CAPES blanc d’analyse du 12 octobre 2011.
Dur´ee : 5 heures.
Il sera tenu compte de la clart´e et de la concision de la r´edaction.
Dans tout le probl`eme on notera (an)n≥1 la suite de terme g´en´eral
an= − ln(n) +
n
X
k=1
1 k.
Ce sujet porte d’une part sur l’´etude de la limite de cette suite (la constante d’Euler) et d’autre part, sur l’´etude en 1 de la fonction fα(x) =
+∞
X
n=2
logα(n)xn.
Premi` ere partie
1. Montrer que la suite (an)n≥1 est convergente (on pourra par exemple
´etudier la s´erie de terme g´en´eral un = an+1− an, n ≥ 1.).
On note γ la limite de la suite (an)n≥1et on l’appelle la constante d’Euler.
2. En d´eduire que 1 + 1
2+ · · · + 1
n∼ ln(n) lorsque n → +∞.
3. (a) En remarquant que pour n dans N∗on a 1 n =
Z 1 0
(1 − t)n−1dt, mon- trer que :
an= Z 1
0
1− 1 −nun
u du −
Z n 1
1 − unn
u du.
(b) Montrer que les deux int´egrales α = Z 1
0
1 − e−u
u du et β = Z +∞
1
e−u u du existent.
(c) On note, pour n ≥ 1 la fonction εn d´efinie par εn(u) =
1 − u n
n
, 0 ≤ u ≤ n.
i. Montrer que, pour tout t ∈ R, on a 1 + t ≤ et.
ii. Montrer que pour tout n ≥ 1 et tout r´eel u tel que 0 ≤ u ≤ n, on a
1 −u2
n2
n
e−u≤ εn(u) ≤ e−u.
Indication : on pourra appliquer la question pr´ec´edente avec t = un et t = −un.
iii. Montrer que, pour tout r´eel t > 0, on a tn≥ 1 + n(t − 1).
iv. En d´eduire que 0 ≤ e−u−
1 −u n
n
≤ u2
ne−u, (0 ≤ u ≤ n).
(d) i. Montrer que
n→+∞lim Z n
1
e−u− 1 −nun
u du
!
= 0
ii. En d´eduire que la suite de terme g´en´eral Z n
1
1 − unn
u du con- verge vers
Z +∞
1
e−u u du.
(e) Prouver la convergence de la suite de terme g´en´eral Z 1
0
1− 1 −unn
u du
vers Z 1
0
1 − e−u u du.
4. (a) Prouver l’´egalit´e : γ =
Z 5 0
1 − e−u u du −
Z +∞
5
e−u
u du − ln(5).
(b) Montrer que l’on a Z 5
0
1 − e−u u du =
+∞
X
k=0
(−1)k5k+1 (k + 1)(k + 1)!. On admet l’´egalit´e
16
X
k=0
(−1)k5k+1
(k + 1)(k + 1)! = 2, 18782 `a 10−5 pr`es, et 518
18 × 18! ≤ 5 × 10−5. Justifier l’in´egalit´e
+∞
X
k=17
(−1)k5k+1 (k + 1)(k + 1)!
≤ 10−4. (c) Pour tout x > 0, montrer que l’on peut ´ecrire :
Z +∞
x
e−t
t dt = e−x x −e−x
x2 + 2e−x
x3 + R(x) avec | R(x) |≤ 6e−x
x4 .
(d) En d´eduire une valeur approch´ee de γ `a 2 × 10−4 pr`es.
Seconde partie
On cherche un ´equivalent simple, puis un d´eveloppement asymptotique de la somme f (x) =
+∞
X
n=2
ln(n)xn lorsque x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.
1. Montrer que la s´erie enti`ere X
n≥2
ln(n)xn poss`ede un rayon de convergence
´egal `a 1, et que
+∞
X
n=2
ln(n)xntend vers +∞ lorsque x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.
2. Trouver le rayon de convergence, puis la somme, de la s´erie enti`ere : X
n≥1
1 +1
2 + . . . + 1 nxn.
Indication : on pourra calculer
+∞
X
n=0
xn et
+∞
X
n=1
1 nxn. 3. En d´eduire que f est ´equivalente `a g : x → ln(1 − x)
x − 1 quand x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.
Indication : on pourra calculer g(x) − f (x).
4. (a) Montrer que la s´erie enti`ere X
n≥2
(ln(n − 1) − ln n + 1
n)xn a un rayon de convergence ´egal `a 1 et v´erifier que pour tout x ∈] − 1, 1[, on a
(x − 1)f (x) − ln(1 − x) = x +
+∞
X
n=2
(ln(n − 1) − ln n + 1 n)xn. (b) Retrouver alors le r´esultat de la question 3 (seconde partie).
5. Soit (bn)n≥1 la suite d´efinie par bn=
n
X
k=1
1
k− ln(n +1 2).
(a) Montrer que la suite (bn) converge vers γ.
(b) Pour tout x > −12, on pose h(x) = ln(x +3
2) − ln(x +1 2) − 1
x + 1. Prouver que
1
12(x + 32)3 ≤ h(x) ≤ 1 12(x +12)3.
Indication : on pourra appliquer la formule de Taylor-Lagrange avec reste int´egral `a la fonction u(t) = ln(1 + t).
(c) Montrer que, pour tout entier n ≥ 1, on a 1
24(n +32)2 ≤ bn− γ ≤ 1 24(n −12)2. Indication : on pourra consid´erer bn− bn+1.
6. Justifier l’existence de constantes k1et k2(que l’on explicitera) telles qu’au voisinage de +∞ on ait :
an= γ + k1
n +k2
n2 + O(1 n3).
7. En d´eduire l’existence de trois constantes k01, k02et k03telles que la fonction qui `a x ∈] − 1, 1[ associe
+∞
X
n=2
ln(n)xn−ln(1 − x) x − 1 − k10
1 − x− k02ln(1 − x) − k30(1 − x) ln(1 − x) soit prolongeable au point x = 1 en une fonction d´erivable en ce point.
Indication : on pourra remarquer que pour tout n dans N∗, on a 1
n2 = 1
n(n − 1)+ O 1 n3.
Troisi` eme partie
Dans cette partie, on cherche un ´equivalent simple de la somme fα(x) =
+∞
X
n=2
lnα(n)xn lorsque x tend vers 1 par valeurs inf´erieures, α ´etant un r´eel quelconque.
1. Soit n0un ´el´ement de N et φ une application d´efinie sur [n0, +∞[, `a valeurs dans R+ continue, d´ecroissante et telle que la s´erie X
n≥n0
φ(n) diverge.
D´eterminer le rayon de convergence de la s´erie enti`ere
+∞
X
k=n0
φ(k)xk, puis montrer que :
+∞
X
k=n0
φ(k)xk ∼ Z +∞
n0
φ(t)xtdt quand x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.
2. Pour α > 0, discuter de la convergence de la s´erie X
n≥2
(ln(n))α−1
n .
3. Montrer que pour tout r´eel α on a : fα(x) ∼
Z +∞
2
lnα(t)xtdt lorsque x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.
Indication : lorsque α est positif, on pourra s’inspirer de la question 4, seconde partie.
4. On admet que
Z ∞ 2
lnα(t)e−ytdt ∼ | ln(y)|α y
lorsque y tend vers 0 par valeurs sup´erieures. En d´eduire un ´equivalent simple de fα(x) lorsque x tend vers 1 par valeurs inf´erieures.