AGNE) dans les conditions physiologiques normales potentialisent la sécrétion d’insuline induite par le glucose (Malaisse et al., 1985). Chez les patients atteints de DT2, la triglycéridémie est diminuée et la concentration plasmatique d’AGNE est augmentée (Groop et al., 1989; Fraze et al., 1985). Le tissu adipeux est aussi le siège d’insulinorésistance (White, 2002; Hirosumi et al., 2002). L’augmentation de la concentration plasmatique d’AGNE conduit à la phosphorylation du récepteur de l’insuline (l’IRS1: Insulin Receptor Substrates 1) sur les résidus sérine ou thréonine (Ser/Thr). Cette phosphorylation inhibe ainsi le signal insulinique notamment le transport de glucose dans les muscles (Petersen et Shulman, 2002).
Chez les patients atteints du DT2, la néoglucogenèse est augmentée malgré une hyperglycémie (Jeng et al., 1999).
La résistance à l’insuline entraîne d’abord une hyperinsulinémie compensatrice et à long terme une hyperglycémie, caractéristique du diabète. Ceci est dû au fait que le pancréas devient incapable de produire suffisamment d’insuline pour surmonter la résistance (Stumvoll et al., 2005).
1.1.4.1.3- Glucotoxicité et lipotoxicité
L’accumulation des triglycérides dans les cellules ß est associée à de très nombreuses anomalies. La diminution de l’expression de GLUT2 et de la sécrétion de l’insuline augmentent la formation de monoxyde d’azote et stimulent l’apoptose (Girard, 2003). Ce phénomène est la lipotoxicité (Unger, 2003; Unger, 2002).
Lorsque les cellules ß sont exposées de manière chronique à des concentrations élevées de glucose, elles finissent par mourir par apoptose. Il s’agit de la glucotoxicité (Marshak et al., 1999).
L’insulino-résistance, la dysfonction des cellules ß, renforcées par la lipotoxicité et la glucotoxicité constituent le mécanisme causal du DT2.
Schéma 2: Interaction entre résistance à l’insuline, dysfonction des cellules ß ainsi que glucotoxicité et lipotoxicité dans la genèse du DT2 (Spinas et Lehmann, 2001)
1.1.5- Paramètres d’évaluation de l’équilibre glycémique
1.1.5.1- Les moyens classiques
- La glycémie à jeun : apprécie l’évaluation de l’équilibre du diabète et permet l’adaptation du traitement (cycle glycémique).
- La glycémie postprandiale : c’est un élément utile pour la modulation du traitement.
- La glycosurie : elle apparaît lorsque la glycémie moyenne est supérieure à 1,8g/L.
1.1.5.2- Les moyens récents
1.1.5.2.1- La fructosamine
1.1.5.2.2- L’hémoglobine glyquée (HbA1c)
L’hémoglobine glyquée (HbA1c) résulte de la liaison irréversible entre le glucose et certains acides aminés de l’hémoglobine. Elle est présente et détectable chez toutes les personnes ayant une hémoglobine normale et augmente avec l’élévation de la glycémie (Philippe, 2000).
La valeur de l’HbA1c prédit le risque de développer des complications micro et macro- angiopathologiques chez les diabétiques de type 1 et de type 2 (DCCT, 1993 ; UKPDS, 1998).
Elle rend compte de l’équilibre glycémique des deux à trois mois précédant le dosage (DCCT, 1993; UKPDS, 1998). La méthode de dosage influence le résultat et il n’existe pas actuellement une bonne standardisation entre elles.
Le taux normal de l’HbA1c est égal à 7% dans la population diabétique (Egli et Ruiz, 2011).
Toute pathologie qui affecte la quantité et la durée de vie des globules rouges (anémie, hémolyse, cirrhose, etc.) peut réduire la valeur de l’HbA1c (Goldstein et al., 1995). D’autres interférences telles que les hémoglobinopathies et l’insuffisance rénale sont décrites et dépendent du type de dosage (Philippe, 2000).
Le dosage de l’HbA1c a révolutionné le suivi du patient diabétique. La connaissance de sa valeur a été un grand atout dans le suivi du traitement (Philippe, 2000).
1.2- Lipides
1.2.1- Rappel sur les lipides
Les lipides sont des corps insolubles dans l’eau et solubles dans les solvants organiques non polaires comme le benzène, le chloroforme et l’éther. Ils forment un groupe hétérogène de composés dont les graisses, les huiles et les cires (Strayer, 1997).
Les lipides représentent environ 20% du poids du corps et jouent un rôle capital en exerçant une grande variété de fonctions biologiques à la fois au niveau structural et fonctionnel. Ils interviennent dans la constitution des membranes cellulaires et représente la principale source énergétique (Linder, 1999).
Les lipides servent d’éléments de base à la synthèse hormonale, de messagers intracellulaires, d’activateurs de la transcription génique, de pigments absorbants de lumière, d’agents émulsionnants, de cofacteurs enzymatiques et de transporteurs d’électrons (Henri, 1992).
Schéma 3: Lipides des membranes biologiques (Calder and Grimble, 2002)
1.2.2- Métabolisme des lipoprotéines
Les lipoprotéines plasmatiques sont des particules complexes constituées de lipides et d’une partie protéique spécifique appelée apolipoprotéine. Ces particules lipoprotéiques sont dans un état dynamique permanent alliant synthèse, dégradation et retrait du plasma.
Elles fonctionnent de manière à maintenir les lipides solubles dans le plasma et comme un moyen de transport des lipides aux tissus utilisateurs. On en distingue cinq (05) types : les chylomicrons (CM), les lipoprotéines de très faibles densités (VLDL : Very Low Density Lipoproteins), les lipoprotéines de densité intermédiaires (IDL : Intermediary Density Lipoproteins), les lipoprotéines de faible densité (LDL : Low Density Lipoprotein), les lipoprotéines de haute densité (HDL : High Density Lipoproteins). Les lipoprotéines se distinguent par leur densité et leur composition.
Schéma 4: Structure générale d’une lipoprotéine (Saïle et Taki, 2007)
Le métabolisme des lipoprotéines est divisé en trois voies principales: la voie exogène, la voie endogène et la voie inversée.
1.2.2.1- La voie exogène
Elle correspond au métabolisme des lipoprotéines transportant les lipides alimentaires.
Elle débute par la synthèse intestinale des CM en période post prandiale. Ces CM naissants sont libérés dans la lymphe intestinale qui se déverse dans la circulation sanguine. Ils s’enrichissent d’abord en apoprotéine E (apoE) et en apoprotéine C-II (apo C-II) dérivées des HDL. Les CM matures adhèrent à l’endothélium des capillaires dans les muscles, le myocarde et le tissu adipeux. Leur contenu en triglycéride (TG) est hydrolysé par la lipoprotéine lipase (LPL) plasmatique activée par l’apoC-II en glycérol qui gagne le foie et en acide gras (AG) qui sont captés par les cellules. Après l’action de la LPL, ils échangent avec les HDL des lipides grâce à l’action de cholesterol ester transfer protein (CETP) et s’enrichissent en esters de cholestérol tout en s’appauvrissant en TG. Grâce à l’action de phospholipid ester transfer protein (PLTP), les HDL vont acquérir des phospholipides. Ils échangent avec les HDL des
rémanents. Ils sont épurés rapidement par le foie (70%) mais également par d’autres tissus tels que le muscle et la moelle osseuse. Leur épuration se fait essentiellement par le LDL- Receptor Related Protein (LRP) qui fixe l’apoE et à moindre degré par le récepteur B/E mais également par les protéoglycannes des membranes des hépatocytes. L’hydrolyse des TG est alors achevée par la triglycéride lipase cellulaire. Les AG sont reéstérifiés en TG incorporées dans les VLDL. Le cholestérol libéré est soit éliminé tel quel par la bile dans l’intestin, soit transformé en acides biliaires, soit incorporé dans les VLDL.
Schéma 5: Métabolisme des chylomicrons (Kwiterovich, 2000).
1.2.2.2- Voie endogène
Elle garantit un apport permanent en qualité importante des TG et de cholestérol nécessaires aux tissus. Elle débute dans le foie par la synthèse de VLDL (leur TG et cholestérol sont endogènes). La biosynthèse des VLDL est semblable à celle des
matures adhèrent à l’endothélium des capillaires dans le muscle, le myocarde et les tissus adipeux. Leurs TG sont hydrolysés par la LPL activée par l’apoC-II, en glycérol qui gagne le foie et en AG qui sont captés par les cellules. La lécithine-cholestérol-acyl-transférase (LCAT) plasmatique estérifie le cholestérol en esters de cholestérol. Les particules résultantes ainsi sont appelées IDL. Ces dernières sont appauvries en TG et enrichies en cholestérol. La destination des IDL est double. Une fraction est épurée rapidement par le foie via la LRP tandis que l’autre (une grande proportion) évolue vers la formation des LDL. Les IDL non captés subissent une lipolyse complémentaire en particulier par la lipoprotéine lipase hépatique. L’action de la LH appauvrit la lipoprotéine de son contenu en TG et favorise la perte de la plus grande partie de leur apoE. Les particules résultantes échangent avec les HDL des lipides: grâce à la CETP, elles s’enrichissent en ester de cholestérol et s’appauvrissent en TG. Grâce à l’action de la PLTP, les HDL acquièrent des phospholipides.
Elles échangent avec les HDL des apoprotéines: elles restituent l’apoC et donnent l’apoA.
Les LDL constituent le produit final de cette voie métabolique. Elles représentent le système de transport essentiel du cholestérol du foie vers les tissus périphériques. Une fois formées, elles ont une double destination.
Pour un tiers environ, elles ont captées dans les tissus périphériques par endocytose grâce aux récepteurs des LDL. L’hydrolyse des esters de cholestérol par une cholestérase estérase lysosomiale libère le cholestérol. Ce cholestérol est utilisé soit en étant incorporé dans la membrane cellulaire, soit comme précurseur métabolique (synthèse des hormones stéroïdes, acides biliaires). L’excès de cholestérol est estérifié par l’acyl coenzyme A- cholesterol-acyltransferase (ACAT).
Pour deux tiers, elles retournent au foie par endocytose grâce à leur récepteur spécifique: le cholestérol libéré subit le même sort que celui des rémanents.
Schéma 6: Métabolisme des VLDL (Kwiterovich, 2000)
1.2.2.3- La voie inverse
Les origines métaboliques des HDL sont diverses. Les HDL naissantes sont synthétisées dans le foie et l’intestin mais peuvent provenir du remodelage intravasculaire des CM et des VLDL ou de la dégradation des HDL2 après l’action de la LH. Sous leur forme native, elles sont discoïdales, leurs apoprotéines sont les apoA-I, apoC-II et l’apoE, pauvres en lipides, représentés par le cholestérol et une monocouche de phospholipides. En outre, elles ont une forte affinité pour le cholestérol libre associé aux phospholipides de la membrane cellulaire grâce à la LCAT. Dès que le cholestérol libre est prélevé par les HDL, il est immédiatement estérifié par la phosphatidylcholine cholestérol acyltransférase (PCA). Le cholestérol estérifié devient hydrophobe et est ainsi piégé dans les HDL. Ce processus retire
Les HDL circulantes peuvent être retirées par le foie de la circulation par endocytose médiée par des récepteurs spécifiques. Les esters du cholestérol sont hydrolysés. Le cholestérol libre peut être recyclé dans d’autres lipoprotéines, utilisé pour la formation des hormones et éliminé sous forme de sels biliaires.
Schéma 7: Métabolisme des HDL (Kwiterovich, 2000)
1.3- Diabète et lipides
1.3.1- Physiopathologie de la dyslipidémie chez le diabétique
1.3.1.1- Cholestérol total et triglycérides
Le changement des lipides sériques qui caractérise la dyslipidémie diabétique est une augmentation des triglycérides (James, 2002).
1.3.1.2- Lipoprotéines VLDL, LDL, HDL
L’hypertriglycéridémie est le phénomène quantitativement le plus notable, avec une production de VLDL augmentée et un catabolisme retardé (Halimi, 2000). Les LDL ont un taux souvent voisin de la normale sauf en période d’hyperglycémie importante. Enfin les HDL sont abaissées par un catabolisme accru (activité triglycéride lipase hépatique augmentée) (Adiels et al., 2006; Taskinen, 2005).
Les anomalies qualitatives sont dominées par une taille faible, et une densité élevée des VLDL enrichies en triglycérides. Les VLDL sont mal métabolisées en LDL et leur métabolisme orienté vers les rémanents des VLDL, particules très athérogènes (Solano et Goldberg, 2006). La glycation des apolipoprotéines, AI, AII, C et E est un facteur déterminant (Halimi, 2000). L’apoE glyquée possède une affinité plus faible pour son récepteur. De même la glycation de l’Apo B des LDL ralentit son catabolisme et accroît sa captation par les macrophages. Les LDL sont ainsi plus exposées à l’oxydation qui engendre l’athérosclérose (Krentz, 2006). Les particules HDL subissent une glycation de l’Apo AI réduisant l’efflux de cholestérol cellulaire. Enfin l’activité CETP est accrue chez le diabétique (de Vries et al., 2003).
1.3.1.3- Indices athérogènes
Le rapport cholestérol total/LDLc et cholestérol/HDLc représentent un excellent facteur prédictif de risque cardio-vasculaire (Thissen, 1999).
1.3.2- Traitements anti-diabétiques et amélioration de la dyslipidémie
1.3.2.1- Hypoglycémiants
Les antihyperglycémiants oraux (les biguanides, les sulfamides, les glinides, les inhibiteurs de α-glucosidase, les glitazones) et l’insulinothérapie sont les principaux hypoglycémiants utilisés dans la prise en charge des diabétiques (Graydon, 2008).
Les biguanides et les glitazones sont des insulino-sensibilisateurs. Ils agissent au niveau du foie et les tissus cibles de l’insuline. La monothérapie par une glitazone est plus efficace que celle de la biguanide (metformine) (Kahn et al., 2006).
Les sulfamides et les glinides sont des sécrétagogues. Leur action est plus rapide que les sulfonylurées (Saloranta et al., 2002).
Les inhibiteurs de α-glucosidase ralentissent la digestion des glucides et diminuent leur absorption. Elles aboutissent à une baisse de la glycémie postprandiale et de l’HbA1c (Rosack et al., 2002).
1.3.2.2- Hypolipidémiants
Les hypolipidémiants sont les statines, les fibrates, les résines échangeuses d’anions, l’acide nicotinique et acipimox, l’ézétimide, les acides gras oméga-3 et les associations (CBIP, 2012).
Les statines réduisent de façon significative la morbidité et la mortalité cardiovasculaire, abaissent la cholestérolémie (Baignent et al., 2005; Sever et al., 2005) et le taux de LDLc (Goff et al., 2007; Brunzell et al., 2008).
Schéma 8: Mécanisme d’action général des statines (Rutishauser, 2008)
1.3.2.3- Duo hypolipidémiants et hypoglycémiants
Le colesevelamex (agent séquestrant des acides biliaires) est le seul agent de réduction de LDL-c et de l’HbA1c dans le DT2 (Zieve et al., 2007).
2- CADRE, MATERIEL & METHODES
2.1- CADRE D’ETUDE
Cette étude s’est déroulée dans le Laboratoire de Recherche en Biologie Appliquée (LARBA) de l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (LARBA) sise à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). L’étude rétrospective s’est déroulée au centre de dépistage de traitement et de suivi des diabétiques (banque d’insuline) situé à AKPAKPA-Cotonou.
2.2- MATERIEL D’ETUDE
2.2.1- Sujets participants à l’étude
Etude prospective
Les participants à la phase prospective de notre étude ont été recrutés à l’hôpital Saint- Luc à Cotonou. Ce sont des hommes et des femmes âgés entre 36 et 81 ans. Le groupe des diabétiques étaient constitués de 100 patients suivis pour leur état diabétique dont 13 n’avaient pas débuté un traitement antidiabétique. Dans le même hôpital, un groupe témoin de 50 sujets sans diagnostic connu de diabète était recruté.
La glycémie était déterminée chez l’ensemble des participants à l’étude. Les participants en pré-traitement qui avaient une normo-glycémie ou une hypoglycémie étaient exclus de l’étude tandis que les diabétiques sous traitement qui avaient une normo-glycémie ou une hypoglycémie étaient retenus pour l’étude. L’absence d’une hyperglycémie chez les sujets non diabétiques confirmait leur participation à l’étude. Les sujets non diabétiques qui avaient une hyperglycémie étaient exclus de l’étude.
Etude rétrospective
Les participants à la phase rétrospective de notre étude sont des sujets diabétiques suivis par le centre de dépistage, de traitement et de suivi des diabétiques (banque d’insuline) d’AKPAKPA. Ce sont des hommes et des femmes âgés entre 23 et 91 ans. L’étude rétrospective a pris en compte le dossier de 678 sujets.
- Bain-marie
- Micropipettes (automatiques) et cônes - Tubes à hémolyse
- Centrifugeuse - Tube Eppendorf
2.2.3- Réactifs de laboratoire
- Réactif de glycémie (BioLabo, Maizy, France) - Réactif de triglycéride (BioLabo, Maizy, France) - Réactif de cholestérol total (BioLabo, Maizy, France)
- Réactif de cholestérol HDL (méthode par précipitation), (BioLabo, Maizy, France) - Kit de HbA1c (Siemens, Tarrytown, USA)
- Contrôle de laboratoire commercialisé (Elitrol, Paris, France)
2.3- METHODES D’ETUDE
2.3.1- Nature de l’étude
Il s’agit d’une étude transversale descriptive et analytique réalisée sur les patients diabétiques sous traitement antidiabétique.
2.3.2- Conservation et transport des spécimens
Les aliquotes ont été conservés au congélateur (-20°C) jusqu’à leur acheminement vers le laboratoire d’analyse (LARBA). Le transport des sérums congelés s’est effectué dans des glacières avec des accumulateurs de froid surgelés.
2.3.3- Manipulation des spécimens au laboratoire - Dosage du glucose
Principe
Le dosage de la glycémie se fait par la méthode en point finale selon les équations suivantes :
Mode opératoire
Le mode opératoire est résumé dans le tableau ci-dessous.
Tableau II: Dosage du glucose Blanc (en μl)
Etalon (en μl)
Contrôle (en μl)
Dosage (en μl)
Réactif R 1000 1000 1000 1000
Eau distillée 10
Standard 10
Contrôle 10
Echantillon 10
On suspend le contenu de chaque tube et on incube pendant 15 minutes à 37°. La lecture se fera au spectrophotomètre à 505 nm.
Valeurs normales : 0,70 à 1,1 g/l.
Expression des résultats
Avec Cétalon, DOétalonrespectivement la concentration et la densité optique de l’étalon;
Céchantillon, DOéchantillon respectivement la concentration et la densité optique de l’échantillon.
Glucose + O2 Acide gluconique + H2O2
Glucose oxydase
2H2O2 + Phénol + 4AAP Peroxydase Quinoneimine + 4H2O 4AAP = Amino-4-antipyrine
Céchantillon=
Cétalon
DOétalon
× DOéchantillon
Interférences
Les triglycérides (≤ 10 g/l) et l’hémoglobine (≤ 5 g/l) n’interfèrent pas sur le dosage.
Les interférences les plus importantes sont celles de la bilirubine et l’acide ascorbique: une sous-estimation d’environ 10% se produit pour des teneurs supérieures en bilirubine à 80 mg/l ou supérieures en acide ascorbique à 70 mg/l.
- Dosage des triglycérides Principe
Les triglycérides sont hydrolysés en glycérol + acides gras. Le glycérol libéré réagit avec la glycérolkinase et la 3-Phosphate oxydase en libérant de l’eau oxygénée par la réaction de Trinder.
Le dosage des triglycérides se fait par la méthode enzymatique colorimétrique.
Mode opératoire
Le mode opératoire est résumé dans le tableau ci-dessous.
Triglycérides + H2 O LPL Glycérol+ acides gras
Glycérol+ ATP GK Glycérol-3-Phosphate + ADP
Glycérol-3-Phosphate + O2 GPO Dihydroxyacétone + H2 O
H2O2 +4AP + p.chlorophénol Quinoneimine + H2O
POD
LPL = Lipoprotéine lipase GK = Glycérolkinase
GPO = Glycérol-3-phosphate oxydase POD = Peroxydase
Céchantillon = F × DOéchantillon
Tableau III: Dosage des triglycérides
Blanc (en μl)
Etalon (en μl)
Contrôle (en μl)
Dosage (en μl)
Réactif R 1000 1000 1000 1000
Eau distillée 10
Standard 10
Contrôle 10
Echantillon 10
On suspend le contenu de chaque tube et on incube pendant 10 minutes à 37°.
La lecture se fera au spectrophotomètre à 505 nm.
Valeurs normales : 0,5 à 1,5 g/l.
Expression des résultats
Avec Cétalon, DOétalonrespectivement la concentration et la densité optique de l’étalon;
Céchantillon, DOéchantillon respectivement la concentration et la densité optique de l’échantillon.
Soit F le facteur avec F =
- Dosage du cholestérol total Céchantillon=
Cétalon DOétalon
× DOéchantillon
Cétalon DOétalon
Céchantillon = F × DOéchantillon
Mode opératoire
Tableau IV: Dosage du cholestérol total Blanc
(en μl)
Etalon (en μl)
Contrôle (en μl)
Dosage (en μl)
Réactif R 1000 1000 1000 1000
Eau distillée 10
Standard 10
Contrôle 10
Echantillon 10
Bien suspendre le contenu de chaque tube et passer à la lecture après 10 minutes. La lecture se fera au spectrophotomètre à 505 nm.
Valeurs normales : 1,25 à 2.5 g/l chez l’homme.
La concentration plasmatique du cholestérol varie avec l’âge, le sexe et l’alimentation essentiellement.
Ainsi, chez l’homme, la cholestérolémie augmente d’environ 0,2 g/l par tranche de 10 ans.
Chez la femme, elle est stable jusqu’à la ménopause, mais tend à rattraper la cholestérolémie de l’homme après la ménopause.
Pendant la grossesse, on a souvent une cholestérolémie qui revient à la normale après accouchement.
Expression des résultats
Cholestéride + 2H2O Cholestérol + Acide gras
Cholestérol estérase
Cholestérol + O2 Cholestérol oxydase Cholestène-4-èn-3-One + H2O2
2H2O2+ Phénol + 4AAP Quinoneimine + 2H2O
Peroxydase 4AAP = Amino-4-antipyrine
Avec Cétalon, DOétalonrespectivement la concentration et la densité optique de l’étalon;
Céchantillon, DOéchantillon respectivement la concentration et la densité optique de l’échantillon.
Soit F le facteur avec F =
Interférences
Les triglycérides (≤ 5 g/l), la turbidité, le glucose (≤ 10g/l), l’acide ascorbique (≤ 50 mg/l) et l’hémoglobine (≤ 5g/l) n’interfèrent pas sur le dosage.
- Dosage du HDL-Cholestérol Principe
Les lipoprotéines de faible densité (LDL et VLDL) sont spécifiquement précipitées par l’acide phosphotungstique en présence d’ions magnésium.
Après centrifugation, le cholestérol lié aux lipoprotéines de haute densité (HDL- Cholestérol) est dosé dans le surnageant.
Mode opératoire
Tableau V: Dosage du Cholestérol HDL Blanc
(en μl)
Etalon (en μl)
Contrôle (en μl)
Dosage (en μl)
Réactif R 1000 1000 1000 1000
Eau distillée 50 Céchantillon=
Cétalon
DOétalon
× DOéchantillon
Cétalon
DOétalon
Céchantillon = F × DOéchantillon
Bien suspendre et incuber pendant 10 minutes. La lecture se fait au spectrophotomètre à 505 nm.
Le calcul se fera en tenant compte du facteur de dilution (sérum/précipitant).
Facteur de dilution = = 1.1 Valeurs de références : 0,45 à 0,70 g/l.
Expression des résultats
Avec Cétalon, DOétalonrespectivement la concentration et la densité optique de l’étalon;
Céchantillon, DOéchantillon respectivement la concentration et la densité optique de l’échantillon.
Soit F le facteur avec F =
Les taux physiologiques de HDL-Cholestérol varient dans une large fourchette. La détermination du HDLc a un intérêt lorsque la cholestérolémie totale est élevée. Le rapport HDLc/Cholestérol total permet alors d’apprécier le risque athérogène. Un rapport inférieur à 0,30 traduit un risque athérogène significatif.
- Méthode de calcul du cholestérol LDL
Le LDLc a été calculé selon la formule de Friedwald:
LDLc = CT- TG/5 – HDLc
550µl 500µl
Céchantillon=
Cétalon DOétalon
× DOéchantillon
Cétalon
DOétalon Céchantillon = F × DOéchantillon
2.3.4- Contrôle de qualité
Les tests biochimiques ont été réalisés avec un contrôle de laboratoire commercialisé (ELITROL) et en suivant scrupuleusement les instructions du fabricant des réactifs. La lecture des DO a été faite deux fois afin de s’assurer de la concordance des résultats. L’interprétation a également été faite en suivant les instructions du fabricant. Le report des valeurs s’est fait en respectant les numéros d’identification inscrit sur les tubes.
2.3.5- Analyses statistiques
Les calculs statistiques ont été réalisés à l’aide du logiciel Excel de Microsoft® et du logiciel SigmaPlot Statistical Analysis Sofware 2001. Les résultats sont présentés sous forme de Moyenne ± écart-type et les variations sont jugés significatives à partir de p<0,05 en utilisant le test tde Student.
3- RESULTATS & DISCUSSION
3.1- FIGURES ET LEGENDES
Figure 1: Répartition des patients par tranches de 10 ans.
L’âge moyen des patients est de 54,5 ans avec des extrêmes de 23 ans et 83 ans. Les patients âgés de 50 à 59 ans constituent la tranche d’âge majoritaire (34%), suivie de la tranche d’âge 60 à 69 ans (24%). Les patients âgés de 80 à 89 ans et de 20 à 29 ans constituent les tranches d’âge minoritaire (1%).
5 1%
33 9%
72 21%
120 34%
83 24%
34 10%
3 1%
[20;29]
[30;39]
[40;49]
[50;59]
[60;69]
[70;79]
[80;89]
Figure 2: Répartition des patients par grandes tranches d’âges
Les patients âgés de moins de 40 ans ne constituent que 10% de la population étudiée.
La majorité, soit 73% sont âgés de 40 à 65 ans. Les patients âgés de plus de 65 ans représentent 17% de l’échantillonnage.
Figure 3: Répartition des patients suivant le sexe
Les patients du sexe masculin sont au nombre de 148 et représentent 42%. Il y a 202 patients du sexe féminin soit 58% de l’échantillonnage.
36 10%
254 73%
60 17%
< 40 [40; 65]
> 65
148 202 42%
58% Masculin
Féminin
Tableau VI: Variation du profil lipidique suivant l’âge des sujets diabétiques sous traitement
Ages
(années) [20; 29] [30; 39] [40; 49] [50; 59] [60; 69] [70; 79] > 80 Paramètres
(g/L) TG
Moyenne 1,40 1,02 1,16 1,15 1,19 0,91* 0,61*
Ecart-type 0,16 0,08 0,07 0,05 0,06 0,09 0,30
CT
Moyenne 1,94 2,00 2,02 2,01 2,12 2,15 2,43
Ecart-type 0,12 0,11 0,07 0,05 0,09 0,10 0,81
HDLc
Moyenne 0,52 0,54 0,52 0,49 0,53 0,54 0,64
Ecart-type 0,07 0,03 0,01 0,01 0,02 0,03 0,13
LDLc
Moyenne 1,14 1,27 1,27 1,29 1,35 1,42 1,66
Ecart-type 0,19 0,11 0,07 0,05 0,09 0,10 0,74
Les moyennes des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc et LDLc chez les sujets diabétiques étaient comparées aux valeurs normales. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne et écart-type des mesures obtenues dans chaque tranche d’âge et sont exprimés en g/l de sérum (n= 350).
Glycémie
Glycémie (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
Sujets diabétiques Sujets non diabétiques
TG CT HDLc LDLc
Paramètre mesuré (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
2,5 Sujets non diabetiques Sujets diabétiques
A B
Figure 4: La glycémie et le taux sérique des paramètres lipidiques chez les sujets diabétiques comparés aux sujets non diabétiques
Les moyennes des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc et LDLc chez les sujets diabétiques étaient comparées à celle des sujets non diabétiques. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne ±écart-type des mesures obtenues dans chaque groupe et sont exprimés en g/l de sérum. Le groupe des sujets non diabétiques est constitué de 50 participants et le groupe des diabétiques de 100 sujets.
(+p<0,02; +++p<0,0002; *p<0,05).
TG CT HDLc LDLc
Paramètre mesuré (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
Non traités Metformine Sulfamides
Figure 5: Le taux sérique des paramètres lipidiques chez les sujets diabétiques non encore sous traitement et des sujets sous metformine et sous sulfamides.
Les moyennes des taux des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc et LDLc chez les sujets sous traitement (metformine, sulfamides) étaient comparées à celles des sujets non encore sous traitement. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne ± écart-type des mesures obtenues dans chaque groupe et sont exprimés en g/l de sérum.
Variation des paramètres lipidiques en fonction du taux d'HbA1c
Paramètres lipidiques (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
TG CT HDLc LDLc
HbA1c <7,5 7,5< HbA1c <9,5 9,5< HbA1c <14 HbA1c >14
Figure 6: La variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction du taux d’HbA1c chez les sujets diabétiques sous traitement.
La figure 6 montre les moyennes des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc, LDLc en fonction des taux d’HbA1c. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne ± écart-type des mesures obtenues dans le groupe des diabétiques sous traitement (n= 362).
(#p<0,02; ß p<0,03).
Variation des paramètres lipidiques en fonction de l'IMC
Paramètres lipidiques (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
2,5 IMC <18,5
18,5< IMC <25 25< IMC <30 IMC >30
TG CT HDLc LDLc
Figure 7: La variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de l’IMC chez les sujets diabétiques sous traitement.
La figure 7 rapporte la variation des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc, LDLc en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC). Les résultats sont présentés sous forme de moyenne ± écart-type des mesures obtenues dans le groupe des diabétiques sous traitement (n= 378).
(+p<0,01; *p<0,05).
Figure 8: La variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de l’ethnie chez les sujets diabétiques sous traitement.
La variation des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc, LDLc en fonction de l’ethnie est résumée dans la figure 8. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne ± écart-type des mesures obtenues dans le groupe des diabétiques sous traitement (n= 214).
Variation des paramètres lipidiques en fonction de l'ethnie
Paramètres lipidiques (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
TG CT HDLc LDLc
Fon Yorouba Goun Mina
Corrélation entre Glycémie et HbA1c
Glycémie (g/l)
0 1 2 3 4 5 6
HbA1c (%)
6 8 10 12 14 16
n = 376 y = 1,80x + 5,24
r = 0,60 p <0,05
Figure 9: corrélation entre le taux de glycémie et le taux de l’HbA1c.
Le test de corrélation entre les valeurs moyennes des taux de glycémie et les valeurs moyennes de l’HbA1c est résumé dans la figure 6. Les résultats sont présentés sous forme de nuage de points des mesures obtenues chez 376 sujets diabétiques sous traitement.
TG (g/l)
0 2 4 6 8 10
HbA1c (%)
4 6 8 10 12 14 16
n = 631 y = 0,474x + 7,915
r = 0,176
LDLc (g/l)
0 1 2 3 4
HbA1c (%)
4 6 8 10 12 14
16 n = 350
y = 0,129x + 8,332 r = 0,0335
HDLc (g/l)
0 1 1 2 2 3
HbA1c (%)
4 6 8 10 12 14 16
n = 663 y = 0,408x + 8,253
r = 0,0304
CT (g/l)
0 1 2 3 4 5 6 7 8
HbA1c (%)
4 6 8 10 12 14
16 n = 677
y = 0,250x + 7,975 r = 0,068
Figure 10: corrélation entre le taux sérique des paramètres lipidiques et l’HbA1c.
La figure 7 rapporte la corrélation entre les valeurs moyennes de chaque paramètre lipidique CT, TG, HDLc, LDLc et les valeurs moyennes de l’HbA1c. Les résultats sont présentés sous forme de nuage de points des mesures. Les mesures étaient obtenues chez 678 sujets diabétiques sous traitement pour le CT, 632 pour le TG, 664 pour le HDLc et 351 pour le LDLc.
TG CT HDLc LDLc
Paramètre mesuré (g/l)
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
Gly:<1,26 Gly:1,26-2,00 Gly:2,00-3,50 Gly:>3,50
Variation des paramètres lipidiques en fonction de la glycémie
Figure 11: La variation du taux sérique des paramètres lipidiques en fonction de la glycémie chez les sujets diabétiques sous traitement.
La figure 11 montre la variation des taux sériques des paramètres lipidiques CT, TG, HDLc, LDLc en fonction de la glycémie. Les résultats sont présentés sous forme de moyenne
± écart-type des mesures obtenues chez 188 sujets diabétiques sous traitement.
3.2- ANALYSE DES RESULTATS
3.2.1- Etude prospective
Notre étude a porté sur trois groupes de sujets que sont les sujets non diabétiques, les sujets diabétiques en pré-traitement (non encore mis sous traitement) et les sujets diabétiques sous traitement.
3.2.1.1- Variations du profil lipidique
Les résultats ont montré que la glycémie était significativement (p<0,0001) plus élevée chez les patients diabétiques comparés aux sujets non diabétiques (Fig. 4A). Nous avons déterminé une augmentation significative des TG (p<0,01) et une baisse significative de HDLc (p<0,05) comparés aux sujets non diabétiques (Fig. 4B). Les taux de CT et de LDLc mesurés chez les sujets diabétiques n’étaient pas significativement différents des résultats obtenus chez les sujets non diabétiques (Fig. 4B).
3.2.1.2- Variation du profil lipidique en fonction du traitement
Des résultats, il ressort que le taux de TG était significativement bas (p<0,05) chez les sujets diabétiques sous metformine comparés aux sujets diabétiques d’avant traitement (Fig.
5). Les taux de CT, HDLc et LDLc ne variaient pas significativement entre le groupe de patients diabétiques sous metformine et celui des patients diabétiques non encore sous traitement (Fig. 5). Les taux de TG, CT, HDL et LDL chez les sujets diabétiques sous sulfamides n’étaient pas significativement différents de ceux des sujets diabétiques d’avant traitement (Fig. 5).
3.2.2- Etude rétrospective
3.2.2.1- Variation du profil lipidique en fonction de l’âge, l’HbA1c, de l’indice de masse corporelle et de l’ethnie
Les TG ne variaient pas significativement entre les tranches d’âges 20-29 ans, 30-39 ans, 40-49 ans, 50-59 ans et 60-69 ans. Par contre, chez les sujets d’âges compris entre 70-79 ans et > 80 ans, le taux des TG était significativement (p<0,05) plus bas comparés aux tranches d’âges inférieurs. La variation des taux de CT, HDLc et LDLc n’était pas