ACTION
COMPARÉE
DEL’ÉRYTHROMYCINE
ET DE
L’AURÉOMYCINE
SURLA CROISSANCE
DU POUSSIN ETSTOCKAGE
DEL’ÉRYTHROMYCINE
DANS LES TISSUS
C. CALET
Station de Recherches avicoles, C. N. R. Z., Jouy-en-Josas (S. et 0.).
SOMMAIRE
Mieux que
l’auréomycine,
l’érythromycine favorise ledéveloppement pondéral
du Poussin et améliore le taux de conversion alimentaire. Son actionpositive
sur la croissance estindépendante
du moded’élevage
de l’animal.L’importance
du transfert del’érythromycine
alimentaire au muscle et aufoie est faible.
L’érythromycine
est un nouvelantibiotique
utilisé en médecine hu- maine dans le traitement des maladies infectieuses(HUNTER, 1950 ).
Les
qualités
de cettesubstance, qui
la fontparticulièrement
bienappré- cier,
se manifestent par sonspectre
antibactérien très étendu et par la tolérance trèsmarquée qu’elle présente
vis-à-vis des différents tissus.Les essais
d’emploi
del’érythromycine
comme facteur de croissance sont rares. Onpeut
citer les travaux de R!Ra1 etal.,
1957 a-ig57 bsur le Rat
qui
démontrent la faculté de cetantibiotique
d’accroître le taux de croissance des animaux et d’améliorer l’indice de consommation.lBŒIC H E
L et
FRnrr!ors,
1955 ont démontréqu’il
existe une relationentre
l’aptitude
d’unantibiotique
à stimuler la croissance et son pou- voir d’inhiber les désaminases microbiennes. Or ces mêmes auteurs ont pu montrer quel’érythromycine
exerce une action inhibitrice trèsimportante
vis-à-vis des désaminases microbiennes
(M I C H E L
M.,ig58).
Il est donc dès lors intéressant de mettre en évidence l’efficacité éventuelle de cet
antibiotique ajouté
à la ration pour la croissance du Poulet.Pour mieux mettre en valeur nos
résultats,
nous avonscomparé
l’efficacité pour la croissance de ce nouvel
antibiotique,
obtenu à l’état pur, à celui d’un autreantibiotique,
lechlorhydrate d’auréomycine.
Tous nos résultats sont
rapportés
à ceux d’un lot témoinqui reçoit
le
régime
de base seul.MATÉRIEL
ETMETHODES 13
8 poussins
d’unjour, mâles,
de race RhodeWyandotte,
sont ré-partis
en 6 lotshomogènes
etidentiques.
Pour chacun des 3régimes
considérés un lot est élevé au
sol,
l’autre surgrillage.
Nous avons donc le
dispositif d’élevage
suivant :Dans tous les cas, la surface mise à la
disposition
despoussins
d’un lot estla même. En dehors des variations
portant
sur lesrégimes
et sur lanature de la cage, les
poussins
sont soumis aux mêmes soinsd’élevage
Ces
régimes
sont ainsi constitués :a)
I,erégime
de base :Ce
régime
de base titre 2o,5 p. 100 de matières azotées totales dont lesprotéines
sontéquilibrées
en acides aminés.b)
lesrégimes expérimentaux
sont les suivants :- Les lots témoins
(I
etII) reçoivent
lerégime
de base seul.(’) Complexe salin constitué de carbonate de chaux, carbonate de magnésie, phosphate tricalcique,
chlorure de sodium.
( 2
) Le complément vitaminique et aminé assure la couverture des besoins vitaminiques.
Il permet de plus un équilibre satisfaisant des acides aminés de l’ensemble du régime.
- Les lots «
Auréomycine » (III
etIV) reçoivent
lerégime
de baseenrichi de 20 mg de
chlorhydrate d’auréomycine
parkg
de ration.- Les lots «
Erythromycine
»(V
etVI) reçoivent
lerégime
debase
auquel
onajoute
2omg/kg
de rationd’Érythromycine
de base(érythromycine pure).
Les animaux sont
pesés individuellement chaque
semaine et la con-sommation de nourriture est contrôlée
chaque jour.
Les observations sur animal
portent
sur leuraspect,
leurgain
depoids,
leur consommation de
nourriture,
et lestockage
del’érythromycine
dansles tissus.
RÉSULTATS
1. - Croissance.
a)
Rôle del’antibiotique.
L’auréomycine
améliore la croissance d’unefaçon appréciable.
Nousretrouvons une fois de
plus
un fait bien établi. D’autrepart l’érythromy-
cine provoque incontestablement une amélioration de la croissance pon- dérale du Poulet. Dans tous les cas, les animaux
qui reçoivent
cet antibio-tique
sont lesplus
lourds. Enparticulier,
à doseégale
dans lapâtée
etdans les mêmes conditions
d’élevage, l’érythromycine
esttoujours plus
efficace que
l’auréomycine.
Nos résultats sont en accord avec ceux de MeGrNrris, 195 8 qui
reconnaît àl’érythromycine
une efficacitésupérieure
à celle des autres
antibiotiques
étudiés.b)
Influence du mode d’élevage.A
4 semaines,
les lots élevés au sol ont une meilleure croissance queceux élevés sur
grillage.
Toutefois cettedifférence,
nette pour les lots« témoins » et
« auréomycine »,
n’existepratiquement
pas chez les animauxqui reçoivent
del’érythromycine.
Il est loisible de penser que seuls les lots « témoins » et
« auréomycine
»tirent
profit
des facteurs de croissance contenus dans lalitière,
cequi
nesemble pas être le cas des
poulets
soumis àl’érythromycine.
Par contre, à 9semaines,
les résultats se trouvent inversés : dans le cas derégimes
iden-tiques,
ce sont lespoulets
élevés surgrillage qui l’emportent
enpoids
surles animaux élevés au sol.
Dans tous les cas, le rôle favorable
joué
parl’érythromycine
dansla croissance semble peu
dépendant
des conditionsd’élevage.
Onpourrait interpréter
ces faits à la lumière de la théoriequi
fait intervenir l’antibio-tique
au niveau de la flore microbienne de l’intestin. Il sepourrait
en effetque, d’une
part, l’érythromycine
favorise lasynthèse
des facteurs de crois-sance contenus dans les litières par les microbes intestinaux, et que d’autre
part,
cettesynthèse
soitplus
intense que celleprovoquée
parl’auréomy-
cine. On
pourrait
ainsiexpliquer
lasupériorité
del’érythromycine
sur l’au-réomycine.
c)
I,’observation des courbes depoids
montre que les différencespondérales
entre les lots «érythromycine
» et «auréomycine
» sont lesplus importants quand
lespoussins
sontâgés de à ! semaines.
Ce fait est misen valeur si l’on calcule les
augmentations
degain
depoids
en pourcen-tage.
Au fur et à mesure
qu’ils vieillissent,
lespoulets
du lot« auréomycine
nont un
gain
depoids
relatif constant parrapport
auxtémoins,
voisin de 7,5 p. 100. Par contre, l’efficacité del’érythromycine
décroît avecl’âge
des animaux :
l’avantage
observéà semaines
est de 18 p. 100 surgril- lage
et de1 6, 5
p. 100 ausol ;
il n’estrespectivement
que de 12,5 p. 100 et de zo,3 p. 100 à 9 semaines. I,ecomportement
des deuxantibiotiques
est donc tout différent en fonction de
l’âge
de l’animal. Ceci est mis enévidence encore mieux dans le tableau III.
Bien que l’effet
positif
del’érythromycine
sur la croissance soit spec- taculairependant
lespremières
semaines de la vie de l’animal - actionbeaucoup plus marquée
que celle del’auréomycine
-,l’avantage
du pre- mierantibiotique
sur le second est sérieusementcompromis lorsque
lesanimaux
atteignent
lepoids
commercial où ils seront vendus.2. - Nourriture
imjér p c.
Les résultats rassemblés dans le tableau I sont les suivants :
A q
semaines,
laquantité
de nourritureingérée
esttoujours plus
fortepour les lots témoins que pour les autres lots. Dans des conditions d’éle- vage
comparables
iln’y
a pas de différence entre les lots «auréomycine
»et «
érythromycine
».A 9 semaines et dans des conditions
d’élevage identiques
les diversrégimes
neprovoquent
aucune différence sur le taux desingestats.
Enfindans tous les cas, les animaux élevés sur
grillage
ont consomméplus
denourriture que ceux élevés au sol.
Ces faits se
reproduisent
de la même manière au niveau de l’in- dice de consommation. Il semble donc que les animaux élevés au sol tirent un meilleurprofit
de leurs aliments que ceux élevés surgrillage.
En ce
qui regarde
l’influence desantibiotiques
pour des conditionsd’élevage semblables,
l’indice de consommation est améliorélégèrement
par
l’auréomycine
alorsqu’il
l’estbeaucoup plus
dans le cas del’éry- thromycine.
3. -
Stockage
deI’prythron)Bt’in<*
dans le! tisstis.Méthode
de dosage.Flle est
inspirée
de celleproposée
parFÉVRIER,
VACHER et Dlmr!t., z9j5 pour le
dosage
del’auréomycine
dans les mêmes conditions. Nous utilisons lapropriété
del’antibiotique
d’inhiber la pousse deStaphylo-
coccus A 1treus H ATCC 9144 entretenu sur un milieu nutritif
complet.
L’extraction de
l’érythromycine
estlégèrement
différente de celle de l’au-réomycine.
L’extraction de cette dernièreprévoit
un traitement àpH
4, 5 pourprécipiter
dans l’échantillon laplus grande partie
desprotéines.
L’érythromycine
nesupporte
pas les milieux acides. Aussipeut-on opérer
la
séparation
desprotéines
soit parrelargage
soit par défécation au moyen d’unmélange préalablement
neutralisé de sulfate de zinc et debaryte.
Lapremière
méthode ne nous a pas donné satisfaction car il esttoujours
difficile d’éliminer totalement le sulfate
d’ammoniaque
utiliséqui
influeultérieurement sur la croissance du
microorganisme
servant audosage.
Nous avons
préféré
la deuxième solution dont les détailsopératoires
sontindiqués
ci-dessous.b)
Extraction.I,’acétone est un excellent solvant de
l’érythromycine.
Elle permet deplus
uneprécipitation importante
d’unegrande partie
desprotéines.
Aussi,
10 g de l’échantillon à doser sontbroyés
finement au mixer pen- dant 10 mn enprésence
de 50 cm3 d’acétone. Pour éviter que leprécipité acétonique
n’entraîne parabsorption
unepartie
del’érythromycine,
ilest remis continuellement en
suspension
paragitation.
I,aliqueur
estalors
réfrigérée puis
filtrée. L’acétone estévaporée
sous vide à 300 C. Onreprend l’érythromycine
dans 10 cm3detampon
àpH
7. I,a solution ainsi obtenue est trouble et il convient d’effectuer une défécation au moyen du sulfate dezinc, baryte.
Cemélange
estpréparé
au moment del’emploi
à
partir
d’une solution debaryte
à i p. 100 et d’une solution de sulfate de zincà
p. 100. On verse cette dernière dans labaryte jusqu’à
obtentiond’une
liqueur
neutre. On filtre l’extraitd’érythromycine après précipi-
tation. La solution amenée à un volume connu est
prête
pour ledosage.
c)
Dosage.On mesure l’activité inhibitrice de l’extrait sur la pousse de
Staphy-
lococcus auyeus en la
comparant
à celle d’unequantité
connued’érythro-
mycine
pure. Onopère
sur milieu de baseliquide ensemencé, possédant
la
composition
suivante :Le milieu de base est
réparti
dans des tubes à raison de 9 cm3 ; la solutiond’antibiotique
estajoutée
ensuite et l’oncomplète
à 10 cm3avecde l’eau distillée.
Dans nos cond.itions
expérimentales,
lesquantités d’érythromycine apportées
danschaque
tube s’échelonnent entre o,i et i gamma(o,i
à1 cm3d’une solution à T
ganiiiia). Chaque
tube estreproduit
trois fois.Après
une incubazion d.e 3 h 30 au bain-marié à 37°, on arrête la crois-sance microbienne en
ajoutant
danschaque
tube une goutte d’une solu- tion au tiers de formol. Onapprécie
ensuite l’intensité de cette croissance par mesure de la turbidité duliquide
auspectrophotomètre
de Beck-mann B.
d)
Résultats.A la suite de l’essai de
croissance,
10poulets
du lotK érythrom y cine
»sont
gardés
en vue dudosage
de cetantibiotique
dans les tissus. Ils re-çoivent pendant
un mois le mêmerégime
où la dosed’érythromycine
estdoublée,
soit 4o mg parkg
derégime. Après sacrifice,
onprélève
le musclepectoral
droit et lefoie, qui
sont immédiatementbroyés
dans l’acétone.Les résultats
figurent
dans le tableau IV.On observe tout d’abord une
grande
variabilité des résultatspuisque
pour un même muscle la
quantité d’érythromycine
stockée par gramme de tissu passe de o,2o à 3,02 gamma d’un animal à l’autre. Cette varia- bilité est toutefois moinsimportante
dans le cas du foie.Des
dosages identiques
ont été effectués chezquelques poulets
té-moins. Voici les résultats.
Le
pouvoir antibiotique
que l’on retrouve dans les tissus des animaux témoins estnégligeable,
de l’ordre des erreursexpérimentales.
Chez lesanimaux
traités,
la teneur des foies enérythromycine
est extrêmement faible( 2
à 3 fois celle destémoins).
Les muscles manifestent uneaptitude plus marquée
à retenirl’antibiotique, qui
se traduit par luistockage
re-présentant
un taux variant de i à y fois la valeur trouvée chez les témoins.Bien que l’on ne
puisse
pasinterpréter
cette variabilitéénorme,
il demeurecependant, qu’en
valeur absolue, lesquantités d’érythromycine
retrouvéessont minimes et ne
peuvent
pasreprésenter
dedanger
pour le consomma-teur. Nos résultats sont en accord avec ceux de CHENG-Gnux I,EE et
al.,
1953,
qui
ne retrouventpratiquement
pasd’érythromycine
dans lemuscle du Rat 7 h
après
une administration orale d’une doseunique
de20 mg de
l’antibiotique.
CONCLUSION
Mieux que
l’auréomycine, l’érythromycine
pure améliore la crois-sance
pondérale
et l’indice de consommation du Poulet. Ce nouvel anti-biotique employé
dans l’alimentation desjeunes
volailles provoque une amélioration trèsimportante
de la croissance du Poussin. Le bénéfice peut atteindre la valeur de 18 p. 100. Ce résultat est encoreplus
démonstratif si l’on compare l’effet de croissance del’érythromycine
à celui d’un autreantibiotique, l’auréomycine.
Al’âge
dequatre
semainesl’augmentation
dugain
depoids
est deux foisplus
élevéequand
les animauxreçoivent
del’érythromycine
quelorsqu’ils
sont traités àl’auréomycine
dans les mêmesconditions.
Toutefois,
sous l’effet del’érythromycine,
le bénéficepondéral
va en s’amenuisant au fur et à mesure que l’animal devient
plus âgé,
età 9
semaines,
l’amélioration du taux decroissance
dîi à cetantibiotique
.est de l’ordre de celle obtenue avec
l’auréomycine.
I,e
dépôt d’érythromycine
dans le foieet dans
le muscle est extrême- ment faible.SUMMARY
Erythromycine added to a commercial diet for chicks at a dose of 20 g per ton of feed
produces
animprovement
ingrowth
and feed’efficiency
which is
superior
to that obtainedby anreomycine
used in the same conditions.For chicks of q weeks of age,
erythromicine gives
again
inweight
of 18 p. roo, and aureomy cine 8 p. 100. However, as the birds grow older, theefficiency
of the two
drugs
tends to become similar.The
weight
increaseproduced
byerythromycine
remains the same when the chicks are raised on «shavings
litter » or on « raised wire floor ».RFF’I!,RI;1BCI;S
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