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π (z2+a2) sin(πz) etCN le bord du carr´e de sommets (N+12)(±1±i) (N ∈N)

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Texte intégral

(1)

Universit´e Lille 1 Master 1 Recherche

Analyse complexe 31 mars 2016

pour le 22 avril DM no2

Exercice 1.

Soit a∈R. On d´efinit

f(z) = π

(z2+a2) sin(πz) etCN le bord du carr´e de sommets (N+12)(±1±i) (N ∈N).

i) Pˆoles de f

z2+a2 = 0⇐⇒z2 =−a2 ⇐⇒z=±ia

sin(πz) = 0⇐⇒eiπz−e−iπz = 0⇐⇒e2iπz = 1⇐⇒ ∃k∈Z |2iπz= 2ikπ⇐⇒z∈Z Les pˆoles de f sont donc±iaet les entiers relatifs.

Ordre des pˆoles et r´esidus

• en ia:

(z2+a2) sin(πz) = (z−ia)h(z) o`uh(z) = (z+ia) sin(πz) est holomorphe et ne s’annule pas en ia: ainsi c’est un pˆole simple, de r´esidu h(ia)π = 2iasin(iπa)π = 2ash(πa)−π (remarque : on a sin(ix) = ei(ix)−e2i−i(ix) =ish(x)).

• de mˆeme pour −ia : c’est un pˆole simple, ´egalement de r´esidu 2ash(πa)−π .

• en k∈Z:

(z2+a2) sin(πz) = (z2+a2)(−1)ksin(π(z−k))

= (z2+a2)(−1)k

+∞

X

n=0

(−1)n(π(z−k))2n+1 (2n+ 1)!

= (z−k)g(z)

o`u g est une fonction holomorphe telle queg(k) = (k2+a2)(−1)kπ 6= 0. C’est donc un pˆole simple def, de r´esidu k(−1)2+ak2.

ii) Calcul de 1 2πi

Z

CN

f(z)dz

On applique le th´eor`eme des r´esidus `a f : les chemins CN ne passent pas par les pˆoles, et pour N ≥ |a|, les pˆoles def contenus dans le carr´e correspondant sont±ia et les entiersk tels que |k| ≤N (dont l’indice par rapport `a CN vaut 1), par cons´equent

1 2πi

Z

CN

f(z)dz= Resia(f) + Res−ia(f) +

N

X

k=−N

Resk(f) =− π ash(πa) +

N

X

k=−N

(−1)k k2+a2. iii) Minoration de|sin(πz)|sur CN

On commence par montrer la formule|sinz|2 = (sin(x))2+ (sh(y))2 pour z=x+iy:

1

(2)

sin(z) = ei(x+iy)−e−i(x+iy)

2i = eix−y −eix+y 2i

= e−y(cos(x) +isin(x))−ey(cos(−x) +isin(−x)) 2i

= cos(x)(e−y−ey) +isin(x)(e−y+ey) 2i

= icos(x)sh(y) + sin(x)ch(y) ce qui donne, pourx, y∈R,

|sinz|2 = (cosxshy)2+ (sinxchy)2

= (1−(sinx)2)(shy)2+ (sinx)2(1 + (shy)2)

= (sin(x))2+ (sh(y))2 Soit z∈CN :

• ou bienπx=±π(N +12) : alors|sin(πz)|2 ≥(sin(πN+π2))2= 1

• ou bienπy=±π(N +12) : alors|sin(πz)|2 ≥(sh(πN +π2))2 ≥(sh(π2))2 ≥(π2)2 ≥1 (en utilisant que la fonction sh est croissante, et que∀x≥0, shx≥x).

et donc dans tous les cas|sin(πz)| ≥1.

iv) Calcul de

+∞

X

n=1

(−1)n n2+a2

Remarquons que surCN,|z| ≥N+12 et donc|z2+a2| ≥ |z|2−a2 ≥(N+12)2−a2. D’apr`es la question pr´ec´edente, siN ≥ |a|(et donc (N+ 12)2−a2>0) on obtient

∀z∈CN, |f(z)| ≤ π

|z2+a2| ≤ π (N +12)2−a2 Par d´efinition,R

CNf(z)dzest la somme des int´egrales sur les quatre cˆot´es du carr´e. Chacune de ces int´egrales s’´ecrit sous la forme R1

−1f(γ(t))γ0(t)dt, o`uγ(t)∈CN et |γ0(t)|= (N +12) (en param´etrant lin´eairement le segment), donc

Z 1

−1

f(γ(t))γ0(t)dt

≤ Z 1

−1

π

(N +12)2−a2(N+1

2)dt≤ 2π(N +12) (N+12)2−a2 Ainsi

R

CNf(z)dz

8π(N+12)

(N+12)2−a2 −−−−−→

N→+∞ 0.

D’apr`es ii), on a donc en passant `a la limite 0 =− π

ash(πa) +

+∞

X

k=−∞

(−1)k

k2+a2 =− π

ash(πa) + 1 a2 + 2

+∞

X

k=1

(−1)k k2+a2

d’o`u

+∞

X

k=1

(−1)k

k2+a2 = π

2ash(πa) − 1 2a2.

2

(3)

v) D´eveloppement en s´erie d’´el´ements simples On poseg(z) =f(z)−1/a2

z : la fonctiongest m´eromorphe surC, avec les mˆemes pˆoles (de mˆeme multiplicit´e, avec les mˆemes r´esidus) que f, sauf 0. En effet, puisque 0 est un pˆole simple de f de r´esidu 1/a2, on a que 0 est au plus un pˆole simple deg, de r´esidu nul : c’est donc une fausse singularit´e deg.

Ainsign’a que des pˆoles simples :±iaet les entiers relatifs non nuls. En notanta−1=−ia, a0 =ia etak =k(k∈Z), on a de plus|ak| →+∞.

— les lacets CN sont de classe C1 par morceaux ;

— ∀k, ∀N ≥ |a|, ak∈/CN;

— en notantRN = dist(CN,0) et`(CN) la longueur du lacet, on aRN =N+12 −−−−−→

N→+∞ +∞

et `(CRN)

N = 8 qui reste born´e ind´ependamment deN;

— pour z ∈ CN, |g(z)| ≤ |f(z)|+ 1/|a||z|2π

(N+12)2−a2 + |a|2(N1+1

2) qui est donc born´e ind´ependamment deN.

On peut ainsi appliquer `a gle th´eor`eme de d´eveloppement en s´erie d’´el´ements simples : g(z) = g(0)− π

2ash(πa) 1

z−ia + 1

ia+ 1

z+ia + 1

−ia

+

+∞

X

k=1

(−1)k k2+a2

1 z−k+ 1

k + 1

z+k + 1

−k

= g(0)− π

ash(πa)· z z2+a2 +

+∞

X

k=1

(−1)k k2+a2

2z z2−k2

(avec convergence uniforme sur tout compact).

Il reste `a calculer g(0) : on pourrait faire un DL en 0, mais on peut aussi remarquer que g est impaire ce qui donne directementg(0) = 0. Ainsi

π

(z2+a2) sin(πz) = 1/a2

z − πz

ash(πa)(z2+a2) +

+∞

X

k=1

(−1)k

k2+a2 · 2z z2−k2

Exercice 2.

1. Convergence du produit infini

Y

n=1

1 +2nz 1 +2n−1z Posons fn(z) = 1+

z 2n

1+2n−1z = 1 +gn(z) o`u gn(z) = fn(z)−1 = 2n(2n−1+z)−z . Pour tout n, la fonctionfnest m´eromorphe (non identiquement nulle) surC, de pˆole−(2n−1) et de z´ero

−2n.

SoitKun compact deCborn´e parM >0. Pournassez grand (n >(M+1)/2),fn= 1+gn n’a ni pˆole ni z´ero dansK, et Sup

K

|gn| ≤ 2n(2n−1−MM ). Comme 2n(2n−1−M)M ' 4nM2 (et que l’on consid`ere des s´eries `a termes positifs), la s´erie de fonctions P

gn converge normalement surK; par cons´equent le produit Q

n≥N(1 +gn) converge uniform´ement surK.

3

(4)

Finalement, le produit Q

n≥1fn converge uniform´ement sur tout compact de C, vers une fonctionP m´eromorphe.

2. Calcul de f(2)

Il s’agit de calculerP(2) : en notant pN =QN n=1

1+n1

1+2n−12 le produit partiel, on a pN =

N

Y

n=1

(n+ 1)(2n−1)

n(2n+ 1) = N+ 1

1 · 1

2N + 1 et doncpN −−−−−→

N→+∞

1

2. AinsiP(2) = 12 etf(2) = 1.

3. Calcul de f(1)

Par d´efinitionf(1) =P(1) =Q+∞

n=1(1 +gn(1)) =Q+∞

n=1(1−4n12) = sinzz

|z=π

2

= π2. 4. Ecriture de g sous forme de s´erie

On a g(z) = ff(z)0(z) = 1z + PP(z)0(z), o`u P = Q+∞

n=1fn avec convergence uniforme sur tout compact : on sait qu’alors PP0 =P+∞

n=1 fn0

fn (avec convergence uniforme sur tout compact), or

fn0(z) fn(z) =

1

2n(1+2n−1z )−2n−11 (1+2nz ) (1+2n−1z )2

1+2nz 1+2n−1z

=

1 2n

1 +2nz

1 2n−1

1 +2n−1z et doncg(z) = 1z+P+∞

n=1

1

2n+z2n−1+z1

(attention, on ne s´epare pas la somme en deux car les s´eries correspondantes sont divergentes...). On a alors

g(z) +g(z+ 1) = 1 z + 1

z+ 1+

+∞

X

n=1

1

2n+z − 1

2n−1 +z + 1

2n+ 1 +z − 1 2n+z

= 1

z + 1 z+ 1+

+∞

X

n=1

− 1

2n−1 +z + 1 2n+ 1 +z

En passant aux sommes partielles, on constate que les termes se t´elescopent et donc P+∞

n=1

2n−1+z1 +2n+1+z1

=−z+11 , ce qui donne g(z) +g(z+ 1) = 1z. 5. Calcul de f(z)f(z+ 1)

Posonsφ(z) =z1f(z)f(z+ 1) : la fonctionφest m´eromorphe surC, et en-dehors des pˆoles φ0(z) = 1

zf0(z)f(z+ 1) + 1

zf(z)f0(z+ 1)− 1

z2f(z)f(z+ 1)

= f(z)f(z+ 1) z

f0(z)

f(z) + f0(z+ 1) f(z+ 1) − 1

z

= f(z)f(z+ 1)

z (g(z) +g(z+ 1)−1 z)

= 0

Ainsiφ0 est nulle sur C\(−N), donc surCentier (car elle est m´eromorphe), et doncφest constante sur le connexeC:∀z∈C, 1zf(z)f(z+ 1) =φ(1) =f(1)f(2) = π2. Ainsi,

∀z∈C, f(z)f(z+ 1) = 2z

π et P(z)P(z+ 1) = 2 π(z+ 1) 4

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