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1 Théorème d’inversion locale

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Leçon 214 : Théorème d’inversion locale, théorème des fonctions implicites. Exemples et applications en ana- lyse et en géométrie.

1 Théorème d’inversion locale

Définition 1. SoientUetV deux ouverts deRn. On dit que f :UV est un Ck–difféomorphisme sif est Ck,f est bijective etf−1est Ck.

Exemple 2.

1. DansR2,U =R+×]−π,π[ etV =R2\ {(x,y)R2|x60}. L’appli- cation g :UV définie parg(r,θ)=(rcosθ,rsinθ) est un C– difféomorphisme.

2. La fonction f :RRdéfinie par f(x)=x3est dérivable, bijective mais n’est pas un difféomorphisme.

Théorème 3(inversion locale). Soient U un ouvert deRnet f :URnde classeC1. Soit aU tel quedf(a)est inversible, alors il existe V un voisi- nage ouvert de a dansRnet W un voisinage ouvert de f(a)dansRntels que f|V :VW soit unC1–difféomorphisme. De plus,df−1¡

f(x)¢

=df(x)−1. Remarque4. On peut remplacer C1par Ck.

Corollaire 5. Soient U un ouvert deRnet f :URnde classeC1. On sup- pose que pour tout xU ,df(x)est inversible. Alors f est une application ouverte : pour toutouvert de U , f(Ω)est un ouvert deRn.

Exemple 6. L’hypothèse C1est nécessaire : f(x)=x+x2sin(πx) prolongée par 0 en 0 ; alorsf est dérivable surR,f0(0)6=0 maisf n’est inversible sur aucun voisinage de 0.

Application 7. Soit f :RnRn de classe C1 telle que pour toutxRn, df(x) est une isométrie. Alorsf est une isométrie affine.

Exemple 8. SurC,f(z)=z2est un difféomorphisme local en tout point mais n’est pas un difféomorphisme global (pas injective).

Théorème 9(inversion globale). Soit U un ouvert deRn et soit f :URn de classeC1. On suppose que f est injective sur U et que pour tout xU ,df(x)est inversible. Alors f(U)est un ouvert deRn et f est unC1 difféomorphisme global de U sur f(U).

2 Le cas holomorphe

Théorème 10. Soient U un ouvert deCet f :UCune fonction holo- morphe. Soit z0U tel que f0(z0)6=0, alors il existe V un voisinage de z0

dans U et W un voisinage de f(z0)dans Ctels que f|V :VW soit un biholomorphisme.

Proposition 11. Soient U un ouvert connexe deCet f :UCholomorphe non constante. Alors f est une application ouverte.

Corollaire 12(D’Alembert–Gauss). Soit PC[X]non constant. Alors la fonction z7→P(z)admet un zéro dansC.

Théorème 13. Soient U un ouvert deCet f :UCune fonction holo- morphe. Si f est injective sur U , alors f est un biholomorphisme de U sur

f(U).

3 Théorème des fonctions implicites et théorème du rang constant

Théorème 14(fonctions implicites). Soient U un ouvert deRn×Rm et f : URm de classeC1. Soient(a,b)∈U et c = f(a,b). On suppose que la différentielle de y7→ f(a,y)est inversible au point b. Alors il existe V un 1

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voisinage ouvert de a dansRn, W un voisinage ouvert de b dansRm etϕ: VW de classeC1telle que :

xV,yW, f(x,y)=c ⇐⇒ y=ϕ(x)

Exemple 15. SoitP0Rn[X] etx0Rune racine simple deP0. Alors il existeV un voisinage ouvert de P0 dansRn[X], W un voisinage de x0

dansRetϕ:VW de classe C tels que pour tousxW etPU, x=ϕ(P) ⇐⇒P(x)=0.

Définition 16. SoientUun ouvert deRnetf :URm de classe C1. Soit aU, alors :

1. si df(a) est surjective, on dit quef est unesubmersionena(en par- ticulier,n>m).

2. si df(a) est injective, on dit que f est uneimmersionena(en parti- culier,n6m).

Proposition 17. Soient U un ouvert deRnet f :URm de classeC1. Soit aU , alors :

1. si f est une submersion en a, il existeϕun difféomorphisme local au voisinage de a tel que f =πϕoùπest la projection canonique de RnsurRm.[faire un schéma]

2. si f est un immersion en a, il existeψun difféomorphisme local au voisinage de f(a)tel que f =ψ−1j où j est l’injection canonique de RndansRm.[faire un schéma]

Théorème 18(rang constant). Soient U un ouvert de Rn et f :URm de classeC1. On suppose que pour tout xU , la différentielledf(x)est de rang constant r . Si aU , alors il existe ϕun difféomorphisme local au voisinage de a etψun difféomorphisme local au voisinage de f(a)tel que f =ψ−1gϕoù g est l’application linéaire g(u1, . . . ,ur,ur+1, . . . ,un)= (u1, . . . ,ur, 0, . . . , 0).

4 Sous-variétés de R

n

Définition 19. SoitM une partie deRn. SoientmM etdN, on dit queMest lisse enmde dimensionds’il existeϕun C1–difféomorphisme d’un voisinage ouvertV demdansRnsur le voisinageϕ(V) de 0 dansRn qui transformeMen un s.e.v. de dimensiond:

ϕ(MV)=Fϕ(V)

avecFun s.e.v. deRnde dimensiond. On dit queMest une sous-variété deRnde dimensiondsiMest lisse de dimensionden tout point.

Définition 20. SoientM une partie deRnetmM. Un vecteurv deRn est dit tangent enm àM s’il existe un chemin dérivableγ:IMI intervalle ouvert contenant 0 tel queγ(0)=metγ0(0)=v.

Proposition 21. Si M est lisse en m de dimension d , alors l’ensemble de ses vecteurs tangents en m est un s.e.v. deRnde dimension d appelé espace vectoriel tangent à M en m. On le noteTmM .

Théorème 22(sous-variétés). Soient M une partie deRn, mM et dN. Les assertions suivantes sont équivalentes :

1. M est lisse en m de dimension d .

2. Il existe un voisinage ouvert U de m dansRn et f :URn−d une submersion en a telle que :

xMU ⇐⇒xU et f(x)=0 L’espace tangent en m est alorsTmM=ker df(m).

3. Il existe un voisinage ouvert U de m dansRn, un voisinage ouvertde0dansRd etϕ:Ω→Rn une immersion en0telle queϕsoit un homéomorphisme desur UM etϕ(0)=a.

L’espace tangent en m est alorsTmM=Im dϕ(0).

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Exemple 23. DansRn, on définitSn−1={x∈Rn|x12+ · · · +xn2=1}. Alors Sn−1est une sous-variété deRnde dimensionn−1. L’espace vectoriel tan- gent en un pointxSn1est alorsx.

Exemple 24. On se place dansMn(R).

1. SLn(R) est une sous-variété deMn(R) de dimensionn2−1. Son es- pace tangent en l’identité est l’ensemble des matrices de trace nulle.

2. On(R) est une sous-variétés deMn(R) de dimensionn(n−1)2 . Son es- pace tangent en l’identité est l’ensemble des matrices antisymé- triques.

Théorème 25(Extrema liés). Soit U un ouvert deRnet soient f,g1, . . . ,gp

des fonctions de classeC1de U dansR. On considère l’ensemble : M={x∈U|g1(x)= · · · =gp(x)=0}

Soit mM , on suppose quedg1(m), . . . , dgp(m) sont linéairement indé- pendantes. Si m est un extremum local de f sur M , alors il existe des réels λ1, . . . ,λptels quedf(m)=λ1dg1(m)+ · · · +λpdgp(m).

Application 26 (théorème spectral). Soit u un endomorphisme symé- trique d’un espace euclidien. Alors il existe une base orthonormée de vec- teurs propres pouru.

5 Lemme de Morse

Proposition 27. Soit A0une matrice symétrique inversible. Alors il existe une applicationϕ:A7→M=ϕ(A)de classeC1définie sur un voisinage V de A0dansSn(R)et à valeurs dansGLn(R)telle que :

AV, A=tM A0M

Lemme 28(Morse). Soit U un ouvert deRn contenant0et soit f :UR de classeC3. On suppose que0est un point critique non dégénéré de f : df(0)=0etd2f(0)est une forme quadratique non dégénérée, de signature (p,np). Alors il existeϕunC1–difféomorphisme entre deux voisinage de 0dansRntel queϕ(0)=0et :

f(x)−f(0)=ϕ1(x)2+ · · · +ϕp(x)2−ϕp+1(x)2− · · · −ϕn(x)2

Application 29. SoitS={(x,y,z)R3|z=f(x,y)} oùf est de classe C3 au voisinage deaR2. On suppose que d2f(a) est non dégénérée. Posons δ(h)=f(a+h)−¡

f(a)+df(a).h¢

la différence d’altitude entreSet son plan affine tangent ena.

— Si d2f(a) est de signature (2, 0), alorsδ(h)>0 pour touth6=0 dans un voisinage de 0. AinsiSest au-dessus deP dans un voisinage de

¡a,f(a)¢ .

— Si d2f(a) est de signature (0, 2), alorsδ(h)<0 pour touth6=0 dans un voisinage de 0. AinsiSest en-dessous deP dans un voisinage de

¡a,f(a)¢ .

— Si d2f(a) est de signature (1, 1), alorsδ(h)=u(h)2v(h)2 au voi- sinage de 0 et S traverse son plan tangent ena selon une courbe admettant un point double en¡

a,f(a)¢ .

Développements

1. Théorème des extrema liés.[25]

2. Lemme de Morse.[28]

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Références

— AVEZ,Calcul différentiel.

— BECK, MALICKet PEYRÉ,Objectif agrégation.

— GOURDON,Les maths en tête.

— ROUVIÈRE,Petit guide de calcul différentiel.

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