A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
W. E RMAKOFF
Groupes de transformations continus, isomorphes holoédriques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 7, n
o4 (1905), p. 443-466
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1905_2_7_4_443_0>
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GROUPES DE TRANSFORMATIONS CONTINUS,
ISOMORPHES
HOLOÉDRIQUES,
PAR M. W.
ERMAKOFF,
Professeur à l’ V ni B’ersité de Kief.
On rencontre souvent dans
l’analyse
desexpressions qui
nechangent
pas de formelorsqu’on
effectue certaines transformations contenant des constantes arbi- traires. C’est ainsi que la somme des carrés des coordonnées se transforme en une somme des carrés des coordonnées nouvelles par toute transformation des coor- donnéesrectangulaires ayant
mêmeorigine. Sophus
Lie lepremier
aappelé
l’at-tention sur de telles formules de transformation. Il a donné à ces formules le nom de groupes de
transformations
continus.Soit un groupe continu de transformations
Dans ces
expressions
~z~, ..., am sont desparamètres
arbitraires. Pourabréger,
nous écrirons ces
équations
sous la forme suivanteIl est convenu
d’appeler
ordre du groupe le nombre desparamètres
a entrantdans ces
expressions.
Pour que leséquations (i)
forment bien un groupe, il faut que laforme
deséquations (y
nechange
pas par lestransformations
del’ensemble. Montrons à
quoi
revient cette conditiun. Effectuons sur les va-riables x’ une transformation définie par les mêmes
équations,
mais avec d’autresparamètres
Si des
équations (i)
et(2)
nous éliminons les variablesx’,
nous devons obtenir deséquations
dont la forme sera la même que celle deséquations (i)
444
Le nombre des
paramètres
c doit êtreégal
à celui desparamètres a,
seu)ementles
paramètres
c serontexprimés
en fonctions desparamètres a
et b.Si cette condition est
satisfaite,
leséquations (i)
formeront un groupe de trans- formations continu.Dans
chaque
groupe continu onpeut
faire unchangement
de variables. SoitEn éliminant, des
équations (i)
et(3)
les variables x etx’,
nousobtiendrons
lemême
groupeexprimé
à l’aide des variables nouvellesOn
peut
de même faire unchangement
deparamètres
enposant
Après cela,
leséquations (4) prendront
la forme suivanteDeux groupes, tels que
(t)
et(5), qui peuvent
ainsi être transformés l’un enl’autre par une transformation des variables et des
paramètres,
ont reçu deSophus
Lie le nom de groupes continus semblables (ännlich).
Le
premier
Mémoire deSophus
Lie sur la théorie des groupes continus a paru dans lesGöttinger Nachrichten,
enI874.
Un Mémoireplus complet
a paru en 1880 dans le Tome XVI des Mathematische Annalen. Audébut, Sophus
Lies’était
proposé
de rechercher tous les groupes à une et à deux variables. Dans lecas d’une
variable,
tous les groupespeuvent
être ramenés par une transformation de la variable au groupe linéaire entier ou fractionnaire. Le nombre deparamètres
d’un tel groupe ne
dépasse
pas trois. Dans le cas de deuxvariables,
le nombredes différents groupes se trouve être
supérieur
àvingt; parmi
ces groupes il y ena
qui
ont un nombrequelconque
deparamètres
arbitraires. Si nous voulions con-tinuer ces recherches dans le cas de trois
variables,
nous trouverions une tellequantité
de différents groupesqu’il
serait difficile de les énumérer.Sophus
Lie a montré que d’un groupe continu fini(1)
on peut déduire un groupe detransformations infinitésimales
et vice versa, un groupe de transfor- mations infinitésimalesengendre
un groupe fini en différentiant leséquations.
Sinous
désignons
les transformations infinitésimales par dessymboles,
nous obtien-drons un groupe
symbolique S~, S2,
...,Sm,
tel queSiS,t-SkSi
est une fonctionlinéaire des mêmes
symboles.
Cettepropriété
nechange
paslorsqu’on
effectuesur les
symboles
une transformation linéaire. Onpourrait
fairel’algèbre
dessymboles
satisfaisant à la conditionprécédente.
Ceproblème, quoique
très com-pliqué,
admet une solutionsimple.
On peut, en outre, montrer dequelle façon
on peut passer d’un groupe
symbolique
à un groupe fini.Il
apparaît
que le passage d’un groupesymbolique
à un groupe fini peut être effectué defaçons
trèsvariées;
onpeut
obtenir ainsi des groupesqui
ne peuvent.plus
être transformés les uns en les autres.Prenons,
parexemple,
un groupe de troissymboles
que l’on rencontrefréquemment.
Lessymboles
de ce groupe satis-font aux
équations
.On
peut
trouver trois groupes finisengendrés
par ce groupesymbolique.
Premier groupe. - C’est le groupe de transformations à une variable
Deuxième groupe. -- C’est le groupe de transformations à deux variables
Troisième groupe. - C’est le groupe de transformations
orthogonales
de troiscoordonnées
Il existe entre les neuf coefficients du dernier groupe six relations connues.
Sophus
Lie(1)
donne aux groupes finisengendrés
par un même groupe syrn-bolique
le nom de groupesisomorphes holoédriques (holoedrisch isomorphen
ou
gleichzusammengesetzten).
Les trois groupes ci-dessus ne peuvent pas être transformés l’un en l’autre pour
cette raison bien
simple qu’ils
ne contiennent pas un même nombre de variables.Il en résulte que les groupes
isomorphes holoédriques
ne peuvent pastoujours
être transformés les uns dans les autres. Dans le
Chapitre
XIX de sonOuvrage,
( t ) Theorie der
Transformationsgruppen,
Ie~ Abschnitt, 888,Chapitre
XVII.Sophus
Lieindique
les conditions nécessaires et suffisantes pourque
deux groupes soientsemblables,
c’est-à-dire pour que l’un de ces groupespuisse
être transforméen l’autre. Il résulte de ces recherches que les groupes continus
présentent
unevariété
infinie;
de sortequ’il
estimpossible
de les réduire à un nombre restreint detypes.
Une fois cette constatationfaite, Sophus
Lie etplusieurs
autres mathé-maticiens
après
lui se mirent à étudier lespropriétés particulières
des groupes.On en a trouvé un très
grand
nombre et la littérature concernant la théorie des groupes apris
une très vaste extension et aperdu,
parconséquent,
unepartie
deson Intérêt.
En
réalité,
l’affirmation dontje
viens deparler
est inexacte. Jesurprendrai
cer-tainement
beaucoup
tous ceuxqui
se sontoccupés
de la théorie des groupes endisant que deux groupes
isomorphes holoédriques
peuventtoujoursétre
trans-formés
l’un en l’autreindépendamment
du nombre des variables dechaque
groupe. ..
En
effet,,
lespropriétés
du groupe restent les mêmeslorsqu’on augmente
un nombrequelconque
de fois le nombre des variables.Si,
dans un groupedonné,
on augmente un certain nombre de fois le nombre des
variables,
on pourra tou-jours
endéduire,
par une transformation desvariables,
tout autre groupe iso-morphe holoédrique
aupremier.
La méthode à suivre pour faire une telle trans-formation sera
exposée plus
loin.Le théorème énoncé étant
supposé vrai,
on voit clairementl’importance
duproblème
de la réduction d’un groupe continu à saplus simple expression
avec leminimum de variables. J’ai l’intention de consacrer trois Mémoires à l’étude de
ces
questions.
Dans leprésent Mémoire, je
démontre le théorème énoncéplus haut,
etje l’explique
parquelques exemples.
Dans ledeuxième, je
montrerai dequelle façon
un groupe continupeut
être ramené à une forme rationnelle avec le minimum de variables. Dans letroisième, je m’occuperai
en détails de la forme laplus simple
d’un groupe continu.Faisons tout d’abord une remarque. Dans le cas le
plus général,
le groupepeut
contenir des variables de deuxespèces;
cellesqui
varient et cellesqui
restentsans
changement. Ainsi,
dans le groupela variable y ne varie pas. La variable
qui
ne varie paspeut
êtreremplacée
parune constante pourvu que l’ordre du groupe reste le
même,
c’est-à-dire que le nombre deparamètres indépendants
nechange
pas. Tant que y estregardée
comme une
variable,
le groupe ci-dessuspossède
troisparamètres; mais~
si nousregardons
y comme une constante, nous n’aurons que deuxparamètres : a
etb + cy. Dans le groupe
les variables y et z ne
changent
pas. L’ordre de ce groupe ne sera pas modifié sinous donnons à l’une de ces variables une valeur déterminée
quelconque,
parexemple
z ~ I. .~, 2014 PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES GROUPES CONTINUS.
Pour ne pas faire de
renvois,
énumérons brièvement lespropriétés
essentielles des groupes continus. On trouvera la démonstration de cespropriétés
dans ungrand
nombred’ouvrages.
Soit un groupe
continu
Dans ce groupe, les x
représentent
les variablesqui varient, ~
les variablesqui
ne varient pas, a les
paramètres.
Le nombre des
quantités
dechaque espèce peut
êtrequelconque.
Danschaque
groupe nous réduisons
toujours
lesparamètres
auplus petit
nombrepossible.
Faisons observer que le nombre des
paramètres
nepeut
pas êtreréduit,
s’il estimpossible
de choisir les constantesC,,
...,Cm
defaçon
que leséquations
deviennent des identités.
Prenons les dérivées des fonctions
(i)
parrapport
à unparamètre quelconque, et
formonsl’expression
différentielle suivanteDans cette
expression,
les coefficients des dérivéespartielles .2014
sont des fonc-tions des variables
x’, ;
et desparamètres
a. Mais deséquations (t)
nous pouvons tirer les variables x’ en fonction des variablesx, ;
et desparamètres
a. Les coeffi-cients de
l’expression (3) pourront
donc êtreregardés
comme des fonctions des variablesx, ~
et desparamètres
a. Dans ce cas, comme on le prouve dans la théoriegénérale
des groupescontinus, l’expression (3)
peut être mise sous la forme suivanteLes coefficients
Ah
y sont des fonctions desparamètres
seuls et nedépendent
pas des variables x et
ç. Quant
à5~~, 5~2, . ,., Sm,
ce sont desexpressions
différen-tielles
Les coefficients de ces
expressions
sont des fonctions des variables xet ç
et nedépendent
pas desparamètres
a. ,Sophus
Lie a donné auxexpressions
différentielles(4)
le nom detransforma-
tions
infinitésimales.
Une combinaison de deux transformations infinitésimales
quelconques s’exprime
linéairement à l’aide des mêmes transformations Infinitésimales
Dans le second
membre,
les coefficientsEikj
sont des nombresqui
nedépendent
.ni des
paramètres
a, ni des variables x et~.
Les transformations infinitésimalesS,, S2,
...,Sm qui
satisfont à cette condition forment un groupe detransformations
Le groupe des transformations infinitésimales
(4)
estidentique
au groupe detransformations
fini(1)
dans ce sens que l’un des deux découle de l’autre.Pour déduire d’un groupe de transformations infinitésimales
(4)
un groupe fini(i)
onprocédera
de lafaçon
suivante : Formons leséquations
différentiellesChoisissons les constantes
d’intégration
defaçon
que, pour une valeurparticu-
lière du
paramètre
oci, les variables x,, ..., xn se réduisentrespectivement ~ x’1,
...,x;t.
Nous obtiendrons ainsi un groupe detransformations
d’ordre ccn,c’est-à-dire un groupe de transformations à un seul
paramètre
En combinant ces groupes entre eux, nous aurons le groupe de transforma- tions
(I).
Entre un groupe de transformations fini
(I)
et le groupe de transformations infinitésimales(4)
il existe encore une autre relationimportante.
Transformons lesexpressions
différentielles(4)
en introduisant des variables nouvelles x’ àl’aide des
équations (I).
Nous aurons leséquations
suivantesDans ces
équations S;
s’obtient del’expression (4)
par unesimple
substitutiondes variables x’ aux variables x.
Quant
aux coefficients ils nedépendent
pas des variables x’et 03BE
et sont des fonctionsdes.paramètres
a seuls.Nous arrivons ainsi au théorème suivant :
. THÉORÈME I. - Toute
transformation infinitésimale (4)
setransfornie
àl’aide des
équations (1)
en unefonction
linéaire des mêmestransformations infinitésimales.
On doit y
ajouter
le théorèmeréciproque
suivant : :THÉORÈME II. - Si toute
transformation infinitésimale (4)
setransforme
à l’aide
d’équations quelconques
en
une.fonction
linéaire des mêmestransformations infinitésimales,
leséqua-
tions
(6)
sont contenues dans leséquations (1).
On doit entendre par là
qu’on peut
donner auxparamètres
ce des valeurs telles que leséquations (t)
deviennentidentiques
auxéquations (6).
Faisons observer ensuite
qu’entre
les transformations infinitésimales(4)
il nedoit pas exister de relation linéaire à coefficients constants. En
effet,
si une tellerelation
existait,
il existeraitégalement
une relation semblable entre lesexpressions
différentielles
(3)
- - - -- - -Cette relation se
décompose
enéquations ( 2),
cequi
estimpossible
si les para-mètres 03B1
sont réduits au moindre nombre. Il en résulte le théorème suivant :THÉORÈME Ill. - Si les
pananiètres
a sont réduits au moindrenonzbre,
ilpas entre les
transformations infinitésimales (4)
de relation linéaire àcoefficients
constants.Pourtant,
ilpeut
exister entre les transformations infinitésimales(4~
des rela-tions linéaires à coefficients
dépendant
des variables x et~.
De telles relations existenttoujours
si le nombre des variablesqui
varient est inférieur à celui desparamètres
a.Le théorème suivant a, en outre, lieu :
THÉORÈME IV. - Si les
équations différentielles
ont une
intégrale
communecette
fonction
nechange
pas par lestransformations (I)
Dans le cas
général,
leséquations (7) peuvent
avoir pvintégrales
communes.Pour trouver ces
intégrales,
il suffitd’intégrer
les n - ULéquations
différentiellesLes
intégrales
de ceséquations
doivent satisfaire aux autreséquations (~).
Maiscela n’est
possible
que dans le cas où toutes les transformations infinitésimales(4) s’expriment
linéairement au moyen de /~ 2014 [A transformations infinitésimales.D’où le théorème suivant :
THÉORÈME V. - Si les
équations différentielles (7)
ontintégrales,
toutesles
transformations infinitésimales s’expriment
linéairement au moyen den - u
transformations infinitésimales.
La
réciproque
estégalement
vraie.Tels sont les théorèmes les
plus importants
de la théorie des groupes.2. - GROUPE IMPRIMITIF.
Nous dirons
qu’un
groupe de transformationsest
primitif,
si l’on nepeut
pas éliminer de ceséquations
tous lesparamètres.
Par contre, si des
équations (i)
on peut éliminer tous lesparamètres
a, le groupesera dit .
Il résulte de cette définition que tout groupe dans
lequel
le nombre des va-riables x
qui
varient estplus grand
que celui desparamètres
x, estimprimitif.
Maisil
peut
arriver que le groupe soitimprimitif
lors même que le nombre des va- riables x estplus petit
que celui desparamètres
a.Montrons comment on
peut
reconnaître si le groupe estprimitif.
Démontronsque, dans le cas où le groupe est
imprimitif,
onpeut,
sans nuire à sagénéralité,
diminuer le nombre des variables
qui
varient. ,Supposons
que leséquations (i), après
élimination desparamètres,
conduisentaux p
équations
En
exprimant
à l’aide de ceséquations
p variables x en fonction des autres,variables,
on mettra leséquations
sous la formeDans ces
équations,
lesparamètres q’sont
de certaines fonctions des variables ,x’et 1.
Nous pouvonstoujours
réduire lesparamètres q’
au moindre nombre. Leséquations (3)
ne doivent paschanger
deforme,
en substituant aux variables x’les
expressions
suivantesPar cette substitu tion les
équations (3)
doivent se transformer en leséquations
suivantes
. Dans ces dernières
équations,
lesparamètres q"
s’obtiennent desparamètres q’
en
remplaçant
les variables x’ par les variables x". Il en résultequ’après
élirnina-tion des
paramètres ~
deséquations (4),
on doit obtenir leséquations
suivantesCes dernières
équations
doivent êtreéquivalentes
auxéquations (2),
et leurnombre doit être le même. Nous en déduisons le théorème siiivitiit :
Si le des
transformations y)
estimprimitif,
onobtient, après
éli-mination des
paramètres
a, une ouplusieurs équations
de laforme
suivanteIl résulte des théorèmes IV et V
(n" ~1 ~
que, dans ce cas, leséquations (7 ),
n"1 ,
ont p
intégrales.
On voit donc est facile de reconnaître si un groupe est
imprimitif.
Le groupe
(y
estimprimitif
si toutes lestransformations infinitésimales .s’expriment
linéairement au moyen de n - ptransformations infinité-
simales.
Soi t
A l’aide de ces
équations, nous
pouvonsexprimer
p variables x et p variablescorrespondantes x’
en fonction des autres variables. Substituons les variables ainsi déterminées dans leséquations (i). Après cela,
on pourrarejeter p équa-
tions,
attenduqu’elles
sont lesconséquences
des autreséquations.
En fin decompte,
nous réduirons le nombre des variables x, mais en même temps on verraapparaître
de nouvellesvariables ~ qui
restent sanschangement.
Cela nous conduit au théorème suivant : :
Dans
chaque
groupeimnprimitif
on peut, par unetransformation
des va-riables,
diminuer le nombre des variablesqui varient,
mais le groupe devient alorsprimitif
.3. - GROUPES IDENTIQUES.
Soit un groupe
primitif
En
laissant ç
et a sanschangement,
substituons aux variables x et x’ les autres variablesAppelons
les groupes ainsi formés groupesidentiques.
Supposons
que dans le groupe nonzbre des variablesqui
varient soitplus petit
que celui desparamètres.
Nous allons montrer que, dans ce cas, le groupe
(i)
nepeut
pas être transforméen groupe
identique (2)
à l’aide de formules contenant desparamètres
arbi-traires.
Désignons
les transformations infinitésimales du groupe(t)
parS. , S~,
...,Sm.
En substituant les variables y aux variables x, nous obtiendrons les transforma- tions infinitésimales du groupe
(2)
Ajoutons
leséquations (2)
auxéquations (i).
Le groupe ainsi obtenu contiendra2n variables
qui
varient. Les transformations infinitésimales de ce groupe serontIl
peut
arriver que le groupe ainsi forme soitimprimitif.
Dans ce cas, les trans-formations infinitésimales
(3) s’expriment
linéairement en fonction de transformations infinitésimales. Alors leséquations
ont p. intégrales.
Le nombre ~, ne doit pasdépasser
n ; car, dans ce cas, legroupe
(i)
seraitim primitif.
Soit ~, ~ n.
Supposons
que toutes les transformations infinitésimales(3)
s’expriment
linéairement au moyen de n transformations infinitésimales. Dans cecas, comme cela a été
prouvé
dans len° 2,
nous aurons leséquations
Ces
équations
nous donnentDans ces
équations,
nous pouvons considérer lesquantités 3
comme des para- mètres.En admettant ce
qui précède,
leséquations (i)
setransforment,
à l’aide des formules de transformations(4)
et( 5 ),
enéquations (2).
Appliquons
les transformations(4)
et(5), plusieurs
fois desuite,
mais en nousservant
chaque
fois de nouveauxparamètres fi.
Nous obtiendrons de nouveau des formules à l’aidedesquelles
leséquations (i)
se transformeront enéquations (2).
Il en résulte que deux transformations successives laissent la forme des
équa-
tions
(4)
et(5) invariable;
en mêmetemps
le nombre desparamètres
resteéga-
lement sans
changement.
Leséquations (4)
forment donc un groupe danslequel
le nombre des variables
qui
varient estégal
à celui desparamètres; désignons
lestransformations infinitésimales de ce groupe par
Le groupe
(5)
estidentique
au groupe(4);
les transformations infinitésimales dece groupe s’obtiennent des transformations infinitésimales
(6)
à l’aide d’unesimple
substitution des variables x’ aux variables x,
Les formules
(i)
et(2)
transforment le groupe(4)
en un groupeidentique (5).
Les transformations infinitésimales
(6)
se transforment donc à l’aide des expres- sions(i)
en transformations infinitésimales(~~;
en mêmetenips, chaque
transfor-mation
(6)
se transforme en uneexpression
linéaire des transformations infini- tésimales(7).
En vertu du théorème Il(n° 1),
leséquations (I)
doivent êtrecontenues dans les
équations (4);
mais cela n’estpossible
que dans le cas où le nombre desparamètres
a nedépasse
pas le nombre desparamètres 8.
Nous arrivons donc à la conclusion suivante : :
Si,
dans un groupeprimitif (1),
le nombre des variablesqui
varient estplus petit
que celui desparamètres,
ce groupe ne peut pas êtretransformé
en un
identique
à l’aide deforni
ules con tenant desparamètres
traires.
Par contre,
si,
dans un groupeprimitif (1),
le nombre des variablesqui
varientest
égal
à celui desparamètres,
ce groupepeut toujours
être transformé en un groupeidentique (2)
à l’aide des formules(4)
et(5)
contenant desparamètres
arbitraires. Dans ce cas, les
paramètres 03B2 peuvent
êtreexprimés
en fonction desparamètres
a, de telle manière que le groupe(4)
soitidentique
au groupe(i).
4. - RÉDUCTION D’UN GROUPE A LA FORME COMPLÈTE.
Soit un groupe
primitif
Supposons
que dans ce groupe le nombre des variables xqui
varient soitplus petit
que celui desparamètres
rt..Ajoutons
à ce groupe un groupeidentique
Nous obtiendrons un groupe avec 2n variables x et y. Il
peut
arriver que ce groupe soitimprimitif;
les transformations infinitésimales du groupes’exprime-
ront alors linéairement au moyen de 2 n- ~ transformations infinitésimales. Il a
été démontré dans le n° 3 que ~, ne doit pas
dépasser
n.En vertu du n° 2 nous pouvons diminuer le nombre des variables
qui
varientde p unités. Nous obtiendrons alors un groupe
primitif contenant
2n-~u variablesqui
varient. Si dans ce groupe le nombre des variablesqui
varient estplus petit
que celui des
paramètres,
nous pourronsappliquer
le mêmeprocédé
une secondefois. On
procédera
de la même manièrejusque
cequ’on
obtienne un groupepri-
mitif tel que le nombre des variables y soit
égal
à celui desparamètres.
Appelons
groupecomplet
tout groupeprimitif
danslequel
le nombre desvariables
qui
varient estégal
à celui desparamètres.
Nous pouvons déduire de ce
qui précède
le théorème suivant : :Tout groupe peut être
transformé
encomplet,
par unetransfor-
mation de variables et par
l’adjonction
de gnoccpesidentiques.
5. - GROUPES ISOMORPHES HOLOÉDRIQUES.
Soit un groupe
primitif
de transformationsSoient
les transformions infinitésimales de ce groupe.
Toute combinaison de ces transformations infinitésimales
s’exprime
linéaire-ment au moyen des mêmes transformations infinitésimales
Considérons un autre groupe
primitif
Supposons
que les ordres des deux groupes(i)
et(4)
soient lesmêmes,
c’est-à-dire que le nombre des
paramètres
a soitégal
à celui desparamètres 6.
Lenombre des variables dans les deux groupes
peut
être différent. Soientles transformations Infinitésimales du groupe
(4).
Il
peut
arriver que les combinaisons des transformations infinitésimales(5) s’expriment
en fonction linéaire des transformations infinitésimales exactementde la même manière que les combinaisons des transformations infinitésimales
(2),
c’est-à-dirc que l’on ait
les coefficients des termes du second membre étant
respectivement égaux
à ceuxde
(3).
Si cela alieu,
les deux groupes de transformations infinitésimales(2)
et
(5)
serontisomorphes holoédriques,
car àchaque
transformation infinitésimale de l’un de ces groupescorrespond
une transformation infinitésimale de l’autre.Dans ce cas les groupes finis
(i)
et(4)
portentégalement
le nom de groupes iso-morphes holoédriques.
Cherchons à résoudre la
question
suivante : :Peut-on
transformer
un groupe en un groupequi
lui soitholoédrique
iso-morphe?
Supposons
que le nombre des variables du groupe(4) qui
varient nedépasse
pas celui des variables
correspondantes
du groupe(1), v ~ n. Essayons
de déduirele groupe
(4)
du groupe(1)
par une transformation des variables.Pour cela formons les
équations différentielles.
Substituons
successivement~~,,
Y2, ..., ~w, en considérant lesvariables y
comme des fonctions des variables
x, 1
et ~. Nous obtiendrons ainsi lesystème d’équations
différentiellesEn vertu des
égalités (3)
et(6)
lesparenthèses
de Poisson formées de deuxquelconques
deséquations (; )
se ramènent à une combinaison linéaire des mêmeséquations.
Leséquations (7)
forment donc unsystème
fermé. Un telsystème
admet
toujours
desintégrales
dont le nombre estégal
à celui des fonctionscherchées y.
On serait tenté d’en conclure que deux groupes
isomorphes holoédriques
peuvent être transformés l’un en l’autre. Mais une telle conclusion n’est pas
justifiée
e t voicipourquoi :
la théoriegénérale
deséquations
difFérentielles auxdérivées
partielles
montre que lesintégrales
existentréellement,
mais ces inté-grales peuvent
seprésenter
sous une forme dont on nepourrait
tirerparti.
Eneffet,
il peut arriver que l’une desintégrales
deséquations (7)
se transforme en une certaine relation entre les fonctions cherchées y : :Cette circonstance
indique
que le groupe(i)
nepeut
pas être transformé engroupe
(4)’ Expliquons-le
sur unexemple.
Prenons le groupe suivant :
Ce groupe contient trois
paramètres
si ad - bc == 1. Les transformations infini- tésimales de ce groupe sontIl existe entre ces transformations infinitésimales les relations suivantes
Prenons ensuite le groupe suivant :
Le groupe sera de nouveau du troisième ordre si
~Y
_-__ I. Les transforma- tions infinitésimales de ce groupe sontIl existe entre ces transformations infinitésimales les relations suivantes
Les formules
(9)
et( i i)
montrent que les groupes( 8)
et(10)
sontisomorphes holoédriques. Essayons
de transformer le groupe(8)
en groupe(10).
Leséqua-
tions
(7)
prennent la forme suivanteLes
intégrales
de ceséquations
sontMais ces
intégrales
ne satisfont pas à notreproblème. Qu’est-ce
que l’on peuten conclure? Peut-on transformer un groupe en un autre groupe
holoédrique
iso-morphe ?
Il est bien entenduqu’une
telle transformation esttoujours possible,
mais elle ne se fait pas aussi
simplement qu’on pourrait
le croire àpremière
vue.Supposons
que nous ayons deux groupesisomorphes holoédriques
et que l’ondemande de transformer l’un de ces groupes en l’autre. Dans ce
but,
réduisonstout d’abord le
premier
groupe à la formecomplète,
en nous servant pour cela duprocédé indiqué
dans le n°4 ; après
cela il seratoujours possible
de déduire du groupecomplet,
par une transformationconvenable, n’importe quel
autre groupeisomorphe holoédrique.
Eneffet,
si lepremier
groupe estcomplet,
le nombre desvariables
qui
varient estégal
à celui desparamètres.
n = m. On pourra déduire deséquations (7)
les dérivéespartielles
de chacune des variablesdépendantes
y,, ..., yv. Nous aurons les différentielles totales des fonctions cherchées y ; par
conséquent
leproblème
se ramène àl’intégration
deplusieurs équations
aux diffé-rent,ielles totales.
Pour la solution de certains
problèmes particuliers
il n’est pastoujours
nécessaire de ramener le
premier
groupe à la formecomplète,
mais il suffitd’augmenter
un certain nombre de fois le nombre des variablesqui
varient enajoutant
des groupesidentiques.
Nous pouvons en déduire ce
qui
suit :Si,
parl’ad,jonction
de groupesidentiques,
onaugmente plusieurs fois,
dans ungroupe
donné,
le nombre des variablesqui varient,
on pourra, par une transfor- mation desvariables,
déduire du groupe ainsi obtenun’importe quel
autre groupeisomorphe holoédrique
aupremier.
Expliquons
ce théorème surquelques exemples.
6. - GROUPE LINÉAIRE HOMOGÈNE A DEUX VARIABLES.
Prenons le groupe suivant
Ce groupe sera du troisième
ordre,
si acl-bc=1. Posonsy
= x. Nous auronsalors
Ces deux groupes sont
isomorphes holoédriques.
Lepremier
de ces groupespeut
être facilement transformé en groupe(2).
Montrons dequelle façon
legroupe
(2)
se lransforme en groupe(i). Triplons
pour cela le nombre des variables du second groupeNous pouvons maintenant montrer que l’on
peut
par une transformation des variables déduire du groupe(3)
le groupe(i).
Les transformations infinitésimales du groupe
(3)
serontEntre ces transformations infinitésimales existent les
relation
suivantesNous devons ensuite trouver les transformations infinitésimales du groupe
(i)
sous une forme telle
qu’elles correspondent
aux transformations infinité si- males(4).
Les transformations infinitésimales cherchées serontCes transformations infinitésimales
correspondent
réellement aux transforma- tions infinitésimales(4); puisque
l’on aFormons maintenant les
équations
différentiellesSubstituons successivement y et z
Tirons de ces
équations
les dérivéespartielles
des fonctions y et z; avec cesdérivées
partielles
formons les différentiellestotales;
nous obtiendrons leséqua-
tions suivantes
Les
intégrales
de ceséquations
serontoù les constantes sont liées par la relation
Le résultat que nous venons de trouver
peut
être vérifié de lafaçon
suivante :transformons les variables x, ét, et X2
d’après
les formules(3).
Les variables y et z définies par les formules(5)
pourront se transformer linéairement si entre les trois constantesA,
B et C il existe la relation(6).
7. - GROUPE LINÉAIRE NON HOMOGÈNE A DEUX VARIABLES.
Prenons le groupe de transformation suivant
Ce groupe contient six
paramètres.
Les transformations infinitésimales de cegroupe sont
Prenons ensuite le groupe suivant
Montrons que ces deux groupes sont
isomorphes holoédriques.
Les transforma- tions infinitésimales du groupe(3)
sontEn formant les combinaisons des transformations infinitésimales
(2)
ainsi que les combinaisons des transformations infinitésimales(4),
nous verronsfacilement
que les groupes donnés sontisomorphes holoédriques.
Les transformations infinitésimales
correspondantes
ont les mêmes index. Il enrésulte que l’un de ces groupes peut être transformé en l’autre.
Montrons comment transformer Je groupe
(1)
en groupe(3).
En doublant le nombre des variables du groupe(1)
nous obtiendrons le groupe suivantDe ce groupe on peut, par une transformation des
variables,
déduire legroupe
(3).
Lesvariables y,
et ~~2 sont données par leséquations
différentielles suivanteset
Les
Intégrales
de ceséquations
sontTelles sont les formules
qui
servent pour transformer le groupe(5)
engroupe (3).
Montrons maintenant la solution du
problème
inverse : Transformer le groupe(3)
en groupe(i).
Doublons pour cela le nombre des variables du groupe(3 ),
nous obtiendrons le groupe suivantDe ce groupe, par une transformation des
variables,
on peut déduire le groupe(i).
Les variables x, et X2peuvent
être déterminées à l’aide deséquations
différentielles suivantes
et
Les
Intégrales
de ceséquations
sont’.Celles sont les formules
qui
servent pour transformer le groupe(6)
en groupe(1).
.8. - GROUPE DE TRANSFORMATIONS ORTHOGONALES DE TROIS COORDONNÉES
A ORIGINE FIXE.
Prenons le groupe linéaire
isomorphe
à deux variablesCe groupe sera du troisième ordre si ad - bc =1.
Elevons
ceséquations
au carré et prenons-en leproduit.
Nous auronsA
x~,
x~ x2,x2
substituonsrespectivement
y,, y.~, y3.Nous obtiendrons ainsi un groupe de transformations à trois variables
Le groupe forme ainsi sera
imprimitif.
En éliminant lesparamètres,
nousobtiendrons
Faisons un
changement
de variables au moyen des formulesNous aurons le groupe suivant
,
Le groupe formé ainsi n’est autre que le groupe de
transformations orthogonales
de trois
coordonnées,
carl’égalité (3)
se transforme enNous voyons donc que le groupe de transformations
orthogonales
à trois coor-données
(5)
estisomorphe holoédrique
au groupe detransformations
linéaireshomogènes (1).
Montrons comment l’un de ces groupes se transforme en l’autre.Faisons observer tout d’abord que le groupe des transformations
orthogo-
nales
(5)
setransforme,
à l’aide des formules(4),
en groupe(2).
Du groupe(a)
on
peut
déduire le groupe(I)
si nous posonsLes mêmes formules servent pour passer du groupe
(i)
au groupe(2),
maisalors les variables sont liées par la relation suivante
Pour éviter cette relation il faut doubler le nombre des variables du groupe
(1)
De ce dernier groupe nous pouvons déduire le groupe
(2)
enposant
9. - GROUPE DE TRANSFORMATIONS ORTHOGONALES DE TROIS COORDONNÉES
A ORIGINE VARIABLE.
Prenons le groupe de transformations
orthogonales
de trois coordonnées à ori-gine
variable ,,,, "Entre les neuf coefficients des coordonnées nouvelles il existe six relations
connues. Montrons que ce groupe est
isomorphe holoédrique
au suivantTout
d’abord,
à l’aide des formules(4),
n°8,
le groupe(i) peut
être ramené à la forme suivanteIl faut montrer que les deux derniers groupes sont
isomorphes holoédriques.
Les transformations infinitésimales du groupe
(2)
sontLes transformations infinitésimales du groupe
(3)
sont466
Si nous formons les combinaisons des transformations infinitésimales
(4),
ainsique les combinaisons des transformations infinitésimales
(5),
nous verrons aisé-ment que les groupes donnés sont
isomorphes holoédriques.
Les transformations infinitésimales
correspondantes
ont les mêmes index.Nous laissons au lecteur le soin de trouver lui-même les formules
qui permettent
de transformer l’un de ces groupes en l’autre.CONCLUSION.
Les
exemples
que nous venonsd’indiquer prouvent
quequelquefois
deuxgroupes, très différents
quant
à leuraspect extérieur, peuvent
être transformés l’un en l’autre pourvu que nouspuissions
constater que ces groupes sont iso-morphes holoédriques.
Deux groupes
isomorphes holoédriques peuvent toujours
être transformés l’unen
l’autre, indépendamment
du nombre des variables danschaque
groupe.Ce théorème réduit considérablement le nombre de groupes différents. Il nous conduit à nous occuper du
problème
trèsimportant
de la rédaction d’un groupe donné à saplus simple expression
avec le moindre nombre de variables.Nous avons l’intention de consacrer encore deux Mémoires à ce
sujet.
Dans le deuxième nous montrerons de
quelle façon n’importe quel
groupepeut
être ramené à une forme rationnelle avec le moindre nombre de variables. Dans le troisième nous étudierons les
propriétés
de cette forme rationnelle afin de laramener à sa