A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
A NDRÉ R OT
Sur certaines transformations canoniques en mécanique quantique
Annales de l’I. H. P., section A, tome 1, n
o1 (1964), p. 31-45
<http://www.numdam.org/item?id=AIHPA_1964__1_1_31_0>
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p. 31
Sur certaines transformations canoniques
en
Mécanique quantique
André ROT Institut
Henri-Poincaré,
Paris.Ann. Inst. Henri-Poincaré, Vol. I, n° 1, 1964,
Section A : Physique théorique.
RÉSUMÉ. - Pour définir une transformation
canonique quantique
? 2014~Q, p - P
on montrequ’il
ne suffit pasd’exiger
queQ
et P soient hermitienset satisfassent à la condition
[Q, P]
= i. Discussion d’unexemple.
SUMMARY. - For a
transformation q
-Q,
/? 2014~ P to be canonical inquantum
mechanics it is shown that it is not sufficient thatQ
and P behermitian and
verify [Q, P]
= i. Anexample
is discussed.Introduction. - L’une des méthodes de résolution des
équations
dumouvement de la
Mécanique classique
consiste à effectuer unchangement
de variables
canoniques,
de tellefaçon
que ladépendance
de la fonction d’Hamilton parrapport
aux nouvelles variables soitparticulièrement simple.
Onpeut
notamment chercher de nouvelles variablescanoniques qui
soient toutescycliques :
c’estprécisément
la méthode bien connue de Hamilton et Jacobi[3].
De
façon analogue,
pourdiagonaliser
unopérateur
hamiltonien en Méca-nique quantique
ou en Théoriequantique
deschamps,
on peut chercher à construire de nouveauxopérateurs canoniquement
associés tels que l’ex-pression
del’opérateur
hamiltonien dans cette nouvellereprésentation
seramène à une forme connue pour être aisément
diagonalisable.
On sait que toutes les
représentations
des relations de commutation sontéquivalentes
enMécanique quantique [7].
Il estcependant
peu commode deANN. INST. POINCARÉ 3
chercher a
priori
la transformationqui amènerait,
parexemple,
larepré-
sentation de
Schrôdinger
sur unereprésentation
où l’hamiltonien serait facilement résoluble. En se laissantguider
parl’expression
de cetopérateur,
on
préfère
leplus
souvent chercher à le mettre sous une formeplus simple
en
employant
unereprésentation
danslaquelle
lesopérateurs canoniques
soient des fonctions élémentaires et en
particulier
despolynômes,
desopérateurs primitifs [4].
Le but de ce travail est de montrer
qu’il
ne suffitcependant
pas, commeon le fait
généralement,
de s’assurer que les nouveauxopérateurs
soienthermitiens
(1)
et satisfont aux relations decommutation,
pour obtenir unensemble
d’opérateurs canoniquement
associés. Eneffet,
tandisqu’en
Méca-nique classique,
les conditionsimposées
auxchangements
de variablespour
qu’ils
soientcanoniques
sont des conditionspurement locales,
le faitque toutes les
représentations quantiques
soientéquivalentes
entre elleset en
particulier équivalentes
à celle deSchrôdinger impose
des conditionsde nature
globale,
parconséquent beaucoup plus
restrictives. Enparticulier,
nous verrons que
lorsque
ces conditions ne sont pasrespectées,
onpeut
être conduit à desopérateurs (dynamiques ?) ayant
des valeurs proprescomplexes.
Les transformations
canoniques
enMécanique classique [3].
- Considérons un
système dynamique
à undegré
deliberté ;
saconfigu-
ration est
complètement
déterminée par la donnée des valeurs de deux variablesdynamiques q
et p,appelées
variablesconjuguées.
Sonévolution
est déterminée par la fonction hamiltonienne
H(q, p)
caractérisant ce sys-tème,
dont dérivent leséquations
du mouvementCe sont les
équations canoniques,
ouéquations
d’Hamilton dusystème.
Le
symbole [, ] désigne
ici le crochet de Poisson défini par(1)
Soit A unopérateur
défini dans un domaine ~A del’espace
hilbertien Je.Conformément à un usage assez
répandu
enmathématiques,
nous disons que A est hermitien lorsque(Arp, x) = (Q,
Ay) quels que soient p et x E que A est symé- trique lorsqu’il est hermitien et que son domaine de définition 3)A est dense dans J~.Dans ce cas, son adjoint A* est bien défini et est une extension de A : A d A*.
En particulier,
lorsque
A = A*, nous dirons que A estautoadjoint.
ST.TR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE 33
f et g
étant deuxgrandeurs mécaniques quelconques,
fonctionsde q
et de p.En
particulier,
on aOn sait que la condition
(2)
caractérise les variablesconjuguées,
dans lesens suivant : un
changement
devariables,
inversiblesera dit
canonique lorsque
les nouvelles variablesQ
et P seront telles queOn démontre en effet que c’est la condition nécessaire et suffisante pour que le crochet de Poisson se conserve par le
changement
de variables(3),
c’est-à-dire que
C’est donc aussi la condition nécessaire et suffisante pour que les
équations
du mouvement conservent leur forme
canonique
La
description quantique
dusystème précédent.
- Ladescrip-
tion
quantique
dusystème précédent
s’effectue à l’aide de deuxopérateurs autoadjoints q et p qui jouent
le rôle de variablesdynamiques.
Cesopérateurs
sont définis dans un espace hilbertien Je et satisfont aux conditions suivantes :
a.
~q
etD~ désignant
les domaines de définitionde q
etde p respectivement,
l’intersection
Dq
nDp
est dense dansJe,
stable pour q et p ; b.Quel
quesoit 03C6
EDq
n"Dp
on ac. Le
système { q, p }
est irréductible.La condition b est la traduction
mathématique
de la relation de commu-tation
qu’on
note habituellement enphysique
comme si les
opérateurs q
et p étaient bornés. Pour deuxopérateurs
bornésA et B le
symbole [A, B] désigne
en effet le commutateur AB - BA de cesdeux
opérateurs.
Nous conserverons néanmoins cette notation abusive mais commode.Naturellement,
1désigne l’opérateur
identité sur Je.La condition c
signifie qu’aucun
vrai sous-espace vectoriel de Je ne réduitsimultanément q
et p. En d’autres termes, il n’existe aucunprojecteur
Etel que
Deux
opérateurs
tels que q et p, satisfaisant aux conditions ci-dessus seront ditscanoniquement
associés.On sait
qu’une
réalisationpossible
des axiomesprécédents
est obtenueen
prenant pour Je l’espace
L2 des fonctions de la variable réelle x, définiessur toute la
droite,
mesurables et de carré sommable pour la mesure deLebesgue. L’opérateur q
est alors défini parq :
î)q
= ensembledes 9
EL2,
telles quetandis que
l’opérateur
p est défini parp :
2)p
= ensembledes ~
EL2,
absolument continues sur tout inter- valleborné,
telles queC’est en ce choix des
opérateurs canoniquement
associés que consiste lareprésentation
deSchrôdinger.
On trouvera dans[ 1 ]
et[2]
une étude détailléede ces deux
opérateurs,
permettant de vérifierqu’ils
satisfont bien auxconditions
précédentes.
Les transformations
canoniques
enmécanique quantique.
- Par
analogie
avec laMécanique classique,
unchangement d’opérateurs
canoniquement
associés seraappelé
transformationcanonique.
Defaçon
plus précise,
une transformationcanonique
est une transformationSUR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE 35
qui,
auxopérateurs q
et p, faitcorrespondre
deuxopérateurs autoadjoints Q
et
P,
définis dansJe,
satisfaisant aux conditionsa, b
et c.or, d’après
un théorème démontré par vonNeumann,
toutereprésenta-
tion du
système ~ q, p }
estéquivalente
à lareprésentation
deSchrôdinger.
Cela
signifie
que,quels
que soient lesopérateurs autoadjoints q
et p satis- faisant aux conditionsprécédentes,
il existe unisomorphisme isométrique
deje sur
L2, appliquant l’opérateur q
surl’opérateur
demultiplication
par la variableindépendante
etl’opérateur
p surl’opérateur - /2014.
Il résulte de cethéorème, qu’à
toute transformationcanonique correspond
une trans-formation unitaire flL de
J6,
telle queC’est la raison pour
laquelle
les transformationscanoniques
sont souventappelées changements
dereprésentation [5].
Signalons,
encore à ce propos, que nous aurions pu poser leproblème
defaçon apparemment plus générale
en définissant les nouveauxopérateurs Q
et P dans un autre espace de Hilbert Je.
D’après
le théorème que nous venonsd’invoquer,
la formule(5)
resteraitvalable,
flLdésignant
cette fois un iso-morphisme
de J6 sur~,
au lieu d’unautomorphisme
de Je[7].
Il convient de remarquer que ce résultat est d’une
importance
fondamen-tale ;
tellement fondamentale que, même avantqu’il
n’ait étédémontré,
il était évident pour lesphysiciens qu’un
tel théorème dût exister. Eneffet,
on sait que
l’interprétation
de laMécanique quantique
repose essentiel- lement sur les notions de valeur propre ou de valeur moyenne. Cequi signifie
que tous les résultats
physiques
de la théories’expriment
en termes de valeursspectrales
desopérateurs
que laMécanique quantique
associe auxgrandeurs physiques.
Il était doncnécessaire,
pour que la théorie soitphysiquement cohérente, qu’il
existât un théorèmeproclamant
l’invariance desspectres
par les transformationscanoniques.
Etprécisément
l’une despropriétés
des transformations unitaires est de laisser invariant le spectre des
opérateurs,
ainsi d’ailleurs que sa
multiplicité (2).
Conséquences
des résultatsprécédents.
- Nous venons de dire queles
spectres
et leurmultiplicité
étaient invariants par les transformationscanoniques. Quels
que soient donc lesopérateurs Q
et Pcanoniquement
(!) Remarquons
que le spectre et samultiplicité
ne forment pas à eux seulsun ensemble suffisant d’invariants unitaires. Ils nous suffiront
cependant
pour le problèmequi
nous intéresse ici.associés,
ils ont tous deux unspectre continu, simple,
étalé sur toute ladroite
réelle, puisqu’il
en est ainsi pour lesopérateurs correspondants
dans lareprésentation
deSchrôdinger.
On
peut
se demander s’il existequelque
chosed’analogue
pour les trans- formationscanoniques
de laMécanique classique.
Considérons parexemple
le
problème
suivant : soit donnéQ
=Q(q, p) ; peut-on
lui associer une fonc- tion P =P(q, p)
de tellefaçon
que lechangement
de variablesdynamiques
ainsi défini soit
canonique ?
Comme nous l’avonsindiqué,
il suffira denous assurer que la transformation soit
inversible,
c’est-à-direqu’il
suffiraque
Alors la condition
(2’)
se ramènera à uneéquation
aux dérivéespartielles
déterminant
P(q, p).
Il faut toutefois remarquer que la condition
(6)
est une conditionlocale;
elle n’assure l’inversibilité de la transformation que dans un certain voisi- nage du
plan (q, p).
Illustrons ceci par un
exemple particulièrement simple qui
nous servirapour la discussion ultérieure en
Mécanique quantique.
PosonsIl est facile de voir
qu’il
suffit deprendre,
parexemple (3),
pour obtenir une transformation
canonique.
Celle-ci n’estcependant
inver-sible que pour q >
0,
ou bien pour q 0.Le
spectre
d’unopérateur n’étant,
en dernièreanalyse,
que l’ensemble des valeurs que cetopérateur
estsusceptible
deprendre,
on voit que la conditionimposée
auxspectres
desopérateurs canoniquement conjugués
est de lamême nature que la condition d’inversibilité. Mais contrairement à la condi- tion
(6),
c’est une conditionglobale.
La condition de canonicitéquantique
est donc
beaucoup plus exigeante
que sonhomologue classique.
Elleexige
(3) La solution
générale
de ce problème est évidemment :Il est aisé de se rendre compte que le choix
f(q)
== 0 ne diminue en rien la géné- ralité, maissimplifie
considérablement la discussion.37
SUR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE
pratiquement
que leséquations
de définition des nouveauxopérateurs, analogues
à(3),
définissent une transformationbiunivoque
duplan
dephase (q, p)
sur lui-même.Étude
d’une transformationparticulière.
- Afin de bien mettreen évidence
l’importance,
dupoint
de vue de laPhysique,
des considérationsqui précèdent,
nous allons étudier en détaill’analogue
de la transformationcanonique
définie par leséquations (7)
et(8)
enMécanique quantique.
Considérons donc
l’opérateur
C’est un
opérateur autoadjoint,
mais dont lespectre
estcontinu, double,
étalé sur la demi-droite réelle
positive.
Nous pouvonstoujours
lui associerl’opérateur Pi
obtenu ensymétrisant l’expression (8) :
et il est aisé de vérifier que ces deux
opérateurs
vérifient la relation de commu-tation
(4)
De
plus, l’opérateur Pi
est certainement hermitien et mêmesymétrique.
Cependant,
endépit
de cespropriétés
etd’après
ce que nous avons vuci-dessus,
il faut s’attendre à ce que lesystème { Qi,
nepuisse
convenir.Pour le voir supposons que nous
partions
de lareprésentation
de Schrôdin- ger. Nous aurions pour définirQi :
Qi : ~
= ensembledes
E L2 telles queet, de
même,
pour définirPi :
Pl : 3~
= ensembledes
EL2,
absolument continues sur tout inter- vallefini,
telles queOn voit facilement que
l’opérateur Pi
est unopérateur symétrique;
pour voirqu’il
n’est pasautoadjoint
nouschercherons
ses valeurs propres : la relation= ~
se traduit parl’équation
différentielledont la solution
générale
estsera de carré sommable si et seulement si À est un nombre
complexe
à
partie imaginaire
purepositive.
Ainsi, l’opérateur Pi
que nous avons associé àQi possède
un ensemblecontinu de valeurs propres
complexes;
il n’est pasautoadjoint.
Nous neferons aucun commentaire sur le fait
qu’un
telopérateur puisse
ou nonreprésenter
unegrandeur physique
enMécanique quantique !
De
plus,
lesystème { Qi, Pi }
n’est pas irréductible. Eneffet,
le sous-espaceengendré
par les fonctionspaires
de L2 et évidemment aussi soncomplé-
mentaire
orthogonal engendré
par les fonctionsimpaires
deL2,
réduisentsimultanément
Qi
etPi.
Nous venons donc de montrer
qu’il
n’existe pas dechangement
derepré-
sentation
correspondant
à la transformationclassique (7)-(8),
tout au moinssi l’on se limite strictement à cette forme.
Étude complète
de la transformationprécédente.
- Nous allonsmontrer
qu’il
estcependant possible d’envisager
des transformations cano-niques
de ce type, si l’onprend
laprécaution
de s’assurer que les nouveauxopérateurs
sont réellementautoadjoints
et non pas seulement hermitiensou
symétriques.
On remarquera que ceschangements
dereprésentation
sont d’un type
beaucoup plus général
que ceuxqui
sont utilisés d’habitudeen
Physique
où l’on se limite au cas oùQ
et P sont tous deux despolynômes
en q et en p. Une étude
systématique
de cesreprésentations
«polynomiales
»a été faite récemment par F. R.
Halpern [4].
Puisque
lesystème { Qi,
n’est pasirréductible,
nous devons commen-cer par le réduire en considérant sa restriction à l’un ou à l’autre des deux sous-espaces réducteurs ou, ce
qui
estéquivalent,
sa restriction dansl’espace
L’2 des fonctions définies sur le demi-axe
positif,
mesurables et de carré sommable pour la mesure deLebesgue
sur ce demi-axe. Plusprécisément,
nous considérerons les deux
opérateurs
définis par :39
SUR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE
DQ2
= ensembledes 03C6
E L’! telles quePg :
. = ensembledes 03C6
EL’2,
absolument continues sur tout inter- vallefini,
nulles àl’origine,
telles queOn remarquera que nous avons d û
ajouter
la condition de nullité àl’origine
dans la définition du domaine de
P2
pour que cetopérateur
soit hermitien.Il est facile de vérifier que ces deux
opérateurs
vérifient la relation de commu-tation
(4). L’opérateur Q2
estautoadjoint
et sonspectre
estcontinu, simple,
étalé sur toute la demi-droite réelle
positive. L’opérateur P 2
estsymétrique,
mais il n’est pas
autoadjoint.
Pour le voir iln’y
aqu’à
chercher sonadjoint.
Un raisonnement
classique [1]
montre queP;
a la mêmeexpression
formelleque
P2,
mais que son domaine est défini àpartir
de celui deP2
en abandonnant la condition de nullité àl’origine.
Pour déterminer les valeurs propres de
P;
il suffit de sereporter
au calculprécédent (10)
et(11)
dont la conclusion reste valable : les nombres com-plexes
àpartie imaginaire positive
sont valeurs propres deP~. Or,
on saitque cela
signifie précisément
que l’indice de défaut deP2
est[1, 0],
doncqu’il
estimpossible
d’en trouver une extensionautoadjointe
dansL’2,
en
élargissant
son domaine de définition[1].
Il est
cependant toujours possible
de construire une extension auto-adjointe
de secondeespèce
deP2,
c’est-à-dire de construire unopérateur autoadjoint
défini dans un espace hilbertien contenant L’2 comme sous-espace,
qui
se réduise àP2
dans L’2. Il suffit pour cela[6]
de considérerl’opérateur - P2
dans L’~. Il a évidemment[0, 1]
pour indice de défaut de sorte que, dans la somme hilbertienne L/2Q L’~, l’opérateur
est
symétrique
et a[1, 1]
pour indice de défaut : il estsusceptible
d’extensionsautoadjointes.
Mais, puisque
notre but est de revenir àl’espace
initialLi,
nous considére-rons
plutôt l’espace
L"2 = LIe
L’S des fonctions définies sur le demi-axe
négatif,
mesurables et de carré sommable sur ce demi-axe. Dans L"2 définissons alors les deuxopérateurs :
Qs :
= ensembledes x
E LJr2 telles quePg :
= ensembledes x
ELn2,
absolument continues sur tout inter- vallefini,
nulles àl’origine,
telles queOn vérifie immédiatement que
Q3
estautoadjoint
et a unspectre continu, simple,
étalé sur toute la demi-droite réellenégative;
queP3
estsymétrique
et a
[0, 1]
pour indice dedéfaut;
enfin queQ3
etP3
satisfont à la relation de commutation(4).
Dansl’espace
de Hilbert initial L2 = L’2@
L"2 défi- nissons alors lesopérateurs Q
et P’ parQ peut
être évidemment défini directement parQ : Do
= ensemble des telles queC’est un
opérateur autoadjoint
àspectre continu, simple,
étalé sur toute ladroite réelle. D’autre
part,
P’ est unopérateur symétrique qui
a[1, 1]
pour indice de défaut. Une extension
autoadjointe
P de P’ est obtenuesimplement
en abandonnant lacondition, imposée
aux~(x)
E de nullitéà
l’origine [1].
En
résumé,
onpeut
définir P directement par :P :
Dp
= ensembledes
EL2,
absolument continues sur tout inter- vallefini,
telles queSUR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE 41
Il est alors facile de vérifier que cet
opérateur
est biencanoniquement
associéà
l’opérateur Q
définiprécédemment.
La transformation unitaire
correspondante. - D’après
ce que nousavons dit au début de cette
étude,
il doit exister une transformation unitaire de L2qui transforme q
enQ et p
enP,
la mise en évidence de cette trans- formationjustifiant
directement queQ
et P sontcanoniquement
associés.Pour obtenir cette transformation sous une forme
simple,
nous nepartirons
pas de la
représentation
deSchrôdinger,
mais de lareprésentation
dans l’es-pace des
impulsions.
Dans cettereprésentation l’espace
hilbertien esttoujours L2,
mais nous nous conformerons àl’usage
constant enPhysique
et
désignerons
par k la variableindépendante. L’opérateur
demultiplication
par k est alors
pris
pouropérateur p
etl’o p érateur q
estreprésenté
par i-y..
Posons alors :
Un
changement
de variable évidentpermet
de ramener la transformationintégrale
de noyauK(k, x)
à une transformation de Fourier et de montrer ainsi que la correspon- dance
(13)
définit bien une transformation unitaire deL2,
son inverse étant donnée par la formuleréciproque
Enfin,
les relationsmontrent que la
correspondance
entreopérateurs q
et p d’unepart, Q
et Pde l’autre est bien celle
qui
a été annoncée.Remarquons
encore que,puisque
lareprésentation
deSchrôdinger
estprécisément
lareprésentation spectrale
de q, onpeut
encore définir lesopé-
rateurs
Q
et P par les formulesoù A 1 désigne
engénéral l’opérateur autoadjoint positif
défini par[ A p
= A*A. A cechangement
dereprésentation correspond,
enMécanique classique,
la transformationcanonique
.
Conclusion. - Si nous avons discuté aussi
longuement
cetexemple simple,
c’est que nous voulionsindiquer
une méthode suffisammentgénérale
pour être
appliquée
à de nombreux casparticuliers
sans modification essen-tielle,
tout en évitant unexposé trop théorique
etd’application
difficile.Nous avons donc montré
qu’à
toute transformationcanonique
de la Méca-nique classique
necorrespond
pas nécessairement unchangement
derepré-
sentation en
Mécanique quantique.
C’est ainsiqu’il
n’estpossible
deposer :
que si
l’application q - f(q) applique biunivoquement
la droitenumérique
sur elle-même.
Remarquons
toutefois que si l’on désire faire unchangement
de variable tel que
l’opérateur Q
soit effectivementl’opérateur
de multi-plication
par une fonctionquelconque f
de la variableindépendante,
il faututiliser une
représentation
où les états dusystème
sontreprésentés
par des fonctions d’ondecomportant
autant decomposantes qu’il
y a de domaines où lafonction/est
inversible. C’est cequi correspond
à lareprésentation (12)
de
l’exemple
étudiéci-dessous, l’opérateur
défini par(12)
étant évidemmentremplacé
par l’une de ses extensionsautoadjointes.
Ainsi un état dusystème
est
représenté
par la matricecolonne ’ ) , où
pi et ’Pa E L’a.L’opérateur Q
est défini par :
"Do
= ensemble despaires
~1 et L~ telles quetandis que
l’opérateur
P sera défini par :SUR CERTAIN’ES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE 43
~p
= ensemble despaires
cpi et CP2 EL’~,
absolument continues sur tout intervallefini,
telles quepi(0)
= et queComme
précédemment
on construit immédiatementl’isomorphisme
iso-métrique
de L2 sur L’2@
L’2qui correspond
à cechangement
derepré-
sentation :
partant toujours
de lareprésentation
dansl’espace
desimpulsions,
on aura :
Remarquons
enfin pour conclure que,lorsqu’on
se borne à étudier desopérateurs quadratiques
en P parexemple
comme le sont certains hamilto-niens,
ces considérations peuvent passerparfois inaperçues.
La raison en estque
l’expression
différentielle formellecorrespondant
àl’opérateur
P2est la même que celle
qui correspond
àl’opérateur
P*P.C’est,
enparticulier,
le cas
qui
seprésente lorsqu’on
utilise les coordonnéessphériques
dansl’espace physique
à trois dimensions. Ondésigne
alorssymboliquement
par pr
l’opérateur
hermitien - 1( --E- 1 qui a précisément
le même com-
portement
que l’opérateur P2
considéré ci-dessus et ne correspond
donc
pas à la
composante
radiale del’impulsion.
On voit alors que, si l’on neprend
pas soin depréciser
le domaine de définition desopérateurs, l’opérateur d’énergie cinétique correspondant - (~2 ~r2+2 r~ ~r) peut
aussi bien s’écrire.
p,
queAPPENDICE
[1]
Le concept de
multiplicité
d’un spectre continu n’étantguère
utilisépar les
physiciens,
nous avons rassemblé dans cetappendice, quelques
indications
qui
ont pour but dejustifier
nos affirmations à cesujet.
Soit A un
opérateur autoadjoint
défini dans un espace hilbertien Je.Nous
désignerons
parEs
leprojecteur spectral
de A attaché à un intervallemesurable 0 de la droite réelle et
par A
l’ensemble de tous les intervalles mesurables. On dit que le spectre de A estsimple
s’il existe unvecteur p
de Je tel que l’ensemble{E8CP;
SE t~ ~
soit un ensemble total dans Je. Le vecteur? estappelé
totalisateur pour A.Il est aisé de démontrer que la condition nécessaire et suffisante pour que le
spectre
de A soitsimple
estqu’il
existe unvecteur p
deJe, appartenant
au domaine de définition de toutes les
puissances
entièrespositives
de Aet tel que
l’ensemble {
=0, 1, 2, ... }
soit total dans est alors totalisateur pour A.Pour vérifier que le
spectre de q
estsimple,
il suffit de seplacer,
comme nousl’avons
fait,
dans lareprésentation
deSchrôdinger. Considérons,
eneffet,
Xl ~
cp(x) = e I ~
EL2 ;
l’ensemble des xke 2 est bien total dans L2puisque
lesfonctions propres de l’hamiltonien de l’oscillateur
harmonique
forment unebase de L2.
Plus
généralement
soit X un sous-espace de dimension finie de Je. Ilsera dit totalisateur pour A si
l’ensemble { E ~ }
est total dans Je.Par
définition,
nousappellerons multiplicité
duspectre
de A la dimension minimale des sous-espaces totalisateurs de A.Montrons que le
spectre
deQi
est double. Tout d’abord cespectre
n’est passimple ;
sinon il existerait un e L2 tel que l’ensemble desx2kcp(x)
pour k =
0, 1,
... soit total dans L2. Mais cela estimpossible puisque
parexemple
estorthogonal
à tous les éléments de l’ensembleprécédent.
En
effet,
on a bienIl est, d’autre
part,
évident quedéfinissent bien un sous-espace totalisateur pour
Qi
et que ce sous-espace est de dimension 2.Par contre, dans
l’espace
de HilbertL’2, l’opérateur Q2
a unspectre simple.
Xl
En
effet, ?(x)
= x e 2 est totalisateur pourQ2;
car sic~(x)
E L’a étaitorthogonal
à tous lesX2kcp(X),
on aurait45 SUR CERTAINES TRANSFORMATIONS CANONIQUES EN MÉCANIQUE QUANTIQUE
_r t
Mais {
tk e 9 ; k =0, l, ... }
est un ensemble total dans L’2puisque
les_t t
e 2
Lk(t),
où lesLk
sont lespolynômes
deLaguerre,
forment une baseorthogonale
de L’2.BIBLIOGRAPHIE
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