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Submitted on 1 Jan 1965
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Discrimination des π + et des protons par leurs densités de bulles
J. Tridon
To cite this version:
J. Tridon. Discrimination des
π+ et des protons par leurs densités de bulles. Journal de Physique,1965, 26 (12), pp.785-788. �10.1051/jphys:019650026012078500�. �jpa-00206351�
785.
DISCRIMINATION
DES 03C0+ ET DES PROTONS PAR LEURSDENSITÉS
DE BULLES Par J.TRIDON,
Laboratoire Joliot-Curie,
Orsay,
Seine-et-Oise.Résumé. - Dans une chambre à bulles, il est difficile de distinguer les 03C0+ des protons lorsque
leurs
impulsions
sont supérieures à une certaine valeur, par l’estimation visuelle de leurs densités de bulles. On a déterminé dans cette étudequelles
indications peut donner, au delà de ce seuil,une mesure de ces densités.
Abstract. - In a bubble chamber, it is difficult to distinguish 03C0+ from protons of large momen-
tum impulses
by
a visual estimation of their bubble densities. One has determined in thisstudy
which indications can give, beyond this threshold, a measurement of those densities.
PHYSIQUE 26, 1965,
Introduction. -
Lorsqu’une particule charg6e
traverse une chambre a
bulles,
satrajectoire
sematerialise par un
chapelet
de bulles dont la den- sitedepend
a la fois de son6nergie
et de sa nature.Dans certains domaines
d’énergie,
unesimple
eva-luation visuelle suffit pour identifier la
particule.
Par
contre,
au dela d’un certainseuil,
on nepeut
se contenter de cette estimation et il faut
proc6der
a des mesures
quantitatives
des densités de bulles.On a 6tabli
expérimentalement qu’elles
varientcomme
KIP’, n
6tant tres voisin de 2 et Kd6pen-
dant du
liquide
utilise et des conditions de fonc- tionnement de la chambre[1
a8].
On sait
(Rutherford [9]) qu’une
loi de cetteforme caractérise l’interaction d’une
particule charg6e 6nergique
avec desparticules
libres aurepos. Seuls deux
ph6nom6nes remplissent
cettederniere condition :
10 La
projection
d’électrons dont1’6nergie
estgrande
si on la compare aupotentiel
d’ionisation des atomes du milieu.20 L’interaction coulombienne avec ces memes atomes si leur
6nergle
de liaison est faible.Quelle
que soit la nature de la
particule,
et dans1’hypo-
th6se ou
1’energie
transferee estpetite
devant1’energie
maximumqui peut
etretransférée,
laprobabilite pour que 1’electron (oul’atome) acqui6re
une
6nergie
Es’exprime
par la formule de Ruther- ford :N = nombre
d’Avogrado ; Z
et A num6ro etmasse
atomiques
dumilieu ; m
masse de 1’61ee-tron ; P rapport v/c
de laparticule
incidente.Si cette
6nergie
E est assezfaible, l’ électron (ou 1’atome)
n’a pas unparcours appreciable
et son6nergie
est insuffisante pourqu’il projette
a sontour des rayons 8
(ou qu’il
transfere de1’6nergie
àd’autres
atomes). L’énergie E qui
lui est transmisesous forme
ein6tique
est alorsrapidement d6grad6e
en
chaleur,’ce qui
provoque un d6but devapori-
sation. Le nombre d’électrons
produit
par gx cm2 dont1’6nergie
estcomprise
entreE1, 6nergie
mini-mum n6cessaire pour creer une bulle et
E2, 6nergie
maximum que peut
avoir un electron pourqu’il
y ait formation d’une seulebulle,
est alors :et la densite de bulles sur la trace est
proportion-
nelle a ne. Le calcul de
P(E)
pour l’interaction coulombienne donne une valeurbeaucoup trop
faible pour
expliquer
lesphenomenes
observes[10]
et on retient
I’hypoth6se
selonlaquelle
les electronsprojet6s
sont seulsresponsables
de la formationdes
bulles,
non sans admettre toutefois que d’autresph6nom6nes
de moindreimportance peuvent
intervenir.R£sultats
expérimentaux.
- J e me suis pro-pose,
dans!le
casparticulier
d’une chambre àhydrogene, d’essayer
de determiner la valeur del’impulsion
au dela delaquelle
il devientimpossible
par une mesure de la densite de
bulles,
dedistinguer
avec certitude un 7t+ d’un
proton. L’appareil
utilise pour les mesures a ete construit
d’après
leprototype
realise auCollege
de France. Son schema est donne dans lafigure
1. J’ ai utilise des 6v6ne- ments a 2 et 4 secondairescharges, produits
par.un faisceau de 7t+ de
2,75 GeV/c
dans la chambre àbulles de 81 cm de
Saclay expos6e
auSynchrotron
a
protons
du CERN. Ces 6v6nementsobjets
d’unepr6c6dente
6tude[11]
se classentparmi
les cat6-gories
suivantes :Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019650026012078500
786
Le classement se fait par la determination vi- suelle de la
densité
de bulleslorsque
cela est pos- sible(on
saitqu’un proton
sedistingue
aisementd’un 7c+
jusqu’a
800MeV/c ;
eneffet,
ce dernierest au minimum de densite
do depuis
300MeV/c
alors
qu’un proton
a encore une densite relative de 10do,
etqu’a
800MeV/c
elle est de2,3 do).
IIse fait aussi par les examens du bilan
d’énergie
etde
l’ajustement ein6matique qui
16vent souventl’indétermination que n’a pu r6soudre l’estimation visuelle de la densite de bulles. C’est ainsi
qu’il
aete
possible
de sélectionner :325 traces de 1t+
d’impulsion comprise
entre 900et 1500
MeV/c.
20 traces de 1t+
d’impulsion comprise
entre2 000 et 2 100
MeV/c.
306 traces de p
d’impulsion comprise
entre 900et 2 000
MeV/c.
Leur inclinaison est inf6rieure a 25°.
Une 6tude des traces du faisceau
(elles
sont auminimum de
densite)
traversant la chambre sansinteraction,
montre que la densite moyenne varie d’un film a1’autre,
cequi
r6sulte de conditionsexpérimentales legerement
differentes. D’un clich6 a l’autre du memefilm,
la distribution des densités des traces varie peu, on ne constate pasqu’un
cliche soit en moyenne
plus
« noir » ouplus
« clair »que les clich6s voisins. Par
contre,
sur un memecliché, l’écart
standardde
densité observe estsup6-
rieur d’un facteur 3 a
la
fluctuation due auxirnpr6-
cisions
statistiques qui
est environ 5% lorsqu’on
mesure les traces sur toute leur
longueur,
soit 65cm.Ceci
peut
etre du a lune des raisons suivantes :a)
toutes lesparticules
n’arrivent pas simul- tanément dans lachambre,
les traces n’ont doncpas toutes le meme
age ;
b)
il estpossible
que les conditions de detentene soient pas
rigoureusement homog6nes
danstoutes les
parties
de la chambre.Il est donc n6cessaire de faire des mesures rela- tives par
rapport 4
l’incidente de l’ évènement donton etudie les secondaires. Les traces ainsi rnesur6es ont une
longueur
moyenne de 30em.
Les densités sont d6termin6es a
partir
de 1’etudede la
repartition
des lacunes en fonction de leurlongueur.
Les bullespeuvent
etreproduites
avecune
6gale probabilite
lelong
de latrajectoire
d’uneparticule
de vitesseconstante, [3] et,
si a est la densite de bulles sur latrace,
laprobabilite
detrouver m bulles sur le parcours x est :
Ceci est une distribution de Poisson. Le nombre de lacunes dont la
longueur
estsuperieure
A x estalors :
N 6tant le nombre total de lacunes observées.
L’6tude des résultats des mesures des
N>0153
se faiten coordonn6es
semi-logarithmiques. L’ajustement
de la
pente,
- a, et la détermination"de son incer- titude sont realises par une m6thode de moindres carr6s.FIG. 1.
On
agroup6
par intervallesd’impulsion
de50 MeV/c
les résultats relatifs aux 7c+ d’unepart,
aux
protons
de l’autre. Pourchaque intervalle,
on aconstruit les
gaussiennes
d6duites des distributions des densités des 7c+ et des p, en normalisant aumeme nombre de mesures. Pour
cela,
on a d6ter-min6 la valeur moyenne, c’est-à-dire la
position
del’axe de la
gaussienne,
l’incertitude sur cetteposi-
tion et 1’ecart
quadratique
moyen caract6risant laFIG. 2.
montre les courbes relatives a
quelques
intervallesd’impulsion ; lorsque l’impulsion croit,
le chevau- chement des courbesaugmente rapidement.
Lafigure
3 montre comment ser6partissent
lespoints dispersion
des mesures individuelles. Lafigure
2FIG. 3.
experimentaux
relatifs a 1’ensemble des mesuresd’un intervalle par
rapport
aux courbesth6oriques en 1 IP2
pour les 7c+ et pour lesprotons.
Les den-sit6s relatives des 7t+ sont toutes
compatibles
avec 1 comme le montre leur distribution dans l’intervalle 900 - 1 500
MeV/c (fig. 4) ;
la densiteFi G. 4.
relative moyenne est
1,01 :l::: 0,02 (0,02 repr6sente
l’incertitude sur la valeur
1,01,
mais les mesuresindividuelles ont une
dispersion
autour de lamoyenne caract6ris6e par un ecart
quadratique egal
a0,12).
Par
ailleurs,
des mesures effectu6es sur des 7t+d’impulsions comprises entre
2 600 et 2 100MeV/c,
donnent pour densite relative :
1,02 + 0,04.
Ces valeurs montrent que, dans l’intervalle 900 a 2 100
MeV/c,
la densite de bulles reste constante et6gale
a la densité de bulles relative a des 7t+de
2,75 GeV/c.
Deplus,
les distributions des densi- tés relatives des 7c+ et desprotons
montrent ceci :aucun des 7c+ mesures n’a une densite
superieure
a
1,4 do,
deux 7t+ seulement ont une densitésup6-
rieure a
1,3 do,
entre 900 et 1 000MeV/c
aucunproton
n’a une densite inf6rieure a1,4 do,
entre1000 et 1050
MeV/c
un seul a une densite com-prise
entre1,3
et1,4 do, jusqu’a
1300MeV/c,
aucun n’a une densite inférieure a
1,2 do. -
Conclusion. - En admettant que la densite maximum des 7r+ observables est
1,4 do,
onpeut determiner,
pourchaque
intervalled’impulsion,
lepourcentage
deprotons
identifies sans aucuneambiguite :
il est 100%
a 1000MeV/c,
ild6crolt,
atteint 50
%
a 1 400MeV/c
et s’annule vers1600
MeV/c.
Dans l’intervalled’impulsion
etudie(900
a 2 100MeV/c),
la densite variant en1 lp2,
la mesure
précise
des densités ne donne pas, pourune trace
unique,
une certitude d’identification tressuperieure
a celle que donne lasimple
observation visuelle. Onpeut
aboutir a des conclusionsplus precises
si l’ondispose,
dans uneimportante
sta-tistique,
d’un certain lot d’evenementsqui peuvent
par
exemple,
lesajustements cinématiques
et lesbilans
d’6nergie
lepermettant, appartenir
a l’uneou a 1’autre des reactions suivantes :
Dans
chaque
intervalled’impulsion,
les n’parti-
cules pour
lesquelles d
>1,4 do
sont certainement desprotons.
Si l’on connait lagaussienne repre-
sentant la
r6partition
des densités desprotons,
onconnait le
rapport
On
peut
6valuer le nombre total n =rn’,
cequi permet
d’atteindre avecplus
deprecision
les sec-tions efficaces des reactions consid6r6es.
L’utilisation de chambre a bulles de
grandes
dimensions
p ermettra
de mesurer des tracesplus longues,
donc de r6duire les fluctuations statis-tiques
et d’obtenir une meilleureseparation
desdistributions.
788
BILIOGRAPHIE
[1] GLASER-DODD, Phys. Rev., 1956, 102, 1653.
[2] WILLIS, Phys. Rev., 1957, 108, 1046.
[3] BLINOV-KRESTNIKOV et LOMANOV, Soviet Physics JETP, 1957, 4, 661.
[4] KENNEY, Phys. Rev., 1960, 119, 432.
[5] LEA-VITTITOE, Rev. Scient. Instr., février 1962, 33,
n° 2.
[6] SECHI-ZORN et ZORN, N° 2
Suppl.
Nuovo Cimento, 1962, 26, série 10.[7] FABIAN, Rev. Scient. Instr., mai 1963, 34, n° 5.
[8] DILWORTH, Suppl. au Nuovo Cimento,
juillet
1963 etCERN/TC/Physics
63-15.[9] Rossi, High Energy Particles.
[10] TENNER, Nuclear Instr. and Meth., 1963, 22.
[11] Collaboration
Saclay-Orsay-Bari-Bologne,
Nuovo Ci-mento, série X, 37, 361.