07/11/2019
I – Thermodynamique
I.6 : Solutions aqueuses
Chapitre I.6.2 : Equilibres de complexation
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Problématique
Complexe :
• édifice, neutre ou chargé,
• constitué d’un élément central métallique
• lié à un ou plusieurs ligands
Importance biologique majeure
➔ Travail avec des diagrammes de prédominance
➔ Détermination d’une composition à l’équilibre
➔ Utilisation pour le titrage de cations
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1. Rappel : constantes caractéristiques
• Définitions :
Constante de formation globale
βn du complexe MLn M(aq) + n L(aq) = MLn(aq)
Constante de formation
successive Kfi du complexe MLi MLi-1(aq) + L(aq) = MLi(aq)
Constante de dissociation
successive Kdi du complexe MLi MLi(aq) = MLi-1(aq) + L(aq)
• Relations entre les constantes caractéristiques :
𝐾𝑑𝑖 = 1
𝐾𝑓𝑖 𝛽𝑛 = ∏ 𝐾𝑓𝑖
𝑛
𝑖=1
𝐾𝑓𝑖 = 𝛽𝑖 𝛽𝑖−1 𝑝𝐾𝑑𝑖 = log(𝐾𝑓𝑖) log 𝛽𝑛 = ∑ 𝑝𝐾𝑑𝑖
𝑛
𝑖=1
𝑝𝐾𝑑𝑖= log(𝛽𝑖) − log(𝛽𝑖−1)
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• Effet chélate
Doc 1 – Stabilité des complexes à ligands polydentate (effet chélate)
Dans les milieux biologiques, un nombre important de cations métalliques se trouvent durablement fixés dans des complexes à ligand polydentate.
L’abondance de ces structures tient à leur stabilité remarquable. Celle-ci peut être évaluer au moyen des constantes de formations des complexes.
Comparons les constantes de formation de deux complexes, l’un utilisant un ligand polydentate, l’éthylènedimaine, l’autre deux ligands monodentate.
[Cu(H2O)6]2+(aq) + en (aq) → [Cu(en)(H2O)4]2+(aq) + 2 H2O (ℓ)
ΔrH1° = - 54 kJ.mol-1
ΔrS1° = 23 J.K-1.mol-1 K1° = 4.1010
[Cu(H2O)6]2+(aq) + 2 NH3 (aq) → [Cu(NH3)2(H2O)4]2+(aq) + 2 H2O (ℓ)
ΔrH2° = - 46 kJ.mol-1
ΔrS2° = - 8,4 J.K-1.mol-1 K2° = 5.107
La comparaison des grandeurs standard montre que la différence de constantes d’équilibre trouve essentiellement son origine dans la différence des entropies standard de réaction.
En effet, en première approximation, le terme enthalpique peut être estimé au moyen des énergies rompues et créées. Or, dans les deux cas, deux liaisons Cu-O sont rompues et deux liaisons Cu-N sont crées.
En revanche, sur le plan entropique, dans le cas de l’utilisation d’un ligand polydentate, on note, une augmentation du nombre d’entités (passage de 2 entités « réactifs » à 3 entités « produits »), alors qu’avec des ligands monodentate, il n’y a pas d’évolution du nombre d’entités dans le milieu. L’utilisation de ligands polydentate conduit donc à une augmentation du désordre qui s’accompagne d’une augmentation de la constate d’équilibre.
𝐾°(𝑇) = exp (−𝛥𝑟𝐺°(𝑇)
𝑅𝑇 ) = exp (−𝛥𝑟𝐻°(𝑇)
𝑅𝑇 +𝛥𝑟𝑆°(𝑇) 𝑅 )
Les complexes à ligands polydentate sont plus stables ce qui justifie leur abondance dans les milieux biologiques.
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2. Diagramme de prédominance
2.1. Type 1 : donneur/accepteur global de ligand
• Equation de réaction concernée :
M + n L = MLn (βn)
• Couple donneur/accepteur global de ligand : ML
n/M
• Diagramme de prédominance :
Expl : [Ag(NH3)2]+ : log β2 = 7,2 accepteurde ligand
donneur de ligand
1
𝑛log 𝛽𝑛
pL Espèce
échangée
MLn M
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2.2. Type 2 : donneur/accepteur successif de ligand
• Equation de réaction concernée :
MLi-1 + L = MLi (Kfi)
• Couple donneur/accepteur successif de ligand : ML
i/ML
i-1• Diagramme de prédominance :
accepteur de ligand
donneur de ligand
𝑝𝐾𝑑𝑖 log 𝐾𝑓𝑖
pL Particule
échangée
MLi MLi-1
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• Exemple 1 :
Complexes [Ag(SCN)i]− tels que pKd1 = 7,6 et pKd1 = 1,5Quand les pKdi diminuent avec i,
chaque complexe a une zone de prédominance propre.
• Exemple 2 :
Complexes [Ag(NH3)i]+ tels que pKd1 = 3,2 et pKd2 = 4,0Quand les pKdi augmentent avec i,
au moins un des complexes intermédiaires est instable.
pSCN Ag(SCN)2−
Ag+ Ag(SCN)
pKd2 = 1,5 pKd1 = 7,6
pNH3
Ag(NH3)+
Ag(NH3)+ Ag+
pKd1 = 3,2
pKd2 = 4,0
Ag(NH3)2+
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3. Détermination de composition après mélange
3.1. Formation d’un complexe
Exercice d’application 1
Une solution de volume 𝑉0= 100𝑚𝐿 est fabriquée en y introduisant n1 = 1,0.10-3 mol de sulfate de cuivre (𝐼𝐼) (𝐶𝑢2+(𝑎𝑞), 𝑆𝑂42−(𝑎𝑞)) = 0,010𝑚𝑜𝑙. 𝐿−1 et n2 = 9,0.10-3 mol de l’ammoniac 𝑁𝐻3. Déterminer la composition de la solution à l’équilibre chimique.
Les constantes de formation successives des complexes cuivre(II)-ammoniac valent respectivement : Kf1 = 104,1 ; Kf2 = 103,5 ; Kf3 = 103,0 ; Kf4 = 102,0.
3.2. Compétition entre deux centres métalliques
Exercice d’application 2
Un volume 𝑉0= 1𝐿 de solution est fabriqué de manière à apporter 0,010𝑚𝑜𝑙 d’EDTA 𝑌4−, 0,010𝑚𝑜𝑙 d’ions 𝐹𝑒3+ et 0,010𝑚𝑜𝑙 d’ions 𝐶𝑎2+. Déterminer la composition de la solution à l’équilibre chimique.
Les complexes pouvant se former sont 𝐶𝑎𝑌2− et 𝐹𝑒𝑌− de 𝑝𝐾𝑑 respectifs 10,7 et 25,0.
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3.3. Influence du pH sur la stabilité d’un complexe
• Approche qualitative :
o Ligand = DNL = base
o Déplacement d’équilibre par ajout d’acide
L’introduction d’un acide dans une solution de complexe favorise la dissociation du complexe.
• Approche quantitative :
Exercice d’application 3
50 mL d'une solution de nitrate de fer (III)(𝐹𝑒3+, 3𝑁𝑂3−) à la concentration 0,10 mol.L-1et 50 mL d'une solution d'acétate de sodium (𝑁𝑎+, 𝐶𝐻3𝐶𝑂𝑂−) à 0,10 mol.L-1. L’équilibre s’établit. Puis, est ajoutée, sans variation notable du volume, une solution très concentrée d’acide chlorhydrique.
1. Décrire qualitativement les phénomènes observés. Justifier, en utilisant un raisonnement fondé sur un déplacement d’équilibre, la capacité de l’acide à dissocier le complexe.
2. Calculer la quantité d'acide chlorhydrique qu'il faut ajouter pour que moins de 1% du fer soit complexé.
3. Déterminer le pH de la solution ainsi obtenue.
Données : pKA(CH3COOH / CH3COO-) = 4,8 log (Fe(CH3COO)2+) = 3,2
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4. Titrages complexométriques
4.1. Principe
• Définition
• Critères de choix de la réaction support
• Equivalence :
o
Approche physique
o
Approche mathématique
• Repérage de l’équivalence :
o
Colorimétrie
o
(Spectrophotométrie)
o
(Conductimétrie)
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4.2. Exemple : titrage des ions Ca
2+• Présentation :
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• Choix du ligand :
Doc 2 – Constantes de formation globale de complexes
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• Réaction support :
o
Equation de réaction
o
Constante d’équilibre
o
Relation entre qt de matière à l’équivalence
• Travail à pH imposé : tampon ammoniacal à pH = 10
o
Diagramme de prédominance de l’EDTA
o
Equation de réaction plus représentative :
▪ Formes des espèces apportées à ce pH
▪ Espèce formée
▪ Prise en compte du tampon
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• Repérage de l’équivalence : colorimétrie
o
Utilisation d’un indicateur coloré de fin de réaction
o
NET forme un complexe rouge violacé avec les ions Ca
2+o
Diagramme de prédominance de l’indicateur :
Na ,
⊝
Noir Ériochrome T (NET), noté NaH2E
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o
(Equation de réaction NET et Ca
2+avant ajout d’EDTA)
o
(Equation de réaction complexe et EDTA)
o
Changement de coloration à l’équivalence
• Courbe pY = f(V)
o
Voir éventuellement le doc 3
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En travaillant avec l’équation de réaction simplifiée : Ca2+(aq) + Y4-(aq) → CaY2-(aq)
À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques :
2 4
0 versé à l 'équivalence
n (Ca )+ =n (Y )−
0 0 E
C V = C V
Objectif : établir l’expression des variations du potentiel ligand pY = − log [Y4−] lors de l’ajout de l’EDTA, pendant le titrage, en fonction du taux d’avancement :
E 0 0
V C V V C V
= =
x
.
• Pour x = 0
Le bécher ne contient pas d’ions Y4-. Leur concentration dans le bécher est nulle. pY =− log [Y4−] n’est pas défini.
• Pour 0 < x < 1 (avant l’équivalence)
Avant l’équivalence, les ions Y4− sont introduits en défaut par rapport aux ions Ca2+. Le caractère quasi-total de la transformation amène à dresser le bilan de matière de la façon suivante :
Ca2+ + Y4− = CaY2−
quantités
introduites C0V0 CV 0
quantités à
l’équilibre C0V0 − CV CV
Les concentrations à l’équilibre en ions Ca2+ et CaY2− sont déduites de ce bilan de matière en divisant les quantités de matière par le volume total VT = V0 + V. La concentration en Y4− se détermine à l’aide de la constante de formation du complexe :
2 4
2
Y CaY
Ca
− −
= +
2 2
0 0
pY log log Ca CaY C V CV pY log log
CV
+
= + −
= + − 1
pY=10, 7+log −x x
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• Pour x = 1 (point équivalent)
À l’équivalence, les ions Ca2+ et Y4− ont été introduits dans les proportions stœchiométriques pour former le complexe CaY2− de façon quasi-totale. La solution du bécher contient donc exclusivement une quantité de matière n = C0V0moles du complexe CaY2−. Ce complexe est en équilibre avec des ions constitutifs Ca2+ et Y4−.
Ca2+ + Y4− = CaY2−
quantités
introduites C0V0 CVeq 0
quantités à
l’équilibre CVeq
2 equiv 0 0
E
CaY C V
V V
− =
+ Ca2+equiv =Y4−equiv =
La concentration en ions Y4− se détermine à l’aide de la constante de formation du complexe :
4 2 4 2 2 0 0
E 0
C V Y Ca Y CaY
(V V )
− + = − = − =
+
• Pour x > 1 (après l’équivalence)
Au-delà de l’équivalence, les ions Y4− sont introduits en excès par rapport aux ions Ca2+, qui ont été consommés de façon quasi-totale.
Ca2+ + Y4− = CaY2−
quantités
introduites C0V0 CV 0
quantités à
l’équilibre CV − C0V0 CVeq
0 0 (eq)
E 0
C V
pY 1 log log 6
2 V V
= − + =
-17- La quantité de matière des ions Y4− en excès vaut :
n(Y4−) = C(V − VE) = CV − C0V0
4 0 0 0 0
0 0
CV C V C V
Y ( 1)
V V V V
− = − = −
+ + x
0 0 0
pY log C V log( 1) V V
= − + − x−
À partir des expressions établies ci-dessus pour les différentes parties du titrage, il est possible de tracer la courbe théorique des variations de pY = f(x). On note que l’équivalence se traduit par un saut de potentiel Y.
0 4 8 12 16
0 0,5 1 1,5 2
x pY
équivalence