A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
T.-J. S TIELTJES
Recherches sur les fractions continues [Suite et fin]
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 9, no1 (1895), p. A5-A47
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ANNALES
DE LA
FACULTÉ DES SCIENCES DE TOULOUSE.
RECHERCHES
SUR
LES FRACTIONS CONTINUES
[SUITE ET FIN (1)],
PAR M. T.-J.
STIELTJES,
Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse. "
CHAPITRE IX.
ÉTUDE DE TROIS CAS PARTICULIERS. SUR LE PROBLEME DES MOMENTS DANS LE CAS INDÉTERMINÉ.
66. Le résultat
auquel
nous sommes arrivé dans le n° 47 estparfaite-
ment
général
et embrasse tous les caspossibles. Cependant,
ilpeut
arriverque la fonction ~
( u )
prenne une formeparticulière :
c’est cequi
arrivedéj
àdans le cas où la fraction continue est oscillante. Nous allons étudier ici
quelques
nouveaux cas de ce genre.Supposons z
= x réelpositif;
dansquels
cas(x)
et(x)
tendent-ils vers une limite finie pour n == oo?
Puisque
, .A.6
il
faut
certainement que reste fini : la sériedoit être
convergente.
Mais cette condition nécessaire est aussisuffisante,
car,
puisque
les racines de = o sont réelles etnégatives,
on aLa série 03C3 étant
convergente,
il s’ensuit que la sérieest aussi
convergente. Quant
à la sérieelle
peut
être aussi bienconvergente
quedivergente.
Mais,
dans lepremier
cas, on retombe sur le casdéjà examiné,
où aussirestent finis. Nous aurons un cas nouveau en
supposant :
i~ La
est
divergente;
2° La série
est
convergente.
Par des raisonnements absolument
analogues
à ceuxdéveloppés
dans leChapitre IV,
on arrivera aux conclusions suivantes.Dans tout le
plan
on a~~(.~y
et~~(.z)
étant des fonctionsholomorphes.
(les fonctions sont du genrezéro et n’ont que des zéros
simples, qui
sont réelsnégatifs.
On a parexemple
où ah est limite de la kième racine de
pour n = ce.
-
La fraction continue
converge
verset la
distribution
est la solution duproblème
des momentsqui
estdéterminé et n’en admet
point
d’autres.Puisque
et que
Q2n(Z)
tend vers(z)
tandis que la sérieest
divergente,
on voit facilement quede même
Ainsi se vérifie donc la
convergence
de la fractioncontinue, puisqu’on
aaussi
67.
Voyons maintenant
dansquel
casP2n+, (x
et2n+~ x
tendentvers des limites finies.
Puisque
il faut certainement que la série
soit
convergente.
Mais cette condition est aussi suffisante.La convergence de ~’ entraîne celle de
quant
à la sérieelle
peut
êtreconvergente
oudivergente; mais,
dans lepremier
cas, ouretombe
sur un casdéjà
étudié.En
supposant
au contraire :I ° La série
(a,st
divergente;
?O La série
est
convergente.
On a un cas
particulier
nouveau,qui
conduit aux résultats suivants.Dans tout le
plan
on a~,
(â )
et ~~,(.~ )
étantholomorphes
dans tout leplan.
Ces fonctions sont du genre zéro et n’ont que des zéros
simples qui
sontréels
négatifs.
On a parexemple
est la limite de la racine de
pour It = yJ.
La fraction continue tend vers
et la distribution
~k)
=o)
est la solution duproblème
des moments.On a ensuite
ce
qui
met en évidence la convergence de la fraction continue.68. Je
reprends
les formules du n°2,
mais pour ordonner maintenant les.
polynômes Pn, Qn
suivant despuissances
descendantes de la variableon aura, en introduisant les
bà,
Posons aussi ~,~ == i ~
puis
on aura
et il est clair que les
Un : Vn
sont les réduites de la fraction continueen sorte
qu’on
aEn
supposant
donc d’abord tpositif,
lesUn
etVn
vont enaugmentant.
Pour
qu’ils
tendent vers des limitesfinies,
il fautévidemment que
lesquanti tés
a,
~, j , ~
restent finies. Cette condition revient évidemment à celle-ci : la sériedoit être
convergente.
Ensuite on reconnaît facilement que cette condition nécessaire est aussisuffisante,
etqu’elle
conduit à cetteconséquence :
pourtoute valeur réelle ou
imaginaire
de t, on a ,u
(t)
ctv ( L)
étant dcux fonctionsholomorphes.
On a donc
La fraction continue est donc
convergente,
et en effet il est clair que la sériedoit être
divergente, puisque
nous supposons que la sérieest
convergente.
69 . Posons jz = 2 m ou n = 2 m + I selon que n est
pair
ouimpair,
on auraoù nous supposerons
ce sont là les racincs de
rangées
par ordre décroissant.Lorsque
ncroît,
une racine xk de rangdéterminé k croît
aussi,
et elle tend pour n = oo vers une limite déterminée.Et,
eneffet,
elle ne saurait croître indéfinimentpuisque
la somme de toutesles racines reste finie.
Si nous posons
on aura
et deux rk ne
peuvent
pas êtreégaux (voir
le raisonnement du n°20).
La .série
est
convergente
et l’on aConsidérons la
décomposition
en fractionssirnples
où
Cn
= olorsque
n estpair, C2m+t >
oPour n == 00, la constante
positive
tend vers unelimite Sic
et l’on dé-montre
aisément,
enpassant
à la limite pour n = oc,ou encore
en sorte
qu’il
vient finalementOn voit donc
qu’il
y a une masseégale
àconcentrée à
l’origine ;
on a donc nécessairementCette masse sera nulle ou
positive
selon que la sérieest
divergente
ouconvergente.
Il est à remarquer que ce second cas est en effetpossible ;
ilexige
seulement que les a?~ croissentrapidement
afin quela série
puisse
êtreconvergente.
Ensuite il y a les masses Sk concentrées aux
points
rà,qui
pour k = ~ serapprochent
indéfiniment del’origine,
la sérieétant
convergente.
On voit donc que la fonctiona une infinité de
pôles
dans levoisinage
de z = o, et cepoint z
= opeut
être unpôle
ou non selon les cas.70. L’une des
premières
fractions continues que l’on ait considérée enAnalyse
fournit unexemple
du cas que nous venons d’étudier. C’est la fraction continue de LambertPour la ramener à notre
type,
nous écrironset la série
03A3
~ I est bienconvergente;
en même temps la série1
est
divergente,
iln’y
apoint
de masse concentrée àl’origine.
Ensuite on aDes formules que nous donnerons
plus
loin(n° 76) permettent
de réduireen fraction continue
p.. étant une constante
positive.
On aurait ainsi unexemple
du cas où l’ori-gine
est unpôle;
ils’y
trouve concentrée la masse p.71. Nous allons revenir maintenant au cas où la série
est
convergente,
pour faire une étudeplus complète
duproblème
des mo-ments
qui
est indéterminé.Soit t un
paramètre positif; je
considère la fraction continuequi
est évidemmentégale
àEn
développant
suivant lespuissances
descendantesde z,
on a évidemments étant le
premier
coefficientqui dépend
de t. Posonsles racines de
seront
réelles, inégales
etnégatives;
eneffet,
estsimplement
ce que devient(~.,~+., (~)
pour a.,~+? == t.Comparons
maintenant les racines deOr,
il est facile de voir que si l’on posele second membre se réduit à Les racines de
sont au nombre de n + 2 ; si maintenant on fait décroître a.~n+2~ ~l~t~~ de leurs valeurs actuelles
jusqu’à zéro,
ces racines nepeuvent
quedécroître,
d’après
laproposition
du n° 6. Une de ces racines deviendra - ~, lesautres vont coïncider avec les racines de
Ce résultat
peut s’exprimer
ainsi : si l’on range par ordre degrandeur
croissante les racines
positives
deune racine de
rang déterminé xk
décroîtlorsqu’on change
n en n + I.Pour /~ = oc on a
tend vers une limite
finie (à
etEn
effet,
onpeut répéter
tous les raisonnements des n°S 19 et 21. Il est clair queles
vont encroissante
maispeut-il
arriverque
=~k+, ~
Le raison-nement du 11° 20 ne
peut
pass’appliquer ici;
mais onpeut procéder
ainsi.Si l’on
avait 03BEk
=03BEk+1,
onaurait,
pour une même valeur finie et réellede J,
donc
L’expression
devrait donc s’annuler pour n = ~, ce
qui
est manifestementimpossible puisqu’elle
estégale
àLa transformation que nous venons
d’indiquer
résulte de l’identité bienconnue
On a donc .
Les
nombres
sont des fonctions décroissantes duparamètre
t; eneffet 03BEk
est la limitede xk qui, elle,
est une fonction décroissante de t. Nousavons
Pour t = devient
égal
àÀk
et l’on a ainsiPour t == 00, on doit évidemment avoir
et
4k
estcompris entre 03BBk
et .En
définitive,
si l’on considère lesquantités
croissanteson voit que
les
sontcompris
dans les intervalleson n’en trouve aucun dans les intervalles
On trouvera facilement
et la distribution des masses
est encore une solution du
problème
des moments,dépendante
cette foisdu
paramètre t.
72. La considération de la fraction continue
conduit à des résultats
analogues,
que nous nous contenterons d’énoncerLes
sont encore des fonctions décroissantes de t;pour t
==o, ~h
=0/,;
pour t
= ~o,çk
=~k,
lesr~~
sontpositifs, r~~
= J c -I- t s’annule pour La distribution des massesdonne encore une solution du
problème
desmoments;
cettefois-ci, les ç
sont dans les intervalles
On voit donc que le
problème
des moments atoujours
une solution danslaquelle
il y a une concentration de massefinic
en unpoint
donnétrairement. En
effet,
les résultatsprécédents
font connaîtretoujours
unesolution tant que le
point
donné n’est pas àl’origine.
Dans ce dernier cas,nous avons une infinité de solutions par les
systèmes
le
premier système
donne la masse maximaqui peut
être concentrée à l’ori-gine
73.
Nous allons montrer maintenantqu’un système
tel queest celui où la masse r~k concentrée au
point k
est un maximum. De mêmedans le
système ~~~),
la masser~k
concentrée aupoint 1)
est un maxi-mum
pour k
= r, 2,3,....
Nous venons de remarquer quc cela n’cstplus
vrai
pour h
_-_ o, lesystème (vk, 0~)
donnant alors la concentration maxima àl’origine.
Soit a un nombre
positif quelconque;
pour chercher une limitesupé-
rieure de la masse
qui peut
être concentrée dans cepoint
dans une solutionquelconque
duproblème
des moments,je
vais considérer lesIntégrales
Ces
intégrales
nechangent point
de valeur si l’onremplace
la fonction03C8(u), qui
caractérise une distribution de massequi
satisfait auproblème
des moments, par une autre fonction de même nature. On
peut
donc sup- poser que lafonction ~(u~
caractérise la distributionqui,
aupoint
a, ad-met la
plus grande
concentration de massepossible.
D’autrepart,
cesintégrales
ont pour u = a un élémentégal
à cette masse concentrée aupoint
a. Lesintégrales
sont donc des limitessupérieures
du maximumcherché. Pour avoir les limites les
plus proches possibles,
nous allons cal-culer le minimum de ces
intégrales
considérées comme des fonctions de~,, X2,
...,Xn,
et ensuite nous poserons Il == ~o.Posons,
dans le cas de lapremière intégrale,
les conditions du minimum sont
On en conclut facilement
et, pour déterminer les constantes a
et ),
Soit,
pourabréger,
yon aura
La valeur du minimum est
dans le second membre tous les termes
s’annulent, excepté
celuiqui
ré-pond
à li = o ; le minimum se trouve ainsiégal
àet,
puisque
Z == 1 pour u = a,En faisant croître n
indéfiniment,
on obtientdonc,
comme une limitesupérieure
de la massepouvant
être concentrée aupoint
a,l’expression
Soit
àj
ce que devient Alorsqu’on remplace
c~ par le minimum dela seconde
intégrale
seraOr,
par cechangement
de ck en ,comme on le verra
plus
loin n° 77.On a donc
et l’on voit facilement que
En faisant croître n
indéfiniment,
on en déduit cette limitesupérieure
de la masse
pouvant
être concentrée aupoint
aOr, lorsque
a est dans l’un des intervallesle
produit q ( - a)
q,(
-a)
estnégatif ;
onadoptera
donc comme limitesupérieure
mais,
si a est dans l’un des intervallesq (
-a)
q~,(
-a)
estpositif;
la lim.itesupérieure
la moins élevée sera74. Il est très facile maintenant de voir que les
systèmes
sont ceux
qui possèdent
les concentrations maxima auxpoints ~k, ~k.
Eneffet,
si a est dans des intervalleson aura a
= ~k
pour une valeur convenable de t. Cette valeur de t se déter- . minera par la conditionelle est
positive.
La valeurcorrespondante
de ~k estet un calcul facile montre que cette valeur est
précisément égale
àqui
est la limitesupérieure
obtenueplus
haut.Si,
en secondlieu, a
estdans un des intervalles
on aura a =
~h,
en déterminant t par la conditionet la valeur
correspondante
der~~
estce
qui
estégal
à la limitesupérieure
75. Considérons une distribution dans
laquelle
la masse p. concentréeau
point a
est maxima.Supprimons
cette massep.; je
dis que le’ nouveausystème qui
resteaprès
cettesuppression
est unsystème
déterminé. Eneffet,
s’il étaitindéterminé,
onpourrait toujours
trouver unsystème équi-
valent
ayant
en a une concentration de masse finie. Enrétablissant ~,,
onaurait donc en a une concentration de masse
supérieure
à p, cequi
est im-possible.
On voit aussiqu’il n’y
a pas deux distributions différentesqui
donnent le maximum de masse dans un
point
donné.’
Nous avons vu que le
système
,correspondant
à la limite p1(z) q1(z),
est celui où la masse vo concentrée à l’o-rigine
est maxima. Onpeut
caractériser d’unefaçon analogue
la distri-bution
~;~u>
>u, ) >correspondant
à la limitel’ ~ ~ >
> en disant que c’est la distribution pourlaquelle
l’intervalle(o, qui
ne contientpoint
de masse, estle plus grand possible.
Onpeut
dire aussi que c’est la distribution pourlaquelle
le moment d’ordre - 1
est minimum. Cela se déduit aisément de certaines formules que nous don-
nerons
plus
loin77, 78).
Si l’on aplusieurs
solutions duproblème
desmoments, on
peut
en déduire une nouvelle enmultipliant
ces solutions par des facteurspositifs
dont la somme est i , et en lessuperposant
ensuite. Enpartant
des solutions(~l~~,Çn)~ (~i~~~i~)
qui dépendent
duparamètre t,
on pourra obtenir ainsi des solutions danslesquelles
la masse estrépandue
d’une manière continue sur l’axe. Nous croyons inutile d’écrire les formulesexplicites qui
renferment évidemment desIntégrales.
CHAPITRE X.
SUR QUELQUES TRANSFORMATIONS DE LA FRACTION CONTINUE.
76.
Supposons qu’à
une distribution de masse donnant les moments c0, c1, c2, ..., ck, ...on
ajoute
une masse concentrée àl’origine.
Il est clair que co sechangera
en Co + ~,; les autres moments ne
changent
pas. Pour voir ce que devient la fraction continueaprès
cettemodification,
il suffit de sereporter
auxformules des et ~2. On voit alors que le déterminant
An
devientles déterminants
Bn, C,t
nechangent
pas. Il s’ensuit quedeviendra
donc a’2n se
changera
enEnsuite,
on voit par un calculanalogue
que devientCes
relations,
onpeut
les écrire aussiSous cette
forme,
elles sont presqueévidentes, puisque
Si le
problème
des moments est indéterminé dans le cas des données- ~o~ Ci, C2, C3, ...,
il sera évidemment aussi indéterminé dans le cas des moments
~o + (~~ ~3~ ....
Mais,
si l’on est d’abord dans le casdéterminé, pourra-t-il
arriverqu’on
soit dans le cas indéterminé
après
avoirajouté
la masse ~, àl’origine?
Nous avons
déjà
annoncé(n° 65)
que cela nepeut
arriver que dans un casexceptionnel.
Fin
effet,
on suppose la sériedivergente
et les sériesconvergentes
l’une et l’autre. Lapremière
série esttoujours convergente mais,
pour quesoit
convergente,
il faut et il suffit quesoit
convergente.
Il s’ensuit que la sérieest
convergente aussi;
doncsera
divergente,
tandis quesera
convergente
évidemment. On est donc dans le casparticulier
étudiéau n°
66,
et la solution duproblème
des moments est donnée par le sys- tèmeOCk) (k=1, 2, 3, ...).
Mais,
enajoutant
la masse àl’origine,
on obtient unsystème
indéter-miné. Mais
je
dis que la solution formée par les masses p. est la solutionqui
donne laplus grande
concentration àl’origine
et est, par con-séquent,
dutype
1
(~=0,~==~).
En
effet,
il y aurait autrement une solution avec une masse -i-’
à l’o-rigine,
et, en ôtant la masse p, on aurait unsystème équivalent
ausystème ( ~ k, ~/f)~
maisqui
ne serait pasidentique
avec cesystème déterminé,
cequi
est
impossible.
77.
Supposons
maintenant que l’onremplace
Ck par C"+1. Dechaque
so-lution
x~~
duproblème
des moments(co,
c.,,...)
on déduira évi- demrnent la solution(mix i, xi)
pour le cas des moments(et,
C:n c3,...).
Ainsi,
si l’on est d’abord dans le casindéterminé,
on resteratoujours
dansce cas indéterminé. Mais nous avons annoncé
déjà (n" 65)
que,lorsqu’on
est d’abord dans le cas
déterminé,
il pourraarriver,
dans un castionnel,
que le secondproblème
soit indéterminé.C’est ce
qu’on
déduira sans difficulté des formules que nous allons donner.Il est clair que, par le
changement
de ck enAn
deviendraBn, Bn
de-viendra
C,t.
Donc,
si ak sechange
ena;.,.,
on auraEnsuite,
on voit facilement quen.,n(.~~
devientVoici malmenant, les formules pour la transformation inverse. En ré- duisant la série
en fraction continue
on aura
78. En dernier lieu étudions l’effet d’une translation sur un de
masses. Cela revient à
développer,
suivant lespuissances
descendantesl’expression
En
supposant qu’on
obtienneon aura
Un calcul facile montre
qu’en remplaçant
c/f parch
le déterminant "ne
change point,
le déterminantBn
devient d’où l’on déduit.
>
o, unsystème
indéterminé resteratoujours indéterminé,
mais unsystème
déterminépeut
sechanger
ensystème
indéterminé dans un cassingulier,
comme cela a étédéjà
énoncé au n° 65.~
CHAPITRE ~I.
EXEMPLES PARTICULIERS.
79. Je vais donner maintenant
quelques exemples :
dans tous les cas lafraction continue sera
convergente.
Pour
abréger, je supprime toujours
les artificesqu’il
fautemployer
pour obtenir la transformation del’intégrale
définie en fraction continue.Soit ~ un
paramètre positif, je
considère d’abord la fraction continueOn a ici
l’une des deux séries
sera donc
toujours divergente,
et pour h = 1 elles le sont toutes lesdeux;
la fraction continue est
toujours convergente.
Mais il y a lieu dedistinguer
1 es cas ~ i, X
>
r .Lorsque
h r, on aL’intégrale
se réduit ainsi à une
série ;
il y a sur l’axe une infinité depoints
matérielson a
L’intégrale
définie sedécompose
encore ensérie;
la distribution demasse est
On voit que,
lorsque
X diffère infiniment peu del’unité,
les masses sontinfiniment
petites
et infinimentrapprochées.
Pour X = r, on a une distri-bution continue de masse, car on retrouve alors la fraction continue de
Lagu erre
La distribution de masse doit êtrc
regardée
comme variant d’unefaçon
continuc avec X.
On a encore cette
expression analytique
d’où 1.’on déduit en
effet, lorsque ~
1,et,
lorsque ~ >
1 ,80. On
peut
rattacher àl’exemple précédent
la réduction en fractioncontinue de la série
considérée par M. Poincaré
(Les
Méthodes nouvellc.s de laMécanique
céleste,
t.II,
p.3).
Si,
dans le cas X 1, on poseil vient
Dans le cas ’~
>
i, on poseraOn obtient ainsi les fractions continues
En
supposant
ow
i, elles sontconvergentes
pour toute valeur réelle ouimaginaire
de p, àl’exception
des valeurs L. = --;
on s’assurefacilement
qu’il
y a encore convergence pour toute autre valeurnégative
de ~,.
81. On
peut généraliser l’exemple précédent
en introduisant deux nou- veauxparamètres.
Ainsi soiton aura
pour 03BB
1 ,pour À
>
1,tandis que la fraction continue est
où l’on a
posé
82. Je vais étudier
maintenant,
aupoint
de vue de leur convergence, les fractions continuesqu’on
obtient pour lesintégrales
En substituant pour les
fonctions elliptiques
leursdéveloppements
sui-vant les
puissances
de u, on obtient lesdéveloppements
suivant lespuis-
sances
dcscendantes
de ~. Cesdéveloppements
sont de la formedans le cas de
k)
etF2(z, k) ;
de la formedans le cas de
F3 ~~, k)
etF~ (,~, k).
Dans tous les cas les coefficients cn sont despolynomes
en k à coefficientspositifs.
Voici maintenant les fractions continues
qui
sont de la formeou de la forme
selon les deux formes du
développement
suivant lespuissances
descen-dantes de z. Dans le cas du second
développement
les valeursdes an
sonttrès
compliquées; mais,
en se bornant à considérer les réduites d’ordrcpair
la forme(Id)
del’Introduction ],
on a une fraction continue de la formeavec des valeurs
simples
desÀn,
an.Dans le cas de
Ft (z, k),
on aDans le cas de
k),
on aDans le cas de
F3 (.~, k),
on aDans le cas de
F’~ (.~, k),
on aLa démonstration de ces
formules,
aupoint
de vuepurement formel,
setrouve dans un Mémoire
que j’ai publié
dans le tome III de ces Annales.J’ai
ajouté
ici seulement la réduction en fraction continue deF4(Z, k).
83. Les fractions continues pour
F, (z, k), p’2 (z, k )
sontconvergentes
pour toute valeurpositive
de k2. Dès lors elles doivent se mettre sous laforme
mais nous allons voir que cette
intégrale
définie se réduit encore à unesérie. Substituons en
effet,
aux fonctionselliptiques,
leursdéveloppements
en séries
périodiques,
on trouve sanspeine
On reconnaît ainsi que les fractions continues pour
F~ (.~, k)
etk)
sont aussi du
type
que nous avons étudié. C’est ce que nous avonsdéjà
vé-rifié d’une autre
façon
dans l’Introduction pourF~ (z, k).
. Mais les réduites des fractions continues pour
F g (z, Jt), Fx (z, k)
tendent-elles vers les
expressions
de ces fonctions que nous venons de donner? Pourrépondre affirmativement,
il faudrait savoirqu’on
est dans le cas déterminédu
problème
des moments.84.
Supposons h , ~ ~
i,l’expression
deF, (z, k)
montrequ’en
posant
’ le
système
des massesest un
système
déterminé. Ensuite lesystème
sera aussi
déterminé;
car, pourqu’il
en fût autrement, il faudrait que lasérie .
soit
convergente (voir
n~77);
or, on constateque la
sérieest
déjà divergente.
On en conclut que, M étant une constante
quelconque, le système
desmasses
est un
système
déterminé.Or,
si l’onprend
on reconnaît immédiatement que le
système
sera aussi déterminé. Cela prouve que la fraction continue pour
F3 (z, k)
est bien dans le cas
déterminé;
la limite est bienégale
à/c).
Considérons la fraction continue pour
F2 (z, k).
La série ,est
convergente (il
y a une concentration de masse àl’origine).
Si l’onremplace
c~ par on aura(nO 77 )
En
changeant
de nouveau c~ en c~_, ~ on auraOr la série
est manifestement
divergente;
il en est de même de la sériece
qui
prouve que lesystème
des massesest un
système
détermine. Enprenant
on reconnaît que le
système
est
également déterminé,
c’est-à-dire la fraction continue pourF~ ( ~, k )
tend bien vers
F, (z, k ).
Nous avons
supposé
kC 1,
mais on voit facilement quece
qui
rnontre que cette restriction est inutile.85. Les distributions de masses
correspondant
aux fonctionsF(z, k) présentent
toutes cetteparticularité
que,lorsque
k tend versl’unité,
lesmasses deviennent infiniment
petites,
mais aussi infinimentrapprochées.
Pour k = i on
obtient,
commelimite,
une distribution continue dernasse sur l’axe. C’est le même
phénomène
que nous avons rencontré .déjà (n° 79).
Il ne semble pas sans intérêt d’obtenir directement la distribution cor-
respondant
à k == I, comme limite de cellequi correspond
à k = i - s,e étant infiniment
petit.
Faisons le calcul pourF, (z, k).
Posons§ sera
infinimentpetit,
et l’on aura q avec uneapproximation
suffi-sante. Ensuite
et la masse ~
(u) comprise
dans l’intervalle(o, u)
serasi l’on suppose que l’entier n est déterminé par la condition
qu’on
doitavoir sensiblement
en sorte que
A la
limite, E et S
tendant verszéro,
on auraRemarquons
que, dans le cas k == i, les fractions continues pour(,~, k), F~ (.~, k), qui
sont de la forme(Id),
se ramènent facilement à la formeou
(I),
et l’on reconnaît alorsqu’elles
sont encoreconvergentes
dansce cas.
86. Je vais donner maintenant la fraction continue dans
quelques
cas oiiles moments cn
s’expriment
trèssimplement
par lespolynômes
de Ber-noulli,
définis par la relationen sorte que
qJo (À)
== ~ 2014i.
On supposera dans cequi
suit o À i.Considérons d’abord la série
elle donne la fraction continue
ou bien
Comme on le
voit,
la fraction continue estconvergente,
et ellerepré-
sente, tant que la
partie
réelle de z estpositive, l’intégrale
qui s’exprime
aussi par~ (z)
étant la dérivée deIog T (: ).
Une autre
expression
de cette fraction est celle-ciou . .
2
On trouvera la démonstration de ces formules dans le
Quarterly Jour-
nal vol.
XXIV,
p.370; I890.
Pour ~ _ ~ ,
on retrouvera facilement la fraction continuequi
nous aservi au n° 63.
Considérons en second lieu la série
elle donne la fraction continue
Les valeurs des sont un peu
compliquées,
mais on voit encorefacilement que les séries
sont
divergentes
l’une et l’autre.Tant que la
partie
réelle de z estpositive,
les réduites tendent versCette limite
s’exprime
aussi paret par
l’intégrale
87. On obtient des formules
analogues
si l’on considère une nouvellesuite de
polynomes,
définis par la relationLa série
donne la fraction continue
La fraction continue est
convergente,
et,puisque
on voit que
( - I >n
est unpolynome
dudegré
n à coefficients en-tiers et
positifs
en À( ~
-À ) . Ainsi,
cepolynôme
est constammentpositif
et croissant de À = o à X ===
La limite de la fraction continue
s’exprime
ainsiou encore
Nous avons
posé
iciLa série
enfin donne la fraction continue
La limite de la fraction continue
s’exprime
parou encore par
on a
par
conséquent (-1)’1 y,2,t_,(~)
estpositif
dans l’intervalle(o, ~), négatif
dans l’intervalle
Ci, 1).
88. On
connaît
le rôle que lespolynomes
deBernoulli jouent
dans lathéorie de la form.ule sommatoire d’Euler et de Maclaurin. Les
polynomes
~n(03BB) jouent
un rôleanalogue
dans la formule de Boole(Treatise
onrential
equations, Chap. VI,
p.13; 1 859) :
NOTE.
1. Nous avons vu (nos 68-70) que,
lorsque
la sérieest convergente, la fonction h’(â) est
égale
auquotient
de deux fonctions entières deNous nous proposons actuellement de trouver tous les cas dans
lesquels
F (z) est unefonction de t
qui
estméromorphe
dans tout leplan.
Puisque
il est clair que, pour cela, il faut et il suffit que la distribution de masse
représentée
se réduise à une concentration de masses
en des
points
se
rapprochant
indéfiniment del’origine,
àlaquelle
peuts’ajouter
encore une massefinie C
placée
àl’origine.
Les mi sont seulementassujettis
à la condition que la série .doit être convergente.
Nous avons
remarqué
(n° G.8) que,lorsqu’un
intervalle (a, b) ne contientpoint
demasse dans la distribution
représentée
par ~ ( u ),l’équation
ne peut
jamais
avoir deux racines dans cet intervalle : le nombre des racines dans cet intervalle ne peut être que o ou i. Il s’ensuit que, dans le cas actuel, le nombre des racinesplus grandes qu’un
nombrequelconque positif
l restetoujours
fini et ne ,peut pas surpasser le nombre fini des nombres,
,
~3, ....
qui
surpassent l.2. Avant d’aller
plus
loin, faisonsquelques
remarques sur la manière dont se com-portent les racines
~3? ... , , x~t
de
l’équation
et cela dans le cas
général.
Nous supposons ces racines rangées par ordre degrandeur
décroissante : x1 sera la
plus grande
racine, et croissent avec n.Il peut arriver que x1 croît au delà de toute limite, mais alors x2, x3, ..., xk crois-
sent aussi au delà de toute limite nécessairement.
En effet., supposons d’abord
), étant un nombre fini. Il est clair d’abord que la masse Mi
correspondant
à la racine x1tendra vers zéro, car ’
D’autre part, ... restent
toujours
inférieurs à ~ : on aurait doncLa fonction ~(u) serait donc constante dans tout l’intervalle
(h,
oo), mais alors aucuneracine de
ne peut être
plus grande
que h. Cette contradiction montrequ’il
n’est paspossible
que seule croisse au delà de toute limite. Et, de la même façon, on verraqu’il
est im-possible qu’un
nombre fini de racines croisse au delà de toute limite, en sortequ’on
aurait
Nous pouvons donc dire que le nombre des racines
qui
croissent au delà de toute~ limite ne peut être que o ou ce.
’ ,.
Supposons
maintenantX étant un nombre fini. Il peut arriver que ~"i soit la seule racine
qui
tende vers ~, ensorte que
Mais nous allons montrer que,
lorsque
alors nécessairement ..., tendent aussi vers ).. Autrement, le nombre des
racines