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Anneaux
• Anneau : un anneau A est un groupe abélien, noté additivement, sur lequel est défini une deuxième loi interne, notée multiplicativement, telle que :
– . est associative et possède un élément neutre (1)
– . est distributive par rapport à l’addition c’est-à-dire pour tout x,y,z de A, (x+y).z=x.z+y.z (distributivité à droite) et z.(x+y)=z.x+z.y (distributivité à gauche)
• Note : - un anneau est dit commutatif si . est commutative
• Exemples : - (Z,+,.) est un anneau commutatif - (Q,+,.) est un anneau commutatif
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Propriétés des anneaux
• Quelques propriétés des anneaux :
– Pour tout x d’un anneau A, 0.x=x.0=0• Preuve : 0.x=(0+0).x=0.x+0.x d’où 0.x=0. De même x.0=x.(0+0)=x.0+x.0 d’où x.0=0
– Pour tout x,y de A, x.(-y)=(-x).y=-(x.y) et (-x).(-y)=xy
• Preuve : x.y+(-x).y=(x+(-x)).y=0.y=0 d’où (-x).y=-(x.y). De même, x.y+x.(-y)=x.(y+(-y))=x.0=0 d’où x.(-y)=-(x.y)
• Anneau intègre: un anneau A est dit intègre si pour tout x,y de A, x.y=0 ⇒x=0 ou y=0
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Sous-anneau et idéal
• Sous-anneau: soit un anneau A. B ⊆A est un sous-anneau de A si B est un sous-groupe additif de A et si pour tout x,y de B, x.y∈B et 1∈B.
• Idéal: soit un anneau commutatif A. I ⊆A est un idéal de A si I est un sous-groupe additif et pour tout x de A et tout i de I, x.i∈I
• Notes : - dans le cas d’un anneau non commutatif, on peut définir un idéal à droite et un idéal à gauche
- si un idéal I est un sous-anneau, 1∈I, mais alors1.x ∈I pour tout x de A et I=A
• Exemple : - dans l’anneau (Z,+,.), les nZ sont des idéaux
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Anneau quotient
• Relation d’équivalence induite par un idéal: dans un anneau A, si I est un idéal la relation pour tout x,y de A, xRy⇔x-y∈I est une relation d’équivalence
• Preuve : x-x∈I pour tout x de A car I est un sous-groupe pour + donc contient 0. R est donc réflexive. Si x-y∈I, y-x aussi puisque I est un sous-groupe pour +, donc R est symétrique. Si x-y ∈I et y-z∈I, (x-y)-(y-z)=x-(y-y)-z=x-z∈I par associativité de +, donc R est transitive.
• Anneau quotient: si I est un idéal d’un anneau A, on peut définir l’anneau quotient A/I comme l’ensemble des classes d’équivalence de la relation induite par I sur A
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Théorème des restes chinois (1/3)
• Théorème des restes chinois: soit A un anneau commutatif et soient I et J deux idéaux de A tels que I+J=A (avec I+J={x+y, x∈I et y∈J}. Alors pour deux éléments a et b de A, il existe x dans A tel que x ≡a mod I et x ≡b mod J (c’est-à-dire x est en relation avec a modulo I et x est en relation avec b modulo J).
• Preuve : I+J=A donc il existe α∈I et β∈J tels que α+β=1.
Posons x = a.β+ b.α. Alors x - a.β∈I donc x ≡a.βmod I (car α∈I donc par définition d’un idéal, b.α∈I). Or β=1 -α≡1 mod I d’où x ≡a mod I. De même, x ≡b.αmod J. D’où, puisque α=1-β≡1 mod J, x ≡b mod J.
• Note : - par induction, on montre ce théorème pour un nombre quelconque d’idéaux.
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Théorème des restes chinois (2/3)
• Proposition 5 (théorème de Bezout): pour tous a et b de Z, avec pgcd(a,b)=n, aZ+bZ=nZ
• Preuve : aZ+bZ est un sous-groupe de Z car ax+by a pour inverse -ax-by et (ax+by)+(az+bt)=a(x+z)+b(y+t). Donc aZ+bZ est de la forme nZ. a∈nZ et b∈nZ, donc n divise a et b. De plus, si m∈Z divise a et b, m divise n car n est de la forme au+bv.
Donc m est le plus grand diviseur commun à a et b (pgcd).
• Notes : - pour deux nombres a et b premiers entre eux, aZ+bZ=Z - ce résultat se généralise pour une somme finies de sous-groupes
de Z : a1Z+a2Z+..+anZ = pgcd(a1,a2, .. , an)Z
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Théorème des restes chinois (3/3)
• Corollaire au théorème des restes chinois: tout système de n équations de congruence sur des nombres premiers deux à deux dans (Z,+,.) a une solution dans Z :
x ≡a1mod b1Z x ≡a2mod b2Z
…..
x ≡anmod bnZ
• Preuve : (Z,+,.) est un anneau commutatif. Dans Z, les idéaux sont les nZ. De plus si les bisont premiers entre eux, b1Z+b2Z+..+bnZ = Z. On peut donc appliquer le théorème des restes chinois et en déduire qu’il existe une solution au système d’équation.
=> il existe un x solution dans Z
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Algorithme sur le problème des restes chinois
Pour résoudre sur Z le système On résout pour chaque i
x ≡a1mod b1Z xi≡0 mod b1Z
x ≡a2mod b2Z …..
xi ≡0 mod bi-1Z
….. (1) xi≡1 mod biZ (2)
xi≡0 mod bi+1Z
…..
x ≡anmod bnZ xi≡0 mod bnZ
On pose ki=b1.b2. .. bi-1.bi+1. .. . bnpour tout i. Les kiet bisont donc premiers entre eux et kiZ+biZ=Z donc il existe u et v entiers relatifs tels que u.ki+v.bi=1. On pose xi=u.kiet alors xi vérifie bien le système (2). Une solution du système (1) est alors x=a1.x1+a2.x2+..+an.xn
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Exemple sur le théorème chinois (1/2)
• Soit le système
• On a k1= 35, k2= 21 et k3= 15
• x1= 1 mod (3) et 0 mod (5) et 0 mod (7) donc il faut trouver u et v tels que 35.u + 3.v = 1. Par exemple, u = 2 et v = -23. Donc x1= 70
• x2= 1 mod (5) et 0 mod (3) et 0 mod (7) donc il faut trouver u et v tels que 21.u + 5.v = 1. Par exemple, u = 1 et v = -4. Donc x2= 21
x ≡1 mod (3) x ≡2 mod (5) x ≡3 mod (7)
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Exemple sur le théorème chinois (2/2)
• x3= 1 mod (7) et 0 mod (3) et 0 mod (5) donc il faut trouver u et v tels que 15.u + 7.v = 1. Par exemple, u = 1 et v = -2. Donc x3= 15
• Finalement, x = 1.70 + 2.21 + 3.15 = 157 est solution. En effet, 157/3 = 52 et reste 1, 157/5 = 31 et reste 2, et 157/7 = 22 et reste 3
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Algorithme de Bezout (1/2)
• a et b, entiers relatifs, étant donnés, on note c=pgcd(a,b). On veut déterminer x et y tels que ax + by = c
yn+1 xn+1 0
n+1
yn xn qn rn n ...
yi+1 xi+1 qi+1 ri+1 i+1
yi
xi
qi
ri
i
yi-1 xi-1 qi-1 ri-1 i-1 ...
1 0 q2 b 2
0 1 a
1
yk
xk
qk
rk
k
ri-1= qi*ri + ri+1 xi+1= xi-1- qi*xi yi+1 = yi-1- qi*yi pgcd(a,b) = rn
x = xn
y = yn
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Algorithme de Bezout (2/2)
• On veut trouver x et y tels que 96x + 81y = pgcd(96,81)
32 -27 0
6
-13 11 2 3 5
6 -5 2 6 4
-1 1 5 15 3
1 0 1 81 2
0 1 96
1
yk xk qk rk
k ri-1= qi*ri + ri+1
xi+1= xi-1- qi*xi
yi+1 = yi-1- qi*yi
pgcd(a,b) = rn x = xn y = yn pgcd(96,81) = 3 et x = 11 et y = -13
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Structures algébriques
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Corps
• Corps: (C,+,.) est un corps si (C,+,.) est un anneau commutatif tel que 0≠1 et que tout élément de C différent de 0 a un inverse pour . (0 est l’élément neutre pour +, 1 est l’élément neutre pour .).
• Note : - un corps est commutatif si sa multiplication est commutative.
• Exemples : - (Q,+,.) est un corps, (R,+,.) est un corps
• Théorème de Wedderburn: tout corps fini est commutatif
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Rappel
• Treillis: Un treillis est un ensemble ordonné dans lequel toute paire d'éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure, c’est-à-dire qu’étant donnés deux éléments x et y, l’ensemble des majorants communs à x et y n’est pas vide et admet un minimum noté x∨y et l’ensemble de leurs minorants communs n’est pas vide et admet un maximum noté x ∧y.
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Définition algébrique des treillis (1/4)
• Treillis: un ensemble E muni de deux opérations∧et ∨, est un treillis (algébrique) si les propriétés suivantes sont satisfaites :
1. x ∧x = x = x ∨x (idempotence)
2. x ∧y = y ∧x et x ∨y = y ∨x (commutativité) 3. x ∧(y ∧z) = (x ∧y) ∧z et x ∨(y ∨z) = (x ∨y) ∨z
(associativité)
4. x ∨(x ∧y) = x = x ∧(x ∨y) (absorption)
• Proposition 6: Si E muni d’une relation d’ordre ≤est un treillis, alors tout couple (x,y) d’éléments de E vérifie les propriétés 1,2,3 et 4.
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Définition algébrique des treillis (2/4)
• Preuve de la proposition 6 : soit (T, ≤) un treillis.
(1) pour {x}, on a bien x ∧x = x = x ∨x
(2) pour {x,y}={y,x}, on a bien x ∧y = y ∧x et x ∨y = y ∨x (3) sup(x,sup(y,z)) = sup(sup(x,y),z) = sup({x,y,z}) donc
x ∨(y ∨z) = (x ∨y) ∨z et inf(x,inf(y,z)) = inf(inf(x,y),z) = inf({x,y,z}) donc x ∧(y ∧z) = (x ∧y) ∧z
(4) inf(x,sup(x,y)) = x et sup(x,inf(x,y)) = x donc x ∨(x ∧y) = x = x ∧(x ∨y)
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Définition algébrique des treillis (3/4)
• Proposition 7: si E est un ensemble muni de deux opérations ∨ et∧vérifiant les propriétés 1,2,3 et 4, alors E muni de la relation d’ordre ≤définie par x ≤y ⇔x ∨y = y est un treillis.
• Preuve : Montrons que ≤ainsi définie est une relation d’ordre. ≤ est réflexive par l’idempotence. Si x ≤y et y ≤x, x ∨y = y et y ∨ x = x mais alors x = y par commutativité, donc ≤est anti- symétrique. Si x ≤y et y ≤z, x ∨y = y et y ∨z = z donc x ∨z = x
∨(y ∨z) = (x ∨y) ∨z par associativité = y ∨z = z donc x ≤z et
≤est transitive.
Remarquons que x ∨y = y ⇒x ∧y = x ∧(x ∨y ) = x par absorption et que x ∧y = x ⇒x ∨y = (x ∧y ) ∨y = y ∨(y∧x ) par commutativité et = y par absorption. Donc
x ∨y = y ⇔x ∧y =x et x ≤y ⇔x ∧y = x
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Définition algébrique des treillis (4/4)
• Suite de la preuve : montrons que tout couple d’éléments de E admet une borne inf. Pour tout couple (x,y) de E², x ∧y est borne inférieure de {x,y}. En effet, x ∧(x ∧y) =
(x∧x) ∧y par associativité = x ∧y par idempotence donc x ∧(x ∧y) = x ∧y soit x ∧y ≤x. Et y ∧(x ∧y) = y ∧(y ∧x) par commutativité = (y∧y)∧x par associativité = y ∧x par idempotence = x ∧y par commutativité donc y ∧(x ∧y) = x ∧y soit x ∧y ≤y. Donc x ∧y est minorant de {x,y}. Montrons que x ∧y est le plus grand des minorants. S’il existe z minorant de {x,y}, x ∧z = z et y ∧z = z. Donc (x ∧y) ∧z = x ∧(y ∧z) = x ∧z = z et donc z ≤x ∧y.
En utilisant l’équivalence x ∨y = y ⇔x ∧y =x on montre que x ∨y est la borne supérieure de {x,y}.
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Treillis distributifs (1/3)
a ∧(b ∨c) = a ∧e = a et (a ∧b) ∨(a ∧c) = a ∨d = a donc a ∧(b ∨c) = (a ∧b) ∨(a ∧c) (distributivité de ∧à droite).
Mais a ∨(b ∧c) = a ∨d = a et (a ∨b) ∧ (a ∨c) = b ∧e = b donc a ∨(b ∧c) ≠(a ∨b)
∧(a ∨c)
• Dans un treillis, ∧et ∨ne sont pas forcément distributives l’une par rapport à l’autre
d c
a b e
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Treillis distributifs (2/3)
• Treillis distributif: un treillis T est distributif si ∧est distributive par rapport à∨et inversement :
–(1) a ∧(b ∨c) = (a ∧b) ∨(a ∧c) pour tout a,b,c de T –(2) a ∨(b ∧c) = (a ∨b) ∧(a ∨c) pour tout a,b,c de T
• Note : - dans un treillis, on a toujours (a ∧b) ∨(a ∧c) ≤a ∧(b ∨c) car b ∨c est un majorant de b et de c. De même, on a toujours a ∨(b ∧c) ≤ (a ∨b) ∧(a ∨c).
• Exemples : - N doté des opérations x ∧y = pgcd(x,y) et x ∨y = ppcm(x,y) est un treillis distributif
- L’ensemble de tous les sous-ensembles d’un ensemble E est un treillis distributifs pour l’intersection et l’union
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Treillis distributifs (3/3)
• Proposition 8: dans un treillis, la distributivité de ∧par rapport à
∨est équivalente à la distributivité de ∨par rapport à∧
• Preuve : supposons a ∧(b ∨c) = (a ∧b) ∨(a ∧c) pour tout a,b,c de T. Alors (a ∨b) ∧(a ∨c) = ((a ∨b) ∧a) ∨((a ∨b) ∧c).
Or, (a ∨b) ∧a = a ∧(a ∨b) = a par absorption. Et (a ∨b) ∧c = c ∧(a ∨b) = (c ∧a) ∨(c ∧b).
D’où(a ∨b) ∧(a ∨c) = a ∨((c ∧a) ∨(c ∧b)) = (a ∨(c ∧a)) ∨(c
∧b) par associativité= a ∨(c ∧b) par absorption. On a donc bien a ∨(c ∧b) = (a ∨b) ∧(a ∨c).
On montre de même par dualité que la distributivité de ∨par rapport à∧entraîne celle de ∧par rapport à∨.
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Treillis complémentés (1/2)
• Complément d’un élément: dans un treillis, doté d’un plus grand élément noté T et d’un plus petit élément noté⊥, le complément d’un élément x est tout élément x’ tel que x ∨x’= T et x ∧x’ = ⊥. On dit que x et x’ sont complémentaires. En particulier, ⊥et T sont complémentaires.
• Exemple : dans ce treillis, b et c sont sont complémentaires, tandis que a et d n’ont pas de complément
⊥
b d
T
a c
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Treillis complémentés (2/2)
• Treillis complémenté: un treillis est complémenté s’il admet un
⊥et un T et si tout élément admet au moins un complément
• Théorème 5: dans un treillis distributif admettant un ⊥et un T, tout élément admet au plus un complément.
• Preuve : il suffit de montrer que x ∧z = y ∧z et x∨z = y∨z implique que x = y. On a x = x ∨(x ∧z) = x ∨(y ∧z) = (x ∨y) ∧ (x ∨z). On a aussi y = y ∨(y ∧z) = y ∨(x ∧z) = (y ∨x) ∧(y ∨ z) = (x ∨y) ∧(x ∨z) = x.
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Treillis de Boole
• Treillis de Boole: un treillis de Boole est un treillis distributif et complémenté.
• Notes : - dans un treillis de Boole, tout élément admet exactement un complément
- on peut donc ajouter aux opérations ∨et ∧du treillis l’opération de complémentation qui a un élément x fait correspondre son complément x (ou x’)
- dans un treillis de Boole, on appelle « vrai » ou 1 l’élément T,
« faux » ou 0 l’élément ⊥, « et » l’opération ∧et « ou » l’opération ∨.
On a x ∨0 = x, x ∨1 = 1, x ∧0 = 0, x ∧1 = x, 0’=1 et 1’=0
• Exemple : - l’ensemble des parties d’un ensemble muni de l’inclusion est un treillis de Boole
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Lois de Morgan
• Lois de Morgan: dans un treillis de Boole, pour tous x,y on a (x ∧y)’ = x’∨y’ et (x ∨y)’ = x’∧y’
• Preuve : (x ∧y) ∨(x’∨y’) = (x ∨(x’∨y’)) ∧(y ∨(x’∨y’)) = ((x ∨x’) ∨y’) ∧((y ∨y’) ∨x’) = (1 ∨ y’) ∧(1 ∨x’) = 1. De plus, (x ∧y) ∧(x’∨y’) = ((x ∧y) ∧x’) ∨((x ∧y) ∧y’) = (0 ∧y) ∨(x ∧ 0) = 0. Par unicité du complément, x’∨y’ est bien le complément de x ∧y. Par dualité, on déduit l’autre loi de Morgan.
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Anneau booléen
• Anneau booléen: un anneau booléen est un anneau dans lequel la multiplication est idempotente, c’est-à-dire que ∀x, x²=x
• Exemples : - (Z/2Z,+,.) est un anneau booléen - (P(E),∆,∩) est un anneau booléen
• Proposition 9: tout anneau de Boole est commutatif
• Preuve : si x et y sont deux éléments d’un anneau de Boole, supposons x.y≠y.x. Alors y.x.y.x≠y.y.x.x donc y.x≠y.x ce qui est faux.
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Complément dans un anneau booléen
• Proposition 10: dans un anneau booléen, tout élément différent de 0 est son propre opposé pour l’addition
• Preuve : pour tout a ≠0, a+(-a) = 0, donc a.(a+(-a)) = a.0 = 0 et a.(a+(-a)) = a.a+a.(-a) = a + a.(-a) = 0 et donc (-a) = a.(-a). De même, (-a).(a+(-a)) = (-a).0 = 0 et (-a).(a+(-a)) = (-a).a+(-a).(-a)
= (-a).a+(-a) = 0 donc (-(-a))=(-a).a=(-a) donc -a=a.
• Complément dans un anneau booléen: pour tout a d’un anneau booléen A, on pose a’=a+1, a’ est le complément de a
• Proposition 11: dans un anneau booléen a’’=a pour tout a, 0’=1 et 1’=0
• Preuve : (voir TD)
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Anneau booléen et treillis booléen (1/7)
• Treillis booléen : – une relation d’ordre≤
– deux opérations ∧et ∨associatives, commutatives et distributives –∧est idempotente et absorption d’une opération par l’autre – une opération de complémentation ‘
• Anneau booléen :
– deux opérations + et . associatives, commutatives – . distributive par rapport à + et . idempotente – une opération de complémentation ‘
Théorème 6: tout anneau booléen (A,+,.) est un treillis booléen pour les opérations définies par x ∧y = x.y et x ∨y = x+y+x.y, la relation d’ordre définie par x ≤y ⇔x.y=x et le complément a’=a+1
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Anneau booléen et treillis booléen (2/7)
• Preuve du théorème 6 : Montrons d’abord que la relation définie est bien une relation d’ordre. L’idempotence de . donne la réflexivité (∀x, x.x=x donc x ≤x). La commutativité de . donne l’antisymétrie (si x.y=x et y.x=y, alors x=y). La transitivité découle de la définition (x.y=x et y.z=y ⇒x.y.yz=x.y.z=x.z.y et donc x.z.y=x.y donc x.z=x).
Montrons ensuite que les opérations ∧et ∨correspondent bien aux bornes inférieures et supérieures (ce qui donne un treillis), et qu’elles sont distributives l’une par rapport à l’autre.
x ∧y existe pour tout couple (x,y). De plus x.y.x = x.y.y = x.y donc x.y≤x et x.y≤y. Donc x.y = x ∧y est un minorant de {x,y}. Montrons que c’est le plus grand. Si z≤x et z ≤y, alors x.z = z et y.z = z donc x.z.y.z=z soit x.y.z=z donc z ≤x.y.
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Anneau booléen et treillis booléen (3/7)
• Suite de la preuve :
x ∨y existe pour tout couple (x,y). De plus (x+y+x.y).x = x+y.x+y.x=x donc x ≤x+y+x.y = x ∨y. De même pour y donc x ∨y est bien majorant de x et y. Montrons que c’est le plus petit. Si x≤z et y ≤z, alors x.z = x et y.z = y donc (x ∨y).z = (x+y+x.y).z = x.z+y.z+(x.y).z = x+y+x.y = x ∨y donc x ∨y ≤z.
Montrons maintenant que le treillis obtenu est distributif.
x ∧(y ∨z) = x.(y+z+y.z) = x.y+x.z+x.y.z = x.y+x.z+(x.y).(x.z) = (x ∧y) ∨(x ∧z). Et (x ∨y) ∧(x ∨z) = (x+y+x.y).(x+z+x.z) = x²+x.z+x.x.z+y.x+y.z+y.x.z+x.y.x+x.y.z+x.y.x.z = x + y.z + x.y.z
= x ∨(y ∧z)
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Anneau booléen et treillis booléen (4/7)
• Fin de la preuve :
Montrons que le treillis est complémenté. Le 0 et le 1 de l’anneau sont les plus petit et plus grand éléments du treillis. En effet, x ∧0 = x+0+x.0 = x et x ∨1 = x.1= x pour tout x. De plus, pour tout x, x+1= x’ est tel que x ∨x’ = x+x+1+x.(x+1) = 1 + x + x = 1 et x ∧x’ = x.(x+1) = x²+x = 0
• Théorème 7: tout treillis booléen est un anneau booléen pour les opérations + et . définies par x.y = x ∧y et x+y = (x ∧y’) ∨ (y ∧x’)
• Preuve : Soit (T,≤,∧,∨,’) un treillis distributif et complémenté. On pose x+y = (x ∧y’) ∨(y ∧x’) et x.y = x ∧y. Il faut montrer que (T,+,.) est un anneau booléen, et donc d’abord que (T,+) est un groupe abélien.
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Anneau booléen et treillis booléen (5/7)
• Suite de la preuve : montrons que la loi d’addition a un élément neutre. Si on note 0 le plus petit élément du treillis, x+0 = (x ∧0’) ∨(0 ∧x’) = (x ∧1) ∨(0 ∧x’) = x ∨0 = x et 0+x = x par symétrie de l’expression. Tout élément est son propre symétrique pour + car x+x = (x ∧x’) ∨(x ∧x’) = x ∧x’ = 0.
Montrons que + est associative. x+(y+z) = (x ∧(y+z)’) ∨(x’
∧(y+z)).
Or x ∧(y+z)’ = x ∧((y’∧z) ∨(y ∧z’))’ = x ∧(y’∧z)’∧(y ∧z’)’ = x ∧(y ∨z’) ∧(y’∨z) (par Morgan) = x ∧(((y ∨z’) ∧y’) ∨((y ∨z’)
∧z)) (par distributivité) = x ∧(((y ∧y’) ∨(z’∧y’)) ∨((y ∧z) ∨ (z’∧z))) (par distributivité) = x ∧((0 ∨(z’∧y’)) ∨((y ∧z) ∨0)) = x ∧((z’∧y’) ∨(y ∧z)) = (x ∧y’∧z’) ∨(x ∧y ∧z)
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Anneau booléen et treillis booléen (6/7)
• De plus x’∧(y+z) = x’∧((y ∧z’) ∨(z ∧y’)) = (x’∧y ∧z’) ∨(x’∧ z ∧y’)
Donc x+(y+z) = (x ∧y’∧z’) ∨(x ∧y ∧z) ∨(x’∧y ∧z’) ∨(x’∧z ∧ y’)
Par symétrie de l’expression trouvée, x+(y+z) = z+(x+y) et par la commutativité de l’addition (due à sa définition), on a z+(x+y)
= (x+y)+z
(T,+) est donc un groupe abélien.
La multiplication x.y = x ∧y est associative et commutative comme ∧.
Montrons qu’elle est distributive par rapport à l’addition. x.y+x.z
= ((x.y) ∧(x.z)’) ∨((x.z) ∧(x.y)’) = ((x ∧y) ∧(x ∧z)’) ∨((x ∧z) ∧ (x ∧y)’) = ((x ∧y) ∧(x’∨z’)) ∨((x ∧z) ∧(x’∨y’)) = ((x ∧y ∧x’)
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Anneau booléen et treillis booléen (7/7)
((x ∧y ∧x’) ∨(x ∧y ∧z’)) ∨((x ∧z ∧x’) ∨(x ∧z ∧y’)) = (0 ∨(x ∧y ∧z’)) ∨(0 ∨(x ∧z ∧y’)) = (x ∧y ∧z’) ∨(x ∧z ∧y’) = x ∧((y ∧z’) ∨(z ∧y’)) = x.(y+z)
La commutativité de . entraîne la distributivité à droite. De plus, 1 est bien élément neutre pour . de par la définition de . Pour finir, x.x = x ∧x = x, donc l’anneau ainsi défini est bien
idempotente et c’est donc un anneau de Boole Conclusion: tout anneau de Boole peut être muni d’une structure de treillis de Boole (théorème 6) et tout treillis de Boole peut être muni d’une structure d’anneau de Boole (théorème 7).
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Algèbre de Boole
• Algèbre de Boole: on appelle algèbre de Boole une structure algébrique dotée de deux éléments remarquables, notés 0 et 1, et munie de deux opérations . et + vérifiant les propriétés suivantes :
– 0.x = 0, 1.x = x, 0+x = x, 1+x = 1 – commutativité de + et . – associativité de + et .
– distributivité de . par rapport à + et de + par rapport à . – idempotence pour + et .
– absorption (x.(x+y) = x et x+x.y = x) – complémentation (x.x’ = 0 et x+x’ = 1)
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Théorème de Stone
• Théorème de Stone: toute algèbre de Boole est isomorphe à l’algèbre des sous-ensembles d’un ensemble munie de l’inclusion (cet ensemble est en fait l’ensemble des atomes de l’algèbre, c’est-à-dire les éléments a tels que ∀x, x ∧a = a ou 0).
• Note : - étudier une algèbre de Boole revient à étudier un treillis de sous-ensemble
• Corollaire : le nombre d’éléments d’un algèbre de Boole finie est une puissance de 2
• Les algèbres de Boole sont un outil puissant en logique, pour algébriser le calcul des propositions
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Treillis booléen à 2 éléments
• Treillis booléen à 2 éléments: l’ensemble B={0,1} est un treillis de Boole pour l’ordre 0 ≤1
• Proposition 12: le produit de deux treillis distributifs est un treillis distributif et le produit de deux treillis complémentés est un treillis complémenté pour les opérations (x,y) ∧(z,t) = ((x ∧ z), (y ∧t)) et (x,y) ∨(z,t) = ((x ∨z),(y ∨t))
• Produit de treillis booléens: pour tout n∈N, l’ensemble Bnest un treillis de Boole à 2néléments. Bnest isomorphe à l’ensemble des parties d’un ensemble à n éléments
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Hypercube
• Hypercube: l’hypercube de dimension n est le diagramme de Hasse du treillis Bn
0 1
0
(0,0) (1,0) (0,1)
(1,1)
(0,0,0) (1,0,0) (0,1,0) (0,0,1)
(1,1,0) (1,0,1) (0,1,1)
(1,1,1)
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Fonctions booléennes (1/2)
• Fonction booléenne: une fonction f à n variables f:Bn→ B est appelée fonction booléenne
• Fonction complète: une fonction booléenne f de n variables est complète si elle dépend effectivement de ses n variables, c’est- à-dire si il n’existe pas de fonction g de m variables,
m <n, telle que f(x1, .., xn) = g(y1, .. ,ym) avec yi∈{x1, .., xn} ∀i
• Exemples : - les fonctions complètes à une variable sont l’identité et la complétion
- les fonctions complètes à 2 variables sont +,×,⇒,⇐,⇒,⇐,⇔,⇔
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Fonctions booléennes (2/2)
• Représentation d’une fonction booléenne: en noir sont les sommets de Bnayant pour image 1, en blanc les autres
• Proposition 13: l’ensemble des fonctions booléennes à n variables forme un treillis de Boole