2. Le vocabulaire de la vie familiale et sociale en Wallonie
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2.3. Un mécanisme fréquent: l'emprunt
Une dernière remarque s’impose, de portée plus générale: nous pouvons constater un nombre particulièrement important de mots empruntés au français. Si ces mots ne sont pas les plus valorisés au sein de l'ALW, ils méritent cependant de retenir quelque peu notre attention. Parmi les nombreux exemples d'influence du français, une première sélection est à opérer entre les gallicismes d'enquête d’une part, à signaler mais qui sont peu intéressants,
23et les emprunts véritables, intégrés à la langue d’autre part.
La fonction de conservation de l'enquête de Haust évoquée plus haut (1.1.), intuitivement évidente, s'est vue vérifiée et objectivée dans le cadre d'une première enquête menée par nous en 2002 auprès de dix témoins ardennais:
24il s'agissait de récolter quelques données comparables à celles de l'ALW et d'analyser les écarts entre les deux enquêtes. Il s'est en effet avéré que certains mots ou tournures n'étaient presque plus accessibles par enquête orale. Sans surprise, nous avons également constaté, outre une certaine extension de formes relayées par les centres urbains, une influence grandissante du français (abandon de la finale -ès pour les adjectifs féminins antéposés, apparition de consonnes intercalaires dans les groupes -nr-, -ml-, régression du voussoiement, etc.).
Le phénomène, pour ancien qu’il soit, est souvent stigmatisé par les défenseurs inquiets des dialectes belgoromans. Or, si la francisation de ceux-ci s'accélère,
25l'emprunt à la langue de culture est une chose naturelle en milieu bilingue et diglossique. Encore faut-il distinguer les emprunts anciens, qui ne sont parfois plus perçus comme tels, des mots nouveaux venus. Les dictionnaires anciens, les premiers textes, la forme du mot sont autant d'indices de la date d'emprunt, bien qu'il s'agisse souvent d'informations lacunaires.
Il faut aussi envisager différemment les emprunts lexicaux et les dégradations de structures grammaticales telles que celles citées ci-dessus. Les matériaux de l'ALW permettent de décrypter quelques-uns de ces cas.
Deux phénomènes ont spécialement retenu notre attention; il s'agit d'une part des particules ma- et mon-, accollées aux dénominations de relations familiales,
26et d'autre part, de la famille lexicale {voisin}, {voisine}, {voisiner}, {voisinage}, etc.
27Les modestes études que nous avons effectuées sur ces deux cas sont reproduites en annexe, en guise d'exemple de l'exploitation qui peut être faite des
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Dans ce cadre-ci du moins; ils le deviennent si on les considère comme la résolution d’une situation de tension chez le locuteur, mis face à une double contrainte: se montrer digne de la confiance de l’enquêteur en ne fournissant que des formes sûres, mais également en prouvant qu’il a une maîtrise parfaite du dialecte, et donc qu’il peut traduire tous les mots ! Quels mots lui ont posé problème ? Pourquoi ? Cette réalité est-elle inconnue, ou appréhendée différemment, etc. ? Ce sont autant de questions qui méritent d'être posées.
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V. B
AIWIR2002 et 2006.
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V. par exemple B
AL1954.
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Cet article, reproduit en annexe (5.3.), est paru dans Wallonnes 3/2007: 19-36.
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