ÉTUDE DE L’AJUSTEMENT DE LA CONSOMMATION
SPONTANÉE D’ÉNERGIE EN FONCTION DE L’APPORT
AZOTÉ CHEZ LE RAT EN CROISSANCE
A. RÉRAT Y.HENRY
G. ROUZET, Yvonne DANIEL, Françoise HOULIER Marie-Claire THERON
Station de Recherches sur
l’Elevage
des Porcs,Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
La consommation
spontanée d’énergie
chez le Rat en croissance a été étudiée en distribuant,dans deux
mangeoires
séparées, unrégime protéique
enquantité
fixe et unrégime protéiprive
offertad libitum. Trois sources azotées
d’origine
connue(farine
depoisson
deNorvège,
tourteau d’arachide d’extraction, gluten deblé)
ont été utilisées, chacune à 3 niveaux( 0 ,6,
1,2et 1,8 g deprotéines
parjour), au cours d’une série
d’expériences
portant sur des lots de 8 à 12rats blancs de souche Wistar.Lorsque
le besoin azoté pour une croissance maximum n’est pas couvert, la consommationspontanée d’énergie
augmente avec le niveau azoté ; à un niveau azoté donné, elle est d’autantplus
élevée que la source azotée est de meilleure
qualité.
Le rapporténergie /azote
diminuelorsque
laquantité
d’azote administrée augmente oulorsqu’on
utilise une source azotée de valeurbiologique
moindre. Dans tous les cas, l’accroissement de la consommation
d’énergie
entraîne une amélioration de la croissance, de l’indice de consommation, des rétentions azotée eténergétique
Quels
que soient le niveau azoté et la nature de la source azotée,l’ingestion
de calories est propor- tionnelle aupoids
élevé à unepuissance
fixe(voisine
de o,5 dans l’intervalle depoids
6o-15og) ;
elle est
également proportionnelle
à laquantité
d’azote retenue dans les tissus. Enfin, à unpoids
donné, lacomposition corporelle
est la mêmequelle
que soit la nature de la source azotée. Ces obser- vations confirment l’existence d’unphénomène d’ajustement
de la consommationd’énergie
en fonc-tion de
l’impulsion
de croissancepermise
par lesprotéines qui
constituent dans le cas présent lefacteur limitant.
INTRODUCTION
L’étude
de la consommationspontanée
d’éléments azotés eténergétiques
par la méthode du librechoix,
chez le Rat encroissance,
apermis
de montrer que cedernier est
incapable d’ajuster
soningestion
azotée au niveau de sonbesoin ;
parcontre, sa consommation
d’énergie
est en relation constante avec lepoids
aux diffé-rents stades de la
croissance, quelle
que soit la nature de la source azotée(HENRY
et
RE R AT, 19 6 3 ).
De leurcôté,
CALET et al.( 19 6 1 )
ont observé que,lorsque
lepoulet reçoit,
en deux repasséparés,
unequantité
limitée d’uneprotéine
de nature variableet des éléments
énergétiques
adlibitum,
ilingère
unequantité d’énergie
variableselon la nature de la source azotée.
Compte
tenu de cesobservations,
nous avons réalisé une séried’expériences
sur le Rat dans le but d’étudier l’évolution de la consommation
spontanée d’énergie,
selon que l’on fait varier la
quantité
deprotéines
administrées et la nature de cesdernières.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Une série
d’expériences,
portant sur l’administration séparée et simultanée d’éléments azotés enquantité
limitée et d’élémentsénergétiques
à volonté, a été réalisée sur des rats de souche Wistar CF,mâles et femelles,
pris
au sevrage et élevés en cages individuelles Selon lesexpériences,
ils’agit
defaire varier le niveau de
l’apport
azoté et /ou la nature de la source azotée. A cet effet, trois sourcesazotées de
qualité
différente sont utilisées : une farine dehareng
deNorvège,
un tourteau d’arachided’extraction et un gluten de blé, dont les
caractéristiques
ont étéprécisées
dans unepublication
antérieure, de même que lacomposition
du régimepréexpérimental
à base de caséineauquel
sontsoumis les animaux avant le début de
l’expérience (HENRY
et RERAT,19 6 3 ).
Deuxexpériences préliminaires
ont d’abord été tentées pour déterminer les conditions del’expérimentation ;
une sériede 5 expériences
a été ensuite réalisée.Expériences prélimznaires
1. -
Expérience
Pl.Une
première expérience préliminaire
a pourobjet
depréciser
les conditionsd’application
dela méthode d’administration séparée des repas azoté et non azoté. Il
s’agit
enparticulier
de fixer laquantité
de matières azotées à distribuerchaque jour, quantité qui
doit être inférieure à cellequi
assure la croissance maximum. En effet, l’étude de la relation entre la consommation
d’énergie
etl’apport
azotéimplique
que l’azote soit utilisé comme source de matière azotée pour la croissance et l’entretien, cequi
n’estplus
le cas dès que l’on seplace
au-dessus du niveaucorrespondant
à lacroissance maximum.
30rats mâles
reçoivent pendant
3jours
unrégime préexpérimental
à base de caséine. Pendant les 3jours
suivants on leur distribue simultanément, dans deuxmangeoires séparées,
d’un côté de la farine depoisson
à l’état pur(P),
de l’autre unrégime protéiprive (E)
à base de sucre, huile, cellulose,minéraux et vitamines, dont la
composition
a étérapportée
dans unepublication précédente (HENRY
et RERAT,
19 6 2 ).
On laisse la consommationspontanée
s’établir d’une manièreprogressive
et à l’issuede cette
période
on constate que les animauxingèrent
librement en moyenne 5,1g deprotéines
et 18,
2 g de matière sèche par
jour,
soit 28 p. 100deprotéines
par rapport à la matière sèche.3lots
homogènes
de io animaux sont alors constitués etreçoivent quotidiennement pendant
34
jours,
en deux repasséparés :
unequantité
fixe deprotéines
depoisson,
sensiblement infé- rieure à celleenregistrée
au cours de lapériode préexpérimentale,
soit 4, 3 et 2 g selon les lots,- le
régime protéiprive
E à volonté.De même que dans les
expériences qui
suivent, les consommations individuelles de nourriture sontenregistrées quotidiennement
et les animaux sontpesés
deux fois par semaine. La consommation spon- tanéed’énergie
estexprimée
en calories totales,d’après
les coefficients d’ATWATERet BRYANT( 1903 ).
Les animaux sont sacrifiés à la fin de
l’expérience
et leurs carcasses sontanalysées
suivant une techni-que
qui
adéjà
été exposée, de même que les modalités du calcul de la rétention azotée et de la rétentionénergétique d’après
les résultats de lacomposition corporelle
au début et à la fin del’expérience (HENRY
et RERAT,1963).
m. -
Expérience
P2.Une deuxième
expérience préliminaire
a pour but de déterminer dansquelle
mesure l’utili-sation des matières azotées est modifiée selon que la source azotée est
apportée complètement séparée
du
régime protéique
ou en combinaison avec une fraction de ce dernier. Il a été constaté en effet quele rat,
qui
s’habitue très vite à ce mode d’alimentation,ingère
la totalité du repas azoté et unepartie
seulement du repas non azoté sitôt leur distribution, le
complément
del’énergie
étant consomméau cours de la nuit ; il en résulte un
décalage possible
dans le temps entrel’ingestion
des éléments azotés et celle des élémentsénergétiques.
Dans ces conditions, et à la suite des observations de GEIGER( 194
8),
on peut se demander si l’administration simultanée de l’azote et d’une fraction del’énergie
n’entraîne pas une meilleure utilisation de l’azote, par suite d’une action
d’épargne
del’énergie
surl’azote. Deux lots de 12 rats
( 7
mâles et5 femelles)
sont ainsicomparés,
recevant 1,2 g de pro- téines depoisson
par jour :- soit à l’état pur
(lot P),
- soit sous forme d’un
régime
constitué parparties égales
de la farine depoisson
et du régime pré-cédent
(lot
PE).Dans les deux cas, le
régime protéiprive
est administré à volonté. La durée del’expérience
estde 8 semaines.
Expérini ces
1 à VCinq expériences
successives sont réalisées, basées sur le mêmeprincipe
de l’administrationséparée
d’un repasprotéique
enquantité
limitée et d’un repasprotéiprive
ad libitum. Lerégime protidique
est constitué d’une des 3sources azotées considérées : farine depoisson
deNorvège,
tour-teau d’arachide,
gluten
de blé, et est donné enquantité
fixe àchaque
animal, mais à 3niveaux pour chacune des 3 sources azotéesenvisagées (respectivement
o,6 - 1,2 et 1,8 g de matières azotées parjour,
soit 96, 192 et 288 mgd’azote).
Cesquantités
ont été choisiesd’après
les résultats de lapremière
expériencepréliminaire,
cellesprimitivement
fixées (2, 3 et 4 g) s’étant avérées excessives.A la suite de la deuxième
expérience préliminaire,
chacune des sources azotées est administréeconjointement
avec une fraction durégime protéiprive,
de tellefaçon
que le taux deprotéines
soitcompris
entre 35et 40 p. 100pour les trois sources azotées. Lacomposition
desrégimes
a étéindiquée
dans une note
préliminaire (HENRY
et RERAT, 1962).Un lot témoin recevant 1,2 g de
protéines
depoisson
parjour
est reconstitué d’uneexpérience
à l’autre afin de s’assurer de la
reproductibilité
des résultats et de comparer ainsi lesexpériences
entre elles.
Les deux
premières expériences
ont durérespectivement
r4o et 125jours,
afin d’étudier l’évo- lution de la consommationd’énergie
en fonction de l’âge de l’animal. La durée desexpériences
sui-vantes a été de 8 semaines.
Les calculs
statistiques
ont été effectués suivant la méthoded’analyse
de variance et pour lacomparaison
des moyennes, dansl’expérience
IV, le test de KEULS-NEWMAN(SNEDECOR, 195 6)
a été utilisé.
RÉSULTATS
EXPÉRIENCE PRÉLIMINAIRE Pl
Les résultats
généraux
de lapremière expérience préliminaire P l
sontrapportés
dans le tableau i. Le
gain
moyenjournalier,
la consommationd’énergie
et la réten-tion azotée
augmentent
linéairement avec laquantité
d’azote administrée. Si l’onrapporte
ces données àl’apport azoté,
on obtient des valeurscorrespondant
aucoefficient d’efficacité
protidique (C.
E.P.),
à laquantité
de calories par gd’azote,
et au coefficient d’utilisation
pratique
de l’azote(C.
U.P.) : d’après
leséquations
derégression correspondantes,
la valeur de ces critères relativement àl’apport
azotédiminue
lorsque
celui-ci s’élève. Par contre, la rétentionénergétique augmente
avecle niveau
azoté,
tant en valeur relative parrapport
àl’ingestion d’énergie qu’en
valeur absolue. Ces
phénomènes opposés
sont dus au fait que la consommationd’énergie
croît moins vite que la consommation deprotéines;
il en résulte que lepourcentage
deprotéines
dans la ration sèche passe de 13 à 21 p. 100lorsqu’on
double la
quantité
d’azote. De même que la rétentionénergétique,
l’indice de consom-mation est amélioré
lorsque
les ratsreçoivent davantage
d’azote.L’examen
des résultats decomposition corporelle
fait ressortir unegrande
similitude d’un lot à
l’autre, malgré
des variations relativementimportantes
dansle
poids
des animaux en find’expérience.
EXPÉRIENCE PRÉLIMINAIRE P2
Les résultats de la deuxième
expérience préliminaire
sont donnés dans le tableau 2.Quel
que soit le critèreenvisagé,
il n’existe pas de différencesignificative
entre les deux lots P et
PE,
et ceci pour les animaux des deux sexes.Cependant
lesdifférences,
si elles ne sont passignificatives,
vont toutes dans le même sens et il semble que l’administration de la farine depoisson
enmélange
avec une fractiondes éléments
énergétiques
ait tendance à provoquer une amélioration de la crois-sance et de la rétention
azotée,
alors que la consommationd’énergie
est la même.Il est
possible qu’il
existe une certaine actiond’épargne
de l’azote parl’énergie.
Il est à noter une influence
marquée
du sexe sur les résultats de croissance et deconsommation ;
les mâles se révêlent à touspoints
de vuesupérieurs
aux femelles.Par contre, la
composition corporelle
est la même dans les deux cas.EXPÉRIENCES I à V
A. - Résultats
généraux
de croissance et de consommation1 0
)
Résultatsaprès
i4ojours (expérience 1 ) et
125jours (exPérience m) :
Les
expériences
1 et II ont été réalisées sur despériodes
relativementlongues, respectivement
Iqo et 125jours ;
les résultatscorrespondants
sont rassemblés dans le tableau 3. On remarque que pour lepoisson,
comme pourl’arachide,
la vitesse de croissanceaugmente
linéairement avec laquantité
deprotéines, lorsque
cettedernière passe de
o,6
g à1 ,8
g parjour,
alors que laquantité
de caloriesingérées spontanément
atteint une limitesupérieure
entre I, 2 etI ,8 g de protéines.
En valeur rela-tive,
leno mbre de caloriesingérées
par g d’azote diminuelorsque
le niveau azoté s’élève.En ce
qui
concerne le C. E. P. et le C. U.P.,
l’évolution est différente pour les deux sources azotées. Dans le cas dupoisson,
on obtient une décroissance linéaire de ces deux coefficients entreo,6
eti,8
g deprotéines
parjour ;
dans le cas de l’ara-chide,
les mêmes coefficientsaugmentent jusqu’à
un maximum entre 1,2 etI ,8
g deprotéines
parjour.
1,a rétention
énergétique
et l’indice de consommation sont améliorés dans les deux caslorsqu’on
accroîtl’apport
azoté.Il convient de remarquer que les différences constatées à l’issue de
périodes
aussi
longues s’estompent,
en raison de lapart
accrue de l’entretien dans le besointotal,
mais elles demeurentsignificatives
aux niveaux considérés.2
°)
Résultatsaprès
8 semaiues.La durée des
expériences
suivantesayant
été fixée à 8semaines,
nousprésentons
dans les tableaux q., 5, 6 et 7 les résultats de croissance et de consommation à l’issue de cette
période.
Ces expériences
réalisent dans letemps
un schéma factoriel danslequel
on autilisé trois sources azotées à trois niveaux. Les résultats obtenus traduisent ainsi l’influence de l’un et l’autre de ces deux facteurs sur la consommation
spontanée d’énergie
et l’utilisation des matières azotées pour la croissance.a) Infittence
du niveau azoté(expériences I, II,
III etV).
- L’évolution des résultats de croissance et de consommation est illustréegraphiquement
dans lafigure
i. Pour chacune desprotéines étudiées,
l’élévation du niveau azotéjournalier
entraîne une amélioration de la vitesse de croissance et de la consommation
d’énergie,
ce
qui
se traduit au niveau del’organisme
par une rétention accrue d’azote et d’éner-gie.
D’une manièregénérale,
laréponse
est linéaire pour ces différents critères.A
partir
deséquations
derégression correspondantes (tableaux
4, 5 et7 ),
ondéduit l’évolution du
rapport énergie/azote
et des critères d’efficacité azotée(C.
E. P.,C. U.
P.).
Ainsil’équation
donnant laquantité d’énergie ingérée
en fonction de laquantité
d’azote consomméecomprend
un terme constant relativement élevé(voisin
de
30 ).
Parexemple,
dans les lotspoisson
del’expérience
V(tableau 7 ),
la consomma-tion
journalière
de calories(I)
est donnée par la formule :l =
38,3
+82, 1
N(quantité
d’azotecomprise
entre 0,1 et 0,3g/j).
Il en résulte
qu’en
valeurrelative, lorsque
laquantité
d’azote administrée passe de o,z à o,3g/j,
lerapport énergie/azote qui,
dans le casprésent
s’écrit :8 2 , 1
-!-3 8, 3/ N,
varie dans des limites considérables
(entre q8 3
et 219 dansl’exemple choisi).
Il estd’autant
plus
élevé que le ratingère
moinsd’azote ;
ceci seconçoit parfaitement
enraison de la
part
accrue del’énergie
utilisée pour l’entretien. De la mêmefaçon,
lepourcentage
deprotéines
dans la ration sècheaugmente
avec le niveauazoté,
maismoins
rapidement
que ce dernier.Les
équations
donnant legain
depoids
et laquantité
d’azote retenue en fonctiondu niveau azoté
(tableaux
4, 5 et7 ) comprennent
un terme constant dont la valeur estnégligeable
parrapport
au terme variable. Par voie deconséquence,
le C. E. P.et le C. U. P.,
qui
sont les valeurscorrespondantes exprimées
relativement àl’azote,
varient dans des limites assez étroites. Parexemple,
si l’on considère de nouveaules lots
poisson
del’expérience V,
legain
depoids
et la rétention azotée sontexprimés
par les relations :
gain moyen/j (g)
= o,2j -1-1 , 7 6 (N
X6, 25 ) (g/j)
N retenu,
mg/j
= -2 ,8
-!- 0,37 N(mg/j).
Les valeurs
correspondantes
du C. E. P. et du C. U. P. sont alors :C. E. P. =
1 , 7 6
+0 , 25/ (N
X6, 25 ),
pour desquantités
deprotéines (N
X6, 25 ) comprises
entreo,6
et1 ,8 g/j.
C. U. P. = 37 -
2 ,8 0/ N,
pour desquantités
d’azote(N) comprises
entre9 6
et 288
mg/j.
D’autre
part,
l’évolution de ces deux coefficients n’est pas la même pour les 3 sources azotées. Dans le cas de la farine depoisson,
le C E. P. et le C. U. P. sontmaximum entre
o,6
et 1,2 g deprotéines
et diminuent ensuite. Avec le tourteaud’arachide,
aucontraire,
ilsn’atteignent
leur valeur maximumqu’entre
1,2 et1
,8
g deprotéines ;
avec legluten
de blé, on obtient uneréponse qui
reste linéairedans les limites considérées.
De même que la rétention
azotée,
la rétentionénergétique
croît en valeurabsolue avec le niveau
azoté ;
mais en valeur relative parrapport
àl’énergie ingérée,
elle
augmente également
d’une manièresignificative,
alors que le C . U. P. a atteintsa valeur
optimum.
De la mêmefaçon,
l’indice de consommation diminuelorsque
le niveau azoté s’élève.
b) Influence de
la nature de la source azotée(expériences
IV etV).
- La com-paraison
des 3 sources azotées à niveau constant( 1 , 2
g deprotéines
parjour)
a étéfaite dans
l’expérience
IV. L’influence de la source azotée estsignificative
au seuil0 ,
01 pour l’ensemble des critères
(tableau 6)
et les résultats obtenus sur les animaux mâles et sur les animaux femellespermettent
de classer lesprotéines
dans l’ordre dequalité
décroissante : farine depoisson,
tourteaud’arachide, gluten
de blé. Pourune
quantité
d’azotedonnée,
la consommationd’énergie
et la vitesse de croissance sont d’autantplus
élevées que la source azotée est de meilleurequalité ;
il en estde même des
quantités
d’azote etd’énergie
retenues dans la carcasse.L’évolution
des critères d’efficacité azotée(C.
>!. P., C. U.P.)
en fonction du niveaud’ingestion
estcaractéristique
de chacune des sources azotées. Ainsi la valeur maximum du C. U. P., dans les limitesd’ingestion
considérées( 0 ,6
à1 ,8
g de pro-téines par
jour)
est, pour la farine depoisson,
3c!,2o, pour le tourteaud’arachide,
21, 27
, et pour le
gluten
deblé,
15,44; deplus,
ce maximum est atteint d’autantplus rapidement
que la source azotée est de meilleurequalité.
Dansl’expérience
V, lafarine de
poisson
se révèle de la mêmefaçon supérieure
au tourteau d’arachide aux3 niveaux étudiés
(tableau 7 ).
c) Influence
du sexe. - I,’utilisation d’animaux mâles et femelles dans lesexpériences
III et IV apermis
d’étudier l’inHuence du sexe sur les résultats de croissance et de consommation(tableaux
5 et6).
D’une manièregénérale,
les mâlessont
supérieurs
aux femelles, mais les différences ne sont pastoujours significatives ;
de
même,
le sens de l’interaction entre le(ou les)
traitements étudiés(source azotée,
niveau
azoté)
et le sexe varie selon les critères. A ceteffet,
il convient de remarquer que :- les animaux des deux sexes
réagissent
de la mêmefaçon lorsque
l’on faitvarier la
quantité
d’azote ou la nature de la sourceazotée ;
- l’influence du sexe est d’autant
plus
nette que lerégime
est mieuxéquilibré.
Ceci se
conçoit
aisémentpuisque
les mâles sont alorssusceptibles
de mieux exté- rioriser leurspotentialités
de croissance. Parexemple,
dansl’expérience IV,
l’écart relatif entre mâles et femelles est inférieur à 10 p. 100 dans les lots recevant du tourteau d’arachide ou dugluten
deblé,
alorsqu’il
est de z5 p. 100dans le lot rece-vant de la farine de
poisson.
Demême,
dansl’expérience III,
utilisant legluten
de
blé,
il n’existe pas de différencesignificative
entre les mâles et les femelles.d) Rep y oductibiLité
des résultats. - Lacomparaison
d’uneexpérience
à l’autredes lots témoins recevant 1,2 g de
protéines
depoisson
parjour
fait ressortir unegrande
constance dans lesrésultats,
cequi
est d’autantplus remarquable
que les5
expériences
ont été réalisées à desépoques
différentes : dans ceslots, le gain
moyenjournalier
varie dans les limites de 2,32 àa, 5 6
g, soit une marge de variation deio p. 100
seulement ;
de même la consommationjournalière d’énergie
restecomprise
eentre 51,9 et 55,1 calories. On
peut
faire la même constatation pour les autres lotsreprésentant
larépétition
des traitements dans letemps. Ajoutons
à cela que les courbes montrant l’évolution des différents critères en fonction de laquantité
de
protéines, qu’il s’agisse
dupoisson
ou del’arachide,
sesuperposent parfaitement
d’une
expérience
à l’autre(fig. i).
B. -
Évolution
des critères au cours de la croissanceLa durée des
expériences
1 et II a étéportée respectivement
à 140et r25jours
de manière à suivre la consommation
spontanée d’énergie
chez le rat tout aulong
de sa croissance. A cet
effet,
il a étéprocédé
à undécoupage
de lapériode
totaleen
périodes
de 14jours ;
pour chacune de ces dernières a été établi un tableau de résultats individuels par critère :gain
moyenjournalier, énergie ingérée
parjour,
indice de
consommation,
coefficient d’efficacitéprotidique,
caloriesingérées
par gd’azote, pourcentage
deprotéines
dans la matière sèche. Les valeurs moyennes de ces différents critères au cours despériodes
successives sontreprésentées graphi- quement
dans lafigure
2.1 0
)
L’itesse de croissance.Les courbes de croissance des lots
poisson,
arachide etgluten
desexpériences
I,II,
III et IV sontrapportées
dans lafigure
3. Lesgains
depoids correspondants
parquinzaine
sont maximum dès les deuxpremières quinzaines
et diminuent ensuiteprogressivement
au fur et à mesure de lacroissance,
de même que leurs écarts d’un lot à l’autre(fig. 2 ). L’ajustement
de ces courbes de croissance suivant la méthodepréconisée
par BRODY(i 945 ),
FORBES et RAO( 1959 ),
conduit à l’obtention de rela- tions dutype :
t étant le nombre de
jours depuis
le début del’expérience,
P lepoids
des animauxen g, A le
poids
maximum àl’âge
adultequi
a été fixé à 500 g par observation surla souche
utilisée,
b et k des constantesajustées
par la méthode des moindres carrés.L’étude de la
régression
delog ( 500 - P)
sur t donne une série de droites derégression
(fig. 4 )
dont leséquations
sontrapportées
dans le tableau8 ;
le coefficient de corré- lation est dans tous les cas très voisin de l’unité.Ces relations
peuvent également
s’écrire sous la formeexponentielle.
Parexemple,
la croissance des animaux du lot
poisson
recevant1 ,8 g
deprotéines
parjour,
dansl’expérience
I, estreprésentée
parl’équation :
qui peut
s’écrire :ou,
après
transformation enlogarithmes népériens :
d’où la relation
exponentielle :
La constante b = 425
représente
lecomplément
à 500 dupoids
initialpuisque, pour
t = o, P = 500- b.Chaque
courbe de croissance est ainsi caractérisée par une valeur définie du coefficient k.La vitesse de croissance
dP/dt
autemps
t est obtenue en différenciantl’équa-
tion
(
:De
même,
en différenciantl’équation ( 2 ) :
soit :
En
définitive,
la vitesse de croissancepeut
être considérée comme une fonctionexponentielle
dutemps
t(équation 4 )
ou une fonction linéaire dupoids
P autemps
t(équation 5).
2
°)
Consommationd’énergie, rapport calovies/azote, protéines p.
100matière sèche(fig. 2 ) :
1La consommation
d’énergie
parquinzaine augmente régulièrement
avecl’âge,
mais au bout d’un certain
temps,
elle atteint unplateau,
d’autantplus rapidement
que l’intensité de la croissance est
plus
forte. Parexemple,
dans le cas de la farine depoisson,
ce maximum est obtenupratiquement
dès lacinquième quinzaine
pouri,8
g deprotéines
parjour,
et à la huitièmequinzaine
seulement pouro,6
g deprotéines
par
jour.
L’évolution
est la même en cequi
concerne le nombre de calories par gd’azote, qui augmente
avec laquantité
deprotéines ;
pour unequantité
deprotéines
donnée(
1 ,
2 g),
il estégalement plus
élevé avec lepoisson qu’avec
l’arachide. Il est inté- ressant de noter que les ratscomposent
desrégimes
dont la teneur enprotéines
nevarie
pratiquement plus
àpartir
de lacinquième quinzaine.
3 0
)
Indice de consovnmation(fig. 2 ) :
1L’indice de consommation évolue dans le sens inverse du
gain
moyenjournalier ;
à un
âge donné,
ilaugmente lorsque
laquantité
d’azote diminue.4
°) Coefficient d’efficacité protidique :
L’évolution
du C. E. P. se déduitégalement
de celle dugain
moyenjour- nalier ;
d’une manièregénérale,
les variations en fonction du niveau azoté sont les mêmes aux différents stades de la croissance. Dans le cas dupoisson,
le C. E. P.est maximum dès la deuxième
quinzaine, puis
décroîtrégulièrement ;
les valeurs lesplus
élevées sont obtenues au niveau azoté leplus
faible( 0 ,6 g).
Dans le cas del’arachide,
le C. E. P. estégalement
maximum entre la deuxième et la troisièmequinzaine,
mais sa valeur estpratiquement
la même aux trois niveaux azotés tout aulong
de la croissance.Par
ailleurs,
il estpossible
de calculer le C. E. P.d’après
leséquations
donnantla vitesse de croissance
(dP/dt)
en fonction dutemps
ou dupoids (tableau 8).
Parexemple,
dans le cas de la farine depoisson,
on obtient leséquations
suivantes :En fonction du temps t En fonction du poids P
à 1,8 g de protéines/j jj C.1!!.1’. = 2,!t8 e-O,Olo5t C.E.P. = 2,92 - 0,0058 P 1,2 g de protéines /j C.E.P. = 2,03 - e-O,0058t C,E,p, = 2,f.2 - 0,0048 P 0,6 g de protéines/j C.E.P. = 2,08 . e-°>°°29t C.E.P. = 2,42 - 0,0048 P
De
même,
dans le cas du tourteau d’arachid e :à 1,8 g de protéines/j C.E.P. = 1,38 e-°,°°591 C.E.P. = 1,64 - 0,0033 P 1
,
2 g de protéines/j C.E.P. = 1,30 . e-O,Oo37t C.E.P. = 1,54 0,0031 P 0,6 g de protéines/j C.E.P. = 1,07 e-O,Oo15t C.E.P. =1,25 - 0,0025 P
Comme on
peut
le constater, la diminution du C. E. P. suit une allure expo- nentielle en fonction dutemps
et une allure linéaire en fonction dupoids ; d’autre
part,
cette diminution du C. E. P. est d’autantplus rapide
que le niveau azoté estplus
élevé et la source azotée de meilleurequalité.
Notons que les termes constants de
<!P/!
varientpratiquement
dans les mêmesproportions ( i : 2 : 3 )
que le niveauazoté ;
c’est cequi explique
les faibles varia- tions du C. E. P. en fonction du niveauazoté,
au mêmeâge
ou à unpoids
défini.C. - Relation entre la consommation
spontanée d’énergie et
lepoids
I,’analyse
détaillée des tableaux de résultats à 8 semaines montrequ’à
niveaude croissance
égal,
la consommationspontanée d’énergie
est la mêmequels
que soientl’origine
de la source azotée et sonniveau ;
c’est le cas des lots «poisson-o,6
»,«
arachide-1,2
» et «arachide-1,8
». Deplus,
dans ces deux dernierslots,
les consommationsd’énergie
sont à tout moment les mêmes pour des vitesses de crois-sance
qui
sontégalement identiques (fig. 2 ).
Onpeut
donc supposerqu’il
existe unerelation étroite entre
l’ingéré calorique
et le niveau de croissance. A ceteffet,
dans uneprécédente publication (HENRY
et RERAT,m!62),
il a étéprocédé, après
transforma- tionlogarithmique
desdonnées,
à l’étude de larégression
del’ingestion journalière d’énergie (I)
sur lepoids
moyenpondéré (P)
par animal et parquinzaine,
dans unmême intervalle de
poids (6o-i 5 o g)
pour les différents lots. Une séried’équations linéaires,
de la forme :log
1 = a -+- blog
P, a étéobtenue ;
ceséquations
sontprati- quement
les mêmes d’un lot à l’autre au sein d’une mêmeexpérience,
tant par la valeur de l’ordonnée àl’origine (a)
que par celle de lapente (b).
Si l’on considère parexemple
les lotspoisson
et arachide del’expérience
V, on obtient : pour lepoisson, log
1 = 0,551 74 -I- 0,554log
P,pour
l’arachide, log
1 =0 , 4 8 2
23 +o,561 log
P.Les relations
précédentes peuvent
encore s’écrire sous la formeexponentielle :
1 = a
P b ,
soit :pour le
poisson,
1 = 3,56 po, 554
pour