HAL Id: jpa-00230658
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Submitted on 1 Jan 1990
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DE L’ÉVOLUTION DE LA FATIGUE AUDITIVE ET DE LA SURDITÉ EN MILIEU INDUSTRIEL
BRUYANT
J. Duclos, Catherine-Marie Dubreuil, A. Chaurand, P. Quelin, A. Bergeret
To cite this version:
J. Duclos, Catherine-Marie Dubreuil, A. Chaurand, P. Quelin, A. Bergeret. DE L’ÉVOLUTION DE
LA FATIGUE AUDITIVE ET DE LA SURDITÉ EN MILIEU INDUSTRIEL BRUYANT. Journal
de Physique Colloques, 1990, 51 (C2), pp.C2-159-C2-162. �10.1051/jphyscol:1990238�. �jpa-00230658�
ler Congrès Français d'Acoustique 1990
DE
L'BVOLUTION
DE LA FATIGUE AUDITIVE ET DE LA S U R D I T ~ EN MILIEU INDUSTRIEL BRUYANTJ.C. DUCLOS, C. DUBREUIL*, A. CHAURAND**, P. QUELIN e t - A . BERGERET Institut Universitaire de Médecine du Travail de Lyon, 8 Avenue Rockefeller, F-69373 Lyon Cedex 08, France
Service O.R.L., Hôpital Jules Courmont, F-69310 Pierre Benite, France '"Institut d'Audiophonologie, Faculté de Médecine, F-25000 Besançon, France
Résumé - Deux enquêtes ont é t é réalisées dans une même entreprise e n 1975 e t 1987, dans l e but d'apprécier I'évolutivité de l a surdité professionnelle e t les variations de la fatigue auditive.
Il y a peu d'évolution de l a surdité e n t r e les deux examens. Plus l a surdité é t a i t importante au début, plus faible est la fatigue e t moins l'audition a baissé lors du deuxième examen.
Abstract - Two studies have been conducted in a factory in 1975 and 1987. The purpose of these studies was t o evaluate t h e evolution of hearing impairment caused by noise and variations of auditory fatigue.
The r a t e of deterioration of hearing loss in moderate between the two examinations. Auditory fatigue and hearing deterioration a r e moderate on t h e second examination when hearing loss was important on the first examination.
A de fortes intensités telles qu'on les rencontre en milieu industriel, l e bruit entraîne deux e f f e t s sur l a fonction auditive : un déficit temporaire e t réversible d e l'audition : l a fatigue auditive, e t un déficit permanent e t irréversible : l a surdité professionnelle. Ainsi, à une même cause, le bruit, correspondent deux e f f e t s distincts. Pour des exposition sonores identiques, l'importance d e l a fatigue ou de l a surdité varie d'un individu à l'autre. Ces différences entre deux sujets témoignent de l'existence d'une susceptibilité individuelle au bruit. Les relations existant entre fatigue, surdité, e t susceptibilité, ont f a i t I'objet d e recherches depuis plusieurs années e t soulèvent les problèmes suivants :
peut-on utiliser la fatigue pour apprécier l a susceptibilité d'un sujet ? -connaissant la fatigue, peut-on prévoir la surdité ?
C'est l'objet de c e t t e étude réalisée dans une entreprise de la région lyonnaise, à 12 ans d'intervalle, dont l e but est d'étudier l'évolutivité d e la surdité professionnelle, les variations d e la fatigue auditive e t si l'on peut, à partir d e c e t t e dernière, prévoir I'évolutivité de l a surdité.
La première enquête a é t é réalisée en 1975 où 38 sujets avaient é t é examinés. La seconde enquête a é t é réalisée en 1987 e t n'a porté que sur un échantillon d e 24 sujets dont 10 venaient d e quitter l'entreprise e t leur dossier n'a pu faire l'objet de la comparaison d e l a fatigue au temps 2. En effet, compte-tenu des impératifs du monde industriel, d e nombreux sujets étaient partis en r e t r a i t e ou pré- retraite. Les deux enquêtes ont respecté les mêmes impératifs d e relevés audiométriques. Avant de rappeler les résultats d e l a première étude, qui sont d'ailleurs confirmés par ceux de l a seconde, nous rappelons que nous utilisons deux types d e t e s t s statistiques : la méthode d e comparaison statistique des moyennes par l e Test d e Student e t l a méthode des couples. Différentes moyennes ont é t é effectuées sur tous les sujets, sur toutes les fréquences, suivant l'âge, suivant l e temps d e travail dans le bruit, suivant l'ancienneté professionnelle, suivant les protecteurs, suivant l e type de bruit.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphyscol:1990238
COLLOQUE DE PHYSIQUE
De l'étude d e 1975, nous rappellerons que l a fatigue auditive existe au bout d e 8 heures d e travail en ambiance sonore, que l'influence de c e t t e fatigue est d'autant moins grande que l e sujet a une surdité, que l a progression n'a pas une échelle logarithmique comme celle du décibel, que l'influence de l a durée d e travail dans l e bruit sur l a fatigue e s t peu importante e t qu'elle ne s'accumule pas dim jour à l'autre.
La seconde étude a permis de vérifier les résultats de l a première en étudiant l a fatigue au temps 2 par rapport à l a surdité. Les résultats ne sont pas différents de ceux cités précédemment mais elle a permis surtout d'étudier l'évolution d e l a surdité en 12 ans, l a relation qu'il y avait entre l'évolution d e l a surdité e t l a fatigue a u temps 1 e t l a relation qu'il existe entre l a fatigue a u temps 1 e t a u temps 2.
-
-- F1-S:
Fatigue temps 1125 250 500 1 K
?t(3K 4K
bK8K
---
ROYENNE
C.20 0.33 1.58 2.90 3.95 3.15 0.39 -0.20 0.46
---
VAR!ANCE
74.96 25.50 25.14 44.45 69.54 65.23 57.84 136.2c 58.12
--- -
ECAHT-T
5.91 5.06 5.30 7.03 8.10 8.08 7.61 11.67 7.62
--- -
ECART-R
0.68
0.580.61 0.81 0.93 0.93 0.87
1.340.87
---...---
YOMBRE
?h 76 76 7 6 76 7 6 76
767 6
L
s
SI
-
Surdité t e n i ~ s 1----
125 250 5CG
1 K2K 3 K 4
K6F 81
---
MOYENNE
22.11 13.62 14.67 28.5: 38.95 37.57 45.07 43.09 40.99
----l_---____--
VARIANCE
46.18 41.07 50.39 163.21 261.54 292.33 237.66 351.31 449.35
---
ECART-T
6.EC 6.41 7.13 12.78 16.!7 17.10 15.41 18.74 21.20
ECART-Q
C.?9 0.74 O.Ei 1.47 1.86 1.96 1.77 2 . 2.43
-.---
NOABRE 76 76
7676 76
--- ---
ç2 SurcÏité temps 2
---
125 25G 500
1 K2% 3K
4 K 6 :i Q Y---
PiOYENNE
21.15 13.85 28.75 23.13 36.98 49.27 56.4h
46.6749.58
---_--- ----
VARIANCE
67.28 56.64 88,83 166,62 371.21 254.24 164.55 362.06 444,59
_I-___
-
--_---
_- - -
l_-- - - - - - - -
-.- .- - - - -- -
_l_ECART-T 8 . 2 9
7.53 9.47 12,9i 19.78 15.95 12.84
1?.33 2 1 . 0 6___---L-_-
--
ECART-CI
i.:e 1.07 r-.36 1.86 2.55 2.30
1.85 ,, i - . . t - - c 3.04----a----
---
_-___-____LII- -
-- - ---
- .- Af4ORF*RE 4 8
48 48 48 48 48 48 4 8
4P-
I
2 76 76
F 2 - S2 F a t i g u e t e m p s 2
Moyenne Varlance I c a r t T
écart Q Nombre
125 4,29 58,73 7,66 1,45 28
250 2,14 35,98
6 1,13 28
500 1,61 42,69 6,53 1,23 28
1 K 1,79 35,58 5,97 1,13 28
2 K 0,18 32,37 5,69 1,08 28
3 K 0,54 33,96 5,83 1,10 28
4 K -0,18 26,82 5,18 0,98 28
6 K 0,36 44,31 6,66 1,26 28
8 K 0 90,74
9,53 1,80 28
MOYENNE VARIANCE ECART-T ECART-Q NSflBRE
125 0.21
ç- c? ? o
V , ? i
1.44 48
250 C.94 57.08 7,54 1,09 48
S2-S1 500 5.31 74.9C 8,65 1.25 48
Aggravation de la s u r d i t é 1K
-4.6?
100.43
•t A o 2
1 _ 1er
4E
2K - 2 . 7 1 151.02 12.29 1.77 48
3K 1 3 . 7 5 105.85 1 0 . 2 ? 1.49 48
4K 1 1 . 6 7 9 2 . 9 1 9.64 1.39 48
6K 4 . 5 8 244.5C 15.64 2 . 2 é 48
8K 10.00 199 r^
13.SS 2.0fi
48
. D e s résultats concernant l'évolutivité de la surdité sur 12 ans, nous r e t i e n d r o n s que la p e r t e auditive sur l e s basses fréquences n'a p a s v a r i é e en 12 ans ; p a r c o n t r e , elle s'est a g g r a v é e sur les h a u t e s fréquences mais de façon m o d é r é e puisque l'étude de l'écart S2 - SI m o n t r e , sur la fréquence 2000 Hz, que t r è s peu d'oreilles perdent en 12 ans (6 sur 28), différence non significative. P a r c o n t r e , sur la fréquence 4000 Hz, plus la p e r t e au d é p a r t est i m p o r t a n t e , plus grande s e r a la surdité 12 ans plus t a r d . Si l'on considère les classes de p e r t e au bout de 12 ans sur 2000 Hz + 4000 Hz
2
on p e u t dire que globalement il y a peu d'évolution de la surdité au cours d e s deux e x a m e n s . Ce sont les oreilles l e s moins sourdes (S à 2%) qui perdrons le plus 12 ans plus t a r d . Les a u t r e s f a c t e u r s n'ont pas d'influence sur ce laps de t e m p s .
. La deuxième interrogation é t a i t de connaître l e s relations qui pouvaient exister entre l'évolution de la surdité e t la fatigue auditive du départ. Grâce à l'étude en classes de p e r t e , on s'aperçoit que ce sont les oreilles dont la fatigue au t e m p s 1 é t a i t la plus faible qui s'aggravent le moins en 12 ans (1,25 dB pour la classe - 1 5 , 6 - pour 6,88 dB pour la classe -15,30-). D'après Tétude du coefficient de corrélation, il e x i s t e une r e l a t i o n positive e n t r e évolution d e la surdité e t fatigue auditive (R = 0,4) : plus la
fatigue est grande au d é p a r t , plus la p e r t e s e r a grande 12 ans plus t a r d , au c o n t r a i r e , plus la fatigue est faible au d é p a r t , moins la s u r d i t é s'est aggravée en 12 ans (S = 2% pour 4000 Hz). Mais nous ne pouvons pas é t a b l i r une équation exprimant la r e l a t i o n e n t r e c e s deux p a r a m è t r e s .
. Pour l e s 14 sujets concernés par l e s deux études sur la fatigue, nous pouvons étudier par le t e s t T l e s relations qui existent e n t r e la fatigue au t e m p s 1 e t la fatigue 12 ans plus t a r d . L'écart de fatigue est plus i m p o r t a n t en 1975 qu'en 1987. Les oreilles qui se fatiguent le plus au t e m p s 2 sont celles qui se sont le plus fatigué au t e m p s 1 (S à 1%). Les deux fatigues sont c o r r é l é e s . Plus la surdité e s t i m p o r t a n t e en 1975, plus la fatigue , plus l ' é c a r t de fatigue, sont faibles en 1987.
COLLOQUE DE PHYSIQUE
Nombre
1
.1
%d'OREILLES
q u i f a t i g u e n t en F i, F 2
En faisant une étude sur l e nombre d'oreilles qui fatiguent a u temps 1, au temps 2, ou qui ont une surdité qui s'aggrave, e t par fréquence, nous notons que les courbes s e superposent globalement à celles utilisant les valeurs des fréquences comme ordonnées. Nous notons que l a forme des courbes e s t différente pour l a fatigue a u temps 1 e t a u temps 2. Elles sont presque symétriques, l'écart d e fatigue est plus important a u temps 1 qu'au temps 2, ctest-à-dire quand l a surdité e s t moins importante. Le nombre d'oreilles fatiguées e s t plus important sur les hautes fréquences que sur les basses fréquences au temps 1;
par contre, c'est l'inverse qui s e produit au temps 2 où l e nombre d'oreilles qui s e fatiguent est plus important sur les basses fréquences que sur les hautes fréquences.
En conclusion, nous dirons que globalement plus l a surdité du sujet e s t importante au départ, plus faible sera s a fatigue e t moins son audition baissera a u bout de 12 ans. C e t t e relation e s t essentiellement valable pour l a fréquence 4000 Hz e t moins pour l a fréquence 2000 Hz. En effet, c e s deux fréquences n'ont pas l a même évolution vis-à-vis d e l a fatigue ou de la surdité 12 ans plus tard. L'écart de fatigue est plus important sur l e 2000 Hz que sur le 4000 Hz qui ne bouge pas ; par contre, l'écart d e p e r t e auditive e s t plus important e t s e fait sur l e 4000 Hz (1 octave plus haut) 12 ans après alors que le 2000 Hz ne bouge pas.
Bien que nous n'ayons pas pu établir une équation mathématique donnant avec précision l a valeur d e l a surdité au bout de 12 années, en fonction d e l a perte auditive du début, c e s résultats sont extrêmement intéressants si on les rapproche des nouvelles conceptions du fonctionnement cochléaire e t également si on tient compte du f a i t que l'atteinte auditive temporaire n'est pas aussi sélective en fréquences que n e l'est l a surdité p a r traumatisme sonore chronique. Le f a i t que tous l e s symptômes immédiatement détectables provoqués par l'action antérieure du bruit paraissent quasiment absents ne prouvent pas que, dans l'organe de l'audition, tout e s t revenu à l'état dit normal. Dans l e problème d e la lutte contre l e bruit, la zone de passage d e l a fatigue a u traumatisme est d'une importance capitale c a r elle définit l a limite absolue du bruit, aussi bien en fonction du niveau, que du temps qui ne devrait jamais ê t r e dépassé.