LE BESOIN EN EAU DU PORCELET :
ÉTUDE DE LA CONSOMMATION D’EAU AVANT LE SEVRAGE
A. AUMAITRE
avec la collaboration technique de J. RETTAGLIATI, M. GurCHARD et Huguette DEWULF Station de Recherches sur
l’Élevage
des PorcsCentre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise),
SOMMAIRE
L’étude du besoin en eau du
porcelet
a étéentreprise
sur 33portées
nées au cours de l’année 196 2
. Les animaux recevaient, outre le lait maternel, un aliment
complémentaire
sec et de l’eaude boisson à volonté
jusqu’au
sevrage à 8 semaines.La
quantité
totale d’eau consommée(eau
de boisson, eau du lait et del’aliment)
a été mesurée ; elle représente par animal durant l’allaitement environ 3fois sonpoids
au sevrage.En fonction de l’âge des animaux, il existe une relation entre le besoin en eau
(E
eng)
par unité depoids
vif et lepoids
vif(P
enkg)
de la forme :La
quantité
d’eau de boisson consommée est liée engénéral
à laquantité
de matière sèche consommée(r
= +0 ,86 3 )
et enparticulier
à la matière azotée et aux sucres durégime (r
= 0,430 et r = o,61g àquantité
de matière sècheconstante),
alors que la matière minérale ne semble pasjouer.
Une variation de 40C de la température moyenne du local de mise bas n’a pas entraîné de modi- fications
significatives
de la consommation d’eau.INTRODUCTION
L’eau est le
premier
desaliments,
elle constitue65
à 70 p. 100 des tissus for- més durant la croissance(BERGE,
1953 ;M AYNARD , 1954 )
et elle assure un rôleimpor-
tant dans les processus
métaboliques
derégulation thermique
et de transfert des secrétions et excrétions.On s’accorde pour
souligner
le besoin élevé en eau des animauxaprès
le sevrage et il a étéremarqué
dans presque toutes lesespèces
quel’ingestion
d’un aliment secentraîne une consommation d’eau : LEPROVSKY
( 1957 ),
chez leRat,
CIzEK( 19 6 1 )
chez le
lapin,
LLOyD etal., ( 19 6 2 )
ainsi que 1BIoRRIS( 19 6 2 )
chez leMouton,
MATHIEU(
19 6 2
)
chez lejeune
veau. Uneprivation
d’eau de 50 p. 100s’accompagne
d’unediminution de 27 p. ioo de la consommation d’aliment et de 5o p. 100 de la crois-
sance chez le Rat
(C RAMPTON
etLLOYD,
1954 ; KEANE etal., 19 6 2 ).
Pour le Porcà
l’engrais
onexprime
le besoin en eau parrapport
à la matièresèche,
et CROWTHER( 1931
)
recommande defaçon empirique
de distribuer aux porcs unepâtée
contenant3
à 2,2
parties
d’eau pour i de matière sèche suivantl’âge.
Par contre, peu de tra-vaux se
rapportent
au besoin en eau dujeune pendant
l’allaitement. Seul RUPEL( 1929
) signale
le besoinimportant
en eau de boisson du veau allaité.Les
quantités
d’eau consommées et les besoins en eau duporcelet
sous la mèresont mal connus. On sait seulement que les
quantités
nécessaires sontimportantes :
l’eau
évaporée
en 24 heures pour un animal de 20kg
varie entre 60 et 90g parkg
vif
(JACQUOT
etal., 19 6 0 ) ;
l’eau éliminée par l’urine est de 154g parkg
depoids
vifet par 24 heures à la naissance
(Me C ANC E,
WIDDOWSON,19 6 3 ) ;
l’eau retenue estde 600g par
kg
degain
depoids
entre 10et 50kg (BERGE
etal.,
rg53 ;HENRY, ig6i).
Nous avons
voulu,
dans unpremier temps,
mesurer lesquantités
moyennesd’eau consommées
spontanément
par lesporcelets
aux différentsâges
et chercherleur relation avec le
poids
vif et legain
depoids.
Nous avons étudié ensuite l’action
possible
de deux facteurs sur la consomma-tion d’eau :
l’alimentation,
endégageant
l’influence des divers nutriments et latempé-
rature du local de mise bas en
comparant
les résultats obtenus au cours de saisons successives.MATÉRIEL
ETTECHNIQUES
A. - ANIMAUX
2 6
2
porcelets
provenant de 33portées
de notre troupeauexpérimental
de raceLarge
White,nés au cours de l’année r96z, ont été utilisés dans
l’expérience.
Les animaux recevaient un alimentcomplémentaire ( 1 )
secgranulé,
dès lapremière
semaine ainsi que de l’eau de boisson à volonté.Ils étaient sevrés à la fin de la 8e semaine et maintenus dans la
loge
de mise bas jusqu’au 6Wjour
avec le même aliment et de l’eau ad libitum.B. - MATÉRIEL
L’expérience
a duré du yjanvier
au 30novembre 1962 ; toutes les mises bas ayant eu lieu dans la mêmeporcherie.
Latempérature
à l’intérieur du bâtiment a été maintenue aux environs de 20°C parchauffage
en hiver et ventilation en été. Toutefois, une certaine variation seproduisant,
la tem- pérature moyenne dechaque
semaine a été déterminéegraphiquement
àpartir
des courbes d’un thermomètreenregistreur.
Les
porcelets
recevaient l’eau de boisson à l’aide d’abreuvoirssiphoïdes
de 50 litres réalisés à (1
) L’aliment complémentaire avait la composition suivante p. ioo : criblures de blé 30 ; orge 22 ; avoine décortiquée 10 ; sucre 10 ; saindoux 5 ; tourteau de soja 8 ; farine de poisson de Norvège 6 ; farine de viande 6 ; composé minéral et vitaminisé porcs 3. Il dosait p. ioo : matière sèche 8y,o ; matières azotées totales r8,q ; matières minérales 6,3.
cet effet.
L’auge
était de dimension réduite defaçon
à éviter lespollutions
par les animaux et limi- ter legaspillage.
L’eau était renouvellée trois fois par semaine ; les pertes d’eau parévaporation
étaient déterminées à l’aide d’un abreuvoir témoin
placé
dans laporcherie.
C. - MESURES EFFECTUÉES
Les
quantités
d’alimentcomplémentaire
et d’eau consommées par portée étaient mesuréeschaque
semaine etexprimées
en moyenne parporcelet
compte tenu de la variation des effectifs.En outre, les
quantités
et lacomposition
du lait étaient déterminées par lestechniques précé-
demment décrites
(SAL MO N-LEGAGNEUR,
1956 et i959a).On a pu ainsi déterminer les
quantités
totales de matière sèche, de matières azotées, de sucreset de matières minérales consommées. Celles-ci sont
exprimées
enquantités
moyennes parjour
et par
porcelet
pourchaque
semaine.Pour
chaque
portée une moyenne des températuresjournalières
a été calculée pour l’ensemble de lapériode
d’allaitement.RÉSULTATS
A. -
QUANTITÉS
D’EAU CONSOMMÉESLes
quantités
moyennes d’eau consommées sous forme d’eau deboisson,
de lait et d’aliment sontrapportées
au tableau i en fonction del’âge
et dupoids
desanimaux.
On
peut
remarquer que lesporcelets
consomment l’eau de boisson enquantité
notable durant la
phase
d’alimentation lactée( I re
à4 e semaine).
Laquantité
d’eau consommée
augmente
sensiblementlorsque
leporcelet ingère
desquantités
croissantes d’aliment
complémentaire.
A 61
jours
l’animal a consommé unequantité
totale d’eauégale
à 3 fois sonpoids (tabl. i).
B. - RELATION ENTRE LA
QUANTITÉ
D’EAU CONSOMMÉE ET LE GAIN DE POIDS1 0
)
Poids etgains moyens
à 61jours
Les valeurs des coefficients de corrélation entre le
poids
moyen ou legain
depoids
d’unepart
et lesquantités
totales d’eau consommées et d’eau de boisson d’autrepart,
sontrapportées
au tableau 2.Elles montrent la liaison étroite existant entre la
quantité
d’eau consommée et lepoids
ou legain
depoids.
2
°) É volut1’on
avecl’âge
Nous avons
rapporté
pourchaque
semaine lesquantités
moyennes d’eau con-sommées par
jour
aupoids
vif à la fin de la semaine et observé une diminution au cours dutemps (fig. i).
Nous avons ensuite
essayé d’ajuster mathématiquement
la courbereprésen-
tant les besoins
journaliers
en eau(E)
parrapport
aupoids (P)
en fonction del’âge (fig. 2 ).
Pour
cela,
nous avons calculé leséquations
derégression
linéaire ethyperbolique d’après
la méthodeproposée
parDELAGE,
LEROY et Poi,y( 1953 )
et nous avonstrouvé entre le besoin en eau E
(en g/jour
et parkg vif)
et lepoids
moyen P enkg
les relations :
L’analyse
des variances(tabl. 3 )
et lafigure
2 montrent que ces deuxajuste-
ments sont
valables,
mais que le meilleur estl’ajustement hyperbolique.
Par contre, la
quantité
d’eau par unité degain
depoids
en fonction del’âge
semble varier suivant une loi
plus complexe (fig. 3 ).
C. - RELATION AVEC LA
QUANTITÉ
D’AUMENT CONSOMMÉEIl était
logique
de chercher unrapprochement
entre lesquantités
d’eau et d’ali-ment
ingérées.
Ces dernièrespeuvent agir
par leur niveaugénéral (matière
sècheou
énergie),
mais aussiplus spécifiquement grâce
à l’actionparticulière
d’un nutri-ment
(azote, glucides, minéraux...).
Les différentsaspects
sontenvisagés
ici.1 0
)
Matière sècheLa
quantité
moyenne de matière sècheingérée
donne unereprésentation approxi-
mative de
l’énergie, provenant
à la fois du lait et del’aliment,
consommée par lesporcelets.
La
figure 4 montre
comment évolue cettequantité
enregard
de laquantité
d’eau
consommée,
ainsi que lerapport Eau/Matière
sèche.Les coefficients de corrélation totale entre les
quantités
d’eau totale et d’eau de boisson et laquantité
de matière sècheingérée
sontrapportées
au tableau 4. Ils sontpositifs
et élevés cequi
montre que les deux données varient dans le même sens, que ce soit pour différents animaux au mêmeâge,
ou pour un animal donné à diffé- rentsâges.
L’étude du
rapport Eau/Matière
sècheprésente
un intérêtparticulier ;
lafigure q montre
que celui-ci passe par un maximum entre la 2e et la4 e
semaine.A
partir
de 3 semaines l’évolutionindique
que leporcelet
a tendance àingérer
des aliments de
plus
enplus
concentrés à mesurequ’il grandit.
Nous avons enfin
rapporté
laquantité
de matière sèche moyenne consomméeau
poids
vif(fig. i)
et augain
depoids (fig. 3 )
en fonction del’âge
duporcelet.
Au cours des différentes
semaines,
nous observons d’unepart
un minimum pour laquantité
de matière sècheingérée
par unité depoids ( 4 e semaine)
et une aug- mentation constante pour laquantité
de matière sèche nécessaire par gramme degain
depoids.
2
°)
Matière azotéeOn trouvera au tableau 5 les
quantités
moyennes de matière azotée consommée par lesporcelets
au cours de l’allaitement.Les coefficients de corrélation entre
quantités
de matière azotée etquantités
d’eau sont les suivants :
Mais il faut tenir
compte
de ce que lesquantités
de matière azotée et de matièresèche
ingérées
sont liées. Ilpeut
doncs’agir
ici desimples
variations concomitantes.Aussi avons-nous calculé
également
la corrélationpartielle
entre la matière azotéeet l’eau de
boisson,
àquantité
de matière sècheingérée
constante. On trouve dansce cas r = + 0,43o P < 0,02 et l’on
peut
penser que laquantité
de matièreazotée
ingérée
exerce un effetspécifique
sur laquantité
d’eau consommée.De la même
façon, compte
tenu de la relation entre la matière azotée et la crois- sance, nous avons calculé le coefficient de corrélationpartielle
entre l’eau et lamatière
azotée, indépendamment
de la vitesse de croissance.La valeur r = +
o,618
P < o,oiindique qu’à
vitesse de croissance cons-tante, la
quantité
d’eauingérée
est d’autantplus grande
que laquantité
de matièreazotée est élevée.
! ! .l f . l l d .. eau totale
Enfin,
il faut remarquer que la valeur durapport : eau totale matière azotée t6t-alë e
evolue’l
dans le même sens que le ! rapport
! eau
matière sèche le et passe r également
& par !. un maxi- .
muni situé entre la 3e et la
4 e
semaine(fig. 5 ).
3°)
SucresLes
quantités
moyennes de sucresingérées (lactose
etsaccharose) provenant
du lait et de l’aliment sont
rapportées
au tableau 6.Comme
précédemment,
les coefficients de corrélation totale ont été calculés entre lesquantités
d’eau et de sucres :Les coefficients de corrélation
partielle
d’autrepart
montrentqu’à quantité
de matière sèche constante, il existe une liaison étroite entre les
quantités
totalesde sucres et d’eau de boisson r = +
o,6 y
P < 0,01. L’évolutiondu rapport Eau/
Sucres
(fig. 5 )
est sensiblement différente de celle desrapports précédents.
4
°)
Matière minéraleLes
quantités
moyennes de matière minéraleingérées
sontrapportées
au ta-bleau 7 et on note la
part importante
de l’aliment dansl’apport
minéral total.Les relations entre les
quantités
d’eau et de matière minérale sont les suivantes :Contrairement à la matière azotée et aux sucres, à
quantité
de matière sèche constante, laquantité
d’eau de boissoningérée
et laquantité
de matière minéralene semblent pas
liées,
car on trouve dans ce cas : r = 0,130(N. S.).
L’évolution du
rapport eau/matière minérale, représentée
par lafigure
5, montreen
particulier
un maximumpuis
une diminution sensiblement constante en fonction dutemps.
D. - INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE AMBIANTE
a) Températures
moyennes observéesLes valeurs ont été calculées à
partir
destempératures
moyennes parportée
et sont
rapportées
att tableau 8. Il convient desouligner qu’en
aucun cas les por- celets n’étaientexposés
au soleil ni maintenus au dehors.Nous avons
distingué
successivement deuxpériodes
durant l’année :1
°)
Périodehiver-printemps : température
intérieure moyenne inférieure à 20°C.2
°)
Période été-automne :température
intérieure moyennesupérieure
à 2ooc.Nous
observons, malgré
la climatisation du local une différence d’environ4 e C
entre les saisons.
b) Influence de la température
sur lesquantités
d’eauet d’aliment
consommées,
lerapport eau/matière
sèche etla
quantité
d’eaupar
unité degain
depoids
I,es valeurs observées ainsi que la
signification
des différences sontrapportées
au tableau 8 et on
peut
noter enparticulier l’égalité
desrapports eau/matière
sècheobservés durant les deux
périodes
alors que lesquantités
d’eau nécessaires par unité degain
depoids (bien
que nonsignificatives)
semblentplus grandes
auxtempératures
élevées.
DISCUSSION
Le besoin en eau est souvent déterminé de
façon empirique,
àpartir
du compor- tement et de la croissance des animaux en raison de la difficulté d’étude des bilans.La
quantité
totale d’eau consommée constitue donc une évaluation du besoinglo-
bal en raison de sa
régulation physiologique
interne(I, EPKOVSK %-, 195 8).
Cette quan- titépeut
être en relation avec lesphénomènes métaboliques,
et enparticulier
lacroissance,
ou être déterminée par desphénomènes physiques
au niveau du tubedigestif.
Ces différentspoints
sont examinés.A. - RELATIONS ENTRE LES
QUANTITÉS
D’EAU CONSOMMÉES ET LA CROISSANCENous remarquons, comme RUPEL
(rg2g),
que les animaux consomment de l’eau de boisson durant laphase
lactée exclusive. Ceci semble montrer que le besoin en eaudu
jeune
animal n’est pas entièrement couvert par le lait de la mère.Les
quantités
observées sontcomparables
à cellessignalées
par différents au-teurs pour le Porc
après
le sevrage ou pour lesespèces domestiques
lesplus
variées(tabl. g ).
Le
point
leplus important
et leplus caractéristique
semble être la diminutionsuivant une loi
hyperbolique
de laquantité
d’eau consommée par unité depoids
enfonction de
l’âge
duporcelet.
Cephénomène
entrevuempiriquement
par )wvaRD( 1929
) peut s’expliquer
par le fait que lejeune
animal a une croissance relativeplus rapide
que l’animalâgé,
les tissu élaborés contiennentplus
d’eau et leséchanges métaboliques
sontplus rapides.
Les valeurs sensiblement constantes observées de la
quantité
d’eau nécessaire par unité degain
depoids
àpartir
de la 5e semaine(fig. 3 ) soulignent
encore lefait que la
quantité
d’eau consommée estplus
une fonction dupoids
que dugain
depoids.
B. - RELATION AVEC LES AUMENTS CONSOMMÉS
La corrélation élevée et
positive
entrequantités
d’eau et de matière sèchetotale
ingérées
montre que les deux valeurs varient dans le même sens, mais il faut noter que 45 p. 100 de l’eauprovient
du lait dont le tauxd’hydratation échappe
auporcelet.
Il estplus
intéressant desouligner
la valeur du coefficient de corrélation entre lesquantités
d’alimentcomplémentaire
et d’eau de boisson(tabl. 4 ).
Une liai-son
analogue
estsignalée
par de nombreux auteurs, notamment STROMINGER( 1947 )
et CRAMPTON et
al., (1 954 )
chez le Rat, CIZEK( 19 6 1 )
chez leLapin,
MoRRis etal., (
19 6 2
)
et surtout LLOYD etal., ( 19 6 2 ) qui
ont trouvé chez le Mouton un coefficient de corrélation y = + 0,97 entre lesquantités
totales d’eau et de matière sèche con-sommées,
pour des animaux adultes.Elle est vraisemblablement due au fait
qu’une quantité
d’eau bien définie est nécessaire pour assurer une bonnedigestion
de la matière sèche(LE PKOVSKY
etal., zg5
7
).
Eneffet,
une restriction d’eau entraîne une diminution de laquantité
de ma-tière sèche
ingérée
ainsi que l’ont observé CRAMPTON etal., (1954),
KEANE etal., (
19 6 2
)
et MORRIS etal., ( 19 6 2 ) ;
d’autrepart,
unequantité trop importante
d’eauincorporée
à l’aliment limitel’ingéré
sec du Rat(KEA N E, 19 6 2 )
ou entraîne un gas-pillage
chez le Porc(C ROW T H E R ,
1931 ;RÉ R AT, zg6 3 ).
Il semble doncqu’il convient,
pour assurer une consommation maximum d’aliment
(A UM AîT R E
etSA LMON -L EGA -
G N E UR
,
19 6 1 )
de fournir auxjeunes
animaux de l’eau de boisson àvolonté, séparée
de l’aliment sec, car les consommations d’aliment et d’eau n’ont pas
toujours
lieusimultanément
(HARPER
etS PIVEY , 195 8.
Les modalités derégulation physiologique
sont
discutables,
mais onpeut
pensercependant
avec LEPKOVSKY etal., ( 1957 ),
CizEK
(196 1 )
et BAISSET etal., ( 19 62)
quel’ingestion
d’aliment sec a un effet osmo-tique
entraînant une diminution du volume desliquides extracellulaires,
cette der- nière provoque la sensation de soif chez l’animal et le conduit àsuspendre
sa consom-mation d’aliment.
Tout semble donc se passer comme si le
porcelet,
à unâge donné, réglait
sesingestions
en fonction d’unrapport eau/matière
sèche déterminé. Cerapport,
élevéau début de la
période,
passe par un maximumcorrespondant
au moment où l’ani-mal
reçoit uniquement
du lait dont la teneur en matière sèche est minimum(S A rr MON - LEGAG
N E U
R,
1959a)
etingère
unequantité
relative de matière sèche parrapport
au
poids vif,
minimum(fig. z).
En fonction del’âge,
et àpartir
de la 3esemaine,
lerapport
diminue defaçon
constante, en accord avec les recommandations d’EvVARD( 1929
)
et de CROWTHER(1931).
Lorsque
l’on considère defaçon séparée
lesprincipaux
éléments de la matièresèche,
le rôle de la matière azotée estsouligné
par la valeur des coefficients de corré- lation totale etpartielle
entrequantités
d’eau de boisson et de matière azotée.Les deux
quantités
sont liéesquels
que soientl’apport
de matière sèche ou la vitesse decroissance ;
la matière azotée semble donc exercer une influence propre sur laquantité
totale d’eau consommée ainsi que lerapportent
LEITCH et THOMSON( 1944
) qui signalent
une variation durapport eau/matière
sèche chez des boeufs pourlesquels
la teneur en matière azotée de la rationaugmente.
Desphénomènes analogues
sontsignalés
par RUPEL chez leVeau,
par ADOLPH( 1933 )
et KEANE etal., ( 19 6 2 )
chez le Rat ainsi que par LLOYD( 19 6 2 )
chez le Mouton.Annales de Zootechnie. - 1964.
Ceci est dû à
plusieurs
causes :- soit que le volume de l’urine excrétée
augmente
avec laquantité
deprotéines ingérées
et donc d’urée éliminée(LE I TC H , z 944 ),
- soit
qu’une quantité importante
d’eau est nécessaire pourl’hydrolyse
desprotéines
lors de ladigestion (M AYNARD , 1954),
- soit enfin que la
production
d’eaumétabolique
est très faible car peu d’élé- ments sont catabolisés dans laphase
de croissance intense de l’allaitement.L’influence
des sucres sur laquantité
d’eau consomméeapparaît
dans les coeifl- cients de corrélation totale etpartielle
élevés entre lesquantités
de sucres et d’eaude boisson consommées. Elle est bien connue et réside dans la
propriété
des sucresà faible
poids
moléculaire d’entraîner uneaugmentation
de laprise
d’eau de boissonet de maintenir ainsi une
pression osmotique
constante(HAPPER
etS PIV E Y , r 95 8).
Ceci est
également
confirmé par la valeur durapport eau/sucres
sensiblement cons-tante
quel
que soitl’âge
duporcelet.
Il est
beaucoup plus
difficile de connaître par contre, l’effet de la matière miné- rale. Nos résultats diffèrent un peu de ceux d’Ar)OIPH( y 33 )
et alors que le coeffi- cient de corrélation totale entre lesquantités
estélevé,
le coefficient de corrélationpartielle
àquantité
de matière sèche constante n’est passignificatif.
Nous ne trou-vons donc pas d’effet
spécifique
de la matièreminérale,
cequi peut paraître
surpre- nant. Cecipeut
être dû au fait que la matière minéralereprésente
un faible pourcen-tage
de la matière sècheingérée,
et que deplus
lesquantités
varient peu.Toutefois,
une
explication apparaît
dans le fait que certains minéraux(chlorure
desodium),
distribués à des doses
convenables, provoquent
uneaugmentation
de la rétention d’eau(C IZEK , 10 6 1 ;
Me CANCE etW IDDOWSON , 19 6 3 ). L’ingestion
d’eauparaissant
au contraire liée à une diminution de l’eau
extracellulaire,
oncomprend
que les miné-raux soient sans effet sur la consommation.
C. - INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE
L’écart moyen de
température
observé( 4 °C)
entre les deux groupes deportées hiver-printemps
et été-automne a eu pour effet unelégère
variation desquantités
d’eau et d’aliment consommées. La
quantité
d’eau nécessaire par unité degain
depoids
est aussilégèrement plus élevée ; toutefois,
les différences ne sont passigni-
ficatives.
D’autre
part,
lerapport eau/matière
sèche estremarquablement
constant. Lavariation de
température
n’a donc pas eu d’effet notable sur laquantité
d’eau con-sommée et sur la
quantité
nécessaire parrapport
à la matière sèche.Ces observations sont en accord avec celles de GARNER et SANDERS
(1937) qui
n’ont pas trouvé de variation de la consommation d’eau de trois lots de truies allai- tantes maintenues à différentes
températures.
Elles sont toutefois différentes de celles de EVVARD( 1929 ) qui
estime que le besoin en eau desporcelets
est de 30 p. 100supérieur pendant l’été ;
cecipeut s’expliquer
par le fait que les animaux élevés enplein
air sont soumis à desamplitudes
detempératures supérieures
à celles quenous avons observées dans un local de mise bas climatisé.
Reçu pour
publication
en marsz 9 6¢.
SUMMARY
WATER REQUIREMENTS OF SUCKLING PIGLETS
A
study
about thevoluntary
water intakeby suckling piglets
was carried out on 262animalsborn
during
the year 1962and weaned at 8 weeks.The
piglets
were creep fed apelleted
meal and had free access to fresh water.The influence of different factors were studied
(live weight ; dry
matter,protein,
sugars and minerals intakes ; and indoortemperature).
I
)
-Piglets
drunk waterimmediatly
after birth and total waterconsumption
at weaningper unit is about threefold liveweight.
2
) - The was a close
relationship
between waterrequirement
(E, g parday
per kgliveweight)
and
liveweight (1’,
lcg) : Ii =2 42’ 8
p + 78,7 between i and 8 weeks.3
) - We found a
high
correlation coefficient P < 0,01 between Totaldry
matter and water intakes :<’==-)- 0,872 Total protein and water intakes : r = + 0,871 Total sugar(lactose
+sucrose) :
r = + o,5io Total minerals and water intakes : r = + 0,872Multiple
correlation coefficients(dry
matter constant) (P < o,oi) betweenwater and
protein
intakes r = !- 0,430 water and sugar intakes r = -E- o,6I9showed a close
relationship
between « active » nutrients andvoluntary
water intake.4
) - The indoor temperature variations
( 4 °C
betweenseasons)
did not affect water intakeand water
requirement.
5
) - Practical conclusions were drawn about the interest to
give suckling piglets
fresh water.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
A
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