Méthode de Newton
Leçons :218, 223, 226, 228 Théorème 1
Soit I intervalle deR,a∈I et f : I →Rde classe C2. Si f(a) =0et f0(a)>0, il existe J= [a−h,a+h]tel qu’on ait∀x ∈J,f0(x)>0et queJsoit stable parϕ:x 7→ x− f(x)
f0(x). Alors si x0 ∈J, la suite définie par la relation de récurrence xn+1 =ϕ(xn)converge versa, et il existeC >0tel que∀n∈N,|xn−a|2 ¶C2n−1|x0−a|2n
De plus, si f00(a)>0et x0>a, la suite(xn)est décroissante et xn+1−a∼1
2 f00(a)
f(a)(xn−a)2
Démonstration.Comme f0est continue surI et f0(a)>0, on peut trouverJ= [a−h,a+h] tel que∀x ∈J,f0(x)>0.
De plus, six ∈J,ϕ(x)−a=x−a− f(x)−f(a)
f0(x) = f(a)−f(x)−(a−x)f0(x) f0(x) . Selon l’égalité de Taylor appliquée à la fonctionC2 f entre a et x, il existezx ∈[a,x] tel queϕ(x)−a=1
2
f00(zx)
f0(x) (x−a)2. Ainsi, sim=min
J |f0|>0 (car f0 est continue et strictement positive surJ compact) et M =max
J |f00|, on a|ϕ(x)−a|¶1 2
M
m|x−a|2=C|x−a|2 En particulier, siCh2 ¶h soith¶ 1
C,J est un intervalle stable parϕ. Quitte à prendre h plus petit, on suppose donc que cette hypothèse est vérifiée.
Ainsi, si x0 ∈J, la suite(xn)n est bien définie et vérifie∀n∈N,|xn+1−a|¶C|xn−a|2. Par conséquent,C|xn+1−a|¶(C|xn−a|2)2 donc une récurrence immédiate nous assure que
∀n∈N,|xn−a|2¶C2n−1|x0−a|2n En particulier,(xn)converge vers a.
Supposons à présent que f00(a)>0. Par le même argument que pour f0, on peut sup- poser, quitte à remplacer J par un sous-intervalle, que ∀x ∈ J,f00(x) > 0. Par suite, f0 est croissante sur J et en particulier, si x ¾ a, f0(x) ¾ f0(a) > 0 donc f elle-même est croissante. Ainsi,∀x>a,f(x)> f(a) =0.
On obtient donc∀x >a,ϕ(x) = x− f(x)
f0(x) <x. De plus si x ¾a, ϕ(x)−a= 1
2
f00(zx)
f0(x)(x−a)2¾0
cara¶zx ¶x1. Par conséquent, si x0>a, la suite(xn)est décroissante et∀n∈N,xn¾ a.
De plus,∀n∈N,xn+1−a=1 2
f00(zn)
f0(xn)(xn−a)2 oùa¶zn¶xn donc comme xn−−−−→
n→+∞ a,
il en va de même pour (zn)et par continuité de f0 et f00, on a
1. Cette inégalité exprime simplement le fait que, par convexité def, le graphe de f est au-dessus de ses tangentes.
Gabriel LEPETIT 1 ENS Rennes - Université Rennes 1
xn+1−a'1 2
f00(a)
f0(a)(xn−a)2
Exemple.Application à l’approximation d’une racine carrée : si y >0 et f : x 7→ x2−y, a = py alors si c > a et c2 > c, l’intervalle J = [a,+∞[ est stable et si x0 ∈ J, on a la majoration de l’erreur
0¶xn−a¶2ax0−a 2a
2n
En effet, soitF: x 7→ x− f(x)
f0(x) = x2+a2
2x .F(x)−a= (x−a)2
2x et F(x) +a=(x+a)2 2x , de sorte que F(x)−a
F(x) +a =x−a x+a
2
. Donc en notantϕ : x 7→ x−a
x+a bijection de]−a,+∞[
sur]− ∞, 1[, etG: x 7→x2, on a F =ϕ−1◦G◦ϕ.
Ainsi, si x0 ∈ J, xn+1 = F(xn), pour toutn∈N, xn = (ϕ−1◦Gn◦ϕ)(x0)soit xn−a xn+a =
x0−a x0+a
2n
. D’où
1+ 2a xn−a =
1+ 2a x0−a
2n x0>a
¾ 1+
2a x0−a
2n
Une simplification immédiate nous fournit la majoration voulue.
Remarque. • Attention à bien adapter l’énoncé du théorème pour le rendre tout à fait général, les jurys y seront attentifs puisque c’est un développement très classique.
• L’énoncé du théorème peut être résumé en disant simplement que aest un point fixe superattractif deϕ.
• Une généralisation existe en dimension n (et a une preuve identique) : Newton- Raphson. Si f : U ⊂Rn → Rn est tel que D f(a) est inversible et f(a) = 0, alors a est un point fixe superattractif deϕ :x → x−(D f(x))−1.f(x). (voir DEMAILLY 2006, p. 110).
Référence :François ROUVIÈRE(2003).Petit guide de calcul différentiel. 2eéd. Cassini p.
142.
Gabriel LEPETIT 2 ENS Rennes - Université Rennes 1