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FREUDIENS ET JUNGIENS, À LA RENCONTRE DE L AUTRE

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FREUDIENS ET JUNGIENS, À LA RENCONTRE DE L’AUTRE Marcel Gaumond, François Martin-Vallas

@RPA | « Revue de Psychologie Analytique » 2019/1 N° 8 | pages 113 à 119

ISSN 2268-8870

DOI 10.3917/rpa1.008.0113

Article disponible en ligne à l'adresse :

--- https://www.cairn.info/revue-de-psychologie-analytique-2019-1-page-113.htm ---

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Freudiens et Jungiens,

À la Rencontre de l’Autre

À propos de la correspondance entre Carl Gustav Jung et Erich Neumann et de sa recension par Élizabeth Roudinesco

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Marcel Gaumond et François Martin-Vallas

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« L’histoire des institutions psychanalytiques permet de constater combien la filiation est affaire d’ambivalence, d’amour et de haine cannibaliques et castrateurs, de meurtre et de culpabilité. La vie institutionnelle n’est-elle pas jalonnée de conflits passionnels qui surgissent tout à coup, nous prennent toujours à découvert et marquent l’évolution du groupe ? Et ces combats se livrent si souvent sur le terrain de la transmission et de la filiation. Le groupe avance en cherchant à élaborer ce qui reste seulement agi, ce qui est une manière de souligner la nécessité de penser les origines toujours en mouvement, en re- fondation2. »

Martin Gauthier, psychanalyste freudien

1 L’article d’Élizabeth Roudinesco paru dans le quotidien Le Monde du 26 octobre 2018 sous le titre « La correspondance inédite entre Carl Jung et son disciple Erich Neumann éclaire les ambivalences du célèbre psychologue suisse [et en sous-titre] De l’inégalité des inconscients. »

2 Extrait de « L’interprétation : pour une mise en chantier », in Revue Filigrane, vol. 27, no 2, 2018, p. 17-27.

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L’ouverture des « bastions » ou « À la rencontre de l’autre »

La citation apparaissant en exergue est extraite d’un texte rédigé par un collègue à l’occasion du soixantième anniversaire de la naissance de la Société canadienne de psychanalyse, dont il fut président de 2007 à 2009. Dans son texte, Martin Gauthier fait ressortir de l’essai Totem et tabou publié par Sigmund Freud en 1913, soit l’année de la rupture du lien personnel entre lui et Carl Gustav Jung, la crainte éprouvée par le père de la psychanalyse d’être « mangé » par ses successeurs œdipiens. Cette crainte éprouvée par Freud, en sa qualité de futur totem de la nouvelle science psychanalytique, allait de pair en quelque sorte avec l’établissement d’un tabou interdisant à tout disciple potentiel de s’écarter de la théorie initiale ayant servi de fondement à l’édifice psychanalytique. Un tabou qui est toutefois susceptible d’ériger en système cette théorie et d’entraîner « une rigidité grandissante qui étouffe l’élan fondateur ».

Mais « quelle est donc, questionne Gauthier, cette authentique psychanalyse qu’il faudrait préserver ? […] L’institution psychanalytique, née dans l’agitation des conflits contemporains à Totem et tabou, s’est développée autour d’une psychanalyse idéale à sauvegarder d’une barbare corruption. […] Nous nous attachons aux figures des fondateurs, à nos pères, mères et maîtres, comme s’ils détenaient la vérité de la psychanalyse. Nous nous saisissons d’eux, sous forme de totems et de tabous, et nous en sommes simultanément saisis, condamnés à monter la garde pour ne pas les perdre. » Et plus loin dans son texte, ce propos que je reproduis ci-après et qui, à mes yeux, désigne un enjeu tout particulièrement propice aux divers dialogues qu’il convoque : dialogue entre la psychanalyse et la culture actuelle, dialogue entre ce qui fut découvert dans le passé et ce qu’il nous reste à découvrir dans le présent, dialogue entre les membres d’une même société psychanalytique, et dialogue entre les membres des différentes sociétés psychanalytiques. En ce qui a trait à cette dernière forme de dialogue, il mentionne celui qui gagnerait à être repris entre Freud et Ferenczi, suite au malentendu intervenu entre eux. Et ce que nous pourrions souhaiter également serait la reprise d’un dialogue entre Freud et Jung, qui fut, l’avons-nous oublié (?), le premier président de l’Association psychanalytique internationale (1910-1913). Un dialogue dans le registre d’un retour aux sources et dans l’esprit d’une réflexion commune à l’égard de ces problèmes de la société actuelle évoqués dans le propos auquel j’ai fait allusion…

« La défense maniaque de la vie quotidienne que décrit Winnicott semble annoncer une tendance de l’évolution culturelle de l’Occident depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Devant l’accélération et la complexification de la vie urbaine, à la faveur des avancées techniques et technologiques, un rôle accru est confié à la consommation, notamment celle des vastes produits de l’industrie du divertissement, multipliés par l’ouverture du champ virtuel. La nouvelle frontière n’est plus celle de territoires insoupçonnés à l’intérieur de soi, mais celle du nouveau continent virtuel avec ses choix qui ne cessent de croître. La société marchande a remplacé les rituels religieux par une quête matérielle. L’individu est invité à

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trouver refuge du côté de l’excitation extérieure face à une vie intérieure désinvestie3. Même le champ des neurosciences est généralement abordé à la manière d’une machine, réduisant facilement l’agence subjective à des déterminismes physico-chimiques externes, selon le présupposé physicaliste. » (ibid.)

Aux prises que nous sommes avec cette problématique de la société actuelle envahie par ce que Yuval Noah Harari appelle le dataisme qui nous incite à chercher la

« vérité » dans Google4, j’estime – est-ce naïveté de ma part ? – que Freudiens et Jungiens gagneraient à renouer un dialogue…

Freudiens dont la recherche porta initialement sur « la théorie sexuelle », théorie à propos de laquelle, à l’époque où Freud voyait en Jung le dauphin qui ferait connaître ses découvertes en dehors du cercle juif auquel on avait tendance au départ à confiner sa psychologie, et celui à qui il avait dit : « Mon cher Jung, promettez-moi de ne jamais abandonner la théorie sexuelle. C'est le plus essentiel ! Voyez-vous, nous devons en faire un dogme, un bastion inébranlable. » Bastion dont la « re-fondation » permettrait sans doute l’ouverture des portes et l’enrichissement en provenance des inestimables contributions des autres théories.

Jungiens qui, à la suite de Jung, attribuèrent une importance cruciale à la vie spirituelle, soit à cette « vie intérieure désinvestie » dans la société marchande dont parle Martin Gauthier. Jung qui, au sujet de la théorie sexuelle, tint dans son autobiographie Ma vie le propos suivant :

« L’erreur est très répandue de penser que je ne vois pas la valeur de la sexualité. Bien au contraire, elle joue un grand rôle dans ma psychologie, notamment comme expression fondamentale – mais non pas unique – de la totalité psychique. Mais ma préoccupation essentielle était d’approfondir la sexualité, au-delà de sa signification personnelle et de sa portée de fonction biologique, et d’expliquer son côté spirituel et son sens numineux, et ainsi d’exprimer ce par quoi Freud était fasciné, mais qu’il fut incapable de saisir5. »

Comme j’y ai fait allusion dans mon article « Reconnaissances &

Réconciliations » publié dans le numéro 7 de la RPA, un dialogue s’est engagé entre Martin Gauthier et moi à partir du moment où on nous a demandé de commenter

3 Les italiques sont de moi.

4 Yuval Noah Harari, 21 leçons pour le XXIe siècle, Paris, Albin Michel, 2018, p. 72.

5 Ma vie, souvenirs, rêves et pensées, Paris, Gallimard, 1966, p. 196.

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ensemble le film « Une méthode dangereuse6 » du cinéaste canadien David Cronenberg.

À la fin de l’article dans lequel il a commenté ce film, mon collègue freudien tient un propos qui va dans le sens d’une reprise d’un dialogue collectif que j’estime si important, à l’époque actuelle, entre Freudiens et Jungiens …

« Le reste est silence, avait conclu Jung lors de sa rupture avec Freud.

Prophétisait-il ? Les deux grands mouvements, la psychanalyse freudienne et la psychologie analytique jungienne ont connu un grand essor au XXe siècle, mais ils ont suivi des voies parallèles, sans rencontre significative : leurs rapports ont été surtout marqués par le silence. […] Le film de Cronenberg devient alors une invitation au dialogue entre Freudiens et Jungiens cent ans plus tard. Car les questions d’alors n’ont certes pas fini de nous interroger7. »

Lorsque j’ai lu les propos tenus par Élizabeth Roudinesco dans son article publié dans le journal Le Monde du 26 octobre 2018 au sujet du livre Correspondance Zurich-Tel- Aviv (1933-1959) de C. G. Jung & Erich Neumann qui venait d’être publié le mois d’avant aux Éditions La compagnie du Livre Rouge, j’ai immédiatement pensé aux propos sensiblement d’une même teneur que j’avais trouvés dans la revue Le Nouvel Observateur, pendant mes années de formation à l’institut C. G. Jung de Zürich, dans les années 70. J’étais alors étonné, à chaque fois qu’il était question de Jung dans cette revue et de sa contribution au vaste champ de la psychanalyse, de voir évoquée l’accusation d’antisémitisme dont il fit l’objet pendant les années 30, accusation encore une fois reprise ici par Roudinesco. Accusation présentée comme un fait incontestable, sans qu’un droit de répartie ne soit offert aux sympathisants de Jung et de son œuvre. J’ai fait part à mon collègue François Martin-Vallas du brûlot de notre historienne de la psychanalyse, en lui demandant s’il était justement disposé à proposer au Monde une répartie à cet article. Ce qu’il fit dans un texte que vous trouverez ci-après reproduit, texte que le quotidien Le Monde a transmis à madame Roudinesco, mais sans toutefois le publier.

Comment expliquer cette fin de non-publication de la part de médias tels L’OBS et Le Monde ? Lors d’échanges que j’ai eus sur ce sujet avec des amis ou collègues français, on avança comme hypothèse que les intellectuels français ont pu en bon nombre être affectés par ce que l’on pourrait appeler le « complexe Vichy », suite à la collaboration en France du régime de Vichy dirigé par le maréchal Pétain avec l’Allemagne nazie.

6 Film réalisé par Cronenberg en 2012. Le scénario du film a été produit par Christopher Hampton d’après sa propre pièce The Walking Cure (2002), elle-même adaptée du roman « A Most Dangerous Method » de John Kerr (Vintage, 1994). Le film met en scène Sabina Spielrein qui après avoir été traitée comme patiente par Jung à la clinique psychiatrique universitaire du Burghölzli devient elle-même psychiatre et s’emploie à jouer le rôle de conciliatrice entre Freud et Jung. Voir Sabina Spielrein entre Freud et Jung, Aubier Montaigne, 1981.

7 Le cinéma du XXIe siècle. Des hommes et des femmes à la recherche de leur âme perdue, sous la direction de Marcel Gaumond, Québec, L’instant même, 2016, p. 41.

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Collaboration à laquelle ont participé des dizaines d’écrivains et de journalistes français de renom entre 1940 et 1944. Quoi de plus libérateur en effet que de se décharger du malaise provoqué par un tel complexe sur des personnalités bien connues comme Jung, tout d’abord qualifié par Roudinesco dans son article comme « célébré dans le monde entier » ! Hypothèse m’aidant à comprendre, partiellement du moins, cette forme pérenne d’acharnement à affubler Jung de ce qualificatif d’antisémite. Que

« partiellement », car du même coup je me suis souvenu d’un même scénario de non- publication d’un texte que j’avais moi-même rédigé en réponse à l’article « Psychanalyse et lapins interprétatifs » d’un chroniqueur du journal québécois Le Devoir, lequel incidemment, vu son orientation et la qualité de ses chroniques, peut être considéré comme appartenant à la même famille de médias que L’OBS et Le Monde.

Marcel Gaumond

Réponse

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de François Martin-Vallas à Mme Roudinesco

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Dans l’édition du Monde du 26 octobre 2018, Mme Élisabeth Roudinesco réitère ses navrantes diatribes à l’encontre de C.G. Jung et de ce qu’elle qualifie de “jungisme”.

D’ailleurs est-ce un hasard si elle commence, dès le titre de son papier, par amputer Carl Gustav Jung de la moitié de son prénom ? Je veux dire que ses propos sont si unilatéralement orientés, si purement et uniquement à charge, qu’elle en est à moitié aveuglée et que la description qu’elle nous fait de l’histoire de Jung et du mouvement jungien s’en trouve dangereusement distordue.

Il est vrai que Jung était un pur produit de la bourgeoisie suisse protestante de la fin du XIX° et qu’il a eu plus que du mal à se défaire des a priori culturels de ses origines.

Nombre de ses écrits sont, à ce titre, très critiquables, et il fut d’ailleurs l’un des premiers à le faire, insuffisamment c’est probable, à la lumière d’aujourd’hui en tout cas, mais autant qu’il le put.

Cela rend d’autant plus étonnantes les prises de position de Mme Roudinesco, par ailleurs auteur d’écrits des plus intéressants concernant l’histoire de la psychanalyse.

Celle-ci, en effet, semble, avec l’histoire de C.G. Jung et du mouvement jungien, affirmer sans jamais questionner, évitant ainsi toute mise en perspective qui pourrait nuancer son propos, voire parfois le contredire. Éviter les mises en perspective, n’est-ce pas précisément éviter le travail de l’historienne qu’elle se prétend et que, en d’autres domaines de la psychanalyse, elle est ?

8 Envoyée au Journal Le Monde le 27/10/2018

9 À propos de la publication du livre Correspondance Zurich-Tel-Aviv (1933-1959) de C.G. Jung & Erich Neumann (Ed. La Compagnie du Livre Rouge, septembre 2018)

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Mais peut-être le mieux est-il de laisser à C.G. Jung lui-même le soin de lui répondre. Voici ce qu’il écrivit en 1934 dans la Neue Zürcher Zeitung en réponse à la critique virulente du Dr Bally qui fit suite à la publication dans le Zenrealblatt für Psychotherapie d’un éditorial non prévu et totalement pronazi du Dr M.H. Göring :

« Je suis imprudent, je le reconnais, si imprudent que je crée les plus graves malentendus qui puissent être à l’heure actuelle : je mets sur la table la question juive. Je l’ai fait délibérément. […]

En ce qui concerne la différence entre une psychologie juive et une psychologie ‘ariano-germano-christiano-européenne’, on ne peut naturellement guère l’observer dans des faits scientifiques, et d’ailleurs il ne s’agit pas du tout de cela ; il s’agit au contraire bien plus de cette donnée fondamentale qu’en psychologie l’objet de la connaissance est en même temps l’organe de la connaissance, ce qui n’est le cas pour aucune autre science. […] C’est en fonction de ce doute que j’ai proposé il y a déjà plusieurs années de commencer par critiquer toute théorie psychologique comme un acte de foi subjectif. […]

J’accepte tranquillement qu’on critique mon acte de foi psychologique d’une caboche tordue de Suisse, qu’on le dise dangereusement influencé par mes ancêtres théologiens et médecins, et en somme par l’héritage culturel chrétien et allemand qui est le mien […] Je ne suis pas vexé d’être qualifié de ‘Teuton confus’, de ‘mystique’, de ‘moraliste’, etc. […]

Ne peut-on dire qu’il existe aussi une psychologie juive qui reconnaitrait la marque de son sang et de son histoire ? Et ne peut-on demander en quoi consistent les différences typiques entre des théories conditionnées par un point de vue essentiellement juif ou essentiellement chrétien ? J’avoue mon incapacité à comprendre en quoi c’est un crime de parler de ‘psychologie juive’ […]

En 1927 j’ai écrit ces lignes : “Ainsi est-ce une erreur impardonnable de considérer les résultats d’une psychologie juive comme universellement valables

! De même, personne n’aura l’idée d’admettre que la psychologie chinoise ou la psychologie italienne s’applique nécessairement à nous. Le reproche facile d’antisémitisme que l’on me fait à cause de cette critique est aussi inintelligent que si l’on m’accusait de préjugés anti-chinois.” […]

En juin 1918, j’écrivais ces mots : “À mon sens, ce problème n’existe pas pour les juifs. Ils possédaient déjà leur culture et ils ont en outre acquis la culture de leur pays d’accueil. Ils possèdent deux cultures, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Ils sont civilisés à un plus haut degré, mais ils ont un rapport moins aisé à ce quelque chose en l’homme qui touche à la terre, qui puise en elle des forces nouvelles, à ce côté terrien que l’homme germanique recèle en lui-même dans une dangereuse concentration.” […] »

Et voici ce qu’il dit d’Hitler, en 1938, au journaliste américain H.R. Knickerbocker :

« J’ai vu le Duce et le Führer ensemble à Berlin lors de la visite protocolaire de Mussolini (1937) ; j’ai eu la chance d’être placé à seulement quelques mètres d’eux et j’ai pu les étudier à mon aise. […] Hitler me fit l’impression d’un pantin de bois recouvert de vêtements, d’un automate doté d’un masque, comme un

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robot ou un masque de robot. […] Il ne manifesta aucun signe humain. Son expression était celle d’un être inhumain tendu vers un seul but, sans aucun sens de l’humour. »

Au retour de Berlin, il dit aussi qu’Hitler était fou, et il qualifia le nazisme de psychose collective.

Évidemment, son approche de la psychologie des peuples est aujourd’hui très critiquable, et critiquée au sein du mouvement jungien. Ce n’est pas ce que l’on retient de son œuvre, sinon pour en reconnaitre la trop grande superficialité. D’ailleurs, c’est là un domaine de ses recherches qui n’a pas donné lieu à une poursuite de ses travaux par ses élèves et leurs successeurs, au contraire, par exemple, de sa théorie des archétypes, éminemment profonde et complexe, y compris dans ses soubassements épistémologiques, que Mme Roudinesco cite dans son papier avec un niveau de réflexion à peine digne de propos de comptoir.

Je ne peux donc qu’inviter le lecteur de la critique de Mme Roudinesco et de ma réponse à lire cette correspondance entre C.G. Jung et E. Neumann, aussi riche intellectuellement que profonde humainement, afin qu’il puisse ainsi se forger sa propre opinion.

François Martin-Vallas

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