Master M1 Recherche- Module ”Probabilit´es”
Partiel du 11 janvier
Notes de cours et calculatrices autoris´ees. La pr´esentation et la propret´e de la copie entreront en compte dans l’´evaluation. Barˆeme indicatif : 14-10-6-2.
Exercice 1. In´egalit´e de Gauss(1823). SoitX une variable al´eatoire ayant une den- sit´ef croissante sur (−∞, ν) et d´ecroissante sur (ν,+∞).On noteτ =p
E[(X−ν)2].
Le but de l’exercice est de montrer l’in´egalit´e de concentration suivante : P[|X−ν| ≥r] ≤
4τ2/9r2 si r≥2τ /√ 3, 1−(r/√
3τ) si r≤2τ /√
3. (1)
(a) Montrer que (1) est vraie si τ = +∞. Montrer que si τ < +∞, alors on peut se ramener au cas τ = 1.
(b) Montrer que la fonction g(x) = (f(ν+x) +f(ν −x))1{x≥0} est la densit´e de la variable al´eatoire Y =|X−ν| et en d´eduire que
τ2 = Z ∞
0
z2g(z)dz.
Montrer que g est d´ecroissante sur R+ et en d´eduire que r 7→ Φ(r) = P[Y ≥ r] est convexe d´ecroissante surR+.
(c) Tracer la branche d’hyperbole r 7→ 4/9r2 sur R+×R+ et montrer que la droite de plus grande pente n´egative passant par (0,1) et intersectant l’hyperbole, rencontre cette derni`ere au point (2/√
3,1/3). En utilisant la convexit´e de Φ et le changement de variable r7→rτ, en d´eduire que l’in´egalit´e (1) est vraie si
Φ(r) ≤ 4τ2/9r2 (2)
pour toutr >0.
(d) Montrer que
s ≤ r + (4/9r2) Z s
0
z2dz (3)
pour touts≥r >0. En distinguant les casg(r)>0 et g(r) = 0,en d´eduire que Φ(r) =
Z ∞
r
g(z)dz ≤ (4g(r)/9r2) Z s(r)
0
z2dz
pour toutr >0, o`u l’on a pos´e
s(r) = r + 1 g(r)
Z ∞
r
g(z)dz.
1
Montrer enfin
Z s(r)
r
z2(g(r)−g(z))dz ≤ Z ∞
s(r)
z2g(z)dz.
(e) En utilisant (b), (d) et en d´ecomposant g(r)
Z s(r)
0
z2dz = g(r) Z r
0
z2dz + Z s(r)
r
z2(g(r)−g(z))dz + Z s(r)
r
z2g(z)dz, montrer (2) et conclure.
(f) Donner une illustration graphique du r´esultat pour une variable sym´etrique avec ν = 0 et r = 3τ. En quoi l’in´egalit´e de Gauss est-elle meilleure que l’in´egalit´e de Bienaym´e-Tchebitcheff ?
(g) Montrer que l’in´egalit´e (3) est optimale au sens o`u pour tout s > 0 il existe r ∈]0, s[ tel que (3) soit une ´egalit´e. En consid´erant la variable uniforme sur [−s, s]
et en faisant tendre s→ ∞, en d´eduire que (1) est optimale.
Exercice 2. Distribution de Gumbel (1932). (a) On note F(x) = e−e−x, x ∈ R. Montrer que F est une fonction de r´epartition et calculer la densit´e associ´ee. On note G la variable al´eatoire de densit´e f, appel´ee variable de Gumbel. En faisant un changement de variable, exprimer la transform´ee de Laplace de G `a l’aide de la fonction Γ d’Euler.
(b) SoitX1, . . . , Xn des variables ind´ependantes de mˆeme loi Exp (1). En comparant les transform´ees de Laplace, montrer que
Yn = X1 + X2
2 + · · · + Xn n
a mˆeme loi que Mn= max (X1, . . . , Xn). On pourra utiliser l’identit´e Z 1
0
xa−1(1−x)b−1dx = Γ(a)Γ(b) Γ(a+b) pour touta, b >0.
(c) En d´eduire `a l’aide des fonctions de r´epartition que Yn − log(n) → Gd quand n→+∞.
(d) On fixe λ >−1. Montrer l’identit´e log(1 +λ) =
Z ∞
0
(1−e−λx)e−x x dx
et en d´eduire
E[e−λYn] = exp Z ∞
0
(e−λx−1)e−x(1−e−(n+1)x) x(1−e−x) dx
.
En utilisant tout ce qui pr´ec`ede, montrer l’identit´e Γ(1 +λ) = exp
−γλ + Z ∞
0
(e−λx−1 +λx) e−x
x(1−e−x)dx
,
2
o`uγ = limn→∞(1 + 1/2 +· · ·+ 1/n−log(n)) d´esigne la constante d’Euler. En d´eduire Γ0(1) =−γ.
Exercice 3. Crit`ere de puret´e de Jessen-Wintner (1941). Soit µ une mesure de probabilit´e sur Ret
µ = µd + µcs + µac
sa d´ecomposition de Lebesgue en une partie discr`ete, une partie continue singuli`ere et une partie absolument continue. On dit que µ est pure si deux des termes de cette d´ecomposition sont nuls, autrement dit si µ elle-mˆeme est discr`ete, continue singuli`ere ou absolument continue. Soit {Xn, n≥1} une suite de variables al´eatoires ind´ependantes telle que la s´erie associ´ee converge. Le but de l’exercice est de montrer que la variable al´eatoire
X = X
n≥1
Xn
est pure lorsque lesXn sont toutes discr`etes, ce que l’on supposera dor´enavant.
(a) On note Ni = {x ∈ R, P[Xi = x] > 0}. Montrer que Ni est d´enombrable et en d´eduire que N ={x ∈ R, ∃i ≥ 1/ P[Xi =x] > 0} est d´enombrable. Montrer enfin que
M =
( n X
i=1
mixi, mi ∈Z, xi ∈N, n≥1 )
est d´enombrable.
(b) On suppose que X n’est pas singuli`ere, autrement dit que P[X ∈ A] < 1 pour tout ensembleA de mesure de Lebesgue nulle. Montrer que
{X ∈A+M} = \
n≥1
( X
i≥n
Xi ∈A+M )
et en d´eduire par la loi du 0-1 queP[X ∈A+M] = 0 pour tout ensembleAde mesure de Lebesgue nulle. En d´eduire que X est absolument continue.
(c) On suppose maintenant que X n’est pas discr`ete. En adaptant le raisonnement pr´ec´edent aux ensembles d´enombrables, montrer que X est continue. Conclure.
Exercice subsidiaire. Champions League (2012). D’apr`es l’´edition du 21 d´ecembre de20 Minutes, le dernier tirage au sort des huiti`emes de finale de la coupe d’Europe des clubs a donn´e deux fois de suite le mˆeme r´esultat, et la probabilit´e de cette r´ep´etition
´etait ”extrˆemement faible”. Le but de l’exercice est de calculer cette probabilit´e pour une version simplifi´ee du r`eglement de l’UEFA, et en ne prenant pas en compte l’ordre des matchs aller et retour.
Ce tirage met en pr´esence seize ´equipes issues deux par deux de huit groupes. La r`egle est que deux ´equipes venant du mˆeme groupe ne peuvent pas se rencontrer.
Une autre r`egle veut que deux ´equipes du mˆeme pays ne peuvent pas se rencontrer et qu’un premier de groupe ne rencontre pas un autre premier de groupe, mais on ignorera cette r`egle. En ayant en tˆete le barˆeme de ce partiel, montrer que le nombre total de tirages possibles sur ce mod`ele simplifi´e est 16×105×421 = 707280 et donner la probabilit´e de r´ep´etition associ´ee.
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