J
OURNAL DE
T
HÉORIE DES
N
OMBRES DE
B
ORDEAUX
G
UY
H
ENNIART
Sur la conjecture de Langlands locale pour GL
nJournal de Théorie des Nombres de Bordeaux, tome
13, n
o1 (2001),
p. 167-187
<http://www.numdam.org/item?id=JTNB_2001__13_1_167_0>
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Sur la
conjecture
de
Langlands
locale
pour
GLn
par GUY HENNIART
RÉSUMÉ. Nous
développons
une variante de notre démonstration desconjectures
deLanglands
pourGLn
sur les corpsp-adiques.
Cette variante soulève d’intéressants
problèmes
deplongement
avec ramification prescrite. Nous examinons
également
lespro-priétés
de naturalité de lacorrespondance
locale et desconsé-quences
globales
de cette variante.ABSTRACT. We propose a variant to our
proof
of theLanglands
conjecture for GLn over
p-adic fields,
a variant which raises someinteresting
embedding problems
withprescribed
ramification. We also investigate variousnaturality
properties of the localcorre-spondence
and theglobal
consequences of thatproof.
1. Introduction
(1.1)
Aux Journéesarithmétiques
deRome,
dontje
tiens à remercier ici lesorganisateurs, j’ai
présenté
lesprogrès récents,
etspectaculaires,
sur cequ’il
est convenud’appeler "programme
deLanglands",
qui
reliereprésentations
galoisiennes
etreprésentations automorphes,
sur les corpsglobaux.
D’une
part
M. Harris et R.Taylor
ont établi[HaT]
lacorrespondance
deLanglands
pourGLn
sur les corpsp-adiques
ainsi que de nouveaux cas pour des corps de nombres. D’autrepart,
L.Lafforgue
[Lf]
acomplètement
démontré cette
correspondance
pour les corpsglobaux
decaractéristique
non nulle. Par ailleurs encore B.Conrad,
lors de ces mêmesJournées,
annonçait
que toute courbeelliptique
sur Q
estmodulaire,
et K. Buzzardque certaines fonctions L d’Artin icosaédrales sont
entières,
deux résultatsqui
relèvent aussi du programme deLanglands.
Cependant
leprésent
article n’est pas la rédaction del’exposé
donné auxJournées
arithmétiques.
Le lecteur pourra, outre les articlesoriginaux,
con-sulter les
rapports
excellents et détaillés de H.Carayol
[Ca2]
et G. Laumon[Lm]
au Séminaire Bourbaki(voir
aussi[He6]).
(1.2)
Je voudraisprésenter
ici une preuve de lacorrespondance
pourGLn
sur les corpsp-adiques.
Ils’agit
d’une variante de la méthode de[He5],
méthode
qui
estplus
directe etplus
simple
que celle de[HaT],
mais nedonne pas de modèle
géométrique.
Cette variante estplus naturelle,
ellea
quelques conséquences globales
que nousdévelopperons,
et surtout elle est reliée à desproblèmes
deplongement
qui
ne semblent pas avoir étésuffisamment
explorés.
Enl’exposant,
nous serons amenés àrappeler
leprincipe
des démonstrations de[HaT]
et[He5],
ainsi que lesprincipales
étapes
de[He5],
de sorte que cet articlecomporte
en fait un brefrapport
sur les preuves de lacorrespondance
locale.(1.3)
Terminons cettesimple
introduction par un énoncéprécis
du résultatà établir.
Nous fixons un nombre
premier
p, une extension finie K de et uneclôture
algébrique K
de K. Nous notonsWK
le groupe de Weil de K sur K et normalisonsl’application
deréciprocité
TK : K" de lathéorie des corps de classes de sorte que les substitutions de Frobenius
géométriques correspondent
aux uniformisantes de K. Enfin nous fixons unquasicaractère
additif nontrivial 0
de K dans CI.Pour
chaque
entier n >1,
nous notons"-0 (n)
l’ensemble des classesd’isomorphisme
dereprésentations complexes
continues deWx,
dedimen-sion n, et
40K(n)
l’ensemble des classesd’isomorphisme
dereprésentations
complexes
lisses irréductiblessupercuspidales
deGLn(K).
L’application
deréciprocité
TK donne unebijection x H
>7r(X)
entre~(1),
identifié àl’ensemble des
quasicaractères
etAO (1),
identifié à l’ensemble desquasicaractères
KX -+ CI . L’énoncésuivant, expression
desconjec-tures de
Langlands, généralise
cettebijection
à tout entier n > 2.Théorème. Il existe une
famille
(7rn)n2l
debijections,
deg1(n)
surA’ (n),
caractérisée par lespropriétés
suivantes.(i)
Pour n > 1 et E déterminant de cl vu commequasicaractère
de
WK, correspond
auquasicaractère
centralcv~(~)
de7r(a) = 7rn(a),
par lathéorie du corps de classes :
Dans cet
énoncé,
l’exposant v
indique
lacontragrédiente.
Pour unereprésentation
continue a deWK,
L(a, s)
est son facteur Ld’Artin,
et s,x)
la constante locale définie parLanglands
etDeligne.
Si 7T, 7r’ sontdeux
représentations
lisses irréductibles deGLn(K)
etGLn~(K)
respective-ment,
les facteursL(7r
xir, s)
eté( 1f
X 1f’,
s,x)
sont ceux définis parJacquet,
Piatetski-Shapiro
et Shalika[JPSS]
(voir
aussi Shahidi[Sh]).
(1.4)
Au §
2,
nousexpliquons
leprincipe
des démonstrations de[HaT],
[He5]
et duprésent
article. Cette dernièreapproche
estdéveloppée
aux§§
3 à5,
et desconséquences
globales
donnéesau §
6. Voir 4.5 pour descommentaires détaillés sur la différence entre
l’approche
présente
(basée
sur[He7])
et celle de[He5].
Le §
7 énonce despropriétés
de fonctorialité de lacorrespondance
locale.2. Le
principe local-global
(2.1)
Notre résultat sera obtenu par une méthodeglobale,
analogue
à ladérivation de la théorie locale du corps de classes à
partir
del’approche
classique
de la théorieglobale
(voir
parexemple
[Lg]).
Tant dans[HaT]
que dans[He5]
etici-même,
l’idée estd’obtenir,
pour certains corps denombres
F,
des cas faibles de lacorrespondance globale
conjecturée
parLanglands,
et d’en déduire le résultat localcomplet.
Plus
précisément,
fixons un corps de nombres totalement réelF+,
un corpsquadratique imaginaire E,
et posons F =F+E.
Grâce àl’étude,
par
R. Kottwitz
[Ko],
de certaines variétés de Shimura sur F en desplaces
debonne
réduction,
Clozel a montré[Cll,
C12,
voir aussiCL]
qu’à
certainesreprésentations automorphes cuspidales
II deGLn(AF)
onpeut
associerdes
représentations
galoisiennes
dont les facteurs L en presque toutes lesplaces
correspondent
à ceux de II. Plusexactement,
si l’on fixe un nombrepremier Ê
et une identification deQi
àC,
onpeut
associer à certainesreprésentations
II commeplus
haut unereprésentation galoisienne ~-adique
~ _ de
Gal(Q/F) ,
de dimension unmultiple
an de n(autrement
dit unhomomorphisme
continu de dans non ramifiéepresque
partout,
et tellequ’en
presque touteplace
finie v de F où II est Esont non ramifiées on ait
/ B
L’idée est que d’abord on doit
pouvoir
prendre
a = 1 etqu’ensuite,
mêmeen une
place
finie fixée v de F oùIIv
estramifiée,
le composant£v,
àisomorphisme
près,
ne devraitdépendre
que deHv,
et non de la situationglobale
considérée,
etcorrespondre
àIIv
par lacorrespondance
localecon-jecturée
pourFv, correspondance
légèrement
modifiée pour tenircompte
du
décalage
de la variable s dans l’identité(L)
plus
haut. Il faut aussiespérer
obtenir suffisammentd’exemples
depaires
(II, E)
vérifiant(L)
pour(2.2)
Ceprincipe,
connudepuis longtemps,
n’avait pasconnu, jusqu’à
récemment, d’applications
au-delà deGL2.
Les travaux de M. Harris luiont redonné
vigueur.
Dans[Hal],
poursuivant
un programme suscité parH.
Carayol
[Cal],
Harris montre que l’étude de variétés de Shimura sur Fbien choisies
mène,
en uneplace
finie fixée v deF,
à un modèlegéométrique
local
qui
permet
d’associer à un élément 7r de(n)
unereprésentation
semisimple
a(7r)
du groupe de Weil absolu deF,,
bien définie àisomor-phisme près.
Desarguments
decomptage
et de fonctorialité[He3,
He4,
BHK]
montrent alors quea(1r)
est irréductible etqu’on
obtient unebi-jection
naturelle 7r Ha(7r)
de(n)
sur"-0
(n)
qui
possède
toutes lespropriétés exigées
dans le théorème1.3,
saufpeut-être
lapréservation
des facteursepsilon
(rive).
Dans
[Ha2],
Harris tireavantage
ducomportement,
vis-à -vis duchange-ment de base et de l’induction
automorphe,
de la constructionpour montrer que cette
propriété
(iv~)
estvérifiée,
pourvu que n et n’ soientpremiers
à p. Cela donne laconjecture
deLanglands
pour n p, c’est-à-dire que le théorème 1.3 est valable pour une famille debijections
de
Ç)(n)
sur4’ (n),
pour n p. Deplus
etsurtout,
M. Harris y montreque pour prouver l’identité
(ive)
dans tous les cas, il "sufht" d’obtenir desrenseignements
supplémentaires
sur lagéométrie
des variétés deShimura,
en lesplaces
de mauvaise réduction.(2.3)
M. Harris et R.Taylor,
dans[HaT],
remplissent
avec succès ce pro-gramme.S’inspirant
de constructions données parDeligne
dans le casn =
2,
ils considèrent en fait d’autres variétés de Shimura du mêmetype,
qui
mènent à un modèlegéométrique
localdifférent,
mais pourlesquelles
ilsréussissent à
analyser
presquecomplètement
la mauvaise réduction. Cetteprouesse leur
permet,
non seulement de prouver le théorème1.3,
maisaussi,
comme lesuggérait Carayol
[Cal],
de montrer que lacorrespondance
lo-cale 1r
H ~ (~r) ,
se réalise dans certains espaces decycles
évanescents à laBerkovich,
sur des espaces de modules de groupes formels construits parDrinfeld.
(2.4)
En décembre1998,
en donnantquelques
exposés
sur unepremière
version de[HaT],
je
me suis aperçuqu’analyser
la mauvaise réduction desvariétés de Shimura n’est pas nécessaire pour obtenir le théorème
1.3 ;
onpeut
procéder
directement àpartir
des résultats deClozel,
en utilisant les constructions de[Ha2].
Bienentendu,
on ne trouve pas alors de modèlegéométrique
pour lacorrespondance
locale,
ni nonplus
derenseignements
nouveaux sur les variétés de Shimura. Mais cette démonstration[He5]
est assezsatisfaisante,
en cequ’elle
montre que leprincipe
local-global esquissé
en 2.1 suffit bien à obtenir des résultats locauxcomplets.
Dans les
§§
suivants,
nous décrivons une variante de la preuve de[He5],
qui
aquelques
conséquences
globales
prouvées
au§
6. Les détailstechniques
de la preuve sont concentrés au
§
5.3. Preuve du théorème
principal :
arguments
locaux(3.1)
Rappelons
tout d’abordqu’une
famille debijections
arn de9OK(n)
survérifiant les
propriétés
du théorème 1.3 estforcément
unique.
Eneffet,
lapropriété
(i)
implique
que xi est donnée par la théorie du corpsde
classes,
et le résultatprincipal
de[He4]
dit que, si n est unentier,
n >2,
et que l’on a construit desbijections
1rr :~K (r) ~ Ao (r),
pourr =
1, ... , n - 1,
vérifiant lespropriétés
(i)
à(iii),
alors il existe auplus
uneapplication
xn :9OK(n) ----> Ao (n)
qui
vérifie,
quel
que soit l’entiern’,
1 n’ n - 1 et
quels
que soient au E9OK(n)
et ~’ E9OK(n’),
l’identité D’autrepart,
lesarguments
decomptage
de[He2]
impliquent qu’il
suffit deconstruire des
applications injectives
xn deÇ)(n)
dans40(n),
vérifiantles
propriétés
(i)
à(iv) :
elles sont alorsautomatiquement
bijectives.
(3.2)
Dansl’approche
de[Ha2],
et iciégalement,
il est essentiel de ne pas se limiter auxreprésentations
irréductibles deWx.
Nous considéronsplus
généralement
desreprésentations
semisimples,
et nous notons legroupe de Grothendieck
correspondant,
que nous identifions au Z-modulelibre de base l’union
disjointe
~K
des~(~)?
n > 1.Ce groupe est muni d’un certain nombre de structures intéressantes.
Pour a E on définit son
degré
deg(o,),
sacontragrédiente
ol
ERg(K),
son déterminant det Q E~K(1),
son facteurL,
L (u, s)
et, pour toutcaractère additif non
trivial 0
deK,
son facteur s,~) :
onprocède
paríl-linéarité à
partir
des définitionsdéjà
données sur90K.
Deplus
7Zç (K)
est muni duproduit
tensoriel desreprésentations
semisimples
deWK,
et d’unproduit
scalaire( , ) G
pourlequel
la basego
est orthonormée. Notons quepour
0-,0-’
ERg(K),
leproduit
scalaire(o-,o-’)g
n’est autre que l’ordre dupôle
en s = 0 du facteurL(Q
0o-’v,
s) :
c’est clairpour 0-, 0-’ E et le cas
général
s’en déduit par Z-linéarité.(3.3)
On effectue des constructionsanalogues
sur l’autre versant. On notele Z-module libre de base l’union
disjointe
des40K(n),
pourn >
1,
et pour x e on définit sondegré
deg(1r)
(qui
vaut n pour x EA1(n)),
K(
))
sacontragrédiente
1rv,
son caractère central úJ1r.Pour X
E,A.K ( 1 )
on note xx l’élément deRA(K)
obtenu par torsion de 1r parx o det.
Toutes ces constructions sont linéaires en 7r. Pour 7r, 7r’ dans
R A(K)
ondéfinit aussi les facteurs
L( 1r
xx’,
s)
et x~r’,
s,~)
par leur valeur surla base et Z-bilinéarité. On munit
RA(K)
duproduit
scalaire( , ),~
pourautre que l’ordre du
pôle
en s = 0 deL( 1r
x7r’ ,
s) :
cela découle de[JPSS,
Prop.
8.1]
pour1r, 1r’
dans et le casgénéral
s’en déduit par Z-bilinéarité.(3.4)
Nous allons prouver, par voieglobale,
le résultat suivant :Théorème. Il existe un
homomorphisme
de groupesinjectif
m--~ deRç(K)
dansRA(K)
qui
vérifie
les conditions suivantes(i)
Pour a ERç(K)
et X EAK(1),
on a :et pour tout caractère
additif
nontrivial
deK,
(3.5)
Montrons que le théorème 1.3 en est uneconséquence.
Soit Q EçK(n).
On a
(a, a)g
= 1 d’où(7r(a),7r(a))A
= 1également,
et:l:7r(a)
appartient
à Comme on a aussi =
deg,
on voitque
appartient
à
AK(n).
Si a’ est un autre élément de9OK(n)
tel que~r(Q) _
7r(a’),
alors(7r(a),
= 1 d’où(a, u’)ç
= 1 et u = a’. On obtientdonc,
par
restriction,
pourchaque
entier n >1,
uneapplication
injective
a - de!JOK (n)
dansA7«n),
et cette familled’applications
vérifie bien lespropriétés
(i)
à(iv)
du théorème 1.3. Par cequi
a étérappelé
en3.1,
celaimplique
lethéorème 1.3 en entier.
4. Du
global
au local(4.1)
Nous prouvons le théorème 3.4 par voieglobale,
prenant
comme corpsde base un corps de nombres F dont un
complété
est K. Nous verrons Fcomme sous-corps du
corps Q
des nombrescomplexes algébriques
surQ,
et noteronsWF
le groupe de Weilde Q
surF,
et TF :WF ~
A;’/Fx
l’application
deréciprocité
(normalisée
defaçon compatible
à lanormali-sation
locale).
Enfin,
nous fixons un caractère additif non trivial W deAF,
trivial sur F.(4.2)
Soient E unereprésentation complexe
continue dedegré
n deWF,
et H unereprésentation
automorphe
deGLn(AF) .
On dit que E et H sontassociées
si,
pour presque touteplace
finie v de F où les composants locauxEv
et11~
sont nonramifiés,
on aL(Ev, s)
=L(IIv,
s).
Autrementdit,
en presque touteplace v
deF,
Ev
et11~
secorrespondent
par lacorrespon-dance de
Langlands
non ramifiée. Celaimplique
immédiatement que lescvn est le caractère central de II. De
plus,
si X
est unquasicaractère
dealors
(x
oTF)
(X
odet)
0 1-1 sont associées.Si :E est fixée il
existe,
àisomorphisme
près,
auplus
unereprésentation
automorphe
isobare deGLn (A F )
associée à E. Si II estfixée,
ilexiste,
àiso-morphisme près,
auplus
unereprésentation
complexe
continuesemisimple
de
degré
deWF,
associée à II.(4.3)
Le résultat suivant est tiré dans[He5]
des considérations sur les fonc-tions L de[He2, § 3],
dans le cas où E et ~’ sontirréductibles,
etII,
II’cuspidales.
Lagénéralisation présente
n’est pas nécessaire à la preuve duthéorème
3.4,
mais elle estimportante
pour lesapplications
globales
du§
6.La preuve est une variante facile de celle de
[He5] ;
elle est donnée en 4.4.Théorème.
Soient £, £’
deuxreprésentations complexes
continuesunitai-res de
WF,
dedegrés respectifs n
etn’,
et soient1-I,
1-I’ deuxreprésentations
automorphes unztazres,
induises decuspidales
au sens de[ACIII],
de etGLn,(AF)
respectivement.
On supposeque S
et II d’unepart,
~’ et II’ d’autrepart,
sont associées.Alors,
pour touteplace
finie
v deF,
on aRemarque.
Si X
etx’
sont desquasicaractères
de alors le résultat du théorème reste vrai pour(X
oTF)
0~,
(x’
oTF)
0~’,
(X
odet) 0
II,
(x’
odet)
0 II’respectivement.
En effet unquasicaractère
de estproduit
d’un caractère(unitaire)
par unquasicaractère
réel z -IxIF’
où se traduitsimplement
par undécalage s
H s + a de la variable s dansles facteurs L et e de
paires ,
du côtégaloisien
comme du côtéautomorphe.
(4.4)
Prouvons le théorème 4.3. On suit le raisonnement de[He5,
§
2],
et on voitqu’il
sufht de prouver le résultat suivant.Théorème. Soient F un corps de
nombres,
F une clôturealgébrique
deF,
et
WF
le groupe de Weil de F sur F. Soient £ unereprésentation
continue unitaire dedegré n
deWF,
et II unereprésentation
automorphe
unitaireinduite de
cuspidales
au sens de[AC,III].
Supposons
et Il soientassociées.
Alors,
pour touteplace finie
v deF, IIv
est induiteparabolique
d’une
représentation supercuspidales
unitaire d’un sous-groupe de Levi deGLn(Fv).
Pour obtenir ce
théorème,
on suit la démonstration de[He5, Appendice],
qui
établit le résultat dans le casparticulier
où £ est irréductible et IIcuspidale.
Comme en[He5, A.l],
le fait que£v
soit unitaireimpose
quele facteur
--y(IIv
x s,lbv)
ait un zéro en s =zéro ni
pôle
en tout autre nombre réel. D’autrepart,
comme II est unitaire et induite decuspidales,
IIv
est unitaire etgénérique.
Le raisonnement de[He5,
A.2 etA.3]
s’applique
alors àl’identique.
(4.5)
Considérons l’ensembler(F)
descouples
de la forme((x
oTF )
®S’,
(X
odet)
Q91-l),
où X
est unquasicaractère
de E’ unereprésentation complexe
continue unitaire de dimension n deWF,
et II’une
représentation automorphe
unitaire deGLn (AF),
induite decuspidales,
telle que Z/ et II’ soient
associées ;
alors E et II le sont aussi.Soit
(£, H)
Er(F).
En uneplace
finie v deF,
lecomposant
Ev
estsemisimple,
et onpeut
considérer sa classe[£v]
dans le groupe deGrothen-dieck on la note
II) .
Demême,
lecomposant
I1v
est induiteparabolique
desupercuspidales :
il existe unepartition
n = de net, pour i =
1, ... ,
r, unereprésentation
lisse irréductiblesupercuspidale
7~de
GLni (Fv)
telles queIIv
soitinduite,
àpartir
du sous-groupetriangulaire
supérieur
dont les blocsdiagonaux
sont de tailles successives nl, ... , nr, de lareprésentation
définie par 7rl 0... La somme1-7r,]
+ ... + dansoù
désigne
la classe de ~r2 dans est déterminée par on la note ouV,4 (E,
Il)
-On a ainsi défini deux
applications
pç et der (F)
dans etrespectivement.
(4.6)
En suivant[He5, 2.8]
on prouve alorsaussitôt,
grâce
au théorème4.3,
le résultat suivant.
Théorème. Soient F un corps de
nombres,
et v uneplace finie
de F.Notons
Rg (F,, F)
le sous-groupe deengendré
parl’image
de pç,et
RA(Fv, F)
le sous-groupe deRA(Fv)
engendré
par celle de VA. Alorsil existe un
unique isomorphisme
de groupes a - deRç(Fv,
F)
dansqu’on ait
=pour
(S, 11)
Er (F) .
Deplus,
pour a E7Zç (F,, F),
on apour tout
quasicaractère
et pour tout caractère
additif
nontrivial 0
deFv,
(4.7)
Pour obtenir le théorème3.4,
il sufht maintenant de voirqu’il
existe uncp de
Fv
surK,
tels queF)
soitRg(Fv)
tout entier : le théorème 3.4se déduit du théorème 4.6 par
transport
de structure via cp.Nous prouverons cette
propriété au §
5,
quand
p estimpair,
en nousappuyant
sur les résultats de[He7].
Le cas où p vaut 2 sera un peuplus
compliqué,
les résultats de[He7]
étant moinsprécis :
voir ci-dessous 4.8 et4.9.
C’est ici que la démonstration
présente
diff’ere sensiblement de celle de[He5].
Dans[He5],
on montraitsimplement
que pour unepartie
fixée Jquelconque
de90K
onpouvait trouver F,
v, cp commeplus
haut,
de sorte queRg(Fv,
F)
donne,
partransport
de structure via p, unepartie
de7Zç (K)
contenant J. On obtenait ainsi uneapplication partielle a -
7r(a)
de Jdans
RA(K).
Il fallait ensuite prouver que l’onpouvait
faire croîtreJ,
enchangeant
éventuellementF, v
et ~p, defaçon
quel’application a H
7r(a)
nedépende
pas de ces choixchangeants.
Cela entraînait une démonstration peu naturelle.Même si elle utilise les résultats assez élaborés de
[He7]
(mais
ceux-là sont des résultats de théoriealgébrique
desnombres, n’ayant
apriori
rienà voir avec les
représentations
automorphes),
la varianteproposée
ici estplus
directe.Surtout,
ellepermet
d’obtenir desconséquences globales
pourun corps de nombres fixé
(voir
§
6),
ce que la preuve de[He5]
nepermettait
pas.(4.8)
Expliquons
maintenant comment les résultatsdu §
5permettent
d’ob-tenir le théorème 4.6
et,
du coup, notre résultatprincipal 1.3, quand
pvaut 2.
Reprenons
la situation de 4.1(avec
pquelconque
pourl’instant)
etcon-sidérons une extension
cyclique
F’ de Fdans Q ;
notonsWF,
le groupe de Weilde Q
sur F’. Si E est unereprésentation
complexe
continue unitaire deWF,
sa restrictionEFI
àWF,
est unereprésentation
complexe
continue uni-taire deWF,.
Si H est unereprésentation automorphe
unitaire deGLn(AF),
induite de
cuspidales,
alors sonchangement
de baseHF,
[AC,III]
est unereprésentation automorphe
unitaire de induite decuspidales.
On en déduit aussitôt que si(2;, TI)
est un élément der(F),
alors lecouple
appartient
àr(F’).
Soient v une
place
finie de F et v’ uneplace
de F’ au-dessus de v. Alors larestriction à
WF,
desreprésentations
deWFv
induit uneapplication
Res $>
vv~
de dans
7Z~ (Fv, ),
et, de manièreparallèle,
la théorie locale duchangement
de base[AC,
chap.
I]
induit uneapplication
BCF;
de, ~
v
dans
IZ-4 (Fv,).
Pour(~, II)
Er(F),
on a, endésignant
encore par ~p~ etet
C’est évident pour pç, et pour VA cela découle de la
compatibilité
entrechangement
de baseglobal
etchangement
de base local[AC,
Chap.
III].
Si l’inclusion deFv
dansFv,
est unisomorphisme,
alors onpeut
seper-mettre d’identifier à " via et à via
, "
Des formules
précédentes,
on déduit alors queF’)
con-Fltient
Rg(Fv,
F),
queF’)
contientRA(Fv, F)
et quel’application
~ H~(~)
deF’)
dansF’),
obtenue àpartir
der(F’),
prolonge l’application a -
7r(a)
deRç (Fv, F)
dansRA (Fv,
F)
obtenue àpartir
der(F).
(4.9)
Supposons
maintenant que p vaille2,
c’est-à-dire que K soit une extension finie de~2.
Nous montrerons au
§
5qu’on
peut
trouver un corps de nombresF,
uneplace
finie v deF,
et unisomorphisme topologique p
deFv
surK, qui
vérifient la
propriété
(P)
suivante :(P)
Soit ,S’ unepartie
finie de Alors il existe une suite finie F =Fo
C ... CFr
d’extensionsquadratiques
successivesdans Q
et pour i =0, ... ,
r uneplace v2
de Fi
avec vo = v, vérifiant(i)
et(ii)
ci-après.
(i)
Pour i =0, ... , r -1,
v2+1 est au-dessus
de v2
et l’inclusion de dansFi+,,vi+l
est unisomorphisme.
(ii)
Lapartie
S est incluse dans le sous-moduleDans les conditions
précédentes,
on note7r(a)
l’image
de Q E S parl’applica-tion déduite de Comme le
composé
de deux extensions de F obtenuespar extensions
quadratiques
successives est aussi obtenu par extensionsquadratiques
successives,
on voit aussitôt que1r( a)
nedépend
pas deschoix effectués. Faisant croître
S,
on définitl’application
m-->7r(a)
dedans
RA(Fv)
et on latransporte
deRg(K)
dansRA(K).
Grâceau théorème
4.5,
et aux faitsrappelés
en4.1,
l’application
deRg(K)
dans
R A(K)
ainsi obtenue a toutes lespropriétés requises
pour prouver le théorème 1.3.Remarque.
Des considérationsdéveloppant
lesprécédentes
donneront les résultatsglobaux
du§
6. D’autrepart
lecomportement
de lacorres-pondance
deLanglands
vis-à-vis duchangement
de base et de l’induction5. Constructions
globales
(5.1)
Dans ce§
5,
nousrappelons
les constructions de[Ha2,§ 4],
et nous montrons comment ellespermettent,
enappliquant
[He6],
de prouver lesrésultats annoncés en 4.7 et 4.9.
On fixe un corps de nombres totalement réel
F+,
muni d’uneplace
finie vde
caractéristique
résiduelle p, et un corpsquadratique
imaginaire
I,
scindé en p. On note F’ le corpsF+I,
et on choisit uneplace
deF’,
encore notée v,au-dessus de la
place v
deF+ .
On choisitégalement
un corpsquadratique
réel
R,
scindé en p et linéairementdisjoint
deF+,
et on note F le corpsF’R
=F+IR,
et v, v’ les deuxplaces
de F au-dessus de laplace v
de F’.Les constructions de
[Ha2,§ 4]
donnent alors le résultat suivant.Théorème. Soit
L+
un corps de nombres totalementréel,
extensionga-loisienne
finie
deF+.
Posons L’ =
L+I,
L =L’R,
et supposonsL+
etR linéairement
disjoints. Supposons qu’au-dessus
de laplace
v deF+, L+
n’ait
qu’une
seuleplace,
encore notée v, dont le groupe dedécomposition
soitGal(L+/F+)
tout entier. Notons encore vl’unique
place
de L au-dessusde la
place
v de F. Alors tout élément de7Zç (F,)
qui
est induit àpartir
d’un caractère du groupe de Weil d’une extension intermédiaire entre
Fv
etLv
appartient
Voir
[He5,§
3,
HaT,
§
12]
et aussi ci-dessous 5.5 et sq. pourquelques
commentaires sur lesarguments
de[Hal]
et[Ha2]
menant à cette assertion.(5.2)
Soit K le corps localqui
nousintéresse,
extension finie deQp.
Onpeut
certainement trouver un corps de nombres totalement réelF+,
munid’une
place
finie v et d’unisomorphisme
cp de(F+)v
avec K[Hel,
lemme3.6].
Donnons-nous une extensiongaloisienne
finie deK,
ou , cequi
revient aumême,
une extensiongaloisienne
finie L de(F+)v.
Comme en
5.1,
fixons un corpsquadratique imaginaire
I scindé en p, et uneplace v
de F’ =F+I
au-dessus de laplace v
deF+.
(5.3)
Dans unpremier
temps,
supposons pimpair
et fixons un corpsquadra-tique
réel R scindé en p, linéairementdisjoint
deF+,
et uneplace v
de F =F’R
au-dessus de laplace v
de F’.Alors, d’après
[He6],
il existe un corps de nombres totalement réelE+,
extension
galoisienne
finie deF+,
linéairementdisjoint
deF+R,
qui
n’aitqu’une
seuleplace
(encore
notéev)
au-dessus de laplace v
deF+,
dont le groupe dedécomposition
soitGal (E+ /F+ )
toutentier,
et telqu’enfin
l’extension(E+)v
de(F+)v
soitisomorphe
via p à l’extension L de K.Grâce au théorème
5.1,
on déduit que tout élément dequi
estin-duit à
partir
d’un caractère du groupe de Weil d’une extension intermédiairela
place v
deF),
appartient
à le sous-module deRç (Fv)
en-gendré
par de tels éléments est donc tout entier contenu dansRg (Fv,
F).
Faisant varier
L,
on voit donc queRg(Fv, F)
=7Zç (Fv ) .
Maisp induit un
isomorphisme
deFv
surK ;
partransport
destructure,
on obtient bien lerésultat annoncé en 4.7.
(5.4)
Supposons
maintenant p
= 2.Alors, d’après
[He6],
il existe une suite finie de corps de nombres totale-ment réelset pour i =
0, ... ,
r uneplace
finie v2 deFi,
avec vo = v, et vérifiant(i)
et(ii)
ci-après :
(i)
Pour i =0, ... ,
r -1,
l§+1
est une extensionquadratique
deFi,
v2+1 est uneplace
au-dessusde v2 et
l’inclusion de dans est unisomorphisme.
(ii)
Il existe un corps de nombres totalement réelE+,
extension galoisi-enne finie deFr ,
n’ayant qu’une
seuleplace
au-dessus de vr , de groupe dedécomposition
Gal ( E+ /Fr )
et decomplété isomorphe
via ~p à l’extension Lde
Fr,vr =
(F+)v.
Choisissons maintenant un corps
quadratique
réel R scindé en p et liné-airementdisjoint
deE+,
et posons E =E+IR
et F =FrI R.
Si on note encore v uneplace
de F au-dessus de laplace vr
deFr,
l’inclusion de( F+ ) v
dansFv
est unisomorphisme,
parlequel
onpeut
identifierà Comme
précédemment,
on voit que tout élement dequi
est induit àpartir
d’un caractère du groupe de Weil d’une extensionintermédiaire entre
(F+)v
etL, appartient
à Comme pour toutepartie
finie ,S’ de onpeut
trouver une extensiongaloisienne
finie L de( F+ ) v
telle que tout élément de S soit combinaison linéaire de tellesinduites,
on a bienprouvé
lapropriété
annoncée en4.9,
cequi
termine la preuve du théorème 1.3.( 5.5 )
R.Taylor,
et je
l’enremercie,
m’asignalé
deuxpoints
àpréciser
surla preuve du théorème 5.1 donnée dans
[Ha2,
§
4].
Le
premier
concerne le résultatglobal
dedépart,
qui
est un théorème dûpour l’essentiel à Clozel
~Cll,
C12,
CL],
et utilisant les travaux de Kottwitzsur la bonne réduction des variétés de Shimura
[Ko].
L’énoncé est lesuivant,
oùF+
est un corps de nombres totalementréel,
I un corpsquadratique
imaginaire,
F le corpsF+I
dont on note c laconjugaison
complexe.
Onfixe aussi un nombre
premier
et unisomorphisme
de C sur le corpsQi,
clôture
algébrique
deQt.
Théorème. Soit TI une
représentation
automorphe cuspidale
deGLn (AF ) .
Faisons les
hypothèses
suivante(ii)
II estalgébrique
àl’infini,
etrégulier ;
(iii)
à uneplace
finie
aumoins,
decaractéristique
résiduelle scindée dansI,
lecomposant
de II est une série discrète.Alors il existe un entier a > 1 et une
représentation é-adique
semisimple
E :
Gal(F/F) - GLan(Qt)
telle que, à presque touteplace finie
v deF,
onait
Remarque.
L’hypothèse d’algébricité
de(ii)
peut
encores’énoncer,
commedans
[HaT],
en disant queIh a
même caractère infinitésimalqu’une
repré-sentation
algébrique
deResf/i
GLn .
Larégularité signifie
alors que le caractère infinitésimal estrégulier.
L’article
[Hal]
présente
unargument,
dû à R.Taylor,
pour montrer quel’on
peut
prendre
a = 1. Mais cetargument
nécessite desrenseignements
sur la théorie de
Hodge-Tate ~-adique,
qui peut-être
ne sont pas établisdans la littérature dans la
généralité
sufflsante. D’autepart
supposer a = 1n’est absolument pas nécessaire pour obtenir le théorème 5.1. Il convient
donc de se passer de cette
hypothèse.
(5.6)
Le deuxièmepoint
est dans[Ha2],
où on considère la situation sui-vante. On a une extensioncyclique
E+/F+
de corps totalementréels,
eton
pose E
=E+I.
Onpart
d’unereprésentation
automorphe cuspidale
Tde
GLn (AL )
vérifiant leshypothèses
du théorème5.5,
et on suppose quel’induite
automorphe
II de T(dans
l’extensioncyclique
L/F),
au sens de[AC,III,
§
6],
estcuspidale
et vérifie(iii).
Alors,
(i)
est vérifiéemais,
pour des raisons deparité
de n etd,
ilpeut
arriver que(ii)
ne le soit pas, cequi
poseproblème
lors desarguments
de[Ha2,
§
4].
Ces deux
points
sont éclaircis dans[HaT,§ 12],
qui
montrequ’ils
n’ontpas de vraie influence sur la preuve de
[Ha2, §
4].
Nous reprenonsci-dessous cette
démarche,
parce que notre contexte est différent du contextegéométrique
de[HaT].
La suite de ce§ reprend
brièvement les démonstra-tions de[Ha2,
§
4]
et[He5,
§
3],
enprécisant
la preuve pour lespoints
signalés
plus
haut.(5.7)
Plaçons-nous
donc dans les conditions du théorème 5.1. Choisissonsune extension intermédiaire
M+
entreF+
etL+,
et posons M =M+IR.
Notons encore v laplace
deM+
au-dessus de laplace v
deL+
et laplace
de M au-dessus de laplace v
de L =L+I R.
Donnons-nous un caractèrequelconque À
de(M+ )) cr
Mv .
Grâce à
[Ha2 §
4,
voir aussi He5 lemme3]
onpeut
trouver un caractèrex de
qui
vérifie les conditions suivantes :est
algébrique
etrégulier
à l’infini(condition (2)
de[He5, 3.4]) ;
celasignifie
que pourchaque plongement
T de M dansC,
définissant donc uneplace
infinie T deM,
on a, pour z EM,
=pour un entier pT, les entiers pT étant distincts
quand
Tparcourt
lesplongements
de Mdans C
prolongeant
un mêmeplongement
deF ;
(iii)
le stabilisateur dansde X
o est réduit àGal(Lv’
/Mv~ ) (bien
sûr on a noté v’ laplace
de M au-dessus de laplace
v’de
F) ;
(iv)
xv diffère de À par un caractère non ramifié.On note E la
représentation
deWF
induite par lecaractère X
o TM deWM ;
par la condition(iii)
soncomposant
E,,
est irréductible et £ l’est donc aussi. Tout leproblème
est de montrerqu’il
existe unereprésentation
automorphe cuspidale
II de(AF)
associée à £ :alors S,
est torduepar un caractère non ramifié de la
représentation
induite par À.(5.8)
On choisit une suite de corpschacun
cyclique
dedegré
premier
sur leprécédent.
C’est clairementpossible
puisque
le groupe de Galois deL+
surF+
est le même que celui de(L+)v
sur( F+ ) v ,
qui
est résoluble.On raisonne par récurrence sur
l’entier j,
0 j Ç
r, enprouvant
quela
représentation
Ey
deW MFj
induitede x
o TMappartient
à uncouple
+
de
Pour j
= r, iln’y
a rien àdémontrer,
etpour j
=0,
on obtient le résultat.En
fait,
pour que la récurrencefonctionne,
on va démontrer un résultatplus
précis :
à touteplace
à l’infini w deFj =
FF+,
lescomposants
et sont associés par la
correspondance
deLanglands
pour les corpsarchimédiens.
Remarquons
que, commeEq
estisomorphe
àEY
par lacondition
(i)
imposée
à x, on a aussiIh
o c crTIf.
Deplus,
comme est irréductible par la condition(iii)
imposée
à x, lecomposant
£;,v,
estsupercuspidal. Enfin,
lacorrespondance
deLanglands
à l’infini n’est pas rationnelle(cf.
~Cll~,
§
3),
de sorte queIh
n’est pastoujours
algébrique
àl’infini ;
enfait,
on vérifie aisément que, si ajdésigne
le caractère norme deA fx ,
c’estIh
0(aj
odet) (J )/
qui
estalgébrique
(et
régulière)
àl’infini,
:J ,
où l’on a
[Mj :
Mj
=MF+ .
(5.9)
Pour passerde j
+ 1(où
0 j r - 1 ) à j ,
deux cas seprésentent :
ou bienMj+l
=M; ,
ou bien est une extensioncyclique
de mêmedegré
premier
queTraitons d’abord le
premier
cas. AlorsEj
est l’induite de de à NotonsIh
l’induiteautomorphe
de dans l’extensioncyclique
Fj+l/ Fj,
au sens de~AC,III~ .
Il est clair queEj
etIh
sontassociées, puisque
etIh+1
le sont.Que
Ej
etIh
secorrespondent
à l’infini découle alorsde
[AC,
III,
§
5 et6].
Dans le second cas, est la restriction de
Ej
à Il est clair queIh+1
est invariante parGal(Fj+l/ Fj)
doncprovient,
parchangement
de
base,
d’unereprésentation automorphe cuspidale
II de Parsuite,
Ej
et II secorrespondent
à l’infini. Par[Ha2,
§
1,
preuve du lemme1.6],
II est
tordue,
par un caractère d’ordrefini IL
de d’unereprésenta-,
> tion II’
qui
vérifie rI’ o c =(5.10)
Supposons
d’abord dj
impair.
Alors II’ estalgébrique
etrégulière
à l’infini et onpeut
luiappliquer
le théorème 5.6 : il existe un entier a > 1 et unereprésentation
Sadique semisimple
non ramifiée presque
partout,
tellequ’en
presque touteplace w
de on aitConsidérons la restriction U de T à
Gal(Q /F;+i ) ;
on a pour presque touteplace
w de/ _1 , B a
Par suite la
représentation
é-adique
U de et lareprésentation
complexe
somme de acomposants
isomorphes
à« aJ~;1)/2
0
Ej+l
ont les mêmes facteurs L presquepartout
vial’isomorphisme
de
lji
et (C du théorème 5.6. Il s’ensuitqu’il
existe unereprésentation
com-plexe
semisimple ET
dequi
ait presquepartout
les mêmes facteurs Lque
T,
etqu’elle
est de la formeoù
chaque x2
est un caractère de trivial sur les normes de àFj
Fj.
De
l’égalité
(*)
plus
haut,
on déduit que la fonctionL(ET
0EV,
s)
a unpôle
d’ordrea2
en s =0,
cequi
n’estpossible
que si tous les x2 sontégaux
àun même caractère x. On voit donc que les
représentations
et sont
associées,
cequi
implique
queEj
et(X-1
011 le sont aussi :on
peut
donc poserIh -
(X-1
o Q9II, qui
est associée àEj
et lui(5.11)
Supposons
maintenantque dj
soitpair.
Le raisonnement estana-logue,
mais il fautprendre
garde
que II’ n’estplus algébrique
à l’infini. Choisissons un caractère cp deAFx / FX
tel que Sp o c =cp-l,
et tel que pour toutplongement
T de F dansC,
on ait =pour
z E F
(ici
la valeur absolue est la valeur absolueordinaire).
Nous montrerons
plus loin,
en5.12,
l’existence d’un tel caractère. Si l’on pose 1Z" _(p
o odet)
®IT,
alors II" estalgébrique
etrégulière
àl’infini,
et vérifie II" o c ~ Onapplique
alors le théorème 5.6 à lareprésentation
II",
et onremplace
II’ par II" dans le raisonnement de 5.10. La conclusion est la même.(5.12)
Il nous reste à prouver l’existence de p,qui
n’est pas immédiate. Soient x EF£, y
EF X , z
EAFX
tels que x = y - z - cz ; alors on acx/x
=cy/y,
cequi
implique
c~ =y, ex = x. Notant Fc le
sous-corps de F fixé par c, on
obtient y
EFcx, x
EF§g .
Notons 17
le caractèrequadratique
de définissant l’extensionquadratique
FIFC.
On a = = 1 d’où = 1.Choisissons un caractère de
F~
tel que pourchaque plongement
Tde F on ait
’Pr(z) =
pour z E F ;
alors poo étend lecar-actère de
Fc ,
de sorte que, par cequi
précède,
poo est trivial sur le noyau H del’application
F~ -~
et définit donc uncar-actère du sous-groupe
F~ / H
de Le groupeF~ / H
estcompact,
et enparticulier
est un sous-groupe fermé deOn
peut
donc étendre le caractère donné deF~/H
en un caractère de cequi
donne bien un caractère cp de vérifiant Sp o c =cp-1
et dont lecomposant
à l’infini estcqfd.
6.
Conséquences globales
(6.1)
A l’heureactuelle,
on nepeut
guère espérer
obtenir desexemples
dela
correspondance
deLanglands
sur un corps de nombresF,
c’est-à-dire descouples
(£, H)
dansF(F)
comme en4.5,
en dehors des cas où F est un corps totalement réel ou un corps CM. Sous cettehypothèse,
si(~, II)
appartient
àr(F),
il est naturel de se demandersi,
en touteplace
finie v deF,
les éléments[£v]
de et de secorrespondent
bien par lacorrespondance
locale pourFv.
Noter que dans le cadre de
[HaT],
où les auteurs fontcorrespondre
à certainesreprésentations
automorphes cuspidales
II deGLn (AF)
unereprésentation
ils montrent bien[HaT, § 11]
qu’en
uneplace
finie v deF,
la classed’isomorphisme
de lasemisimplifiée
deEv
sedéduit de
11~ grâce
à lacorrespondance
locale de[HaT, § 12].
Nous démontrons
ici,
en nousinspirant
d’ailleurs de[HaT, §11],
unThéorème. Soit F un corps de nombres. On suppose que F est un corps
totalement réel ou un corps CM. Soit E
r(F) .
Alors,
pour touteplace finie
v deF,
la classe[Ev]
deSv
dansRç(Fv)
et la classe[H,]
deTIv
dans se
correspondent
par la
correspondance
locale pourFv.
(6.2)
Supposons
d’abord que F soit de la formeF+ I ,
oùF+
est un corpsde nombres totalement réel et I un corps
quadratique
imaginaire,
scindé en p. Choisissons un corpsquadratique
réelR,
également
scindé en p, etlinéairement
disjoint
deF+,
et fixons uneplace
v’ de FR au-dessus de laplace v
de F. Siappartient
àr (F)
alors parchangement
de base de F àFR,
on obtient uncouple
(EFR, IIFR)
dansr(FR).
D’après
le§ 5, l’application a -
~r (~)
de dans estdonnée par la
correspondance
locale pour( FR) v~ .
Mais l’inclusion de
Fv
dans(F R)v’
est unisomorphisme.
On en déduit que[E,] (qui
s’identifie àcorrespond
à(identifié
à[(EFR)v’])
par lacorrespondance
deLanglands
pourFv .
(6.3)
Supposons
ensuite que F soit totalement réel. On choisit alors un corpsquadratique
imaginaire
I scindé en p. Choisissant uneplace
v’ deF’ = FI au-dessus de la
place v
deF,
l’inclusion deFv
dansFv,
est unisomorphisme.
Si onapplique
le résultat de 6.2 aucouple
de on voit quecorrespond
à( ~F~ ) v~ ~
par lacorrespondance
deLanglands
pour cequi
revient à dire que et[E,]
secorrespondent
par lacorrespondance
deLanglands
pourFv .
(6.4)
Supposons
enfin que F soit un corps CM. Choisissons alors un corpsquadratique
imaginaire
I scindé en pdisjoint
deF,
et posons F’ = FI. Notant par un indice + les corps fixés par laconjugaison
complexe,
on a lediagramme
suivantF’
Le corps F’ a deux