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Submitted on 1 Jan 1881
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Sur la radiophonie (2e mémoire)
E. Mercadier
To cite this version:
E. Mercadier. Sur la radiophonie (2e mémoire). J. Phys. Theor. Appl., 1881, 10 (1), pp.147-154.
�10.1051/jphystap:0188100100014701�. �jpa-00237751�
quantités peut
varier d’une manière pour ainsi dire arbitraire.Quand
le terme 2-r= U estprépondérant
dans ledénominateur,
lesvariations de U ont une influence énorme sur l’intensité.
La formule
permet d’ailleurs,
danschaque
casparticulier,
de ré-pondre
aux diversesquestions
que soulèvelapratique, qu’il s’agisse
soit du
groupement des bobines,
soit de lalongueur
ou du diamètredu fil
qui
doitgarnir
chacune d’elles.SUR LA RADIOPHONIE (2e MÉMOIRE);
PAR M. E. MERCADIER.
Dans un
premier Mémoire,
inséré dans ceJournal (1), j’ai
mon-tré : i° que les effets sonores résultant de l’action d’une radiation intermittente sur des lames minces d’un C01’pS
solide,
et clue M. G.Bell attribuait à une transformation
d’énergie lumineuse,
étaientréellement le résultat d’une transformation
d’énergie thermique;
2° que l’intensité de ces effets
dépendait principalement
de la na-ture de la
sluface
durécepteur
etqu’elle
étaitsingulièrement
aug- mentéequand
cette surface était recouverte desubstances,
tellesque le noir de
fumée,
le noir deplatine,
le bitume deJ lldée,
etc.,qui
absorbentbeaucoup
la chaleurrayonnante.
Il résultait de cette
première
étude que la substance oÙs’opérait
la transformation était la couche de gaz adhérente à la surface des
récepteurs.
Mais il me restait :[I]
à démontrer cepoint plus
nette-ment ;
[II]
à enexpliquer le mécanisme; [III]
à faire d’une manièreanalogue
l’étude desliquides
et des gaz considérés commerécep-
teurs de radiations intermittentes.
Telles sont les nouvelles recherches dont
je
me propose d’indi- quer ici lesprincipaux
résultats.I. D’abord la substance oit se
produit
la ’vibration est bien la cotiche d’air en contact avec lesparois
desrécepteurs.
Journal de Physique, t. X, p. 53 (1881); Comptes rendzrs de 1’-4cadéniie des
Sciences, t. XCI, p . 929 et 982 (1880).
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0188100100014701
Pour le
démontrer, j’ai change
ladisposition
de mesrécep- teurs (1).
Je les ai formes(fig. 1)
d’un tube de verreT,
bouchéFig. 1.
ou non Ù une
extrémité, communiquant-
par l’autre avec unpetit
cornet
acoustique
par l’intermédiaire d’un tube en caoutchouc aussicourt que
possible.
On
peut
alors faire tomber sur ces tubes le faisceau radiantS,
concentré ou non à l’aide d’un
système optique
avant son passage à travers les ouvertures de la roueinterruptrice
décriteprécéden1-
ment
(2).
Onpeut
d’ailleurs boucher l’extrémité inférieure dutube,
et même fermer l’extrémité
supérieure,
où se trouveajusté
le tubeen
caoutchouc
, avec une lame mince de verre ou demica,
cequi
ne faitqu’affaiblir
un peu les sonsprodui ts,
maisqui pré-
sente
1 avantage
depouvoir enfermer
dans le tube desliquides
etdes gaz ou des vapeurs.
On enfume la
partie
intérieure du haut du tube sur une moitiéseulement,
en a. Si alors onprésente
lapartie
inférieure d nonenfumée à la radiation intermittente
S,
onn’entend,
même avecla lumière
oxyhydrique,
que des sons assezfaibles. Mais,
si l’onpré-
sente à la radiation la
partie
enfumée fi, defaçon qu’elle
traversed’abord la
portion transparente
dutube,
on entend des sons trèsintenses,
la couche d’air adhérente au noir de fumée étant forte-(1) Voir Journal de Physique, p. 37.
(2) Ibid., t. X, p. 56.
ment échauffée par suite de
l’absorption
par cette substance de la chaleurrayonnante.
Au lieu d’enfumer l’intérieur du
tube,
cequi présente quelques difficultés,
onpeut y
introduire undemi-cylindre
d’une substanceà peu
près quelconque enfumée, papier, mica, cuivre, zinc, pla- tine, aluminium,
etc. En lessuperposant
dans le tube(fig. 1)
en c,
b,
a, ... , on reconnaîtqu’elles produisent des sons dont l’in- tensité,
d’ailleursconsidérable,
varie très peu avec leur nature;elle croît
jusqu’à
une certaine limite avecl’épaisseur
de la couche de noir de fuméedéposée
sur le verre. C’est doncprincipalement
l’air condensé par le noir de fumée
qui
vibre.Une autre preuve de ce fait résulte de ce que, si la couche en-
fumée est extérieure au
tube,
elle est sans influence sensible surles effets
produits.
On le démontre nettement à l’aide del’expé-
rience suivante. Un
premier
tube i bouché renferme intérieure17lentun
demi-cylindre
de micaenfuu1é a;
extérieure17lent et lelong
desmêmes
génératrices, en b,
il est enfumé. Ilcommunique
avec uncornet
acoustique
A par un tube encaoutchouc, fixé,
à l’aide d’unbouchon,
à l’intérieur d’un tubeplus large
T aboutissant à un autreFig. 2.
cornet B.
Lorsqu’Ion
expose lapartie
cc aux radiations intermit- tentes, on entend des sons intenses en A et rien en B : c’est l’air inférieur de tqui
vibre. Si l’on éclaire lapartie b,
on n’entendrien en A et on entend en B : c’est, l’air extérieur à 1
qui
vibre.Du reste, on
peut
dire que toute substancesusceptible
de con-denser de l’air à sa surface
produit
des sonsplus
intenses que l’air seul : on le voit aisément en introduisant dans un tube des mor- ceaux defusain,
debois,
dedrap,
depapier lJUVard,
etc. On s’ex-plique
maintenant sans difficulté le rôle de ces substances.En
111’appuJant
sur cespropriétés, j’ai
pu construire très sim-plement
desrécepteurs
thermosonores très sensibles. Il 111’a suffi deprendre
des tubes à essais en verremince,
de0m ,05
delongueur
sur
0m,006 ou 0m,007
dediamètre,
contenant unepetite plaque
demica ou de
clinquant
de c-tiivre enfumé : ilsproduisent
des sonsperceptibles
sans aucune difficulté sous 1 influence des radiations lesplus
faibles aupoint
de vuelumineux,
comme celles du gaz, d’unelampe
àhuile,
d’unebougie, d’une lampe
àalcool,
d’un mor-ceau de bois ou de charbon rouge, d’une
plaque
de cuivre chaufféeà 3ooO.
On
petit
même réduirebeaucoup
le diamètre de cesrécepteurs
sans diminuer notablement leur sensibilité.
La fig.
3représente
en1 ï :i - .L
vraie
grandeur
unappareil
de ce genre, bouché à une extrémitéavec un peu de cire à
cacheter,
etqui
constitue cequ’on pourrai t appeler
paranalogie
unrécepteur thermophonique
lineaire. Ce ré-cepteur permet d’explorer
unspectre
comme avec unepile
thermo-électridue
linéaire et derépéter,
en laprécisant, Inexpérience
dé-crite à la page 65 de ce Volume.
A cet
effet, j’interpose
une fente de 0111,002 delargeur
entre lesrayons
dispersés
par leprisme
et la lentillecylindrique qui
lesconcentre sur la roue
interruptrice,
ou mêmeje supprime
cettelentille. Dans des
spectres
de0m,035
à0m,040
delongueur
obtenusavec la lumière
solaihe,
la lumièreélectrique
et la lumièreoxyhy- drique,
lapartie
active s’étend del’orangé
àl’lllfl’a-rOrtlbe, jusqu’à
tine distance de la limite du rouge visible
égale
au moins auquart
de lalongueur
du spectre. Le maximum d’effet seproduit
dansl’infra-rouge.
Quand
on se sert de la lumièreoxyh) drique
et de la lumière élec-tridue,
on obtient des effets sonores assezénerbidues,
car, en rein-plaçant
le cornetacoustique
par un cônerenforçant
enpapier
ouen
métal,
onpeut
entendre les sons de la lumièreoxyhydrique
à i n’ou 2m de
distance,
et ceux queproduit
la lumièreélectrique
à 8mou i ()m, dans une salle olt
règne
un silencecon1plet.
Il est à remarquer que certains sons
seulement, parmi
les sonsde hauteur variable
qui
résultent de la variation de vitesse de laroue
interruptrice.
peuvent être ainsi renforcés.L’explication
decette
particularité
résultera nettement de cequi
suit.II. On
peut expriiner
ainsi le nzécanisn2e de la transformationthermphonique :
La couche d’air condensée sur lesparois
desrécepteurs,
surtoutqiiand
ils sontenfu1Jzés
oit recouverts dilne substance très absorbante poiii- lachaleur,
est alternativementéchauffée
etre.fi’oidie
par les radiations intermittentes; il en résulte des dilatations et condensationspériodiques
etrégulières,
d’oÙ un mouvement vibratoire
communiqué
aux couches gazeusesvoisines, qui
,d’ailleurs, peuvent
vibrer directement sons la même1?glllelice.
La
conséquence
immédiatequi
en résulte est que desrécepteurs
du genre de ceux
qu’on
vient dedécrire,
convenablementallongés,
doivent constituer de véritables
tuyaux thermophoniques
ou, si l’onB’eut,
thermosonores,
mis en vibration pal’ une radiationthermique
intermittente. Pour le
démontrer,
onprend un long
tube en verre T(fig. 4),
danslequel peut
se mouvoir unpiston
à l’aide d’uneFie. y.
tige.
A l’extrémité du tube onplace,
àl’intérieur,
un morceau demica enflimé a : on laisse cette extrémité ouverte ou bien on la bouche avec une lame de verre ou de mica
en h,
et l’on yajuste,
par l’intermédiaire d’un tube en caoutchouc ou en
métal,
un cornetacoustique
C.On fait tomber en fi le faisceau radiant intermittent
S,
onplace
le
piston
en a et on écoute en C. On entend un son comme dansles
récepteurs beaucoup plus
courts. On maintient constante la vitesse de la roueinterruptrice,
et par suite la hauteur du son pro- duit. En retirant alorsgraduellement
lepiston,
l’intensité du sonéprouve
des variationspériodiques qui
vontjusqu’à
l’extinctionen des
points N, N’,
..., avec des maxima en cc,V,
.... On obtientainsi des noeuds et des ventres, absolument conmle dans un tuyau
sonore
qui
seraitpercé
d’une ouverture dans leplan a,
parlaquelle
arriverait un courant d’air.
Si l’on
change
la vitesse de la roueinterruptrice,
en la maintenantconstante
quand
elle a atteint une nouvellevaleur,
onreproduit
la même
elpérience :
la distance seule entre deux noeuds consé- cutifsN,
N’change.
On a donc bien là un tuyau sonore
susceptible
de rendre tousles sons
qu’on peut produire
enchangeant
la vitesse de la roue in-terruptrice,
c’est-à-dire lapériode
d’intermittence de la radiationthermique,
cause déterminante des vibrations.Il en résulte la
possibilité
derépéter
avec cestuyaux
lesexpé-
riences de
Dulong
relatives à la mesure de la vitesse du son dans l’air et les gaz. Je me suis assuré sommairement de cettepossibi-
lité à l’aide d’un
appareil grossièrement constitué,
etje
pense que des déterminations de ce genrepourront présenter
une assezgrande
exactitude : 1° à cause de la facilité d’enfermer dan s ces
tuyaux
des gaz à unepression
et à unetempérature
constantes,puisque
cen’est pas le courant de gaz lui-même
qui produit l’éhranlement;
2° parce
qu’il n’y
a pas à l’orifice lesperturbations qui
existentdans les
tuyaux
ordinaires. Je construis unappareil
pour effectuerces détermination.
D’autre paru, connaissant la
longueur
d’onde d’un son donné dansl’air,
onpeut
déterminer leslongueurs
detuyaux
de rac- cordement lesplus
convenables pourqu’en
reliant entre euxplu-
sieurs tubes
récepteurs
semblables à ceuxqu’on
vient de dé- crire onpuisse,
en lesexposant
simultanément à l’action deplu-
sieurs sources radiantes
identiques,
renforcer les effetsproduits.
On
peut
former ainsi des sortes depiles thermophoniques
avec deséléments
disposés
ensurface
ou en série. Je reviendraiplus
tardsur ces
dispositions.
III. Il restait à étudier au
point
de vueradiophonique
les gazautres que
l’air,
les vapeurs et lesliquides.
Cette étude est facile à l’aide des tubes
récepteurs
en verre. D’a-bord,
en versant une couche dequelques
centimètres (l’eau au fond d’un de ces tubes(fig. 5)
et en introduisant à lapartie supérieure
un
demi-cylindre
de micaenfumée
onpeut
exposer aux radiations intermittentes successivement leliquide
et l’airchargé
de vapeur d’eau au-dessous et en face de lapartie
enfumée.On constate ainsi que les radiations traversant l’eau en a ne pro- duisent pas d’effet sonore
sensible, qu’en
traversant l’air humide immédiatement au-dessus de l’eau et dans lapartie transparente b
du tube les effets sonores sont très
faibles,
mais deviennent d’au-tant
plus
intenses que l’air estplus
saturé de vapeurd’eau,
cequ’on
obtient en chauffant leliquide
avec unelampe
à alcool. En-fin,
en traversant l’air humide de lapartie supérieure
du tube c, oiise trouve un
demi-cylindre
declinquant enfuimé,
les radiations pro- duisent les mêmeseffets,
mais avec une intensitébeaucoup plus
grande.
Fig. 5.
J’ai obtenu les mêmes résultats avec l’étller
sulfurique
et Fam-moniaque.
J’en étais là de ces recherches
quand j’appris
que M.T) ndall
avait fait l’étude
complète
des gaz et des vapeurs à cepoint
devue
(’ ).
Personne n’étaitplus
en état de les exécuter que le savantphysicien
àqui
nous devons de si beaux travaux surl’absorption
de la chaleur
rayonnante
par les gaz et les vapeurs. M.Tyndall
aconstaté
principalement
que les effets sonoresproduits
par les gaz et les vapeurs enfermés dans des ballons en verre étaient il’aiiia12tplus
intenses que ces substances absorbaient 1Jlieux les radiationscalorifiques,
et il est parvenu, commeje
l’ayais faitmoi-même,
àproduire
ces effets avec des radiationscalorifiques
obscures.Après
ces recherches très
complètes, je
croisqu’on peut
considérer commeélucidée la
question
de la transformationd’énergie
radiante enénergie
sonore dans le cas desrécepteurs
considérés.(’ ) Voir ci-après, p. 165.
J’ajouterai
seulement, comme dernière remarque,qu’on
obtientici des effets relativement très intenses et par des moyens en ap- parence bien
disproportionnés. Ainsi,
parexemple,
avec la roueinterruptrice
dontje
me sers, et àlaquelle j’ai
pu donner une vi-tesse de 3o tours par
seconde,
onpeut
obtenir des sons corres-pondant à 2400
vibrations doubles parseconde,
et il enrésulte,
en tenant
compte
desparties pleines
de la roue,égales
enlargeur
aux
parties transparentes,
quechaque
effetthermique
ne durequ’enB-iron 0",0002 :
nouvelle preuve de lapuissance qu on peut
obtenir avec une cause extrêmementpetite,
maisqui agit j)ériodi-
quement
avec unegrande rapidité.
APPLICATION DES FRANGES DE TALBOT A LA DÉTERMINATION DES INDICES DE RÉFRACTION DES LIQUIDES;
PAR M. HURION.
Dans un travail récent
(1),
1B1. lllascart a montre tout leparti qu’on pouvait
tirer duphénomène
desfranges
de 1-’albot pour lamesure des indices de réfraction des corps gazeux. Le Journal de
Physique (2)
contient un article danslequel, après
avoir donné la théorie duphénomène,
le mêmephysicien indique
comment onpourrait
l’utiliser pour déterminer la différence entre l’indice de réfraction d’un solide et l’indice de réfraction d’unliquide.
J’aimoi-même (3) mesurée
à l’aide desfranges
deTalbot,
la différence des indices de réfraction de deuxliquides; lnais,
à ma connais-sance du
moins,
on n’a pas encoreemployé
cesfranges
à la déter-mination directe de l’indice de réfraction d’un
liquide.
J’ai donc cherché à résoudre
ce problènle, et j’ai
rendu verticaux les deux faisceauxinterférents,
de manière que chacun d’eux tra-verse l’une des moitiés d’une cuve à deux
compartiments
dont lefond est constitué par une
glace
à facesparallèles.
Si le niveau duliquide
soumis àl’expérience
est le même des deux côtés et si(’ ) Annales scientifiques cle l’École 11’ormfzle, 2° série, t. VI, p. 0.
(2) Journal de physique, 1. I, p. 177.
(3) Annales scicntifiques de l’École Normale, 2° série, t. VI p. 406.