Problème 1.
Dans tout ce texte, chaque fois que l'on parlera de coordonnée d'un vecteur de R p ou de C p , il s'agira d'une coordonnée dans la base canonique. La i -ème coordonnée de (x 1 , · · · , x p ) est donc x i .
Partie I. Positivité.
1. Comme k est xé,
n p
=
p facteurs
z }| { n(n − 1) · · ·
p! ⇒
n k
λ n
n≥p
∼ n p p! λ n → 0 car |λ| < 1 d'après les propriétés des suites usuelles.
2. a. Comme tous les µ i et les λ i sont positifs ou nuls, la somme des λ i µ i est stricte- ment positive dès que l'un des µ i est strictement positif. Si la somme des λ i µ i est nulle, tous les µ doivent donc être nuls.
Pour montrer la deuxième implication, on peut appliquer la première en substi- tuant les 1 − µ i aux µ i .
b. Lorsque les µ i sont des nombres complexes, comme la somme des λ i vaut 1 , la somme des λ i µ i s'interprète géométriquement. C'est l'axe du barycentre des points représentants les µ i . Lorsque ces points sont sur le disque unité, leur ba- rycentre est évidemment à gauche de la droite d'équation x = 1 . Cela nous invite à considérer la partie réelle de la somme qui vaut toujours 1 . On est ramené à la question précédente car les µ i deviennent des cosinus. Comme 1 est le seul nombre complexe de module 1 dont la partie réelle est 1 , on a bien prouvé l'implication.
3. La condition f (u) = u se traduit (pour chaque composante du p -uplet) par
a 11 + a 21 + · · · + a p1 = 1 a 12 + a 22 + · · · + a p2 = 1
...
a 1p + a 2p + · · · + a pp = 1
Soit P p
i=1 a ij = 1 pour tous les j entre 1 et p . La condition de stricte positivité des f (e i ) se traduit par a ij > 0 pour tous les i et j entre 1 et p .
4. Soit v = (v 1 , · · · , v p ) ∈ B . On note V = max(|v 1 |, · · · , |v p |) ≤ 1 . Par linéarité de f la coordonnée i de f (v) est a 1i v 1 + · · · + a pi v p avec
|a 1i v 1 + · · · + a pi v p | ≤ a 1i |v 1 | + · · · + a pi |v p | ≤ (a 1i + · · · + a pi )V = V ≤ 1 car les a ki sont strictement positifs et de somme 1 . Ceci étant valable pour n'importe quel i , on en tire f (v) ∈ B .
5. a. Si v ∈ N , la plus grande de ses coordonnées v i est égale à 1 donc tous les 1 − v i
sont positifs ou nuls. Le vecteur u −v est positif ou nul (dans Q ). De plus, comme N ⊂ Q , toutes les coordonnées de v sont positives donc toutes celle de u − v sont inférieures ou égales à 1 .
b. Soit v ∈ N tel que f (v) = v . Posons w = u−v . Par linéarité, on a encore f (w) = w et w est positif. Si w = 0 , v = v et on a terminé.
Si w n'est pas nul, notons W la plus grande de ses coordonnées : elle est strictement positive. Notons w 0 = W 1 w . Par linéarité, on a toujours f(w 0 ) = w 0 et w 0 est à la fois positif et de plus grande coordonnée égale à 1 .
Notons w 0 = (w 0 1 , · · · , w 0 p ) et considérons l'indice i pour lequel w i 0 = 1 . La relation f (w 0 ) = w 0 pour cet indice i s'écrit
a 1i w 1 0 + · · · + a pi w 0 p = 1
avec les w 0 i ≤ 1 et a 1i + · · · + a pi = 1 . La question 2a montre alors que tous les w 0 i sont égaux à 1 donc w 0 = u . On en déduit que v − u = w = W u donc v ∈ Vect(u) . Comme v a une coordonnée égale à 1 , les vecteurs u et v ont une coordonnée égale, ils sont donc égaux.
c. Remarquons d'abord que v ∈ ker(f − Id E ) si et seulement si f (v) = v . Comme f (u) = u par hypothèse, u ∈ ker(f − Id E ) donc Vect(u) ⊂ ker(f − Id E ) .
Soit v = (v 1 , · · · , v p ) un vecteur non nul de ker(f −Id E ) et M = max(v 1 , · · · , v p ) >
0 . Par linéarité, les deux vecteurs M 1 v ou − M 1 v sont dans ker(f − Id E ) . Un des deux est dans N , la question précédente prouve qu'il est égal à u ce qui entraine que v ∈ Vect(u) et prouve que ker(f − Id E ) ⊂ Vect(u) .
Partie II. Hyperplan supplémentaire stable.
1. a. Si g(x) = 0 alors g ( x) = 0 donc ker g ⊂ ker g 2 donc dim(ker g) ≤ dim(ker g 2 ) . Pour la deuxième inégalité, considérons g 0 la restriction de g à ker g 2 . Elle prend évidemment ses valeurs dans dans ker g donc rg g 0 ≤ dim(ker g) et son noyau est évidemment ker g . Écrivons le théorème du rang appliqué à g 0 .
dim(ker g 2 ) = dim(ker g) + rg(g 0 ) ≤ 2 dim(ker g)
b. On sait que ker g ⊂ ker g 2 et Im g 2 ⊂ Im g pour tout endomorphisme g .
Supposons Im g et ker g supplémentaires et montrons que Im g ⊂ Im g 2 . Soit x = g(y) ∈ Im g , décomposons y en y = a + b avec a ∈ ker g et b = g(c) ∈ Im g . On en tire x = g 2 (c) ∈ Im g 2 .
Supposons Im g 2 ⊂ Im g . On va montrer que image et noyau sont supplémentaires.
Si x est à la fois dans l'image et le noyau, il existe y tel que x = g(y) et g(x) = 0 . Alors g 2 (y) = 0 donc y ∈ ker g 2 ⊂ ker g donc g(y) = x = 0 . L'intersection est donc réduite au vecteur nul. La dimension de la somme des sous-espaces est alors la somme des dimensions c'est à dire la dimension de E à cause du théorème du rang.
À cause du théorème du rang, l'égalité entre les deux images (ou les deux noyaux) entraine l'égalité des dimensions des deux noyaux (ou des deux images). Comme il existe toujours des inclusions, l'égalité des dimensions entraine l'égalité des espaces.
2. Notons g = f − Id E de sorte que f = Id E +g . La formule du binôme est valable pour une somme de deux endomorphismes qui commutent :
f n = Id E + n
1
g + n
2
g 2 + n
3
g 3 + · · ·
On a vu en question 5c de la partie I que ker(f − Id E ) = ker g est une droite vectorielle.
Si dim(ker g 2 ) = 2 l'inclusion entre les deux noyaux est stricte et il existe donc un v dans ker g 2 mais pas dans ker g . On a donc f (v) 6= v et g 2 (v) = 0 . L'expression de f n (v) se réduit donc à
f n (v) = v + n
1
g(v) + 0 = v + n(f (v) − v)
Le vecteur v n'est pas forcémént dans B mais, en divisant par la plus grande des valeurs absolues de ses coordonnées, on peut former un vecteur de B vériant les mêmes propriétés.
3. L'existence d'un vecteur v vériant f n (v) = v + n 1
g(v) + 0 = v + n(f (v) − v) avec f (v) − v 6= 0 entre en contradiction avec le fait que f stabilise B (partie I question 4) car au moins une des coordonnées de f n (v) va diverger vers l'inni.
Ceci prouve que ker g 2 = ker g . Le noyau et l'image de g sont donc supplémentaires (II1b). Comme ker g = Vect(u) est une droite vectorielle, Im g = H est un hyperplan supplémentaire.
Il est stable par f car si x ∈ H , il existe y tel que
x = f (y) − y ⇒ f (x) = f 2 (x) − f (x) = (f − Id E )(f(x)) = g(x) ∈ H
4. a. Il s'agit d'une question de cours. Soit v un vecteur qui n'est pas dans l'hyper- plan ker φ = ker ϕ alors ϕ(v) et φ(v) sont non nuls et la droite Vect(v) est un supplémentaire de cet hyperplan. Cela permet de vérier que φ = φ(v) ϕ(v) ϕ .
b. Comme H est un hyperplan, il existe une forme linéaire γ 1 telle que H = ker γ 1
avec γ 1 (u) 6= 0 car u n'est pas dans H . On peut poser γ = γ 1
1