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Ressources
En 2019 la production globale du SIGE en eau potable s'élève à plus de 10.0 millions de m3. Le réseau de distribution est alimenté principalement par des sources de montagne et l'eau du Léman. La figure ci-après représente la répartition des ressources en eau pour l'année 2019.
Répartition de l’eau des sources
Plus de 80% de la production d’eau vient de sources dont l’essentiel du volume a pour origine trois contributions majeures, soit :
• La source des Avants qui alimente notamment Chailly, La Tour-de-Peilz, Vevey, Corsier, Corseaux, Chardonne, Jongny et complète également le réseau de Glion.
• La source du Confin du Renard, située en dessus de Grandchamp, qui alimente approximativement la zone située entre l’autoroute et les voies de chemin de fer, de Veytaux à Clarens.
• La source du Bouveret supérieur dont une petite partie alimente le village lui-même et dont l’essentiel couvre les besoins en eau des bords du Lac, entre Veytaux et Clarens.
Galerie de captage, source de la Planiaz Eau des sources
8 149 368 m3 81.1%
Eau du Léman 1 781 009m3
17.7%
Achat à des tiers 113 689m3
1.1%
Les Avants 36.4%
Bouveret supérieur 26.8%
Confin du Renard 10.2%
Cheset 5.8%
Tunnel A9 6.3%
Autres 14.5%
Les temps de transit dans l'aquifère de la source du Bouveret supérieur durent plus de 1 à 2 semaines. L'eau est ainsi bien filtrée et aucune désinfection n'est nécessaire. Les deux autres sources sont plus réactives lors d'intempéries et une désinfection permanente par chloration est assurée.
L'apport de ces sources majeures est complété par une trentaine d'autres de moindre importance qui complètent les réseaux principaux ou alimentent des endroits plus isolés, notamment les hauts de la commune de Montreux. Celles-ci sont traitées majoritairement par chloration et dans une moindre mesure par ultraviolet voire par ultrafiltration (secteur de Jaman).
Schéma du réseau de distribution
En périodes d'étiage des sources (été ou hiver), la fourniture d'eau des sources n'est pas suffisante et doit alors être complétée par de l'eau du lac Léman dans une proportion moyenne de 13.9% sur les dix dernières années. Cette eau alimente principalement les communes de Vevey, Corsier, Corseaux, Chardonne, Jongny et La Tour-de-Peilz. Elle est pompée au travers de la chaîne de traitement de la station des Gonelles qui est composée d'une ozonation suivie d'une filtration sur charbon actif et enfin d'une ultrafiltration. La désinfection de l'eau est ainsi réalisée de manière physique et par un traitement final d'appoint par chloration avant son injection dans le réseau de distribution. Cette chaîne de traitement moderne permet également l'abattement des micropolluants.
Station des Gonelles, chaîne d’ultrafiltration
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Qualité de l'eau distribuée
Afin d'assurer le contrôle continu de la qualité de l'eau potable du réseau, le laboratoire d'eau potable du SIGE a analysé plus de 1’800 échantillons sur l'ensemble du réseau de distribution ou directement aux sources.
Ces analyses représentent la détermination d'environ 8'000 résultats de paramètres physico- chimiques (conductivité, pH, température, anions, cations, oxygène dissout, etc.) et de 5'200 paramètres microbiologiques (recherche de germes caractéristiques). Celles-ci permettent notamment de contrôler que les normes d’hygiène en vigueur sont respectées jusqu'au robinet du consommateur.
Analyses physico-chimiques
Selon les critères d'appréciation de la qualité chimique de l’eau potable fixés dans l'Ordonnance fédérale du DFI sur l'eau potable et l'eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD), aucun cas de non-conformité n'est à signaler pour 2019.
Le tableau ci-après fournit les résultats médians obtenus en 2019 pour le paramètre « dureté totale » (exprimé en degrés français), en différents points de contrôle du réseau de distribution et des ressources principales.
DURETES OBSERVEES [°F] EN DIFFERENTS POINTS DU RESEAU DE DISTRIBUTION
Dureté minimale
Dureté médiane
Dureté maximale
Dureté*
moyenne Appréciation*
Eau du Léman 13.2 13.1 13.3 13.9 douce
Source du Bouveret supérieur 15.2 15.5 15.8 15.8 moyennement dure
Source des Avants 17.9 25.6 31.5 25.6 moyennement à assez dure Source du Confin du Renard 19.5 29.1 37.0 28.2 moyennement dure à très dure
Source de Cheset 20.9 21.4 22.3 21.9 moyennement dure
Source tunnel autoroute A9 29.3 29.5 29.7 30.0 assez dure
Réseau inférieur de Vevey 13.0 14.7 18.9 14.5 douce à moyennement dure Réseau supérieur de Vevey 19.2 23.5 26.2 24.2 moyennement à assez dure Réseau inférieur de Montreux 15.8 17.7 18.3 19.4 moyennement dure
Réseau moyen de Montreux 19.5 27.8 36.6 32.4 moyennement dure à très dure Réseau supérieur de Montreux 20.7 21.9 24.0 22.5 moyennement à assez dure
* sur les 10 dernières années
La dureté de l'eau correspond à la concentration de calcium et de magnésium dans l'eau qu’on appelle communément calcaire. Cette dureté varie en fonction des sols traversés par l'eau et des saisons. Selon son parcours dans le milieu naturel, l'eau contient ainsi plus ou moins de calcaire. La dureté ne nuit pas à la qualité de l'eau en tant que telle. Au contraire elle améliore son goût. En revanche une dureté élevée contribue plus fortement à l'entartrage des installations et appareils domestiques.
LES SIX CLASSES DE DURETE Dureté
[°F]
Dureté
[mg/L CaCO3] Appréciation 0 à 7 0 à 70 Très douce
> 7 à 15 > 70 à 150 Douce
> 15 à 25 > 150 à 250 Moyennement dure
> 25 à 32 > 250 à 320 Assez dure
> 32 à 42 > 320 à 420 Dure
> 42 > 420 Très dure
L'eau du lac et l'eau de la source du Bouveret sont moins calcaires que les autres sources qui elles sont de nature karstique, ce qui explique leur dureté plus élevée. Ces constatations se répercutent sur les différents points de contrôle du réseau de distribution et qui, selon leur emplacement, sont représentatifs des eaux provenant des sources, du lac ou d'un mélange de celles-ci. Par exemple, le réseau moyen de Montreux est alimenté principalement par la source du Confin du Renard qui comme on peut le constater présente les mêmes caractéristiques, soit de l'eau plutôt dure et avec des variabilités parfois importantes en raison de l'origine karstique de la source.
Une présence importante de nitrates dans l'eau potable est principalement liée à l'utilisation d'engrais dans l'agriculture. Un excès de nitrates dans l'eau potable peut causer la méthémoglobinémie (diminution du transport d'oxygène dans le sang) ou la maladie du "bébé bleu".
L’objectif qualité des distributeurs d’eau vise à respecter selon l'OPBD une valeur maximale de 40 mg/L.
Les valeurs déterminées par le SIGE sont largement au-dessous de cette valeur, comme le confirme le tableau suivant qui contient les résultats médians de l’année 2019 :
TENEURS [mg/L] EN NITRATES EN DIFFERENTS POINTS DU RESEAU DE DISTRIBUTION
Eau du Léman 2.8 Réseau inférieur de Vevey 2.7
Source du Bouveret supérieur 3.1 Réseau supérieur de Vevey 2.5 Source des Avants 2.6 Réseau inférieur de Montreux 2.7 Source du Confin du Renard 2.5 Réseau moyen de Montreux 2.5 Source de Cheset 2.8 Réseau supérieur de Montreux 2.7 Source tunnel autoroute A9 1.9
Les faibles valeurs observées s'expliquent notamment par le fait que les zones d'alimentation des sources du SIGE ne sont pas en zone d'agriculture intensive.
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Enfin le tableau ci-dessous présente les caractéristiques moyennes (sur les 10 dernières années) des ressources en eau principales du SIGE :
TENEURS [mg/L] EN CATIONS ET ANIONS DES PRINCIPALES RESSOURCES Eau du
Léman
S. Bouveret supérieur
S. des Avants
S. du Confin du Renard
S. de Cheset
S. Tunnel A9
Calcium (Ca2+) 44.8 44.5 77.3 102.6 67.4 85.5
Magnésium (Mg2+) 6.2 11.6 13.2 9.6 12.1 21.1
Sodium (Na+) 6.8 0.5 1.8 2.2 2.7 4.2
Potassium (K+) 1.7 0.4 0.4 0.6 0.4 0.6
Chlorures (Cl-) 9.9 0.5 0.7 1.0 4.6 5.3
Sulfates (SO42-) 47.2 33.5 87.6 129.9 33.9 86.4
Nitrates (NO3-) 2.6 3.0 2.6 2.6 2.8 1.9
Bicarbonates (HCO3-) 110.6 149.6 192.5 197.1 216.3 257.6
Analyses microbiologiques
Les critères relatifs à la qualité microbiologique de l’eau potable sont fixés dans l'Ordonnance fédérale du DFI sur l'eau potable et l'eau des installations de baignade et de douche accessibles au public (OPBD). Les analyses bactériologiques permettent d'évaluer le niveau de contamination de l'eau par des microorganismes (bactéries, virus, parasites, etc.). Deux types d'indicateurs bactériens sont utilisés :
• Les germes aérobies mésophiles ou germes totaux qui permettent d'estimer la qualité hygiénique d'une eau et de déceler une éventuelle stagnation. Ces bactéries proviennent des milieux naturels et sont généralement sans danger pour l'homme. La valeur maximale selon l'OPBD dans le réseau est de 300 germes aérobies mésophiles par millilitre (mL).
• Deux indicateurs de contamination fécale (Escherichia coli et entérocoques) dont la présence dans une eau permet de supposer que des microorganismes pathogènes issus
des matières fécales humaines ou animales sont susceptibles de contaminer cette eau. Selon l’OPBD, une eau de réseau doit être exempte de telles bactéries dans un échantillon de 100 mL.
Point de contrôle d’une source d’eau brute, Le Bouveret
Sur l'ensemble des analyses microbiologiques de contrôle réalisées sur le réseau de distribution (5'214 paramètres déterminés en 2019), un cas de non-conformité a été observé de manière localisée, sur un réseau de faible importance. Cette situation a été sans conséquence pour les consommateurs et est rapidement revenue à la normale grâce à la mise en œuvre de mesures rapides et adéquates.
Micropolluants
Le SIGE procède périodiquement à des campagnes d’analyses de micropolluants sur ses ressources, de même qu’au sein du réseau de distribution. L’OFCO procède également à des contrôles inopinés en tant qu’autorité de surveillance. A ce jour, au moment des prélèvements et dans la limite des paramètres analysés, la quasi-totalité des substances n’étaient pas détectables, malgré les méthodes d’analyses ultraperformantes qui permettent de déterminer des concentrations de l’ordre du micro ou nanogramme selon la substance considérée. Pour les très rares cas où une substance était détectée, cela restait à l’état de traces et largement en deçà des normes admissibles pour l’eau potable selon l’OPBD.
Concernant plus particulièrement les produits phytosanitaires, le SIGE dispose majoritairement de sources dans des zones qui ne sont pas soumises à la pression de l’agriculture intensive. Sur ce plan, il bénéficie ainsi de conditions privilégiées avec un risque très faible de présence de résidus de pesticides dans l’eau distribuée.
Conclusion
Le SIGE fournit chaque jour une eau potable d’excellente qualité, conforme à la législation fédérale sur les denrées alimentaires. Traitée avec tout le soin requis pour l’élaboration d’une telle denrée, elle est contrôlée en permanence par le laboratoire « Eau potable » du SIGE et respecte les valeurs limites des paramètres microbiologiques et chimiques analysés. A relever que son laboratoire est dûment accrédité par le Service d’accréditation Suisse (SAS), conformément à la norme ISO/CEI 17025. Les résultats d’analyses sont ensuite régulièrement transmis à l’autorité cantonale de surveillance des denrées alimentaires (Office de la consommation, OFCO).
Des informations complémentaires sont disponibles sur notre site internet www.sige.ch ou peuvent être demandées par e-mail à l'adresse [email protected]
ou par téléphone au 0848.180.180