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ALG`EBRES DE LIE AFFINES ET OP´ERATEURS PSEUDO-DIFF´ERENTIELS D’ORDRE INFINI (AFFINE LIE ALGEBRAS AND PSEUDO-DIFFERENTIAL OPERATORS OF INFINITE ORDER)

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Texte intégral

(1)

PSEUDO-DIFF´ ERENTIELS D’ORDRE INFINI (AFFINE LIE ALGEBRAS AND

PSEUDO-DIFFERENTIAL OPERATORS OF INFINITE ORDER)

A. LESFARI

In this paper we make a careful study of some connection between pseudo- differential operators, Kadomtsev-Petviashvili (KP) hierarchy and tau functions based on the Sato-Date-Jimbo-Miwa-Kashiwara theory. A few other connections and ideas concerning the Korteweg-de Vries (KdV) and Boussinesq equations, the Gelfand-Dickey flows, the Heisenberg and Virasoro algebras are given. The study of the KP and KdV hierarchies, the use of tau functions related to infinite di- mensional Grassmannians, vertex operators and the Hirota’s bilinear formalism led to obtaining remarkable properties concerning these algebras as for exam- ple the existence of an infinite family of first integrals functionally independent and in involution. The paper is supported by an appendix which contains some information about coadjoint orbits in Kac-Moody algebras and a proof of the Adler-Kostant-Symes theorem.

AMS 2010 Subject Classification: 47G30, 17B69, 53D30.

Key words: pseudo-differential operators, tau functions, vertex operator algebras and related structures, Symplectic structures of moduli spaces.

1. INTRODUCTION

Dans ce travail, on ´etudie quelques g´en´eralit´es sur l’alg`ebre des op´erateurs diff´erentiels d’ordre infini. Les alg`ebres de Virasoro, de Heisenberg, les ´equ- ations d’´evolution non-lin´eaires telles que les ´equations de Korteweg-de Vries (KdV), de Boussinesq ainsi que celle de Kadomtsev-Petviashvili (KP) jouent un rˆole crucial dans cette ´etude. L’´etude des hi´erarchies Korteweg-de Vries et Kadomtsev-Petviashvili, l’utilisation des fonctions tau li´ees aux vari´et´es grassmanniennes de dimension infinie, des op´erateurs de vertex ainsi que le formalisme bilin´eaire de Hirota ont conduit `a l’obtention de propri´et´es remar- quables concernant ces alg`ebres, comme par exemple l’existence d’une famille

MATH. REPORTS14(64),1 (2012), 43–69

(2)

infinie d’int´egrales premi`eres fonctionnellement ind´ependantes et en involu- tion. R´ecemment, l’´elaboration de m´ethodes puissantes et la d´ecouverte de leurs structures alg´ebriques communes ont conduit `a des d´eveloppements im- portants concernant l’´etude des probl`emes non-lin´eaires (voir par exemple [27, 28, 29] pour une vue d’ensemble).

Les fonctionsτ(t) sont des fonctions sp´ecifiques du temps, construites `a partir de sections d’un fibr´e d´eterminant sur une vari´et´e grassmannienne de dimension infinie. Ces fonctions “g´en´eralisent” les fonctions thˆeta de Riemann et ce sont des solutions de la hi´erarchie Kadomtsev-Petviashvili (KP), i.e., so- lutions d’une suite infinie d’´equations aux d´eriv´ees partielles non-lin´eaires [8]

reliant une infinit´e de fonctions en une infinit´e de variables. Les fonctionsτ(t) peuvent ˆetre des polynˆomes de Schur, relevant de la th´eorie des repr´esentations des groupes ou des d´eterminants de Fredholm. La premi`ere fonction tau `a ´et´e introduite par Sato, Miwa et Jimbo en relation avec la th´eorie de d´eformations isomonodromiques. Elle a ´et´e d´efinie comme une fonction de corr´elation de certains champs quantiques, associ´es aux pˆoles d’un syst`eme fuchsien sur la sph`ere de Riemann. Ces fonctions donnent des informations sur la topologie des espaces de modules des surfaces de Riemann et sont ´etroitement li´ees `a la th´eorie des repr´esentations des alg`ebres de Virasoro et des W-alg`ebres. Les fonctionsτ(t) jouent un rˆole important dans un grand nombre de branches des math´ematiques et de la physique th´eorique, comme les syst`emes int´egrables, les th´eories de cordes, les th´eories de jauge quantique, les d´eformations isomon- odromiques, les mod`eles matriciels (gravit´e quantique), les int´egrales ma- tricielles associ´ees ont des d´eveloppements en s´eries perturbatrices dont les termes comptent les triangulations sur des surfaces (graphes de Feynman), les probl`emes de modules et dans bien d’autres domaines. En fait au cours de ces derni`eres ann´ees (voir [29]), de nombreux probl`emes se rattachant `a la g´eom´etrie alg´ebrique, la combinatoire, les probabilit´es et la th´eorie de jauge quantique, . . . , ont ´et´e r´esolus explicitement par des m´ethodes inspir´ees des techniques issues de l’´etude des syst`emes int´egrables. En particulier l’´etude des matrices al´eatoires, domaine qui ´etablit des liens avec plusieurs probl`emes, par exemple avec la combinatoire, les probabilit´es, la th´eorie des nombres, les mod`eles de croissances et de pavages al´eatoires et les questions de technolo- gie de la communication. Les fonctions τ(t) sont la source d’inspiration pour bon nombre de math´ematiciens et physiciens en quˆete de nouvelles structures alg´ebriques apparaissant en math´ematique et en physique.

2. OP ´ERATEURS PSEUDO-DIFF ´ERENTIELS ET STRUCTURES SYMPLECTIQUES

SoitLun op´erateur pseudo-diff´erentiel `a coefficients holomorphes. L’en- semble de ces op´erateurs forme une alg`ebre de Lie que l’on note A. L’alg`ebre

(3)

A se d´ecompose en deux sous-alg`ebres A+ et A: A=A+⊕ A, o`u A+ est l’alg`ebre des op´erateurs diff´erentiels de la forme

ζ =X

k≥0

uk(x)∂k, somme finie, ∂= ∂

∂x,

etA est l’alg`ebre des op´erateurs strictement pseudo-diff´erentiels de la forme η =X

k>0

u−k(x)∂−k=∂−1v0+∂−2v1+· · ·, ∂= ∂

∂x.

L’alg`ebreApeut-ˆetre vue comme ´etant une alg`ebre associative pour le produit de deux op´erateurs pseudo-diff´erentielsL etL0,

L.L0 =

X

k=0

1

k!:∂k(L).∂xk(L0):,

o`u∂ = ∂x et le symbole: :d´esigne l’ordre normal, i.e., il signifie que les d´eriv´ees figurent toujours `a droite ind´ependamment des relations de commutation.

Exemple2.1. Pourm, n∈N, on a pour toutes fonctions u,v, (1) u∂m.v∂n=

m

X

k=0

m!

k!(m−k)!uv(k)m+n−k=

m

X

k=0

1

k!:∂k(u∂m).∂xk(v∂n):, et

−1u=u∂−1−u0−2+u00−3+· · ·+ (−1)ku(k)−k−1+· · · (2)

=

X

k=0

:∂k(∂−1).∂xk(u):,

o`u∂−1 est un inverse formel de ∂, i.e.,∂−1.∂ =∂.∂−1= 1.

On peut d´efinir un couplage entre A+ et A comme suit: Soit R´es(ζη) le coefficient de ∂−1 dansζη. On a

hζ, ηi=

X

k≥0

ukk,X

k>0

u−k−k

=hu00+u11+· · ·, ∂−1v0+∂−2v1+· · · i

= Z

−∞

R´es(ζη)dx= Z

−∞

X

k≥0

ukvkdx.

(4)

D`es lors, le groupe de Volterre (I+A) agit sur A par l’action adjointe et sur A+ par l’action coadjointe. Soit ζ∈ A+ etηk∈ A, d’o`u [1]

hadη

1(ζ), η2i=hζ, adη12)i=hζ,[η1, η2]i=

= Z

−1−terme de (ζη1η2−ζη2η1) dx=

= Z

−1−terme de (ζη1−η1ζ)+η2

dx=h[ζ, η1]+, η2i.

Donc, l’ensemble OA

+(L) des op´erateurs diff´erentiels de la forme

(3) L=∂N +

N−2

X

k=0

uk(x)∂k, N fix´e, est une orbite coadjointe dans A+.

Soitf une fonction de classeC en x et d´ependant d’un nombre fini de d´eriv´ees u(l)k des coefficientsuk de L. Soit

∇H(L) =

N−1

X

k=0

−k−1X

l

(−1)l d

dx l

∂f

∂p(l)k

=

N−1

X

k=0

−k−1δH δuk, le gradient de la fonctionnelle (d´efinie surA+),

H(L) = Z

−∞

f(x, . . . , u(l)k , . . .)dx, et tel que:

dH = Z

−∞

N−1

X

k=1

δH δuk

duk =

* N X

k=0

duk.∂k,∇H +

=hdL,∇Hi, o`u dL=PN

k=0duk.∂k. On rappelle que le produit scalaire entre deux op´erateurs pseudo-diff´erentiels LetL0 est d´efini par

hL, L0i=− Z

−∞

(LL0)dx= Z

−∞

(L0L)dx).

D’apr`es le th´eor`eme d’Adler-Kostant-Symes (voir appendice), les champs de vecteurs hamiltoniens sur l’orbite coadjointe OA

+, d´efinissent des flots com- mutatifs et sont donn´es par

(4) dL

dt =ad∇H(L)(L) = [L,∇H(L)]+,

o`uH(L) est l’hamiltonien sur A+. Notons que l’op´erateurL ne contient pas le coefficientuN−1. Comme le champ de vecteurs (4) appliqu´e `a l’op´erateurL (3) impose la condition

R´es[L,∇H(L)] = 0,

(5)

on peut donc remplacer le gradient δpδH

N−1 par n’importe quelle expression satisfaisant `a cette condition. D`es lors un premier crochet (de Poisson) est donn´e par

{H, F}1 =hL,[∇F,∇H]i= Z

R´es (∇H[L,∇F]+) dx= (5)

= Z

R´es (∇H[L,∇F]) dx= Z

R´es ([∇H, L]∇F) dx.

Consid´erons les hamiltoniens Hk+N = N

k+N Z

R´esLk+NN

dx, k∈N. On a

∇Hk+N(L) = LNk

,

et les champs de vecteurs (4) appliqu´es `a ces hamiltoniens, fournissent les

´

equations int´egrables; N-r´eduction de Gel’fand Dickey de la hi´erarchie KP (voir plus loin pour la d´efinition) suivantes:

(6) dL

dt =

L,∇Hk+N(L)

+=−

(LNk), L

+=

(LNk)+, L . Notons que puisque

(LNk)+, L

+=

LNk −(LNk), L

+=−

(LNk), L

∈ A,

alors les ´equations (6) d´eterminent un nombre infini de champs de vecteurs commutants (voir plus loin) sur A++A.

Nous allons maintenant ´etudier [1, 13, 10, 11, 12] l’existence d’une se- conde structure symplectique. SoitLe =L+zo`uLest un op´erateur diff´erentiel d’ordre n. On a

(7) dL

dt = L∇He

+Le−Le ∇HLe

+.

Notons que (7) est un champ de vecteurs hamiltonien (g´en´eralisant ainsi (4)).

En effet, soit

J :A/A−∞,N−1 → D0,N−1, la fonction d´efinie par

J(ζ) = Lζe

+Le−L ζe Le

+=− Lζe

Le+L ζe Le

, ζ ∈ A/A−∞,N−1. D’o`u

dL

dt =∂J(ζ)(L)≡ Lζe

+Le−L ζe Le

+,

ce qui montre qu’il s’agit bien d’un champ de vecteurs sur les op´erateurs diff´erentielsLd’ordre n. De mˆeme, on a

dL

dt =− L∇He

Le+Le ∇HLe

,

(6)

et la mˆeme conclusion reste valable. En outre, on a aussi la relation dL

dt = (L∇H)+L−L(∇HL)++z[∇H, L]+,

qui montre que ce champ de vecteurs est une interpolation entre (4) pour z =∞ et un nouveau champ de vecteurs pour z= 0. Consid´erons la 2-forme diff´erentielle

ω ∂J(ζ), ∂J(η)

=hJ(ζ), ηi= Z

R´es(J(ζ)η)dx.

On montre que cette forme est ferm´ee (dω = 0), qu’elle est anti-sym´etrique (hJ(ζ), ηi=−hζ, J(η)i) et qu’en outre

J(ζ), ∂J(η)

=∂J(ξ), o`u ξ =

−ζ Lηe

++ ζLe

η

−η Lζe

++ ηLe

ζ

+∂J(ζ)η−∂J(η)ζ.

D´efinition2.2. L’alg`ebre des fonctionnelles sur l’espace des op´erateurs de la forme (3) pour cette forme symplectique s’appelle alg`ebreW.

Proposition 2.3.Les hamiltoniensHk, Hk+N, Hk+2N, . . . ,d´efinis en(6) sont tous en involution pour le crochet (5).

D´emonstration. En effet, soit

J =

J1 si z=∞ J2 si z= 0,

o`u les crochets de Poisson {·,·}1,{·,·}2 sont donn´es par {Hj, Hk}1 =

Z

R´es (∇HjJ1(∇Hk)), et

{Hj, Hk}2=h∇H, J2(∇F)i= Z

R´es(∇H((L∇F)+L−L(∇F L)+))dx

= Z

R´es(L∇H(L∇F)+− ∇HL(∇F L)+)dx.

On d´eduit de la relation

L Lnr−1

+L−L

Lnr−1

L

++ h

Lnr

, L i

+= 0, l’expression

{Hj, Hk}1 = Z

R´es (∇HjJ2∇Hk−N).

(7)

La forme ω ´etant anti-sym´etrique, on a donc {Hj, Hk}1=−

Z

R´es (∇Hk−NJ2(∇Hj)) =− Z

R´es (∇Hk−NJ1(∇Hj+N))

=− Z

R´es (∇Hj+NJ1(∇Hk−N)) ={Hj+N, Hk−N}1.

Par cons´equent, on a {Hj, Hk} = {Hj+αN, Hk−αN}. Pour α suffisammant grand avec J1(∇Hk−αN) = 0, i.e., Hk−αN est triviale pour α suffisamment grand et on obtient {Hj, Hk}= 0, donc Hj, Hk sont en involution.

3. EQUATION DE KDV, ALG `EBRE DE HEISENBERG ET ALG `EBRE DE VIRASORO

Proposition 3.1. L’op´erateur

L=∂2+q,

correspondant au cas N = 2 avec q ≡u0, est li´e `a l’´equation de Korteweg-de Vries (KdV) et le crochet de Poisson est fourni dans ce cas par

{q(x), q(y)}1 = d

dxδ(x−y).

D´emonstration. En effet, comme

∇H(L) =∂−1δH

δq +∂−21 2

δH δq

0

, alors les champs de vecteurs appliqu´es `a l’hamiltonien

H = Z

q3−1 2q02

dx, fournissent l’´equation de Korteweg-de Vries

(8) dq

dt = dL dt = 1

2[L,∇H]+= d dx

δH

δq = ∂3q

∂x3 + 6q∂q

∂x. Le crochet (de Poisson) est dans ce cas

{H, F}1 = Z δH

δq d dx

δF δq, d’o`u

{q(x), q(y)}1 = d

dxδ(x−y), ce qui ach`eve la d´emonstration.

(8)

Remarque3.2. De mˆeme, en prenant N = 3,u≡u2,v≡u3, L=∂3+u∂+v, L23 =∂3+2

3u, alors le flot (8) prend la forme

∂u

∂t2

=−∂2u

∂x2 + 2∂v

∂x, ∂v

∂t2

= ∂2v

∂x2 −2 3

3u

∂x3 −2 3u∂u

∂x. En ´eliminantv de ce syst`eme, on obtient l’´equation de Boussinesq

3 ∂u

∂t2 2

+ ∂2

∂x22u

∂x2 + 2u2

= 0.

Proposition 3.3. En rempla¸cant dans la proposition pr´ec´edente q(x) par la s´erie de Fourier

(9) q(x) =α

X

n=−∞

e−inxϕn+β, −iα−2= 1,

o`u(ϕk)k∈Z sont de nouvelles coordonn´ees(coefficients de Fourier), on obtient l’alg`ebre de Heisenberg et le crochet de Poisson est fourni par

n, ϕm}1=nδm+n,0.

D´emonstration. Soit Ml’ensemble des matrices (akl), k, l ∈Z, `a coeffi- cients complexes et N laC-alg`ebre d´efinie par

N ={(akl)∈ M:∃r tel queakl= 0 pour|k−l|> r},

i.e., l’ensemble des matrices infinies `a support dans une bande autour de la diagonale. Le produit de deux matrices appartenant respectivement `a N et M se d´efinit de la mani`ere usuelle. Notons que N est une alg`ebre de Lie et M est unN-module. Leurs extensionsNe etMf sont d´efinies par

0→Cc→N → N →e 0, 0→Cc→M → M →f 0, avec Ne =N ⊕CcetMf=M ⊕Cc, o`uc est un ´el´ement centrale, i.e.,

[c, A] = [c, B] = 0, ∀A∈Ne, ∀B∈M.f

On note ei,j = (δkilj)kl les matrices ´el´ementaires, i.e., les matrices dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de la ligne iet de la colonne j qui vaut 1.

Une matrice de Jacobi n’ayant pas de trace, on consid`ere la matrice A[J, B]

o`uA∈ N,B ∈ M etJ est la matrice d´efinie par J =X

i∈Z

ε(i)ei,i,

(9)

o`uε(i) = +1 si i <0 et−1 si i≥0. Les ´el´ements de la matriceA[J, B] sont nuls `a l’exception d’un nombre fini, donc il s’agit bien d’une matrice finie et on peut d´efinir le cocycle deA∈ N etB ∈ M`a l’aide de la formule

ρ(A, B) = 1

2Tr(A[J, B]) = 1 2

X

i,j

(ε(i)−ε(j))aijbji. D`es lors, le crochet[f,] de A∈ N etB ∈ M est d´efinit par

[A, B] = [A^ +αc, B+βc] = [A, B] +ρ(A, B)c.

On note que l’alg`ebre Ne est une extension centrale non triviale de N tandis que la sous-alg`ebre

Mff =Mf⊕Cc, est une extension centrale triviale de

Mf ={(aij)∈ M: (i, j)7→(aij) `a support fini}.

Posons

Ei =X

n∈Z

en,n+i,

o`u ei,i = (δkiij)kl sont les matrices ´el´ementaires d´efinies ci-dessus. Le sous- espace

E =M

i∈Z

CEi,

est une sous-alg`ebre commutative deN. La sous-alg`ebre deN d´efinie en posant Ee=E⊕Cc s’appelle sous-alg`ebre de Heisenberg. On a

(10) [E^i, Ej] =iδi,−jc.

On reprend maintenant l’exemple pr´ec´edent et on remplace q(x) par la s´erie de Fourier (9). SoitH une fonctionnelle deq. Sa d´eriv´ee de Fr´echet en termes des coordonn´eesϕk s’´ecrit

(11) δH

δq =

X

k=−∞

δH δϕk.∂ϕk

∂q =α−1

X

k=−∞

∂H

∂ϕkeikx.

On substitue (10) et (11) dans l’´equation (8) et on sp´ecifie les coefficients de Fourier; on obtient la relation

α∂ϕn

∂t =−iα−1n∂H

∂ϕn.

(10)

Par ailleurs, la structure symplectique ´etant donn´ee par la matrice des crochets (de Poisson), on a aussi

∂ϕn

∂t =

X

m=−∞

n, ϕm}1 ∂H

∂ϕm

. D`es lors

n, ϕm}1=−iα−2m+n,0.

En posant −iα−2= 1, on obtient l’alg`ebre de Heisenberg (o`u {,} joue le rˆole ici du crochet [f,] (2.3) ci-dessus).

Proposition 3.4. Dans le casN = 2 (proposition 3.1)on obtient l’alg`e- bre de Virasoro et sa structure est donn´ee par

m, ϕn}2= (m−n)ϕm+n+ c

12(m3−m)δm+n,0.

D´emonstration. Soit Diff(S1) le groupe des diff´eomorphismes du cercle unit´e: S1={z∈C:|z|= 1}. Soit

F =

f(z) d

dz :f(z)∈C

z,1 z

,

l’ensemble des champs de vecteurs (polynˆomes de Laurent). Notons que F peut-ˆetre vu comme ´etant l’espace tangent Diff(S1) en son point unit´e, donc F est une alg`ebre de Lie par rapport au crochet [,]. En posant

ϕm=−zm+1 d dz, on obtient

m, ϕn] = (n+ 1)zm+n+1−(m+ 1)m+n+1 d dz

=−(m+n)zm+n+1 d

dz = (m−n)ϕm+n. On montre que H2(F,C)∼=Cet

ρ(ϕm, ϕn) = 1

12(m3−m)δm,−n.

L’espace vectoriel F ⊕Cc s’appelle alg`ebre de Virasoro, c’est une extension centrale de l’alg`ebre des champs de vecteurs complexes du cercle. Le crochet est donn´e par la formule

(12) [ϕm, ϕn] = (m−n)ϕm+n+ c

12(m3−m)δm,−n.

Reprenons maintenant l’exemple de l’´equation de K-dV. On aN = 2 et dq

dt = dL

dt = (L∇H)+−L(∇HL)+= ∂3+ 2(∂q+q∂)δH δq .

(11)

Le crochet (de Poisson) s’´ecrit dans ce cas {H, F}2 =

Z δH

δq ∂3+ 2(∂q+q∂)δF δq, et on a

{q(x), q(y)}2 = ∂3+ 2(∂q+q∂)

δ(x−y).

En utilisant un raisonnement similaire `a celui fait dans la proposition pr´ec´e- dente, on obtient

α∂ϕm

∂t =iX

n

(n−m)ϕm+n

δH δϕn

+ i

2α(m3−4βm) δH δϕ−m

,

o`u (ϕk)k∈Z sont les coefficients de Fourier de q. En posant 4β = 1, α = 6ic et en tenant compte de la s´erie de Fourier (10), on obtient

∂t

 ... ϕm

...

=

=

−m`eme colonne n`eme colonne

↓ ↓

m`eme ligne → c

12(m3−m) . . . (m−n)ϕm+n

 ... δH δϕm

...

 ,

et par cons´equent

m, ϕn}2= (m−n)ϕm+n+ c

12(m3−m)δm+n,0,

i.e., la structure de Virasoro [14] (o`u {,}2 joue le rˆole ici du crochet [,] (12) ci-dessus).

4. HI ´ERARCHIE KP, FONCTIONSτ(t), IDENTIT ´ES DE FAY, OP ´ERATEUR VERTEX ET ´EQUATIONS BILIN ´EAIRES D’HIROTA.

Consid´erons l’op´erateur pseudo-diff´erentiel d’ordre infini (13) L=∂+u1−1+u2−2+· · ·, ∂≡ ∂

∂x,

o`uu1, u2, . . .sont des fonctions de classe C d´ependant d’une infinit´e de vari- ables ind´ependantes x ≡t1, t2, . . . . L’op´erateur compos´e Ln se calcule selon

(12)

les r`egles (1) et (2). On obtient

Ln=∂n+pn,2n−2+· · ·+pn,n+pn,n+1−1+· · ·

=∂n+

n

X

j=2

pn,jn−j +

X

j=1

pn,n+j−j,

o`u lespn,j sont des polynˆomes en les uj et leurs d´eriv´ees par rapport `a x. La partie diff´erentielle Ln+ de Ln´etant ´egale `a

Ln+=∂n+

n

X

j=2

pn,jn−j, on en d´eduit que

L1+=∂,

L2+=∂2+ 2u2, (14)

L3+=∂3+ 3u2∂+ 3(u3+∂u2), ...

La d´ependance entre les fonctions u1, u2, . . . et les variables x= t1, t2, . . . est fournie par le syst`eme d’´equations aux d´eriv´ees partielles suivant:

(15) ∂L

∂tn

= [Ln+, L], n∈N.

L’ensemble de ces ´equations s’appelle hi´erarchie de Kadomtsev-Petviashvili (en abr´eg´e: hi´erarchie KP). C’est une hi´erarchie de d´eformations isospectrales de l’op´erateur pseudo-diff´erentiel (13). On d´emontre [9] le r´esultat suivant:

Proposition 4.1. Il y’a une ´equivalence entre (15) et les ´equations

(16) ∂

∂tn

Lm+ − ∂

∂tm

Ln+= [Ln+, Lm+], ainsi qu’`a leurs formes duales

(17) ∂

∂tn

Lm− ∂

∂tm

Ln=−[Ln, Lm],

o`uLn =Ln−Ln+. Les ´equations(15)d´eterminent un nombre infini de champs de vecteurs commutants sur l’alg`ebre A=A+⊕ A.

D´emonstration. Notons que puisque Ln=Ln++Ln, alors

∂L

∂tn = [Ln+, L] =−[Ln, L]∈ A,

(13)

l’´equation (15) d´efini un nombre infini de champs de vecteurs sur A. Comme

∂tn et [Ln+,·] sont des d´erivations, alors

∂Lm

∂tn = [Ln+, Lm+] + [Ln+, Lm] =−[Ln, Lm+]−[Ln, Lm]

= 1

2 [Ln+, Lm+]−[Ln, Lm+] +1

2 −[Ln, Lm] + [Ln+, Lm]

= 1

2 [Ln+, Lm+]−[Ln, Lm] +1

2 [Lm+, Ln]−[Lm, Ln+] . De mˆeme, on a (il suffit d’´echanger net m)

∂Ln

∂tm

= 1

2 [Lm+, Ln+]−[Lm, Ln] +1

2 [Ln+, Lm]−[Ln, Lm+] . D’o`u

∂Lm

∂tn −∂Ln

∂tm = [Ln+, Lm+]−[Ln, Lm].

Or

∂Lm

∂tn −∂Ln

∂tm = ∂

∂tnLm+ + ∂

∂tnLm− ∂

∂tmLn+− ∂

∂tmLn

= ∂

∂tn

Lm+ − ∂

∂tm

Ln++ ∂

∂tn

Lm− ∂

∂tm

Ln, donc

∂tn

Lm+ − ∂

∂tm

Ln+−[Ln+, Lm+] =− ∂

∂tn

Lm+ ∂

∂tm

Ln−[Ln, Lm].

Puisque l’expression `a gauche appartient `a A+ et celle `a droite appartient

`

a A, alors le r´esultat d´ecoule de la d´ecomposition A = A+⊕ A puisque

´

evidemment A+∩ A =∅. Pour montrer que les champs de vecteurs d´efinis par ces ´equations commutent, on poseX(L) = [Lm+, L] etY(L) = [Ln+, L]. D’o`u

[X, Y](L) = (XY −Y X)(L) =X [Ln+, L]

−Y [Lm+, L]

=

X(Ln+)−Y(Lm+), L +

Ln+, X(L)

Lm+, Y(L)

=

X(Ln+)−Y(Lm+), L +

Ln+,[Lm+, L]

Lm+,[Ln+, L]

=

X(Ln+)−Y(Lm+)−[Lm+, Ln+], L

en vertu de l’identit´e de Jacobi et d’apr`es (16), on en d´eduit que les champs de vecteurs en question commutent.

En sp´ecifiant les quantificateurs de∂k dans (16), on obtient une infinit´e d’´equations aux d´eriv´ees partielles non-lin´eaires [8] formant l’hi´erarchie de Kadomtsev-Petviashvili. Ces ´equations relient une infinit´e de fonctionsuj en une infinit´e de variables tj. Par exemple, pour m = 2, n = 3, les relations (16) et (14) d´eterminent deux expressions en fonction deu2 etu3. Apr`es avoir

(14)

´

elimin´e u3, on obtient imm´ediatement l’´equation non-lin´eaire de Kadomtsev- Petviashvili (´equation KP):

(18) 3∂2u2

∂t22 − ∂

∂t1

4∂u2

∂t3 −12u2∂u2

∂t1 −∂3u2

∂t31

= 0.

On peut obtenir ´evidemment des solutions particuli`eres de cette ´equation en r´esolvant le syst`eme

∂u2

∂t2 = 0, 4∂u2

∂t3 −12u2

∂u2

∂t1 −∂3u2

∂t31 = 0.

Notons que cette derni`ere ´equation n’est autre que l’´equation de Korteweg- de Vries (´equation K-dV). L’´equation KP est donc une g´en´eralisation de l’´equation K-dV, `a laquelle elle se r´eduit lorsque ∂u∂t2

2 = 0.

Les ´equations (15) et (16) impliquent l’existence de l’op´erateur pseudo- diff´erentiel de degr´e 0 (op´erateur des ondes) W ∈ I+A suivant:

(19) W = 1 +w1(t)∂−1+w2(t)∂−2+· · · ,

avect= (t1, t2, . . .)∈C. L’inverseW−1deW est aussi un op´erateur pseudo- diff´erentiel de la forme

W−1 = 1 +v1(t)∂−1+v2(t)∂−2+· · ·,

et peut se calculer terme `a terme. En effet, par d´efinition, on a W W−1 = 1.

D`es lors, en utilisant le fait que

mu=

X

k=0

m!

k!(m−k)!(∂ku∂u)∂m−ku, ∂mn=∂m+n,

ainsi que les formules d´ecrites dans l’exemple 2.1, on sp´ecifie les quantificateurs de∂−1,∂−2, . . .dans l’´equationW W−1 = 1 et on d´etermine des relations entre wm etvm. On obtient finalement pourW−1 l’expression suivante:

W−1 = 1−w1−1+ (−w2+w12)∂−2+ (w3+ 2w1w2−w1∂w1−w31)∂−3+· · · En terme de W, l’op´erateur L (13) peut s’´ecrire sous la forme

(20) L=W.∂.W−1.

D’apr`es (13) et (19), on tire les relations

u2 =∂w2, u3=−∂w2−w1∂w1,

u4=−∂w3+w1∂w2+ (∂w1)w2−w21∂w1−(∂w1)2. On a le r´esultat suivant:

(15)

Proposition 4.2. Les ´equations(15)ou ce qui revient au mˆeme(d’apr`es la proposition 3.1) les ´equations (16) sont ´equivalentes `a l’existence de l’op´e- rateur des ondes W (19) tel que le syst`eme d’´equations diff´erentiels

LW =W ∂, (21)

∂W

∂tn

=−LnW, (22)

poss`ede une solution(que l’on peut obtenir de mani`ere inductive).

Soit

ξ(t, z) =

X

j=1

tjzj, z∈C la fonction de phase avec

mξ(t, z) =zm, ∂meξ(t,z) =zmeξ(t,z).

Proposition 4.3. Il y’a une ´equivalence entre (18), (22)et le probl`eme suivant: Il existe une fonction d’onde ψ (fonction de Baker-Akhiezer)

(23) Ψ(t, z) = 1 +w1(t)z−1+w2(t)z−2+· · ·

eξ(t,z), z∈C=W eξ(t,z), o`uW est identifi´ee en tant que (19) et telle que:

(24) LΨ =zΨ, ∂Ψ

∂tn =Ln+Ψ.

D´emonstration. En effet, on a d’apr`es (23),

∂Ψ

∂tn

= ∂W

∂tn

eξ(t,z)+W zneξ(t,z)

=−LnW eξ(t,z)+znW eξ(t,z), d’apr`es (20)

=−LnΨ +znΨ, d’apr`es (21)

=−LnΨ +LnΨ, d’apr`es (22) =Ln+Ψ.

Autrement dit, dire que Ψ satisfait `a (23) et (24) est ´equivalent de dire que W satisfait `a (19) et (22).

Introduisons la conjugaison∂=−∂ et soient L= 1 + (−∂)−1u1+ (−∂)−2u2+· · ·, W= 1 + (−∂)−1w1+ (−∂)−2w2+· · ·, les adjoints de L etW tels que:

L =−(W)−1.∂.W.

(16)

Proposition 4.4. La fonction d’onde adjointe Ψ(t, z) = (W(t, ∂))−1e−ξ(t,z), satisfait aux relations

LΨ =zΨ, ∂Ψ

∂tn =−(Ln+)Ψ,

D´emonstration. Il suffit d’utiliser un raisonnement similaire `a celui de la proposition pr´ec´edente.

D`es lors, la connaissance de Ψ implique celle de W et donc celle deW et de L.

D´efinissons les r´esidus suivants:

R´es

z

Xakzk=a−1, R´es

Xakk=a−1, et consid´erons le lemme [12] suivant, simple mais tr`es utile.

Lemme 4.5. SoientP et Qdeux op´erateurs pseudo-diff´erentiels. Alors R´es

z ((P exz).(Qe−xz)) = R´es

P Q, o`uQ est l’adjoint de Q.

D´emonstration. En effet, on a R´es

z ((P exz).(Qe−xz)) = R´es

z

XpkzkX

ql(−z)l

= X

k+l=−1

(−1)lpkql, et

R´es

P Q = R´es

X

kl

pkk(−∂)lql= X

k+l=−1

(−1)lpkql, d’o`u le r´esultat.

Par ailleurs, on a [9, 12]:

R´es

z (∂kΨ).Ψ= R´es

zkW eξ(t,z)

(W)−1e−ξ(t,z)= R´es

zkW exz

(W)−1e−xz

= R´es

kW.W−1 = R´es

k= 0, x≡t−1.

Cette identit´e bilin´eaire peut s’´ecrire sous la forme symbolique suivante:

R´es

z=∞ Ψ(t, z).Ψ(t0, z)

= 0 ∀t, t0. Par cons´equent on a

Proposition 4.6. Ψ(t, z)est une fonction d’onde pour la hi´erarchie KP si et seulement si l’identit´e des r´esidus est satisfaite:

(25) R´es

z=∞ Ψ(t, z).Ψ(t0, z)

= 0 ∀t, t0

(17)

ou ce qui revient au mˆeme si et seulement si

(26) 1

2π√

−1 Z

γ

Ψ(t, z).Ψ(t0, z)dz= 0, avec γ un chemin ferm´e autour de z=∞ (tel queR

γ dz

−1 = 1).

D´efinition 4.7. Une fonction τ(t) est d´efinie par l’identit´e diff´erentielle de Fay (voir proposition suivante):

{τ(t−[y1]), τ(t−[y2])}+(y1−1−y2−1)(τ(t−[y1])τ(t−[y2])−τ(t)τ(t−[y1]−[y2])) = 0, o`uy1, y2∈C et{u, v}d´esigne ici le wronskien u0v−uv0.

Proposition 4.8. Posons [s] = s,s22,s33, . . .

. La fonction τ satisfait aux identit´es suivantes:

(i) Identit´e de Fay:

F(t, y0, y1, y2, y3)≡(y0−y1)(y2−y3)τ(t+ [y0] + [y1])τ(t+ [y2] + [y3])+

+(y0−y2)(y3−y1)τ(t+ [y0] + [y2])τ(t+ [y2] + [y1])+

+(y0−y3)(y1−y2)τ(t+ [y0] + [y3])τ(t+ [y1] + [y2]) = 0.

(ii)Identit´e diff´erentielle de Fay:

τ(t−[y1]), τ(t−[y2]) +(y1−1−y2−1)(τ(t−[y1])τ(t−[y2])−τ(t)τ(t−[y1]−[y2])) = 0, o`uy1, y2∈C et {u, v} d´esigne ici le wronskien u0v−uv0. Cette identit´e peut encore s’´ecrire sous la forme

−1ψ(t, λ)ψ(t, µ) = 1 µ−λ

τ t−[λ−1] + [µ−1]

τ(t) ePj=1tjj−λj). L’´equation

˙

τ =X(t, λ, µ)τ,

d´etermine un champ de vecteurs sur la vari´et´e de dimension infinie des fonc- tions τ o`u X(t, λ, µ) est l’op´erateur vertex (de Date-Jimbo-Kashiwara-Miwa) pour l’´equation KP.

D´emonstration. Selon la th´eorie de Sato [23, 24], les fonctions Ψ et Ψ peuvent s’exprimer en termes d’une fonction tau τ comme suit:

Ψ(t, z) =W eξ(t,z)= τ(t−[z−1]) τ(t) eξ(t,z), Ψ(t, z) = (W)−1e−ξ(t,z) = τ(t+ [z−1])

τ(t) e−ξ(t,z).

(18)

En rempla¸cant ces expressions dans la formule des r´esidus (25) ou (26), on ob- tient une relation bilin´eaire pour les fonctionsτ. En effet, l’´equation (26) s’´ecrit

Z

γ

eξ(t−t0,z)τ(t−[z−1])τ(t0−[z−1])dz= 0.

En utilisant le changement suivant: t←t+sett0 ←t+s, on obtient Z

γ

eξ(−2s,z)τ(t−s−[z−1])τ(t+s+ [z−1])dz= 0.

En utilisant `a nouveau la transformation: s←t+ 12([y0] + [y1] + [y2] + [y3]), t← 12([y0]−[y1]−[y2]−[y3]) et en tenant compte du fait que:

eP1 (ab−1)j.j−1 = 1−ab−1, on obtient via le th´eor`eme des r´esidus

0 = Z

γ

1−zy0 Q3

j=1(1−zyj)τ(t−s−[z−1])τ(t+s+ [z−1])dz

= 2π√

−1X

R´es

y1−1,y2−1,y3−1

1−zy0

Q3

j=1(1−zyj)τ(t−s−[z−1])τ(t+s+ [z−1])

!

= 2π√

−1

(y1−y2)(y2−y3)(y3−y1) F(t, y0, y1, y2, y3), o`u

F(t, y0, y1, y2, y3)≡(y0−y1)(y2−y3)τ(t+ [y0] + [y1])τ(t+ [y2] + [y3])+

+(y0−y2)(y3−y1)τ(t+ [y0] + [y2])τ(t+ [y2] + [y1])+

+(y0−y3)(y1−y2)τ(t+ [y0] + [y3])τ(t+ [y1] + [y2]).

La relation F(t, y0, y1, y2, y3) = 0 est l’identit´e de Fay. En outre, en faisant la transformation dans l’expression (y1y2)−1∂y∂F

0|y0=y3=0 et en rempla¸cant t par t−[y1]−[y2], on obtient l’identit´e diff´erentielle de Fay qui permet de d´efinir les fonctions τ:

{τ(t−[y1]), τ(t−[y2])}+

+(y1−1−y−12 ) (τ(t−[y1])τ(t−[y2])−τ(t)τ(t−[y1]−[y2])) = 0, o`uy1, y2∈Cet{u, v}d´esigne ici le wronskienu0v−uv0. Reprenons l’identit´e diff´erentielle de Fay ci-dessus et rempla¸const part+ [y1]. On obtient

τ(t), τ(t+[y1]−[y2]) +(y1−1−y−12 ) (τ(t)τ(t+ [y1]−[y2])−τ(t)τ(t−[y2])) = 0.

(19)

En posant λ = y1−1, µ = y2−1, on obtient apr`es avoir multipli´e l’expression obtenue par τ(t)1 eP1 tjj−λj), la formule suivante:

τ(t+ [λ−1])

τ(t) ePtjλjτ(t−[µ−1])

τ(t) ePtjµj =

= 1

µ−λ

∂x

ePtjj−λj)τ(t+ [λ−1]−[µ−1]) τ(t)

. Soit

X(t, λ, µ) = 1

µ−λ eP1 tjj−λj)e

P

1 j−1−j−µ−j)

∂tj, λ6=µ,

l’op´erateur vertex (de Date-Jimbo-Kashiwara-Miwa) pour l’´equation KP, alors X(t, λ, µ)τ etτ +X(t, λ, µ)τ sont aussi des fonctions τ. Par cons´equent, ˙τ = X(t, λ, µ)τ d´etermine un champ de vecteurs sur la vari´et´e de dimension infinie des fonctions τ. On en d´eduit, selon [4], que

−1(t, λ)Ψ(t, µ)) = 1

τ(t)X(t, λ, µ)τ(t), et la d´emonstration est compl`ete.

Remarque4.9. Soit

∆(s1, . . . , sn) = Y

1≤j<i≤n

s−1i −s−1j ,

le d´eterminant de Vandermonde. Les identit´es de Fay (proposition 4.8) se g´en´eralisent comme suit. La fonction τ satisfait aux identit´es:

τ

t−

n

X

j=1

[yj]

∆(y1, . . . , yn)

t−

n

X

j=1

[yj]

∆(x1, . . . , xn)

n−1

=

= det

t−

n

X

j=1

[xk] + [xj]−[yl]

∆(x1, . . . , xj+1, yj, xj+1, . . . , xn)

1≤j,l≤n

, et

{ψ(t, y1−1, . . . , ψ(t, yn−1}=

=ePj=1tj(y−j1 +· · ·+yn−j)τ(t−[yl]− · · · −[yn]

τ(t) ∆(y1, . . . , yn), o`u{u1, . . . , un} d´esigne le wronskien det

∂x

j−1

uj

1≤i,j≤n.

(20)

Nous allons voir que les fonctionsτ caract´erisent la hi´erarchie KP. D´esi- gnons par sj(t) les polynˆomes de Schur ´el´ementaires, i.e., des polynˆomes tels que

eξ(t,z) =ePj=1tjzj =

X

j=1

sj(t)zj

= 1 +t1z+ 1

2t21+t2

z2+

1

6t31+t1t2+t3

z3+· · · , avec sj(t) = t

j 1

j! +· · ·+tn. En posant∂e= ∂t

1,12∂t

2,13∂t

3, . . .

, on obtient Ψ(t, z) = τ t1−z−1, t2z−22 , t3z−33 , . . .

τ(t) eξ(t,z)

=

X

j=0

sj(−e∂)τ(t)

τ(t) ∂−jeξ(t,z)=W(t)eξ(t,z), o`u

(27) W(t) =

X

j=0

sj(−e∂)τ(t) τ(t) ∂−j, est l’op´erateur des ondes (19). De mˆeme, on a

W−1=

X

j=0

−jsj(∂)τe (t) τ(t) .

En outre, il r´esulte de (20) que Ln = W.∂n.W−1 et par cons´equent Ln s’ex- prime en termes de la fonction τ,

Ln=

X

i,j=0

si(−e∂)τ

τ ∂n−i−jsj(∂)e τ τ.

En d´eveloppant cette expression, on obtient Ln=∂n+n(logτ)00n−2+· · ·+ X

i+j=n+1

si(∂)τ se j(−e∂)τ

τ2 +· · ·.

La formule (22) s’´ecrit en tenant compte de cette derni`ere expression deLn et de la relation (27) comme suit:

∂tn

1− τ0

τ ∂−1+· · ·

=

=

− X

i+j=n+1

si(−∂)τ se j(−e∂)τ

τ2−1+· · · 1−τ0

τ ∂−1+· · ·

.

(21)

En utilisant le symbole d’Hirota, i.e., p(∂t)f(t).g(t)≡ p

∂s1, ∂

∂s2, . . .

f(t+s)g(t−s) s=0

,

o`upest un polynˆome quelconque,f(t) etg(t) sont deux fonctions diff´erentiables, on obtient

X

i+j=n+1

i,j≥0

si(∂)τe

sj(−∂)τe

=sn+1(∂)τ.τ,e et

τ22

∂tn∂t1

logτ− X

i+j=n+1

i,j≥0

si(∂)τ se j(−e∂)τ = 0, n∈N.

Ces relations s’appellent ´equations bilin´eaires d’Hirota. Elles montrent que toutes les fonctions uj(t), j≥2, peuvent s’exprimer en termes de la fonction τ. Par exemple,

u2= ∂2

∂t21 logτ, u3= 1

2 ∂3

∂t31 + ∂

∂t1

∂t3

logτ, u4= 1

6 ∂4

∂t41 −3∂2

∂t21

∂t2

+ 2 ∂

∂t1

∂t2

logτ − ∂2

∂t21logτ

, ...

En particulier, ces ´equations fournissent l’´equation KP sous la forme bilin´eaire suivante:

1 12τ

4τ

∂t41 −4 ∂2τ

∂t1∂t3 + 3∂2τ

∂t22

− 1 3

∂τ

∂t13τ

∂t31 − ∂τ

∂t3

+ +1

4 ∂2τ

∂t21 + ∂τ

∂t2

2τ

∂t21 − ∂τ

∂t2

= 0.

Par cons´equent, on a

Proposition 4.10. Les fonctions τ caract´erisent la hi´erarchie KP.

Signalons enfin que les ´equations de la th´eorie des solitons jouent un rˆole important dans la caract´erisation des vari´et´es jacobiennes. Soient

Hg={Z ∈Mg(C) : Ω = Ω>, Im Ω>0},

le demi-espace de Siegel, Λ = Zg⊕ZZg un r´eseau dans Cg et T =Cg/Λ une vari´et´e ab´elienne principalement polaris´ee. On montre [25, 6], que les trois conditions suivantes sont ´equivalentes:

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