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Submitted on 1 Jan 1963
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Effets des rayonnements sur les semiconducteurs
Pierre Baruch
To cite this version:
Pierre Baruch. Effets des rayonnements sur les semiconducteurs. Journal de Physique, 1963, 24 (7),
pp.458-464. �10.1051/jphys:01963002407045800�. �jpa-00205508�
EFFETS DES RAYONNEMENTS SUR LES SEMICONDUCTEURS (1)
Par PIERRE BARUCH,
École Normale Supérieure, Laboratoire de Physique.
Résumé.
2014Cette mise
aupoint est consacrée
auxdéfauts créés par irradiation dans les semi- conducteurs et à leur influence
surles propriétés de
cescorps. Les travaux récents ont, montré
l’importance des interactions de
cesdéfauts
avecles impuretés du cristal,
avecles autres défauts et
avec
la population électronique. Ces interactions modifient la structure, la stabilité et les effets des défauts d’irradiation. On montre des exemples de tels effets tirés de l’étude du germanium, du
silicium et de composés intermétalliques.
Abstract.
2014A review is given of current knowledge about radiation induced defects in semi-
conductors and about their influence
onproperties of these materials. Recent work has shown the
importance of interactions between these defects and impurities, other defects
orelectron popula-
tion. Such interactions modify the structure, stability and effects of radiation defects. Specific examples of such effects
arediscussed, in the
caseof germanium, silicon and intermetallic
com-pounds.
PHYSIQUE 24, 1963,
Il
apu paraître, voici quelques années que l’étude de l’effet des rayonnements serait plus facile à entreprendre pour des cristaux semiconducteurs que pour des métaux. Cette vue découlait de diffé- rents caractères des semiconducteurs, en particulier
de la grande sensibilité de leurs propriétés électro- niques (concentration, durée de vie des porteurs libres, propriétés de transport) aux impuretés et
aux défauts de structure, de la grande variété des
moyens d’étude possibles (mesures électriques
diverses sur des cristaux ou des dispositifs tels que diodes et transistors, propriétés optiques, réso-
nance, etc...) de la possibilité de disposer avec une grande sûreté de cristaux de perfection et de pureté déterminées, et enfin d’une compréhension poussée de leurs propriétés, très étudiées actuel-
lement [1].
En fait, le problème de l’irradiation des semi- conducteurs n’a pas présenté la simplicité attendue.
Si tout d’abord l’accord a semblé bon entre les résultats expérimentaux et un modèle théorique,
celui de James et Lark Horovitz [2], des études plus détaillées n’ont pas permis de conserver un
tel modèle simple, peut-être précisément en raison
du nombre et de la sensibilité des méthodes
employées.
Actuellement, si l’on ne peut plus compter sur
un modèle théorique simple, applicable à une
variété de corps et de conditions d’étude, on peut
chercher à dégager quelques grandes orientations
qui guident les travaux dans ce domaine.
Tout d’abord, il semble prouvé que les défauts
créés par irradiation dans les semiconducteurs ne sont pas
engénéral les défauts ponctuels simples :
lacunes et interstitiels. De récents travaux sur la (1) Travail effectué
avecl’aide d’une subvention de la
Délégation Générale à la Recherche Scientifique et Tech-
’ nique (Comité d’Électronique).
théorie des déplacements atomiques, de nombreuses expériences sur des cristaux intentionnellement
«
dopés » ont inontré l’intervention de défauts com-
plexes formés par association : régions désordon-
nées [3] créées dans le Germanium par les neutrons
rapides, association d’une lacune avec l’oxygène [4, 5], le phosphore [5], le lithium [6] ou d’autres
lacunes [7] dans le silicium, association de nature
encore inconnue dans le germanium, mais où inter-
viennent des impuretés chimiques telles que arsenic,
antimoine [8, 9], interaction avec les défauts déjà
existants (dislocations). De telles associations se
manifestent dès que la diffusion permet des mouve-
ments atomiques, et cela parfois à basse tempé-
rature (azote liquide). Un tel phénomène, familier
d’ailleurs dans l’étude des métaux irradiés, explique
la dispersion apparente des résultats expérimen- taux, quand il n’était pas tenu compte de certaines impuretés résiduelles dans les échantillons. D’autre
part, il semble même que certains défauts com-
plexes (di-lacune par exemple) puissent être créés
directement par irradiations [7].
Pour ces raisons, il semble donc que le défaut
simple, lacune ou interstitiel soit rarement observé
avec une stabilité suffisante, sauf peut-être au
cours d’irradiations à l’hélium liquide. Dans ces conditions, il ne semble pas urgent de résoudre le
problème théorique de la structure électronique de
la lacune ou de l’interstitiel, pour améliorer ou
remplacer le modèle de James et Lark Horovitz.
Cependant il serait évidemment appréciable de pouvoir reconnaître ces défauts simples quand ils
apparaissent, même en faible quantité.
De telles remarques peuvent maintenant paraître évidentes, surtout à qui connaît les problèmes ana- logues dans les métaux, elles ont représenté vers
1959 une étape importante (1-d).
-
Une autre notion est apparue comme très impor-
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01963002407045800
459
tante : l’influence de la charge électrique des
défauts sur leur stabilité et leur mobilité. Ce carac-
tère est plus spécifique des semiconducteurs, où, contrairement
auxmétaux, la densité électronique représentée par le niveau de Fermi peut varier
dans de grandes proportions sous l’action de fac- teurs externes.
Suivant la position du niveau de Fermi,
unniveau d’énergie, dû à
undéfaut ponctuel sera occupé ou non par un électron, sa stabilité au
moment même de sa création variera, donnant lieu
à des taux de création de défauts différents. Or on
afréquemment déterminé des positions de niveaux d’énergie dus à l’irradiation en étudiant,
enfonc-
tion de la position du niveau de Fermi, la variation
du taux de disparition des porteurs libres (1-b). La
courbe ainsi tracée présente des discontinuités,
dont chacune correspond à un niveau d’énergie.
Une telle méthode suppose évidemment que le taux d’introduction des centres responsables de ces
niveaux est indépendant de la concentration élec-
tronique et que seul leur degré d’occupation change. On conçoit que, s’il n’en est pas ainsi, cette
méthode soit en défaut et puisse même faire appa- raître des défauts inexistants.
Nous verrons plus loin d’autres exemples de
l’effet de la position du niveau de Fermi.
Enfin puisqu’il a été reconnu .qu’il n’existait guère de modèle théorique sûr, il faut poursuivre
des expériences qui permettront de connaître la
structure à l’échelle atomique des modifications créées par irradiation. En plus des méthodes élec-
triques
«classiques
»dans l’étude des semiconduc- teurs, d’autres méthodes se sont révélées pré-
cieuses : la résonance paramagnétique [5] les pro-
priétés optiques ou élasto-optiques [10] ont fourni
la composition et la géométrie de défauts dans le
silicium, mais l’outil le plus général est encore
l’étude des processus de guérison, c’est-à-dire la détermination des paramètres de diffusion et de dis- parition des défauts. Les procédés sont classiques, quoique rendus délicats par les aspects multiformes des défauts à étudier. D’autres méthodes aident à déterminer les structures cherchées : -. microscopie électronique [11], études aux rayons X [12], mesure
de la dilatation de l’échantillon [13], de l’énergie interne, etc....
Comme il est difficile de présenter, actuellement,
une description unifiée des phénomènes qui nous intéressent, nous allons considérer ci-après quelques cas particuliers de semiconducteurs parmi les plus importants.
,Reflets d’irradiation dans le silicium.
-Bien que les études sur ce matériau aiént débuté à une date relativement récente, la structure des défauts dus à l’irradiation est relativement mieux connue, car
les méthodes de résonance magnétique ont pu être
appliquées à ce problème et ont fourni une image
très claire.
Les mesures électriques ont montré l’existence de niveaux localisés dont la position dans la bande
interdite et le taux d’introduction dépendent de la présence de certaines impuretés. Il est remarquable
mais probablement fortuit que la position de ces
niveaux soit telle que, quelle que soit la résistivité initiale du cristal, un bombardement à température
ordinaire accroisse toujours la résistivité, qui peut
devenir très grande, signifiant que le niveau de
Fermi, à la fin de l’irradiation, est voisin du milieu
de la bande interdite.
Dans le cas du bombardement par des électrons
rapides, les centres les plus importants détectés
par ces mesures électriques correspondent
auxniveaux suivants : (etc bas de la bande conduction, En haut de la bande de valence).
°°1) Ec
-0,17 eV : ce niveau n’apparaît. que dans du silicium contenant de l’oxygène [4], avec un
taux d’introduction faible à 78 oK (10"2 dans le
cas d’irradiation par des électrons de 1 MeV), plus important (0,16 dans les mêmes conditions) à température ordinaire.
En outre une interaction dé ces centres avec des atomes de lithium ajoutés intentionnellement a
été récemment démontrée [6].
2) Ec
-0,40 eV (4,5) qui n’est important que
si l’échantillon est libre d’oxygène (cristal obtenu
par la méthode de la zone flottante), mais dont le
taux d’introduction dépend de la température de la
même f açon que le précédent.
3) Un niveau près de la bande de valence : Ev + 0,27 si l’oxygène est présent, Ev + (0,2 ± 0,1) [14] en l’absence d’oxygène. Le niveau à Ev + 0,27
n’a pas le même taux de création que Ec
-0,17,
ce qui indiquerait qu’il n’est pas associé au même centre [15].
Les centres- ci-dessus sont les plus importants, ils
sont mis en évidence par les mesures de densité de
porteurs libres, on les retrouve dans d’autres expé- riences, par exemple en étudiant les effets d’irra- diation sur les caractéristiques des diodes Tun- nel [16].
D’autres niveaux apparaissent en concentrations
plus faibles, sont parfois détectables par l’absorp-
tion infra-rouge [41], la photoconductivité, la
recombinaison des porteurs en excès ; leurs pro-
priétés sont encore mal connues. L’effet des neu-
trons rapides est connu moins en détail, mais on
retrouve [17] les niveaux signalés ci-dessus.
L’étude de la guérison thermique montre que les défauts créés à température ordinaire sont stables jusqu’à des températures assez élevées (environ
150 oc pour Ec°- 0,4, 300 OC pour Ec
-0,17)
mais les données sur la- cinétique de guérison, dans
ce domaine, ne sont pas très cohérentes.
Par contre, la structure de ces défauts a été
remarquablement éclairée en utilisant la résonance
paramagnétique et accessoirement, l’effet de contraintes mécaniques sur l’absorption infra-
rouge. L’une comme l’autre des techniques, entre
les mains de l’équipe de General Electric, ont per- mis l’identification des défauts par l’étude de leurs
symétries [5, 10, 18].
Le niveau Ec
-0,17 eV est identifié à l’associa-
tion d’une lacune avec un atome d’oxygène (cen-
tre A). Dans les échantillons à faible teneur en
oxygène, mais dopés au phosphore, il fait place au
centre E, combinaison d’une lacune et d’un atome de phosphore substitutionnel, qui correspond au
niveau Es
-0,4 eV. L’apparition de tels centres complexes par irradiation à la température ordi-
naire suppose évidemment que la lacune est suffi- samment mobile pour pouvoir migrer vers les
atomes d’impuretés à la température d’irradiation.
Ce point de vue est confirmé par une irradiation à basse température (20 aK) au cours de laquelle les
centres A ne sont pas créés mais apparaissent par
recuit, à partir de 100 OK.
Plus récemment, d’autres centres ont été identi- fiés par les mêmes méthodes, en particulier la
lacune double (centres C et J), formée directement par irradiation [7, 19] et semble-t-il, la lacune simple formée à 40 OK. Des énergies de liaison et de migration ont pu être mesurées : l’énergie de liaison
de la lacune double est 1,3 eV, son énergie de migra-
tion 1,5 eV. La lacune simple a une énergie de migration faible : 0,33 eV dans du silicium du type p et 0,1 eV dans du silicium n, où elle est d’ailleurs créée avec un rendement plus faible [20]. On voit là
un exemple net de l’influence de la position du
niveau de Fermi sur la stabilité des défauts.
Ces valeurs faibles de l’énergie de migration des
lacunes permettent bien de rendre compte de la
formation dès la température ordinaire, des centres complexes du type A et E, qui, moins mobiles, ne disparaîtront qu’à plus haute température. Par contre, ces valeurs ne s’accordent pas avec l’inter-
prétation actuelle des phénomènes de diffusion par
un mécanisme de lacunes ; une énergie de migra-
tion de l’ordre de 1 eV est déduite de telles expé- riences ; la mesure de la mobilité du défaut qui joue un rôle dans la diffusion accélérée par irradia- tion fournit aussi une énergie de migration voisine
de 1 eV [21], et, on ne voit guère comment la lacune double, qui a une telle énergie de migration, inter.
viendrait dans la diffusion à haute température.
D’autres problèmes existent encore pour le sili- cium : nombre de centres ont été détectés mais non
identifiés ; le rôle de l’interstitiel n’est pas encore apparu, il semblerait soit qu’il ne soit pas actif
électriquement, soit qu’il ait, dès les très basses températures, une grande mobilité ; les données
relatives à l’énergie de déplacement des atomes (seuil) sont encore insuffisantes pour prédire con-
venablement les sections efficaces de déplace-
ment.
Effet de l’irradiation sur le germanium. - C’est
sur
cematériau que le plus grand nombre de don- nées a été réuni actuellement, sans que pour cela
on
ait des idées précises sur la nature des défauts.
D’une façon générale, à température ordinaire,
par bombardement par les rayonnements les plus
variés (électrons et rayons y, neutrons rapides, deutérons, etc...) le. germanium de type n voit sa
concentration en électrons libres diminuer jusqu’à compensation, puis passe au type p, tendant vers une valeur limite de la position du niveau de Fermi.
Le germanium de type p suit une évolution ana-
logue, le niveau de Fermi tend vers la même valeur limite [22].
’
En même temps, la mobilité et la durée de vie
diminuent, en général. Ces variations s’expliquent
par l’existence de niveaux localisés, au moins deux
dans la moitié supérieure de la bande interdite, au
moins un dans la moitié inférieure. C’est l’existence de tels niveaux que le modèle de James et Lark Horovitz expliquait, en considérant les défauts
ponctuels, lacune et interstitiel, comme des centres hydrogénoïdes.
Cependant une étude plus fine montre une grande
variété de comportement suivant les conditions, et
il devient difficile de garder un modèle unique compatible avec tous les résultats.
La notion même de niveaux localisés n’est plus
fondamentale dans l’hypothèse des régions désor-
données qui seraient créées par irradiation par des neutrons rapides, et qui, d’après Crawford et Gos-
sick [23] se comporteraient comme des ilôts isolants, immergés dans une matrice contenant des défauts
ponctuels.
Certaines preuves de l’existence de ces zones ont été réunies récemment par l’observation au micro- scope électronique [11] ou par certaines mesures de
mobilité [24].
En se limitant aux irradiations à température
ordinaire par des électrons ou des rayons y, qui ne
créent que des défauts ponctuels, on peut observer
dans le germanium n [25] un niveau à Es
-0,2 eV,
efficace comme accepteur, un niveau à .EP + 0,36,
efficace pour la recombinaison et, probablement
comme accepteur, et des niveaux à .E9 + 0,17 ou Ey + 0,25, agissant essentiellement comme pièges,
et dont la position dépend de la nature de l’impu-
reté présente (arsenic ou antimoine). L’étude de la
cinétique de guérison montre aussi la même
.
influence des impuretés [8] ; . en particulier, une
étape vers 50 OC, sensible aux impuretés présente
une énergie de migration de l’ordre de 0,8 eV, l’étape suivante, vers 100 OC, correspondrait à une énergie voisine de 1 eV ; il a d’ailleurs été possible
de mesurer directement la mobilité de ces défauts [26], les valeurs sont compatibles avec
celles d’une lacune isolée.
Les effets dans le germanium
naprès irradiation
à 78 OK ou au-dessus ne présentent pas de différence
461
marquée avec ceux obtenus à température ordi-
naire car il n’y a pas de guérison entre 78 oK et
300 DK. Cependant, il est à noter que le germa- nium n ne se convertit pas au type p, quand il est
irradié à basse température par des électrons.
En effet, les résultats sur le type p sont tout à fait différents de ceux obtenus sur le type n : leur analyse
nefournit pas le même schéma de niveaux,
les sections efficaces de création, les cinétiques de guérison sont différentes ; ceci conduit à penser que les défauts actifs ne sont pas les mêmes dans les deux cas ; on peut attribuer cette différence à l’influence de la position du niveau de Fermi.
Au-dessus de 78 dK, il
acependant été possible
à Ishino et ses collaborateurs [27], de présenter un
schéma d’ensemble (fig. 1) où les différentes étapes
Fie. 1. 2013 Étapes de guérison dans le germanium d’après Ishino et coll. [27].
sont décrites par des processus de migration et de
recombinaison des défauts : Les étapes III-p (200 °K-400 OK) et III-n (350 oK-400 OK) intéres-
seraient l’interstitiel, éventuellement en associa- tion avec les impuretés. L’étape IV-p (au-dessus de
420 OK) n’est pas expliquée, l’étape IV-n" (4300-
530 DK) correspondrait à une migration de la
lacune libré et l’étape V-n à la dissociation de
paires lacunes-donneurs.
Les résultats des expériences d’irradiation effec- tuées à très basse température (4 OK-78 DK) sont beaucoup plus complexes :
a) La section efficace de production des défauts
varie avec la température, étant plus faible pour les températures les plus basses [28] et dans des pro-
portions que l’agitation thermique seule ne peut
pas expliquer ; un modèle, dû à Wertheim [29], du potentiel entre la lacune et l’interstitiel rendrait
compte de cet effet : le premier maximum corres- pondant à une position de plus proche voisin serait moins important que les suivants ; la paire lacune-
interstitiel en position de plus proches voisins
serait métastable, donnant lieu à recombinaison
immédiate, si l’énergie d’irradiation
oules vibra- tions du réseau sont insuffisantes pour assurer la
séparation des éléments de la paire.
b) La section efficace dépend du type du cristal (n ou p) tombant à zéro pour le germanium p ; dépend de la concentration électronique elle dépend
aussi de l’intensité d’irradiation (irradiation en impulsions) [30, 31] ou de l’action d’agents ioni-
sants externes (illumination). Cet ensemble de phénomènes, étudiés récemment par Klontz et Mac Kay [32], s’expliqueraient par le même schéma
que ci-dessus, mais où la hauteur du premier maxi-
mum dépendrait de la charge électronique du
défaut (fin. 2). Des expériences sont en cours dans.
divers laboratoires pour vérifier ce schéma.
Fi IG. 2.
-Modèle du défaut métastable dans le germanium d’après Klontz et MacKay [32]. La barrière à la
recom-binaison de la paire lacune-interstitiel passe de ER à En > E$ quand
unélectron est piégé par le défaut. Il
en
résulte
uneplus grande stabilité du défaut.
Les étapes de guérison, dans le domaine de tem- pérature, sont aussi sensibles aux facteurs cités ci-
dessus, et pour les mêmes raisons. Les processus
électroniques sont cependant ceux qui limitent les vitesses de réactions, et donnent lieu à des faibles
énergies d’activation. Néanmoins les étapes succes-
sives (I et II) peuvent être attribuées à la dispari-
tion de paires lacunes-interstitiel en position de premier ou de second voisin.
Les résultats cités ci-dessus sont relatifs aux
irradiations par des électrons ou des y, qui ne
créent que des défauts ponctuels, isolés. On peut se
demander si l’irradiation par des particules char- gées (deutérons) donnera les mêmes effets, ou se rapprochera plus de l’action des neutrons. Au point
de vue électrique, les défauts semblent avoir des
propriétés similaires dans.le cas des deutérons et dans celui des électrons. Cependant, les mesures
de dilatation effectuées par Vook, Simmons et
Pallium [13, 33] montrent, dans le cas des deutérons,
un effet attribuable à l’existence de groupement des
défauts, alors que l’action des électrons ne donne
pas de dilatation mesurable, comme on pourrait s’y
attendre pour des défauts isolés. Ceci pose la ques- tion intéressante de la distance d’interaction à
partir de laquelle des centres
nepeuvent plus être
considérés comme isolés
aupoint de vue électro- nique.
Composés intermétalliques.
-Les effets d’irra-
r
diation dans les semi-conducteurs composés, sont
évidemment plus complexes du fait des multiples configurations de défauts possibles. D’autre part,
la technologie de
cesmatériaux n’est pas encore très avancée. Pour ces raisons, on ne possède encore
que peu de connaissances sur les effets des rayon- nements sur ces matériaux.
Cependant les études de seuil de déplacement
ont déjà fourni des résultats intéressants. Par les méthodes électriques classiques on a pu mettre
enévidence dans les composés du type III-V l’appa-
rition de deux seuils successifs correspondant
audéplacement de chaque type d’atome [34, 35]. Des
résultats analogues ont été obtenus dans le sulfure de cadmium par l’étude des fluorescences dues
auxdifférents défauts [36].
Les résultats les plus étendus sont relatifs aux composés Sbln et AsGa, qui ont un comportement
voisin : introduction de centres accepteurs par irra-
diation, étapes de recuit bien marquées, pas d’influence apparente des. impuretés.
Dans InSb, la guérison procède en 5 étapes [37, 38] entre 80 oK et 320 oR, les étapes I et II étant
attribuées à la recombinaison de paires de défauts
voisins. Dans AsGa, un travail analogue [39] indi-
que un effet de la densité de porteurs libres sur la cinétique de guérison comme dans le germanium.
L’observation de la dilatation des composés I I I-V après irradiation par des électrons a aussi conduit à des résultats intéressants [13]. Contraire-
ment
aucas de Ge et Si, où ces effets sont inexis- tants, l’apparition de ces dilatations serait liée à la
possibilité de configurations différentes pour les interstitiels.
Conclusion.
--Les exemples précédents sont typiques des problèmes qui se présentent dans
l’étude de l’effet des irradiations sur les semi- conducteurs. Certains de ces problèmes, effet des impuretés par exemple, se rencontrent aussi dans l’étude des métaux irradiés, d’autres, charge et
mobilité des défauts, sont plus spécifiques des
semiconducteurs. Malheureusement les connais-
sances théoriques sur la structure des défauts sont
encore très insuffisantes, : on ne sait guère dans un
cristal covalent
commele germanium
oule sili- cium, prévoir les énergies de liaison des défauts simples, leur mobilité, ni les énergies minimum
pour créer des déplacements. La structure électro nique des défauts n’est pas non plus prévisible. Il
est donc assez difficile actuellement de fournir des
justifications, sinon empiriques, pour les modèles
proposés à partir de nombreuses expériences.
Ce problème prend d’ailleurs une importance technique croissante, car des dispositifs électron- niques, employant des semiconducteurs (diodes, transistors, etc...) sont fréquemment utilisés dans des conditions où des rayonnements intenses peu- vent altérer leur fonctionnement. Ces effets peu- vent être expliqués en général, par les modifica- tions des matériaux mais posent, par eux-mêmes des questions délicates : pour ne prendre qu’un exemple, les piles solaires au silicium (jonctions
n-p photovoltaïques) sont moins sensibles au rayon- nement si elles sont constituées par une couche diffusée
n surun substrat de type p que si elles ont la structure opposée, p sur n [39]. Ce fait est proba-
blement lié soit à l’interaction des défauts avec les
impuretés, soit à la position du niveau de Fermi.
Ces deux facteurs dont nous avons souligné ci- ,
dessus l’importance, sont encore mal connus. On
voit donc toute l’importance que l’étude de la structure des défauts pourra avoir sur de tels pro- blèmes techniques.
’
DISCUSSION
Question posée par M. PERRIO Gaston, C. E. A., Saclay.
Énoncé de la question :
1) Y-a-t’il un effet dû à des différences d’énergie
des particules chargées ?
2) Un primaire et la cascade qui le suit, peuvent-
ils
secomporter différemment quand ils ont été
créés avec la même énergie, par des neutrons ou des particules chargées ?
3) Peut-on expliquer le fait que dans le cas du
germanium, les particules chargées n’ont pas le même effet que les neutrons alors que dans le cas du silicium elles semblent avoir le même eff et a
Réponse faite par le conférencier :
10 De tels effets sont visibles entre autres, à basse température dans le cas d’irradiation par des électrons d’énergie voisine du seuil (32) : la ciné- tique de guérison peut différer notablement suivant
l’énergie indiquant l’existence de paires dont la séparation dépend de l’énergie de la particule
incidente.
2) Les effets observés dépendront, en plus de l’énergie du primaire, de la distribution spatiale
des chocs primaires. L’étude détaillée, au point de
vue
expérimental n’a pas été entreprise dans les
semiconducteurs.
3) Ce fait n’est pas expliqué, il est peut-être lié (voir ci-dessus) à la possibilité de l’existence d’ilôts isolants dans le germanium irradié par des neu-
trons, ilôts qui ne pourraient être très efficaces dans
le silicium.
463
Question posée par M. BERTAUT Erwin Félix,
Grenoble.
Énoncé de la question :
.1) Vous avez attribué les niveaux A et E entre la bande de conduction et de valence dans Si
auxassociations d’impuretés 0 et P respectivement
avec
des lacunes. Y-a-t’il des niveaux d’impuretés analogues dans Ge ?
2) 0
setrouve dans l’association Si 04 selon
M. Balkanski. Dans Ge on pourrait imaginer Ge 04,
mais aussi Ge 06. Qu’en sait-on ?
zRéponse faite par le conférencier :
1) Des associations de défauts avec des impu-
retés (Arsenic, antimoine) ont été mises
enévi-
dence par les mesures de Curtis [9]. On n’a pas
encore observé, à ma connaissance, d’association entre lacune et oxygène consécutivement à une
irradiation du germanium.
2) Des complexes Ge 02 et Ge 04, agissant comme
donneurs ont été identifiés (Fuller et Doleiden,
J. Phys. Chem. Solids; 1961, 19, 251), ni Ge 03,
ni Ge 0. n’ont encore été mis en évidence.
Question posée par M. QUÉRÉ Yves, C. E. N., Fontenay-aux-Roses.
Énoncé de la question :
1) Qu’entendez-vous exactement par
«zone désordonnée )) ? Met-on
enévidence par rayons X,
une amorphisation dans ces zones ?
.
2) Les valeurs proposées pour les énergies de
formation et de mobilité des lacunes simples et
donbles dans le sicilium ont-elles été recoupées
par d’autre expériences (diffusion, trempe, etc...) ?
Réponse faite par le con f érencier :
’
1) Les zones isolantes de Gossick et Crawford [3]
seraient constituées par une zone de forte densité
de , défauts (analogues au « thermal spike p de
dimensions de l’ordre de 100 Á, électriquement de typ.e p, entourées par une région de charge d’espace,
vide de porteurs libres, qui agit
commeun ilôt iso- lant, de dimensions de l’ordre de 1000 Â. Ce sont
ces
ilôts isolants qui modifieraient les propriétés électriques du cristal. Ce modèle
nes’applique qu’au germanium de type n, irradié par des neu- trons : il faut en effet qu’une grande densité de
défauts provoque la conversion de n à p (cas du germanium) et que les zones désordonnées aient des dimensions suffisantes (irradiation par des neu-
trons). Cependant ces zones désordonnées ont été détectées
aumoyen de la diffusion X aux petits angles, par Fujita et Gonser (J. Phys. Soc. Jap., 1958, 13, 1068), dans du germanium irradié par des deutérons : cependant
ceszones n’avaient que 30 z
de rayon et n’étaient probablement pas assez
grandes pour créer des zones de charge d’espace importantes.
D’autre part, Parson, Balluffi et Kohler ont
observé en microscopie électronique par transmis-
sion, des amas de défauts dans du germanium
irradié par des neutrons [11].
,2) On n’a que très peu de données sur la struc- ture des lacunes dans le silicium, en particulier pas de dpnnées obtenues par des expériences de trempe
ou de self-diffusion. Cependant la diffusion des impuretés dans le cas substitutionnel, se fait
avecune énergie de l’ordre de 4 eV, Si l’on admet une
valeur analogue pour la self-diffusion, il faudrait si l’énergie de migration des lacunes est de 0,3 eV, plus de 3 eV pour créer ces lacunes ; une telle
valeur serait anormalement élevée.
BIBLIOGRAPHIE [1] Diverses mises
aupoint ont déjà paru
sur cesujet.
Nous renvoyons particulièrement à
a) CRAWFORD et GLELAND, dans Progress in, Semi- conductors, vol. II, 67-107 (Heywood, Londres, 1957).
b) LARK HOROVITZ, dans Semiconductors and Phos-
phors, 113, Interscience, 1958.
c) BILLINGTON et CRAWFORD, Radiation Damage in Solids, 312-368 (Princeton, 1961).
d) J. Appl. Physics, 1959, 30, n° 8,1117-9.322 (Comptes
rendus de la Conférence de Gatlinburg).
e) CRAWFORD, École d’été de Physique des Solides, ISPRA,1960 (Academic Press, 1963).
[2] JAMES et LARK HOROWITZ, Z. Phys. Chem., 1951, 198, 107.
[3] GOSSICK, réf.1d), p. 1214. Conférence de Kyoto
surles
défauts de réseau, 1962.
CRAWFORD et CLELAND, réf. 1d), 1204.
[4] WERTHEIM et BUCHANAN, cf. réf. 1d), 1232.
[5] WATKINS et CORBETT, réf. 1d), 1198 ; Phys. Rev., 1961, 121, 1001.
[6] VAVILOV et al. Conférence de Kyoto,1962 (à paraître) ;
Fiz. Tverdogo Tela, 1962, 4, 1128 (Soviet Physics,
Solid State, 1962, 4, 830).
[7] CORBETT et WATKINS, Phys. Rev., Letters, 1961, 7,
314.
[8] BROWN, WAITE, AUGUSTY1VIAK, cf. réf. 1d), 1258.
[9] CURTIS et CRAWFORD, Phys. Rev., 1961, 124, 1731 et 1962, 126, 1342 ; Disc. Faraday Soc., 1962, 31, 107.
[10] CORBETT, WATKINS, CHRENKO et MACDONALD, Phys.
Rev., 1961, 121, 1015.
CORBETT et WATKINS, J. Phys. Chem. Solids, 1961,
20, 319.
[11] PARSON, BALLUFFI, KOEHLER, Appl. Phys. Letters, 1962, 1, 57.
[12] AUTHIER, LALLEMAND, PFISTER, J. Physique Rad., 1963, 24, 467,
cefascicule.
[13] WATKINS, Conférence de Kyoto
surles Défauts de Réseau, 1962 (à paraître).
[14] HILL, Phys. Rev., 1959, 114, 1414.
[15] MALOVETSKAYA, GALKIN et VAVILOV, Fiz. tverdogo Tela, 1962, 4, 5, 1372 (Soviet Physics. Solid State, 1962, 4, 5, 1008).
[16] PIERCE, SANDER et KANTZ, J. Appl. Physics., 1962, 33, 3108.
[17] WERTHEIM, Phys. Rev., 1959, 116, 342. ’
[18] WATKINS et CORBETT, Disc. Faraday Soc., 1962, 31,
86.
[19] BEMSKI et SZYMANSKI, J. Phys. Chem. Solids, 1963, 24, 1.
[20] WATKINS, Conférence de Kyoto
surles Défauts de Réseau, 1962 (à paraître).
[21] BARUCH et POSTER, Disc. Faraday Soc., 1961, 31, 77.
Conférence de Kyoto
surles Défauts de Réseau,
1962 (à paraître).
[22] CRAWFORD et CLELAND, voir références 1a) et 1e).
[23] GOSSICK, réf. 1d),. 1214. Conférence de Kyoto
surles
Défauts de Réseau, 1962 (à paraître).
[24] STEIN, J. appl. Physics, 1960, 31, 1309.
CLOSSER, J. appl. Physics, 1960, 31,1693.
VAN DONG, KOCH, DINH TUONG, Trans. Faraday Soc.., 1961,57,1968.
[25] CURTIS et CRAWFORD Phys. Rev., 1961, 124, 1731 et 1962, 126, 1342 ; Disc. Faraday Soc., 1962, 31,107.
[26] BARUCH, J. appl. Physics, 1961, 32, 653.
[27] ISHINO, NAKAZAWA, HASIGUTI, J. Phys. Chem. Solids,
1963.
ISHINO, Thèse, Université de Tokyo, 1960.
[28] BROWN et AUGUSTYNIAK, cf. réf. 1d), 1300.
[29] WERTHEIM, Phys. Rev., 1959, 115, 568.
[30] KORTRIGHT et MACKAY, Bull. Amer. Phys. Soc., 1962, 7, 330.
[31] BROWN, Nuct. Instr. Meth., 1959, 5, 234.
[32] McKAY et KLONTZ, réf. 1d), 1269 ; Radiation Damage
in Solids, vol. III (Conférence de Venise
surles
Effets d’Irradiation, 1962, A. I. E. A., Vienne, 1963) ; Conférence de Kyoto
surles Défauts de
Réseau, 1962.
[33] SIMMONS et BALLUFFI, réf. 1d), 1249.
VOOK et BALLUFFI, Phys. Rev., 1959, 113, 62 ; Phys.
Rev., 1959, 113, 72.,
[34] BAUERLEIN, École d’Été de Physique des Solides, ISPRA, 1960 ; Z. Naturf., 1959, 14a, 1069.
[35] EISEN et BICKEL, Phys. Rev., 1959, 115, 345.
[36] KULPE et KELLEY, J. appl. Physics, 1960, 31, 1057 ;
J. appl. Physics, 1961, 32, 1290.
KULPE, Phys. Rev., 1962, 125, 6, 1865-1869.
[37] EISEN, Phys. Rev., 1961, 123, 736.
[38] ALEXOPOULOS, Radiation Damage in Solids, Vol. III (Conférence de Venise, 1962 (à paraître).
[39] AUKERMAN et GRAFT, Phys. Rev., 1962, 127,1576.
AUKERMAN, Proceedings Int. Conf. Semiconductors
(Prague, 1960), 946.
[40] BABCOCK, J. Electrochem. Soc., 1961, 108, 1119.
FLICKER, LOPFRSKI, SCOTT-MONCK, Phys. Rev., 1962,
128, 2557.
[41] FAN et RAMDAS, réf. 1d), 1127 ; Proc. Int. Conf.
onSemiconductors, Prague 1960, 309. Conférence de
Kyoto, 1962 (à paraître).
EFFET DES NEUTRONS RAPIDES SUR LA CONDUCTIVITÉ THERMIQUE
DU GERMANIUM ET DU SILICIUM
Par NGUYEN VAN DONG, M. VANDEVYVER et PHAM NGU TUNG,
Service d’Électronique Physique. Centre d’Études Nucléaires de Saclay. B. P. no 2, Gif-sur-Yvette (S.-et-O.).
Résumé.
2014Des cristaux de Ge et de Si ont été bombardés par des neutrons de fission jusqu’à
des flux intégrés de 1,2 1018 cin-2.
La conductivité thermique des échantillons
aété mesurée avant et après irradiation
enfonction de la température entre 80 °K et 300 oK. Dans tout le domaine de température, la conductivité
thermique décroit par rapport à celle mesurée avant irradiation. Les résultats sont interprétés à partir de l’allure des courbes de la résistivité thermique additionnelle.
Abstraet.
2014Germanium and silicon crystals have been irradiated with fission neutrons up to integrated fluxes of 1.2
x1018 cm-2.
The thermal conductivity of the samples has been measured before and after irradiation
as afunction of temperature between 80 °K and 300 °K. In the whole of the temperature range, the thermal conductivity decreases with respect to that measured before irradiation. The results
areinterpreted from the shape of the
curvesof the additionnal thermal resistivity.
LE JOURNAL DE