• Aucun résultat trouvé

Direction de la recherche sur la faune

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Direction de la recherche sur la faune"

Copied!
85
0
0

Texte intégral

(1)

DÉPLACEMENTS DES ESTURGEONS NOIRS (Acipenser oxyrinchus) ADULTES DANS L’ESTUAIRE DU FLEUVE SAINT-LAURENT AU COURS DE L’ANNÉE 2000 et 2001

par Daniel Hatin

et François Caron

Société de la faune et des parcs du Québec Avril 2003

(2)

Référence à citer :

HATIN, D. et F. CARON. 2003. Déplacements des esturgeons noirs (Acipenser oxyrinchus) adultes dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent au cours de l’année 2000 et 2001.

Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de la recherche sur la faune, 73 p.

Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 2003 ISBN : 2-550-41204-4

(3)

ÉQUIPE DE RÉALISATION Responsables du projet François Caron, biologiste1 Daniel Hatin, biologiste, M.Sc.1

Collaborateurs Stan Georges, biologiste2

Guy Trencia, biologiste3 Rédaction Daniel Hatin François Caron Échantillonnage

Techniciens de la faune Étudiants

Bruno Baillargeon1 Danièle Bouchard

Conrad Groleau1 Chantal Saulnier

Denis Fournier1 Marie-Christine Boucher

Alain Vallières4 Valérie Simard

Pierre Pettigrew2 Dominique Chambers

Annie Paquet1 Rémy Beaupré

Jean-Luc Brisebois4 Jean-François Carrier

Jean-Guy Frenette4 Anne-Lise Fortin

Cartographie Jean Berthiaume

Aïssa Sebbane Participation financière Saint-Laurent Vision 2000

Société de la faune et des parcs du Québec

1 Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de la recherche sur la faune, 675, boul.

René-Lévesque Est, 11e étage, Québec, Québec, G1R 5V7

2 Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de l’aménagement de la faune de la Gaspésie-Ile-de-la-Madeleine, 11 rue de la Cathédrale, Gaspé, G4X 2V9

3 Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de l’aménagement de la faune de Chaudière-Appalaches, 8400, Sous-le-Vent, Charny, Québec, G6X 3S9

4 Société de la faune et des parcs du Québec, Direction de l’aménagement de la faune de la Capitale-Nationale, 365, 55e rue ouest, Charlesbourg, Québec, G1G 5H9

(4)
(5)

RÉSUMÉ

L’esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus) est une espèce faisant l’objet de recherche dans le fleuve Saint-Laurent puisqu’elle est à la fois exploitée commercialement et sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. En 1997, un échantillonnage exploratoire a mené à la localisation d’un premier site de capture de géniteurs en eau douce (Hatin et al. 1998). Ces résultats ont permis d’entreprendre en 1998 un projet de recherche d’un horizon de cinq ans (1998-2002) dans le cadre de la phase III du programme Saint- Laurent Vision 2000. Un des principaux objectifs était d’identifier les habitats essentiels (sites de reproduction et de concentration estivaux) des esturgeons noirs adultes dans l’estuaire du Saint-Laurent. Ce rapport présente les résultats des années 2000 et 2001. Afin de compléter le marquage entrepris en 1998-1999, 20 esturgeons noirs adultes ont été munis d'émetteurs codés externes à ultrasons de haute puissance, en juin 2000. Ceci portait à 69 individus le nombre total d’esturgeons potentiellement détectables dans l’estuaire du Saint-Laurent pour les étés 2000 et 2001. Au cours de ces deux années, 6 614 localisations télémétriques ont pu être recueillies dans le tronçon de l’estuaire compris entre Portneuf et l’île aux Coudres, dont 504 ont été enregistrées avec le suivi effectué par embarcation et 6 110 à l’aide de la station fixe. En 2000, les esturgeons noirs adultes ont occupé l’estuaire fluvial entre la mi-mai et la fin août et l’estuaire moyen jusqu’au début décembre. En 2001, l’estuaire fluvial a été utilisé entre la mi-juin et la fin juillet et l’estuaire moyen jusqu’à la fin septembre. Dans les zones de frayères potentielles de l’estuaire fluvial, les adultes y ont séjourné pendant de plus courtes périodes, se situant généralement de juin jusqu’à la mi-juillet. Après avoir quitté les sites potentiels de fraye, la majorité des mâles ont migré rapidement vers l’eau saumâtre où ils se sont concentrés dans le chenal Traverse du Milieu et dans le chenal du nord entre Sault-au- Cochon et Petite-Rivière-Saint-François. Par contre, d’autres mâles ont effectué un arrêt dans l’estuaire de la rivière Saint-Charles pour des périodes variant de quelques jours à plus d’un mois, avant de quitter l’estuaire fluvial et d’utiliser par la suite les deux sites de concentration en eau saumâtre pour le reste de l’été. La majorité des habitats essentiels identifiés comme zones de frayères potentielles (les rapides Richelieu, la confluence de la rivière Chaudière et du fleuve Saint-Laurent et le secteur de Saint-Antoine-de-Tilly) et d’alimentation-repos (l’estuaire de la rivière Saint-Charles, le chenal Traverse du Milieu et le chenal du nord entre Sault-au-Cochon et Petite-Rivière-Saint-François) à partir du suivi des années antérieures ont été utilisés par les esturgeons adultes à l’exception du secteur des rapides Richelieu. Le suivi télémétrique des esturgeons mâles ayant utilisé les zones de frayères potentielles en 2000, suggèrent que la reproduction a eu lieu entre le 6 juin et le 10 juillet à l’intérieur d’une gamme de températures de l’eau variant de 15,5 à 21,4 °C. Pour l’année 2001, les données de suivi télémétrique en eau douce ne permettent pas d’estimer la période de fraye. Les esturgeons ont utilisé surtout les profondeurs supérieures à 10 m à marée basse. Les pêcheurs commerciaux ont recapturé quatre esturgeons munis d’un émetteur. Quatre esturgeons noirs marqués à l’aide d’étiquette spaghetti ont été recapturés accidentellement après une longue migration en mer à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse.

(6)
(7)

TABLE DES MATIÈRES

Page

1. INTRODUCTION... 1

2. AIRE D'ÉTUDE... 6

3. MATÉRIEL ET MÉTHODES ... 9

3.1 Capture des adultes ... 9

3.2 Marquage télémétrique des adultes... 10

3.3 Données récoltées sur les spécimens capturés ... 13

3.4 Suivi télémétrique ... 15

3.4.1 Repérage en embarcation ... 15

3.4.2 Repérage à l’aide d’une station fixe ... 18

4. RÉSULTATS ... 21

4.1 Caractéristiques des captures et marquage... 21

4.2 Suivi télémétrique ... 21

4.3 Déplacements effectués en l’an 2000... 24

4.3.1 Retour des esturgeons marqués en 1998 et 1999 ... 24

4.3.2 Sites de concentration en eau douce... 27

4.3.2.1 Secteurs de frayères potentielles ... 27

4.3.2.2 L’estuaire de la rivière Saint-Charles... 39

4.3.2.3 Sites de concentration en eau saumâtre... 39

4.4 Déplacements effectués en l’an 2001... 43

4.4.1 Retour des esturgeons marqués en 1998-2000... 43

4.4.2 Sites de concentration en eau douce... 43

4.4.2.1 Secteurs de frayères potentielles ... 43

4.4.2.2 L’estuaire de la rivière Saint-Charles... 49

4.4.2.3 Sites de concentration en eau saumâtre... 49

4.5 Recaptures d’esturgeon munis d’émetteur et grande migration... 52

4.6 Utilisation du milieu... 54

LISTE DES RÉFÉRENCES ... 65

Annexe 1. Localisations télémétriques des esturgeons noirs adultes dans l’estuaire du Saint-Laurent au cours de l’année 2000 et 2001. ... 73

(8)
(9)

LISTE DES TABLEAUX

Page

Tableau 1. Description de l’état de condition des esturgeons noirs munis d’un émetteur lors de leur remise à l’eau... 12 Tableau 2. Stades de maturité des gonades (modifié de Nikolski 1963)... 14 Tableau 3. Nombre de sorties de repérage effectuées dans le cadre du suivi

télémétrique pour les différents secteurs de l’aire d’étude en l’an 2000 ... 16 Tableau 4. Nombre de sorties de repérage effectuées dans le cadre du suivi

télémétrique pour les différents secteurs de l’aire d’étude en 2001 ... 17 Tableau 5. Caractéristiques biologiques des esturgeons noirs capturés dans

l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000. Les moyennes accompagnées d’une étoile (*) sont significativement différentes entre les sexes (Anova, p<0,05). ... 22 Tableau 6. Informations récoltées lors de la fixation des émetteurs sur les

esturgeons noirs adultes de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000 ... 23 Tableau 7. Suivi télémétrique des esturgeons noirs adultes marqués en 1998-

2000 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent au cours de l’année 2000-2001... 25 Tableau 7 (suite). Suivi télémétrique des esturgeons noirs adultes marqués en 1998-

2000 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en 2000-2001... 26 Tableau 8. Profondeur de localisation des esturgeons noirs adultes dans

l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000-2001. Les profondeurs sont ajustées à la marée basse ... 56

(10)
(11)

LISTE DES FIGURES

Page

Figure 1. Délimitation de l’aire d’étude et des sites de marquage des esturgeons noirs adultes dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000... 7 Figure 2. Cage de rétention utilisée pour la récupération et le maintien en vie des

gros esturgeons noirs capturés par les pêcheurs commerciaux en l’an 2000.

Les dimensions de la cage étaient de 2,3 m de longueur par 1,2 m de largeur et 0,9 m de hauteur. La flottaison était assurée par deux barils de 136 litres et deux barils de 70 litres. ... 11 Figure 3. Disposition des différentes composantes de la station fixe utilisée pour le

repérage des esturgeons noirs dans le secteur du quai Irving en 2000-2001... 20 Figure 4. Structure de taille des esturgeons noirs capturés dans l'estuaire du fleuve

du Saint-Laurent en l’an 2000. ... 22 Figure 5. Chronologie temporelle du nombre d’esturgeons noirs adultes munis d’un

émetteur en 1998-1999 et présents dans l’aire d’étude au cours de l’été 2000. Chaque point représente le nombre d’esturgeons présents dans l’aire d’étude par période de sept jours. La date inscrite sur l’axe des x représente la borne inférieure de la semaine de sept jours. ... 28 Figure 6. Localisations de l’esturgeon n° 1 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 29 Figure 7. Localisations de l’esturgeon n° 4 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 30 Figure 8. Localisations de l’esturgeon n° 7 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 31 Figure 9. Localisations de l’esturgeon n° 21 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 32 Figure 10. Localisations de l’esturgeon n° 23 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 33 Figure 11. Localisations de l’esturgeon n° 36 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 34 Figure 12. Localisations de l’esturgeon n° 33 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 35 Figure 13. Localisations de l’esturgeon n° 47 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 36 Figure 14. Localisations de l’esturgeon n° 68 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 37

(12)

Figure 15. Chronologie temporelle du nombre d’esturgeons noirs adultes munis d’un émetteur en 1998-2000 et présents dans le chenal Traverse du milieu au cours de l’été 2000. Chaque point représente le nombre d’esturgeons présents par période de sept jours. La date inscrite sur l’axe des x représente la borne inférieure de la semaine de sept jours. ... 40 Figure 16. Localisations de l’esturgeon n° 50 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2000. ... 42 Figure 17. Chronologie temporelle du nombre d’esturgeons noirs adultes munis d’un

émetteur en 1998-2000 et présents dans l’aire d’étude au cours de l’été 2001. Chaque point représente le nombre d’esturgeons présents dans l’aire d’étude par période de sept jours. La date inscrite sur l’axe des x représente la borne inférieure de la semaine de sept jours. ... 44 Figure 18. Localisations de l’esturgeon n° 3 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2001. ... 45 Figure 19. Localisations de l’esturgeon n° 18 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2001. ... 46 Figure 20. Localisations de l’esturgeon n° 21 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2001. ... 47 Figure 21. Localisations de l’esturgeon n° 67 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2001. ... 48 Figure 22. Localisations de l’esturgeon n° 68 dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent

au cours de l’été 2001. ... 50 Figure 23. Chronologie temporelle du nombre d’esturgeons noirs adultes munis d’un

émetteur en 1998-2000 et présents dans le chenal Traverse du Milieu au cours de l’été 2001. Chaque point représente le nombre d’esturgeons présents par période de sept jours. La date inscrite sur l’axe des x représente la borne inférieure de la semaine de sept jours. ... 51 Figure 24. Sites de recapture en mer de quatre esturgeons noirs marqués dans

l’estuaire du Saint-Laurent au cours de la période 1999-2000. ... 53 Figure 25. Distribution de fréquence des profondeurs de localisation des esturgeons

noirs adultes dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000-2001.

Les profondeurs sont ajustées à la marée basse... 55

(13)

1. INTRODUCTION

L’esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus) est une espèce anadrome dont l’aire de distribution est limitée à la côte est nord-américaine. On le retrouve largement dispersé de la côte du Labrador jusqu'au Golfe du Mexique en Floride. Cependant, malgré une aire de répartition étendue, il n’est présent que dans une quarantaine de systèmes fluviaux-estuariens à l’intérieur desquels on y rencontre actuellement des populations reproductrices dans au moins une vingtaine d’entre eux (USFWS and GSMFC 1995; USFWS and NMFS 1998). Autrefois, l’esturgeon noir était également présent en Europe dans les mers du Nord et Baltique, mais il serait disparu au cours du 20e siècle (Ludwig et al. 2002).

En Amérique du Nord, l’esturgeon noir comprend deux sous-espèces distinctes géographiquement au niveau de leur répartition marine. La première, nommée communément l’esturgeon du Golfe du Mexique (Acipenser oxyrinchus desotoi), est confinée au sud de l’aire de répartition et utilise le Golfe du Mexique ainsi que certains tributaires de la Floride et de la Louisiane. La seconde, nommée communément l’esturgeon noir (Acipenser oxyrinchus oxyrinchus) est répartie sur la côte atlantique et utilise plusieurs tributaires situés entre le Labrador et la Géorgie.

L’esturgeon noir a fait l’objet d’une exploitation commerciale dans l’ensemble de son aire de répartition nord-américaine depuis le 17e siècle (Bigelow et Schroeder 1953; Taub 1990).

Cependant, la majorité des pêcheries commerciales d'esturgeon noir ont subi une exploitation abusive, entraînant vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle une chute draconienne des stocks (Smith 1985; Smith et Clugston 1997). Dans plusieurs cas, ces stocks n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'abondance d'autrefois; les populations de certains cours d’eau sont maintenant disparues, menacées ou souvent à statut précaire. Ainsi, pendant le 20e siècle, plusieurs pêcheries ont par la suite été fermées séquentiellement à différentes périodes, ce qui a mené à un moratoire complet de l’exploitation de l’espèce sur le reste des pêcheries américaines existantes en 1998 (USFWS and NMFS 1998). Aux États-Unis, la sous-espèce de l’esturgeon du Golfe du Mexique est désignée menacée depuis 1991 (USFWS and GSMFC 1995). Quant à l’esturgeon noir, il est actuellement placé sur une liste d’espèces candidates susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables (Montanio 1998).

(14)

Actuellement, le Canada supporte les deux dernières pêcheries commerciales de l’espèce. La première pêcherie se retrouve au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, dans le système de la Baie de Fundy-rivière St. John et la seconde se situe au Québec dans le moyen estuaire du fleuve Saint-Laurent. La récolte historique de cette dernière pêcherie a été caractérisée par trois phases importantes. Durant la période 1940-1966, la récolte était relativement stable avec des débarquements moyens de 35 000 kg/année. Par la suite, l’espèce a connu une éclipse presque totale de 1967 à 1975. Pendant cette période, la récolte commerciale a chuté pratiquement à zéro et on a craint la disparition complète de l’espèce. À partir de 1976, les débarquements ont repris graduellement pour atteindre 142 900 kg en 1990, un niveau élevé jamais observé auparavant. Depuis 1997, les débarquements ont été réduits considérablement par l’imposition d’un quota ajusté annuellement et visant à limiter la récolte à un niveau de 60 000 kg ou moins.

Le suivi de l’exploitation a mis en évidence la situation particulière de l'esturgeon noir dans le système du Saint-Laurent. Dans un premier temps, la récolte s’effectue essentiellement sur des individus juvéniles ou sub-adultes dont l’âge varie entre 4 et 20 ans (Tremblay 1995;

Caron et Tremblay 1999), et les adultes sont peu représentés dans les captures. Avant 1997, l'espèce était fortement exploitée dans l'estuaire du Saint-Laurent et l'âge médian des individus récoltés avait diminué de moitié, passant de 11 à 6 ans (Tremblay 1995; Caron et Tremblay 1999). Cette population est également caractérisée par un recrutement annuel très variable (Tremblay 1995; Caron et Tremblay 1999). Enfin, l’indice d’abondance exprimé par les prises par unité d’effort (PUE) a chuté considérablement ces dernières années dans les deux principaux secteurs de pêche. De 1994 à 1998, les PUE sont passées de 7,03 à 1,77 esturgeon/20 brasses de filets-jour dans le secteur de Montmagny et de 1,6 à 0,26 esturgeon/50 brasses de filets-jour dans le secteur de Kamouraska, des diminutions respectives de 4,0 et 6,2 fois par rapport à 1994 (Pettigrew et al. 1999).

Depuis qu’on s’intéresse à l’espèce au Québec, soit vers le milieu des années 1940, la capture d’esturgeon noir en état de se reproduire a été un phénomène peu fréquent dans le fleuve Saint-Laurent. Pendant les années 1940 et 1950, on rapportait annuellement quelques captures de géniteurs dans la pêcherie commerciale (Vladykov 1955; Vladykov et Greeley 1963).

Depuis lors, la capture de géniteurs a été extrêmement rare ou tout au moins rarement rapportée.

(15)

Au cours des dix dernières années, des efforts importants ont été entrepris par la Société de la faune et des parcs du Québec (FAPAQ) dans le but de bien suivre l’exploitation ainsi que de localiser et caractériser les sites de reproduction et les habitats utilisés par les esturgeons noirs juvéniles dans le système du Saint-Laurent. À la lumière des hypothèses émises par Vladykov (1955) et Vladykov et Greeley (1963), des travaux ont été effectués dans certains tributaires du fleuve afin de vérifier l’existence de frayères sur ces plans d’eau. L’application de méthodes visant essentiellement la capture d'œufs, de larves ou de juvéniles sur les rivières Bersimis (Domingue et al. 1990), Chaudière (Lavoie et Frenette 1991), Jacques-Cartier (Chabot et al. 1993) et l’embouchure de la Batiscan (Tremblay 1995) n’a pas permis de détecter une activité de frai, suggérant ainsi que les frayères se situaient probablement ailleurs.

Actuellement, aucun site de dépôt d’œufs d’esturgeon noir n’a été formellement localisé au Canada. Au Québec, les évidences de frai les plus sérieuses proviennent du fleuve Saint- Laurent. Elles s'appuient sur la capture d’une centaine de petits individus juvéniles de 65 à 230 mm de longueur, entre 1944 et 1950, dans les secteurs de Neuville, Château-Richer, Sainte-Famille et Sainte-Pétronille (île d’Orléans), Lauzon, Saint-Vallier, Berthier-sur-Mer, Montmagny et Rivière Ouelle (Vladykov et Beaulieu 1946, 1951; Vladykov et Greeley 1963) et plus récemment, sur la capture d’un spécimen 0+ en 1995 (Tremblay et al. 1997) et de huit spécimens 0+ à l’automne 2000 (Caron et al. 2001) dans le secteur de Montmagny.

Pour l’instant, les données disponibles permettent de croire que l’ensemble de la population d’esturgeon noir du fleuve Saint-Laurent se maintient grâce à quelques frayères qui seraient localisées dans le fleuve même. Ce cours d’eau fait présentement l’objet d’utilisations diverses (transport maritime, loisir nautique, pêche commerciale et sportive) et d’un grand nombre d’agressions (dragage, dépôts de sédiments, rejet d’eaux usées, contrôle des débits, etc.), ce qui maintient une certaine pression sur la population et ses habitats essentiels.

Au Québec, la gestion de l'esturgeon noir présente certaines ambiguïtés puisque l’exploitation de l’espèce est permise même si elle a un statut considéré comme précaire (MLCP 1992) et qu'elle figure sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (Beaulieu 1992). Le dernier document sur sa situation recommande de lui accorder le statut d’espèce vulnérable (Therrien 1998). Jusqu’à tout récemment, les données biologiques nécessaires à une saine gestion de la population d’esturgeon noir du fleuve Saint-Laurent

(16)

étaient fragmentaires et sa gestion repose sur peu d’informations. Non seulement au Québec, mais dans l'ensemble de son aire de répartition, la gestion de cette espèce est difficile étant donné le manque de connaissances fondamentales sur plusieurs aspects de la dynamique des populations et du cycle vital (Smith 1985, Taub 1990).

Les aspects reliés à la reproduction et à la migration des adultes sont très peu documentés dans la littérature. La localisation et les caractéristiques des frayères sont inconnues pour la majorité des stocks d'esturgeon noir dans l'ensemble de l'aire de distribution de l'espèce (Smith et Dingley 1984; Smith 1985; Taub 1990; Smith et Clugston 1997). Récemment, des études télémétriques ont été effectuées sur le fleuve Hudson, dans l’État de New York (Nack 1995; Nack et Bain 1996), et sur la rivière Choctawhatchee, dans les États de l’Alabama et de la Floride (Fox et al. 2000) afin de combler ces lacunes sur ces plans d’eau.

Au Québec, au cours des dernières années, l’esturgeon noir a fait l’objet d’un effort soutenu de recherche, principalement dans le cadre du programme Saint-Laurent Vision 2000. Jusque- là, les travaux avaient apporté quelques informations sur les juvéniles (Caron et al. 1997;

Tremblay et al. 1997), mais avant 1997, aucun progrès n’avait été réalisé en ce qui concerne les connaissances sur le segment reproducteur. Les pistes de travail étaient plutôt minces puisqu’on ne rapportait la capture que d’une douzaine d’esturgeons noirs adultes dans le Saint-Laurent au cours du siècle (Hatin et al. 1998). Il importait donc de mettre en place un projet de recherche pour identifier les habitats essentiels de l’espèce, et particulièrement, les sites de reproduction et de concentration d’adultes. D’ailleurs, l’acquisition de connaissances sur ces derniers points avait été identifiée comme prioritaire (Tremblay 1995; MEF 1996).

Les travaux antérieurs, portant sur la recherche des géniteurs, avaient surtout été dirigés vers l'estuaire moyen du Saint-Laurent et sur certains tributaires. Or, plusieurs auteurs (Dovel et Berggren 1983; Nack 1995; Marchant et Shutters 1996; Nack et Bain 1996; Sulak et Clugston 1998) ont montré que l’esturgeon noir se reproduisait à des distances variant entre 15 et 221 km en amont du front de salinité des rivières. Ces informations ont permis de redéployer les travaux de 1997 vers l’estuaire fluvial du Saint-Laurent, secteur du fleuve qui avait été peu exploré jusqu’à maintenant, et menés à la localisation d’un site de capture de géniteurs près de la municipalité de Portneuf (Hatin et al. 1998).

(17)

Suite aux résultats obtenus en 1997, une étude télémétrique d’un horizon de cinq ans (1998- 2003) a alors été entreprise en 1998 dans le cadre de la phase III du programme Saint-Laurent Vision 2000, afin de documenter des aspects biologiques sur le segment reproducteur dont les objectifs étaient :

de déterminer les déplacements des esturgeons noirs adultes à l'aide de la télémétrie par ultrasons dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent;

de localiser et de caractériser les sites de fraie et de concentration d’adultes dans l'estuaire du Saint-Laurent à partir du suivi des déplacements;

de caractériser le segment reproducteur.

Ce rapport présente les résultats de l’année 2000 et 2001.

(18)

2. AIRE D'ÉTUDE

La terminologie et les limites employées pour identifier les différents segments du fleuve Saint-Laurent sont celles présentées dans le rapport synthèse sur l’état du Saint-Laurent (Centre Saint-Laurent 1996). Pour faciliter le repérage sur les cartes des secteurs jugés importants, l’estuaire fluvial et l’estuaire moyen ont été mesurés respectivement de l’est vers l’ouest, en suivant le chenal maritime, et de l’ouest vers l’est, en suivant les limites des municipalités régionales de comté situées approximativement au centre du fleuve. La borne 0 km correspond à la limite du front de salinité et est située près de la municipalité de Berthier-sur-Mer. De cette façon, l’estuaire fluvial et l’estuaire moyen s’étendent sur une distance respective de 178 et 154 km. Ainsi, les valeurs des secteurs auxquels nous ferons référence seront positives en amont du km 0 (eau douce) et négatives en aval (eau saumâtre).

L’abréviation rkm sera utilisée pour faire référence aux points de repère kilométriques sur le fleuve.

L'aire d'étude se situe dans l'estuaire du Saint-Laurent entre Trois-Rivières (rkm 164) et l’île aux Loups Marins (rkm -40), située quelque peu en aval de l’extrémité est de l’île aux Grues (figure 1). Elle couvre une superficie d’environ 1 400 km2. Cette section de l’estuaire du fleuve se divise en deux tronçons, communément appelés estuaire fluvial (eau douce) et estuaire moyen (eau saumâtre).

L'estuaire fluvial s’étend de Pointe-du-Lac (rkm 178) à l’extrémité est de l’île d’Orléans (rkm 0) (figure 1). Il est caractérisé par un tronçon d’eau douce peu sinueux, d’une largeur variant entre 3 et 5 km et dont la profondeur du chenal principal varie entre 13 et 60 m (Centre Saint-Laurent 1996). Ce tronçon est affecté par de fortes marées. À Québec (rkm 40), les marées moyennes atteignent une amplitude de 4,1 m, alors que les grandes marées atteignent 5,8 m de hauteur (Centre Saint-Laurent 1996). Dans le chenal principal, les vitesses de courant atteignent des valeurs oscillant entre 0,6 et 1,5 m/s (Anonyme 1991). Les courants de la marée descendante peuvent atteindre des vitesses de 3 m/s (Centre Saint-Laurent 1996).

L’estuaire fluvial est également caractérisé par la présence des rapides Richelieu (rkm 104 à 107). L’écoulement de l’eau s’effectue vers l’aval sans renversement de courant jusqu’à la municipalité de Portneuf (rkm 99) dans des conditions de petites et moyennes marées.

(19)

7

Figure 1. Délimitation de l’aire d’étude et des sites de marquage des esturgeons noirs adultes dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000.

(20)

L’estuaire moyen est un tronçon qui s’étend de l’extrémité est de l’île d’Orléans (rkm 0) à Tadoussac (rkm -154) (figure 1). Il se distingue de l’estuaire fluvial par un élargissement marqué, la présence d’eau saumâtre, une bathymétrie plus complexe et une plus grande turbidité dans sa partie amont. Ce tronçon couvre une superficie de 3277 km2 (Anonyme 1991). La salinité augmente de l’amont vers l’aval et varie entre 2 et 30 parties par mille (Centre Saint-Laurent 1996). Ce tronçon est aussi caractérisé par la présence d’un archipel et de plusieurs îles, de nombreux hauts-fonds ainsi que par trois chenaux d’écoulement, soit le chenal du Nord, le chenal du Sud et le chenal Traverse du Milieu, traversant le fleuve du sud au nord entre l’archipel de l’île aux Grues et l’île aux Coudres. Dans ces chenaux, la profondeur est habituellement supérieure à 10 m (Centre Saint-Laurent 1996). L’estuaire moyen est également affecté par de fortes marées. L’amplitude des marées augmente de l’aval vers l’amont (Godin 1979) et celles-ci atteignent leur maximum, soit 6,9 m, lors des grandes marées, à la pointe est de l’île d’Orléans (rkm 0). Enfin, dans la partie amont de ce tronçon, le mélange des eaux douces et salées, combiné au renversement des courants de marée, provoque une remise en suspension des sédiments, entraînant la formation d'un bouchon de turbidité (Anonyme 1991; Centre Saint-Laurent 1996).

(21)

3. MATÉRIEL ET MÉTHODES

3.1 Capture des adultes

Au cours des années 1997 à 1999, des efforts importants d’échantillonnage aux filets maillants ont été déployés en eau douce afin de capturer des esturgeons noirs adultes pour la caractérisation du segment reproducteur et le suivi télémétrique. Ces travaux ont permis la capture de nombreux mâles en état de se reproduire, mais ils ont également mis en évidence la difficulté d’y capturer des femelles matures (Hatin 1999; Hatin et al. 1999; Hatin et Caron 2002). Nous avons alors révisé notre stratégie puisque l’arrivée d’émetteur ultrason de longue durée de vie (3-5 ans) en 1999, permettait de marquer des femelles en maturation ou entre deux reproductions en eau saumâtre, et espérer un suivi en vue d’un éventuel retour en eau douce sur les sites de reproduction durant les années à venir (Hatin et Caron 2002).

Au cours de l’été 2000, nous avons utilisé cette même stratégie puisque les travaux précédents montraient des captures abondantes en eau saumâtre lorsque les poissons sont concentrés dans un secteur donné et qu’ils nous indiquaient leur présence au moyen d’un émetteur (Hatin et Caron 2002). La stratégie de capture utilisée visait donc à augmenter le nombre de femelles porteuses d’émetteur. L’objectif de départ était d’utiliser la connaissance du chenal Traverse du milieu comme principal site de concentration d’adulte, afin d’y concentrer les efforts d’échantillonnage aux filets maillants, pour capturer et munir d’émetteur à long terme, des femelles en maturation, entre deux reproductions ou matures advenant le cas.

Pour procéder à la capture de ces femelles, nous avons pris une entente avec les pêcheurs commerciaux opérant près de l’île aux Loups Marins, afin de pouvoir récupérer un certain nombre d’esturgeons de plus de 175 cm LF qui, de toute façon, auraient du être remis à l’eau obligatoirement en vertu de la réglementation en vigueur. Une compensation monétaire de 50 $ fut octroyée aux pêcheurs pour chaque poisson vivant. Cette entente nous permettait de maximiser l’effort d’échantillonnage déployé dans le secteur du chenal Traverse du Milieu et d’obtenir rapidement le nombre de femelles recherchées. Nous avons fixé cette taille minimale afin de nous assurer d’une part, de pouvoir manipuler un certain nombre d’esturgeons et d’autre part, pour augmenter les chances d’avoir des esturgeons femelles; les femelles adultes ayant une taille et un poids supérieurs aux mâles (Doroshov et al. 1997;

Caron et al. 2002).

(22)

Du 31 mai au 15 juin 2000, une cage flottante de rétention (figure 2) fut installée à proximité de l’île aux Loups Marins, afin que les pêcheurs commerciaux puissent y déposer les gros esturgeons vivants et que ceux-ci puissent demeurer en bonne condition. À la suite d’une capture, le pêcheur nous avisait de la présence d’esturgeons dans la cage et l’équipe de marquage s’y rendait le plus tôt possible. À quelques occasions, des esturgeons nous ont été remis en main directement par les pêcheurs sur les lieux.

Comme la collaboration avec les pêcheurs commerciaux a très bien fonctionné, les pêches scientifiques aux filets maillants n’ont eu lieu que pendant six journées entre le 31 mai et le 15 juin 2000. Les engins utilisés étaient des filets maillants expérimentaux en multifilaments, composés de trois panneaux de 30,5 m de longueur et 3,7 m de hauteur, à mailles étirées de 305, 356, et 406 mm (12 po, 14 po et 16 po) et de 356, 406 et 457 mm (14 po, 16 po et 18 po.). Les filets furent tendus parallèlement au courant à la fin du cycle de la marée baissante ou montante et relevés pendant l’étale de marée. La durée de pêche a varié entre 2 et 3,5 heures.

En 2001, une station de pêche a été échantillonnée dans la rivière Chaudière en amont de la marina entre le 18 et le 22 juin afin de vérifier la montaison possible de géniteurs. Le filet utilisé était de même type que ceux mentionnés précédemment et tendus perpendiculairement au courant. Le filet de pêche couvrait la quasi-totalité de la largeur de la rivière.

À chacune des stations d'échantillonnage, l'emplacement, la profondeur et la température de l'eau ont été déterminés au moment de la levée des filets.

3.2 Marquage télémétrique des adultes

Au cours de l’été 2000, nous avons procédé au marquage télémétrique de 20 esturgeons noirs adultes dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le marquage fut effectué au moyen d’émetteurs codés externes à ultrasons de haute puissance (Lotek Marine Technologies Inc.) de 82 mm de longueur par 16 mm de diamètre. Ceux-ci pesaient en moyenne 36 ± 0,7 g (n=20). Les émetteurs fonctionnaient sur les fréquences 65,5 et 76,8 kHz. La durée d'utilisation garantie par le fabriquant était de 1318 jours à un intervalle d’émission de cinq secondes. Toutefois, il faut noter que la longévité réelle des émetteurs est supérieure de 20 % ou plus, que la durée de

(23)

Figure 2. Cage de rétention utilisée pour la récupération et le maintien en vie des gros esturgeons noirs capturés par les pêcheurs commerciaux en l’an 2000. Les dimensions de la cage étaient de 2,3 m de longueur par 1,2 m de largeur et 0,9 m de hauteur. La flottaison était assurée par deux barils de 136 litres et deux barils de 70 litres.

vie garantie (M. Sisak, ABI, comm. pers.), ce qui porte leur longévité à environ 1582 jours ou plus. La distance de détection des émetteurs est de 1,5 km en moyenne (étendue : 600 m à 3,2 km) et varie en fonction des conditions hydrologiques (Hatin 1999; Hatin et al. 1999). La distance de détection peut également être réduite à environ 400 m le lendemain d’une pluie abondante provoquant une augmentation de la turbidité de l’eau (Hatin et Caron 2002).

Suite à leur capture, les spécimens étaient placés dans une civière dont l’extrémité fermée contenait de l’eau qui était renouvelée régulièrement afin de maintenir la tête du poisson

(24)

immergée et d’assurer une oxygénation adéquate. Les émetteurs ont été fixés à la base de la nageoire dorsale des spécimens à l’instar de Nack (1995) et Nack et Bain (1996) en utilisant la méthode rapportée dans Hatin (1999) et Hatin et al. (1999).

Tous les instruments et le matériel utilisés pour la pose des émetteurs ainsi que l’endroit de fixation de l’émetteur sur le poisson furent désinfectés avec de la chlorhexidine 0,05 %. Après le marquage, les esturgeons étaient remis à l’eau en les dirigeant tête première vers le fond.

Les manipulations ont pris en moyenne 10 ± 3 minutes (n=19). Elles incluent le temps à partir duquel le poisson était à bord de l’embarcation, les manipulations du spécimen, la pose de l’émetteur, les données récoltées et décrites à la section 3.3 jusqu’à la remise à l’eau. Le ratio poids de l'émetteur/poids du poisson était en moyenne de 0,08 ± 0,01 % (n=20), ce qui est bien inférieur au ratio maximal de 2 % recommandé par Winter (1983). Le tableau 1 donne la description des critères qui nous ont servi à décrire l’état de condition des esturgeons noirs lors de leur remise à l’eau. Quinze spécimens ont été jugés très en forme, quatre relativement en forme et un n’était pas en forme. L’individu n’étant pas en forme a dû être maintenu à la surface de l’eau près de l’embarcation, afin qu’il reprenne son équilibre et s’éloigne par ses propres moyens.

Tableau 1. Description de l’état de condition des esturgeons noirs munis d’un émetteur lors de leur remise à l’eau

Code Conditions Description

1 Très en forme L’esturgeon a un départ rapide vers le fond

2 Relativement en forme L’esturgeon nage quelque peu à la surface avant de regagner le fond

3 Pas en forme L’esturgeon ne parvient pas à maintenir seul son équilibre lors de la remise à l’eau

(25)

3.3 Données récoltées sur les spécimens capturés

Sur chacun des spécimens capturés, les données suivantes étaient recueillies : site de capture (latitude, longitude), dimension de la maille du filet, numéro de l'étiquette spaghetti, longueur totale, longueur à la fourche, poids, sexe et stade de maturité. Pour chaque individu muni d’un émetteur, nous avons également noté l’heure de prise en charge du poisson, la durée des manipulations jusqu'à la relâche, le site de relâche (latitude, longitude), le code de l'émetteur, la fréquence de l'émetteur et certaines remarques pouvant être utiles (blessures lors de la capture, etc.) le cas échéant. Une petite quantité de tissu de la nageoire caudale fut également prélevée sur tous les spécimens en vue de réaliser éventuellement des analyses génétiques.

Immédiatement après la capture, les spécimens étaient mesurés (LT, LF) à l’aide d’un ruban gradué (mm) et pesés au moyen d’une balance Pesola d’une capacité de 100 kg (± 0,5 kg).

Des biopsies furent pratiquées sur 34 spécimens afin de déterminer le sexe et le stade de maturité si possible.

Les biopsies ont été pratiquées sans avoir recours à l’anesthésie à l’instar de Conte et al.

(1988). Dans un premier temps, une incision de 1 cm fut pratiquée avec un scalpel, à une distance de trois à cinq boucliers osseux ventraux du pore urogénital, à 5 mm de la ligne médioventrale (Conte et al. 1988), la région ventrale ayant été préalablement désinfectée avec de la chlorhexidine 0,05 %. Une sonde métallique était ensuite insérée de façon à pouvoir toucher aux ovaires et aux lobes testiculaires afin d’en extraire un petit morceau. Chez les mâles en état de fraie, la gonade a une apparence blanchâtre et crémeuse. Lorsque la spermatogenèse est moins avancée, la gonade a une apparence jaunâtre et plus granuleuse (Conte et al. 1988). Chez les femelles matures, les œufs sont noirs et le diamètre moyen varie de 2 à 3 mm (Huff 1975; Smith et al. 1980; Parauka et al. 1991; Van Eenennaam et Doroshov 1998). Chez les femelles en maturation ou entre deux reproductions, les œufs sont blancs et le diamètre moyen est inférieur à celui des œufs matures. Par la suite, l'incision a été refermée en pratiquant un ou deux points de suture à l'aide d'une aiguille chirurgicale recourbée (cutting CP-1 needle [Ethicon]) et d’un fil de polyester absorbable no1 (no 4,0 métrique) (PDS II violet monofilament no1 [no 4,0 métrique]). Quelques gouttes de colle chirurgicale (3M Vetbond tissue adhesive n° 1469) furent également appliquées sur l’incision avant de refermer celle-ci au moyen des points de suture. Enfin, la suture fut désinfectée. Les critères de classification

(26)

de Nikolski (1963), modifiés pour nos besoins (tableau 2), ont été utilisés pour la détermination du stade de maturité lorsque possible.

Tableau 2. Stades de maturité des gonades (modifié de Nikolski 1963)

Stade de maturité Description

IV Les produits sexuels sont à maturité mais ne s’écoulent pas en exerçant une légère pression abdominale

Va Les produits sexuels sont à maturité et s’écoulent en exerçant une légère pression abdominale. Peu de laitance consistante expulsée

Vb Les produits sexuels sont à maturité et s’écoulent sans aucune pression abdominale. Bonne quantité de laitance consistante expulsée

Vc Les produits sexuels sont à maturité et s’écoulent en exerçant une légère pression abdominale. Peu de laitance expulsée. Laitance de consistance très claire

VI Les produits sexuels ont été évacués; inflammation au niveau de la papille urogénitale et/ou abdomen flasque

Chez les individus femelles, un échantillon d’œufs a été extrait à l'aide d’une sonde métallique. Le diamètre des œufs a ensuite été mesuré au moyen d’une loupe binoculaire munie d’un oculaire micrométrique (± 0,05 mm) afin d’établir le diamètre moyen des œufs de chacune des femelles.

Les tranches de tissu de la nageoire caudale ont été prélevées avec des ciseaux et conservées dans un petit contenant rempli d'éthanol 95 %. Enfin, tous les esturgeons capturés ont été munis d'une étiquette spaghetti de type lacet (Tie on tag), placée à la base antérieure de la nageoire dorsale, et remis à l'eau. De plus, une série d’étiquettes spaghetti ont également été remises à l’équipe de la Direction de l’aménagement de la faune de Chaudière-Appalaches, qui effectue un suivi de la pêche commerciale depuis 1994, afin qu’elle puisse procéder au marquage des gros esturgeons capturés dans le cadre de leur travaux.

(27)

3.4 Suivi télémétrique

3.4.1 Repérage en embarcation

La dimension de l’aire d’étude dans laquelle nous travaillons constitue un inconvénient majeur lorsque l’on doit repérer les déplacements d’un poisson muni d’un émetteur à ultrasons et ayant la capacité de parcourir de très grandes distances en peu de temps. En effet, comparativement à la radio-télémétrie, la télémétrie ultrasonique oblige à effectuer des stations d’écoute immobiles en embarcation, afin de permettre la réception du signal à ultrasons. Ceci a donc pour effet de restreindre la superficie quotidienne de couverture spatiale.

Étant donné la taille du système hydrographique dans lequel nous travaillons, nous avons dû faire des choix afin d’optimiser le travail de localisation, puisqu’il était techniquement irréaliste d’avoir une stratégie de repérage couvrant de façon systématique la totalité d’une aire d’étude d’une telle envergure. Nos choix ont été basés à la fois sur nos premiers résultats de repérage et sur le fait que plusieurs auteurs (Dovel et Berggren 1983; Wooley et Crateau 1985; Moser et Ross 1995; Nack 1995; Nack et Bain 1996; Foster et Clugston 1997; Hatin et al. 1998) avaient montré que les esturgeons noirs adultes utilisaient les endroits profonds, particulièrement les chenaux et les fosses, lors de leurs déplacements saisonniers. En ce qui concerne le pas de repérage, nous avons évalué qu’une stratégie visant environ la moitié de la distance de détection des émetteurs au milieu de la marée baissante ou montante permettait de couvrir adéquatement la zone inventoriée d’un secteur donné. Cette stratégie limitait de beaucoup la possibilité de ne pas entendre un signal émis dans le secteur donné. De cette façon, nous espérions ainsi pouvoir repérer tous les poissons présents dans la zone d’étude de une à deux fois par semaine.

Au cours de l’année 2000, le suivi télémétrique a eu lieu du 17 mai au 13 septembre de 1 à 7 fois par semaine dans l’estuaire fluvial et de 1 à 6 fois par semaine dans l’estuaire moyen.

Au cours de l’automne, quatre sorties de repérage ont été effectuées dans l’estuaire moyen entre le 5 octobre et le 5 décembre, mais elles furent limitées au secteur du chenal du nord et du chenal Traverse du milieu seulement. En 2001, le suivi télémétrique a eu lieu du 25 mai au 3 octobre. Deux équipes effectuaient le repérage en sillonnant le chenal maritime de l’estuaire fluvial (situé majoritairement au centre du fleuve) ou les principaux chenaux de l’estuaire

(28)

moyen, avec une embarcation. Les stations d’écoute étaient effectuées à tous les 600 ou 700 m lors de la marée baissante ou bien à tous les 900 ou 1000 m lors de la marée montante.

Dans les secteurs du fleuve où le courant était fort et turbulent, le repérage était effectué de façon continue en se laissant dériver par le courant. À plusieurs occasions, les endroits de plus faibles profondeurs situés à proximité des berges et des îles ont également été inventoriés.

La stratégie de repérage permettait de couvrir, dans une journée de travail, des distances d’au moins 60 km. Les tronçons de l’aire d’étude couverts lors du suivi télémétrique sont présentés aux tableaux 3 et 4.

Tableau 3. Nombre de sorties de repérage effectuées dans le cadre du suivi télémétrique pour les différents secteurs de l’aire d’étude en l’an 2000

Secteurs Secteurs nb de sorties

de repérages

rkm rkm

Trois-Rivières 164 Rapides Richelieu 104 3

Rapides Richelieu 104 Estuaire de la rivière Saint-Charles 38 26 Estuaire de la rivière Saint-Charles 38 Berthier-sur-Mer 0 12 Sainte-Pétronille 33 Extrémité est de l'île d'Orléans (chenal

nord)

-1 4

Berthier-sur-Mer 0 Extrémité ouest de l'île aux Grues (chenal du sud)

-17 14

Grosse-Île (Passage de la quarantaine)

-9 Extrémité est de l'île aux Grues (chenal Traverse du milieu)

-35 29

Saint-François (île d'Orléans) -1 Petite-Rivière-Saint-François (chenal du nord)

-35 9

Extrémité ouest de l'île aux Grues -17 Extrémité est de l'île aux Grues (chenal du sud)

-35 5

(29)

Tableau 4. Nombre de sorties de repérage effectuées dans le cadre du suivi télémétrique pour les différents secteurs de l’aire d’étude en 2001

Secteurs Secteurs nb.de sorties

de repérages

rkm rkm

Trois-Rivières 164 Rrapides Richelieu 104

Rrapides Richelieu 104 Estuaire de la rivière Saint-Charles 38 12

Estuaire de la rivière Saint-Charles 38 Berthier-sur-Mer 0 7

Sainte-Pétronille 33 Extrémité est de l'île d'Orléans (chenal nord)

-1 3

Berthier-sur-Mer 0 Extrémité ouest de l'île aux Grues (chenal du sud)

-17 20

Grosse-Île (Passage de la quarantaine)

-9 Extrémité est de l'île aux Grues (chenal Traverse du milieu)

-35 17

Saint-François (île d'Orléans) -1 Petite-Rivière-Saint-François (chenal du nord)

-35 2

Extrémité ouest de l'île aux Grues -17 Extrémité est de l'île aux Grues (chenal du sud)

-35 8

Les localisations en embarcation ont été effectuées à l'aide d'un récepteur à balayage SRX- 400 W5 (Lotek Marine Technologies Inc.) relié à un convertisseur acoustique (UUC-150) et à un hydrophone directionnel (HPA-D-2) monté sur un tuyau d’acier galvanisé de 3,1 m de longueur et 3,8 cm de diamètre fixé solidement aux bords d’une embarcation.

À chacune des localisations, la position (latitude, longitude) du spécimen, la profondeur et la température de l’eau ont été notées. Les positions ont été déterminées à partir d'un positionneur satellite (GPS) de type Garmin (modèle 128). La profondeur de l'eau a été enregistrée au moyen d'un échosondeur de marque Apelco (modèle : Fishfinder 365),

(30)

Hummingbird One Hundred ou Simrad EC-210. La température de l'eau a été mesurée à l'aide d'un thermomètre standard (± 0,5 °C) ou électronique de marque Checktemp (± 0,05 °C).

3.4.2 Repérage à l’aide d’une station fixe

Une station fixe fut également utilisée pour le repérage des esturgeons dans le fleuve Saint- Laurent. Ce type de station permet l’enregistrement automatique des signaux des esturgeons présents dans la zone de réception. Elle fut installée sur la rive nord du fleuve au bout du quai Irving (rkm 49) comme en 1999 (Hatin et Caron 2002). Elle a été en opération continue du 7 mai au 8 septembre 2000 ainsi que du 7 mai au 2 septembre 2001.

La station comprenait en 2000-2001, un récepteur et un hydrophone disposés au bout du quai ainsi qu’un deuxième hydrophone submergé en rive sud du fleuve.

Les localisations ont été enregistrées au moyen d'un récepteur à balayage SRX-400 W30 (Lotek Marine Technologies Inc.). Celui-ci était relié, dans un premier temps, à un convertisseur acoustique (UUC-150) et à un hydrophone multidirectionnel (HPA-O-2) fixé sur un câble d’acier reliant la bordure du quai à un bloc de béton, d’un poids de 22,9 kg, reposant au fond de l’eau. L’hydrophone fut installé à une profondeur de 3,4 m sous le niveau de la marée basse. Nous avons également installé une poulie sur le bloc de béton dans le but de pouvoir faire coulisser le câble d’acier et d’avoir un accès facile à la sonde de repérage pour la nettoyer au cours de la saison. Ce premier hydrophone servait à couvrir la partie nord de la zone de réception.

Le deuxième hydrophone utilisé servait à couvrir la partie sud de la zone de réception. Dans ce cas, la sonde de repérage utilisée pour le repérage des esturgeons était un hydrophone multidirectionnel sans fil WHS_1100 (Lotek Marine Technologies Inc.). Celui-ci était fixé sur un câble d’acier reliant une bouée à la surface puis un bloc de béton, d’un poids de 84 kg, disposé au fond de l’eau. Afin de maintenir l’hydrophone en position verticale lors de son immersion, nous avons également placé une bouée supplémentaire sur le câble d’acier.

L’hydrophone fut installé à une profondeur de 10 m sous le niveau de la marée basse. Les signaux ultrasons captés par l’hydrophone étaient acheminés à la surface en ondes radio via une antenne montée sur la bouée de surface et reliée à l’hydrophone submergé. À partir de cette dernière antenne, les signaux étaient transmis par la suite vers une antenne Yagi quatre

(31)

éléments connectée à un répartiteur d’antenne ASP_8 (Lotek Marine Technologies Inc.) qui était relié finalement au récepteur de la station terrestre. La figure 3 illustre le montage des différentes composantes de la station fixe.

Le récepteur était alimenté à l’aide de deux batteries marines à décharge profonde branchées en série. Les batteries étaient changées à tous les sept jours en moyenne, l’autonomie de la station pouvant toutefois se prolonger jusqu’à 11 jours. Tous les équipements électroniques (récepteur, convertisseur acoustique, répartiteur d’antenne et batteries) furent placés à l’intérieur d’un coffret métallique étanche, fixé aux abords du quai afin de protéger le matériel du vol et des intempéries.

Les données enregistrées par le récepteur ont été téléchargées à tous les deux ou trois jours à l’aide du logiciel HOST C5 (Lotek Marine Technologies Inc.) installé sur un ordinateur portatif. Le temps de téléchargement des données prend en moyenne 37 minutes (Hatin et Caron 2002). Par la suite, la base de données ainsi récoltée était consultée sur place afin de vérifier si il y avait eu présence de poissons munis d’un émetteur.

(32)

20

Figure 3. Disposition des différentes composantes de la station fixe utilisée pour le repérage des esturgeons noirs dans le secteur du quai Irving en 2000-2001.

(33)

4. RÉSULTATS

4.1 Caractéristiques des captures et marquage

Les travaux de l’année 2000 ont permis de capturer 40 esturgeons noirs entre le 1er et le 25 juin dans l’estuaire du Saint-Laurent. Trente-neuf individus proviennent des pêcheurs commerciaux et furent capturés près de l’île aux Loups Marins entre le 1er et le 15 juin. Le dernier spécimen fut capturé par une autre équipe de la FAPAQ dans le cadre du projet de l’île Madame (Lachance et Fournier 2001).

La taille des esturgeons variait entre 159 et 200 cm (LF). Le sexe fut déterminé sur 26 esturgeons et ceux-ci étaient composés de 42 % de mâles et 58 % de femelles. La taille et le poids des esturgeons femelles étaient significativement supérieurs à ceux des mâles (Anova p<0,05). Les mâles et les femelles mesuraient en moyenne 177 cm (LF) et 184 cm et pesaient en moyenne 41 et 49 kg respectivement (tableau 5). La majorité des mâles et des femelles mesuraient respectivement entre 170 et 190 cm et entre 180 et 200 cm (LF) (figure 4). La seule femelle mature capturée mesurait 200 cm (LF) et pesait 75 kg. Le diamètre moyen de ses œufs était de 1,75 mm (1,40-2,35 mm, n=49). Le diamètre moyen des œufs des femelles en maturation ou entre deux reproductions de stade moins avancé était de 0,54 mm (0,38- 0,66; n=13 femelles).

Entre le 1er et le 25 juin 2000, 20 esturgeons dont 5 mâles et 15 femelles ont été munis d’un émetteur; 19 furent marqués près de l’île aux Loups Marins (rkm -40) et un près de Berthier- sur-Mer (rkm 5-6) (tableau 6). Ces esturgeons pesaient entre 31 et 75 kg, et leur taille variait entre 167 et 200 cm (LF) (tableau 6). En 2001, aucun esturgeon noir ne fut capturé dans la rivière Chaudière.

4.2 Suivi télémétrique

Au cours de l'été de l’année 2000, 69 esturgeons noirs adultes étaient porteurs d'émetteurs à ultrasons dont 49 furent initialement marqués en 1998 et 1999. Les caractéristiques des individus munis d’émetteurs au cours de ces années antérieures sont présentées dans Hatin (1999), Hatin et al. (1999) ou Hatin et Caron (2002).

(34)

Tableau 5. Caractéristiques biologiques des esturgeons noirs capturés dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an 2000. Les moyennes accompagnées d’une étoile (*) sont significativement différentes entre les sexes (Anova, p<0,05).

Caractéristiques Sexe

biologiques Mâles Femelles Indéterminés Total

Moyenne 176,7* 184,1* 170,7 177,4

Longueur fourche Écart-type 7,3 7,0 10,5 10,1

(cm) Minimum 165,0 167,5 159,5 159,5

Maximum 187,5 199,5 197,5 199,5

n 11 15 14 40

Moyenne 203,9* 211,6* 196,5 204,2

Longueur totale Écart-type 10,2 8,4 12,6 12,2

(cm) Minimum 190,0 188,0 175,0 175,0

Maximum 222,0 229,5 224,0 229,5

n 11 15 14 40

Moyenne 41,4* 48,6* 39,2 43,4

Poids Écart-type 4,9 9,5 7,6 8,7

(kg) Minimum 34,0 31,0 27,0 27,0

Maximum 51,0 75,0 58,5 75,0

n 11 15 13 39

Figure 4. Structure de taille des esturgeons noirs capturés dans l'estuaire du fleuve du Saint- Laurent en l’an 2000.

0 10 20 30 40 50 60 70 80

150,1-160 160,1-170 170,1-180 180,1-190 190,1-200

Longueur fourche (cm)

Fréquence (%)

Mâles (n=11) Femelles (n=15) Indéterminés (n=14)

(35)

23 Tableau 6. Informations récoltées lors de la fixation des émetteurs sur les esturgeons noirs adultes de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent en l’an

2000

Fréquence Durée Rythme No Date de Lieu de Stade du Sexe Stade de Méthode LF LT Poids Durée des Condition Poisson Émetteur (kHz) de vie d'émission Étiquette marquage capture cycle vital maturité de sexage (cm) (cm) (kg) manipulations à la relâche

(jours) (secondes) (minutes)

50 31 76,8 1318 5 14151 01/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 183,0 217,0 48,0 19 2 51 32 76,8 1318 5 14197 02/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 184,0 212,0 41,0 10 1 52 33 76,8 1318 5 11808 02/06/2000 île aux Loups Marins ANR M - B 171,0 198,0 41,0 12 1 53 34 76,8 1318 5 14544 03/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 181,0 210,0 42,0 10 1 54 35 65,5 1318 5 14545 03/06/2000 île aux Loups Marins ANR M - B 185,5 215,0 44,0 10 3 55 36 65,5 1318 5 11773 06/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 186,0 209,0 50,0 16 1 56 37 65,5 1318 5 14580 06/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 184,0 215,5 52,2 7 1 57 38 65,5 1318 5 14577 06/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 185,0 217,0 54,5 6 1 58 46 76,8 1318 5 14596 08/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 189,5 213,0 47,0 11 1 59 83 65,5 1318 5 14563 08/06/2000 île aux Loups Marins ANR M - B 183,5 209,0 42,0 10 1 60 109 65,5 1318 5 14597 08/06/2000 île aux Loups Marins ANR M IV B 180,0 209,5 46,0 8 1 61 116 65,5 1318 5 14599 10/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 184,0 212,0 42,5 15 1 62 122 65,5 1318 5 15568 10/06/2000 île aux Loups Marins ANR M - B 181,0 211,0 42,5 10 1 63 128 65,5 1318 5 11776 12/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 177,0 207,0 46,0 9 2 64 133 65,5 1318 5 11775 12/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 181,0 208,0 47,0 15 2 65 140 65,5 1318 5 14614 13/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 190,5 212,5 52,0 11 2 66 144 65,5 1318 5 14606 13/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 182,0 211,0 46,0 9 1 67 152 65,5 1318 5 11777 14/06/2000 île aux Loups Marins ANR F - B 188,0 212,5 54,0 8 1 68 155 65,5 1318 5 11782 14/06/2000 île aux Loups Marins ANR F IV B 199,5 229,5 75,0 7 1 69 156 65,5 1318 5 11818 25/06/2000 île Madame ANR F - B 167,5 188,0 31,0 - 1

Moyenne 183,2 210,8 47,2 10

Écart-type 6,7 7,9 8,5 3

Minimum 167,5 188,0 31,0 6

Maximum 199,5 229,5 75,0 19

n 20 20 20 19

ANR : adulte non-reproducteur; M : mâle; F : femelle; B : biopsie; LT : longueur total ; LF : longueur fourche

(36)

Du 7 mai au 5 décembre 2000 ainsi que du 7 mai au 3 octobre 2001, 6 614 localisations télémétriques ont pu être recueillies dont 504 ont été enregistrées avec le suivi effectué par embarcation et 6 110 à l’aide de la station fixe (tableau 7, annexe 1). Ce dernier chiffre représente le nombre d’événements enregistrés à la station fixe sur huit esturgeons différents ayant franchi la zone de réception ou demeuré dans celle-ci pendant plusieurs jours. Durant l’été 2000, le taux de relocalisation des individus marqués en 1998, 1999 et 2000 fut respectivement de 90, 69 et 100 %. Onze individus ne furent jamais repérés au cours de l’été dont deux marqués en 1998 et neuf en 1999. En 2001, le taux de relocalisation des individus marqués en 1998, 1999 et 2000 fut respectivement de 29, 41 et 95 %. Vingt-neuf individus ne furent jamais repérés au cours de l’été 2001 dont 12 marqués en 1998, 16 en 1999 et un en 2000. Le nombre moyen de localisations par individu à l’aide du repérage en embarcation était de 9 ± 5 et de 764 ± 1366 avec la station fixe (tableau 7). Les esturgeons repérés ont été suivis pendant une période variant entre 1 et 269 jours (tableau 7).

Pendant l’été 2000, 15 des 20 esturgeons marqués dans l’estuaire se sont déplacés vers l’amont sur une distance de 7 à 44 km entre les rkm -40 et -7 pendant une période de 1 à 24 jours après la pose des émetteurs. Deux esturgeons se sont déplacés vers l’aval (10 %) et trois autres individus (15 %) n’ont pas été repérés pendant les périodes mentionnées plus haut.

Ces derniers ont peut-être quitté temporairement l’aire d’étude. De plus, les positions de trois esturgeons sont devenues stationnaires dont un à partir du printemps 2000 (n° 28) et deux à partir du printemps 2001 (n° 38 et 60). Ceci nous porte à croire qu’ils ont soit perdu leur émetteur; soit qu’ils sont morts.

4.3 Déplacements effectués en l’an 2000

4.3.1 Retour des esturgeons marqués en 1998 et 1999

La troisième année de suivi télémétrique a permis de montrer que certains secteurs du fleuve Saint-Laurent ont été utilisés pendant une deuxième et troisième années consécutives par les esturgeons marqués en 1998 et 1999. Au cours de l’été 2000, 18 des 20 esturgeons marqués en 1998 et 20 des 29 esturgeons marqués en 1999 ont été repérés dans la partie amont de l’estuaire moyen et/ou dans certains secteurs de l’estuaire fluvial. Le nombre d’individus repérés a varié de 1 à 6 individus entre le 7 mai et le 2 juillet, pour ensuite augmenter de 10 à

Références

Documents relatifs

1) IQSA : indice de qualité pour la variable de sensibilité aux précipitations acides IQTM : indice de qualité pour la variable de température maximale estivale de l’eau IQPF :

L’objectif visé est principalement de positionner des cours d’eau en fonction de leur potentiel de production en omble de fontaine ainsi qu’en truites arc-en-ciel et brune, selon

La pollution peut entraîner des problèmes importants aux populations d’esturgeon jaune dans les régions urbanisées ou industrialisées comme c’est le cas dans la région de

Étude du potentiel de neuf tributaires comme site de fraie pour l'éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) anadrome de l'estuaire Sud du St-Laurent. Ministère du Loisir, de la Chasse

Évaluation d’un système de caméra subaquatique pour l’estimation de montaison de poissons migrateurs sur la rivière de la Trinité.. Faune et Parcs Québec, Direction de la faune

Relation entre la longueur fraîche (mm) et le poids (g) des poulamons atlantiques échantillonnés dans l'estuaire moyen du Saint-Laurent en 1990 (calculée d'après Jacquaz et

Aujourd'hui, le trappage et la chasse ne sont plus considérés comme des facteurs importants de mortalité pour les éperviers de Cooper même si ces activités sont encore observées

Au cours des étés 1997 et 1998, des pêches au filet maillant et à la ligne dormante ont été effectuées dans l’estuaire fluvial du Saint-Laurent, afin de capturer des esturgeons