ELECTRODYNAMIQUE
VARIATIONS CLASSIQUES SUR UN THEME QUANTIQUE
Un sujet d’examen de th´eorie quantique des champs 8 janvier , 14 heures
D.E.A. de CHAMPS, PARTICULES, MATIERES — PARIS 7
Ces quelques consid´erations classiques — dans au moins deux sens de l’adjec- tif — sur le th`eme du rayonnement dans le cadre de l’´electrodynamique quantique r´epondront peut-ˆetre `a quelques unes des questions que tout un chacun se pose plus souvent qu’il n’ose l’exprimer. Autrement dit, existe t-il des ´etats du champ
´electromagn´etique (quantique) dans lesquels les grandeurs physiques (du champ quantique) auraient un comportement quasi classique, `a savoir une valeur moyenne
´evoluant classiquement, et une dispersion aussi menue que d´esir´ee ?
Vous aurez sans doute `a vous rem´emorer quelques souvenirs d’´electrody- namique classique faisant partie du patrimoine culturel, et les calculs quoique abondants, n’exc`edent pas les techniques de la m´ecanique quantique ordinaire (il n’y a pas de relativit´e). Votre r´edaction personnelle doit ˆetre grˆacieusement remise `a Jacqueline Dufournet avant le vendredi 10 janvier, 16 heures dernier d´elai.
Pour le reste, vous pouvez travailler comme vous l’entendez, ce qui ne m’interdit nullement de prof´erer quelques avis :
• N’h´esitez pas `a recourir aux catalogues du commerce lorsque vous avez besoin d’une formule d’analyse ou d’arithm´etique.
• Des erreurs absolument involontaires ont pu se glisser dans l’´enonc´e qui suit.
Ne restez pas esclaves du texte.
• Votre aptitude `a trouver de bonnes sources est une forme de comp´etence (apr`es tout, il n’y aura ici rien de bien nouveau ; une partie des questions trait´ees remonte `a Schr¨odinger, en ), mais le bon usage voudrait que l’on n’omette pas de citer celles-ci.
• Efforcez vous de parvenir `a une r´edaction claire, concise et originale. Vous concevrez que les exigences du lecteur sous ce rapport ne sont pas les mˆemes que lors d’une ´epreuve en temps plus limit´e. Tout ce qui peut troubler l’assoupissement dudit lecteur est souhaitable.
• Si vous travaillez en ´equipe, que ce soit l’occasion d’exercer votre esprit critique (quoi de plus irritant que la lecture d’une erreur r´ep´et´ee `a sati´et´e ?), mais n’oubliez pas que votre progression peut en ˆetre consid´erablement ralentie.
• Rassurez vous ; il n’est absolument pas n´ecessaire de r´epondre `a toutes les questions qui suivent pour r´ealiser une performance honorable.
votre contact : Alain Laverne couloir 24-14, 5e ´et.
Universit´e Paris 7
2 place Jussieu, Paris Ve 158 rue St. Jacques, Paris Ve
t´el.
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Electrodynamique : Variations. . . 1 CHAMPS ELECTRIQUE ET MAGNETIQUE QUANTIQUES 1. i) Rappelez l’expression du d´eveloppement en modes (plans, p´eriodiques dans une
caisseV, polaris´es rectilignes) de l’op´erateur du champ ´electromagn´etique en jauge de Coulomb.
ii) En d´eduire les d´eveloppements en modes des op´erateurs champ ´electrique transverse et champ magn´etique quantiques.
iii) Quelles sont `a votre avis les justifications (`a d´efaut de raisons) de ces d´enominations ?
2. Etant donn´e la popularit´e classique des ondes ´electromagn´etiques planes, on va chercher des ´etats quasi classiques de ce type. Dor´enavant, et sauf avis con- traire expr`es, on se bornera au sous-espace des ´etats associ´es `a un mode (k,εεˆε), g´en´eralement sous-entendu (¸ca all`ege l’´ecriture. . . et permet de n´egliger un in- fini !). Quelles sont les expressions des op´erateurs champs ´electrique E(r, t) et magn´etique B(r, t) effectifs dans ce sous-espace ?
OPERATEURS AMPLITUDE ET PHASE
Le probl`eme est maintenant de trouver un ´etat dans lequel on aura, par exemple, E(r, t)=E0 sin(ωt−k·r−ϕ),
et avec une dispersion quantique minimale. Pour cela, force est d’´etudier les valeurs moyennes et dispersions d’amplitudes et de phases dont il va falloir tenter de d´efinir les op´erateurs.
3. L’allure de l’expression de E(r, t) sugg`ere ´evidemment de poser a=AeiΦ,
a+ =Ae−iΦ, avec A2 =a a+. . . ou a+a ( ?), et Φ =−iLog(a/√
A2) + 2nπ ( ?). Tout cela est-il bien r´egulier ?
4. Essayons de d´efinir d’une part l’op´erateur amplitude √
N + 1 (en fonction de l’op´erateur nombre de photons dans le mode) et, d’autre part, l’op´erateur F — comme (facteur de) phase — tel que
a=√
N + 1F.
i) Montrez que l’expression de F en fonction de N eta est parfaitement d´efinie.
ii) Calculez F F+ et F+F. L’op´erateur F est-il hermitique ? unitaire ? Tout cela est-il bien normal ?
iii) Etant donn´e un ´etat `a nphotons |n, calculez F|net F+|n.
iv) Calculez les commutateurs [N, F] et [N, F+].
2 D.E.A. Champs &tc. . .
5. Etant donn´e l’origine deF, on lui associe les op´erateurs C df= F +F+
2 ,
S df= F −F+ 2i ,
dans l’espoir qu’ils aient un rapport avec un cosinus et un sinus de la phase, mais quoi qu’il en soit parfaitement d´efinis.
i) Calculez les commutateurs [N, C] et [N, S].
ii) En d´eduire des in´egalit´es de Heisenberg entre dispersions et valeurs moyennes des grandeurs N, C et S dans un ´etat quelconque.
iii) Qu’en concluez-vous sur l’espoir de trouver un ´etat quantique dans lequel les valeurs des champs ´electrique et magn´etique soient certaines ?
LES ETATS DE NOMBRE DE PHOTONS
Commen¸cons notre quˆete d’´etats quasi-classiques par l’´etude des ´etats qui, en le sous-tendant, nous ont servi `a construire l’espace des ´etats du champ
´electromagn´etique quantique, `a savoir les ´etats propres |n deN =a+a.
6. i) Quelles sont les valeur moyenneNnet dispersion (∆N)ndans un de ces ´etats ? ii) Calculez les valeurs moyennes Cn, Sn, C2n et S2n. En d´eduire les dispersions (∆C)n et (∆S)n. Celles-ci vous paraissent-elles grandes ? par rapport
`
a quoi ? Qu’en est-il des in´egalit´es de Heisenberg ?
7. i) Quelle est la valeur moyenne du champ ´electrique, E(r, t)n? Y a t-il quelque espoir que le champ ´electrique ait, dans un ´etat|n, un comportement d’onde plane classique ?
ii) Par acquit de conscience, calculez la valeur moyenne E2(r, t)n et la disper- sion
∆E(r, t)
n.
8. Discutez — en vous aidant de l’expression de l’op´erateur champ ´electriqueE(r, t) en fonction de l’amplitude √
N + 1 et du facteur de phaseF — de la distribution des valeurs de E(r, t) dans un ´etat |n, d’abord `a r et t donn´es, puis en fonction de t en un lieur donn´e.
LES ETATS DE PHASE
9. Que pouvez-vous dire du commutateur [C, S] ? Qu’en est-il de l’espoir de trouver des ´etats propres de la phase ? Et pourtant. . .
10. Etant donn´es les nombres ϕr´eel et s entier (ai-je bien dit qu’il ´etait naturel ?), on d´efinit le vecteur d’´etat
|ϕ, sdf= 1
√s+ 1
s
n=0
ei n ϕ|n.
Electrodynamique : Variations. . . 3 i) Calculez les valeurs moyennesFϕ,s,Cϕ,s,Sϕ,s,F+Fϕ,s,C2ϕ,s,S2ϕ,s, et surtout leurs limites lorsque s → ∞. En d´eduire les limites des disper- sions (∆C)ϕ,s et (∆S)ϕ,s.
ii) A quel comportement faut-il s’attendre de la part du nombre de photons ? Calculez effectivement les valeurs moyennesNϕ,sN2ϕ,s, la dispersion (∆N)ϕ,s, et leurs limites lorsque s→ ∞. Tout cela est-il coh´erent ?
iii) Pouvez-vous discuter de la distribution des valeurs deE(r, t) dans un ´etat|ϕ, s (avec s ´elev´e) `a r et t donn´es ? `a r donn´e ?
LES ETATS COHERENTS
Pas encore d´ecourag´es, revenons `a notre recherche d’un hypoth´etique ´etat, |?, norm´e `a 1, dans lequel le champ ´electrique aurait une valeur d´etermin´ee au mieux autour d’une valeur moyenne
E0 sin(ωt−k·r−ϕ),
c’est-`a-dire avec des dispersions d’amplitude et de phase, alias (∆N)?, (∆C)?, (∆S)? qui, `a d´efaut d’ˆetre toutes nulles, saturent tout au moins les in´egalit´es de Heisenberg.
11. D’abord, pour r´ealiser la valeur moyenne, posons α=df ?|a|?.
i) Calculez E(r, t)? en fonction de |α| et ϑ df= argα. En d´eduire l’amplitude E0 et la phase ϕ correspondantes.
ii) L’´etat |? peut-il ˆetre un ´etat |n? Le ket|a?=df a|? peut-il ˆetre nul ? 12. Ensuite, il faut minimiser la dispersion du champ ´electrique. Pour cela. . .
i) Exprimez E2(r, t) en fonction de N, a2 et a+2. En d´eduire les expressions de E2(r, t)?, puis de
∆E(r, t)2
?.
ii) Comme on ne sait pas encore tr`es bien ce que l’on cherche au juste, si ce n’est une onde plane, qui a la propri´et´e de se reproduire identique `a elle-mˆeme partout, tout le temps, on peut aussi bien se proposer de d´eterminer un ´etat|?dans lequel la dispersion (∆E(r, t)? serait une constante, ind´ependante de la position et du temps. Montrez que ce genre de souhait n´ecessite une condition sura2?. Montrez que l’on doit avoir ?|a|a?=?|a?2.
iii) Dans ces conditions, quelle est la valeur de
∆E(r, t)2
?, en fonction de N?
et |α|2?
13. On veut ´evidemment que notre ´etat quasi-classique procure aux valeurs moyennes tous les attributs d’une onde plane ´electromagn´etique, en particulier son ´energie.
Il faut donc
i) Calculer l’´energie de l’onde ´electromagn´etique classique, dont le champ ´electri- que a l’amplitude E0, dans la caisseV.
4 D.E.A. Champs &tc. . .
ii) En identifiant cette ´energie `a la valeur moyenne de l’hamiltonien du champ transverse, effectif dans le mode, d´eterminez la relation entre N? et |α|. Que devient cette relation dans la limite des grandes valeurs de N? (ou de |α|) qui seule nous int´eresse puisque, comme on l’a vu dans les questions pr´ec´edentes, ce n’est pas avec quelques ´etats `a quelques photons que l’on peut esp´erer obtenir un
´etat quasi-classique.
iii) Montrez que l’on doit avoir a?|a?=|?|a?|2.
14. Ne reste plus, en rassemblant les conditions n´ecessaires, qu’`a construire explicite- ment l’´etat |?.
i) Montrez que l’´etat |? doit ˆetre ket propre de a, pour une valeur propre `a d´eterminer.
ii) En d´eduire l’expression de l’´etat ?, sous forme de d´eveloppement sur les ´etats de nombres de photons |n. C’est cet ´etat, dont le vecteur est norm´e `a l’unit´e, avec une phase d´etermin´ee en convenant que sa composante n = 0|? soit r´eelle positive, qui sera d´esormais appel´e´etat coh´erent et symbolis´e par |α, ou |αk,εεεˆ si l’on veut rappeler le mode.
QUELQUES PROPRIETES DES ETATS COHERENTS 15. Etant donn´es deux nombres complexes α et α. . .
i) Calculez|α|α|2.
ii) Rappelez les effets de a|α, a|α.
iii) Calculez la probabilit´e Pr(n si α) d’avoirnphotons dans l’´etat|α. Sentez-vous si ce produit est bien frais ?
iv) En faisant appel `a vos souvenirs de la formule dite, selon les goˆuts, de Glauber, ou de Campbell-Baker-Hausdorf, calculez le r´esultat de l’action de l’op´erateur eαa+−α∗a sur le vide |0. Concluez.
v) Calculez les valeurs moyennesNαetN2α, la dispersion (∆N)α, la dispersion relative (∆N)α/Nα, et la limite de cette derni`ere pour des ´etats coh´erents tels que Nα 1. A d´efaut de propret´e de |α, qu’en concluez-vous concernant la distribution des valeurs de l’amplitudedu champ ´electrique dans cet ´etat ? vi) Pour les analystes obsessionnelles seulement : Estimez chacune des valeurs moyennes Sα, Cα, S2α, C2α, sous forme de d´eveloppement asymptotique en puissances de |α|−2. En d´eduire les comportements des dispersions (∆S)α
et (∆C)α `aNα ´elev´ee. Qu’en concluez-vous en ce qui concerne la distribution des valeurs de la phase du champ ´electrique dans l’´etat |α? Pour les insatiables : Estimez les produits (∆N)α(∆S)α et (∆N)α(∆C)α en fonction de Cα etSα. Concluez.
Electrodynamique : Variations. . . 5 16. Plus physiquement, ´etant donn´eα complexe. . .
i) Rappelez l’expression deE(r, t)α en fonction de |α| et ϑdf= argα.
ii) Rappelez la valeur de
∆E(r, t)
α en fonction de ω etV, et en fonction de E0
et Nα.
iii) Enfin, pour avoir une id´ee de la valeur moyenne du champ ´electrique et de sa dispersion dans divers ´etats coh´erents, tracez les triplets de courbes repr´esentatives de
fα(t)df= E(r, t)α
∆E(r, t)
α
,
et de fα(t)±1, pour diverses valeurs deα de mˆeme argumentϑ, correspondant `a Nα = 4, 40 et 100 photons respectivement, en un point r tel quek·r+ϑ= 0, en fonction du temps t.
iv) Et pour souffler un peu, ´etant donn´e un mode (k,εεˆε), r´ecapitulez :
— la propri´et´e caract´eristique de l’´etat coh´erent |αk,εεˆε,
— l’expression explicite de |αk,εεεˆ en termes des ´etats |nk,εεˆε,
— les valeurs moyennes, dans cet ´etat, des vecteurs champs ´electrique E(r, t) et magn´etique B(r, t) effectifs dans le mode.
LA FABRICATION DES ETATS COHERENTS
Reste, pour conforter nos bases classiques, `a nous assurer que les ´etats coh´erents sont effectivement r´ealisables, en particulier par des sources quasi-classiques.
V´erifierab initiol’existence de telles sources serait un peu long pour cette fois, aussi nous allons nous contenter d’admettre que l’´electrodynamique quantique contient,
`
a la limite dite non-relativiste, la th´eorie des fermions charg´es `a la Schr¨odinger, elle-mˆeme admettant comme limite (souvenez vous du th´eor`eme d’Ehrenfest) la m´ecanique classique des charges ponctuelles.
Partant de la densit´e hamiltonienne de l’´electrodynamique quantique en jauge de Coulomb
H=He+HCoul.+Hγtransv. −qj·A,
on ´etudie donc l’´evolution du champ ´electromagn´etique quantique coupl´e `a une source externe classique, ´evolution r´egie par l’hamiltonien
H =Hγtransv.+V,
dans lequelHγtransv. est l’hamiltonien du champ ´electromagn´etique transverse libre, tandis que
V(t)df=−q
Vd3r j(r, t)·A(r, t)
repr´esente l’interaction entre la densit´e de courant classique qj et le rayonnement quantique A.
6 D.E.A. Champs &tc. . .
17. i) Rappelez le d´eveloppement en modes du champ A(r, t) en repr´esentation d’interaction.
ii) En d´eduire l’expression deV(t) en termes d’op´erateurs de cr´eation/annihilation de photons.
iii) Que pouvez vous dire du commutateur des op´erateurs V(t1) etV(t2) ? iv) Montrez que l’op´erateur −it
0 dt1V(t1) peut se mettre sous forme d’un d´eveloppement
kT
αkT(t)a+kT −αkT∗ (t)akT
.
18. i) Rappelez l’´equation d’´evolution du ket d’´etat|tdu champ quantique au tempst, en repr´esentation d’interaction.
ii) Rappelez l’´equation du mouvement et la condition initiale d´efinitoires de l’op´erateur d’´evolution U(t, t0) qui fait passer de l’´etat |t0 `a l’´etat |t dans cette repr´esentation.
iii) Montrez que, pour ∆t petit, on a U(t0+ ∆t, t0)∼e−i∆t V(t0).
iv) En d´eduire une expression de U(t0+n∆t, t0) sous forme de produits de tels op´erateurs.
19. Pour achever la construction explicite de l’op´erateur d’´evolution, il nous faut d’abord d´emontrer une propri´et´e amusante.
i) Soit une famille d’op´erateursAi dont tous les commutateurs sont des nombres.
Rappelez l’expression du produit eA2eA1 en fonction de eA1+A2.
ii) En d´eduire l’expression du produit eA3eA2eA1 en fonction deeA1+A2+A3, pour finalement en induire l’expression du produiteAneAn−1. . . eA1 en fonction deeΣiAi. iii) En d´eduire que l’op´erateur d’´evolution peut s’´ecrire
U(t, t0) =e−i t
t0
dt1V(t1)
ei ϕ(t,t0), o`u ϕ(t, t0) est une simple phase num´erique.
20. En d´eduire la nature de l’´etat du rayonnement cr´e´e au tempstpar le branchement,
`
a t = 0, de la sourceqj(r, t).
UNE AFFAIRE QUI TOURNE
Etant donn´e le vecteur de mode k et les vecteurs unitaires ˆεεε1 et ˆεεε2 constituant
— dans cet ordre — un tri`edre orthogonal direct, on se place maintenant dans le sous-espace des ´etats du rayonnement associ´es aux modes (k,ˆεεε1) et (k,ˆεεε2).
21. i) Quelle est l’expression du d´eveloppement en modes de l’op´erateur de champ effectif dans ce sous-espace ?
ii) On d´efinit d’autres vecteurs de base, complexes, ˆεεε± df=∓ 1
√2(ˆεεε1 ±iˆεεε2).
Electrodynamique : Variations. . . 7 D´eterminez les op´erateurs a+ et a− associ´es `a ces nouveaux vecteurs de base, en fonction des op´erateurs d’annihilation a1 eta2 associ´es `a ˆεεε1 et ˆεεε2.
iii) Calculez les commutateurs des op´erateursa+, a−, a++, a−+. Conclusion ? iv) Quelle est l’expression d’un ´etat |n+, normalis´e, de n photons dans le mode (k,ˆεεε+), construit par action d’op´erateurs a++ sur le vide ?
22. On va, juste pour voir, fabriquer des ´etats coh´erents de photons (k,ˆεεε+).
i) Etant donn´e un nombre complexe α, rappelez le d´eveloppement de l’´etat coh´erent |α+ sur les ´etats de base |n+.
ii) En d´eduire le d´eveloppement de|α+ en termes d’op´erateursa+1 eta+2 agissant sur le vide.
iii) Montrez que |α+ peut s’´ecrire sous forme d’un produit d’´etats coh´erents —
`
a d´eterminer soigneusement — dans les modes ˆεεε1 et ˆεεε2 respectivement.
23. Reste `a ´etudier les grandeurs physiques dans l’´etat coh´erent |α+.
i) Rappelez l’expression trouv´ee pour la valeur moyenne 1α1|E(r, t)|α11 du champ ´electrique effectif dans un ´etat coh´erent α1 du mode (k,ˆεεε1).
ii) En d´eduire la valeur moyenne+α|E(r, t)|α+ du champ ´electrique effectif dans l’´etat coh´erent |α+.
iii) Qu’en concluez-vous sur la signification des ´etats coh´erents |α±? LE PROBLEME DES AMATEURS DE CLASSIQUE
Une physicienne s’inqui`ete de l’´eventualit´e d’avoir `a recourir `a l’´electrodynamique quantique afin d’analyser le processus de r´eception, `a Orsay, de son ´emetteur favori, fr´equence 91,70 MHz, puissance (en toute l´egalit´e) 2 kW, situ´e sur la tour Eiffel.
Une estimation des ordres de grandeur s’impose. Comme il s’agit d’´evaluation qualitative, on peut se permettre — au risque de choquer toute maˆıtresse experte en physique — de faire comme si le rayonnement ´etait isotrope.
24. i) Estimez l’amplitude du vecteur de Poynting du rayonnement de l’´emetteur, puis l’amplitude du champ ´electrique, `a Orsay, en fonction de la puissance et de la distance de l’´emetteur.
ii) En d´eduire le nombre moyen de photons de l’´etat du rayonnement analys´e `a Orsay, en fonction de la puissance, de la distance et de la fr´equence de l’´emetteur, et du volume de la caisse `a modes.
iii) Quel doit ˆetre le volume minimal de la caisse admettant ce mode de ray- onnement ? Cette caisse permet-elle d’inclure aussi le baladeur de l’auditrice, y compris son antenne ?
iv) En d´eduire le nombre moyen de photons minimal de l’´etat permettant la description quantique du rayonnement en interaction avec le r´ecepteur.
v) Alors. . . A t-elle besoin de l’´electrodynamique quantique ?
8 D.E.A. Champs &tc. . .
LES ETATS COMPRIMES
Encore d’autres ´etats du rayonnement quantique, apparent´es aux ´etats coh´erents, et pourtant fondamentalement diff´erents.
25. Les ´evolutions spatiale et temporelle du champ dans un mode ´etant trivialement reli´ees, on va se contenter, pour all´eger l’´ecriture, de consid´erer le champ en r=0.
Rappelez (cf.question2) l’expression de l’op´erateur champ ´electrique, effectif dans le mode (k,ˆεεε), en r=0.
26. i) Inspir´es par l’alg`ebre des op´erateurs a et a+, on va tenter non plus une description ´equivalente en termes d’amplitude et de phase, mais plutˆot en fonction des op´erateurs
P =df a+a+ 2 , Q=df a−a+
2i .
Calculez le commutateur de P et Q. En d´eduire une in´egalit´e de Heisenberg entre dispersions (∆P) et (∆Q) dans un mˆeme ´etat, quelconque.
ii) Exprimez l’op´erateur champ ´electrique effectif E(0, t) en fonction de P et Q.
27. Avant d’attaquer le vif du sujet, il peut ˆetre instructif de se livrer `a une petite v´erification des propri´et´es d’un ´etat coh´erent|α.
i) Rappelez la valeur moyenneNαdu nombre de photons dans l’´etat coh´erent|α. ii) Calculez les valeurs moyennes Pα etQα. En d´eduire les dispersions (∆P)α et (∆Q)α.
iii) Glosez des valeurs de ces dispersions par rapport `a leur in´egalit´e de Heisenberg.
28. Etant donn´es deux nombres complexes µ et ν, on d´efinit l’op´erateur bdf=µ a+ν a+,
en sorte que la transformation soit canonique c’est-`a-dire telle que [b, b+] = 1.
i) Quelle conditionµ et ν doivent-ils n´ecessairement satisfaire ?
ii) Par analogie avec les ´etats coh´erents, on va chercher, et construire, des ´etats propres de l’op´erateur b. Soit :
b|β=β|β.
Dans quel cas l’´etat |β est-il un ´etat coh´erent ?
iii) Soit le d´eveloppement de l’´etat |β sur les ´etats propres |n du nombre de photons dans le mode :
|β=
?
n=0
cn|n.
Electrodynamique : Variations. . . 9 Etablir la relation de r´ecurrence entre les coefficientsncn, et en d´eduire l’existence des ´etats |β.
29. Mais on va voir un autre proc´ed´e de construction des mˆemes ´etats |β, beaucoup plus pratique. Soit l’op´erateur ˜N df=b+b.
i) Quelles sont les propri´et´es du spectre de ˜N ?
ii) Montrez, en calculant explicitement les premiers termes de son d´eveloppement sur les ´etats |n, qu’il existe un ´etat |˜0 tel queb|˜0 = 0 (. . . `a une normalisation et un choix de phase pr`es. Aussi vous pouvez vous contenter d’exprimer |˜0 en fonction de son amplitude c0 sur l’´etat |0.)
iii) Montrez que l’on peut construire les ´etats propres de l’op´erateur ˜N par actions de l’op´erateur b+ sur l’´etat |˜0.
iv) En d´eduire, imm´ediatement, le d´eveloppement de l’´etat|βsur les ´etats propres de ˜N, not´es |n˜. (On choisit |β norm´e `a 1, et sa phase telle que l’amplitude de
|β sur |˜0 soit r´eelle positive.)
30. Quelques propri´et´es des |β. Les nombres complexesµ, ν et β ´etant donn´es. . . i) Quelles sont les valeurs moyennes N˜β, bnβ et (b+)nβ?
ii) Calculez les valeurs moyennes Pβ et Qβ.
iii) Calculez les valeurs moyennesP2β etQ2β. (Un conseil pratique : exprimez d’abord les op´erateurs P2 et Q2 en fonctions des op´erateurs b2, (b+)2 et ˜N.) iv) En d´eduire les dispersions (∆P)2β et (∆Q)2β.
31. On s’int´eresse, pour faire simple, au cas particulier µ, ν, β r´eels.
i) Donnez, dans ce cas, les expressions de Pβ, Qβ et Nβ en fonctions de µ, ν et β.
ii) Donnez les expressions des dispersions (∆P)β et (∆Q)β.
iii) Discutez de l’in´egalit´e de Heisenberg pourP et Q dans un ´etat|β.
iv) Pourquoi appelle t-on les ´etats propres de b des ´etats comprim´es? Ces ´etats pourraient-ils ˆetre dits quasi classiques ?
EPILOGUE
Il faudrait encore montrer que ces ´etats comprim´es sont effectivement r´ealisables (on commence `a y parvenir) et qu’ils sont potentiellement riches d’applications, mais les meilleures choses doivent avoir une fin et je commence `a ˆetre fatigu´e. Pas vous ?