MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE ET DE LA RECHERCHE
^SECRÉTARIAT D'ÉTAT AUX DOM-TOM
EVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE SÉCURITÉ ET AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
SECTEUR NORD-ATLANTIQUE (Le Robert Sainte -Marie)
par
J.C. BESSON
collaboration M. HUMBERT
B.R.G.M^
11. JUIN 1985
BIBLIOTHÈQUEBUREAU DE RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES B.P. 6009 - 45060 Orléans Cedex-TéL (38) 63-80-01
SERVICE GÉOLOGIQUE DES ANTILLES
0,900 km, Routa da Didla»
B.P. 304
97204 Fort-de-Franc* Cedex
MARtlNIQUE Tel. 71-ÍI8-68
Z.L de Jarry . vole wi.
B.P. 104
67175 Pointe -à- Pitre
GUADELOUPE Tel. 26 63 - 56
Cité Rebard B.P. 552
07305 Cayenne
GUYANE Tél.30-06-24
85 ANT 004
MARS 1985B. R. G. M.
Service Géologique des Antilles
Ministère de l'Industrie et de la Recherche Secrétariat d'Etat aux DOM - TOM
Evolution des reliefs en Martinique Sécurité et aménagement du territoire
Secteur Nord Atlantique (Le Robert - Sainte Marie)
Par J.C. BESSON
Collaboration M. HUMBERT.
RAPPORT B.R.G.M. 85. ANT. 004
Mars 1985
RESUME
La présente étude, faisant suite à une phase de reconnaissance préliminaire ayant pennis d'établir une carte de zonage des différents modes d'évolution des reliefs en Martinique, a porté sur un secteur de
l'île particulièrement propice aux mouvements de terrain.
Un relief relativement marqué et une lithologie du sous-sol à dominante argileuse (altérites) en sont les facteurs permanents. Le déclenchement des mouvements est provoqué par les fortes précipitations marquant chaque saison des pluies (hivernage de juin à décembre). En
Novembre 1984, des pluies exceptionnelles ont été à l'origine de nom¬
breux glissements de terrain dont les caractéristiques principales ont pu être relevées immédiatement après leur apparition. L'ensemble des observations réalisées à cette occasion ont permis de dégager plusieurs traits communs à ces glissements et de proposer certaines recommandations et mesures de sauvegarde dans le domaine de l'aménagement.
Ce travail a été financé sur subvention de ln CORDET et fonds propres du B.R.G.M.
TABLE DES MATIERES
Introduction.
I. Cadre de 1 'étude
1.1. - Aperçu géographique
1.1.1 - Situation et relief 1.1.2 - Eléments du climat 1.1.3 - Pédologie et végétation 1.1.4 .- Habitat
1.2 - Géologie générale
1.3 - Hydrogéologie et ressources en eau 1.4 - Ressources en matériaux
1.5 - Sismicité.
II. Description des terrains
11.1 - Topographie et morphologie 11. 2 - Lithologie
III. Eléments d'évolution du relief
111.1 - Principaux facteurs de l'évolution actuelle du relief 111. 2 - Erosion liée au cheminement des eaux superficielles
111. 3 - Erosion liée aux mouvements de masse et à l'eau souterraine.
IV. Description de quelques formes d'érosion observées
IV.l - Mouvements antérieurs à octobre 1984
IV. 2 - Mouvements induits par les précipitations d'octobre et novembre 1984
IV. 2.1 - Région du Robert IV. 2.2 - Autres glissements.
V. Conclusions
FIGURES DANS LE TEXTE
Figure 1 - Plan de situation de la zone étudiée échelle 1/100.000
Figure 2 - Carte pluviométrique échelle 1/250.000
Figure 3 - Carte géologique simplifiée échelle 1/50.000
Figure 4 - Glissement RN.1 - CD. 25 (1970)
Figure 5 - Glissement Morne Congo échelle 1/500
Figure 6 a - Glissement Carrefour Palmiste - profil géologique AA' 6b- Glissement Carrefour Palmiste - profil géologique BB'
échelle 1/500
Figure 7 - Glissement du carrefour Palmiste
Figure 8 - Glissement RN.1 - plan du glissement échelle 1/500
Figure 9 - Glissement RN.1 - profil 182 échelle 1/200
Figure 10 - Glissement quartier Bois Désir
Figure 11 - Glissement quartier Ermitage - Zabeth
Figure 12 - Glissement quartier Galette
Figure 13 - CD. 25 bis - glissement Morne Figue.
ANNEXES JOINTES AU RAPPORT
Annexe 1 -
Annexe 2 -
Annexe 3 -
Carte des pentes échelle 1/20.000
Tableau des relevés pluviométriques de Novembre 1984
Plan des glissements du carrefour Palmiste
échelle 1/500
S.G.ANT. 3319
S.G.ANT. 3320
S.G.ANT. 2503.
INTRODUCTION
Une phase de reconnaissance préliminaire réalisée en 1983 (rapport B.R.G.M. 83. ANT. 016) avait permis de mettre en évidence plusieurs secteurs de l'île de la Martinique particulièrement sensibles aux mouvements de ter¬
rain. La présente étude, portant sur un de ces secteurs particuliers, a pour but d'essayer de préciser la nature, l'importance et les causes principales des désordres affectant, périodiquement biens individuels et équipements collectifs.
La méthode d'étude a comporté les tâches suivantes :
recueil des données de base : géologie, pédologie, géographie physique, climatologie,
enquête documentaire sur les événements historiques et récents,
reconnaissance sur le terrain des zones de désordres existantes,
essai d'interprétation des mouvements observés,
proposition de recommandations constructives et de mesures de sauvegarde.
I. CADRE DE L'ETUDE
1.1 - ABerçu_géographigue
I.l.l - ' Situation et relief
D'une superficie d'environ 50 km2, le terrain étudié est situé sur la côte Est de la Martinique, entre les villes du Robert et de Sainte-Marie
(fig. 1 ). Il comprend une bande côtière large de 2 â 5 km, limitée à l'Ouest par la première ligne de crêtes constituée par les morne Vert-Pré, morne Poirier, morne Moco et morne Piton, à l'exclusion de la presqu'île de la Ca¬
ravelle.
La côte est très découpée, constituée par une succession de pointes rocheuses et d'anses sableuses dont les plus importantes sont la baie des Raisiniers (occupée par la ville de Trinité), la baie du Galion au Sud de la presqu'île de la Caravelle et la baie (Havre) du Robert occupée par la ville du même nom.
L'altitude varie du niveau de la mer à près de 300 m (morne Vert-Pré et caféière Bonneville).
Une seule rivière importante (rivière du Gai ion), traverse le secteur considéré. Prenant sa source à une dizaine de kilomètres plus à l'Est (Morne de l'Etang), elle coule dans une large plaine alluviale occupée par les champs de canne à sucre.
1.1.2 - Eléments du climat (figure 2)
La région étudiée, située au vent, reçoit environ 2003 mm d'eau par an. Les précipitations se répartissent dans l'année en deux saisons : une sai¬
son sèche appelée le carême et une saison des pluies, l'Hivernage. La saison pluvieuse s'étend de juin à décembre et la saison sèche de janvier à mai. Les précipitations sont généralement du type grain venteux s 'accompagnant de pluies violentes. Ce type de précipitation possède un caractère très brutal, ainsi que le montrent les nombreuses mesures indiquant qu'en un seul jour, il peut tomber plus de la moitié du total mensuel d'une station.
/ <
B. R. G. M.
EVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD-ATLANTIQUE (Le Robert - Sainte-Marie )
PLAN DE SITUATION DE LA ZONE ÉTUDIÉE
ECHELLE 1 / 1 O O O O O
•JJ1IÍ"
V,
-ICK
1
FfGURE t 85 ANT 001»
CARTE PLUVIOMETRIQUE
ECHELLE 1/250000
Presqu'île de la Caravelle
CASE PILOTE
LE VAUCLIN
Presqu- île des Trois - Ilets
LES ANSES O-ARLETS
2000 Hauteur deau annuelle moyenne (en millimètres)
FIGURE 2 85 ANT. 004
1.1.3 - Pé^ojo^i e^ £t_V£g ét at K)£
D'après la carte pédologique de la Martinique établie par F. COLMET DAAGE en 1972, on rencontre les principaux types de sols suivants :
- aux alentours du Robert, sols fersi al Iiti ques riches en montmorillonite - sur la bande côtière depuis Lestrade jusqu'à Sainte-Marie, des ferrisols
localement associés à des sols brun-rouille à halloysite
- dans la partie occidentale du terrain étudié, apparaissent des andosols (sols à allophane).
Les sols fersiallitiques sont de teinte rouge très vif ou brun rou¬
geâtre. D'aspect grumeleux à l'état sec, ils deviennent compacts avec la pro¬
fondeur.
Les ferrisols se développant sur les tufs et brèches ont une teinte brun-jaunâtre et sont généralement très compacts.
Les andosols sont des sols à allophane qui se sont développés sur des tufs fins assez anciens. A la présence d' allophane en quantité importante, vient s'ajouter l'apparition de gibbsite en quantité variable.
La végétation est représentée par plusieurs séries. On peut distinguer
- série littorale avec ses faciès halophiles (mangrove maritime), psammophiles (plages sableuses â mancenilTier et raisinier) et lithophiles (végétation xérophile des côtes rocheuses)
- série tropicale â tendance sèche rencontrée sur les. plateaux en bord de mer (forêt à poirier et gommier rouge et savane arbustive)
- série tropicale humide avec une forêt a bois blancs et bois doux.
Les zones de culture sont importantes et occupées par des plantations de canne à sucre (parties basses) et de bananes essentiellement (zones plus pen¬
tues). Quelques pâturages permettent l'élevage de bovins en bordure de mer.
I.I.4 Habitat
La région étudiée est très peuplée. Le recensement de 1974 dénombrait la population suivante :
Commune Bourg
Sainte Marie Trinité Robert
19500 9545 13900
3000 3500 2000
- 3
Les agglomérations sont de taille réduite et l'habitat est très dispersé sur l'ensemble du territoire ainsi qu'en atteste le tableau ci- dessus.
Une telle structure de l'habitat le rend très vulnérable à tout mouvement de terrain.
X
X X
1.2 - GéQlQgiê_gÎDêr§le (figure 3)
Le secteur étudié est situé sur l'arc volcanique intermédiaire d'âge miocène surmonté localement par des coulées de lave et conglomérats issus du volcan plus récent du morne Jacob. On rencontre ainsi :
- formations de tufs et intrusions associées de lave liées à l'activité du volcan sous-marin du morne Pitault
- coulées de laves massives mais altérées
- formations de remaniement des grands reliefs centraux (morne Jacob et pitons du Carbet) sous forme de conglomérats de textures variées.
Toutes ces formations sont fortement altérées sous l'effet du climat tro¬
pical. L'altération se traduit par une argilisation qui peut atteindre plus d'une dizaine de mètres de profondeur.
Les formations alluviales sont peu étendues ; elles sont générale¬
ment argileuses et peuvent contenir de gros blocs. Les cordons sableux en bord de mer sont peu importants. Quelques zones marécageuses apparaissent à l'embouchure de la petite Rivière Salée, de la rivière du Galion et en bord de mer au Nord du Robert.
La tectonique est marquée par un système de failles subméridiennes parallèles à l'axe de la chaine sous-marine Vauclin-Pitault.
X
X X
1.3 - Hy^!:Qgéologie_et_tessourçe|_en_eau
La présence d'une couverture quasi-continue d' altérites argileuses empêche la constitution de réserves aquifères importantes peu profondes et aisément exploitables.
/ é
B . R . G . M .
"
ieEVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD- ATLANTIQUE (Le Robert _ Sainte - Marie)
CARTE GÉOLOGIQUE SIMPLIFIÉE
LÉGENDE
Mangrove
Tuff ¡tes stratifiées Coulée massive d'andésite basaltique Coulée de lav« massive ou bréchique
ECHELLE 1/50000
N
Tuffite
3. a |
•" S \ [•'•'•T7] Coulée m a s s i v * o
M _ —i a D c
" 5 o / Prt^PJ Coulée basaltique
;• I<jj Conglomérat d andésite
Conglomérat basaltique
Faille
Faille supposée
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- 4
Quelques nappes phréatiques de faible importance se développent cependant au sein des coulées andésitiques lorsque les fissures ne sont pas colmatées par l'argile d'altération et donnent naissance à une ligne de sources à la base de coulées (Habitation Saint-Joseph, quartier Boca¬
ge, morne à Roche, pourtour du morne Vert-Pré).
Les alluvions fluviátiles ne recèlent pas d'aquifère intéressant compte tenud'une part de leur faible extension et d'autre part de leur caractère essentiellement argileux.
Les recherches d'eau portent essentiellement sur des nappes profondes contenues dans les coulées de lave fissurées constituant le substratum.
X
X X
1.4 - Ressources en matériaux
Sur le territoire étudié, les principales ressources en matériau sont les coulées de lave susceptibles de fournir des matériaux de remblai divers (tout-venant) et des granulats élaborés après concassage et criblage.
L'extension des gisements est généralement réduite compte-tenu de l'importan¬
ce de l'altération donnant naissance à un matériau hétérogène (blocs ou masses de lave saine emballés dans une matrice argileuse).
Un inventaire des carrières effectué en 1980 par le B.R.G.M. avait répertorié plus d'une dizaine de carrières entre le Robert et Sainte-Marie.
D'importance inégale et généralement faible, elles faisaient l'objet d'une exploitation sporadique. A l'heure actuelle, une seule carrière importante est en exploitation de façon continue. Il s'agit de la carrière du Galion située entre la RN.1 et la mer â proximité duquartier Lestrade. La produc¬
tion consiste en granulats calibrés et en tout-venant. Le matériau exploité est une lave andésitique porphyrique.
Une deuxième carrière fait l'objet d'une exploitation périodique en fonction des besoins locaux (construction routière essentiellement). Il s'agit de la carrière de l'anse Azerot appartenant â la Commune de Sainte Marie. Une installation mobile de criblage et concassage est alors mise en place et la production consiste en tout-venant (matériau plus ou moins alté¬
ré de découverte) et en granulats calibrés.
La roche exploitée est une andésite porphyrique à augite se pré¬
sentant sous forme de dykes (filons) accolés de direction Nord-Sud.
X
X X
5 -
1.5 - Sismicité
La Martinique, appartenant à l'arc insulaire des Petites Antilles, est située sur une zone particulièrement fragile de l'écorce terrestre et soumise à une instabilité dont témoigne l'activité volcanique et sismique de l'ensemble de la région Caraïbe.
Cette instabilité résulte de l'affrontement des plaques atlantique et caraïbe, la plaque atlantique plongeant sous la plaque caraïbe.
L'île de la Martinique a déjà subi de nombreux tremblements de terre dans les derniers siècles : huit (8) secousses d'intensité macro¬
sismique supérieure ou égale à VIII depuis le début du 18ème siècle avec 387 victimes à Fort de France en 1839.
II. DESCRIPTION DES TERRAINS
II.I - Topograph! e_et_moçghol ogle (carte annexe 1)
La topographie générale est celle d'un paysage moutonné sans carac¬
tère particulier. Une certaine structuration du relief se dessine seulement dans la partie septentrionale de la zone étudiée. Un ensemble de ravines orien¬
tées sensiblement est-ouest découpe un réseau de crêtes régulières aux ver¬
sants pentus occupés par les bananeraies.
Les traits essentiels du relief sont constitués par la vallée de la rivière du Galion et les hauteurs du Morne Vert-Pré (altitude 336 m) se pour¬
suivant vers l'Est par une échine allongée est-ouest franchie par la route nationale n° 1 au col de Lestrade (altitude 102 m).
Les formes du relief retiennent peu l'attention et la topographie paraît peu tourmentée à l'échelle régionale. Cependant, l'examen de la carte des pentes (d'après F. COLMET-DAAGE, 1972) montre un modelé de détail complexe et vigoureux. Les pentes dépassent fréquemment 20 % et même localement 50 %.
Les seules zones relativement planes sont le fond de la vallée de la rivière Galion et les zones d'ail uvionnement côtier.
La côte est très découpée, constituée par une succession de pointes rocheuses et d'anses sableuses. Les pointes rocheuses sont généralement limi¬
tées par une falaise protégée par des éboulis et à sommet convexe. Des élé¬
ments de plature corallienne se développent dans la baie des Raisiniers (La Trinité) et sur tout le pourtour de la presqu'île séparant la baie du Galion et la baie du Robert.
X
X X
II. 2 - LithQlQeii
Excepté quelques pointements isolés de lave saine constituant les plus forts reliefs, l'essentiel des formations rencontrées sont à dominante argileuse. En effet, l'altération tropicale s'est développée uniformément sur des roches aussi différentes que des coulées, tufs, brèches et tuffites.
L'examen des talus de déblais routiers ainsi que l'analyse des échantillons prélevés dans des sondages montre que le phénomène d'argilisation atteint fréquemment une profondeur supérieure à une dizaine de mètres.
«
- 7 -
L'examen des caractéristiques physiques et mécaniques de plus de 100 échantillons de sol prélevés (entre 0 et 15 m de profondeur) lors de sondages exécutés dans le cadre d'études géotechniques diverses (fondations, routes, etc.) permet de relever les principaux points suivants :
Nature du matériau
Teneur en eau naturelle Limite de liquidité
Indice de plasticité Passant à 80 u
argile de consistance et de teintes variées (beige brune, rouge, bariolée) dans lesquelles on peut parfois reconnaître la structure de la roche-mère.
de 30 à 55 % (moyenne 42 %) de 50 % à 90 %
de 16 % à 42 % de 60 % à 95 %
Ainsi qu'on peut le constater à la lecture des chiffres ci-dessus, il s'agit de sols fins, généralemer)t plastiques et à teneur en eau élevée.
Selon la classification des sols fins proposés par le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, ce sont généralement des limons très plastiques, quelques échantillons étant toutefois classés parmi les argiles très plastiques.
III. ELEMENTS D'EVOLUTION DU RELIEF
III.l - Prinçipaux_façteurs_d§_liéyolutign_açtuelle_.du_relief
Ces facteurs sont en principe nombreux, mais on peut cependant les regrouper en deux familles. Les uns, comme la topographie, la géologie (li¬
thologie, structure, ...), la morphologie dynamique, l'hydrogéologie (circu¬
lation des eaux souterraines, drainage superficiel...) peuvent être qualifiés de facteurs permanents. Les autres sont des facteur's temporels ou accidentels, liés par exemple à la climatologie (précipitations..,) et à certains effets de l'activité humaine (constructions de routes, bâtiments, cultures ...).
En premier lieu, malgré l'impression d'absence de fort relief à l'échelle régionale, on est généralement surpris par l'importance des pentes dès que l'on parcourt les mornes et collines du site étudié.
Il suffit de s'éloigner du bord de mer et des fonds de vallées pour rencon¬
trer des versants dont la décl inité avoisine, et même dépasse 20 %. Cette impression est rendue encore plus forte par la présence de constructions dont la partie aval repose généralement sur des hauts piliers destinés à rattraper les différences de niveau du terrain naturel.
Ensuite, on constate la prépondérance d'un matériau à dominante argileuse dont le comportement à long terme est critique ainsi qu'à court terme lors de fortes précipitations. L'importante végétation permet de contre¬
balancer néanmoins la forte érodabilité du matériau et le protège efficacement du ravinement. Enfin, les précipitations abondantes et prolongées de la saison des pluies (Hivernage de juin à décembre avec un maximum en automne) représen¬
tent le facteur déterminant le plus important.
La conjonction de pentes importantes et d'une lithologie défavorable avec une pluviosité abondante explique en définitive le processus d'évolution des reliefs pouvant s'accélérer et revêtir des formes variées lors de crise cataclysmale (pluies cycloniques, voire même pluies d'intensité seulement su¬
périeure à la moyenne).
X
X X
- 9
II 1. 2 - Erosion_liée_§u_çbemin|pDt_de§_e|ux_superfiçiell^
Parmi les effets érosifs imputables aux eaux superficielles, on note l'érosion pluviale (effet mécanique de la pluie tombant sur le sol), le ruis¬
sellement, le ravinement et 1 'alluvionnement rapide ainsi que l'inondation.
Sur l'ensemble de la région étudiée, la plupart de ces effets sont relativement peu importants compte-tenu de l'importance du couvert végétal.
L'effet du ruissellement se fait sentir essentiellement le long des chemins d'exploitation (traces) des domaines agricoles, où compte-tenu de l'absence de réseau d'assainissement (rigole ou caniveau latéral), les eaux de ruissellement permettent de creuser des sillons de 0,5 à 1 m de profondeur qui seront ultérieurement comblés à l'aide de pierres et cailloux afin de ré¬
tablir le passage.
La majorité des ravines sont peu actives sur l'ensemble de leur tracé.
Elles évacuent les eaux sans qu'il y ait ni creusement, ni accumulation, ni débordement. Néanmoins, localement, pn peut observer une érosion latérale provo¬
quant un sapement des berges qui peuvent induire des glissements de terrain dans le versant sus-jacent par suppression de la butée de pied.
Ce type de phénomène, bien qu'apparemment peu fréquent, présente néan¬
moins un danger réel ainsi que le verrons plus loin.
De ce qui a été dit précédemment, il s'ensuit que la charge solide des cours d'eau reste généralement peu élevée, et à notre connaissance, peu de dé¬
sordres liés au phénomène d'accumulation rapide sont connus sur l'ensemble de la région étudiée. En revanche, le phénomène d'inondation est plus fréquent et concerne essentiellement les basses vallées des différentes rivières.
X
x X
II 1.3 - Eroslgn_li|e_aux_mouyements_d|_mas||_et_à_l^eau_so
C'est elle qui durant les périodes de fortes précipitations, pertube le plus le modelé des versants et met en péril les infrastructures (routes, constructions, conduites etc.).
Les conditions favorables à ces mouvements sont réunies en de nombreux points du territoire étudiée : fortes pentes (compte-tenu du matériau), nature argileuse du sous-sol sur de fortes épaisseurs. Par ailleurs, compte-tenu de la dispersion de l'habitat, la vulnérabilité des équipements s'en trouve augmentée.
IV. DESCRIPTION DE QUELQUES FORMES D'EROSION OBSERVEES
La zone étudiée, qui a fait l'objet d'une reconnaissance générale en 1983, avai't alors été reconnue comme très menacée (et vulnérable compte tenu de la densité de population) par les mouvements de terrain dans le cas de fortes précipitations. Ce jugement a été confirmé lors de la "crise"
climatique des mois d'octobre et de novembre 1984 où les précipitations ont atteint en six jours près du quart des précipitations annuelles.
Le tableau ci-dessous donne l'amplitude des précipitations qui se sont abat¬
tues sur la région entre le 30/10/84 et le 4/11/84 (voir également annexe ).
: Station
: Date
: 30 - 10 : 31 - 10 : 01 - 11 : 02 - 11 : 03 - 11 : 04 - 11
: TOTAL
Trinité (usine du Galion)
h en mm
45,5 18,0 179,5 101,0 110,8 45,5
500,3
Sainte-Marie (gendarmerie)
h en mm
50 50 150 130 130 90
600
Le Robert : (gendarmerie) : h en mm :
51,5 :
47,0 :
163,4 :
80,0 :
82,0 :
33,5 :
457,4 :
La relation entre la pluviométrie et la plupart des mouvements a été très nette En effet, la quasi-totalité des glissements se sont produits le samedi 3 novem¬
bre et ils se sont accentués durant les deux jours suivants. Ce schéma s'est reproduit de façon similaire pour les nombreux autres glissements qui ont affec¬
té l'ensemble de l'île à cette même période.
Dans ce qui suit, nous allons traiter d'une part des mouvements et formes de l'érosion antérieures à la dernière période pluvieuse et d'autre part nous procéderons à une description des désordres récents.
11
IV.l - MouyemeQts_aDtériêurs_à_ggtQbre_1984
Un certain nombre d'événements étaient déjà connus dans la région.
Les plus importants sont des glissements dont les principaux sont les sui¬
vants (par ordre chronologique) :
- Ca_rr£f£uj2£N_^l_-_C£.2^5_(figure 4). Lors du passage du cyclone Dorothy en T970, le talus routier du CD. 25 a glissé et la masse boueuse est parvenue jusqu'à la maison située de l'autre côté de la chaussée. Actuellement, cette zone très aisément identifiable (zone anciennement glissée) est le siège de venues d'eau diffuses dont l'importance augmente lors de fortes pluies. Néan¬
moins, aucun mouvement nouveau ne s'est produit depuis 1970.
- R^N_^l_(^é^i atjjDji de_Tjrim_téJ_. Quartier Morne Congo (figure 5). En novembre 1977, un gTi ssement a emporté la moitié de la chaussée construite en remblai.
L'étude géotechnique réalisée ultérieurement a montré la présence d'importan¬
tes circulations d'eau à faible profondeur dans le terrain support du remblai.
Il a été proposé de réaliser un confortement à l'aide de tranchées drainantes afin de rabattre la nappe.
~ £lÍs¿emenit_ca^rj2efoji¿r_P£lmÍ£te^ (annexes 3 et figure 6). Consécutivement à des pluies abondantes en octobre et novembre 1982, d'importants glissements se sont produits au niveau du carrefour situé sur la déviation de Trinité. Dé¬
clenché en novembre, ces glissements ont évolué à chaque nouvelle période de précipitations. La mise en place de témoins a permis de constater un mouvement de près d'un millimètre par jour après la rupture initiale.
L'instrumentation mise en place (tubes inclinométriques et piézomè¬
tres) a permis de mettre en évidence des surfaces de rupture relativement pro¬
fondes (près de 10 m sous la surface du sol). Des travaux de terrassements ré¬
cents, réalisés pour dévier la chaussée en amont et rétablir la circulation, permettent de cerner les causes probables des désordres.
En effet, la structure des terrains est la suivante (voir figure 7).
Le remblai est mis en place dans un thalweg comblé par des formations remaniées de type colluvions fines. Le matériau est une argile grumeleuse brune peu compacte et très microfissurée. L'épaisseur de ces dépôts est inconnue, mais probablement supérieure à 5 m compte-tenu de la géométrie des flancs du thalweg(avant comblement). La partie amont du terrain possède une forme en cu¬
vette constituant un impluvium dont les eaux sont collectées au niveau du thal¬
weg. Compte-tenu de la microfissuration interne des argiles de remplissage, le taux d'infiltration est élevé et les eaux percolent sous le remblai routier.
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD - ATLANTIQJJE (Le Robert -. Sainte - Marie)
GLISSEMENT DU CARREFOUR R.N.l . CD. 25 (1970)
10m .
I I
Trinité
Glissement probable
sf* Marie
FIGURE 4 85 ANT 004
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIOUE
SECTEUR NORD- ATLANTIQUE (Le Robert - S^* Marie)
GLISSEMENT
ECHELLE 1/
Marie
Escarpement
Venue d'eou
Robert
FIGURE 5 85 ANT 004
B. R. 6. M.
R.N.l . DÉVIATION DE TRINITÉ (Martinique)
GLISSEMENTS DU CARREFOUR PALMISTE
PROFIL GÉOLOGIQUE AA*
ÉCHELLE 1/500
IOOt-
90--
80--
70--
60J-
CD25b
SCd
P2 (projeté)
A*
118 m JllOm
irrain naturel
LEGENDE
Tout venant drainant
/y^ Remblai argileux.
Argiles rouges compactes (laves et tufs altérées)
Niveau d' eau
FIGURE 6a 85 ANT. 004
B. R. 6. M.
R.N.l - DÉVIATION DE TRINITÉ (Martinique)
GLISSEMENTS OU CARREFOUR PALMISTEPROFIL GEOLOGIQUE BB'
ECHELLE 1 / 500
100-T-
90--
80--
70--
60
B
Il (12m) SC1( projeté)
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-M
JLlSm
12 (18 m) SC2
P3 (projeté)
Y////Ï^P-^ Terrain noturel avant
r//Z 4" r*mkln i«m sn^
NH remblaiement
JLi8m
Surface de rupture présumée (résultats inclinométriques)
LEGENDE
y^// Remblai argileux.
Argile brune et rou^e
WJiM Passage très humide.
Niveau d'eau.
FIGURE 6b 85 ANT 004
Trinité
Champ de cannes
B.R. G.M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD -ATLANTIQUE (Le Robert - Sainte -Marie)
GLISSEMENTS OU CARREFOUR PALMISTE
Le Robert
FIGURE 7 85 ANT 004
- 12 -
La construction de ce remblai a manifestement perturbé le régime d'écoulement des eaux souterraines, qui, entraînant une remontée de la nappe, provoque le glissement.
Le traitement de ce type de désordre implique la réalisation d'un drainage profond sous le remblai afin de rabattre la nappe. Ce genre de tra¬
vaux serait évidemment plus facile à réaliser avant la construction du remblai, mais seule une étude géotechnique préliminaire très fine aurait pu en déceler la nécessité. Il convient cependant de nuancer ces propos a posteriori, car le site décrit ci-dessus ne semblait pas présenter de risques particuliers. En effet, la pente transversale est faible, ainsi que le bassin versant situé en amont ; il était difficile d'imaginer pareil comportement.
L'enseignement que Ton peut tirer de l'étude de tels désordres est qu'il est nécessaire de s'assurer d'une maîtrise aussi complète que possible des eaux aussi bien superficielles que souterraines et procéder aux études préliminaires en ayant conscience que les quantités d'eau pouvant transiter sur un site donné peuvent être parfois exceptionnelles et que les dispositions constructives doivent prendre en compte cette éventualité, sans tomber toute¬
fois dans l'hypothède maximaliste, ce qui conduirait à des coûts de construc¬
tion prohibitifs.
- RNj_l^ _No_i¿V£ajj Jtrac^ XTl.iJl''Í.'^_"_'^Í,Yl"£ liuniaj_.
Deux mois environ après l'ouverture d'un déblai et suite à des pluies impor¬
tantes, un glissement s'est produit sur un talus de la nouvelle voie en cours de construction entre Trinité et Sainte-Marie.
Le matériau glissé est un ensemble assez hétérogène constitué par un mélange de gros blocs arrondis emballés dans une matrice argileuse plastique.
De nombreux suintements visibles au front du glissement ont transformé le ma¬
tériau en véritable boue. Le plan et la coupe de ce glissement sont donnés sur les figures 8 et 9.
- ^a^i nenienit_e_t ¿a£eimer[t_d£ ^ej2g£S_^
Relativement peu d'exemples de ce type d'érosion ont été repérés. Les princi¬
paux en sont visibles entre Trinité et Sainte Marie, sur les versants occupés par les pâturages, dans la zone comprise entre la RN.1 et la mer. Ces phénomè¬
nes se développent dans des argiles rougeâtres très microfissurées. De faible ampleur, ces mouvements pourraient cependant se révéler dangereux pour tout aménagement situé à proximité immédiate de ravines.
X
X X
IV. 2 - Mouyements_indui|s_par_2es_préçipitations_d^Q£^
Ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, la zone étudiée a été le siège de nombreux mouvements de terrain consécutivement aux fortes pluies
a /
B. R. G.M.
R.N.1 . TRINITÉ SAINTE-MARIE ( Martinique)
MODIFICATION DU PROFIL DU DÉBLAI D3
FIGURE 8
85 ANT 004
B. R. G. M.
R.N.l. TRINITÉ SAINTE-MARIE (Martinique)
MODIFICATION DU PROFIL DU DÉBLAI D3
P182
Niveau de la nappeECHELLE 1/200
j XZ) ^-"^^^^ ^ ~ Cercle de glissemsnl
supposé.Argile à blocs
FIGURE 9 85 ANT 004
13
d'Octobre et Novembre 1984. Dans ce qui suit, nous donnons une description sommaire des désordres constatés parmi les plus importants.
IV. 2.1 - Région du Robert
Les glissements se sont produits essentiellement sur le pourtour du Morne Vert-Pré.
- Quartier Bois_Bo2S_Désir
Ce glissement, intéressant la voie communale desservant le quartier Bois Désir, est situé à proximité immédiate du CD.l. Deux loupes de glissement peuvent être individualisées : l'une ayant entrainé la route sur 20 m en¬
viron et la seconde s' étendant dans une bananeraie voisine (figure 10).
Le pied du glissement est constitué par une masse argileuse sursaturée et peu consistante. Une petite coulée de boue a pris naissance à l'extrémité de l'un des glissements. Lors de notre visite, environ une semaine après l'événement, d'importantes venues d'eau étaient encore visibles à l'extré¬
mité aval .
Par ailleurs, l'action erosive de la ravine était attestée par des traces récentes de ravinement ayant entraîné un sapement des berges en fond du vallon. Il est fort probable que la suppression de la butée aval par éro¬
sion des berges est à l'origine du glissement.
- (Quartier Ermitage r^Zabeth^ (figure 11).
Une structure de glissement relativement complexe et de dimensions supé¬
rieures aux désordres précédents est apparue dans ce quartier. Il s'agit d'un système de loupes de glissements plus ou moins emboîtées s'êtendant sur plusieurs hectares. Les traces les plus visibles sont au niveau de la voie communale ou le rejeu des fissures atteint près de un mètre. Mais, la fissuration du terrain s'étend bien au-delà de la zone ci-dessus et une habitation récemment construite est a priori menacée.
- Quartier Galette_ (figure 12)
Ce glissement, malgré son importance réduite, a provoqué des désordres a priori irréparables à deux habitations. Celles-ci, bien que ne s'étant pas effondrées, sont extrêmement fissurées et nettement déplacées par rapport à leur position d'origine. Le sol est constitué par une argile rouge très plastique.
De la même façon que dans le cas du glissement du quartier Bois Désir dé¬
crit ci-dessus, la ravine voisine a fortement érodé ses berges et est vrai¬
semblablement la cause du glissement par suppression de la butée en pied.
Là encore, d'importantes venues d'eau étaient visibles en pied du glissement.
.../.»'
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD- ATLANTIQUE (Le Robert- Sainte- Marie )
GLISSEMENT QUARTIER BOIS DÉSIR
voie communale
Venues d'eau
Bananes
Coulée de-J^y_^J^'^ e^>^
boue
./
/ /
20 m
u
I
/
/v Fissu
res1
I vers le Robert
FIGURE 10 84 ANT 004
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD -ATLANTIQUE ( Le Robert - Sainte -Marie )
GLISSEMENT QUARTIERS ERMITAGE ZABETH
Fissures .^
(rejeu =lm)
10 m
I I
Chaussée décalée
Voie communale
FIGURE 11 es ANT 004
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD - ATLANTIQUE (Le Robert - Sainte - Marie )
GLISSEMENT QUARTIER GALETTE
Citerne
i N ^ n
\ Arrachement
1 y*^ Source
y mpo ri
./-^ -^-^ Z ¡
mportante
l
\
\
\
\
\
y
/
/
Argile rouge
^^plastique
Chaussée béton
Fissures
FIGURE 12 85 ANT. 004
- 14
IV. 2. 2 - Autres glissements
' Carrefour_ _P¿lmis^t£
Cette zone, déjà instable, a rejoué à la suite des dernières pluies et l'affaissement à l'amont du glissement a évolué de 2 m environ.
A proximité du col de Lestrade, une partie du grand déblai a été le siège de désordres mettant en jeu plusieurs dizaines de mètres cube de maté¬
riaux. Il s'agit dans ce cas d'éboulements sensu stricto plutôt que de glissements du type rotationnel.
- Çp^ZB Ms^ ^ lAorpe_ Rg^ue^ (figure 13) .
Des désordres importants se sont produits, emportant une partie du remblai supportant la chaussée au passage d'une ravine sur le tracé du CD. 25 bis, à proximité de Trinité. L'observation de terrain montre qu'il s'agit d'une structure de glissement importante s'êtendant sur près de 100 m de longueur et atteignant la RN.1 située en contrebas. Au moment du glissement, des ve¬
nues d'eau importantes étaient notées en pied de remblai. L'origine de ce glissement est vraisemblablement à rechercher dans l'absence de drainage au droit du remblai, qui agit d'une part par la surcharge qu'il apporte, et d'autre part entraîne des modifications du régime hydraulique des eaux sou¬
terraines.
B. R. G. M.
ÉVOLUTION DES RELIEFS EN MARTINIQUE
SECTEUR NORD -ATLANTIQUE ( Le Robert - Sainte - Marie )
CD. 25b . GLISSEMENT MORNE FIGUE
RûV
Petit Îl isse ment
ur la R.N. 1
10 m
Chausée emportée.
- Mur de soutènement en béton cassé et d£û.|/ déplacé.
^ Remblai en tout -venant
de corriere.
Buse.
FIGURE 13 85 ANT 004
V. CONCLUSIONS
A l'issue de cette étude, il apparaît que le mode d'évolution du relief le plus important et le plus dommageable à l'agriculture, aux habi¬
tations et aux infrastructures est représenté par les glissements de ter¬
rain.
Les facteurs permanents sont la pente et la nature lithologique du sous-sol. La mise en mouvement est liée aux facteurs temporels qui sont principalement les fortes précipitations.
En ce qui concerne les facteurs permanents, on peut constater que les désor¬
dres se produisent essentiellement sur les pentes supérieures à 20 % mais que localement, des désordres peuvent se produire sur des pentes plus fai¬
bles. Les glissements se produisant sur des pentes relativement faibles ont généralement pour origine une surcharge (remblai routier principalement) modifiant d'une part l'équilibre du versant par son poids et d'autre part le régime hydraulique par effet de barrage sur les eaux superficielles et diminution de la perméabilité du sol support par consolidation. Il ne faut pas négliger non plus le rôle du ravi nement, qui bien que très localisé, entraîne le sapement des berges des ravines et induit des glissements par suppression de la butée en pied (exemple des glissements au quartier Bois Désir et quartier Galette).
Un fait important à signaler est qu'il n'existe pas de relation nette entre la géologie et la répartition des glissements. En effet, les glissements se développent indifféremment sur un substratum constitué de laves, tufs ou brèches. Ceci s'explique par l'importance du phénomène d'al¬
tération qui gomme les différences lithologiques initiales pour aboutir à un matériau à dominante argileuse aux caractéristiques relativement cons¬
tantes sur l'ensemble de la région étudiée.
A la lumière des observations réalisées au cours de cette étude, un certain nombre de recommandations peuvent être émises dans le domaine de 1 'aménagement.
- lorsque la pente du terrain dépasse 20 %, procéder à une étude géotechnique détaillée comprenant une étude de stabilité précise et un examen des condi¬
tions hydrogéologiques du site afin de détecter sûrement les écoulements souterrains,
- dans les zones moins pentues, une attention particulière devra être portée à l'éventualité de la présence de formations de remplissage dont les carac-
a /
- 16
téristiques mécaniques sont très faibles (remaniement) et qui sont fré¬
quemment le siège de circulations d'eau souterraine importantes.
Dans tous les cas, un examen hydrogéotechnique du site est recommandé.
PLUIES EXCEPTIONNELLES OU REMARQUABLES DU DEBUT NQVEMBr<E 1934 «
i Les pluies exceptionnelles sont des pluies où les records sont battus
Les pluies remarquables sont des pluies importantes sans que les records soient battus.
! COMMUNES !
! DESAIX !
IGftOS MORNE '
!ST-JOSEPH :ST- JOSEPH
! Riv. Lézarde
! LAMENT IN
! ANSES D'ARLET î BASSE-POINTE ILE ROBERT ÎLE CARBET ÎLE FRANCOIS îKtORNE ROUGE IRIVIERE PILOTE 'ST ESPRIT
!STE MARIE
! MORNE DES f CADETS '.STE ANNE ÎLE DIAMANT 'TROIS ILETS ÎCASE PILOTE
¡TRINITE ÎLE MARIN : MACOUBA î AJOUPA
OCTOBRE '
30 31
53.5! 6.5 29.0Î28.3 43.0 «14.5 47.0! 7.5
52.0! 4.5 49.2! 5.4 30. Oî 12.0 51.5Î47.0 ' 18. 3! 32.0 65. 2 Î 20.0 29.6! 19.7 56. 2! 10.0 50.0! 60.0 50.0Î50.0 ' 14.8! 8.8
! 7.0! 16.3 ' 26.0! 9.5 ' 70.0Î11.0 ' 20.0! 1.5
! 46.5! 18.0
«^4* a . 1 o» o î 11.7'5a.6 î 26.7! 15.6
1er !
67.5!
107.0' 122.5 117.5'
75.0 6B.5 98.0 163.4 65.2 135-2 23.2 70.0 107.0 '150.0 57.0
' 58.9
! 60.1 1100.0
! 18.5 '179.5 Î 74.8 Î 144.8
! 67.5
NOVEMBRE
2 '
102.0' 101. 0' 121.5
64.5
35. S 123.0 52.0 80.0 35.0 73.5 114.0 20Ü.O 68.0 130.0 82.0
106.2 123.0 '120.0 63.5 101. 0
! 107.7 41.2
! 69.1
3 !
77.0!
136.S' 196.0 170.5'
111.5' lOB.O 146.0 82.0 52.5 93.2 181.0 143.0 108.0 130.0 89. 1
106.4 96.0 130.0 ' 57.5 110.0
! 94.0 Î100.4 î 146.5
! TOTAL!
4 ! jours'
69.0î31n.5 ' 71.0Î415.5 ' 70.5Î5Î8.5 61.5f4l4.0
48.0! 320.0 52.2 ¡351. 7 59.0! 355.0 33. 5! 353. 9 52.0! 204. 7 25.0! 326. 9 55.0! 373. 2 39. 5! 452. 5 34.0Í317.0 90.0! 500.0 47. 7! 275. a
53.0'324.5 65. Oî 349.1 61.0Î441.0 50.5Î210.0 45.5Í4.Í6.0 ' 41.8Î396.0 1 98. 2 i 304. 6
! 65.3:349.0
Moy. ' Mens!
Nov.!
196 ' X ' 308 282
205 126 260 170 108 176 3S1 175 201 252 267
183 X 185 140 227 '188 308 Î407
MAX ! en ! 24 h !
133(52) '
X !
109(78) 116(82)
105(66) 133(66) 157(51) 92(66) 78(63»
119(82) 160(69) 150(66) 138(66) 149(82) 89(56)
¡150(73)
! X
' 63(82) ' 66(73)
i 86(77)
! 96(03)
! 168(79)
MAX î ABSOLU!
en 24h!
341 î X î X î X «
269 ' 475 ' 203 ' 203
X 200 300 X X 224 249
208 X ' X X
! X
! X
! X
î 240
DATE ET CAUSE
AOUT
SEPT SEPT SEPT SEPT AOUT
70-DOROTV
67-BEULAH 67-BEULAH 77
63- EDITH 70- DOROT V OCTOBRE 79 AOUT
SEPT SEPT MARS SEPT
AOUT AOUT AOUT AOUT
¡JUIN
70-DORf3TV 67-BKULAr!
67-BEULAH 72
67-BEULAK
80-ALLE.N 80- ALLEN 80-ALLEN 79- DAVID
78
t : Mayenne Mensuelle du mois de NovE*mbre.
Les records absolus en 24 heures indiqués sont certainement inférieurs à la réalité (sauf pour For t -de-France Desaix, Le Lamentin, Morne des Cadets, Ca'ie Pilote, Trinité) du fait de
l'impossibilité (pour l'observateur bénévole) d'effectuer des aesures intermédiaires (évitant, débordement des pluviouiètres) peridiiOt le passage de la tempête uu du cyclone tropical.
RECORD ABSOLU EN 24 HE'JRES LE PLUS ELEVE EM MARTINIQUE :
680 mm EN AOUT 1980 A SAINTE MARIE (FOURMIOLS) LORS DU PASSADE D'ALLEN.
ANNEXE 2 S. G. ANl 3320