Chapitre 7 : lois de probabilités continues
0. Rappels : loi binomiale avec la calculatrice
Exemple : soit X une variable aléatoire suivant la loi binomiale de paramètres n = 20 et p = 0,4.
À l’aide de la calculatrice calculer : a. P(X = 7)
b. P(X⩽9)
Sur CASIO : Sur TI :
a. On peut se servir de la formule de la leçon : P(X=7)=
(
207)
×0,4 ⁷−(1−0,4)20−7 (pour lecoefficient
(
207)
dans le menu RUNMATH, taper sur OPTN puis onglet PROB, taper 20 puis choisir nCr et taper 7).On peut aussi utiliser le menu STAT pour calculer directement P(X = 7) :
Dans le menu STAT, taper sur F5 (DIST) puis F5 (BINM), choisir Bpd. Régler :
x : 7 (valeur de X)
Numtrial : 20 (valeur de n) p : 0,4
Save Res : None La valeur apparaît.
b. Dans le menu STAT, taper sur F5 (DIST) puis F5 (BINM), choisir Bcd. Régler :
x : 9 (valeur de X)
Numtrial : 20 (valeur de n) p : 0,4
Save Res : None La valeur apparaît.
a. On peut se servir de la formule de la leçon : P(X=7)=
(
207)
×0,4 ⁷−(1−0,4)20−7 (pour lecoefficient
(
207)
, taper 20, taper sur math puis menu PROB. Choisir Combinaison (ou nCr) puis taper 7 et valider).On peut aussi calculer directement P(X = 7) : Taper sur 2nde puis var. Dans le menu DISTRIB, descendre pour sélectionner binomFdp (ou binompdf). Régler :
nbreEssais : 20 (valeur de n) p : 0,4
valeur de x : 7 (valeur de X)
La valeur s’affiche dans le menu de calcul.
b. Taper sur 2nde puis var. Dans le menu DISTRIB, descendre pour sélectionner binomFrép (ou binomcdf). Régler : nbreEssais : 20 (valeur de n) p : 0,4
valeur de x : 9 (valeur de X)
La valeur s’affiche dans le menu de calcul.
I. Lois à densité sur un intervalle
Définitions : on considère une fonction f définie, continue et positive sur un intervalle [a;b]. On dit que f est une fonction de densité sur [a;b] (ou une densité de probabilité) si :
∫
a b
f(x)dx=1 .
Soit une variable aléatoire X à valeurs dans l’intervalle [a;b]. On dit que X suit la loi de probabilité de fonction de densité f si, pour tous réels c⩽d dans [a;b], on a :
P(X∈[c ; d])=P(c⩽X⩽d)=
∫
c d
f(x)dx
Remarques : - puisque
∫
a b
f(x)dx=1 , l’aire du domaine compris entre la courbe représentative de f, l’axe des abscisses et les droites d’équation x = a et x = b est égale à une unité d’aire.
- La probabilité de l’événement X∈[c ; d] est égale à l’aire du domaine compris entre la courbe représentative de f, l’axe des abscisses et les droites d’équation x = c et x = d, en unités d’aire.
- Pour tout réel c appartenant à [a;b], P(X=c)=P(c⩽X⩽c)=
∫
c c
f(x)dx=0 . Cela signifie que la probabilité que X prenne exactement la valeur c, parmi toutes les valeurs possibles de l’intervalle [a;b] est nulle.
- Pour tous les réels c et d de [a;b] tels que c⩽d , on a : P(c<X<d)=P(c⩽X<d)=P(c<X⩽d)=P(c⩽X⩽d) .
Définition : l’espérance d’une variable aléatoire X de densité f sur [a;b] est le nombre réel : E(X)=
∫
a b
(t×f (t))dt .
Exemple : on considère la fonction f définie sur [0;1] par f (x) = 4x³.
f est continue et positive sur [0;1]. De plus,
∫
0 1
f(x)dx=[x4]0
1=14−04=1 . Donc f est une fonction de densité sur [0;1].
X est une variable aléatoire à valeurs dans l’intervalle [0;1] qui suit la loi de probabilité de fonction de densité f. Calculons P(0,2⩽X⩽0,5) :
P(0,2⩽X⩽0,5) =
∫
0,2 0,5
4x3dx=[x4]0,2
0,5=0,54−0,24=0,0609 . L’espérance de X sur [0;1] est : E(X) =
∫
0 1
x×4x3dx E(X) =
∫
0 1
4x4dx =
[
45x5]
01 = 45×1 ⁵−44×00 = 45II. Loi uniforme sur [a ; b ] 1. Définition et propriétés
Définition : a et b désignent deux nombres réels distincts. Dire qu’une variable aléatoire X suit la loi uniforme sur l’intervalle [a;b] signifie que la densité de probabilité de la loi de X est une fonction constante sur [a;b].
∫
a bf(x)dx=1
a c d b
P(c⩽X⩽d)=
∫
c d
f(x)dx
(b−a)× 1
b−a=1 Propriété : la densité de probabilité de
la loi uniforme sur l’intervalle [a;b] est la fonction f définie sur [a;b] par
f (x)= 1 b−a .
Remarque : la loi uniforme sur [a;b] permet de modéliser le choix au hasard d’un nombre réel dans l’intervalle [a;b].
Propriété : X est une variable aléatoire qui suit la loi uniforme sur l’intervalle [a;b]. Pour tout intervalle [c;d] inclus dans [a;b], P(c⩽X⩽d)=d−c
b−a .
Exemple : dans un fast food, on modélise le temps d’attente, en minutes, d’un client avant qu’il ne passe sa commande par une variable aléatoire T qui suit la loi uniforme sur l’intervalle [0;15].
Calculons la probabilité qu’un client attende entre 5 et 10 minutes : Dans cet exemple, a = 0, b = 15, c = 5 et d = 10. On a donc :
P(5⩽T⩽10)=10−5 15−0=1
3 2. Espérance
Propriété : X est une variable aléatoire qui suit la loi uniforme sur l’intervalle [a;b]. Son espérance est E(X)=a+b
2 .
Remarque : l’espérance de X s’interprète comme la moyenne des réels obtenus lorsqu’on choisit au hasard un grand nombre de réels dans l’intervalle [a;b]. Intuitivement, ce nombre moyen est égal au centre a+b
2 de l’intervalle [a;b].
III. Loi normale centrée réduite n(0;1) 1. Introduction
Xn est une variable aléatoire qui suit la loi binomiale b(n;p).
La variable aléatoire centrée réduite associée à Xn est Zn= Xn−np
√
np(1−p) , son espérance est E(Zn) = 0 et son écart-type (Zn) = 1.Lorsque n augmente et devient « grand », l’histogramme représentant la loi de probabilité de Zn se rapproche d’une unique courbe, indépendante de la valeur de p.
Le mathématicien Abraham de Moivre (XVIIe siècle) a
découvert que cette courbe représente la fonction f définie par f (x)= 1
√
2πe−x2 2 . 2. La loi normale centrée réduite
Définition : soit X une variable aléatoire à valeurs dans ℝ. On dit que X suit la loi normale centrée réduite n(0;1) si sa fonction de densité f est définie sur ℝ par f(x)= 1
√
2πe−x2 2 . Ainsi, pour tous réels a et b tels que a⩽b, on a : P(a⩽X⩽b)=
∫
a
b 1
√
2πe−x2 2 dx .
Remarques : - on ne connaît pas de primitive explicite de la fonction f. Pour estimer la probabilité P(a⩽X⩽b), on utilise donc la calculatrice.
Propriété : la courbe représentative de la fonction f est symétrique par rapport à l’axe des
ordonnées, car pour tout réel x, f (-x) = f (x). On dit que la courbe de f est une « courbe en cloche ».
On en déduit que P(X⩽0)=P(X⩾0)=0,5 .
Propriétés : soit X une variable aléatoire suivant la loi n(0;1).
L’espérance de X est égale à 0 et l’écart-type de X est égal à 1.
P(−1⩽X⩽1)≈0,683 P(−2⩽X⩽2)≈0,954 P(−3⩽X⩽3)≈0,997
P(−1,96⩽X⩽1,96)≈0,950
Exemple : Soit X une variable aléatoire qui suit la loi normale centrée réduite. Donner l’arrondi au dix-millième de :
a. P(0⩽X⩽1,3) b. P(X⩽1) c. P(X⩾0,5)
Résolution : a. D’après la formule de la leçon, P(0⩽X⩽1,3) =
∫
0 1,3 1
√
2πe−x2 2 dx
À l’aide de la calculatrice, on trouve : P(0⩽X⩽1,3)≈0,403 1 . b. On utilise la propriété de symétrie de la fonction de densité :
P(X⩽1)=P(X⩽0)+P(0⩽X⩽1) P(X⩽1)=0,5+
∫
0
1 1
√
2πe−x2 2 dx
À l’aide de la calculatrice, on obtient : P(X⩽1)≈0,841 3 . c. P(X⩾0,5)=P(X⩾0)−P(0⩽X⩽0,5)
P(X⩾0,5)=0,5−
∫
0 0,5 1
√
2πe−x2 2 dx
À l’aide de la calculatrice, on obtient : P(X⩾0,5)≈0,308 5 .
Calculer des probabilités de la forme P (a < X < b ) lorsque X suit la loi normale n ( 0 , 1 ) : Sur CASIO
Touche OPTN, puis STAT puis DIST puis NORM.
Choisir Ncd
Compléter la syntaxe NormCD(a,b)
Sur T.I.
Menu Distrib (touches 2nde puis VAR).
Choisir 2:normalFRép
Compléter la syntaxe normalFRép(a, b, 0, 1) ou pour les modèles les plus récents :
bornin : a bornsup : b
: 0
: 1 et faire « entrer » sur Coller
IV. Loi normale n(μ; σ2 ) 1. Définition
Définition : soient un réel et un réel strictement positif . Soit X une variable aléatoire à valeurs dans ℝ. On dit que X suit la loi normale n( ; 2) si la variable aléatoire Z=X−μ
σ suit la loi normale centrée réduite n(0;1).
Remarque 1 : la loi normale est aussi parfois appelée « loi de Gauss » , en référence au
mathématicien allemand Friedrich Gauss (1777-1855) qui a étudié cette loi au début du XIXe siècle.
Remarque 2 :
P(X⩽μ )=P(X−μ⩽0)=P
(
X−μσ ⩽0)
=P(Z⩽0)=0,5. De même, P(X⩾μ )=0,5 .Propriété (admise) : si une variable aléatoire suit une loi normale n( ; 2), alors son espérance (ou moyenne) est , sa variance est σ2 et son écart-type est .
Remarque : une loi normale n( ; 2) est une loi à densité donc il existe une fonction g définie sur ℝ telle que pour tous réels a et b avec a⩽b, P(a⩽X⩽b)=
∫
a b
g(x)dx mais l’expression de g n’est pas au programme.
2. Influence des paramètres
Comme la fonction de densité de la variable aléatoire X−μσ est représentée par une « courbe en cloche » qui admet la droite d’équation x = 0 comme axe de symétrie, la fonction de densité de X est représentée par une « courbe en cloche » qui admet comme axe de symétrie la droite d’équation x = .
Plus est petit, plus la courbe est resserrée autour de son axe de symétrie, plus est grand et plus la cloche est élargie.
3. Probabilités particulières
Propriété : soit X une variable aléatoire suivant la loi normale n( ; 2).
P(μ−σ⩽X⩽μ +σ)≈0,683 P(μ−2σ⩽X⩽μ+2σ)≈0,954 P(μ−3σ⩽X⩽μ+3σ)≈0,997
Calculer des probabilités de la forme P ( a < X < b ) lorsque X suit la loi normale n ( μ , σ2 ) : Sur CASIO
Touche OPTN, puis STAT puis DIST puis NORM.
Choisir Ncd
Compléter la syntaxe NormCD(a,b,σ,μ)
Sur T.I.
Menu Distrib (touches 2nde puis VAR).
Choisir 2:normalFRép
Compléter la syntaxe normalFRép(a, b, , ) ou pour les modèles les plus récents :
bornin : a bornsup : b
:
: et faire « entrer » sur Coller Exemple : les températures au mois de juillet autour du lac Léman suivent la loi normale d’espérance 18,2°C et d’écart-type 3,6°C.
Calculer la probabilité que la température un jour de juillet soit : a. comprise entre 20°C et 24,5°C
b. inférieure à 16°C c. supérieure à 21°C
Arrondir les résultats au centième.
Résolution :
On note X la variable aléatoire égale à la température au lac Léman un jour de juillet.
X suit la loi normale n(18,2 ; 3,62).
a. À l’aide de la calculatrice, on obtient : P(20⩽X⩽24,5)≈0,27. b. P(X⩽16)=P(X⩽18,2)−P(16⩽X⩽18,2)
P(X⩽16)=0,5−P(16⩽X⩽18,2)
À l’aide de la calculatrice, on trouve : P(X⩽16)≈0,27 . c. P(X⩾21)=1−P(X⩽21)
P(X⩾21)=1−(P(X⩽18,2)+P(18,2⩽X⩽21)) P(X⩾21)=1−(0,5+P(18,2⩽X⩽21))
À l’aide de la calculatrice, on trouve P(X⩾21)≈0,22 .