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Peuplement et évolution de la population de la cote d’ivoire pp. 94-104.

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ALLOU Manizan (2014). Peuplement et évolution de la population de la Côte d’Ivoire.

Rev. hist. archéol. afr., GODO GODO, N° 24 - 2014

PEUPLEMENT ET EVOLUTION DE LA POPULATION

DE LA COTE D’IVOIRE

Dr. ALLOU Manizan Chercheur au CRAU Université Félix Houphouet Boigny

Cel : 05.23.29.92, [email protected]

RÉSUMÉ

Le peuplement de la Côte d’Ivoire un est processus ancien et récent. L’immigration massive et continue des populations a non seulement modifié la carte localisation des ethnies, mais elle a aussi contribué à accroître l’effectif de la population ivoirienne. Estimé à 1.520.000 habitants en 1920, L’effectif de la population ivoirienne s’élevait à 24 millions en 2014. Conscient de l’enjeu que représente le facteur population dans le développement, le gouvernement ivoirienne a adopté en mars 1997, une Politique Nationale de Population dont le but est de contribuer à améliorer les conditions de vie des populations et la qualité des ressources humaines.

Mots-clés : Peuplement – Ethnie - Immigration - Evolution de la population - Gestion de la population

SUMMARY

Côte d’Ivoire populating is an old and recent process. The massive and continuous immigration of the populations not only modified the mapping of ethnic groups, but it also contributed to increase the size of its population. Estimated at 1.520.000 inhabitants in 1920, the size of the Cote d’Ivoire’s population amounted to 23 millions in 2013. Aware of the stake that that population represents in the development, the Ivorian government adopted in March, 1997, a National Population Policy which the purpose is to improve the living conditions of the populations and the quality of the human resources.

Key words: Populating (settlement) - Ethnic group - Immigration - Evolution of the popu- lation - Management of the population

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ALLOU Manizan (2014) Peuplement et évolution de la population de la Côte d’Ivoire.

95 INTRODUCTION

Le peuplement de la Côte d’Ivoire est un processus ancien et relativement récent.

Ancien, parce qu’il remonte dans le temps et récent, car il date de peu et se poursuit de nos jours.

Ce phénomène est pour l’essentiel, l’achèvement des convergences migratoires à la fin du 19ème siècle au moment de la ruée coloniale où, on a assisté à d’autres arrivées de populations africaines, françaises et syro-libanaises.

L’arrivée de toutes ces populations a modifié la carte de peuplement de la côte d’Ivoire. L’installation relativement tardive de ces populations sur le territoire de la Côte d’Ivoire, fait croire qu’en côte d’ivoire, tout le monde est venu d’ailleurs.

La Côte d’Ivoire serait-elle une terre vierge d’hommes avant la mise en place effective des peuples ?

En d’autres termes, il s’agit de montrer la dynamique de la population ivoirienne qui, estimée à 1 540 000 habitants en 1920, s’élève à 24 millions en 2014.

OBJET DE L’ÉTUDE

En remontant dans l’Histoire et en puisant dans la Démographie, la Géographie et dans les autres sciences, nous allons montrer le caractère ancien et récent du peuplement, l’évolution et la redistribution de la population dans l’espace.

Cette approche pluridisciplinaire nous permet de laisser transparaître la modifi- cation du peuplement par la population et vice versa.

PROBLÉMATIQUE

Bien qu’elle ait été une terre de convergences migratoires pendant des siècles, le territoire de la Côte d’Ivoire n’a pas connu une augmentation véritable de sa popu- lation. L’administration et l’exploitation de la colonie de la Côte d’Ivoire a révélé une population ivoirienne moins importante que celle des colonies du Mali et surtout de la Haute Volta, d’où sont pourtant partis, les déplacements des populations vers la Côte d’Ivoire.

Comment peut-on expliquer ce « paradoxe démographique » ? Notre étude s’articule autour des points suivants :

- L’existence des premiers habitants ; - La mise en place des peuples ;

- L’évolution de et la gestion de la population ivoirienne.

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I. GENESE DU PEUPLEMENT I.1 Les premiers habitants

Les travaux des spécialistes de l’histoire, de la démographie historique, de l’archéo- logie et de la tradition orale, ont attesté de l’existence ancienne du territoire actuel de la Côte d’Ivoire qui remonterait au néolithique.

Les travaux des Chercheurs comme Gilbert GONNIN, René Kouamé ALLOU Côte d’Ivoire : Les premiers habitants et de Jean Noel LOUKOU, Histoire de la Côte d’Ivoire T.1 La formation des peuples et autres, prouvent bien « l’autochtonie démo- graphique » du territoire ivoirien.

Les premiers habitants de la Côte d’Ivoire constituent de nos jours, des groupes minoritaires ou résiduels au milieu de populations. On peut citer parmi ces premiers habitants, les Agoua, les Ehotilé les Kotrowou, les Zéhiri, les Ega etc. selon les chercheurs ivoiriens.

Ce peuplement ancien concerne aussi les Gagous, les Sénoufos et bien d’autres.

La preuve de l’existence des premiers habitants sur le territoire ivoirien « balaie » l’assertion de la « virginité du territoire » ivoirien avant la mise en place des peuples.

A ces premiers habitants, sont venues s’ajouter dans le temps, du XIIème au XIX ème siècle, des séries ou vagues successives de populations des régions voisines à la recherche de produits commerciaux, de nouvelles terres ou fuyant les conflits dynastiques, les guerres, la traite négrière, ou à la recherche de sécurité, de refuge et de cachette.

I.2 La convergence des vagues migratoires

Simon Pierre EKANZA, Professeur titulaire en Histoire, situe clairement le sens de ces différentes migrations vers la Côte d’Ivoire.

« Avec le XVème siècle, s’ouvre une ère de migrations qui ont toutes, pour point de convergence le territoire ivoirien actuel…outre le nord, l’ouest et l’est, le centre et le sud du pays sont également l’objet d’invasions successives de plusieurs groupes de populations, tout au long des siècles suivants1.

La première vague de migration concerne les Mandé. Partis du déclin de l’empire du Mali et à la recherche d’opportunités économiques, les Mandé repoussent les Senoufos déjà installés vers le Sud. Les Dan ou Yacouba, les Gouro et Toura constituent les principaux peuples de ce groupe. Les mandé du Nord ou Manding sont constitués de Malinké venus du Mali et installés dans le Nord-Ouest. Quant aux Dioula, ils se sont plus installés à l’Est.

1 Simon Pierre EKANZA (2006), Côte d’Ivoire : terre de convergences et d’accueil (XV-XIX siècle), Histoire de la Côte d’Ivoire, CERAP, Abidjan, p. 11.

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Le groupe Voltaique ou Gur venus de la Haute Volta, est constitué de Senoufos déjà installés au Nord du territoire ivoirien, de Koulango au Nord-Est. Ces anciens ont vu leur territore empiété par l’arrivée des Lobi, établis dans l’extrême Nord-Est.

Les Tagbana et les Djimini appartiennent à ce groupe

Le groupe Krou, venu du Libéria, s’installe progressivement dans le Sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Il est composé d’une quinzaine d’ethnies dont les principales sont les Bété, les Bakwé, les Dida, les Godié, les Krou et les Wê

La mise en place du groupe Krou serait plus ancienne que les Akan

Les Akan, venus du Ghana comprennent les Agni et les Baoulé qui s’installent à l’Est et au Centre-Est pendant que les Abron s’établissent dans la région de Bon- doukou.

Quant au sous-groupe lagunaire (ébrié,adjoukrou, alladjan etc.), ils s’installent dans la partie Sud.

Les grands mouvements de populations ont entrainé l’émergence et la formation d’aires culturelles.

« C’est aux XVII et XVIII siècles que les mouvements les plus importants verront le jour. A la fin de cette période, à la suite des flux continus d’immigration, les grandes aires culturelles sont quasiment constituées » 2.

Devenue colonie française le 10 mars 1893, le territoire de la côte d’ivoire va connaître l’administration et l’exploitation à travers la construction du chemin de fer, des routes et la réalisation d’autres grands travaux, lesquels ont nécessité l’achemi- nement de nouveaux courants migratoires en provenance de l’étranger dictés par le besoin en main d’œuvre.

En plus de la main d’œuvre africaine, on a aussi enregistré l’immigration de travail- leurs peu qualifiés venus de la Syrie et du Liban, et qualifiés, originaires de la France.

Ce « peuplement colonial » à caractère organisé et discipliné contrairement à celui d’avant la colonisation, a contribué à accroitre l’effectif de la population ivoirienne selon le mémorial de la Côte d’Ivoire tom 1, p.83.

« Dans cette manière, 683.000 Voltaïques ont été acheminés sur la Côte d’Ivoire entre 1933 et 1959 dont 420.000 entre 1933 et 1946 »3

A l’indépendance, la vision du Gouvernement en matière de développement a conduit à une liberté migratoire sans précédant en Afrique. L’ouverture de la Côte sur l’extérieur a permis le déplacement d’ « individus isolés qui immigrent parfois même avec leur famille. ...Ces changement de type de migration a une importance capitale dans la mesure où nombre de ces nouveaux venus vont se fixer sur le territoire ivoi- rien, ce qui n’était pas le cas des anciens immigrants »4

2 Mémorial de la Côte d’Ivoire, T.1, p. 83.

3 Recensement Général de la Population et de l’Habitation, RGPH-19998 Analyse des Résultats tome 2 : Migration p. 19.

4 Population de la Côte d’Ivoire. Analyse des Données Démographique disponibles. p. 51.

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L’apport migratoire tout comme l’accroissement naturel élevé, constitue une des caractéristiques d’une population ivoirienne très soutenue.

I.3 Impact démographique du peuplement.

1.3 La localisation des ethnies

L’arrivée massive des populations des régions voisines vers le territoire de la Côte d’Ivoire, a engendré une multitude d’ethnie.

Les différentes vagues ont permis de mettre en présence environ soixante dix ethnies, qu’on peut regrouper en quatre grands groupes, selon des critères linguis- tiques. (voir carte n°1 de peuplement).

Carte de Peuplement de la Côte d’Ivoire

Source : Carte de peuplement de la Côte d’Ivoire citée par l’analyse des données démographiques à la page 51

Ces grandes aires ethno-culturelles se retrouvent dans les pays limitrophes d’où les populations sont venues et ainsi que dans d’autres pays de la sous-région ouest- africaine.

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99 I.4 Immigration et peuplement

La politique de développement élaborée par le colonisateur qui induit une forte immigration, a été poursuivie par les autorités ivoiriennes et s’est même amplifiée.

Selon Georges TAPINOS, « le modèle de développement de l’économie de plantation, fondé sur l’exploitation des ressources naturelles… a constitué l’élément déterminant de la dynamique du peuplement et de la dynamique migratoire en Côte d’Ivoire »¹

La véritable preuve de l’immigration transformée en peuplement, est celle de la communauté Syro-libanaise vivant en Côte d’Ivoire. Entamée au début du XXème siècle vers l’Afrique de l’Ouest, l’émigration massive de cette population en terre ivoirienne, a commencé au début des années 1930. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire compte sur son sol plus de 100.000 Libanais.

Cet établissement de la population étrangère a largement contribué à la dynamique démographique en Côte d’Ivoire.

II- EVOLUTION DE LA POPULATION IVOIRIENNE

II.1 Effectif de la population ivoirienne et rythme de croissance

En 1921, le premier recensement détaillé sous l’ère coloniale « Malgré des erreurs qui peuvent aller jusqu’à plus ou moins 25% dans certaines régions, ce premier grand recensement estime la population à 1.545.680 habitants » selon Mémorial de la Côte d’Ivoire, tom 2, P.228

La population par sexe laisse entrevoir 47,94% de femmes contre 52,06%

d’hommes.

« Les non-Ivoiriens constituent encore une très faible minorité (0,02% de la population totale selon le Mémorial1.

Au début des années 1930, selon NININE J, la population ivoirienne était estimée à 1.811.400 habitants contre 3.039.100 de Voltaïques (actuel Burkinabè).2

Nous pensons que le « paradoxe démographique » précolonial de la Côte d’Ivoire pourrait s’expliquer par le fait que le territoire ivoirien était certes un lieu de conver- gences migratoires, mais aussi de transit des populations.

En 1955, la population ivoirienne était estimée à 3.055.00 habitants, soit un doublement en l’espace de 35 ans.

A l’indépendance, la croissance démographique s’est accentuée plus sous l’effet conjugué de la baisse de la mortalité (12,3%° en 1988, 13,9%° en 1998) et du maintien de la fécondité toujours élevée (7,4 enfants par femme en 1975-1980 et 5,2 en1998) et d’un apport migratoire considérable en provenance des pays voisins.

Ainsi, au premier Recensement Général de la Population de 1975, on a dénombré 6.709.000 habitants dont 22% d’étrangers, soit le deuxième doublement en 20 ans.

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En 1990, on a estimé à 12 millions d’habitants, soit le troisième doublement en l’espace de 15 ans.

Les résultats des Recensements Généraux de la Population et de l’Habitation de 1988 et 1998, indiquent respectivement que la Côte d’Ivoire compte 10.815.694 habitants et 15.366.672 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 3,3% contre 3,8 sur la période 1975-1988 et 2,6% sur celle de 1998-2006.

Ce taux quoiqu’en baisse, demeure toujours élevé par rapport à la moyenne africaine de 2,3%.

A ce rythme de 3,3% de croissance, la population ivoirienne doublerait son effectif en 21ans et atteindrai 27millions d’habitants en 2018.

II.2 Evolution de la population ivoirienne par groupes ethniques

L’analyse de la population par grands groupes ethniques montre que le groupe Akan occupe la première place avec environ 42% de la population de nationalité ivoirienne de 1975 en 1998. Le groupe Gur ou Voltaïque vient en deuxième position avec 15,4% en 1975, 16,3% en 1988 et 17,6% en 1998.

Les Mandé du sud et du no10% représentent respectivement 12% et 13,6% en 1975, 10,7% et 15,9% en 1988, 10% et 16,5% en 1998.

Quant au groupe Krou, il représente 15,9% en 1975, 14,6% en 1988 et 12,7%

en 1998.

« A ces groupes s’ajoutent les Naturalisés et les non Déclarés»¹ qui n’ont pas fourni d’informations exactes sur leur appartenance ethnie.

La dynamique démographique influe sur la densité par le biais de la distribution de la population dans l’espace.

II.3.1 Dynamique de la densité de la population

Sous l’influence de l’évolution de la population, le nombre d’habitants au kilomètre carré connaît une progression spectaculaire.

De 5 habitants au km2 en 1920, la densité a enregistré une forte progression : 21 habitants au km2 en 1975, 34 en 1988, 48 en 1998. Les projections démographiques laissent entrevoir une densité de 84 habitants au km2 en 2018.

Les densités de population varient d’une région à une autre : 273 habitants./km2 dans la région des lagunes, 72 dans le Haut Sassandra, 64 dans le N’Zi Comoé et 11 dans le Denguélé. (Pour rappel, nous avons utilisé les données du RGPH de 1998).

On enregistre un déséquilibre très prononcé entre la zone de savane et la forêt en matière de distribution spatiale de la population.

Comment peut-on expliquer ce dualisme spatial ?

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101 II.3.2 Inégale répartition de la population dans l’espace.

De par ses potentialités agricoles, économiques, industrielles et portuaires etc., le sud- forestier attire plus les migrants internes des savanes du Centre et du Nord de la Côte d’Ivoire et les « immigrés économiques »des pays limitrophes.

La forêt, lieu d’intenses activités économiques, portuaires industrielles et agricoles, occupe moins de 47% du territoire, mais concentre plus de 78% de la population, alors que la savane qui est plus vaste avec 53% du territoire, accueille seulement 22% de la population.

Onze (11) des dix-neuf (19) régions qui ont leurs densités de population supé- rieures à la moyenne nationale (48) habitants au km2, sont toutes situées dans la zone forestière à l’exception de celle de la région des lacs.

II.3.3 Un espace de plus en plus urbanisé

La population ivoirienne tend de plus en plus à s’urbaniser. Cette urbanisation accélérée, « sauvage » selon certaine littérature, est l’effet conjugué d’un accrois- sement naturel des populations urbaines et d’apports migratoires à la fois internes et internationaux en direction des villes. Cette urbanisation « démographique et sociologique » selon certains experts, « bouffe » l’espace pour s’étendre au hasard des nouveaux venus.

Cette urbanisation de la population ivoirienne constitue un des caractères du peuplement.

En effet, la promotion de la population urbaine est passée de 15% en 1958, à 32%

en 1975, puis à 39% en 1988, 43% en 1998 pour atteindre 57% en 2018.

En 1998, on a dénombré 127 villes dont 8 de plus de 100.000 habitants contre 2 en 1975 et 5 en 1988.

La diversité ethnique déjà évoquée, constitue aussi un des caractères du peuplement.

III GESTION DE LA POPULATION

III.1 Adoption de la Politique Nationale de la Population (PNP)

Conscient que la population constitue un atout majeur en matière de force de travail et de production, de marché de consommation, de créativité, d’innovation et d’énormes possibilités à valoriser pour le développement, le Gouvernement a, en mars 1997, adopté une Politique Nationale de Population (PNP) dont le but est l’amélioration du niveau de vie et du bien-être des populations dans la perspective d’un développement humain durable.

Il s’agit entre autres, de maîtriser la croissance naturelle de la population et de gérer les mouvements migratoires internes et internationaux.

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III.2 La maîtrise de la croissance naturelle de la population

La PNP insiste sur la nécessité d’infléchir le niveau de fécondité, dé réduire de moitié la morbidité, la mortalité maternelle, infantile et générale d’ici 2015, de réduire l’expansion des IST et de l’épidémie du VIH SIDA.

La maîtrise de la fécondité passe nécessairement par la scolarisation de la jeune fille et l’alphabétisation de la femme. Plus le niveau d’instruction de la femme est élevé, moins sa fécondité a tendance à baisser.

« Les femmes instruites ont moins d’enfants que celles qui sont sans instruction (2,7 pour celles qui ont un niveau secondaire contre 5,3 pour celles sans instruction).

Par ailleurs, le statut socio-économique du ménage influence le niveau de la fécondité (6,1 enfants parmi les femmes des ménages les plus pauvres contre 3,2 parmi celles des ménages les plus riches ») selon l’EIS de 2005.

L’autonomisation financière de femme peut non seulement lui assurer la confiance en soi, l’émancipation, la « civilité », mais aussi la réduction de la fécondité qui est aussi influencée par l’urbanisation. Selon l’EIS de 2005, « le niveau de fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural 3,6 contre 5,5 »

Ainsi, sous l’effet de la scolarisation des jeunes filles, de l’urbanisation, de l’amélioration des conditions de vie des femmes, on assista à l’accélération de la transition démographique.

III.3 La maitrise des mouvements migratoires internes et internationaux

III.3.1 Maitrise des mouvements internes

Face aux énormes pressions exercées par les migrants internes sur la faune, la flore, les plans d’eau, les logements, les secteurs sociaux, etc, et engrangeant des tensions entre autochtones et allogènes, le gouvernement a pris des mesures (loi de 1998 sur le foncier rural), est un début de réponse à cette énorme problématique.

La construction des barrages hydro-électriques, des complexes sucriers d’alors, du port de San-Pedro, le transfert de la capitale politique du sud au centre du pays, la politique de régionalisation et de décentralisation etc., permettent un rééquilibrage économique et favorisent une meilleure redistribution de la population sur le territoire.

III.3.2 Maitrise des mouvements internationaux

En ce qui concerne les mouvements migratoires internationaux à travers lesquels s’accomplit le peuplement, le problème n’est pas aussi simple.

En effet, le peuplement revêt un caractère récent et le territoire de la Côte d’Ivoire a été et demeure une terre d’hospitalité et d’accueil favorisé par sa politique de

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libéralisme économique et l’ouverture sur l’extérieur, faisant d’elle, le premier pays d’immigration en Afrique et fait partie des vingt premiers pays d’Immigration au monde.

D’autre part, les grands groupes ethniques qui englobent les soixante dix ethnies en Côte d’Ivoire, s’étendent au-delà du territoire et se retrouvent dans plusieurs pays de la sous-région ouest- africaine, ce qui facilite un éventuel peuplement vers la Côte d’Ivoire et vice-versa.

CONCLUSION

Terre d’accueil et de carrefour des peuplements, la Côte d’Ivoire apparaît comme une unicité dans sans mosaïque ethnique. L’acceptation de l’altérité en tant qu’entité

« différente » par le biais du peuplement, constitue le fondement de la politique de formation et d’intégration de la nation ivoirienne.

Respectueuse de la libre circulation des biens et des personnes et de la mondia- lisation de l’économie, la Côte d’Ivoire ne saurait fermer ses frontières à ses voisins qui ont, au moyen de « la migration-peuplement », contribué à sa dynamique démo- graphique et à ses performances socio-économiqueques.

Cependant, pour une meilleure gestion du phénomène migratoire, il serait sou- haitable de promouvoir le co-développement.

BIBLIOGRAPHIE

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