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Autoédition en ligne : stratégies

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Master

Reference

Autoédition en ligne : stratégies

PAGELLA, Laure Emma Orane

Abstract

Ce travail de Master porte sur l'autoédition en ligne et ses différentes stratégies. C'est un travail qui étudie ce phénomène du point de vue des auteurs pratiquant ce procédé. Nous parlons d'abord de l'édition puis de l'édition numérique pour ensuite arriver à l'autoédition numérique. Les sites d'autoédition ainsi que les plateformes et réseaux sociaux y sont expliqués et analysés : ils révèlent une nouvelle façon d'écrire, née avec la révolution numérique. On tente ici d'appréhender l'augmentation de textes autoédités à travers l'avènement du digital. L'enquête se fait sur la base de deux questionnaires qui interrogent les écrivains s'étant autoédités, que ce soit sur des sites internet dédiés à ce processus ou encore sur les réseaux sociaux ou les plateformes sociales d'écriture.

PAGELLA, Laure Emma Orane. Autoédition en ligne : stratégies. Master : Univ. Genève, 2021

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:150391

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Annexes

Annexe 1 : Questionnaire pour les auteurs autoédités

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Annexe 2 : Questionnaire pour auteurs wattpadiens et autrices

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Annexe 4 : Résumé des résultats du questionnaire pour

Wattpadiennes et Wattpadiens (173 réponses)

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Annexe 5 : Résumé des réponses obtenues au questionnaire

destiné aux auteurs autopubliés(16 réponses)

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Annexe 6 :

Retranscription de l’entretien avec Neo Monfort, auteur de Salty

Week, ouvrage autoédité sur la plateforme ISCA et paru en

2020.

23 octobre 2020 à la cafétéria d’Uni-mail.

Laure Pagella : En quelle année est-ce que vous vous êtes autoédité.

Neo Montfort : Le début du processus était en 2019.

Laure Pagella : Et la date de sortie de votre roman ? Neo Montfort : Du coup c’était en 2020.

L.P. : Et est-ce que c’était la première fois que vous vous êtes autoédité ? N.M. : Oui, oui, dans le cadre d’un livre, oui.

L.P. : Parce que vous aviez édité d’autres, des articles ou certaines choses déjà avant ?

N.M. : Non, enfin de petites choses, mais c’était plus ou moins insignifiant.

L.P. : Okay, ça marche et je peux vous demander pourquoi l’autoédition ? C’était un choix de départ ou bien c’est quelque chose qu’on vous a proposé après, ou… ?

N.M. : J’ai ddécouvert disons en cherchant parce que en ayant terminé ce travail de rédaction, j’ai commencé à m’intéresser à qui pourrait éventuellement s’intéresser à ça [son roman]1, c’est sûr que je n’avais pas beaucoup d’espoir là-dessus, j’avais quand même lu un petit peu des choses et les statistiques étaient pas très, on va dire, réjouissantes donc c’était quelque chose à laquelle je m’attendais…

1 Tous les éléments mis entre crochets ont été rajoutés afin d’assurer une meilleure compréhension au lecteur.

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51 L.P. : Les statistiques par rapport à une édition traditionnelle avec une maison d’édition ?

N.M. : Ouais, voilà les chances d’être édité comme ça elles sont assez restreintes et puis je savais aussi qu’il y a certains codes, qui sont importants et puis si on ne maintient pas une ligne, la ligne qui est un petit peu souhaitée… Après c’est une question de vendre donc tout ça c’est quelque chose que je comprends et puis qui est logique. Bon, j’ai quand même joué le jeu, c’est-à-dire que j’ai dû l’envoyer à un ou deux endroits, je sais plus. Pour moi c’était important de chercher local, donc je suis assez vite tombé sur Slatkine et en recherchant un petit peu, je sais plus comment, mais l’autoédition c’est quelque chose qui est ressorti assez vite dans mes recherches.

C’est-à-dire en me posant la question de ce que j’envisageais alors je me suis intéressé un peu plus justement à l’autoédition et au final ISCA [plateforme d’autoédition mise en place par les Éditions Slatkine] c’était le meilleur marché.

L.P. : Okay, mais c’est d’après vos propres recherches que vous êtes arrivé à cette conclusion ?

N.M. : Oui en comparant. J’avais deux-trois lieux qui proposaient de faire cette autoédition et après j’ai demandé les tarifs et puis c’était la moins chère.

L.P. : D’accord et du coup, comme vous l’avez dit, vous avez choisi la plateforme ISCA grâce à ses tarifs et le fait que ce soit local, c’est ça ?

N.M. : Ouais !

L.P. : Est-ce qu’on vous en avait parlé déjà en bien, ou est-ce que vous connaissiez d’autres gens qui s’étaient autoédité sur ISCA ou alors des gens qui s’étaient autoédité tout simplement ?

N.M. : Non.

L.P. : Okay, donc vous y êtes allé sans a priori.

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52 N.M. : En fait, c’est assez drôle parce que je ne suis pas du tout dans ce monde-là donc je n’ai pas de réseau là-dedans. Ça m’a permis de découvrir certaines choses.

L.P. : D’accord. Bon alors du coup, je vais vous demander de m’expliquer le processus d’autoédition, toutes les étapes, j’imagine qu’il y en a plusieurs. Et là, ça a pris un an c’est ça, environ du début à la fin ?

N.M. : Alors je me souviens plus exactement parce que c’est aussi moi qui voyant l’échéance en fait [du processus] et en réalisant que j’allais pouvoir financer un ouvrage qui est aussi physique – tout à coup, il y a tout ça qui se concrétisait – et il y a eu ces fameuses relectures, c’est-à-dire qu’ils mettent en forme, il renvoie et faut relire et dire « c’est bon » et à ce moment-là le travail est fini. Alors c’est là que pour le coup je me suis vraiment dit qu’il fallait que je relise, je l’ai relu donc en tout cas trois fois. Ça a dû durer quelques mois, peut-être pas une année, mais en tous cas six mois ça c’est sûr.

L.P. : Okay, d’accord. Est-ce que vous pouvez d’abord m’expliquer le processus d’inscription, est-ce qu’il fallait s’inscrire sur ISCA, les contacter pour leur dire quelque chose ?

N.M. : Alors au départ je les avais contactés, j’avais dit que j’étais intéressé par cette autoédition et puis ils m’ont dit de leur envoyer quand même mon manuscrit pour le faire lire, ils ont des lecteurs professionnels pour ça. J’ai dit bon bah okay, puis ils l’ont lu. Mais ça s’est passé assez vite et ils m’ont dit « Écoutez, si ça vous intéresse vous pouvez faire une autoédition ».

L.P. : Okay et est-ce qu’ils vous ont proposé plusieurs tarifs parce que je crois que c’est possible d’ajouter des options, comme la relecture ou comme ça et du coup c’est d’autres tarifs, non ?

N.M. : Ouais, donc la relecture professionnelle et correction d’orthographe, mais à la fin il y avait toujours des fautes que je retrouvais donc ça vaut ce que ça vaut. Tout ça ça prend du temps, c’est un vrai boulot et puis ils m’ont proposé aussi en option la

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53 relecture professionnelle, là on m’aurait carrément suggéré de faire des modifications dans le texte, mais ça, ça ne m’a pas intéressé, ce n’était pas le but que je recherchais sinon j’aurais procédé d’une autre manière dès le départ donc pour moi ce n’était pas quelque chose d’intéressant.

L.P. : Okay et pour tout ce qui est couverture, mise en page c’est tout vous qui avez choisi ou est-ce qu’ils vous ont aiguillé ?

N.M. : Je dois dire que j’ai certaines connaissances au niveau graphique, photographie, etc. Donc c’est eux qui ont fait l’adaptation finale, mais c’est moi qui ai tout suggéré.

L.P. : Et est-ce que je peux vous demander le titre de votre roman ? N.M. : Salty week

L.P. : Mais c’est un ouvrage en français ? N.M : Oui, oui c’est en français

L.P. : Et est-ce que je peux vous demander le genre de votre roman ?

N.M. : Alors ce n’est pas facile de le classer, mais c’est une sorte de grande nouvelle ou de petit roman, de fiction.

L.P. : Et du coup quand vous l’avez reçu, enfin j’imagine qu’on vous a envoyé les exemplaires est-ce que vous avez pu demander un certain montant d’exemplaires ? Ou ça se passe comment ? Ou alors c’est déjà défini à la base ?

N.M. : Alors dans le prix qui avait été donné, ça incluait, je crois, 5 exemplaires papier et moi j’en ai commandé quelques-uns en plus, mais ce qui était très intéressant – parce c’est vraiment un aspect important l’aspect financier – c’est qu’il y avait aussi la version numérique, le ebook, qu’ils m’ont envoyé ainsi que 5 versions papier. Mais c’est possible d’en recommander si jamais à l’unité même, donc c’est vrai que c’est

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54 super. Je pouvais difficilement m’attendre à mieux au niveau du service et je garde tous les droits. C’est-à-dire qu’eux, ils ne gagneraient que sur les ventes donc à chaque vente, ils prennent un petit pourcentage et moins que les maisons d’édition.

L.P. : Okay et est-ce que vous les avez vendus du coup ces exemplaires, est-ce que vous les avez proposés à des librairies ou vous vous y êtes pris comment ? Parce que ça normalement c’est quelque chose que l’éditeur fait.

N.M. : Alors j’ai dû m’intéresser aussi à la promotion, mais il est mal tombé. Je crois qu’il est sorti en février et quelques jours plus tard on était en confinement donc je n’ai pas pu marquer le coup de cette sortie. Mais pour revenir à l’histoire de la distribution, moi je ne veux pas trop me mettre en avant. En fait, je voulais proposer ça comme une bouteille à la mer, c’est-à-dire que moi je voudrais rester anonyme tout simplement.

L.P. : C’est pour ça que vous avez utilisé un pseudo ?

N.M. : Ouais, mais certains prennent un pseudo et puis ils se montrent. Moi je ne veux pas montrer mon image, pour le moment c’est mieux comme ça. Mais ça joue certainement un rôle [dans le processus de diffusion]. Donc j’ai commencé à proposer mon livre en avril, mais si j’allais dans certaines librairies je disais que j’étais simplement le producteur, mais je ne me présentais pas comme l’auteur, plutôt comme quelqu’un qui avait produit. D’ailleurs, c’est vrai. Je mettais en avant les caractéristiques de cet ouvrage, à savoir que c’est une histoire qui se déroule à Genève dans un quartier populaire et puis que c’était un petit peu local. Voilà c’était les choses que je mettais en avant. Et après quand on a pu se déconfiner j’ai été voir quelques librairies et comme c’était cette situation particulière, j’ai envoyé un mail à toutes ces librairies, mais des petites [librairies], je n’ai pas envoyé à Payot ou des choses comme ça. Et de tous les mails que j’ai envoyés, y’en a aucune qui m’a répondu, à ce jour, il y a juste une librairie qui en a pris un en dépôt-vente, mais il est toujours là.

L.P. : Ça marche. Mais su coup est-ce que vous avez fait une autre promotion pour vos livres sur les réseaux ou même du bouche-à-oreille ou vous avez contacté un journaliste ou alors ce n’était pas du tout le but finalement ?

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55 N.M. : Le problème c’est que si j’en parle trop on va me poser des questions et c’est quelque chose avec lequel je suis pas à l’aise alors je n’ai pas fait plus que ça, il y aurait certainement d’autres choses à faire pour quelqu’un qui aurait envie de se montrer par exemple. Moi c’est un petit peu paradoxal, je le reconnais, mais c’est un choix et j’ai fait une page Facebook avec cet ouvrage, mais bon peut-être que je ne suis pas suffisamment acharné, je ne me vends pas suffisamment bien, mais voilà y’a pas un franc succès. Donc c’est difficile. Déjà je pense que c’est très difficile quand on met toutes les chances de son côté et comme moi je me mets encore des restrictions alors c’est d’autant plus difficile, mais, une fois de plus, c’est volontaire.

L.P. : Mais du coup est-ce que je peux vous demander qu’est-ce que vous cherchiez, quand vous vous êtes fait autoédité ?

N.M. : Moi, je me contente de peu. Ce qui m’aurait fait plaisir, enfin, c’est toujours intéressant quand on crée quelque chose que quelqu’un d’autre le découvre. Après pour moi ce n’est pas du tout une obsession, mais je ne peux pas dire que ça n’existe pas non plus.

L.P. : Du coup ce serait plus le retour des lecteurs qui vous intéresserait ?

N.M. : Alors sincèrement, si tout d’un coup, cet ouvrage connaît un monstre succès et bien tant mieux, mais ce n’était pas l’idée de départ, mais ça fait partie d’un tout.

L.P. : D’accord et cet ouvrage vous l’avez écrit parce que vous avez senti le besoin de vous exprimer sur un sujet, ou parce qu’on vous a dit que ce serait une belle histoire, ou… ?

N.M. : Au départ, je voulais écrire un scénario [pour le cinéma]. D’ailleurs, il y a toujours cette idée derrière. C’est-à-dire que peut-être, quand j’aurais l’énergie, ce serait pour moi formidable de l’adapter parce que c’était l’idée de départ. Sauf que j’ai commencé à écrire et je me suis dit que ce n’était pas un scénario ce que j’écrivais, j’étais vraiment en train d’écrire une histoire alors je me suis dit « Tant pis, c’est fini » et plutôt que de le laisser là dans un ordinateur j’ai voulu tenter le coup. Et c’est un travail qui est fini.

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56 L.P. : Et est-ce que vous l’avez fait lire du coup à certaines personnes ?

N.M. : Oui, alors je l’ai proposé à certaines personnes. Et une personne l’a lu très vite et la trouvé super et c’était intéressant parce que je ne disais pas non plus que c’était moi qui l’avais écrit donc je pense qu’il y avait une certaine franchise, on ne m’a pas dit ça pour me faire plaisir. Mais enfin ce n’est pas facile, de faire de la publicité. Moi, j’ai fait ce que j’ai pu, mais voilà.

L.P. : Et est-ce que vous avez reçu de l’aide pour écrire ce bouquin ? N.M. : Non, j’ai tout fait tout seul.

L.P. : Et si la situation sanitaire s’améliore est-ce que vous pensez refaire une sorte de communication sur votre ouvrage pour le relancer ? Est-ce que si vous écrivez un autre livre vous vous y prendrez autrement ?

N.M. : Alors je ne me suis pas trop posé la question. Cet ouvrage il reste là et dès que j’ai un moment j’y repense ou j’essaye encore de trouver des gens intéressés tout en restant dans l’ombre. Donc c’est une promotion très limitée, mais après je verrais.

Peut-être que j’enverrais ce livre – parce qu’il y a toujours cette idée de film, mais ce n’est peut-être pas encore le bon moment.

L.P. : Quand vous dites « pas le bon moment », vous parlez de la situation sanitaire ?

N.M. : Non, pour moi c’est une question d’énergie. C’est là où je suis maître et ça, c’est un paramètre qui, bon je vais dire un truc un peu bateau, mais c’est un paramètre qui n’a pas de prix et je peux le faire que si j’en ai envie. Quand je dis « énergie », c’est ça, personne ne va me forcer. Je ne compterai pas les heures parce qu’il y a une passion derrière.

L.P. : Et est-ce que du coup on pourrait dire que c’est ce que vous attendiez de l’autoédition, c’est pour ça que vous l’avez choisi ? Pour être complètement maître de votre travail ?

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57 N.M. : Alors moi je suis venu à l’autoédition un petit peu par hasard, mais si une maison d’édition m’avait dit « on va te publier » je l’aurais fait aussi, même si ça avait été un processus complètement différent. Parce que si j’avais été édité, j’aurais été aliéné à quelque chose, formaté. Là, personne ne me lit, mais je suis complètement libre. Pour moi c’était un plaisir avec une infime possibilité que quelqu’un s’y intéresse.

L.P. : Et est-ce que vous voyez l’autoédition comme une fin en soi ?

N.M. : C’est venu en tout cas clôturer un travail, c’est comme quand on fait une peinture et qu’on peut l’encadrer et la mettre sur un mur.

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Annexe 7 :

Retranscription de l’entretien avec Ivan Slatkine, directeur des Editions Slatkine.

9 novembre 2020, aux locaux des Editions Slatkine, à Chavannes de Bogis.

Laure Pagella. : Alors est-ce que je peux d’abord vous demander de résumer un peu le cahier des charges d’un éditeur, en gros ?

Ivan Slatkine : Alors, le cahier des charges d’un éditeur, il reçoit des manuscrits ou il commande des manuscrits, il va d’abord lire les manuscrits pour savoir si ces derniers rentrent dans le cadre de ce qu’il publie en terme de public cible, en terme de marché, en terme de style d’écriture, en terme de sujet. Et puis, une fois qu’il a fait cette sélection, il va travailler avec l’auteur sur le titre en lui donnant quelques recommandations pour améliorer la qualité de son manuscrit s’il estime qu’il faut améliorer la qualité, alors c’est ; suppression de répétition, amélioration de la qualité des dialogues, parfois raccourcir le volume parce qu’on le trouve trop long, supprimer les longueurs. Enfin bref, c’est un travail éditorial. Et puis après, il y a tout le travail d’édition qui est la mise en page, la relecture professionnelle, l’impression du livre et puis ensuite sa commercialisation dans le réseau de la librairie.

Laure Pagella : Et est-ce que je peux vous demander ce que vous pensez de la relation éditeur-auteur ? Est-ce que c’est un réel équilibre ou est-ce que vous pensez que l’un prend le pas sur l’autre ?

Ivan Slatkine : Alors écoutez, moi je suis dans une relation que je qualifie d’équilibrée, chacun a besoin de l’autre. L’éditeur a besoin de l’auteur parce que sans auteurs il a pas de travail, c’est notre matière première, c’est les manuscrits des auteurs. L’auteur a besoin d’un éditeur, faute de quoi son livre ne sera jamais vendu en librairie. Donc, on est vraiment dans une relation d’équilibre et moi, mon expérience me montre que j’ai jamais eu de déséquilibre dans cette relation. Il peut arriver que suite à certaines exigences d’un auteur, on renonce à le publier, c’est arrivé avec un manuscrit qu’on a

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59 traité avec Alexia [, son assistante de direction], d’une jeune auteure, où là, on lui a fait des recommandations qu’elle a pas voulu suivre. Et puis après, elle nous a dit qu’elle était pour le développement durable donc elle voulait pas que son livre soit vendable sur Amazon, ensuite elle a mis plein de conditions et là on a dit, bon on laisse tomber parce qu’on peut pas se contraindre de la sorte. Mais non, en règle générale, je trouve que la relation entre l’auteur et l’éditeur est équilibrée.

L.P. : D’accord. Et est-ce qu’il y a une compétition qui est rude entre les maisons d’édition ?

I.S. : Non, écoutez, on est tous des confrères, des amis. Alors, oui, il y a une forme de compétition. Je peux vous donner l’exemple de Marc Voltenauer [auteur] et Le Dragon du Muveran [ouvrage] qui m’est passé sous le nez parce que j’ai pas réagi assez vite et puis Plaisir de Lire [maison d’édition vaudoise] avait réagi plus vite. Donc, on sait qu’il y a une pression de la part de nos confrères et que si on est pas suffisamment réactifs quand il y a des bonnes choses qui sont envoyées ben on risque de les voir partir ailleurs, donc c’est toute la difficulté durant les comités de lecture. C’est qu’on est obligés de tout lire, on est obligés d’être relativement rapide et réactifs faute de quoi on peut avoir des bonnes choses qui nous filent sous les doigts. J’ai un deuxième cas d’un super manuscrit, moi j’avais lu un roman policier que j’avais adoré d’un auteur suisse et puis quand je l’ai contacté pour lui dire que j’étais partant et bien là aussi, il avait déjà signé chez Plaisir de Lire. Donc, j’ai envie de dire, il n’a pas une concurrence directe mais on sait que des auteurs – alors il y a des auteurs très fidèles qui s’adressent à une seule maison, maintenant quand c’est adressé à plusieurs maisons, faut être le plus réactif et il y a une pression mais enfin elle est pas gigantesque.

L.P. : Ça marche. Maintenant on passe plus à ce qui est numérique. Donc, est-ce que je peux vous demander ce que vous pensez du livre numérique, dans le sens, est-ce que pour vous c’est une alternative au livre papier ou vous visez des publics différents selon le format.

I.S. : Bon alors, le numérique il a révolutionné toute la chaîne du livre parce qu’aujourd’hui on a l’impression à la demande et l’impression numérique qui est une révolution fondamentale mais là on reste sur du papier mais enfin, ça a changé

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60 fondamentalement le mode de production d’un livre. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, avec l’impression numérique, on a plus besoin de constituer de stock et on peut travailler en flux tendus, ce qui est un énorme gain. Maintenant, par rapport au ebook, pour moi le ebook, c’est clairement un marché complémentaire du livre papier. Il n’y a pas de concurrence entre les deux ; le ebook n’a pas tué le papier, le papier ne tue pas le ebook. Peut-être que le ebook fait concurrence sur le livre de poche parce qu’on est un peu dans les mêmes gammes de prix mais il reste un contact très physique entre le lecteur et le livre, il y a un contact que je qualifie même parfois de charnel. Donc, pour moi, le ebook permet de développer un marché supplémentaire, il est pas venu prendre sur la part du livre papier.

L.P. : Donc pour vous l’avenir du livre papier, il est pas du tout menacé par le ebook ? I.S. : Non.

L.P. : Très bien. Là, on va passer plus à tout ce qui est autoédition. Vous connaissez sûrement les plateformes d’autoédition vu que vous en avez lancé une mais est-ce que vous pensez que la place de l’éditeur traditionnel a changé avec tout ce qui est avènement de ces plateformes, de la possibilité de publier sur les réseaux sociaux aussi ?

I.S. : Non, l’éditeur sait qu’aujourd’hui grâce à la technologie on peut s’autoéditer à moindre frais mais s’autoéditer ça veut dire qu’il n’y pas le filtre de l’éditeur. C’est-à- dire qu’il n’y y pas tout ce travail qu’on a discuté il y a quelques instants de tout ce qui est de conseiller pour améliorer la qualité d’un manuscrit, pour essayer de couper si on estime que c’est trop long, d’améliorer les dialogues. L’autoédition, il y a pas le filtre de l’éditeur, l’auteur est son propre éditeur. Donc aujourd’hui, les gens écrivent énormément, nous on est une petite maison d’édition – même si, en Suisse romande, on est une grande maison d’édition – mais on reçoit, quoi, deux manuscrits par jour.

Dans cette masse qu’on reçoit, si on publie le 5%, il en reste 95% qui seront jamais publiés. Donc, aujourd’hui l’autoédition permet à un grand nombre de jeunes auteurs ou de gens qui ont envie de laisser une trace, de pouvoir publier leur livre mais sans ce filtre d’éditeur c’est pas du tout une concurrence à l’édition [traditionnelle]. Peut-être que c’est plus facile pour certains auteurs qui veulent pas attendre d’avoir une réponse

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61 d’un comité de lecture parce que ça prend du temps, qui veulent pas être soumis à certaines contraintes de l’éditeur qui dit « écoutez, votre manuscrit il est bien mais faudrait le réduire d’un tiers. Donc, aujourd’hui, l’autoédition permet d’y aller directement et ça réussit à certains auteurs puisque moi je connais un auteur qui avait soumis son manuscrit chez Slatkine, on l’a refusé, il l’a autoédité, il en a vendu plusieurs milliers d’exemplaires. Donc, je dirais que l’autoédition peut permettre à des auteurs d’éviter tout ce travail de l’éditeur et cette lourdeur administrative et aussi ce décalage dans le temps parce qu’évidemment que nous on doit planifier ce travail avec six mois d’avance pour avoir un programme qui tient la route alors qu’un auteur peut s’autopublier tout de suite, c’est lui qui décide. Donc, moi je dirais que c’est un marché parallèle au marché de l’édition et puis on voit qu’il y a des auteurs qui sont autopubliés qui au bout d’un moment viennent chercher un éditeur parce qu’ils se rendent compte quand même que travailler avec un éditeur c’est une meilleures couverture de la librairie, c’est un meilleur travail sur le texte que ça peut être un meilleur travail de promotion, je pense là par exemple à Nicolas Feuz [auteur qui a d’abord autopublié 10 volumes et qui maintenant se fait éditer par les Éditions Slatkine & Cie].

L.P. : C’est lui, du coup qui est allé chercher un éditeur et pas l’inverse ?

I.S. : Non, c’est nous qui l’avons dragué, parce qu’on lui a dit « Mais attends, on va te faciliter la vie » et puis, il arrive un moment pour eux ou c’est plus simple comme ça.

L.P. : Comme c’est vous qui êtes allez chercher Nicolas Feuz, est-ce qu’on peut dire que la dynamique s’inverse un petit peu.

I.S. : C’est-à-dire que l’autoédition permet à des auteurs de rester sur le marché sans avoir ce filtre et ce frein qui peut être celui de l’éditeur et puis pour l’éditeur, c’est intéressant de suivre le marché des autopubliés parce que y’a des pépites qui peuvent pousser comme partout. Aujourd’hui, c’est pas une honte de s’autopublier, enfin pas de mon point de vue, et l’éditeur doit toujours avoir un œil, et aujourd’hui tous les éditeurs ont un œil sur les autopubliés et essayent ensuite de les démarcher pour les prendre dans leur catalogue. Donc, y’a une dynamique et puis ça permet peut-être de pouvoir accélérer un petit peu le processus parce que c’est clair que quand on voit

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62 qu’un auteur autopublié a bien marché sur ses autopublications, ça nous donne plus de confiance pour prendre son prochain volume et de l’éditer.

L.P. : Et est-ce que du coup, vous avez une stratégie de veille ?

I.S. : Alors, écoutez, moi, chez Slatkine, on en a pas une directe mais chez Slatkine &

Cie [antenne des éditions à Paris], ils en ont une. Ils suivent ce qui s’autopublie et ce qui se vend bien. Donc, il y a ceux qui s’autopublient sur Amazon et c’est principalement en fait de la veille sur des autopublications Amazon et des autopublications en ebook. C’est là-dessus que y’a le plus d’attention, en tous cas dans notre maison c’est ce genre de livre qu’on cible. Maintenant, on a pas une stratégie de veille très grande parce qu’on est trop petit mais je sais que les grands éditeurs ont une stratégie de veille.

L.P. : Et vous avez une stratégie de veille à Slatkine & Cie parce que c’est en France ?

I.S. : Non, alors on le fait parce que chez Slatkine on a déjà beaucoup de propositions et un programme très touffu. Chez Slatkine & Cie qui fait de la littérature jeunesse en général, on a essayé de vraiment déniché des petites fleurs et pour dénicher des petites fleurs, il faut les trouver et sur le marché de l’autopublication on peut trouver des petites fleurs.

L.P. : Est-ce que c’est pour ça que vous avez lancé ISCA [plateforme d’autoédition mise en ligne par les imprimeries Slatkine] aussi ?

I.S. : Alors on a lancé ISCA principalement parce que ben on reçoit énormément de manuscrit, comme je vous le dis on en refuse 95% et sur ces 95% si y’en a 10% qui vont trouver preneur chez un autre éditeur pour une question de ligne, pour une question de disponibilité de programme, il en restera toujours plus de 80% qui seront jamais publiés. Et, dans tous ces manuscrits que je reçois, c’est souvent des journaux intimes, des biographies familiales, ce genre de choses, et en fait moi je me suis toujours dit avec mon imprimerie je maitrise toute la technologie pour fabriquer des livres. Alors moi je les édite comme éditeur mais je pourrai offrir ces services à des gens qui veulent s’autopublier, en fait l’idée est née de ça. Par le passé, il nous est arrivé de faire chez Slatkine ce qu’on appelle des comptes d’auteur, donc c’est l’auteur

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63 qui finance le livre mais c’est un livre Slatkine. Ça coute beaucoup plus cher que de s’autopublier parce qu’il y a tous les frais administratifs, y’a tous les frais de promotion donc aujourd’hui le compte d’auteur est quelque chose d’assez compliqué. Donc, moi je me suis dit mais pourquoi pas utiliser notre savoir-faire pour permettre à des gens qui voudrait s’autopublier de le faire. Surtout qu’on reçoit les manuscrits qu’on refuse donc je vois arriver la matière, je la refuse, j’ai des services que je peux offrir donc on s’est dit pourquoi on lance pas une plateforme d’autoédition et pus voilà comment c’est né tout simplement. Mais ça a pu choquer certains qu’un éditeur se lance dans l’autoédition pare qu’en fait c’est l’antithèse de mon métier. Mais c’est pas l’éditeur Slatkine qui a lancé la plateforme d’autoédition c’est l’imprimeur Slatkine et il faut pas confondre ces deux entités parce qu’il est clair que moi comme éditeur je continue à faire une sélection des manuscrits alors que dans l’autoédition, à part ce qui est impubliable pour des questions éthiques ou ce genre de choses, on publie tout. Donc y’a aucune sélection, y’a pas de tri éditorial, ya pas de travail éditorial. Donc c’était simplement ce constat et puis, ça semble répondre à une demande puisque de nombreuses personnes s’adressent à nous aujourd’hui pour s’autopublier.

L.P. : Et à quel point la plateforme ISCA est liée à Slatkine au niveau contractuel ou légal ?

I.S. : Alors, Slatkine c’est une société anonyme, donc l’activité ISCA est pour le moment dans la société Slatkine reprints [la société-mère], c’est une marque qu’on a développé mais le seul lien est un lien capitalistique, c’est-à-dire que ça fait partie d’une entité mais quand on s’autopublie chez ISCA on a rien à voir avec Slatkine. C’est vraiment deux choses complètement séparées. On ne mélange pas les deux et on ne veut surtout pas qu’on mélange car si on commence à dire qu’un éditeur fait de l’autoédition, là on y comprend plus rien. Il faut bien garder la ligne, il y a Slatkine qui est un éditeur et puis ISCA qui est une maison d’autoédition.

L.P. : Je voulais savoir aussi si dans les livres qui sont édités à travers ISCA si on peut voir quelque part qu’ils ont été autoédité. Est-ce qu’ils ont un numéro ISBN par exemple ?

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64 I.S. : Alors non, chez ISCA y’a un numéro ISBN, la seule différence c’est que ISCA c’est une marque comme une autre d’autoédition et quand on est publié chez ISCA, on sait que c’est de l’autoédition.

L.P. : D’accord, et par rapport au compte d’auteur ; comment est-ce qu’un lecteur peut savoir qu’un livre a été publié à compte d’auteur ?

I.S. : Alors, le lecteur ne peut pas le savoir. Un livre publié à compte d’auteur chez Slatkine, à part l’auteur et Slatkine, personne ne peut savoir que c’est publié à compte d’auteur. Par contre, un livre publié chez ISCA on sait que c’est une autopublication.

L.P. : Est-ce que vous avez déjà édité un auteur qui s’était déjà autopublié chez ISCA de façon traditionnelle.

I.S. : Oui, on l’a fait une fois parce qu’en fait quand on a reçu le manuscrit on l’a trouvé bon, on était prêt à la publier mais il y avait une urgence de la part de l’auteur qui le voulait tout de suite. Donc, on lui a dit « Autopubliez-vous chez ISCA et puis, nous, on vous publiera mais ultérieurement chez Slatkine ».

L.P. : Et est-ce que du coup ISCA ça vous permet de garder un œil sur ce qui se vend bien ?

I.S. : Alors, écoutez, ça j’ai pas le droit de le dire, enfin, ça je pouvais pas le mettre dans des dispositions contractuelles. Au début on y avait pensé, c’est-à-dire qu’il y aurait eu un droit de préférence si le titre marchait, de le prendre chez Slatkine mais ça on peut pas, le droit de la concurrence nous l’interdit. Mais évidemment qu’en étant le gérant de ISCA ça me permet d’avoir un œil sur les ventes des auteurs qui s’autopublient chez ISCA et s’il se passe quelque chose avec un de ces auteurs, on peut imaginer que je vais être plus rapide que les autres éditeurs à le voir.

L.P. : Oui, effectivement. Et quand vous vendez un livre de façon traditionnelle, s’il marche bien, ça veut dire que vous l’avez vendu à combien d’exemplaires ?

I.S. : En Suisse romande, un livre qui se vend à 500 exemplaires est un succès sur le marché romand. En France, un livre qui se vend à plus de 2000 exemplaires est un

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65 succès sur le marché français. Maintenant on est sur des chiffres qui sont très petits dans le milieu de l’édition.

L.P. : D’accord et pour ISCA est-ce que vous avez déjà eu des autoéditions qui ont aussi bien marché ?

I.S. : Alors, pour le moment, moi je n’ai pas de chiffes ISCA mais il y a des auteurs qui en sont à plusieurs centaines d’exemplaires imprimés mais là il est trop tôt. J’ai pas encore un cas parce que pour l’instant, on a fait une grosse vingtaine d’autopublications chez ISCA et pour le moment j’en ai pas vu une décoller mais on verra.

L.P. : Et vous avez lancé ISCA en quelle année ?

I.S. : En mars 2020, c’est tout frais, ça a neuf mois. Mais pour le moment [à cause de la situation sanitaire] on a pas vraiment pu faire de promotion.

L.P. : Et est-ce que vous connaissez d’autres plateformes d’autoédition suisse romande ?

I.S. : Non. On est la première plateforme d’autoédition en Suisse romande.

L.P : Est-ce que vous savez comment les livres autoédités sont accueillis par le public ?

I.S. : Au niveau de la presse, ils sont mal accueillis parce que y’a une connotation négative. C’est tu t’autopublies parce que t’as pas réussi à te faire publier mais ça, à mon avis, c’est une vision un peu passéiste parce que comme je vous l’expliquais aujourd’hui y’a des auteurs qui ont plus envie de se dire, je vais envoyer mon manuscrit à 15 maisons d’édition, je vais attendre six mois qu’on me réponde et puis après on va encore me dire que je dois couper un tiers … Donc, je pense qu’il faut qu’il y ait un changement de mentalité mais il va prendre un peu de temps parce qu’évidemment qu’aujourd’hui, on va acheter un livre normalement dans une librairie, qui est recommandé par un libraire qui a fait une sélection sur la base d’une présentation de

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66 livre édité par des éditeurs. Donc, c’est difficile pour un autoédité d’aller se pointer dans une librairie puis de dire « Prenez mon livre, il est formidable » mais je pense que les mentalités changent et dans le public, chez les lecteurs, les gens savent pas quelle est la différence entre un autoédité, un compte d’auteur et un ouvrage édité à compte d’éditeur et ils voient pas la différence du moment qu’ils le voient en librairie.

Mais dans la presse, au niveau des médias, là y’a encore un énorme travail à faire et puis moi je pense que l’autoédition a un grand avenir parce que les gens ont besoin d’écrire, ils veulent garder une trace de leurs écrits à quelques exemplaires et l’autoédition est possible grâce aux progrès technologiques, grâce à la print on demand (POD) qui fait qu’aujourd’hui on peut s’autoéditer puis faire cinq, dix, vingt livres. On peut vraiment limiter la quantité, ne pas avoir de stock et réimprimer en fonction de la demande. Donc, je pense que c’st un peu l’avenir d’une forme, entre guillemets, d’édition, car ce n’est pas de l’édition et l’enjeu aujourd’hui c’est de savoir comment on peut valoriser ces livres dans les librairies parce que quand on s’autoédite on doit s’autopromouvoir et là ça devient un petit peu plus complexe. Donc, là il y a quelque chose qui doit évoluer mais je pense que globalement l’autoédition est mal vue au niveau des journalistes mais je pense que dans le public, ils font pas vraiment la différence, c’est une marque qui diffère.

L.P. : D’accord. Et encore une dernière question ; je me permets de revenir sur les comptes d’auteur, est-ce que vous en faites beaucoup ?

I.S. : Non. De moins en moins. On en a fait plus par le passé, on en fait encore un peu dans le domaine de la poésie. Et, puis il peut arriver, lorsqu’on reçoit un manuscrit qui s’insère bien dans une collection, qui est de qualité mais pour lequel on a un doute pour la rentabilité du livre, qu’on le fasse et qu’on le publie à compte d’auteur mais c’est de plus en plus rare. Et aujourd’hui, le but c’est vraiment de pouvoir avoir au sein des éditions, des comptes d’éditeur uniquement et tout ce qui est compte d’auteur que ça bascule chez ISCA.

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