Partie IX : Champ magnétique et induction Chapitre 2
TD – Lois de l’induction, cas du circuit fixe dans B ~ variable
Remarque : exercice avec b : exercice particulièrement important, à maîtriser en priorité (de même que les exemples de questions de cours des “ce qu’il faut savoir faire”) |[• ◦ ◦]: difficulté des exercices
I Méthode de mesure de M [• ◦ ◦]
1 - L’oscilloscope étant supposé idéal, tout se passe comme si la bobine 2 était en circuit ouvert. On a donc i2 = 0.
D’après la loi de comportement d’une bobine, on aurait
u2 =L2di2 dt = 0.
Mais ceci ne s’applique pas ici, car cette loi ne prend en compte que le phénomène d’auto-induction. Or il y a aussi un couplage mutuel avec le second circuit. Il faut donc appliquer la méthode vue dans le cours (flux, loi de Faraday, fem, loi des mailles...).
2 - On suit la méthode habituelle.
b Étape 1 : orienter les circuits. C’est fait par le choix du sens du courant sur le schéma.
i1 e0
R L1 u1(t)
L2 i2=0
u2(t) M
b Étape 2 : exprimer les flux. Ici :
Φtot→1 = Φ1→1+ Φ2→1 =L1i1+M i2 =L1i1 (cari2 = 0), Φtot→2 = Φ2→2+ Φ1→2 =L2i2+M i1 =M i1.
b Étape 3 : schéma électrique équivalent, où tous les phénomènes d’induction sont remplacés par des fem (convention générateur), dont la valeur est donnée par la loi de Faraday :
e1 =−dΦtot→1
dt =−L1di1
dt et e2 =−dΦtot→2
dt =−Mdi1 dt.
e0
R i1
e1 u1(t)
e2
i2=0
u2(t)
Étape 4 : La loi des mailles dans le circuit 2 indique que :
u2 =−e2 =Mdi1 dt Or u1 =Ri1, et on a donc
u2 = M R
du1
dt .
3 - Il faut traduire la relation précédente en représentation complexe : u2 =jωM
Ru1.
L’amplitude mesurée à l’oscilloscope est, pour le signal 1 :U1=|u1|, et pour le signal 2 : U2 =|u2|. Donc en prenant le module de l’équation ci-dessus :
U2 =ωM
R U1 d’où M = R U2
2π f U1
= 1,3 mH.
On a donc bien une méthode de mesure expérimentale deM.
4 - L’inductance mutuelle sera maximale lorsque les bobines ont leurs deux axes alignés (elles sont l’une en face de l’autre), et le plus proche possible.
II Modèle du transformateur idéal [• ◦ ◦]
1 - b Circuit 1 :
On considère d’abord le fluxϕ1 à travers une seule spire (un seul tour du fil).
D’après la règle de la main droite, la normale est vers le haut, donc dans le même sens que l’orientation choisie pour le flux total dans une section Φ. Doncϕ1 = +Φ.
L’enroulement primaire comporteN1spires, donc le flux total à travers ce circuit primaire est Φtot→1 =N1Φ.
b Circuit 2 :
Notons de même le flux ϕ2 à travers une seule spire (un seul tour du fil).
La normale est vers le bas, donc dans le même sens que l’orientation choisie pour le flux total dans une section Φ. Doncϕ2 = +Φ.
L’enroulement primaire comporteN2spires, donc le flux total à travers ce circuit secondaire est Φtot→2 =N2Φ.
2 - Il y a deux enroulements donc deux circuits électriques équivalents : un pour le primaire, un pour le secondaire.
Pour chacun, on remplace l’enroulement par un générateur de fem donnée par la loi de Faraday, orienté en convention générateur.
e1=−dΦtot→1
dt =−N1dΦ dt,
e2=−dΦtot→1
dt =−N2dΦ dt.
3 - D’après les deux expressions précédentes, on a e1 N1 = e2
N2, soit encore e2 e1 = N2
N1.
On établit enfin les équations électriques en écrivant la loi des mailles dans chacun des deux circuits : U1+e1 = 0 etU2 =e2.
On a donc finalement
U2 U1
=−N2 N1
=−m.
Il s’agit là de la relation classique pour le modèle du transformateur idéal.
4 - On a d’après l’énoncé P1 =P2, donc U1i1=U2i2, et donc i2
i1 = U1
U2 =−N1
N2 =−1 m.
III Plaques à induction [• • ◦]
1 - On a les schémas suivants :
Étape 1, orienter : c’est fait par le choix des sens des courants ci-dessus.
Étape 2 : exprimer les flux. On a comme d’habitude
Φtot→1 = Φ1→1+ Φ2→1 =L1i1+M i2 et Φtot→2 = Φ2→2+ Φ1→2=L2i2+M i1.
Étape 3 : schéma électrique équivalent (ci-dessus), dans lequel les fem induites sont
e1 =−dΦtot→1
dt =−L1di1
dt −Mdi2
dt et e2 =−dΦtot→2
dt =−L2di2
dt −Mdi1 dt.
Étape 4 : lois de mailles, d’où
v1+e1=R1i1 et e2=R2i2. En remplaçant :
v1−L1di1
dt −Mdi2
dt =R1i1 et −L2di2
dt −Mdi1
dt =R2i2. 2 - Passage en complexes :
v1−jωL1i1−jωM i2 =R1i1 et −jωL2i2−jωM i1 =R2i2. Il faut isoler le rapport i2/i1, ce qui se fait avec la seconde équation :
i2
i1 = −jωM R2+jωL2
'
|{z}
R2L2ω
−M L2
.
Enfin, le rapport des amplitudes s’obtient en prenant le module (rappel : i2
i1 = I2ej(ωt+ϕ2)
I1ej(ωt+ϕ1), donc le module élimine les exponentielles complexes) :
I2
I1 = ω|M|
pR22+ (ωL2)2 '
|{z}
R2L2ω
|M|
L2 .
3 - On utilise la première loi des mailles, dans laquelle on remplace i2 :
v1−jωL1i1−jωM −M
L2
i1
=R1i1, puis on exprime l’impédance
v1=
R1
|{z}
négligé
+jωL1−jωM2 L2
i1,
Ze = v1 i1 =jω
L1−M2 L2
.
4 - On a I2 =I1×|M|
L2
= V1
|Ze|×|M|
L2
= V1
L1−M2 L2
ω
×|M| L2
= V1|M|
|L1L2−M2|ω.
On a vu dans une remarque du cours qu’on a toujours M2≤L1L2 (avec égalité si couplage parfait), donc on peut enlever la valeur absolue en bas, et on a
I2=V1× |M|
(L1L2−M2)ω = 135 A.
Puis :
P2 = 1
2R2I22 = 75,7 W.
5 - Si on soulève la casserole, celle-ci intercepte moins de lignes de champ. Donc |M|diminue.
On voit donc queI2 décroît, et par suite,P2 décroît également. Il faut donc maximiser|M|pour maximiser la puissance de chauffage.
Remarque : Si le couplage est parfait, on a M2 = L1L2 et la puissance P2 devient infinie. D’où vient cette puissance ? L’énergie étant conservée, elle provient du générateurv1, qui donc appelle un courant i1 de plus en plus important.
En réalité cette divergence provient du fait qu’on a négligé les résistances. Si on conserve R2, on obtient l’ex- pression i2 =v1× −M
R2L1+jω(L1L2−M2), qui ne diverge plus.
IV Solénoïdes imbriqués [• • •]
1 - b Inductance propre L1 :
• La bobine 1 produit un champB~1=µ0ni1~ez avec n=N/l.
• Flux de ce champB~1 au travers d’une seule spire de la bobine 1 :
Φune spire =B~1·(πr21)~ez =πr12µ0
N l i1
• Flux total créé par la bobine 1 à travers elle-même :
Φ1→1=N×φ1 spire donc Φ1→1 =πr12µ0N2 l i1.
• Inductance propre : par définition,Φ1→1 =L1i1 donc
L1=πr12µ0
N2 l . b Inductance propre L2 : par la même démarche,
L2 =πr22µ0
N2 l .
b Inductance mutuelle M :comme le champ créé par la bobine 2 est uniforme à l’intérieur de la bobine 1, alors que la réciproque n’est pas vrai, il est plus simple de calculer M à partir du flux créé par 2 au travers de 1.
• Flux créé par 2 au travers d’une seule spire de la bobine 1 :
Φune spire =B~2·(πr21)~ez =πr12µ0
N l i2
• Flux total créé par la bobine 2 au travers de la bobine 1 :
Φ2→1 =NΦune spire donc Φ2→1 =πr12µ0N2 l i2.
• Inductance mutuelle : par définition,Φ2→1 =M i2 donc
M =πr12µ0
N2
l . (1)
Remarque : On peut aussi calculer M dans l’autre sens, en calculant le flux du champ créé par 1 à travers 2. Mais attention : 1 crée un flux dans 2 sur une surface S1 seulement, donc on a
Φ1→2 =N ×B~1·(πr12)~ez=N×µ0
N l i1πr21. Or Φ1→2=M i1, d’où l’expression M =πr12µ0N2
l ,ce qui revient bien au même.
2 - On est dans la situation suivante : i1
L1
u1
L2
i2
u2
M
schéma électrique équivalent
i1 i2
Le circuit 1 contient une bobine et un générateur de courant imposant le courant i1, le circuit 2 ne contient qu’une bobine court-circuitée. Il y a couplage inductif entre les deux circuits.
Les fem valent, comme d’habitude :
e1 =−d
dt(Φ1→1+ Φ2→1) =−d
dt(L1i1+M i2) =−L1di1
dt −Mdi2 dt e2 =−d
dt(Φ2→2+ Φ1→2) =−d
dt(L2i2+M i1) =−L2di2
dt −Mdi1
dt D’après la loi des mailles, e2 = 0 donc
di2
dt =−M L2
di1
dt et par intégration
i2 =−M
L2i1+cst.
Comme la bobine numéro 2 n’est pas relié à un générateur, il ne peut pas y avoir de courant continu (il serait dissipé par la résistance, même infime, des câbles). La constante est donc nulle, et on a finalement :
i2(t) =−M
L2Icos(ωt), d’amplitude
I2 = M L2
I = r12 r22I .
3 - D’après le principe de superposition, en un pointM se trouvant à l’intérieur des deux solénoïdes, B(M~ ) =B~1(M) +B~2(M) =µ0
N
l (i1+i2)~ez
d’où en remplaçant
B(M~ ) =µ0
N l
1− M
L2
Icos(ωt)~ez.
V Détecteur de métaux [• ◦ ◦]
1 - Voir EC3.
2 - La seconde équation permet d’obtenir i2 :
(R+L2jω)i2 =−Mjω i1 d’où i2=− Mjω i1 R2+L2jω. Il faut ensuite prendre la première équation et injecter cette expression de i2 :
e0 =R1i1+L1jω i1+Mjω −Mjω i1
R2+L2jω, d’où Z1= e0
i1 =R1+L1jω+ M2ω2 R2+L2jω.
VI Principe d’un générateur synchrone [• • •]
1 - b On voit sur le dessin ci-dessous que l’angle entre le moment est l’axe de la spire est θ=−ωt(il est bien négatif). On a aussi r=x.
x
~ m0
axe de référence
θ <0
~ er
~eθ
Par conséquent, au centre de la spire :
B~ = µ0m0
4π r3 (2 cosωt~er−sinωt~eθ).
Le calcul du flux impose de choisir une orientation, et nous prenons le choix du schéma ci-contre. La normale est alors~ex, ce qui est aussi~er, et donc
Φ =B~ ·(πa2)~er= µ0m0
4π x32 cosωt×πa2, d’où Φ = µ0a2m0
2x3 cosωt.
b La fem induite est donc e=−dΦ
dt = µ0a2m0ω 2x3 sinωt.
Remarque : On peut vérifier le signe, puisque à t & 0 l’aimant se désaligne et donc le flux décroit, donc d’après la loi de Faraday e >0, c’est bien ce qu’on a.
b Un schéma électrique équivalent, et une loi des mailles, permet d’obtenir le courant i= e
R = µ0a2m0ω 2Rx3 sinωt.
b La puissance qu’elle reçoit est
Pélec spire=e×i=Ri2 = µ20a4m20ω2
4Rx6 sin2ωt.
2 - Il faut d’abord calculer le champ magnétique créé par la spire au niveau du centre de l’aimant.
La spire réalise un moment magnétique donné par m~s=πa2i ~ex, et l’énoncé donne justement l’expression du champ créé par un moment magnétique.
Attention au repérage : cette fois on a un repère centré sur le centre de la spire, donc dans ce repère l’aimant a pour coordonnées polairesr =x etθ=π, et au niveau de l’aimant on a~er=−~ex et~eθ=−~ey.
Donc le champ créé par la spire au niveau de l’aimant vaut : B~s(O) = µ0ms
4π x3 (2 cosπ(−~ex) + sinπ(−~ey)) = µ0ms 2π x3~ex. Le couple subit par l’aimant est donc :
~Γ =m~0∧B~s(O) = µ0ms
2π x3 m~0∧~ex
| {z }
=−m0sinωt ~ez
~Γ =−µ0ms
2π x3 m0sinωt ~ez
En remplaçantms par son expressionms=πa2i, etipar l’expression de la question 1, on obtient :
~Γ =−µ20a4m20ω
4R x6 sin2ωt ~ez.
On remarque que ce couple est négatif, c’est-à-dire qu’il s’oppose à la rotation de l’aimant dans le sens positif autour de l’axe. C’est normal : les effets de l’induction (ici le courant idans la spire, et donc la production de ce couple) s’opposent aux causes qui les produisent (donc s’opposent à la rotation de l’aimant).
3 - La puissance à fournir est
Pfournie à l’aimant= Γω= µ20a4m20ω2
4R x6 sin2ωt.
On trouve précisément la même chose que pour la puissance électrique : Pfournie à l’aimant=Pélec spire. Ceci explique donc bien qu’on a une conversion toute la puissance mécanique fournie à l’aimant en une puissance électrique.