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BT n°159 - Le portage

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

159

Ecole Publique de Ga rçon s Rue dt l~ Mutualité , NANTES (L.-!oJ.

Collection de brochures hebdomadaires pour le travail libre des enfants

Documentation de G. FILLIEUX et H. DECHAMBE

Adaptation pédagogique des Commissions de l'Institut Coopératif de l'Ecole Moderne

L'imprimerie à l'Ecole Cannes (A.-M.)

22 Juin 1951

0 T

1) LE PORTAt:

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(2)

Dans la même collection:

1. Chariots et carrosses.

2. Diligences et malles-postes.

3. Derniers progrès.

4. Dans les Alpages.

5. Le village Kabyle.

6. Les anciennes mesures.

7. Les premiers chemins de fer en France.

8. A. Bergès et la houille blanche.

9. Les dunes de Gascogne.

1 O. La forêt.

11. La forêt landaise.

12. Le liège.

1 3. La chaux.

14. Vendanges en Languedoc.

15. La banane.

16. Histoire du papier.

17. Histoire du théâtre.

18. Les mines d'anthracite.

19. Histoire de l'urbanisme.

20. Histoire du costume populaire.

2 1 . La pierre de Tavel.

22. Histoire de l'écriture.

23. Histoire du livre.

24. Histoire du pain.

25. Les fortifications 26. Les abeilles.

27 Histoi.re de navigation.

28. Histoire de l'aviation.

29. Les débuts de l'auto.

30. Le ~el.

31. L'or.

32. La Hollande.

33. Le Zuyderzée.

34. Histoire de l'habitation. 35. Histoire de l'éclairage.

36. Histoire de l'automobile.

37. Les véhicules à moteur.

38. Ce que nous voyons au microscope.

39. Hi'.tClire de l'Ecole.

40. Histcire du chauffage.

41. Histc.ire des coutumes funéraires.

42. Histoire des Postes

43. Armoiries, emblèmes et médailles. 44. Histoire de la route.

45. Histoire des châteaux forts.

46. L'ostréiculture.

47. Histoire du chemin de fer.

48. Temples et églises.

49. Le temps.

50. La houille blanche.

51. La tourbe.

52. jeux d'enfants.

53. Le Souf Constantinois.

54. Le bois Protat.

55. La préhistoire (1).

56. A l'aube de l'histoire.

57. Une usine métallurgique en Lor- raine.

58. Histoire des maitres d'école.

59. La vie urbaine au moyen âge.

60 Histoire des coro"nn.er5 61. L'ile d'Ouessant 62. La taupe.

63. Histoire des boulangers.

64. L'histoire des armes de Jet.

65. Les coiffes de France.

66. Ogni, enfant esquimau.

67 La potasse.

68. Le commerce et l'industrie llU

moyen âge.

69. Grenoble.

70. Le palmier dattier.

7 1 . Le parachute.

72. La Brie, terre à blé.

7 3. Les battages.

74. Gauthier de Chartres.

75. Le chocolat.

76. Roquefort.

77. Café.

78. Enfdnce bourgeoi~e en 1789.

79. Béloti 80. L'ardoise.

81. Les arènes romaines.

82. La vie rurale au moyen âge.

83. Histoire des armes blanches.

84. Comment volent les avions.

85. La métallurgie.

86. Un village breton en 1895.

87. La poterie.

88. Les animaux du Zoo.

89. La côte picarde et sa plaine ma- ritime.

90. La vie d'une commune au temps de la Révolution de 1789.

91. Bachir, enfant nomade du Sahara.

92. Histoire des bains (1).

93. Noëls de France.

94. Azack.

95. En Poitou.

96. Goémons et goémonlers.

97. En Chalosse.

98. Un estuaire breton : la Rance.

99. C'est grand, la mer.

1 OO. L'Ecole Buissonnlàre.

101. Les bâtisseurs 1949.

102. Explorations souterraines.

103. Dam. les grottes.

(Voir suile page 3 de la couoerlure)

(3)

G. FILLIEUX et H. DECHAMBE

LE PORTAGE HUMAIN

Petites filles portant divers objets

LA MAIN

La main est, dit-on, le premier o uti l de l' homme. Il semble que c 'est auss i la première partie du corps qui s'est présentée quand il a fa llu sa isir un ob jet pour le transpor ter d' un 1 ieu à un

Enfant ! Si tu faisa is l a

1 - '

La fermière jette le grain aux volailles

autre.

lis te de tous les ob jets, ou- tils ou appare il s que tu peux prendre avec la ma in, e ll e serait fort longue, et pourtant ... que de choses tu aura is oubli ées ! ...

Le conten u de la main est la poignée. C'est par poignées que la ferm i ère jet te le grain aux volailles.

C'est aussi par po ignées q ue

le seme ur « jette la mo isson

future aux s illons» .

(4)

2 LE PORTAGE HUMAIN

La fermière porte une brassée de paille

LE BRAS

Ma is la main es t pe tite e t se ra it insuffi sante pour le t rans port de bien d es de nrées ; auss i est -il fac il e de lui adj o indre le pro l o ngement nature l qu 'est le bras.

La pe t ite fi ll e va cher- c he r une brassée d e bois

pour all ume r le f eu . La fe r- mi è re porte un e brassée d e fo in à ses chèvr es; une bras- sée d e paille pour la litiè re d es mo utons .

Ma is, a tte nti on ! q ue la b rassée so it à la mes ure d e ton bras, et n'oub li e pas le p rove rbe : « Qui t ro p em -

Elles ont chacune leur brassée

brasse ma l é tre int . »

(5)

Porteuse de « couarte »

LA T~TE

LE PORTAGE HUMAIN

3

Photo E. Vignes (Castets-des-Landes)

« Perrette, sur sa tête, ayant un pot au lait Bien posé sur un coussinet

Prétendait arriver sans encombre à la ville ... »

Ma is Pe rre tte n 'a pas inventé l' a rt d e porte r les obje ts sur la tê te. Ce procédé est unive rsel e t connu depui s la plu s haute a ntiquité.

Les femm es d e l' antique Grèce a ll a ie nt à la fonta in e porta nt sur la t ê te l e ur amphore.

Le ga rçon pâ ti ss i e r po rte a insi la boîte où il pl ace les gât eaux q u ' il va li vre r a ux cli e n ts.

En Afriqu e du nord, les fill e ttes portent s ur la tê te le pain ou le gâ t eau qu 'e lles vo nt faire c uire c hez le four - nier

(1

l ; les vie ill es femm es ·y portent le ur couffin et les nég resses d e la Guinée frança ise leur cale basse (vo ir B.T.

n° 120. page 23 ).

Da ns la forê t landa ise, les paysann es âgées po rte nt enco re s ur la t ê te la « coua rte » de rés ine qu' e lles vont vid e r dans la ba rriq ue.

( l) Fournier ; ouvrier qui tient un four oli il fait cuire le pain que lui apportent les clients. Pendant l'époque féodale, c'est le fournier qui tenait le four banal.

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4

i..Ë PÔRTACE HUMAIN

Le torion

LA T~TE ~ LE TORION

Le torion (en patois « toriou ») jouait sans doute le rôle du cous- sinet de Perrette .

Femme d'Ossau (Pyrénées) Dans les Pyrénées, le torion est remplacé par une couronne obtenue avec une serviette

C'était un simple petit coussin en forme de couronne de 20 à 25 cm. de diamètre extérieur et de 8 à 10 cm. de diamètre inté-

rieur. Bourré de laine ou de balle d'avoine, il servait presque unique-

préalablement roulée.

Paysanne corse

ment aux femmes. Très répandu autrefois, il est depuis une quin- za in e d'années en voie de dispari- tion . Il se mble s 'être localisé dans la campagne a utour de Riom et de Clermont-Ferrand.

Un jour de marché, tu aurais pu

voir sur toutes les routes conduisant à

la ville des dizaines de paysannes portant

fruits et légumes dans de grands paniers

d'osier, juc hés sur le ur tête, en équilibre

s ur le torion . Ainsi, e ll es avaient les

mains libres pour tricoter ou porter un

a utre panier a u bras.

(7)

LE PORTAGE HUMAIN . fi

L'ÉPAULE

L'épaule es t également·

une partie du corps qui convient bien au portage ; on y place sa::s d e grain , ba lle de farine ou d 'e ngrais, p ièces de bois ou de fe r, fagot s, lourdes caisses, etc.

En Normandie, la ser- vante all ant traire les va - ches au pâ turage, portait sur l' épaul e la cruche de cuivre : « la cane ». Une statue en bronze avait été é l evée à Saint-Lô en hommage à ce tte humble servante qu' on appelait « la triolette ».

En Afrique du nord, les femmes portent de la même façon leur couffin re mpli de denrées.

Autrefois, chaque com- mune ne possédait pas com- me aujourd'hu i de corb il- la rd. Le ce rc uei 1 du défunt é ta it a lors porté à l'épaule, et comme la d istance é t a it parfois l ongue du vill age à l' égli se et au c imetière, plu- s ieurs éq uipes de porteurs se re laya ie nt au co urs du traj et.

Algérienne : chargement complet, couffin sur l'épaule, poulet au bras

(Cliché Fournier)

(8)

6

LE PORTAGE HUMAIN

LE DOS

Le vigneron et son pulvérisateur

Ce jeune arabe des en- virons de Fez (photo ci - contre) n'a-t- il pas trouvé une façon originale de por-

ter son petit frèr e. Mais un procéd é ana logue est e m- ployé par les femmes nègres de la Guinée fran ça ise . qui vaquent à leurs occupations a vec leur bébé retenu au bas du dos par un pag ne . (Voir B.T. n° 1 20, pages 23 e t 24 .)

Le dos est aussi fré- quemment utilisé pour le portage.

Le fardeau, retenu gé- néralement aux épau les par des courroies, laisse aux bras leur entière 1 iberté de mouvement, ce qui est fort commode.

Le vigneron et l'horti- culteur porte nt au dos le pulvéri sateur. Le soldat, l'al - pinist e , le campeur, l'écolier parfoi s, ont aussi bien sou- vent sac au dos .

Enfant arabe portant son jeune frère

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LE PORTAGE HUMAIN

(Bois gravé d'Elist! Freinet)

LE DOS ET LE FRONT

Voyez sur le dessin ci-dessus comment ce tte paysann e des Alpes porte son g ros fa got d e foin.

Là, c' est tout à la fois le dos et le front qui font l' effort.

En Tunis ie, les fe mmes porte nt d' u ne façon sembl abl e leur a mphore remplie d'ea u.

Dans le sud algérien , les vie illes fe mmes pauvres qui vont au bois portent a ins i le ur lourd fa rdeau

7

(10)

8

LE PORTAGE HUMAIN

LA HANCHE ET LE BRAS

La c itrouill e es t lourde , la queu e est co urte e t diffi - c ile à sa isir , e lle g lisse de la m a in e t ri sque de casse r

~

il ne sera it guè re commode de la ma inten ir su r l'é pau le où e ll e rou le rait . Co mme tu le vois, cette je une paysa nne a résolu la diffi culté e t ne semb le pas e mba rrassée d e porte r le gros fruit app uyé sur la han che et ma inte nu par l e bras.

L a fe rmi è re emp lo ie sou -

ve nt l e même p rocédé pou r

porte r une bass ine de grain

o u de pomm es de terre.

(11)

LE PORTAGE HUMAIN

9

LES BRAS E T LE S CUISSES

R ega rde ce paysa n po r- t e r un fût, il le ma inti e nt, avec les ma ins, forte ment appuyé sur les c uisses. On peut a in si porte r s ur une courte di stance d e lourds fa rdeaux fûts, cai sses, blocs de bois ou d e pie rre.

C'es t sans doute d e cette fa çon qu ' un noble p oitevin dont la forc e é ta it légend a ire portait ses barriques à la c av e. En 180 4 , il ava it reçu c inq barriques de vin de Bor- d eau x (

1).

rare e t c her ce tte ann ée-là . Habitué à les d es- cendre seu l d ans un e cave

diffic il e, il refu sa toute a i- d e. e n fit écrase r qua tre e t e ut la sa ti sfac tion de me t-

tre e n pl ace l a c inqui è me, n e vo ul ant pas reconnaître qu 'avec l' âge . ses forces dé- clina ient .

Le je une e nfa nt est tout f ie r d 'ê tre po rté comme sur la photo ci -con t re e t de c ra mp o n ne r ses p e tit es m a ins a u front du porte ur.

N' es t ·-il pas a l o rs p lu s g rand q ue papa ou q ue gra nd- pè re?

( l) L;i bordelaise contient environ 228 litres.

(12)

iO

LE PORTAGE HUMAIN

LE CERCEAU

Si tu as essayé de porter deux seaux d 'eau , tu as cer- tainement cons ta té que ce la présente quelque s diffic ul- tés. Les seaux sont lourds, frappe nt souvent contre les jambes, l'eau jaillit et arrose les pi eds du porteur.

Avec le ce rcea u , la t â- c he es t bea ucoup plus fa c i- le. 11 ma intient les seaux écartés du corps e t les re nd solidaires l' un de l'autre ; ils ne fra ppe nt plus les ja mbes e t l'ea u ja illit bea u- coup moin s.

Le cercea u es t connu e n bi en des e ndroits : e n Poitou ,

en Auvergn e (Combra ill es), d ans l'Aveyron e t même en

Afrique du nord. Le cerceau, gé né ra le ment en bo is d e

châta i gni e r, es t par foi s remplacé pa r un cadre ca rr é form é

de qua tre liteaux. (Puy-d e-Dô me, Alli er) .

(13)

LE PORTAGE HUMAIN jJ

UN PERFECTIONNEMENT DU CERCEAU

au ba la nceme nt qui peut faire ja illir l'eau. Au ss i l'a p-

pare i 1 c i-contre sembl e- t- i 1 plu s pa rfait. Les sea ux sont

pa rfaite me nt immobilisés e t re ndus solidaires l' un d e

l'a utre comm e avec le cer- cea u. La c ha rge est encore re portée s ur l' épa ule pa r une cour roie, li bé rant les bras de to ute fati gue.

L'appareil ci-con- tre est plus pratique que le cerceau. Le poids des · seaux est reporté sur l'épaule grâce à une courroie, les bras n'ont plus qu'à maintenir l' é- quilibre du système.

C e p e nd a nt, le s

seaux fixés par un

seul point de l'anse

doivent être sujet s

(14)

12

LE PORTAGE HUMAIN

LE JOUG OU « JOUQUET »

Cet appareil est le même que celui utilisé a utrefois dans certa ines vill es par les porteurs d'eau (voir B.T. n° 19, page 18). En Normandie, il es t connu so us le nom de « jouquet » et sert pour tr ansporte r les seaux de lait que l'on vient de traire ou les seaux d'eau nécessaire à la ferme ou a ux animaux.

Dans le Massif Cen- tral (Puy-de-Dôme, Ali ier) son usage est fréquent et i 1 est conn u sous le nom de « Joug ». On le trouve

Porteuse de lait des environs de Murat

a uss i dans bien des pays d'Europe : en Hollande.

en Russie, en Pologne, en Allemagne, en Tchécoslovaqui e il sert à porter deux sortes de brocs de bois de 25 litres chacun . A la place des seaux, on peut accrocher des caisses ou autres coli s qui sont a ins i plus faciles à porter.

La partie centra le, évidée en dessous, épouse exacte- ment la forme des épaul es, l e cou passant dans un espace ménagé à cet effet. On peut rembo urrer la partie qui appuie sur les épau les.

Le jouquct

1

'I

!

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(15)

LE PORTAGE HUMAIN

13

LA COURGE

C'est une s imple barre de bois de l ,20 m . d e lon- gueur et munie d'une en- coche à chaque extrémité pour accrocher le seau ou la cruche. Cet appareil est parfaitement adapté à l'usa- ge auquel il est destiné. 11 servait autrefois à rappor- ter l'eau de la so urce s ituée dan s la vallée. au vi liage ju- c hé en bordure sur la colline .

Le sentier abrupt et rocail - leux, le plus souvent très étroit. ne pouvait donner passage qu'à une seul e per- sonne. Le porteu r y passait avec la courge s ur l'épaule.

mais n'aurait pu y passer avec le cerceau ou le joug.

La courge ressemble étrangement à l'appareil employé par les portefaix parisien s vers 1820.

La courge était fréquemment utili sée en Poitou où e lle sert d'ailleurs encore. On la trouve également dan s certaines régions du Massif Central (Combrailles).

Pour empêcher l'eau de tomber en marchant, le por - teur mettait à la surface une branchette de buis ou de noyer avec ses feuilles ou une petite cro ix formée de deux planchettes très minces clouées ensemble.

La courge

(16)

14

LE PORTAGE HUMAIN

LA COURGE

La courgée de linge

La ménagère employait aussi la courge pour descendre dans la vallée laver son linge à la fontaine, empr untant le même sentier étroit que le porteur d'eau.

La courge est de nos jours de plus en plus délaissée pour la brouette à li nge qui oblige cependant à faire par- fois un long détour pour trouver un chemin où l'on puisse rouler. ·

Une courgée originale

A ton âge, l'auteur de

ces

1

ignes al lait souvent au

champ de citrouilles et rap -

portait ainsi deux gros fruits

destinés au repas des co-

chons ; mais il fallait faire

attention à ne pas choisir

les plus gros qui auraien1

été trop lourds pour de jeu -

nes épaules.

(17)

LE PORTAGE HUMAIN

15·

(Cliché Fillieux)

LA HOTTE

Celle du père Noë l éta it copieusement garn ie de jouets et de friandises.

Les colporteurs avaient aussi le ur hotte.

Dans la région de l'Est (Vosges, Alsace), la hotte serva it souvent pour mon-

ter au grenier le bois dé- bité pour le chauffage.

Elle serva it a uss i pour transporter les fruits, les légum es, le ravi ta il lement.

Les paysans l'emp loyaient pour remonter dans

leur~

champs, situés s ur la pente de la montagne, l a terre qu e l'eau de ruissellement s'acharnait à e ntraîner vers le bas

En Bavière, les paysannes n'allaient jamais au champ sa ns avoir la hotte au dos.

Ell es trouvaie nt toujours .J y mettre que lque chose : fruits, légumes, herbes, etc.

Paysanne et sa hotte

(18)

LE PORTAGE HUMAIN

LA HOTTE A SABOTS

« Autrefois, quand mon grand-père et mon grand- on:le portaient les sabots qu'il s fabriquaient, ils se servai e nt d'une petite hotte toute simple. Elle était fai - te de deux baguettes de coudrier maintenues par une petite planche plate.

On liait les sabots paire par pair e e t on e nfilait une pai -

(Cliché Fillieux)

re dans chaque bag uette.

Elles se faisaient vis-à-vis, les talons de l'une dan s ceux de l'autre.

On pouvait e n porter jusqu'à cinquante paires à la fois.

On pa ssa it les bre telles au pied de la hotte et on les fi xa it a u-dessus d'une douzaine de pa ires. Les autres sabo ts dépassai e nt la tête. Maintenant, on ne voit plus de p etits sabo ti e rs ; ceux qui en font e ncore les trans- portent autrement. »

A VANSON, extrait du «Colporteur», journal s·ol;iire de Rupt-sur-Moselle (Vosges).

Enfant chargé du brise-dos (Cliché Fillieux)

(19)

LE PORTAGE HUMAIN l i

LE BRISE-DOS

« Le brise-dos est une sor te de hotte ; il est fait d e de ux grands montants d e bois réun is par plu - sieurs barres en travers.

L e fond est formé de de ux pl a nches assemblées. Les bretell es sont en cuir, ou en bandes tressées d' é- corce de saule cuit (osier).

Le brise-dos ressemble à un e chaise qu'on porte- rai t au dos. Quand il est chargé , il brise le dos.

Le brise-dos vide (Cliché Fillieux)

d'où son nom .

On y transporte, par exemple, un tonne let d e harengs sa lés, une bonbonne de vin, du pain, du sucre , des pom- mes, des froma ges.

Mainte nant, on ne voit plus guè re de brise-dos, ma is autrefois, au Dessus- de-Rupt. nos ancêtres ne se serva i ent que de cela pour tran spo rter le urs march a ndi ses. »

Paul VANSON. extrait du «Col- porteur » journal scolaire de Rupt-sur-Moselle.

Le brise-dos ch;irgo (Cliché Fillieux)

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18

LE PORTAGE HUMAIN

La « crâtche » vide (Cliché Fillieux)

machines modernes de ré - colte, ont été délaissées ; d'autre part, -bien des , fermes ont été détruites so it par l'orage, soit par faits de guerre.

Auss i la crâtche est- e lle actuellement aban- donnée, comme de nom- breux outils employés au- trefois.

lJ « crâtche » chMgée (Cliché Fillieux)

LA « CRATCHE » OU HOTTE A FOIN

La crâtche était utili- sée pour rentrer les foins des prairies de montagne, où la pente ne permettait pas l'emploi des chariots, ni même des draps à foin.

Elle était d'un usage cou- rant dans les Hautes- Vosges et les Vosges alsa - ciennes.

Ces prairies, d'un ac-

cès difficile, ne conve-

nant pas à l'emploi des

(21)

LE PORTAGE HUMAIN

19

L'OISEAU

On disait aussi : oiseau de Limousin, sans doute parce que cette province fournissait autrefois de nombreux maçons

(1)

qui émigraient et cherchaient du travail dans les autres région s.

L'oiseat.J est une sorte d'auge formée de deux plan- che ttes assemblées à angle droit et munie d'un double manche permettant de porter l'appare il sur les épau les.

11 servait à l'a ide -maçon (le goujat) à porter le morti er s ur l' échafaudage.

L'oiseau, posé sur d'épau le, éta it chargé

une sor te de trépied à hauteur de mortier, à l'aide de la pelle.

Le chargement effectué, l'apprent i-maçon all ait vider le morti e r dans l' auge de son patron .

Aujourd'hui, le mortier est monté sa ns pe ine par des procédés pl us modernes (tre uil s, cordes et poulies) .

(1) La tradition locale rapporte que Richelieu réquisitionna un grand nombre de maçons de la Marche et du Limousin pour construire la digue de La Rochelle.

(22)

20

LE PORTAGE HUMAIN

Le porteur a redressé la grosse fourchée

LE PAUFOURCHE

C'est l'instrument dont se servent les porteurs de·

pai lie que E. Pérochon nous décrit dans « Nène » (voir B.T. n° 73, page 28). Le paufourche était une sorte de fourche à deux dents d'inégale longueur. Il éta it long d'environ 2m. 50 et muni vers le bas d'une petite poi - g née qui permettait au porteur de le mainten ir appuyé presque verticalement contre son épau le. 11 éta it fait d'une branche fourchue de

c hâta igni er que l'on ava it cuei lli e tout exprès dans le bois.

Le pa ufourche é tait d'un usage co urant en Poitou et dans les Charentes, dans les fermes où la paille n'était pas botte lée.

Aujourd'hui , les por- teurs de paille ont cédé la place au monte-paille qui

allège ainsi leur pe ine.

Le porteur enfonce son outil dans la fourchée

(23)

lÈ PÔRTAèE HUMAIN'

21

LA BANDOULIÈRE

La bandoulière était une bande de cuir que l'on portait autrefois pour soutenir une arme ou une pièce d'équipement. Elle passait de ga uche à droite ; elle sou- tenait la boîte à poudre , l'a rque buse et les cartouches

de l'a rquebus ie r et du mous- que taire ; c 'es t dire qu'elle était d'un u sage fréque nt au XVI •' e t au XVI 1 • s i èc les.

De nos jours, la bandou - lière est toujours utili sée.

Elle soutient le sac du fac-

teur, l a g ibecière du chas-

seur et même la musette

de l'éco lier.

(24)

22

LE PORTAGE HUMAIN

LES PORTEURS DE « BENNE »

Dans le Mâconnais, on porte la vendange dans des

«bennes», cuveaux de bois à oreilles, suspendus à une longue perche par deux anneaux. L'un des porteurs tient la pe rche sur l'épaule droite e t l'autre sur l'épaule gau- che

(t

1. A Mâcon, on a

él~vë

un e s tatu e aux porteurs de benne.

En Auvergne, le lait !>e tr ansporte de la même façon dan s un grand récipient de boi s suspendu à la perche par une sorte d'anse.

( l) Les porteurs peuvent avoir aussi la perche sur la même épaule (gauche ou droite). L'essentiel est de marcher à contre-pas pour ne pas imprimer à la benne un balancement pénible el douloureux pour les porteurs.

(25)

LE PORTAGE HUMAIN

23

LA C IVI ÈRE

La c ivière est un appareil qui nécess ite deux porteurs e t sert a u transport de fardeaux quelconques. Autrefo is, e lle servait beaucoup dans les grandes fermes à sor tir le fumier des étab l e s et des écuries et le transporter au tas.

Mai s il fa ll ait être deux ; on emp loie maintenant la brouette qui ne demande qu'un seu l o uvri e r.

La civière que tu vois ci-dess us, chargée except ionnel- lement de fumier pour la prise de photo, a un usage tout à fa it spécial : e lle sert seu lement lors du sacr ifi ce du coc hon. Quand l'anima l a été tué, gr illé, lavé, vidé, on le place dessu s pour le porte r à la mai son où il sera dépecé e t cu is iné.

Une civi ère spéc ia le, le brancard, servait pendant la gu erre à é tendre les blessés restés s ur le c hamp d e bata ill e pour les transporter au poste de seco urs où il s recevaient les premiers soin s. C'éta it la t âche des bra ncard ie rs.

Dans les Vosges, la civière est parfois remplacée par deux lon- gues perches libres sur lesquelles on entasse le foin. Le chargement est porté par deux hommes ou deux femmes. Ce procédé est employé quand le temps presse (orage prochain). Cet appareil est connu en patois vosgien sous le

nom de « les tnaus ». Les « tnaus »

(26)

CHAISE A PORTEURS - FILANZANE

La chaise à porteurs est un moyen de locomotion qui fut en usage jusque vers l' époque de la ·Révolution (voir

B.T. n° 1, .pages 19 et 20) .

La filanzane est une chaise à quatre porteurs, beau- coup plus légère que celle ci-dessus. Elle est formée d'un siège suspendu à deux travers es horizonta- les dont les porteurs pla- cent un e extrémité sur

leur épaule. Elle s2rva it au transport des voya- geur s à Madagasca r. Avec une éq uipe de douze por- teurs, on pouvait faire en filan zane d e 60 à 90 kilo-

Transport en filanzane

mè tres par jour.

(27)

ET MAINTENANT,

POURSUIVEZ VOTRE ENQU~TE ...

Nous n'avons certes pas fa it, dans ces 24 pages , l' inventa ire de tous les moyens ou de tous les outi ls de portage. Nous n'avons donné ic i qu ' un schéma que vous vous app li querez à compléter par les e nqu ê tes que vous mènerez autour de vous.

Nous recevrons avec p laisi r les documen ts complémenta ires. avec photos, q ue vous nous en- verrez et que nou s pub lierons en f iches .

Au cours de ces e nquêtes, vous noterez auss i

pourquoi certa ins modes de portage d isparaissent

peu à pe u, au fur et à mesure que se construisent

les routes et que vont se perfectionnant les appa-

re il s nouvea ux qui te ndent à diminu e r la peine

des hommes.

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Le gérant: C. FREINET IMPRIMERIE A::GITNA

27, rue Jean-Jaurès, 27 CANNES (Alp.-Marlt.)

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