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Submitted on 1 Jan 1970
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Pyroélectricité du sulfure de zinc en couches minces
Gérard Marchal
To cite this version:
Gérard Marchal. Pyroélectricité du sulfure de zinc en couches minces. Journal de Physique, 1970, 31
(8-9), pp.779-782. �10.1051/jphys:01970003108-9077900�. �jpa-00206980�
PYROÉLECTRICITÉ DU SULFURE DE ZINC EN COUCHES MINCES
par Gérard MARCHAL
Laboratoire
d’Electronique
et dePhysique
du Solide del’ENSEM, Nancy (Reçu
le 22janvier 1970,
révisé le 21 avril1970)
Résumé. 2014 On a mis en évidence un effet
pyroélectrique
sur des couches minces de ZnSévaporées
sous vide. Les variations de la tension et du courant
pyroélectrique
avec latempérature
ont étéinterprétées
à l’aide d’un schémaélectrique équivalent.
Le coefficientpyroélectrique
moyen estégal
à 5 x 10-503BCCb/cm2. degré
dans le domaine detempératures
77 °K-400 °K. Cette valeur a étécomparée
à celle déterminée sur des monocristauxpuis
à celle calculée àpartir
des coefficientspiézoélectriques.
L’écart obtenu(une puissance
de10)
entre ces différentes évaluations du coeffi- cientpyroélectrique
du ZnSpourrait
être dû à laprésence
de deuxphases
cristallines dans les couches.Abstract. 2014 A
pyroelectric
effect has been obtained on vacuumdeposited
ZnS thin films. Pyroe- lectricvoltage
and current variations have beenanalyzed
with anequivalent
circuit. The averagepyroelectric
coefficient of 5 x 10-503BCCb/cm2 .
°K was observed over the temperature range from 77 °K to 400 °K. Theexperimental
results have beencompared
to values observed onsingle crystals
and to those
computed
frompiezoelectric
coefficients. The difference between these values(one decade)
should be ascribed to the coexistence of twocrystalline phases
in thin films.1. Introduction. - Le sulfure de zinc cristallise
sous deux
formes,
l’unecubique (sphalérite)
appar- tient à la classe43
m =Td,
l’autrehexagonale (wurt- zite) appartient
à la classe 6 mm =C6v.
Si les deuxclasses sont
piézoélectriques, seule,
la wurtzite estpyroélectrique
et de ce faitpossède
unepolarisation spontanée parallèle
à l’axe c[0001].
La
pyroélectricité
de la wurtzite estl’apparition
d’unepolarisation
sur les faces(0001)
et(0001)
d’uncristal soumis à une variation de
température.
Ellefut mise en évidence sur un cristal naturel de ZnS par Friedel
[1] ]
mais à notreconnaissance,
c’est lapremière
foisqu’un
tel effet estsignalé
sur des couchesminces.
II. Procédé
expérimental.
- Le sulfure de zinc estdéposé
parévaporation thermique
sur une lame desilice entre deux contacts
métalliques
eux-mêmesévaporés [2].
Les lames de silice portant les condensa-teurs ainsi réalisés sont collées à la
pâte
àl’argent
contre un four en cuivre destiné à
produire
des vitessesd’échauffement constantes et
comprises
entre0,1
et2,5°/s depuis
77° K etjusqu’à
500 OK. Durant l’échauf-fement,
un électromètreKeithley
610 B est branchéaux bornes de la couche et
indique
la variation de latension,
de lacharge
ou du courant dans l’échantil- lan. Afin d’éliminer lescharges
depolarisation qui apparaissent
au cours durefroidissement,
les électro- des sont reliées par une résistance de 10 Q.III. Résultats. - La
figure
1présente
la variation de la tensionpyroélectrique
avec latempérature
d’unecouche mince de ZnS pour différentes vitesses d’échauf- fement b. La tension
pyroélectrique
passe par un maxi-mum dont la
position
etl’amplitude dépendent
de la conductivité de la couche comme nous le verronsdans la discussion. Notons que la pente des courbes
est
identique quelle
que soit la vitesse d’échauffement.FIG. 1. - Tension pyroélectrique en fonction de la tempé-
rature pour plusieurs vitesses d’échauffement.
Si,
au lieu de mesurer la tensionqui apparaît
auxbornes de la
couche,
nous mesurons le courant pyro-électrique,
nous obtenons la série de courbespré-
sentées
figure
2. Le courantpyroélectrique
est sen-siblement
proportionnel
à la vitesse d’échauffement utilisée.Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01970003108-9077900
780
FIG. 2. - Courant pyroélectrique en fonction de la tempé-
rature pour plusieurs vitesses d’échauffement.
IV. Discussion. - Les variations de la tension
pyroélectrique
avec latempérature
sont compara- bles à celles trouvées par Toole et Henisch[3]
surdes cristaux de ZnS. Les résultats obtenus sur nos
couches peuvent être
interprétés
en utilisant le schémaéquivalent
donné par ces auteurs : la couche mince de ZnS est considérée comme ungénérateur
de cou-rant i débitant dans sa résistance interne R et dans le circuit extérieur de mesure :
où p est le coefficient
pyroélectrique,
b est la vitesse d’échauffement et
s’exprime
endegré,lseconde,
S est la surface de l’échantillon.
La relation
(1) indique
que, pour une vitesse d’échauffement constante, le courantpyroélectrique
doit demeurer constant si le coefficient
pyroélectrique
varie peu dans le domaine de
température
étudié.La tension
pyroélectrique
est donnée par la relationsuivante :
où C
désigne
lacapacité équivalente
de l’ensemble(couche
et circuitde mesure).
La pente de la courbe V= f(AT)
est doncindépendante
de la vitesse d’échauf- fement utilisée.Cependant,
cette relation neprévoit
pas de maximum de la tension
pyroélectrique.
Cemaximum peut être
interprété
trèssimplement
en considérant la variation de la conductivitéélectrique
de l’échantillon avec la
température.
Eneffet,
on peut montrer[3]
que la tensionpyroélectrique
passe parun maximum
V. lorsque
la relation suivante est vérifiée :où QTm
représente
la conductivité de la couche de ZnS etVm
la tensionpyroélectrique
pour T =Tm, température
du maximum. Dans cetterelation, d désigne l’épaisseur
de la couche de ZnS.La variation de la conductivité
électrique
d’unecouche de ZnS en fonction de la
température
estreprésentée figure
3 de même que la variation de laFIG. 3. - Conductivité électrique et tension pyroélectrique
d’une couche mince de ZnS, en fonction de la température.
tension
pyroélectrique.
La tensionpyroélectrique
passepar un maximum à une
température
T =T.
auvoisinage
delaquelle
la conductivitéélectrique
de lacouche de ZnS commence à
augmenter rapidement.
La
figuré
3 montre que cette conductivité peut êtrereprésentée
par une relation de la formeavec E --
0,6
eVpour T
=Tm.
Pour TT.
ladétermination de J devient
délicate,
d’unepart
àcause des faibles courants mesurés
(I 10-14 A)
et d’autre
part
en raison de laprésence
de la tensionpyroélectrique.
L’énergie
d’activation de0,6
eV a été déterminéesur un
grand
nombre de couches et entraîne la dimi- nution de la tensionpyroélectrique.
Cetteénergie
d’activation est
probablement
liée à laprésence
d’unniveau donneur
profond.
Ce niveau donneurpourrait provenir
de la diffusion de l’électrode en aluminium dans la couche de ZnS. Ainsi nous avons constaté que pour destempératures
desupport
croissantes la conductivitéélectrique
des couches de ZnSaugmente [4]
et parconséquent
laposition
du maximum de lapyrotension
sedéplace
vers les bassestempératures.
Ce
déplacement
du maximum de lapyrotension
versles basses
températures
entraîne une diminution deVm.
Ainsi pourTm
= 160oK, Vm
= 25 mV.V. Détermination du coefficient
pyroélectrique.
-Le coefficient
pyroélectrique
des couches minces de ZnS a été déterminé àpartir
des relations(1)
et(2) appliquées
aux courbes desfigures
2 et 1respective-
ment. Dans ces
calculs,
nous avons tenu compte de la variation de lacapacité
des couches avec latempéra-
ture
[5]
et descapacités parasites.
A cesujet,
noussignalons qu’il
estpréférable
d’utiliser la relation(1)
car elle ne nécessite pas la connaissance des caractéris-
tiques
du circuit de mesure.Les valeurs de p obtenues sont
comprises
entre2 x 10- 5
et 7 x10-5 JlCb/cm2.degré
avec commevaleur moyenne :
Cette valeur est une moyenne dans le domaine de
températures
77 °K - 400 OK mais à l’intérieur dece
domaine,
p varie avec latempérature
comme onpeut
le voirfigure
4 pour une couche de sulfure de zinc.FIG. 4. - Variation du coefficient pyroélectrique à contrainte constante en fonction de la température.
La seule mesure
de p
que nous connaissions est celle faite par Veen[6]
sur des cristaux naturels de ZnS. Cet auteur a mesuré lescharges produites
parun échauffement du cristal et
Cady [7]
parcomparai-
son avec les mesures faites sur la
tourmaline,
donneCependant,
cette valeur estsuspecte [8]
car elle estpeut-être
due à un échauffement non uniforme des cristaux desphalérite.
En l’absence d’autres mesures de p nous pouvons faire une
comparaison
avec d’autres matériauxayant
la structure de la wurtzite. Pour CdS et CdSe Berlin- court et sescollègues [9]
donnentrespectivement
p =
4,07
x10-4
et3,48
x10-4 gCb/cm’. degré
pour une variation de
température comprise
entre77 OK et 300 OK. Heiland
[10]
détermine le coefficientpyroélectrique.
de ZnO entre9,7
et 420 OK et donneune valeur moyenne de p
égale
à6,8
x10-4 Il Cb/
cm2 . degré
entre 77 OK et 298 OK.Ces résultats montrent que notre mesure
de p est plus
faible d’un ordre degrandeur.
Nous avons doncessayé
d’estimer p de deuxfaçons
différentes :a)
en mesurant p sur des monocristaux de ZnS.Ces monocristaux fournis par
Eagle
Picher U. S. A.possèdent
de nombreux défauts et donnent unevaleur
de p
voisine de celle de noscouches,
b)
en calculant la contribution de lapiézoélectri-
cité au coefficient
pyroélectrique
à contrainte cons-tante
pQ :
et
p[
est le coefficientpyroélectrique
à déformation cons- tante et le second terme de lapartie
droite de la relation(5) représente
la contribution de l’effetpiézo- électrique
déterminée àpartir
des coefficientspiézo- électriques d = ’P) [11],
derigidité mécanique
c =
( âé’)T [12] et de dilatation thermique
Nous obtenons ainsi une contribution de l’effet
piézoélectrique p3 - p3
= 16 x10-5 J.1Cb/cm2.degré
comparable
à celle calculée pour CdS et CdSe[9]
ettrès
supérieure
à notre mesure depa.
Les valeurs
trop
faibles dep" 3
mesuréesexpérimen-
talement sur nos couches doivent être
interprétées
en tenant compte de la structure cristalline de celles- ci. En
effet,
pourqu’un
effetpyroélectrique
se mani-feste,
il faut que :- les couches
possèdent
des cristaux de structurehexagonale,
- l’axe c de ces cristaux soit orienté
perpendicu-
lairement au support.
Or,
l’étudecristallographique
aux rayons X et auxélectrons nous a montré que les couches très minces
(400 A)
de ZnS étaient constituées enmajorité
dewurtzite et les couches
épaisses (1 J.1m)
formées engrande partie
desphalérite.
Cette existence des deux structures enproportion
variablepourrait
rendre compte de ladispersion
des valeursde p puisque
nosmesures ont eu lieu sur des couches dont les
épaisseurs
variaient de 3 000 à 10 000
A.
Les couches lesplus
minces seraient constituées en
grande partie
de wurt- zite et la valeur de S mesurée(relations (1)
et(2))
serait voisine de S réelle tandis que pour des
épaisseurs
croissantes lepourcentage
de wurtzitediminuerait.
Nous terminerons cette étude en
signalant
que le782
signe
de lapyrotension qui apparaît
au cours d’un échauffement esttoujours positif
sur l’électrode infé- rieure en contact avec le supportquelle
que soit la nature du métaldéposé.
Cette remarquesuggère
que l’axe c est orienté de l’électrode inférieure vers l’élec- trodesupérieure
et que leplan
de base est unplan
soufre.VI. Conclusion. - Au cours de ce
travail,
nousavons mis en évidence la
présence
d’un effet pyro-électrique
sur des couches minces de sulfure de zincévaporées
sous vide. Nous avonsinterprété
nos résul-tats en tenant compte de la variation de la conducti- vité de nos échantillons avec la
température
et avonsessayé
de déterminer le coefficientpyroélectrique
duZnS. La valeur obtenue est trop faible du fait de la
présence
de deux formescristallines,
une seule étantpyroélectrique.
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