DOCUMENTATION
CONTROLE ENDOCRINIEN ET NERVEUX DE L’OVULATION CHEZ LA POULE. FACTEURS INTERNES
PAR
L. LACASSAGNE
Station de Recherches
Avicoles, C.N.R.Z., Jouy-en-Josas
PLAN DU
MÉMOIRE
- INTRODUCTION.
A. - FACTEURS HORMONAUX.
I. - Rôle des
gonadostimulines.
a
Action de F.S.H.b!
Action de I,.H.W
Réponse
de l’ovaire à uneinjection
de I,.H.- chez les
poules
normales.- chez les animaux
préalablement
traitésavec P.M.S.
20 Détermination du
temps
de latencesépa-
rant
l’injection
de I,.H. de laréponse
du folli-cule ovarien.
3
0
Sensibilité du follicule en fonction de sondegré
d’évolution.II. - Ovulations induites à l’aide de la
progestérone.
III. -
Limites
de l’induction.IV. - Ovulations induites par l’acétate de
désoxycorticosté-
rone et la testostérone.
V. - Action des
oestrogènes.
B. - FACTEURS NERVEUX.
I. - Action des barbiturates.
II. - Action des
agents sympatholytiques
etparasympatho- lytiques.
III. -
Importance
de l’heured’injection.
IV. - Ponte et ovulation.
C. - ORIGINE DES
SÉRIES.
I. -
Hypothèse
de FRAPS.II. -
Hypothèse
de BASTIAN et ZARROW.- CONCLUSION.
INTRODUCTION
Une
poule ayant
uneproduction régulière pond quotidiennement
un oeufdurant 2, 3 ou
plusieurs jours
successifspuis
s’arrêtegénéralement
durant unejournée
pour recommencer saponte
durant 2, 3 ouplusieurs jours.
Fontpartie
d’une même série tous les oeufs
pondus
sansinterruption
entre deuxpériodes
de repos.
Chaque
oeuf d’une série estpondu
un peuplus
tard que l’oeufprécé- dent,
le retard ainsipris
étant essentiellement fonction de lalongueur
de lasérie. En moyenne le retard décroît
lorsque la longueur
de la série croît.Chez une
poule pondant régulièrement
l’heure d’ovulation dechaque ovocyte peut
être déduite de l’heure deponte
de l’oeufcorrespondant
à condi-tion de connaître la
longueur
de la série. D’oùapplication
de la même définition de la série aux ovulations successivesd’ovocytes. Chaque
ovulationd’ovocyte
intra série se
produit
donc comme pour les oeufs avec un certain retard d’unjour
sur l’autre.Adoptant
laterminologie
deF RAPS ,
nousappellerons
Ci lepremier
fol-licule d’une
série,
C2 ledeuxième,
etc.,jusqu’à Crr ;
le follicule Cs étant unfollicule indéterminé de la série autre que Ci.
La
plupart
des travauxayant
pourobjet
l’étude de l’ovulation ont été effectués sur des animauxspécialement
choisis pour larégularité
de leur série et maintenus dans des conditionsd’élevage telles que la ponte
dechaque
oeufde la série se fasse à une heure constante d’une série sur l’autre et déterminée à
l’avance, permettant
d’évaluer l’induction ou l’inhibition d’une ovulationen fonction de l’heure
présumée
de l’ovulation naturelle. ’ A. - FACTEURS HORMONAUXI. - Rôle des
gonadostimulines.
a)
Action de F.S.H.Cette
gonadotrophine joue
un rôle essentiel dans la stimulation de l’ovo-genèse
mais nous nerapporterons
ici que les faits serapportant
au mécanisme de l’ovulation.Le sérum de
jument gravide,
administré eninjections
sous-cutanées à la dose de 100à 200unités rat durant une dizaine dejours
amène undéveloppe-
ment
remarquable
de la grappe ovarienne mais provoqueun
arrêt total de laponte
au bout d’unjour
ou deux(BATES,
I,AHR et RIDDLE 1935, FRAPS etR IL E Y
, rg 4 2).
L’énormedéveloppement
de la masse folliculaire ainsi obtenue serait enpartie
dû à la cessation de laponte.
A des doses inférieures à cellesrapportées plus
haut lesinjections
de P.M.S. stimulentl’ovogenèse
sans ar-rêter l’ovulation.
N A I,
BANDOV et CARD
igq.6, reprenant
ces études à l’aide de F.S.H.(lé- gèrement
contaminée deL.H.) aboutissent,
dansl’ensemble,
aux mêmes ré- sultats avec des doses totales de 400à 500unités ratinjectées
au cours d’uneperiode
de 12jours. L’analyse plus précise
de laréponse
ovarienne montreque l’action de F. S. H. diffère suivant la
capacité
deponte
de l’animaltraité
au moment du traitement.
- chez la
poule
enponte
dont l’ovaire contient normalement 2 à 4 follicules de taille ovulable ou subovulable desinjections répétées
de F.S.H.provoquent
la cessation de laponte
et la maturation de nombreux folliculescapables
d’ovuler par administration de L. H. La cessation de laponte
serait due à la croissancebrusque
de ces gros follicules amenant undéséquilibre
hormonal
(Nnr,snrr D OV
etC ARD , 194 6).
- chez les
poules
mauvaisespondeuses (environ
un oeuf tous les4 jours)
il n’existe normalement pas de séries
graduées
de follicules comme chez les bonnespondeuses. L’ovaire comporte
un gros folliculeunique,
seulappelé
à atteindre une taille ovulable.
Après
l’ovulation de cetovocyte
il y a cessation de laponte
durantplusieurs jours jusqu’à
ce que le follicule suivantatteigne
une taille ovulable.
Injectée
à ces animauxF.S.H., seule,
estcapable
de provoquer une accélé- ration de laponte
se traduisant parquelques
ovulations. Peu d’ovulations étant obtenuesaprès injection
de I,.H., il semble que dans ce cas iln’y
aitpas de
grossissement
en masse des follicules pour atteindre la tailleovulable,
laquantité
de F.S.H.injectée
étant suffisante pour établir une hiérarchie de follicule similaire aux sériesgraduées
trouvées chez les bonnespondeuses.
Ce
qui expliquerait qu’il n’y
ait pas dedéséquilibre
endocrinienaprès
le traite-ment
(Nar,Bavnov
etCARD, ig46).
- chez les
poules
non enponte
dont l’ovairecomporte
des folliculestrès
petits (tous
inférieurs à i mm dediamètre)
lesinjections
de F.S.H. neprovoquent
pas laponte
comme dans le casprécédent
maisprovoquent
la maturation d’environ 4 folliculesqui peuvent
être amenés à ovuler parinjec-
tion de L.H.. F.S.H.
agit
ici sur de nombreux follicules de même taille lesforçant
à croîtresimultanément,
ungrand
nombre de folliculespouvant
at- teindre une taille ovulable en mêmetemps.
Nn!,sn:!DOV et CARD194 6
avancentque cette masse de follicules démarrés serait
endocrinologiquement
assezpuissante
pour renverserl’équilibre
hormonal etempêcher
I,.H.endogène d’agir.
Il est intéressant de noter que l’effet d’un traitement au sérum de
jument gravide
diffère suivant le moded’injection. Injecté
par voie intraveineuse le P.M.S. provoque un avancement de l’heure d’ovulation.b)
Action de L.H.Il ressort des
expériences
deF R A P S, F!vo!,D
et NEHER 1947, queparmi
les différents extraits
d’hypophyse
de coqséparés
selon la ’méthode deF!vo!D,
1943
, seule la fraction lutéinisante est
spécifique
de l’ovulation.Inj ectée
par voie intraveineuse à la dose de o,ooi mg parpoule
14 heures avant l’ovulationprésumée
deCz,
cette fraction lutéinisante provoque l’ovulationprématurée
de ce follicule chez 50 p. 100 des oiseaux traités. La fraction F.S.H.
produit
le même effet à la dose de 0,5 mg par
poule
mais une tellequantité
d’extraitcontient vraisemblablement assez de I,.H. pour conduire aux mêmes résul- tats.
L’action de I,.H. est double : cette hormone provoque d’une
part,
la désa-grégation rapide
desparois
de la vésiculegerminale
etl’expulsion
dupremier globule polaire
dans lesquatre
heuresqui
suivent soitl’injection
d’extraitd’hypophyse
depoulet
soit la libération normale de I,.H.(O LSEN ,
FRAPSet
NE H E R , 1947 )
et, d’autrepart,
la déhiscence du follicule ovarien 7 à 8 heuresaprès
le traitement ou la libération naturelle de I,.H.Annales de Zootechnie. - 1956.
1
°
Réponse
de l’ovaire à uneinjection de Préparation
lutéinisante.- chez les
poules normales,
nonprétraitées
au sérum dejument gravide
une
injection
intraveineuse d’hormone lutéinisantepeut
induire l’ovulation du follicule mûr et de luiseul, jusqu’à
17 heures avant letemps escompté
del’ovulation naturelle.
Mais une
préparation
séchéed’hypophyse
antérieure de coq Rhode Islandinjectée
par voie intramusculaire à despoules après
ovulation du follicule Ci et à destemps
variables de l’heureprésumée
de l’ovulation du follicule C2supprime
ou retarde un certain nombre de ces ovulations(F ’ anrs
etF!vo!,n, 1955
).
Les auteursrapportent
l’action de cet extrait à son contenu en I,.H.et F.S.H.
d’après
les résultatsgroupés
au tableau II. Dans ce tableau deux sortes de mesures servent de critère deréponse.
Lapremière
série de donnéesreprésente simplement
le nombre d’ovulationssupprimées,
sanségard
au destindu follicule dont l’ovulation a été inhibée. La seconde mentionne le nombre d’ovulations
qui
auraient dû seproduire
à io h 30 le lendemain du traitement etqui
se trouventsimplement
retardéesjusqu’à
6 heures lejour
suivant. Dans cetype
deretard,
le follicule dont l’ovulation a été retardée secomporte
comme le follicule Ci d’une série débutant norma-lement. Une telle ovulation est
reportée
au tableau sous la dénomina-tion « retard Ci », la colonne suivante
exprimant
lerapport R/S (retardées
sur
supprimées) exprimé
en pour cent. Il semble que l’action de deux milli- grammes de F.S.H.doive,
commeplus haut,
se ramener à l’action de I,. H.inclue dans les
impuretés
de cette fraction de F.S.H. et FRAPS et FEVOLDconcluent que F.S.H. en elle-même n’a peu ou pas d’action dans le retard de l’ovulation C2 mais
qu’elle
accroît lepouvoir
de L.H. dans ce sens.- chez les
poules préalablement
traitées au sérum dejument gravide l’injection
d’unepréparation d’hypophyse
de cheval provoque l’ovulation simultanée de nombreux follicules àpartir
de la grappe ovarienne(F RAPS
et RILEY,
1942).
Comme nous l’avons vu au
paragraphe précédent
uneinjection
de I,.H.à des
poules prétraitées
avec F.S.H. provoque uneréponse
semblable(N AL -
BANDOV et
CARD, 1946).
20 Détermination du
temps de
latenceséparant l’injection
de L.H.de la
réponse
dufollicule
ovarien.La connaissance de ce
temps
de latence est fondamentale dans la déter- mination de l’heure de sécrétion naturelle de I,.H. àpartir
de l’heure d’ovu- lation et même de l’heure deponte
chez unepoule pondant régulièrement.
- Détevmi-rzation indirecte. Le
temps séparant
uneinjection
de I,.H.de l’ovulation consécutive a pour la
première
fois été évalué chez des animauxen
ponte
parF RAPS ,
RWEV etOr.s!N,
1942, à l’aide de la méthode mise aupoint
par WARREN etScoTT,
1935. Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau et legraphique
ci-dessous.Le
temps
écoulé entrel’injection
et l’ovulation est en moyennesignifi-
cativement
plus
court et de variabilité moinsgrande
chez lespoules prétraitées
que chez les
poules
nonprétraitées, phénomène
sans doute dû à uneplus grande
maturité des follicules dans le
premier
cas.Détermination divecte. - Il ressort des
expériences
de RoTHCHm,D et FRAPS1949a! que
l’hypophyse
n’est pas nécessaire à l’ovulation dans un intervalle de 4 à 6 heures avant celle-ci. La dose de I,.H. nécessaire à la déhiscence du follicule semble donc libérée en totalité 6 heures avant l’ovulation. Ces chiffres amènent les auteurs à penser que les mécanismesprésidant
à la libération de I,.H. ontgénéralement
lieu durant les heures d’obscurité ou encore durant lespériodes
où l’animal neprend
aucun exercice.Comme nous le verrons
plus loin,
VANT IENH O V E N ,
NAr,BANDOV etN
ORTON 1954, en se fondant sur des
expériences
effectuées à l’aide de la dibé-namine, suggèrent
que le stimulus conduisant à la libération de I,.H.prend
nais-sance 8 à 14 heures avant l’ovulation. Ces chiffres ne sont pas en contra-
diction avec les
précédents
si on admet que la libération de la dose deI,.H.
nécessaire à l’ovulation s’étale sur une assez
grande période.
3
0 Sensibilité du
follicule
enfonction
de sondegré
d’évolution.FR
APS et DURY 1942,
rapportent
que lepremier
follicule(CI)
d’une série est 20 foisplus
sensible à l’ovulation parinjection
d’extraitd’hypophyse
demouton que ne le sont les follicules suivants à des
temps comparables
avantleur ovulation normale.
Reprenant
cette étude en détail BasTrArr et ZARROW 1955, ont élaboré une courbe de sensibilité des follicules CI et C2 à des
injec-
tions de Ir.H. effectuées à différents stades de leur maturité. Le deuxième follicule de la série
(C 2 )
montre uneplus grande
variabilité deréponse
auxinjections
degonadotrophine.
Ceci semble dû à la moinsgrande précision
dansla
prédiction
de l’ovulation à venir et au fait quechaque
follicule C2possède
un seuil
légèrement
différent suivant le momentdu j our
ou de la nuitqui pré-
cède son ovulation. Ces considérations
peuvent expliquer
que les chiffresexpérimentaux
sur le follicule C2 sontplus
variables que pour le follicule Ci Ces auteursrapportent qu’une injection
de I,.H. destinée à provoquerune ovulation
prématurée
dupremier follicule,
montrequ’un
état de hautesensibilité est atteint environ 24heures avant le moment de l’ovulation nor-
male. Une dose
équivalente
à 10 mg( 1 )
de I,.H. ne provoque pas l’ovulation du folliculeCi, quand
elle estinjectée
40 à 42 heures avant l’ovulation.A
3 6- 3 8 heures, cependant,
5 mg de I,.H. induisent l’ovulation et cette dose est réduite à 1,5 mg à 26-28heures,
commencement de lapériode
de sensibi- lité maximum. Cela estparfaitement
en accord avec les résultats de FRAPS194
6, qui
conclut que le fait que le follicule Ci n’ovule pasplus
tôt doit êtrele résultat d’un « manque d’excrétion d’hormone d’ovulation ». Il est
égale-
ment
possible
de conclurequ’il
y a une secrétion de l’hormone d’ovulation dans la nuitqui précède
l’ovulation mais à une dose tellequ’elle
estincapable
d’induire la
rupture
du follicule dont la maturation n’est pas assezavancée. Cela
peut expliquer
laprésence
d’unepériode
deplus grande
sensi-bilité 24 heures avant.
Le follicule C2est moins sensible que le follicule CI à une
injection de L.H :
20 heures avant l’ovulation
prévue,
le follicule Ciprésente
une sensibilité ap-proximative
de o,5 mg de I,.H. contre 4 mg pour le follicule C2. Cerapport (8
ài)
est moindre que la différence de 20foisrapportée plus
tôt par FRAPS1946.
Cette
inégalité
deréponse
des follicules Ci et C2amène les auteurs à penser que les follicules successifs d’une série sont ovulés à des stades de maturité moindre.Cependant,
si à l’aide des données de BASTIAN et ZARROW le calcul de la sensibilité est effectué non en fonction de l’heure de l’ovulationprévue
mais en fonction dutemps séparant l’injection
de l’ovula-tion
précédente,
il estpossible
de constater que la sensibilité des follicules Ci et C2 à desinjections
de L.H. estapproximativement
la même à destemps comparables.
Ces faits en accord avec les observations nonpubliées
deF RAPS ,
ROTHCHILD et NEHER etauxquelles
il est fait allusion dans lerapport
de F’xAPS i955, sont à labase,
comme nous le verronsplus loin,
de l’élaboration deshypothèses
tendant àexpliquer
la constitution des séries.( 1
) (Exprimés en préparation standard des laboratoires ARMOUR de Chicago).
II. - Ovulations induites à l’aide de la
progestérone.
L’action
de laprogestérone
sur le follicule ovariendépend
essentiellement de la voied’administration,
de l’heured’injection
en fonction de l’heure d’ovu- lationprévue
et de laplace
du follicule dans la série. C’est ainsi que les folli- cules CI et Csrépondent
defaçon
différente. Eninjection
intraveineuse laprogestérone
provoque l’ovulation du follicule Ci mais non des follicules Cs.Sous l’action d’une
piqûre sous-cutanée,
les follicules Ci et Csrépondent
tousdeux,
aveccependant
une sensibilitéplus grande
pour Ci!!’RAPS
et DuRy1943).
,Les follicules s’individualisent
également
par leurtemps
de latence. Laprogestérone
induit l’ovulation de CI entre 7 et 9 heuresaprès l’injection,
lesfollicules Cs
présentent
uneréponse
un peuplus
tardive entre 8 et m heuresaprès
l’administration deprogestérone, chaque injection
étant faite à desmoments
identiques
parrapport
à l’heureprésumée
de l’ovulation naturelle(environ
19 heuresavant)
afin que la différence deréponse
nepuisse
être im-putée
à la différence des intervallescompris
entrel’injection
et le momentde l’ovulation
présumée (F RAPS
et DURYz943)!
Le défaut de
réponse
de Cs eninjection
intraveineusepeut s’expliquer
par la
rapidité
aveclaquelle
laprogestérone
ainsi administréedisparaît
dela circulation
sanguine (F, DGAR 1953 ),
cequi
sous-entend que pouragir
surCs cette hormone doit
agir plus longtemps
sur le mécanismeprésidant
à lalibération de I,.H.
endogène.
Cetteparticularité, jointe
à la moinsgrande
sensibilité de Cs par
rapport
à Ci à une même dose deprogestérone
sembleindiquer
ici aussi que la « maturité » du follicule Ci se trouveplus
avancéeque celle du follicule Cs à des intervalles
identiques
avant l’heureprésumée
d’ovulation.
Un
prétraitement
avec du sérum dejument gravide change complète-
ment la
réponse
des animaux auxinjections
deprogestérone qui
neprovoquent plus
d’ovulation chez les animaux ainsi traités. RoTxcHmD et FRAPS 1949 b ontanalysé
le mécanisme d’action de laprogestérone
sur l’ovaire afin d’ex-pliquer
ce manque deréponse
chez les animaux traités avec le sérum deju-
ment
gravide.
Ces auteurs
prélèvent
deshypophyses
antérieures depoules prétraitées
au P.M.S. et constatent que la
capacité
de cesglandes
à induire l’ovulation est bien inférieure à celle despoules
non traitées. D’oùl’hypothèse
que la pro-gestérone agirait
par l’intermédiaire del’hypophyse.
Cetteglande
aurait nor-malement une réserve suffisante de I,.H. pour
répondre
à laprogestérone,
réserve
qui
auraitdisparue après
traitement au sérum dejument gravide.
Al’appui
de cettehypothèse,
les auteurs montrent que laprogestérone
est in-capable
d’induire l’ovulation soit des follicules Ci soit des follicules Cs chez les animauxhypophysectomisés. L’hypophyse
doit rester intacte de 2à 4 heuresaprès injection
deprogestérone
pourqu’il
soitpossible d’enregistrer
uneréponse
desfollicules ovariens. Selon Van TIENHOVEN
(i 954 )
la durée minima de stimulationhypophysaire accompagnant l’injection
deprogestérone
est de l’ordre de 1,
30 heures. Van TIENHOVEN
suggère
que la stimulation de lapituitaire
et lalibération de I,.H. ont lieu simultanément. S’il en est
ainsi,
l’intervalle entre le début de la libération de I,.H. et l’ovulation estpratiquement identique
àl’intervalle entre
l’injection
deprogestérone
et l’ovulation soit 8 heures pour le follicule Ci. L’intervalle entre le moment où la concentration de I,.H. est suf- fisante et l’ovulation est alors de6, 30 heures,
chiffre àrapprocher
dutemps
de latence d’uneinjection
intraveineuse de I,.H. destinée à induire une ovula- tionprématurée, qui
est de6, 30
à 8 heures(F RAPS ,
Rc!,!y etOisE-N, i942).
Il semble que les doses de
progestérone
nécessaires à l’induction de l’ovu- lation soient variables en fonction de facteurs nerveux. HUSTON et NAL-BA ND O
V
( 1953 )
réussissaient à provoquer l’ovulation au moyen de la pro-gestérone
chez despoules
dont la sécrétion de I,.H. avait étébloquée
par laprésence
d’un filchirurgical
dans le magnum. Les doses nécessaires furent de 0, 3
à 6 mg., doses
apparemment plus
élevées que celles trouvées par ROTH- cHiLD et FRAPS( 1949 ).
Laprogestérone agit
différemment suivant la doseemployée.
L’effet inhibiteur de la
progestérone,
décrit chez lesmammifères,
a été démontré chez lapoule.
Chez ces dernières l’inhibition de l’ovulation accom-pagne
l’injection
deprogestérone
faite à des intervalles de3 6
heures ouplus
avant l’ovulation attendue. Aux mêmes
doses,
mais à desfréquences plus répétées
que cellesprécédemment citées,
laprogestérone
induit la mue.Après
administration de 20 mg de
progestérone injectées
lentement à des dosesde o,5 mg au cours de
plusieurs jours,
laproduction
cesse au bout de deux semaines et lespoules
muentrapidement.
La diversité d’action suivant la dosea
également
été constatée chez d’autresespèces (D AUZI E P ,, O RTAVANT ,
THIBAULTet
W IN TE NB E R GE R , 1953 ).
Le même traitement effectuée enplein
hiver n’est pas efficace et ne provoque pas une muecomplète (S H AFFNER 1955).
I I I. - Limites de l’induction.
L’induction
d’ovulations à l’aide de I,. H. ou deprogestérone
acependant
une limite
qui
diffère avecchaque poule,
même chez des animaux dont les con-ditions
physiologiques
semblent à peuprès identiques.
C’est ainsi que NEHER etF RAPS ,
1950, induisent à l’aide d’extrait non fractionnéd’hypophyse
decoq séchée à l’air ou à l’aide de
progestérone
des ovulations additives à unesérie de deux oeufs. Les
injections
furent effectuées à des intervalles de 2q., 26 ou 28 heures pour
respecter
lestemps
intrasérie,
et à des heurestelles,
que l’ovulation survenant 6 à 8 heuresaprès,
se trouve à saplace
dans lasérie,
ledeuxième oeuf étant
induit,
celajusqu’à
ce que l’ovaire neréponde plus (voir
tableau) .
Suivant l’animal
considéré,
desinjections
de I,. H. ou deprogestérone
effectuées en
temps
vouluajoutent
donc l à 5oeufs à une série normale de deux oeufs.NEa!x et
F RAPS ,
1950, citentégalement
le cas intéressant d’unepoule ayant pondu
13 oeufssupplémentaires
à une série de deux oeufs. Comme le montre le tableauci-dessous,
lepoids
du vitellus va en décroissant dans lasérie, indiquant
undéséquilibre
entre la vitesse d’ovulation et celle de l’ovo-genèse, plus
vraisemblablement de lavitellogenèse, qui
fait intervenir unemobilisation considérable de matériaux.
L’injection
d’extrait lutéinisantd’hypophyse
de mouton à des doses sub- maximales provoque larégression
des follicules intra série chez lespoules qui
n’ovulent pas. Le follicule Cipeut parfois régresser
dans les mêmes condi-tions
(F R A P S
etD URY ,
1942 a, BASTIAN etZ ARRO W, ig55).
VanTIENHOVEN,
1955, a récemment montré que
l’interruption
de la libération deI,.H.,
induitepar la
progestérone, peut
provoquer l’atrésie du follicule ovulable. Cesexpé-
riences
jointes
à celles d’EvERETT etS AWY E R ,
1953, soutiennentl’hypothèse
selon
laquelle
l’atrésie serait due à une stimulationpartielle
du follicule.IV. - Ovulations induites par l’acétate.
de
desoxycorticostérone
etla]testostérone.
L’acétate
dedésoxycorticostérone
et la testostérone induisentégalement
des ovulations
prématurées
chez lapoule.
L’acétate
dedésoxycorticostérone paraît
d’une efficacitécomparable
à celle de la
progestérone.
Pour les deuxproduits,
l’intervalleséparant l’injection
de l’ovulation est inférieur à 8 heures.La testostérone a une action moindre que celle de la
progestérone
et del’acétate de
désoxycorticostérone :
letemps
s’écoulant entrel’injection
etl’ovulation est
supérieur
à 9 heures.Ceci semble
indiquer
queprogestérone
et acétate dedésoxycorticostérone peuvent agir
directement dans leforçage
de l’ovulation(l’acétate
dedésoxy-
corticostérone
peut également
être converti enprogestérone
« invivo », ZA RR OW,
H
ISAW et
B RYANS , ig5o),
alors que la testostérone subirait une conversionplus
lente en substance active. La testostérone s’individualiseégalement
ence que, dans certaines
conditions,
ellepeut
retarder l’ovulationplus
que ne lefait le benzoate d’oestradiol.
V. - Action des
œstrogènes, j 1
L’injection
intramusculaire de i à 2,5 mg de benzoate d’oestradiol parpoule,
effectuée i4à 41 heures avant l’ovulation attendue de Ci et Ià 28 heures avant l’ovulation attendue deC 2 ,
donne les résultats résumés au tableau sui- vant :Comme le montre l’examen du tableau les follicules Ci et C2 n’ont pas la
même sensibilité : le follicule C2 est
plus
sensible au benzoate d’oestradiol que le follicule Ci. Deplus,
il s’avère que l’effet del’oestradiol,
dans la sup-pression
ou le retard d’unjour
de l’ovulation des follicules Ci etC 2 ,
estindépen-
dant du
temps
écoulé entrel’injection
et l’ovulation normalement attendue.Les ovulations retardées des follicules Ci ont lieu durant les heures nor-
males de
ponte
24heuresplus
tard ou à ces mêmes heuresmultiples
de 24. Les ovulations retardées du follicule C2 seproduisent également
auxheures d’ovulation c’est-à-dire de 6 heures à 14 heures environ. La
plupart
desovulations différées ont
cependant
lieu vers 6 heuresindiquant
quelorsque
l’ovu-lation C2 est
retardée,
son follicule secomporte
comme un folliculeCi,
le re-tard étant
cependant
de r9-2o heures et non pas de 24 heures comme c’est le caspour Ci.
Le
dipropionate
d’oestradiol et lediéthylstilbestrol
ont une action compa-rable,
maisplus marquée,
à celle du benzoate d’oetradiol et leur effet différentielsur Ci et C2 est à peu
près
du même ordre que celui fourni par uneinjection
de 2à 5 mg de benzoate d’oestradiol par
poule, injectés
z4 heures avant l’ovula-tion attendue de Ci et 19 heures avant celle de C2.
B. - FACTEURS NERVEUX DE L’OVULATION
Aucun travail n’a été fait sur la
physiologie
des nerfs dusystème
nerveuxautonome innervant l’ovaire et l’oviducte.
Quelques plexus
nerveux décritspar MAUGER
( I94I )
furent localisés par STUPKIE etW E I SS ,
STURKIE( I954 ).
mais leur
position
et leur taille sont tellesqu’il
n’estpossible
de les stimuler chez lapoule
ouvertequ’après
unemanipulation
considérable deviscères,
cequi
introduit une cause d’erreurimportante.
Aussi tous les travaux se
rapportant
à l’étude de ces facteurs nerveuxfont-ils
appel
à des constatations ou à des études indirectes(lésions,
administra- tion de barbiturates ou desympathicomimétiques)
dont voici l’essentiel :RoTHCxm,D et
F R A P S,
1949a, ont montré que le taux de I,.H. nécessaire à l’ovulation était atteint 4 à 6 heures avant l’ovulation.Ainsi,
les facteursqui peuvent
être mis enjeu
soit dans la stimulation soit dans l’inhibition de I,.H. doivent exercer leur effetplusieurs
heures avant l’ovulation.Puisqu’il
ya un intervalle relativement court entre
l’oviposition
et l’ovulation consécu- tive(de
30 à 60minutes),
ilapparaît
que les événements conduisant à l’ovula- tion surviennent normalement alors que l’oeufprécédant
est encore dans laglande coquillère.
Hus’rorr et
Nn!,BavDOV,
1953, ontprouvé
que l’irritation de la lumière du magnum par l’attache d’un filchirurgical
inhibe toute ovulationpendant
une durée de 10 à 30
jours
enagissant spécifiquement
sur lerejet
de I,.Hsans interférence sur les autres hormones en provenance de
l’hypophyse
commele montrent la taille et
l’aspect complètement
normaux de l’ovaire de l’ovi-ducte et de la crête des
poules
ainsi traitées.Les auteurs ont démontré que ce fil
agissait spécifiquement
sur lerejet
de I,.H. car une
injection
de o, r mg de I,.H. à despoules
ainsi traitées provoque l’ovulation d’unovocyte.
Ce fait et la constatation que la crête de lapoule
n’est pas
atteinte,
amènent les auteurs à lagénéralisation
suivante : un certain taux de I,. H. est sécrété constamment parl’hypophyse qui, périodiquement,
relâche des
quantités
d’hormoneplus
fortes ou «ovulatory peaks
»capables
d’induire l’ovulation d’un
ovocyte
et inhibées par laprésence
d’un fil.De même la
présence
d’un oeuf dans le magnumsupprimerait neurologique-
ment ces « sommets ovulatoires »
empêchant
ainsi l’ovulation aussilongtemps qu’il
y a un oeuf dans cettepartie
de l’oviducte.Après
le passage de l’oeuf dansle
magnum, le mécanisme inhibiteur del’hypophyse disparaîtrait
etI,.H. serait sécrétée en
quantité
suffisante pour provoquer l’ovulation suivante.Après
20à 30jours
durantlesquels
lesovocytes
demeurent en étatquies-
cent et non
atrésique,
laponte reprend progressivement.
L’oviducte est de-venu insensible au stimulus du fil comme le montre le fait que l’introduction d’un nouveau fil
après
ce délai nebloque plus
laponte.
Ces travaux ont été confirmés par Van
TrU N HOVEN,
1953,qui
note desdifférences
quantitatives
dans lasuppression
de laponte
suivant larégion
du magnum où se trouvent
implantées
les boucles de fil. L’effet s’accroît avecla distance à mesure que l’on
s’éloigne
de l’infundibulum et estplus grand
dans l’isthme que dans le magnum.
L’action de ces excitants n’est
cependant
pas aussischématique qu’il
vient d’être dit. Si l’excitation est forte : introduction dans
le magnum de
maillons de
chaînette,
etc., ilpeut
y avoir au contrairesuperovulation
et fo-mation d’oeufs hardés ou
ponte
dejaunes simplement
recottverts de blanc oumême de
jaunes
nus(Huslow
etN A r,n.wnov, 1953 ).
La
présence
d’une suturechirurgicale
dans l’utérus donne naissance à laproduction
d’œufs hardés chezplus
de la moitié des oiseauxopérés,
mais l’ovula- tion continue à un taux sensiblement normal. Lejaune
nepeut
être retenu dans l’oviducte assezlongtemps
pour que la formation de l’oeufpuisse
êtreachevée
(S y xEs,
1035b). L’ovulation
est presquecomplètement
inhibée chez chez les oiseaux dont la moelleépinière
a été détruite. Al’autopsie
les ovairesdes animaux ainsi traités
présentent
un ouplusieurs
folliculesatrésiques parmi
les
plus
gros follicules de l’ovaire. Certainscependant apparaissent
totalementnormaux
(S y k E s,
i953a).
I. - Action des barbiturate!.
Chez la
poule,
contrairement à cequi
se passe chez le rat, B:!sTmN etZ
ARROW
,
1952, trouvent que le Nembutal estincapable
debloquer
l’excrétion naturelle de I,.H. mêmelorsque
la narcose est maintenue durant unepériode égale
à 12 heures(entre
10 et 22heures),
heuresprévues
de sécrétion de L.H.d’après
les résultats deponte
desjours
antérieurs.(L’intervalle
entre l’ovula-tion et
l’oviposition
étantpris égal
à 26 heures et l’intervalle entre I,.H. et l’ovulation variant de 4 à 10heures).
Le Nembutal est
également incapable
desupprimer
la sécrétion de I,.H.induite par la
progestérone
à la dose de i mg parpoule
eninjection
intra-musculaire.
- ----
Travaillant selon des vues
parallèles
FRAPS et CASE( 1953 )
trouvent unediversité
surprenante
enréponse
aux différents barbiturates.L’acide
diallylbarbiturique (Dial.), l’éthylisopropylbarbiturate
de calcium(probarbital
de calcium ouIpral)
et lepentobarbital
de sodium(Nembutal) injectés
de 12 à 16 heures avant l’ovulation normale de Ci induisent une ovu-lation
prématurée
chez unpetit
nombresignificatif
depoules
traitées.De
plus
l’acidediallylbarbiturique
et le Nembutal activentplus qu’ils
nesuppriment
la tendance de laprogestérone
à induire l’ovulation à la dose subovulatoire de 0,1 mg parpoule.
Il est à remarquer que le
phénobarbital
de sodium n’induit aucune ovu-lation
prématurée
dans les conditions de cetteexpérience.
Comme nous leverrons, son action est inhibitrice et essentiellement modifiée par l’heure d’in-
jection
parrapport
à l’heure de l’ovulation attendue.En outre, le
phénobarbital
de sodiumbloque
les ovulations du follicule Cr Iinduites par
injection
soit deprogestérone,
soit d’acétate dedésoxycorticosté-
rone soit de testostérone à la condition que
l’injection
de ces hormones suive de 30 à 40 minutes l’administration du barbiturate.Ces nombreuses observations viennent à
l’appui
del’hypothèse
selonlaquelle
l’ovulationprématurée accompagnant
l’administration de barbi- turatesagissants, provient
d’une excitationneurale,
secondaire d’unphéno-
mène de
dépression,
affectant par un mécanisme humoral la libération de L. H.à
partir
del’hypophyse
antérieure(F RAPS
etCASE, r 953 );
la meilleure preuve étant constituée par la diversité deréponse
aux différents barbiturates.La «
composante
neurale n incluse directement dans la sécrétion de I,.H.réside
probablement
dansl’hypothalamus,
mais l’influence des autres centrespeut
vraisemblablementjouer
un rôle dans laréponse
finale del’hypotha-
lamus lui-même
(HA RRI S, 1952).
II. - Aet,ion des
agents s 5 mpatliolytiqnes
etparasympatholytiques.
« ,
Des études avec le
lapin
ont montré que lesagents antiadrénergiques
dela
série haloalkylamine (Dibenamine,
SKF5 oi)
et certainsagents
anticholi-nergiques (atropine
etbanthine) bloquent
le stimulusréflexogène
del’hypo- physe
s’ils sontinjectés
par voie intraveineusequelques
fractions de minutesaprès
le coït(S AWY E R ,
MARKEE etcol.,
1949, 1951,1952).
Cesagents
sontégalement
effectifs dans leblocage
de l’activationspontanée
del’hypophyse
chez les rats
cycliques. (!vEx!’rT,
1952 ; EVERETT etSawy!x,
1950,1953).
Chez la
poule
ZARROW et BASTIAN( 1953 )
trouvent que le SKF 5oi et le sulfated’atropine bloquent
l’ovulation du folliculeCi,
que cette ovulation soit naturelle ou induite par laprogestérone.
L’action deblocage
de ces deux pro- duits sembleindiquer
ici aussi l’existence d’un mécanisme neural à compo- santesadrénergiques
etcholinergiques
et que laprogestérone agit
surl’hypo- physe
antérieure par voie nerveuse.Van TIENHOVEN et Nn!,snNVOV
( 1954 ),
enemployant
lepremier
oeuf(Ci) d’une
série chez unepoule pondant régulièrement,
montrent que la di- benamine estcapable
debloquer
les ovulationsspontanées
aussi bien que celles induites par laprogestérone.
Les auteurs en concluentqu’une composante adrénergique
est mise enjeu
dans les ovulationsspontanées
aussi bien queprovoquées
par laprogestérone (tableaux
XVI etXVII).
Ladibenamine, bloque beaucoup
mieux l’ovulationspontanée lorsque
soninjection
a lieu 14 heures avant l’ovulation. Son action estprogressivement
moins efficace à 10,8,
6 et 4 heures avant l’ovulation avec une anomalie à 12 heures(taux
deblocage plus bas).
Le fait que leblocage
leplus
effectif ait lieu à 14heuressuggère
auxauteurs que le stimulus aboutissant à la sécrétion de I,.H. et à l’ovulation
peut
avoir lieu environ 14 heures avant larupture
du follicule.III. -
Importance
de l’heured’injection.
La
singularité
duphénobarbital
desodium,
liée à la constatation que ceproduit
inhibe defaçon
effective les ovulations induites par laprogestérone lorsqu’il
estinjecté
14 heures au moins avant l’ovulation CI et 40 p. 100 des ovulations C2quand
il estinjecté
9 heures avant l’ovulationC 2 ,
amenaF
RAPS et CONNER à
approfondir
son action en fonction de l’heured’injection
par
rapport
à l’heure d’ovulation attendue(F RAPS , 1955 )
et à la résumer dans le tableau suivant :Cette action du
phénobarbital
de sodiumpeut
difficilement être associée à unesuppression
de sécrétion de I,.H.puisque,
comme nous l’avons vu, la sécrétion de L.H.précède
l’ovulation de 7 à 8 heures(F I ta P S,
RILEYetOI,s!N, I94z
)
ou de 8 à 14 heures(Van TIENHOVEN,
NAI,BANDOV etNO R T ON I954.!·
Il semble
plus
vraisemblabled’admettre,
devant sasélectivité,
que lep hé - nob
arbital
de sodiuminterrompt
ousupprime
les processus de maturationfolliculaire.
Pour tester cette
hypothèse,
FRAPS etC ONN E R ,
1954, étudient l’action des barbiturates etd’agents anticholinergiques
etantiadrénergiques
admi-nistrés
3 8
heures avant l’ovulation CI attendue.I ,
a
signification
de ces résultats devientapparente
si l’on compare les effets des mêmesagents après
administration 14 heures avant l’ovulation attendue c’est-à-direaprès
uneinjection
destinée à affecter lacomposante
neurale du mécanismespécifique
de libération de I,.H.La
suppression
de l’ovulation Ci par les barbiturates etagents bloquants injectés 3 8
heures avant l’ovulation attendueindique
presque certainement leblocage
de mécanismes nerveux contrôlant un processus essentiel de lapé-
riode
précédant
l’ovulation. I,asuppression
directe de L.H.paraît
en effetimprobable.
FRAPS et Cox:!!x( 1954 ) suggèrent
que l’activité nerveuse enquestion
contrôle la sécrétion de l’hormone(ou hormones) hypophysaire
nécessaire au fonctionnement du follicule ovarien en cours de maturation.
Afin de
préciser
ces résultats et de déterminer la durée de stimulationhypophysaire
durant l’induction de l’ovulation à l’aide de laprogestérone,
Van
T WNHOV E N ,
1955,reprend
cesexpériences
eninjectant
la dibénamineou