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Le mardi 13 janvier Volume 98 Numéro 13

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Academic year: 2022

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Entrevue avec Heather Munroe-Blum p. 3 Rassemblement autochtone p. 4 Portrait de Juliette Binoche p. 11 Musique: les incontournables en 2009 p. 12-13

Le seul journal francophone de l’Université McGill

Le mardi 13 janvier 2009 - Volume 98 Numéro 13

Oops…petit problème depuis 1977.

le délit

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BON RETOUR AU CAMPUS

Les grands cerveaux voient les choses sous un angle différent et trouvent des solutions inédites. Qui aurait pu penser utiliser une protéine de poisson pour empêcher le gaz de geler dans des gazoducs sous la mer? L’un des nôtres l’a fait. Nous sommes à la recherche d’étudiants et de diplômés pour aborder le problème de la demande énergétique dans une perspective nouvelle. Bon semestre.

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Shatner.

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Louis Melançon Le Délit

Le Délit (LD): Dans les der- nières années, l’Université McGill a adopté une politique de développement durable. Quelles sont les actions qui ont été prises cette année dans le cadre de ce plan de développement?

Heather Munroe-Blum (HMB):

Il y a eu de grands progrès réalisés par rapport à notre plan de déve- loppement durable, même si nous ne sommes pas encore aussi avan- cés que nous le désirerions. Nous ne sommes pas aussi avancés que ne le désire la communauté étu- diante; il y a beaucoup de choses à faire ici à McGill, à Montréal et au Québec pour [faire] avancer [la cause de] l’environnement. Les actions entreprises sont très va- riées: installation de lumières ac- tionnées par détecteur de mouve- ment, la fermeture des lumières à l’extérieur des heures d’ouverture, l’intensification du recyclage sur le campus. Nous avons aussi in- vesti une somme d’argent consi- dérable dans la construction du nouveau Life Sciences Complex, élaboré à partir de standards envi- ronnementaux très élevés, et nous comptons continuer à l’avenir de respecter cette perspective de dé- veloppement durable dans tous nos projets de réfection ou de construction. En ce qui concerne le projet de campus sans voiture, nous avons diminué le nombre de places de stationnement dis- ponibles. Nous travaillons égale- ment avec la Ville [de Montréal]

à améliorer l’accès aux transports en commun tout autour du cam- pus, par exemple entre le campus Macdonald et celui du centre- ville. La compétition entre les dif- férents établissements encourage à prendre de nouvelles initiatives environnementales, et je crois que McGill peut jouer un rôle de lea- der à ce niveau, pour Montréal et la province en général.

LD: Il y a récemment eu des problèmes de ventilation dans le bâtiment Leacock, et on peut observer sur le campus de nombreux chantiers. Les infras- tructures vieillissent, et l’univer- sité est en retard sur son plan de réfection. Pourriez-vous nous expliquer les causes de ce pro- blème, ainsi que les actions en- treprises pour y remédier?

HMB: Tout d’abord, il n’y a pas de problème présentement, à ma connaissance (concernant le bâtiment Leacock). On m’a assu- rée en décembre dernier qu’une enquête avait été menée sur cet incident et que les mesures de sécurité nécessaires avaient été prises; je crois qu’il y a eu un ma- lentendu à ce propos. Cela dit, vo- tre question soulève un problème général bien réel pour McGill.

Nous avons pour plus d’un de- mi-milliard de dollars de travaux de réfection en retard, et c’est un défi énorme auquel fait face l’uni- versité. Les gens me demandent souvent: «Comment pouvez-vous vous plaindre de la contribution financière du gouvernement, alors que McGill se classe très bien dans les palmarès et attire de bons élèves?» Pour mieux compren- dre, il suffit de regarder l’état de nos infrastructures. Environ 30 p.

cent des bâtiments du campus du centre-ville que nous utilisons de manière intensive à des fins péda- gogiques ont été construits avant 1940. La valeur historique de nos bâtiments, ainsi que la régle- mentation en cours concernant la conservation des espaces verts, compliquent la tâche davantage et augmentent les coûts. En lien avec votre question précédente, il est intéressant de noter que les lois de conservation du patrimoine nous dictent de remplacer les fenêtres de nos anciens bâtiments avec des fenêtres exactement semblables, alors que ce n’est pas la bonne chose à faire du point de vue envi- ronnemental.

LD: Un article du McGill Reporter paru en février der- nier [«Le français sur la sellette à la Francofête», 7 février 2008]

rapportait que la communauté étudiante francophone avait diminué dans les dernières années, passant de 25 à 17 p.

cent. (D’après les commissai- res francophones de l’AÉUM).

Comment expliquez-vous ce phénomène?

HMB: J’ai beaucoup de diffi- culté à croire cela. Année après an- née, nous accueillons environ 50 p. cent d’étudiants québécois, doit la moitié est francophone, et nous faisons de notre mieux pour main- tenir cet équilibre. De plus, nous avons beaucoup d’étudiants inter- nationaux qui utilisent le français comme langue maternelle, et qui ne sont pas comptabilisés dans les statistiques. Je ne crois pas que ce soit vrai.

LD: Donc, la communauté étudiante francophone se porte- rait bien à McGill?

HMB: Oui, bien sûr. Dans bien des cas, plus de soutien est dispo- nible: services d’orientation, un bureau d’aide qui leur est consa- cré. J’ai tenu depuis mes débuts en tant que rectrice à ce que toutes nos communications publiques, ou presque, soient bilingues, à ce qu’il y ait de nombreuses opportunités pour les étudiants francophones.

Plusieurs de nos professeurs ont le français comme langue maternelle, et plusieurs autres le parlent en tant que langue seconde. Je crois donc qu’il serait inapproprié de conclure que McGill régresse à ce niveau. Ce qui pourrait arriver, cependant, est que la demande et l’intérêt pour les services aux francophones aug- mentent. Dire que la taille de la po- pulation étudiante francophone ou les services aux francophones aient diminué à McGill serait une erreur.

LD: En ce qui concerne les services aux étudiants franco- phones, ne pensez-vous pas jus- tement que ce serait une bonne

idée d’indiquer sur tous les plans de cours qu’il est possible d’écri- re ses travaux et ses examens en français à McGill, comme c’est déjà fait au sujet de l’intégrité académique? Beaucoup d’étu- diants ignorent cette possibilité.

HMB: C’est une idée très in- téressante. Je ne sais pas s’il se- rait techniquement possible de le faire sur l’ensemble des plans de cours, mais je comprends vo- tre idée. Il est bel et bien possi- ble que cette opportunité soit méconnue, dans la communauté québécoise en général et même parmi nos étudiants francopho- nes. J’appuie votre idée, et je crois qu’il est vrai que nous devrions mieux faire connaître cette pos- sibilité et nous assurer qu’elle est rappelée aux étudiants.

LD: McGill opère une cen- tralisation des services ali- mentaires. Un nouveau poste administratif a été créé à cet effet, et un nouveau restaurant Subway vient d’apparaître dans la Faculté des arts. Quelle est à votre avis la place des initiati- ves étudiantes dans les services alimentaires sur le campus?

HMB: J’ai pu observer une amélioration des services alimen- taires à l’université depuis que je suis en poste. Je crois qu’il est très important d’avoir des standards pour la gestion de ces services et la qualité de la nourriture; ces stan- dards ont amené de nombreux changements dans la provenance des services alimentaires. Si, il y a dix ou quinze ans, ces services étaient offerts au niveau local, que ce soit par les étudiants eux-mêmes ou par leur faculté, ils ne le sont plus aujourd’hui dans la grande majorité des cas. Depuis les années quatre- vingt-dix, nous avons tenté d’offrir des repas plus variés et de meilleure qualité, d’avoir en place un inven- taire des services alimentaires de l’université, et tout cela a mené à une centralisation dans ce domaine.

Ce qui est important pour nous est

la consultation et le dialogue main- tenant possible avec les étudiants, par l’entremise du nouveau direc- teur des services alimentaires.

LD: Pourriez-vous élabo- rer sur cette idée que la qualité de la nourriture sur le campus dépend de la centralisation des services alimentaires?

HMB: Sans aller dans les détails, en raison du très grand nombre de services offerts à l’université, je peux vous donner un exemple. Il y a déjà eu par le passé des services alimentaires menés par de simples familles qui cuisinaient à la maison pour vendre la nourriture sur le cam- pus. Même si d’un certain point de vue une cuisine maison peut paraître une bonne idée, elle l’est moins du point de vue de la sécu- rité et de la salubrité des aliments.

Nous nous devons de respecter des règles de sécurité strictes.

LD: Pensez-vous que cette centralisation était vraiment né- cessaire dans tous les cas, par exemple celui du Architecture Cafe, où des inspections étaient menées régulièrement et où il n’y a jamais eu de problèmes?

HMB: Nous avons toujours une responsabilité par rapport aux services offerts aux étudiants, et qu’il n’y ait jamais eu de problèmes ne veut pas dire qu’ils n’auraient pas pu survenir. J’aime la structure qui a été mise en place par le travail du premier vice-principal exécutif adjoint [PVPEA] avec les groupes étudiants, et je crois que de déplacer les services alimentaires à l’extérieur de l’administration et de la finance, pour les situer sous la responsa- bilité du PVPEA, a été une action importante. Il y a bien entendu tou- jours des compromis.x

Les questions étaient posées en français, et les réponses de la rectrice, tantôt en français, tantôt en anglais, ont été traduites au besoin.

Le temps d’un Perrier avec HMB

Pour débuter cette nouvelle année, Le Délit, le Daily, et le Tribune étaient conviés à la table de la fringante Heather Monroe-Blum, rectrice de McGill.

CAMPUS

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xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

Nouvelles [email protected]

Philippe Cloutier/ Le Délit

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Alexandre Ruiz de Porras Le Délit

J

eudi dernier, des sympathisants de la communauté autochtone algonquienne du lac Barrière se sont rassemblés devant le bureau du premier ministre Jean Charest pour dénoncer les conditions de vie précai- res qui sont les leurs. L’origine de l’action remonte à l’automne dernier, lorsque des membres de cette communauté des Hautes- Laurentides a manifesté, à deux reprises et de façon pacifique, leur mécontentement face à l’action des gouvernements fédé- ral et provincial par le blocage de la route 117. Lors de la deuxième manifestation, la Sûreté du Québec a délogé les manifestants au moyen de gaz lacrymogènes et de poivre de Cayenne. Leur intervention musclée s’est soldée par l’hospitalisation d’un membre de la communauté et par l’emprisonne- ment de quelques manifestants, dont le chef coutumier intérimaire de la communauté, Benjamin Nottaway.

Depuis mars 2008, le gouvernement canadien ne reconnaît plus M. Nottaway comme étant le chef intérimaire et refuse de respecter «le système coutumier de gouver- nance utilisé par la communauté pour élire leurs représentants», comme l’indique le communiqué de presse de la communauté.

En plus de dénoncer la répression po- licière, Luc Tailleur, représentant national autochtone pour le comité d’accès à l’éga- lité de l’Alliance de la Fonction Publique du Canada (AFPC) et représentant national pour le Cercle des peuples autochtones de

l’AFPC, laisse transparaître son effarement face à la «pauvreté, l’insalubrité et la crise du logement» que connaît cette communauté de 450 habitants.

M. Tailleur a précisé que «90 p. cent de la population vit de l’aide de dernier recours» et que «la communauté n’a pas d’eau courante ni d’électricité», malgré la présence d’un barrage à proximité et du réseau électrique installé à partir dudit barrage.

Alors que les quelques manifestants qui bravaient le froid jeudi dernier scan- daient «Tenez vos paroles» ou «Libérez Nottaway», Sonny Papatie, 25 ans, seul membre de la communauté présent, racon- tait que toute sa famille vit de l’assistance sociale et a souligné la «situation extrême»

dans laquelle se trouve sa communauté.

C’est son père, Vincent Papatie, qui a com- mencé le mouvement de revendication lut- tant pour leurs droits. «Personne ne nous a aidés. Le gouvernement ne connaît pas les conditions dans lesquelles nous vivons puisque personne n’est venu dans notre communauté», affirme M. Papatie.

M. Tailleur indique que c’est tout d’abord «la libération de Benjamin Nottaway que nous demandons et, dans un deuxième temps, nous dénonçons les conditions de vie [de la communauté]». Il explique que le gouvernement «dérobe le territoire» et que, des 100 millions de dollars qui ont été gé- nérés depuis les dix dernières années dans la région par les activités de déforestation, tourisme et autres, aucune somme n’a été versée à la communauté.

La communauté demande que le gou- vernement fédéral mette en application l’Entente trilatérale de 1991, un accord de développement durable et de paritarisme des ressources, encouragé par les Nations Unies et la Commission Royale sur les Peuples Autochtones. Mais le gouverne- ment s’est tout simplement retiré de cette entente en 2001.

Pour M. Papatie, «le gouvernement a le pouvoir de changer notre situation». M.

Tailleur, plus sceptique, indique que la «com- munauté du lac Barrière est sous la tutelle du

gouvernement», et qualifie l’attitude du gou- vernement à leur endroit de «paternaliste».

Récemment, la Couronne a exigé que l’incarcération de Benjamin Nottaway soit prolongée à un an de prison; ce à quoi M.

Tailleur rétorque qu’il est comme un «pri- sonnier politique». Quant au sort de la com- munauté, il insiste qu’il faut «mettre le bien de cette population en avant-plan parce que c’est une question de justice sociale.» Sonny Papatie, lui, dit que sa communauté «est lais- sée en arrière par le monde moderne» du fait de l’action du gouvernement.x

Le chef qui a perdu ses plumes

Rassemblement devant le bureau de Jean Charest pour le respect des droits des Algonquins du Lac Barrière.

Jimmy Lu / Le Délit

Laide laide, comme la vie est laide

QUÉBEC

4 xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

Daniel Mayer Le Délit

A

u mois de décembre der- nier, Israël a lancé une of- fensive militaire dans la bande de Gaza pour mettre fin aux attaques récurrentes des roquettes, prétendument du Hamas, en sol israélien. La justification: tout État souverain peut se défendre en si- tuation d’attaque. Depuis le début des attaques, plusieurs membres du gouvernement palestinien démo- cratiquement élu, le Hamas, et des civils palestiniens, ont perdu la vie.

L’offensive israélienne qui se pour- suit encore aujourd’hui a suscité et continue à susciter une résistance qui se manifeste notamment dans la métropole montréalaise.

Plusieurs événements ont eu lieu à Montréal pendant les dernières semaines en réponse à ces attaques. Le 3 janvier der- nier, 5 000 personnes ont mar- ché dans les rues de Montréal en passant devant divers consulats, notamment celui de l’État d’Is- raël. Le 8 janvier, un groupe de personnes a occupé le consulat israélien à Montréal à la suite de l’occupation du consulat is- raélien à Toronto par un groupe de femmes palestiniennes. Une autre manifestation a eu lieu à Montréal samedi dernier.

Les manifestants cherchent notamment une réponse du gou- vernement du Canada qui dénon- cerait les actions d’Israël qu’ils jugent déplorables. Nina Amrov, porte-parole de Solidarité pour les droits humains palestiniens, un organisme pancanadien qui milite pour la justice en Palestine, affirme que la réponse canadienne au conflit demeure «insuffisante

et non effective», faisant référence aux déclarations selon lesquelles Israël a légitimement le droit de se défendre. Les actes commis par Israël «vont à l’encontre du droit international. Le Canada aurait dû considérer cela dans ses décla- rations», affirme Mme Amrov.

Des groupes étudiants qué- bécois ont également démon- tré leur solidarité avec le peuple palestinien. L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui représente plusieurs syndicats étudiants au Québec (40 000 étudiants et étudiantes), a adopté une motion lors de son congrès les 26 et 27 avril derniers pour «appuyer la campagne de boycott, sanctions et désinvestis- sement contre l’apartheid israé- lien». Sophie Schoen, membre de l’ASSÉ, affirme: «Nous avons pris position parce que l’ASSÉ se veut un mouvement étudiant solidaire.»

Mme Schoen affirme aus-

si qu’il ne faut pas prendre de décision pour les Palestiniens concernant une paix éventuelle, mais elle souligne que «la cam- pagne de boycott actuelle s’ins- pire de celle qui avait été menée contre l’Afrique du Sud et qui a contribué à mettre fin à l’apar- theid». Pour sa part, Mme Amrov soutient que «c’est une question de justice; les Palestiniens n’en ont pas eu depuis la création d’Israël parce que les droits hu- mains palestiniens n’ont pas été respectés.» Selon elle, il faut que toutes les parties soient à la table de négociations pour qu’un rè- glement durable s’ensuive.

Les Nations Unies tentent de proposer une solution qui pourra arrêter les attaques israéliennes en sol palestinien. Mais, il n’est pas toujours tâche facile de trouver des solutions à ce niveau. Sur ce point, Nina Amrov affirme que

«les États qui ont implanté les ins- titutions internationales doivent

les appliquer et les respecter ainsi que faire en sorte que tous les res- pectent, incluant Israël».

Les attaques aériennes et terrestres de l’armée israélienne ont provoqué une résistance po- pulaire et diplomatique impor- tante, dont celle à Montréal n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Des citoyens de plusieurs pays ont manifesté pendant les derniè- res semaines en vue de mettre fin au conflit. Des manifestations ont eu lieu dans de nombreux pays arabes, dont le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et la Turquie, et dans plusieurs grandes villes du monde au cours des dernières semaines. Un concert mondial de manifestations a eu lieu le 2 jan- vier dernier. Radio-Canada rap- porte que 10 000 manifestants ont marché dans les rues de Londres, 21 000 à Paris, 5 000 à Francfort, ainsi que dans de nombreuses autres villes européennes.x

Solidarités montréalaises avec la Palestine

Des voix

s’élèvent contre les agissements israéliens à Gaza

LOCAL

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Montréal prend la rue pour la Palestine

Joe Penney du Délit a croqué sur le vif quelques clichés de Montréalais ayant bravé le froid pour soutenir la cause palestinienne.

LOCAL

5

xle délit - 13 janvier 2009

www.delitfrancais.com

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En trois vitesses Citation de

la semaine

BERNARD MADOFF Le financier américain Bernard Madoff, cerveau d’une titanesque fraude de 50 milliards de dollars, ne sera pas incarcéré durant son procès. La Couronne crai- gnait qu’il profite de sa liberté pour mettre en sûreté certains biens de valeur lui apparte- nant encore, mais le juge s’est contenté d’ordonner un in- ventaire de ses biens, couplé à une interdiction de transfert d’actifs. Le Délit croit plutôt qu’il aurait obtenu un doublet (5-5) chanceux pour tomber sur la case «Stationnement gratuit».

Maysa Pharès Rédactrice en chef

S

ix ans après que Heather Munroe-Blum a pris ses fonctions de rectrice de l’Univer- sité McGill, elle demeure un personnage méconnu sur campus dont on ne serait pas surpris d’apprendre qu’une bonne poignée d’étudiants ignorent sans doute jusqu’à son existence. À quatre ans de la fin de son mandat sa stratégie de communication, si l’on formule le généreux postulat qu’il en existe une, est quelque peu avare, pour ne pas dire po- liticienne, tant ses apparitions publiques et ses propos sont contrôlés. D’elle, nous ne voyons guère plus que ce qu’elle souhaite nous montrer.

Ainsi, avec le temps, nous nous sommes sagement contentés de ses discours officiels soigneusement manucurés, avec pour toute brèche à l’informalité rituelle celle de ses assem- blées générales bi-annuelles; assemblées qui n’ont de général que la désertion chronique dont elles font l’objet de la part des étudiants, qui ne s’y présentent qu’en effectifs réduits, au compte-goutte eux aussi. Que l’on mette cela sur le compte d’une publicité maladroite, voire insuffisante, ou sur celui de l’apathie collective, reste que le déficit de communication est problématique entre Munroe-Blum et les étudiants et travailleurs des campus du centre- ville et de MacDonald.

C’est pourquoi, lorsque la rectrice prend la peine (annuelle, s’il vous plaît) de rencontrer la presse mcgilloise, au cours d’une entrevue délivrée dans un décor feutré et chronométrée à la seconde près, eh bien, on ne chipote pas. On n’y va certes pas la fleur au fusil, et sans s’attendre à grand-chose, mais on y va quand même.

C’était le cas la semaine dernière. Munroe-Blum s’est entourée d’un petit échantillon de journalistes, qu’elle a assis dans son bureau et bercé de sa voix grave, en commençant par leur souhaiter la bienvenue, mi-douce mi-amère, afin de mettre les points sur les «i».

Se disant toujours heureuse de rencontrer la presse, elle n’a guère omis de mentionner la cause de son «irritation» envers les médias qui, à l’en croire, manquent parfois de «bonne foi» à son égard.

En toute bonne foi, donc, nous admettons que Munroe-Blum a fait l’effort louable de répondre à nos questions, en proposant de donner suite à celles pour lesquelles elle n’avait pas de réponse prête. Reste à voir si nous aurons véritablement le follow-up promis. Lors de cette rencontre, la rectrice s’est montrée particulièrement prompte et à l’aise sur ses sujets de prédilection, ses dadas, à savoir les frais de scolarité, le sous-financement de l’institution, et la campagne de financement. Car si Munroe-Blum est douée pour une chose, c’est bien pour amasser des fonds (ou dénoncer l’absence de fonds).

Elle s’est toutefois montrée moins convaincante là où on aurait pu espérer d’elle qu’elle révise mieux ses «dossiers». En réponse à notre question sur les initiatives de développement durable, la rectrice a démontré une connaissance des enjeux généraux, avec des propos par- semés de mots-clés, comme le «campus sans voiture» ou les certificats dits «LEED». Cela dit, sa connaissance des projets spécifiques et des possibilités d’exécution concrètes était fort limitée, et nous aurions aimé avoir des remarques plus précises. La rectrice a paru plus à son aise sur la question de l’accès des étudiants autochtones aux études à McGill, disant qu’il s’agissait là d’une priorité de la campagne de financement, et affirmant qu’il est question non pas de réviser des plans, mais de passer à l’exécution des projets. Elle a au contraire balayé de scepticisme notre question sur la baisse de la population francophone à McGill, assurant coûte que coûte et dans un français à peine approximatif, que les besoins des francophones étaient bien pris en compte.x

«Je ne peux juste pas me voir sur une plage,

avec un chapeau de paille et une chemise

hawaïenne, surtout depuis que j’ai arrêté

de boire.»

- George W. Bush

Controverses [email protected]

ÉDITORIAL

Mauvaise foi

6 xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

Un supermarché refuse de décorer le gâ- teau d’anniversaire du petit Adolf Hitler

Les parents du petit Adolf Hitler Campbell, trois ans, du New Jersey, ont éprouvé quelques difficultés à faire inscrire le nom de leur enfant sur son gâteau d’anniversaire. Un supermarché ShopRite, qui avait déjà ignoré dans le passé une demande similaire pour la petite sœur d’Adolf Hitler, Joyce Lynn Aryan Nation, a re- fusé d’accéder à leur requête. Bon prince, un Wal-Mart de la région a finalement accepté de le faire. «Notre priorité numéro 1 en décorant un gâteau est de servir nos clients le mieux pos- sible», a déclaré une porte-parole de la chaîne.

Elle s’est refusée à toute spéculation au sujet du taux de concentration d’étoiles jaunes dans la décoration, mais selon nos sources, le gâteau aurait passé une nuit de cristal (de sucre) der- rière la vitrine du département de pâtisserie.

KTLA.com

Un expert anti-kidnapping se fait kidnapper Un consultant américain en sécurité, ex- pert dans la résolution de cas difficiles d’enlè- vement, a été lui-même kidnappé au Mexique.

Felix Batista a été conduit dans une camionnet- te par des hommes armés, alors qu’il donnait une conférence sur les stratégies pour éviter de se faire enlever. Jusqu’à preuve du contraire, les kidnappeurs sont ravis de leur coup de filet.

Reuters

Insolite

en hausse

LA LIBIDO DES SOLDATS ISRAÉLIENS

Tous les quotidiens l’ont dit: Israël «massait» ses blin- dés et ses soldats à la frontière avec la Palestine. En réaction, Gaza a plus de Bande que ja- mais, mais qu’en est-il des sol- dats israéliens?

au neutre

LES EMPLOYÉS DE LA BRINKS

Rick Bazinet, paisible camionneur, a eu la surprise de sa vie lorsqu’il a décou- vert, à la sortie des toilettes d’un Esso, un sac de la Brinks contenant 80 000 dollars. Il a rapidement remis le sac à l’employé, qui se trouvait ha- letant et angoissé dans le sta- tionnement du Tim Hortons d’en face. «Gimme the dou- gh», aurait-il lancé à Bazinet, plus glacé qu’un beignet.

en baisse

Rien de surprenant à ce que cet homme de paille des intérêts pétroliers n’ose plus porter le chapeau après sa retraite. Étrange concession à l’Islam que cette abstinence d’alcool... peut-on lui suggérer une vieillesse dorée à Guantanamo, où boire de l’eau n’est jamais un problème?

Puisque nous sommes fiers d’avoir tenu au moins l’une de nos résolutions 2009, nous attirons votre attention sur la nouvelle mise en pages de votre journal. La décision de refaire une beauté au Délit s’est progressivement imposée comme une nécessité, tant ce désir de nouveauté des membres de la rédaction était devenu pressant. Non que la précédente présentation fût mauvaise, mais l’être humain étant las et frivole, il lui faut du changement.

Ainsi, vous remarquerez quelques interventions chirurgicales, sur la police de certains titres, sur l’emplacement des numéros de page, ou encore sur le logo du journal en couverture. À ces quelques bricolages, nous avons ajouté certaines modifications structurelles. Les chroniques se sont vues rassemblées dans une même section, «Controverses», aux côtés de l’éditorial et des brèves d’actualité. En espérant que cela vous siéra, nous vous

souhaitons une bonne lecture.

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7

xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

rédaction

3480 rue McTavish, bureau B•24 Montréal (Québec) H3A 1X9

Téléphone : +1 514 398-6784 Télécopieur : +1 514 398-8318 Rédactrice en chef

[email protected] Maysa Pharès Nouvelles

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Philippe Cloutier Secrétaire de rédaction Daniel Mayer Arts&culture

[email protected] Chef de section

Julie Côté

Secrétaire de rédaction Catherine Côté-Ostiguy Société

[email protected] Éléna Choquette Mai-Anh Tran-Ho

Coordonnateur de la production [email protected]

Louis Melançon Coordonnateur visuel [email protected]

Vincent Bezault

Coordonnatrice de la correction [email protected]

Laurence Côté-Fournier Collaboration

Letizia Binda-Partensky, Rosalie Dion- Picard, Gary Drechou, Han Han Li, Jimmy Lu, Mathieu Ménard, Alexandre Ruiz de Porras Guédon, Véronique Samson.

Couverture Vincent Bezault

bureau publicitaire

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Boris Shedov Gérance

Pierre Bouillon Photocomposition

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The McGill Daily • www.mcgilldaily.com [email protected]

Jennifer Markowitz

Conseil d’administration de la Société des publications du Daily (SPD)

Lauren Chang-MacLean, Angel Chen, Braden Goyette, Jennifer Markowitz, Lawrence Monoson, Eric Van Eyken [[email protected]], Maysa Pharès, Anna-Gray Richardson-Bachand, Perrin Valli, Eric van Eyken.

le seul journal francophone de l’université McGill

L’usage du masculin dans les pages du Délit vise à alléger le texte et ne se veut nullement discriminatoire.

Le Délit (ISSN 1192-4609) est publié la plupart des mardis par la Société des publications du Daily (SPD). Il encourage la repro- duction de ses articles originaux à condition d’en mentionner la source (sauf dans le cas d’articles et d’illustrations dont les droits avant été auparavent réservés, incluant les articles de la CUP). Les opinions exprimées dans ces pages ne reflètent pas nécessairement celles de l’Université McGill. L’équipe du Délit n’endosse pas nécessairement les produits dont la publicité pa- raît dans ce journal.

Imprimé sur du papier recyclé format tabloïde par Imprimeries Transcontinental Transmag, Anjou (Québec).

Le Délit est membre fondateur de la Canadian University Press (CUP) et du Carrefour international de la presse universitaire francophone (CIPUF).

Volume 98 Numéro 13

le délit

Méandres

CHRONIQUE

Les années passent, mais je ne doute guère qu’une fois de plus le retour aux amphithéâtres et aux salles de classes aura été bien hâtif sur le campus de McGill.

Si ça peut vous consoler, ici-bas les 24 et 25 décembre ne sont pas synonymes de va- cances. Cela dit, le 23 décembre est un jour férié, puisqu’il s’agit de l’anniversaire de l’empereur. Ce jour-là, le palais impérial est partiellement ouvert au public, tandis que les camionnettes noires des ultranationalis- tes sillonnent les rues de Tokyo en crachant leur vitriol pamphlétaire.

Je ne saurais trop décrire la politique japonaise, sinon qu’on se scandalise de ce que le premier ministre soit semi-illettré (du moins, incapable de lire des kanji –ca- ractères dérivés de l’écriture chinoise – élé- mentaires). Malgré la récente collection de premiers ministres aux mandats écourtés pour cause d’incompétence, la conscienti- sation politique semble modeste. Le systè- me paraît fonctionner juste assez bien pour ne pas attiser le courroux des électeurs.

M’enfin, je digresse. Comment avez- vous profité des vacances? Personnellement, je suis allé respirer l’air de Kyoto. Un peu

«fristounet», assez pour conjurer de petites averses de neige, mais bien loin des moins vingt degrés qui congelaient votre métropo- le au même moment. N’empêche, la vieille capitale nippone m’a rappelé Montréal, avec sa horde de cyclistes un peu casse- cou. On apprend à cohabiter sur les mêmes trottoirs, quitte à entendre le «dring dring»

des sonnettes assez souvent.

Même s’il s’agissait de ma première excursion dans cette ville qu’on associe habituellement aux geishas et aux maiko-san (les apprenties), j’étais bien pourvu en gui- des, en cartes et en recommandations gas- tronomiques. Avant de partir à l’aventure, j’avais demandé conseil aux Yamamoto – ils connaissent bien cette ville, malgré leur

préférence pour les charmes rustiques et les temples ancestraux de Nara, ville voisine.

J’ai rencontré les Yamamoto en tant que propriétaires du concessionnaire auto- mobile de la région, mais depuis j’ai fait plus ample connaissance. Il faut dire qu’ils ga- gnent à être connus. M. Yamamoto possède par exemple un vélo à trois mille dollars et regarde le Tour de France à chaque année.

De temps en temps, Mme Yamamoto passe à un café qui fait aussi office d’atelier de cé- ramique tenu par un Français (en fait, dans toute la préfecture, il y a un grand total de deux Français: l’un tient un café, l’autre est maître en arts martiaux).

Les Yamamoto illustrent bien les chan- gements qui se faufilent d’une génération à l’autre. La fille aînée étudie en médecine, ce qui aurait été source de tracas ou marque de rébellion il y a une ou deux générations.

De ce que je peux observer, ça demeure quand même l’exception davantage que la règle. Certaines familles continuent à dé- courager les filles d’entreprendre des étu- des supérieures, sous prétexte qu’elles en seraient plus «difficiles à marier». Il existe encore une forte division des sexes selon les disciplines. J’ai visité dix écoles primaires, dont une seule a à sa tête une directrice.

Quitte à ne pas bousculer le système, au moins on le détourne ou on l’infiltre.x

La belle île-usion

CHRONIQUE

Le soir, La BeLLe province rêve… d’être encore plus belle. On a beau lui répéter: «Des atouts, vous en avez, ma- demoiselle, et non des moindres», ça ne suffit pas. Quelque chose lui manque. Ce je- ne-sais-quoi dont plein de belles (et moins belles) filles ont dû rêver elles aussi un jour ou l’autre. Alors depuis des années, tous les soirs avant d’aller se coucher, c’est le même rituel: la plus si jeune demoiselle s’observe longuement dans la glace et s’imagine en reine de beauté - maquillée, apprêtée, enfi- lant de hauts talons pour défiler fièrement sur le podium. Curieusement, ce n’est pas

la couronne qui l’intéresse: elle la jetterait aux orties en devenant souve-reine. Non, ce dont elle rêve, c’est d’être souveraine !

En 2008, la Belle a eu l’occasion de commander un bon d’achat pour le cadeau rêvé: il lui aurait suffi de voter le 8 décem- bre pour le Père Noël, autrement dit le Parti québécois (PQ). Pourtant, quelque chose l’a retenue... Une fois de plus.

Serait-ce le Père Noël? Alors que dans les enquêtes d’opinion, près de la moitié des Québécois francophones se disent toujours en faveur de la souveraineté, le PQ n’a ob- tenu que 29 p. cent des voix en 2007 (son plus mauvais score en quarante ans) et 35 p. cent lors des dernières élections. Le PQ, boulet de la cause souverainiste!? C’est en cas ce que soutient Marc Desnoyers sur le blogue de Real Clear World: «Il semble que ce soit le PQ qui tire la souveraineté vers le bas, et pas le contraire.» J’y vais de ma propre hypothèse: le PQ ressemble de plus en plus au père Hoover dans Little Miss Sunshine. Si vous n’avez pas vu le film, Richard Hoover est un père de famille américain qui tente désespérément de vendre son «Parcours vers le succès en neuf étapes», y compris à sa fille Olive, qui se rêve en reine de beauté et vient de décrocher une invitation à concourir pour le très sélectif titre de Little Miss Sunshine California. Le hic, c’est que Richard est un loser – un bon gars, mais un loser. Non seu-

lement son «Parcours» ne tient pas la route, mais en plus ses conseils à Olive lui rappel- lent ses complexes plus qu’ils ne l’aident.

Alors oui, peut-être que le PQ est en train de devenir un boulet pour la souveraineté, comme Richard Hoover en est un pour sa fille Olive. Mais il y a autre chose.

Le soir, en se voyant souveraine, la Belle rêve à la possibilité d’une île. C’est sa berceu- se à elle: une île peuplée de Québécois libres et sauvages… Joli comme un mirage! Dans La Presse du 24 novembre 2008, Marcelle Dubois confiait à propos de sa pièce Jam Pack (Théâtre d’Aujourd’hui): «C’est rassu- rant de rester dans la marge, la rébellion. De voir les autres comme des saboteurs d’iden- tité. (...) Il est trop facile de créer un effet de petite île, une nouvelle masse, un nouveau

“nous”, parce qu’on se comprend dans nos référents.» Rassurant, comme une berceuse.

Trop facile, comme la possibilité d’une île.

C’est pourquoi le matin venu la Belle oublie la berceuse et s’en va bosser comme tout le monde – sans île-usions.

En résumé, voilà mon explication: la Province a regardé Little Miss Sunshine et s’est reconnue en Olive Hoover. Gentiment, elle se moque du «Parcours vers le succès en neuf étapes» de son PQ de père, parce qu’au fond elle sait… ne plus avoir besoin d’être souve-reine pour être belle. x

Dans mes petits souliers

Mathieu Ménard

La fleur au fusil

Gary Drechou

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8 xle délit - 13 janvier 2009

Oba man ou la force des mots

SOCIÉTÉ

Éléna Choquette et Mai Anh Tran-Ho Le Délit

L

e 31 décembre 2008, vers 22h, le poste de télévision Fox News, qui avait permis aux téléspectateurs d’envoyer leurs vœux pour la nouvelle année via messagerie texte, laisse passer un message qui fera l’objet d’une discussion polémique à propos de l’image du président Barack Obama, élu en novembre.

Au bas de l’écran défilait la phrase suivan- te: «HAPPY NEW YEAR AND LET’S HOPE THE MAGIC NEGRO DOES A GOOD JOB.

LOVE JEN AND JOHN C» [Bonne année et espérons que le nègre magique fasse du bon tra- vail. Amour]. Entre ceux qui en ont été scanda- lisés et ceux qui en ont ri, la question demeure:

est-ce que ce genre d’événements alimente ou réduit la curiosité provoquée par le président Obama? Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un président américain fait l’objet de remous médiatiques, mais quels en sont les effets et les conséquences? Se peut-il que cette exposition médiatique soit avantageuse à Barack Obama?

Jusqu’à quel point les médias manipulent-ils les mots et quels sont les vrais propos du prési- dent? Avant de conclure trop rapidement, il est pertinent de se rappeler la sortie de l’ombre de Barack Obama, et peut-être le début de l’«oba- mania».

Les sources de sa popularité

Les contrecoups de la victoire électorale d’Obama du 4 novembre dernier sont d’abord politiques, quoique leur portée dépasse lar- gement le sens strict du terme. Cette agitation ponctuelle peut d’abord s’expliquer par le cur- riculum du nouveau président-élu. «Mon his-

toire n’aurait été possible dans aucun autre pays du monde», soutenait-il au printemps 2008 à Philadelphie. Son itinéraire personnel a en effet souvent été mis en parallèle avec celui de son propre pays. Il a étudié dans la plus grande uni- versité américaine, vécu dans un des pays les plus pauvres du monde, en l’occurrence l’Indo- nésie, et épousé une femme qui a à la fois du sang d’esclaves et de propriétaires d’esclaves.

Par ailleurs, le personnage évoque assuré- ment le pionnier américain actif, mobile et am- bitieux; un véritable self-made man, notion corol- laire à celle du rêve américain. Après tout, «dans une Amérique généreuse, il n’est nul besoin d’être riche pour accomplir son plein potentiel», défendait-il lors de la Convention démocrate dans l’État du Massachusetts à l’été 2004. Ce métissage culturel relevé par les grands thèmes de le l’éternel rêve américain a été un atout et un outil politique essentiel, qui lui a permis de rejoindre un plus vaste électorat que ces prédé- cesseurs.

Genèse et idéaux

Si l’on peut expliquer le personnage par son histoire, on peut aussi le faire par les com- bats qu’il a entrepris de mener. Il a étudié la science politique et les relations internationales

La popularité médiatique du nouveau président américain est-elle une bonne ou une mauvaise chose pour son mandat?

avant d’être diplômé de la Faculté de droit de l’Université Harvard. Il a aussi travaillé en tant qu’animateur social, puis occupé un poste au sein d’un cabinet de défense des droits civiques.

Ses récentes publications justifient à leur tour l’engouement médiatique qui entoure M.

Obama. L’Audace d’espérer, son plus récent livre, redore l’image de l’Amérique en défendant les idéaux américains d’origine, dépoussiérés puis revendus dans sa campagne, dont ceux d’une nation ouverte, égalitaire et multiethnique. Il semble d’ailleurs que la tentative d’Obama d’atteindre le plus grand nombre de gens pos- sible par sa publication l’ait également projeté à l’avant-plan de la scène populaire. Il a un ton qui plaît, une image séduisante et des plans de grande envergure, sans aucun doute, mais égale-

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xle délit - 13 janvier 2009 9

ment divertissantes ou rafraîchissantes. Son livre envisage ce à quoi ressemblera l’«après-Bush», sans pourtant garantir que cet élan visionnaire puisse, au-delà du simple désir, avoir une por- tée politique véritable. Pour certains, il ne sera qu’une invitation autour d’un banquet alléchant à saveur de campagne électorale.

Une campagne électorale différente des idéaux

Barack Obama, contrairement à ce qu’il s’était engagé à faire, a renoncé aux 84 mil- lions de dollars offerts par les coffres publics, qui l’auraient contraint à ne pas avoir recours au financement privé. Il a récolté ainsi plus de 600 millions de dollars, soit quatre fois plus que son opposant républicain John McCain. Si l’on se réfère à une étude menée par Le Nouvel Observateur, cet avantage financier électoral a porté fruit, puisque les émissions nationales de soirée, entre les mois de septembre et novembre, offraient une image positive de Barack Obama dans 65 p. cent des cas, contre 31 p. cent pour John McCain. En plus d’un budget record et d’une omniprésence médiatique télévisuelle qui corroborait l’image reluisante du désormais président-élu, Obama disposait d’une équipe

électorale habile qui n’a, en près de deux ans de campagne, pas commis d’erreurs monumenta- les médiatisées.

Sa victoire présidentielle

Les réactions nationales et internationales à son élection le 4 novembre dernier sont gé- néralement optimistes. Le Washington Post met l’accent sur les «progrès» dans les rapports entre les différentes communautés raciales et ethni- que qu’incarne l’élection probante de Barack Obama. Le Wall Street Journal estime que la prési- dence d’un Afro-Américain à la Maison Blanche représente un hommage à l’esprit d’entreprise américain. À une opinion nationale plutôt en- thousiaste, s’ajoutent la volonté de la Grande- Bretagne d’opérer une collaboration plus étroite, un président français ravi, un Mexique allègre quoique perplexe et une Russie «de glace», selon l’Agence France-Presse. Tous ces grands titres met- tent bien l’accent sur l’importance du nouveau président, mais cet espoir est-il justifié, ou cette grandeur d’Obama précède-t-elle trop toute ac- tion concrète?

Pour revenir au message diffusé sur Fox News, plusieurs éléments doivent être soule- vés. D’une part, il est tout à fait légitime de voir dans ce message un propos raciste à l’endroit du président. Toutefois, d’autre part, magic negro est un surnom qui existait bien avant que Barack Obama ne fasse la une des journaux.

En effet, le terme «magical negro» (aussi «mys- tical negro» ou «magic negro») évoque dans toute fiction un personnage secondaire, et possédant souvent un handicap interne ou externe, mais doté d’un pouvoir ou d’une vision hors du com- mun, similaire aux philosophes des Lumières.

Ce personnage sert d’instrument à l’intrigue

dans la mesure où il vient toujours en aide à un personnage «blanc». Le magic negro se voit fré- quemment attribuer les qualités de patience et de sagesse, mais vient aussi parfois avec les sté- réotypes «noirs» de criminalité et de paresse.

Plusieurs individus ont déjà été associés à cette image, soit Lamont (joué par Guy Torry) dans le film American History X ou Eddie «Scrap Iron» Dupris (joué par Morgan Freeman) dans Million Dollar Baby. Toutefois, ce n’est que ré- cemment que l’usage de ce surnom est devenu non fictif, avec Barack Obama. Le 19 mars 2007, dans un article du Los Angeles Times, le journa- liste David Ehrenstein a parlé du futur président américain en usant de ce terme. Pourtant, ce n’est que plus tard qu’une chanson parodique inspirée de cet article est passée sur les ondes ra- diophoniques de Rush Limbaugh. La chanson, intitulée «Barack the Magic Negro», jouée sur le rythme de «Puff, the Magic Dragon», remet- tait en question l’intégrité du président-élu en mettant l’accent sur une fausse affiliation avec la communauté afro-américaine.

Cette image du magic negro est commune en fiction, où celui-ci est souvent vu comme une exception, permettant aux Américains de race blanche d’apprécier les personnes de race noire en tant qu’individus et non en tant que culture. Barack Obama parle pourtant d’une na- tion américaine sans couleur: «Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latine et une Amérique asiatique — il y a les États-Unis d’Amérique», avait-t-il clamé.

N’est-il pas alors possible de dire que les médias renforcent cette figure du magic negro qu’ils asso- cient avec le président américain?

Voulant de surcroît rendre hommage à l’intérêt qu’a porté Barack Obama depuis son enfance aux bandes dessinées Marvel, ceux- ci prévoient un numéro spécial de Spider-Man avec le président-élu. Bien qu’Obama ne soit pas le premier à paraître dans une bande-dessi- née (Richard Nixon avait eu le même privilège, quoiqu’il était plutôt dépeint péjorativement), cela ne semble qu’ajouter à l’envergure média- tique et à la popularité existante de l’homme.

Lorsque la politique se mêle de si près à la cultu- re populaire, où est la réalité et où est la fiction?

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Université d’Ottawa

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Les études supérieures

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Les séances couvriront les points suivants:

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• Quand, comment et où commencer votre recherche

• Le formulaire d’application et le bail

• La loi sur la Régie du logement au Québec

• Renouvellement et annulation d’un bail

• Comment refuser une augmentation abusive de loyer

• La cohabitation

• Quoi faire lors d’un confl it avec le propriétaire ou le(s) colocataire(s)

Les séances d’information En janvier 2009

Tous les jours de la semaine du 19 janvier à 11 heures Tous les jours de la semaine du 26 janvier à 14 heures En février 2009

Tous les vendredis à 14 heures

Séances additionelles en mars 2009 sur la sous-location et la cession de bail Tous les vendredis à 14 heures

Les séances auront lieu dans la Résidence «Diocesan College»

3473 Université Montréal, QC H3A 2A8

Présenté par le service de logement hors campus La session se déroulera en anglais

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Mai Anh Tran-Ho Le Délit

T

ous ceux qui la connaissent se font d’elle une image plus ou moins précise. Juliette Binoche, actrice française aux cheveux bruns et aux yeux bruns, charmante plutôt que fatale, mais dont le regard est la clé d’un talent hors du commun.

Les personnages qu’a interpré- tés Juliette Binoche ne sont certes pas de grands bavards, mais le peu de mots qu’ils prononcent suffisent à couper le «son».

L’actrice a su, avec le temps, montrer au public l’importance de l’acte, c’est-à-dire d’observer plutôt que d’entendre ou même d’écouter. Dans Portraits In-Eyes, Juliette Binoche ouvre des fenêtres sur les films dans lesquels elle a joué.

Sur les murs de la salle d’exposition sont accrochés trente-quatre triptyques.

Chacun, réalisé lors du tournage d’un film, est composé de trois éléments: un auto- portrait de l’actrice dans le rôle interprété, un portrait du réalisateur, et un poème de Binoche. L’actrice écrit: «J’ai jeté sur papier ce qu’il me reste, ce qui surgit malgré moi,

ce que j’ai aussi souhaité. Ce n’est pas défi- nitif, c’est la captation d’un moment de vie, d’une perception subjective et fugitive.»

L’exposition Portraits In-Eyes est une porte d’entrée dansà l’univers des person- nages joués par Binoche, mais aussi une occasion de les dépasser. Aller au-delà du récit cinématographique pour découvrir les éléments essentiels qui l’ont formé, soit le réalisateur et l’actrice –deux points de vue concentrés dans une même œuvre et pro- duisant à chaque fois quelques mots «jetés sur papier».

Les Amants du Pont Neuf est proba- blement l’une des productions les plus populaires ayant Juliette Binoche en tête d’affiche. Porté à l’écran en 1991, le scéna- rio écrit et réalisé par Leos Carax met en scène la rencontre de deux êtres au bord du gouffre. Alex, lorsqu’il n’est pas sous l’effet de l’alcool ou des somnifères, erre. Quant à Michèle, elle tente tant bien que mal de dessiner des portraits malgré une étrange maladie qui affecte sa vue. Les deux prota- gonistes se rencontrent sur le Pont Neuf à Paris, un pont en construction, à l’image de leur propre existence. Une force les pousse à agir, une force difficile à définir ou à dé-

crire, mais qui est pourtant bien ressentie et comprise par les spectateurs.

Le sentiment de perte absolue et de compréhension totale qui habite le film de Carax se retrouve également dans Caché et sous-tend l’exposition et la série de films ren- dant hommage à l’actrice. Juliette Binoche nous offre divers moments d’évasion et de réflexion à travers ses performances.

L’exposition Portraits In-Eyes permet de re- nouveler l’expérience avec des films connus ou moins connus, et de, peut-être, se refaire une image de cette icône du cinéma.

Parmi les films projetés, vous retrou- verez les titres suivants: Les Amants du Pont

Neuf, Caché, Le Hussard sur le toit, Je vous sa- lue Marie, Mauvais sang, Rendez-vous, Trois Couleurs: Bleu, et La Veuve de Saint-Pierre.

Juliette Binoche est également à Montréal dans le cadre d’un spectacle de danse à la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau jusqu’au 17 janvier. x

Oh Juliette, ma Juliette!

Découvrez ou redécouvrez Juliette Binoche à travers les films qui ont marqué sa carrière dans l’exposition Protraits In-Eyes à la

Cinémathèque québécoise.

Gracieuseté Cinémathèque québécoise

Juliette Binoche dans Mauvais Sang.

ARTS VISUELS

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xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

Portraits In-Eyes

Où: Cinémathèque québécoise 335, boul. de Maisonneuve Est Quand: jusqu’au 1er février

Combien: 6$ (étudiant)

Letizia Binda-Partensky Le Délit

L

e Centre des arts actuels Skol, situé dans l’édifice Belgo, au cœur des gale- ries d’art contemporain, favorise les artistes et théoriciens en dé- but de carrière qui ancrent leur travail dans une réflexion criti- que. Son programme varié don- ne l’opportunité de découvrir un talent différent tous les mois.

À l’affiche jusqu’au 7 février:

Factory Cubique, une création d’une jeune Montréalaise, étu- diante à la maîtrise à l’UQÀM.

L’artiste se met elle-même en scène dans une performance ex- plorant les mécanismes du tra- vail industriel à travers le son et le mouvement.

Produit industriellement, le sucre se retrouve sur les rayons en cristaux ou en cubes. Entre des cubes de tailles différentes et des tas de poudre, Dominique Sirois, munie d’une pelle et d’un enton- noir, creuse pour remplir des seaux de sucre précieux. Les mots night shift/dream shift, à l’entrée, octroient une dimension surréaliste à l’ate- lier; l’éclairage stroboscopique de la salle du fond et les néons déli- mitant l’atelier ajoutent un effet fantasmagorique à l’installation.

La blancheur éclatante du produit de la raffinerie −évoquée par les modulations sonores provenant des générateurs de fréquences, micros et amplificateurs contrôlés par Alain Lefebvre– ressort sous les éclairages au néon se détachant contre l’obscurité. Le public est

dans la raffinerie, si bien que l’ar- tiste traverse l’attroupement de spectateurs pour aller chercher le sucre puis revenir au poste. Sirois joue sur les notions de sécurité et de surveillance lorsque la tra- vailleuse qu’elle incarne déclenche le système d’alarme par inadver- tance. L’accompagnement sonore, qui consistait jusque-là de sons stridents s’accordant aux mouve- ments de la travailleuse, devien-

dra encore plus agressif. Une sé- quence de Run Run Run des Velvet Underground est répétée en bou- cle et un projecteur sert à traquer la fautive qui tente de s’enfuir. Plus que le dur labeur physique, Sirois met en scène les symptômes de dé- pendance et d’intoxication que ce milieu difficile peut engendrer. La poudre blanche se retrouve jusque dans un sac de plastique, extrait de la poche de la travailleuse, dans la

mine de sucre. Elle en saupoudrera une petite quantité dans une pipe improvisée avant de se remettre à la tâche. Les crânes de sucre pla- cés le long du mur évoqueraient- ils les dangers qui guettent la tra- vailleuse?

Le spectateur est entouré d’une étonnante quantité de cu- bes de sucre de tailles différentes, produits du travail machinal effec- tué par l’artiste. Après Salle de pau- se et Consommation, Factory Cubique s’inscrit dans une série de quatre projets reflétant les liens entre l’art et le travail. Joignez-vous à l’artiste le samedi 24 janvier à 15 heures pour une explication des concepts qui sous-tendent l’ex- position et une présentation de l’évolution du projet. x

Gestuelle raffinée

Loin de l’univers invitant des magasins de bonbons, Dominique Sirois nous plonge dans le monde peu hospitalier de la

production industrielle du sucre blanc.

Gracieuseté Centre Des arts actuels Skol

(C’est du sucre.)

ARTS VISUELS

Factory Cubique

Où: Au Centre des arts actuels Skol, 375 Sainte-Catherine

Quand: Du 9 janvier au 7 février Combien: Gratuit!

Arts&Culture [email protected]

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12 xle délit - 13 janvier 2009 www.delitfrancais.com

Plein les oreilles!

La nouvelle année sera riche en nouveautés musicales. Plusieurs des

chouchous de la musique d’ici nous dévoileront en effet leurs plus récents projets. Pour ce premier numéro de l’année, Le Délit vous propose un aperçu de ce que nous réserve la scène musicale en 2009.

MUSIQUE

Mara Tremblay

La talentueuse Mara Tremblay ouvrira le bal cette an- née avec un quatrième album: Tu m’intimides. Succédant à l’excellent Les Nouvelles lunes, paru il y a quatre ans, elle poursuit avec ce nouvel opus la tangente tout en douceur qu’elle avait amorcée. Elle choisit de délaisser le mélange éclaté qui, depuis son premier album solo en 1999, était sa marque de commerce, pour se consacrer à quelque chose de complètement différent. Un premier extrait intitulé «Tu n’es pas libre» est déjà disponible sur Internet et, s’il est représentatif de l’ensemble, laisse présager du meilleur. La pochette de l’album a quant à elle déjà fait beaucoup jaser en présentant une Mara nue, dont les cheveux camouflent certains endroits stratégiques. Si les mélodies et les textes sont à l’image de la photographie, il est à parier que nous aurons droit à une création particulièrement intimiste de la part de l’artiste.

Julie Côté, Catherine Côté-Ostiguy et Véronique Samson Le Délit

Pierre Lapointe

Les 27 et 28 février prochains, dans le cadre du Festival Montréal en lumière, Pierre Lapointe retrouvera son cos- tume argenté de mutant le temps de deux représentations de son plus récent spectacle, Mutantès. Pour tous ceux qui l’auraient manqué l’été dernier durant les FrancoFolies, voici une chance de découvrir l’audacieuse proposition poétique d’un jeune artiste qui a su trouver sa place dans le cœur des Québécois. Mutantès est une incursion dans le monde d’un mutant à la recherche du bonheur et de l’amour, un monde futuriste mais étrangement proche du nôtre. Ce spectacle multidisciplinaire, se situant quelque part entre la danse, le théâtre et une grande fête musicale, a de quoi étonner. La parution d’un nouvel album, réu- nissant les chansons originales de Mutantès, est prévue pour le mois de mars. Pierre Lapointe passera également par Ottawa en juillet avec un nouveau spectacle intitulé Sentiments humains avant de s’envoler pour la France.

Malajube

Le groupe, qui a fait un malheur sur la scène musicale québécoise et internationale, s’apprête à nous épater une fois de plus. À la sortie du premier album de la formation, Le Compte complet, en 2004, ils surprennent l’underground montréalais avec un son neuf et éclaté. Puis, lorsqu’ils ré- cidivent en 2006 avec Trompe-l’œil, c’est la consécration. Ils connaissent un succès considérable, tant sur la scène qué- bécoise qu’internationale. On apprécie leurs mélodies, à la fois accrocheuses et complexes, qui inaugurent un genre tout à fait nouveau au Québec. Après une longue attente, les inconditionnels pourront donc se satisfaire d’un tout nouvel album, Labyrinthes, qui paraîtra en février. Toujours représenté par la bannière Dare to Care, le groupe mon- tréalais montera sur scène à La Tulipe les 17 et 18 février prochains pour présenter au public ce nouveau rejeton, qui sera disponible chez les disquaires dès le 10 février. Il ne reste plus qu’à espérer que Labyrinthes soit à la hauteur de nos attentes. Pour les musiciens, qui ont frisé l’excel- lence avec Trompe-l’œil, la barre est haute!

Vincent Bezault Vincent Bezault Vincent Bezault

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Le DJ Ghislain Poirier nous offrira un nouvel album en trois volets, dont le premier, Soca Sound System, paraîtra en février.

À surveiller : les nouveaux disques de Jason Bajada et d’Antoine Gratton (à paraître en février), de même que ceux de Damien Robitaille et de Bonjour Brumaire, dont les dates de sortie n’ont pas encore été déterminées.

Du côté de la relève, on porte une attention particulière à La Patère rose qui, après s’être démarqué lors des dernières Francouvertes, nous prépare un premier album. La formation montréalaise Éléphantine, qui avait attiré l’attention avec son mini-album l’an dernier, nous offrira également son premier album complet au printemps.

Il est également à noter que le nouveau U2, dont la sortie est prévue pour le début mars, sera produit par le québécois Daniel Lanois. Il est à parier que la réunion de la formation irlandaise avec le rockeur –car ils n’en sont pas à leur première collaboration–

donnera un résultat intéressant.

Finalement, plusieurs seront heureux d’apprendre que le montréalais Patrick Watson est actuellement en studio, dans le but de préparer l’album qui succédera à Close to Paradise.

Bien qu’aucune date officielle n’ait été annoncée, les fans sont en droit d’espérer qu’il at- terrira chez les disquaires avant la fin de l’année. x

xle délit - 13 janvier 2009 13

www.delitfrancais.com

The Arcade Fire

Après leur campagne musicale en soutien de celle de Barack Obama, le groupe montréalais The Arcade Fire annonçait en décembre la parution d’un documentaire d’archives. Miroir noir est disponible en ligne sur www.mi- roir-noir.com depuis le 15 décembre, et sa version DVD devrait paraître en magasin dans les prochains mois. Miroir noir retrace l’enregistrement de Neon Bible, le dernier al- bum du groupe, sorti en 2007, ainsi que la tournée mon- diale qui a suivi. Vincent Morrisset, le réalisateur du vidéo interactif de la chanson «Neon Bible», cosigne Miroir Noir, aux côtés du caméraman Vincent Moon. Ce documentaire de soixante-seize minutes, qui semble avoir été tourné ca- méra à l’épaule, sort des frontières du documentaire rock avec des images de spectacles très dynamiques et un éclai- rage quelque peu glauque, fidèle à l’atmosphère à laquelle nous a habitués The Arcade Fire. De quoi nous tenir en haleine jusqu’au prochain album du groupe qui, selon certaines entrevues, serait en plein élan créatif.

Dumas

Bien établi sur la scène québécoise, Dumas lançait au début du mois de décembre un album-surprise inti- tulé Nord. Tiré à 10 000 exemplaires seulement, ce nou- vel album devrait faire patienter les fans de l’artiste, car la rumeur court que Dumas se terrerait toujours dans son studio. Il paraît même que nous pouvons nous attendre à d’autres albums-surprises. Pour l’instant, par contre, aucune tournée n’est prévue en 2009. En attendant de le voir sur scène, vous pouvez découvrir le nouveau son de Dumas avec Nord, qui contient neuf pièces d’inspiration nordique aussi mélodieuses et accrocheuses que l’étaient celles de ses albums précédents. À l’occasion de la sortie de l’album, celui qui loge désormais sous l’enseigne de La Tribu présentait aussi un tout nouveau site Internet, sur lequel on retrouve le livret de Nord. Espérons que Dumas continuera de nous surprendre en 2009 avec, pourquoi pas, une série de spectacles.

Jean Leloup/Leclerc

Après avoir infligé au public une véritable douche froide lors de son retour sur scène à Québec en août der- nier, le prince de la musique québécoise s’apprêterait à lancer son prochain album, dont le titre demeure inconnu à ce jour. La sortie du disque, sur lequel on pourra enten- dre le single «Le Roi se meurt», était à l’origine prévue pour l’automne dernier. Seul l’avenir nous dira donc quand Dead Wolf nous donnera du matériel neuf à nous met- tre sous la dent. L’hiver 2009 sera par ailleurs bien chargé pour le ressuscité, car la sortie de son film Karaoke Dream s’effectuera en même temps que celle de l’album. Selon le site Internet de l’artiste, le film, qui sera disponible en ligne à raison d’une minute par jour, racontera l’histoire d’un travesti se faisant crever les yeux par une belle escorte, et d’un obèse qui en tombe amoureux. Ça promet!

D’autres sorties à ne pas manquer en 2009…

Vincent Bezault Gracieuseté La Tribu Gracieuseté The Arcade Fire

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