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Transformations irréversibles. - Entropie

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00241232

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241232

Submitted on 1 Jan 1907

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Transformations irréversibles. - Entropie

A. Ponsot

To cite this version:

A. Ponsot. Transformations irréversibles. - Entropie. J. Phys. Theor. Appl., 1907, 6 (1), pp.505-530.

�10.1051/jphystap:019070060050500�. �jpa-00241232�

(2)

505

TRANSFORMATIONS IRRÉVERSIBLES. - ENTROPIE ;

Par M. A. PONSOT.

Soit une masse donnée d’un gaz, enfermée dans un vase, plongée

dans une source de chaleur de température T.

10 Je considère une suite de modifications réversibles élémentaires constituant par leur ensemble une transformation réversible, dans laquelle le volume occupé par la masse gazeuse est dirninué de Vo à V, ; Fe désignant la force élastique du gaz correspondant au volume V,

la force extérieure effectuée dans cette transformation un travail égal

à :

et la source extérieure reçoit une quantité de chaleur égale à :

20 Le même changement de volume étant effectué sous une pres- sion extérieure constante P, celle-ci effectue dans la transforma- tion irréversible produite un travail égal à :

et la source reçoit une quantité de chaleur qi telle que :

l’unité de chaleur étant équivalente à l’unité de travail.

Cette somme de travaux du deuxième membre de l’égalité est le

travail non d’un cycle de transformations qu’on pourrait

faire décrire à la masse gazeuse en changeant le sens de la transfor-

mation réversible ci-dessus, et conservant la même transformation irréversible.

Article published online by EDP Sciences and available at

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019070060050500

(3)

506

Sa grandeur est encore égale à :

Je vais montrer qu’il représente, dans des conditions déterminées,

notamment en l’absence de tout phénomène électrique, l’énergie ciné- tique produite ’dans la transformation irréversible, et la chaleur engendrée aux dépens de cette énergie cinétique.

J’étendrai ces considérations à d’autres transformations irréver- sibles : -. elles me permettront d’en déduire des remarques au sujet de l’entropie.

Énergie cinétique et chaleur engendrée dans une transformation

irréversible isothermique.

-

Supposons que, dans la transformation

irréversible, le changement de volume soit effectué par une suite de modifications élémentaires, et qu’après chacune d’elles la tempéra-

ture soit invariablement T. Dans une modification élémentaire où le volume croît de dV (négatif ici), la source reçoit une quantité de cha-

leur :

Or - (P - Fe) dV représente le travail moteur de la résultante des deux forces appliquées au piston et, par suite, l’énergie cinétique

élémentaire qu’acquiert ce piston ainsi que les couches gazeuses de l’onde condensée infiniment petite formée en avant du piston pendant

le mouvement de celui-ci en supposant qu’il n’y ait aucun frottement.

Quand il y a frottement entre le piston et la paroi de même matière, p endant le mouvement du piston, et pour une même variation dV, l’énergie cinétique acquise par le piston et le gaz est inférieure au

travail

-

(P

-

Fe) dV ; la différence est le travail absorbé dans le

frottement, ou mieux la partie du travail remplacée immédiatement par de l’énergie calorifique. J’admettrai, pour simplification du lan-

gage, que cette différence représente l’énergie cinétique disparue

dans le frottement. Alors on peut dire que - (P

-

Fe) dV représente toujours l’énergie cinétique de déplacement dans la modification

élémentaire, et, par suite, la chaleur engendrée par cette énergie cinétique, quand elle disparaît entièrement.

Pour la transformation irréversible :

(4)

507 le dernier terme du deuxième membre, le travail non compensé, repré-

sente donc l’énergie cinétique totale de déplacement dans la trans-

formation irréversible considérée et la chaleur équivalente qui la remplace.

Lorsque la transformation irréversible est effectuée en une seule

fois, il se forme, pendant le mouvement du piston et en avant de lui,

une onde condensée d’étendue finie et croissante. Le vase ayant des

dimensions suffisantes et une forme convenable, la pression croît depuis le front de l’onde jusqu’au piston, et la vitesse de déplace-

ment de chaque tranche gazeuse croît avec le temps, de même que celle du piston, pendant la durée du mouvement de ce piston. L’ac-

croissement de l’énergie cinétique des masses en mouvement repré-

sente, à chaque instant, le travail des forces agissant sur elles, et

non pas simplement le travail des forces appliquées au pistont

Je supposé: 10 que l’échange de chaleur avec la source se fasse

sur une étendue telle que la température reste invariablement T en

tout temps et en tous les points du système, ; qu’il n’y ait pas de frottement contre la paroi du vase.

Lorsque le piston est arrêté subitement pour limiter le volume V,,

son énergie cinétique engendre une quantité équivalente d’énergie calorifique; l’onde condensée se propage dans toute la masse gazeuse;

l’énergie cinétique qu’elle transporte s’accroît dans sa détente, quand

elle augmente en étendue; mais un tel mouvement de translation

commun à des particules voisines et transmissible de proche en proche s’éteint peu à peu, et la force vive possédée par ces particules

gazeuses dans, ce mouvement se trouve remplacée par une quantité équivalente de chaleur.

Or, quelles que soient la masse du piston, sa section, grandeurs dont dépend le partage de l’énergie cinétique de déplacement entre le piston et la masse gazeuse de l’onde condensée, lorsque tout mouve-

ment de déplacement a cessé, l’échange de chaleur avec la source

est toujours le même, et le même que quand la transformation irré- versible consiste dans une suite de modifications irréversibles élé- mentaires.

La conclusion est que, dans tous les cas, sous les deux conditions

énoncées, le travail non compensé est égal à l’énergie cinétique pro-

duite dans la transformation irréversible et équivalent à la chaleur

engendrée dans cette transformation par la disparition de cette éner-

gie cinétique.

(5)

508

Si P croît de dP, (1’,

-

V ~) dP représente l’accroissement du tra- vail non compensé, de l’énergie cinétique, et de la clialeur cédée à la source dans la transformation irréversible.

Les suppositions émises relativement à la constance et à l’unifor- mité de la température T pendant la transformation irréversible et à l’absence de frottement sont telles que cette transformation est irréa- lisable expérimentalement; mais, si la durée de la transformation croît par suite du frottement du piston contre la paroi, la constance et l’uniformité de la température peuvent être réalisées. Alors, l’énergie cinétique de la transformation disparaît en partie dans le frottement du piston; ce qui en reste disparaît ensuite dans la masse gazeuse ; la chaleur engendrée équivalente n’a pas changé.

.

Dans le cas général, pendant la transformation, la température

n’est ni constante ni uniforme ; elle est, notamment dans l’onde con-

densée, plus élevée que dans les parties voisines, la force élastique du

gaz y est aussi plus grande; l’énergie cinétique communiquée au piston et aux particules gazeuses sera donc plus petite ; d’autre part,

il y a dans le système, et avec la source, des échanges irréversibles de chaleur.

Il en résulte que, dans le cas général, le travail non compensé

dans une transformation irréversible isothermique représente le

maximum de l’énergie cinétique de cette transformation et de la chaleur engendrée dans la transformation par la disparition de cette énergie cinétique.

Toutes les transformations irréversibles isothermiques sont loin

d’avoir la simplicité de celle qui vient d’être considérée, mais le rai- sonnement est applicable à toutes celles on peut arrêter la trans- formation irréversible, et il est permis d’admett,re que les conclu- sions énoncées peuvent être étendues à toutes.

Transformation irréi,ersible isothermiqîte sous constant.

-

EXEMPLE siïVIPLE.

-

Dans un vase cylindrique, un piston sépare

deux masses gazeuses dont la force élastique à T est Fe et je;

soit F, > 1e. Dans un déplacement du piston effectuée sans frotte-

ment, de manière que le volume V de l’une des masses (correspon-

dant à Fe) croisse de dV, le volume total n’ayant pas varié, l’énergie

cinétique élémentaire est :

.

Cette modification étant effectuée à température constante, la

(6)

509 source a reçu une quantité de chaleur :

Pour une transformation finie,

(Tou:

AITTRE EXEMPLE Deux masses matérielles sont chargées d’élec-

tricité ; leurs actions mutuelles sont équilibrées par des forces appli- quées à ces masses. Subitement, ces forces sont changées, alors une

transformation irréversible se produit; le travail non compensé a

pour expression, T constant :

en admettant que le travail des forces extérieures ait un potentiel W.

Dans les deux exemples précédents, le travail non compensé re- présente le maximum de l’énergie cinétique et de la chaleur engendrée équivalente dans la transformation irréversible isothermique.

vccricction de l’entropie d’un système dans une trans formation z"rré-

versible isothermique. - q étant la chaleur (+ ou -) fournie par la

source dans cette transformation, je désigne par qe la chaleur en-

gendrée dans cette transformation par la disparition de l’énergie cinétique produite dans une suite de modifications élémentaires, on

a, d’après les égalités précédentes,

d’où:

Dans une transformation irréversible et isothermique d’un système,

l’accroissement de l’entropie de ce système est égal au quotient par la température absolue de la quantité de chaleur que ce système reçoit

directement d’une source, augmentée de celle qui est engendrée en

lui par la disparition de l’énergie cinétique maximum de cette trans-

formation.

(7)

510

Énergie libre dans une transformation irréversible isothermique.

-

Par définition, j’appelle énergie libre dans une transformation irréversible isothermique d’un système, le travail que ce système peut fournir à un autre système, à l’aide de nouvelles liaisons méca-

niques ou électriques, dans une transformation qui le fait passer

isothermiquement et réversiblement du même état initial au même état final (’ ) .

Dans ces conditions, cette dernière transformation opérée avec

une vitesse nulle, sans énergie cinétique, fournit au système annexe

le maximum de travail.

Dans la transformation précédente opérée sous volume constant, il suffit de relier le piston avec un système extérieur qui exercera sur

le piston, à l’encontre de la force Fe, une traction par centimètre carré égale à Fe - 5e, ou inférieure d’un infiniment petit à cette

valeur.

Le travail fourni à ce système extérieur est :

Il a la même valeur que le travail non compensé. Je remarque que, dans cette transformation, la source ne reçoit que :

TRANSFORMATIONS IRRÉVERSIBLES ADIABATIQUES.

°

Énergie ciné-

tique dans une trans formatian sous pression constante.

-

J e consi- dère le même système que précédemment, et une transformation irréversible adiabatique qui l’amène de l’état initial T, V 0’ P à l’état

final T,, V~ 1 et P.

Soit d’abord cette transformation constituée par une suite de modifications élémentaires à la fin de chacune desquelles la force élas-

tique et la température redeviennent uniformes. Dans une modifica- tion élémentaire, du volume V’ au volume V’ + dV’, la tempéra-

ture T’ est devenue T’ + dT’ et la force élastique du gaz FI -f- dFé - (P

--

F ~ ) dV’ représente l’ accroissement élémentaire de l’énergie

(1) C’est une partie de la diminution de l’énergie utilisable (Gouy) ou de la di-

minution de la puissance motrice des deux systèmes (Le Châtelier). Dans des

cas particuliers, cette énergie libre a la même valeur que l’énergie libre de

Helmholtz.

_

(8)

511

cinétique du piston et d’une onde condensée infiniment petite, comme

dans une modification élémentaire à température constante.

Si, immédiatement après cette modification, le système avait été

mis en communication avec une source de température T’, il aurait

cédé une quantité de chaleur dqi, le volume étant resté constant V’ ~- dV.

.

dCi, l’accroissement de l’énergie cinétique; on a, comme à tempéra-

ture constante et à un infiniment petit du deuxième ordre près :

d’autre part ; *.

d’où:

par suite, dS’a est toujours positif.

Dans l’ensemble des modifications élémentaires constituant la transformation spontanée :

L’état final du système étant le même, quelle que soit la manière -dont la transformation irréversible adiabatique sera opérée, le tra-

vail de la force extérieure restant le même, l’intégrale précédente représente l’énergie cinétique de cette transformation opérée sans arrêt, pourvu que la température reste uniforme et en admettant

l’absence de frottement. Et, si on admet un frottement, il suffit de

considérer qu’il cause une destruction d’énergie cinétique de dépla-

cement pour que cela soit encore vrai. Et l’intégrale représente en-

core la chaleur engendrée aux dépens de cette énergie cinétique.

Accroissement de l’entropie d’un système dans une transformation

’adiabatique irréversible.

-

On a :

(9)

512

Il n’y a aucune ambiguïté dans le cas d’une suite de modifications élémentaires. Dans une transformation opérée sans arrêt, il faudrait pouvoir décomposer le système en masses élémentaires et former pour chacune d étant la chaleur qu’une masse élé-

p Tl q

mentaire reçoit par suite de la disparition de son énergie cinétique

de déplacement, et T’ étant sa température, qui doit être uniforme.

Dans ce cas, on peut dire que l’accroissement de l’entropie provient uniquement de l’énergie cinétique de la matière dans la transfor- mation irréversible.

Énenqie libre dans une trans(ormat£on ad£abatique.

--

Si on relie

le piston avec un système extérieur exerçant sur ce piston une trac-

tion par centimètre carré égale à P - F é ou inférieure à cette valeur

~

d’un infiniment petit, et ajoutant son effet à celui de la force F é

i

dans une modification élémentaire d’l’, le deuxième système reçoit

un travail égal à

-

(P

-

F~) ou dCi. Cette modification élémen- taire amènera le premier système au même état final que sans cette liaison nouvelle, si une source lui fournit une quantité de chaleur égale à dCi. On pourra donc ainsi, par des modifications élémen- taires réversibles, amener ce premier système au même état final

que par une transformation irréversible adiabatique, en lui faisant 81a

.accomplir, dans un système supplémentaire un travail égal

So et en lui fournissant la chaleur équivalente.

80

Toutes les conclusions précédentes sont applicables aux transfor-

mations adiabatiques sous volume constant.

TRANSFORMATIONS IRRÉVERSIBLES A ENTROPIE CONSTANTE.

-

Le même

système partant du même état initial T, Vo, P subit une transforma- tion irréversible à entropie constante, l’amenant au même volume V, ;

cette condition exige que le système cède de la chaleur pendant cette transformation, sans cela son entropie aurait augmenté.

Comme précédemment, je considère une suite de modifications élémentaires isentropiques, du volume V 0 au volume V,, la tempéra-

ture et la force élastique étant uniformes à la fin de chacune d’elles.

Dans l’une de ces modifications, le volume V’’ croît de dV’~’, T" de dT"

et F§ de dF ë .

est l’énergie cinétique élémentaire dans cette

transformation ; le système abandonne à l’extérieur la chaleur dq.

(10)

513

Si, sous volume constant, on lui restituait cette chaleur dq, on

accroîtrait son entropie de ~~-~,~,~ et on l’amènerait ainsi au même état que si la modification avait été adiabatique, son entropie ayant aug- menté de dS a 11, d’où :

Mais - (P

-

F~) clV’1 représente, à un infiniment petit du deuxième

ordre près, l’accroissement de rénergie cinétique dans la transforma-

tion adiabatique, d’où :

.

et:

Je retiens que, pour maintenir l’entropie constante après chaque

modification élémentaire, il suffit d’enlever la chaleur équivalente à l’énergie cinétique produite dans cette modification élémentaire.

Je reviens à une transformation irréversible d’un système dont l’entropie resterait constante pendant toute la durée de la transfor- mation. Une telle transformation est mal définie : en effet, si on dé- signe par dq la chaleur que perd, à la température T, une masse

élémentaire m du système pendant un temps très court dt, la condi- tion ci-dessus signifie que 2:.dq étendue à tout le système soit tou- jours 0 et on conçoit une infinité de manières pour satisfaire à cette condition. En admettant qu’on définisse bien une telle trans-

formation par une condition supplémentaire, par exemple l’unifor-

nlité de la température, elle serait en tout cas impossible à réaliser expérimentalement.

Dans le système particulier étudié, si le volume varie toujours

de Vo à V,, la pression extérieure P restant constante, si on part d’un état initial donné, on arrivera au même état final, en enlevant toujours la même quantité de chaleur au système ; il est donc pos- sible de réaliser un état final du système tel que son entropie soit

la même qu’à l’état initial, mais l’énergie cinétique produite dans la

transformation et la chaleur engendrée par sa disparition dépendront

de la manière arbitraire dont on aura enlevé au système la même

quantité de chaleur.

(11)

514

Énergie libre dans une transformation irréversible isentropiques.

-

Si on relie le piston avec un système exerçant sur ce piston une

traction par centimètre carré égale à P - ou inférieure à cette valeur d’un infiniment petit, cette traction ajoutant son effet à la

force Fé, dans une modification élémentaire dV", le deuxième sys- tème reçoit un travail égal à et cette modification amène le système au même état final que sans cette liaison nouvelle,

à la condition qu’on ne lui enlève pas de chaleur. La modification a

été opérée réversiblement, adiabatiquement ou à entropie constante.

Si donc on considère deux états isentropiques d’un système, on

pourra dire que l’énergie libre dans la transformation du système

d’un état à l’autre est égale à la chaleur engendrée dans une suite

de modifications isentropiques élémentaires telles qu’à la fin de

chacune d’elles la température et la pression soient uniformes et qu’elles fassent passer le système d’un état à l’autre.

Elle a pour expression- J dU - fPdV.

Dans une transformation sous volume constant, son expression

serait :

REMARQUES AU SUJET DES TRANSFORMATIONS IRRÉVERSIBLES.

-

10 Ingqaiité de Clausius.

-

On pourra aller de l’état initial 0 à l’état II final 1 par une suite de modifications élémentaires quelconques,

-c’est-â-dire par un chemin quelconque. Dans chacune de ces modifi-

cations, la somme algébrique des travaux des forces extérieures die

et des forces internes ou élastiques du système de; (somme toujours

°

positive dans une modification irréversible) représentera l’énergie cinétique élémentaire de cette modification. L’état final après chaque

modification dépendra de la quantité de chaleur dq que le système,

aura reçue de l’extérieur.

Una:

dS étant défini par légalité :

on tire de ces deux égalités :

(12)

515 et dans la transformation entière :

expression qui définit bien l’accroissement de l’entropie des corps faisant partie du système et qui montre les deux sources de cet

accroissement.

Dans le cas de modifications toutes réversibles, dCi est toujours nul; dq,. étant la chaleur absorbée dans une modification élémentaire,

on a :

d’où, par comparaison avec l’expression précédente de S, - 80 : 1

et, par suite, dans un cycle de modifications spontanées irréversibles et de modifications réversibles, dq,. change de signe :

C’est l’inégalité de Clausius.

Des expressions ci-dessus on tire :

et pour là transformation entière :

et, dans le cas où le travail des forces extérieures est la diminution

d’une fonction

(13)

516

Et, enfin, dans le cas simple choisi comme e;emple :

1

On remarquera que la valeur de Ci dépend de TdS et, par suite,

o

dépend du chemin suivi, c’est-à-dire de la manière arbitraire avec

laquelle on pourra passer de l’état initial à l’état final.

Ceci peut paraître invraisemblable dans le cas d’un corps soumis à une pression constante, laquelle effectue toujours le même travail

d’un état initial à un état final donnés, l’échange de chaleur entre ce

corps et l’extérieur étant toujours le même; mais il faut remarquer que le travail de la force extérieure peut toujours être considéré

comme la somme des travaux de deux autres forces, ses compo-

santes, si on veut : l’une fait équilibre à la force élastique du corps, et son travail représente l’accroissement de l’énergie du corps, sans

qu’on puisse être plus explicite au sujet de cette énergie, puisque,

pour un travail positif, il peut y avoir élévation ou abaissement de

température; le travail de l’antre force, toujours positif, engendre

de l’énergie cinétique de déplacement et produit de la chaleur.

Comme la force élastique du corps, pour un même travail exté-

rieur, une même déformation, dépend des conditions d’échange de

chaleur entre le corps et l’extérieur, le travail de la deuxième force

en dépend aussi et, par suite, l’énergie cinétique.

2° Énergie libre.

--

L’expression de l’énergie cinétique est aussi

celle de l’énerg ie libre; sa grandeur dépend du chemin suivi.

Dans une modification élémentaire d’un système, si on veut que

ce système produise dans un système supplémentaire un travail égal

à dCi, il faut établir la réversibilité; mais il est évident que, pour arriver au même état final, il faut fournir au premier système la

chaleur équivalente à dC;. Ce système reçoit donc en tout :

Et on voit encore que cette énergie libre dépend du chemin suivi.

Arrivée d’un système en transformation à son état d’équilibre

stable.

-

Soit un système en transt’orrnation spontanée. ()n définira

les conditions dans lesquelles s’accomplit cette transformation, par

exemple, elle sera à température constante, à entropie constante: ou

adiabatique.

(14)

517

Cette transformation étant opérée par des modifications successives, chacune d"elles sera définie par la variation élémentaire d’une gran-

deur ; dans les transformations étudiées, le volume est cette gran- deur.

On voit que le volume subissant des variations de même signe,

tant qu’une modification est spontanément réalis able dCi est positif;

quand il n’y a pas de frottement, le système est en équilibre 0,

et, pour une variation dV non réalisable spontanément, dCi est négatif:

1 1 1

la fonction - dU +. [1 TdS -.f 1 PdB’ a donc la plus grande va-

o 0 0

leur à l’équilibre.

Cette plus grande valeur est donc un maximum de cette fonction.

Il est facile de voir qu’à température constante la condition d’équi-

libre ci-dessus équivaut à :

C’est le potentiel thermodynamique du système. M. Duhem en a

montré les nombreuses applications.

Adiabatiquement, la condition d’équilibre devient :

Isentropiquement, cette condition d’équilibre est :

ce qui équivaut à :

quand le volume est invariable.

Application il une action cnnzbi>iaiso>i de l’iode avec

-

Je vais auparavant considérer une modification spon-

tanée simple.

(15)

518

Soit un vase divisé en deux compartiments A et B contenant le

.

même gaz à deux pressions différentes : en A, P~ ; en B, Ph, et P~ > P~.

On ouvre pendant un instant extrêmement court la communication entre les deux vases, et une masse ~1m du gaz passe de A en B. On suppose que la température et les pressions Pa et Pb sont restées constantes ; les deux pistons ont été déplacés, va et Vb ont varié.

Pour ramener le système à son état primitif, on isolera en B une

masse Qm, on la comprimera de telle sorte que sa pression croisse

de Pb à Pa. Une pression P - Pb agissant à travers la masse du gaz

en B effectuera dans cette compression un travail :

...

v étant le volume spécifique du gaz sous la pression P.

Ensuite on fera entrer cette masse, sans changer son volume, A ; une pression P~ 2013 Pb devant être ainsi ajoutée à la pression Pb

effectuera un travail (Pa

---

P f,) vadm, p endant que les pressions Pa et Ph

ramenant les volumes Va et Vb à leur valeur initiale auront effectué des travaux égaux et de signes contraires à ceux de la modification irréversible.

Dans le cycle entier, la somme des travaux des forces extérieures e st :

C’est le travail non compensé, l’énergie cinétique élémentaire pro- duite dans la modification irréversible, en supposant le frottement

nul ; c’est la chaleur engendrée par la disparition de cette énergie cinétique, et enfin l’énergie de cette modification.

Pa

Soit rpa vdP le potentiel thermodynamique de l’unité de

x .

masse du gaz en A, x étant une pression arbitraire aussi petite qu’on vou dra,

l’expression précédente peut être écrite (-~~ - dm ; c’est la dimi-

nution du potentiel thermodynamique total du système.

(16)

519 Soit maintenant deux masses équivalentes, ni, de H et de 10 dans

deux vases distincts, B et C, à la même pression, à la même tem- pérature T.

j 0 On établit entre ces deux vases une large communication : il y

aura d’abord un premier phénomène irr éversible de difiusion ; puis,

si la température est suifisamment élevée, un deuxième phénomène

irréversible de combinaison chimique.

La température étant restée constante ainsi que la pression, soit q

la chaleur cédée au milieu ambiant : c’est la chaleur de la réaction à

pression constante.

L’expérience apprend que la combinaison de l’iode et de l’hydro- gène a été incomplète : l’hydrogène non combiné pourrait sortir du mélange à travers une paroi semi-perméable sous une tension maxi-

mum l’iode sous une pression ~’~.

2° La même action chimique pourra être opérée de la manière sui- vante : le vase B sera à volonté mis en communication avec un vase B,

de dimensions extrêmement grandes, de capacité invariable, contenant

de l’hydrogène sous la pression 0-’, ; de même C avec un vase C1 con-

tenant de la vapeur d’iode sous la pression cae2. Ces vases B, et C,

seront, d’autre part, en communication par l’intermédiaire d’une

paroi semi-perméable avec un vase A dans lequel existe déjà la

combinaison incomplète d’iode et d’hydrogène en masses équivalentes,

sous la pression P et à la température T.

De B et C, on laisse passer en B, et C1 deux masses équivalentes

d’iode et d’hydrogène; phénomène irréversible; ces masses Am pénètrent réversiblement dans le vase A, leur combinaison par- tielle s’effectue. On laisse passer successivement autant de masses c~~n

qu’on veut, soit m au total.

Si c~~ est le potentiel thermodynamique d’un équivalent d’hydro- gène en B, y,, celui d’un équivalent du même corps en 1~~ et en A,

¡pc et se rapportant à l’iode, le travail non compensé est :

Il y a même masse d’acide iodhydrique formée que dans le premier

cas, la chaleur cédée au milieu ambiant est encore q.

30 La même action chimique pourra être effectuée réversiblement

si on détend les m équivalents d’hydrogène de la pression P à la

(17)

520

pression la vapeur d’iode de la pression P à la pression L2,, et

si on les fait entrer dans A, tootes les pressions restant constantes.

Soit, dans ce cas, q,. la chaleur cédée au milieu ambiant de tem-

pérature invariable T ; dans ces opérations réversibles, le principe

de l’éqiiivalence donne :

Ci est toujours positif; on ne connaît pas la valeur de q,., dont le

signe et la grandeur comparée à celle de Ci déterminent le signe et

la valeur de q.

Mais ce qu’il faut remarquer, c’est que C:1, la diminution du poten-

tiel thermodynamique total, ainsi que l’indique le deuxième proces- sus, ne se rapporte pas à l’action chimique proprement dite, mais au phénomène de diiTusion qui la précède.

Dans le premier processus, Ci se rapporte en partie au phénomène

de diffusion qui se produit d’abord, l’autre partie concerne un phé-

nomène interne distinct de l’action chimique qui l’accompagne et

dans lequel la tension des gaz H et 1, va en décroissant.

É,NERC.IE CI,-,ÙTIÇ)UE DANS LES DÉCEIAIIGFS ELECTRIQUES ; § ACCROISSE-

MENT DE L’EIVTFiOPIE.--- Soit un conducteur A de très grandes dimen-

sions et au potentiel 0, un autre B de très grandes dimensions et

au potentiel V, un électrophore chargé d’électricité négative et son plateau conducteur (1). Ce dernier, à quelque distance de l’électro-

phore, est en communication par un conducteur de capacité négli- geable avec le conducteur A. Le tout dans une source calorifique de température T. En outre, isolée calorifiquement, une masse gazeuse très grande, dans une enceinte avec piston moteur sans frottement.

Par des liaisons convenables, ce piston et le plateau de l’électrophore

se font constamment équilibre : leurs déplacements sont donc réver-

sibles.

Dans une première suite de modifications, le plateau possédant

une charge positive suffisante est isolé de A,’éloigné du gâteau de l’électrophore jusqu’à ce que son potentiel électrique devienne égal

à NT, mis en communication avec B, auquel il peut céder réversi- hlement une masse dm d’électricité. Il est ensuite isolé, rapproché du gâteau, remis en communication quand son potentiel est redevenu 0, puis ramené à sa position initiale.

(1) Voir Unités éleclriques, par LippmAxN.

(18)

521 B est ensuite mis en communication électrique avec A pendant un temps dt suffisant, et par l’intermédiaire d’un conducteur de capacité négligeable, pour que la masse électrique dm s’écoule de B en A à travers ce conducteur.

On est revenu à l’état électrique initial. La source a reçu une quan- tité de chaleur dq équivalente au travail fourni adiabatiquement

par la masse gazeuse.

Cette quantité de chaleur provient de l’énergie cinétique qu’aurait acquise la masse d’ln dans un conducteur sans résistance en tombant du potentiel V au potentiel 0, cette énergie cinétique ayant été

détruite en grande partie dans le trajet de B à A par les résistances

s’opposant à son déplacement.

4

L’accroissement final de l’entropie

=

~g - T.

PREMIÈRE RE1VIARQUE. - Dans la décharge d’une masse finie d’élec- tricité, B étant une source de potentiel V, si on considère une por- tion dl du conducteur intermédiaire, l’accroissement de l’entropie

d

.

d d dci

dC’ l, ,

..

de cette ortion pendant un temps dt est dC;i étant l’énergie ci- nétique qui y est détruite, ou la chaleur qui y est produite, pendant

ce temps dt, T’ la température de cette portion dZ.

Il est facile de voir que, T~ étant toujours plus grand que T, si on

cherche l’accroissement de l’entropie dans toute la longueur du fil et pendant le temps 1 de la décharge, cet accroissement calculé est plus petit que ci si Ci est l’énergie cinétique disparue ou la chaleur dé-

gagée dans le conducteur pendant la décharge.

Cela tient à ce qu’au phénomène irréversible de la décharge élec- trique a succédé un autre phénomène irréversible : cession de la chaleur dégagée dans le fil à la source de température T ; l’accrois-

sement de l’entropie dans ce dernier phénomène va être étudié plus

loin.

DEUXIÈME REMARQUE. - On conçoit le retour de la source et de la

masse gazeuse par le processus suivant : une machine de Carnot

prend à la source dq, lui enlève son accroissement d’entropie -r’ En

T supposant qu’elle ’puisse fonctionner jusqu’au 0 absolu et revenir

à l’état initial, elle aurait pu effectuer sur la masse gazeuse un tra-

vail égal à clq et la ramener à son état initial. L’énergie de tout le

(19)

522

système est donc demeurée invariable. Le seul résultat final est le transport de l’entropie créée dans les transformations irréversibles du système au 0 absolu, c’est-à-dire à un état calorifique infiniment éloignés.

ÉNERGIE CINÉTIQUE DANS UNE CHUTE DE CHALEUR ACCROISSEMENT DE

L’ENTROPIE.

-

Deux sources aux températures T et T 0 et une masse

gazeuse isolée. Cette masse gazeuse produit le mouvement réver-

sible d’une machine de Carnot.

Celle-ci puise à la source T 0 une chaleur q,, reçoit un travail t9

et cède à la source T la chaleur q~, telle que :

,

Si les deux sources sont mises en communication pendant un temps suffisant, la chaleur q abandonnée par la source T est reçue par la source ’T 0 ; l’accroissement de l’entropie dans cette transfor-

mation irréversible est :

,

S peut être considéré comme représentant l’énergie cinétique de

cette transformation irréversible.

Pour le comprendre, il suffit, à l’exemple de M. Lippmann(’), d’en- visager le phénomène irréversible d’une autre manière : il y a eu

./

chute d’une quantité invariable d’entropie ~ T ou ~° ~ et e représentant

To

l’énergie cinétique de cette chute est égal à la quantité d’entropie en

mouvement multipliée par la grandeur de la chute représentée par la différence des températures T - To.

De même que, quand un corps tombe vers le sol, sa masse m ne

change pas,

-

ce qui change, c’est la distance au sol, l’accélération terrestre, g, - l’énergie cinétique qu’elle acquiert en tombant d’un

point A à un point B d’une hauteur h

°

c’est-à-dire égale à sa masse multipliée par la différence de deux nombres définissant les positions A et B et, par suite, la chute.

(1)

(20)

523 11,TUDE PLUS CO)IPLÈTE DES TRANSFORMATIONS IRREVERSIBLES.

-

On

a vu que, dans une série de modifications élémentaires d’un corps, la variation de l’entropie de ce corps

l’échange de chaleur entre ce corps et d’autres étant effectué d’une manière arbitraire ; cette variation, pour aller d’un état initial 0 a un

état final 1, étant indépendante de la manière dont se fait l’échange

1

,

de chaleur, tandis que dCi en dépend.

0

Je suppose que cet échange de chaleur se fasse avec un deuxième corps qui ne subit pas d’autre changement et forme avec le premier

corps un système en transformation adiabatique. La force extérieure

1

effectuant le même travail que précédemment, (Iq échangée ne

0

dépend que de l’état initial et de l’état final.

Lorsque le premier corps cède au deuxième une quantité de cha-

leur dq, T étant la température du premier, T’ celle du deuxième,

la variation de l’entropie du premier corps est encore :

celle du deuxième est 7p’) celle du système dans la transformation T’

entière :

,

T (T - T’) représente l’énergie cinétique dCi’ d’une quantité d’entropie tombant de la température T du premier corps à la tem-

p érature T’ correspondan te du deuxième.

La variation de l’entropie peut être représentée par :

(21)

524

Elle ne dépend pas du chemin suivi, tandis que dci+f’ dC en

o

0

dépend.

On n’a rien précisé au sujet de la température du deuxième corps, et rien n’empêche de donner comme condition supplémentaire que

sa température initiale et sa température finale seront les mêmes que celles du premier corps.

Enfin, au lieu de deux corps, on peut en considérer un nombre

quelconque de grandeur aussi petite qu’on voudra, afin que la tem-

pérature de chacun d’eux reste uniforme dans des transiormations du système formé par leur ensemble.

Ceci se présente dans le cas réel d’un corps en transformation

spontanée quand toutes ses parties ne sont ni à la même p ression,

ni à la même température.

dCi étant la diminution de l’énergie cinétique matérielle d’une

partie du corps à. la température T, dCi’ étant l’énergie- cinétique dans un échange de chaleur entre deux parties, T’ étant

1 d 1

...

1

1-.

1 dC

dc 7

la tempérarature de la partie qui reçoit la chaleur, S ’fi

étendue à toutes les parties du corps en donne la variation

d’entropie dans un élément de la transformation pendant un temps dal.

CAS PARTICULIERS.

-

L’expérience apprend que de l’énergie chiné-- tique peut être détruite en produisant les mêmes effets qu’une force.

Ainsi, un corps en mouvement peut, en poussant un piston, produire

la compression d’un autre corps et lui communiquer de l’énergie cinétique. Si le corps en mouvement est électrisé positivement et dirigé vers un autre chargé positivement, l’énergie cinétique dispa-

rue sera remplacée en partie par de l’énergie électrique. Si le corps

en mouvement frotte contre un autre, ils sont portés à des états élec- triques de signes contraires une partie de l’énergie cinétique du corps

en mouvement est dépensée pour éloigner l’une de l’autre les parties

en contact et se retrouve comme énergie électrique.

Il est vrai que, quand les corps chargés d’électricité perdent leurs charges et leur énergie électrique, celle-ci est remplacée en géné-

ral et immédiatement par de l’énergie calorifique, dernier terme des.

transformations de l’énergie.

En conséquence, quand de l’énergie cinétique est détruite en un point de température T, la variation de l’entropie en ce point dCl est

T

(22)

525 telle que dCi représente seulement la partie de cette énergie trans-

formée en chaleur.

ANALOGIE ENTRE L’ENTROPIE ET LA MASSE ÉLECTRIQUE (’).2013UnCOrpS

électrisé a la propriété d’attirer les corps légers voisins de sa sur-

face et, mis en communication par un conducteur avec un électros- cope, les feuilles de celui-ci s’écartent, et d’autant plus que la pro-

priété précédente est plus manifeste. La communication d’un corps électrisé avec le sol lui enlève sa propriété électrique en même temps qu’elle annule l’écartement des feuilles de l’électroscope.

Le plateau d’un électrophore étant à une faible distance cl du

gâteau de résine, on le met en communication avec le sol, un corps B,

et un électroscope à une assez grande distance des corps précédents.

i"

0

On fait cesser la communication avec le sol ; on augmente la

distance d en déplaçant le plateau de l’électrophore ; les feuilles d’or

divergént; le plateau et B~ 1 manifestent une propriété électrique croissante;

20 A une distance d’ voulue, on fait cesser la communication du

plateau et de B~ , et on ramène le plateau vers sa position première.

Aussitôt que la divergence des feuilles de l’électroscope en commu-

nication avec le plateau devient nulle, on peut le mettre en commu- nication avec le sol sans aucun changement; puis, en maintenant

cette communication, on le ramène exactement à sa position initiale.

Le corps B, reste électrisé : on peut définir la quantité d’électrisa- tion de ce corps B1 par le travail nécessaire pour produire ainsi

réversiblement cette électrisation dans le cycle précédent. On dira

que sa quantité d’électrisation est de C joules.

L’expérience apprendrait que, ce corps étant ainsi mis en commu-

nication lointaine avec un électroscope, la déviation des feuilles de cet instrument augmenterait avec la quantité d’électrisation*du corps B,,

mais que, pour un méme travail, ou une même quantité d’électrisa- tion, cette déviation serait plus petite si le corps B, avait des dimen- sions plus grandes que précédemment.

En outre, que l’équilibre entre deux conducteurs électrisés mis en

communication par un conducteur de volume négligeable existe, si

l’un et l’autre, mis séparément en communication avec un électros-

cope chargé dont les feuilles ont une divergence convenable, ne font

(1) Analogie établie par Lippmann : Jo2mnul de Physique, 1re série, t. X, p. 3~~ ;

t881; et C. R., t. LXXXI, p. 1425 ; 1876.

(23)

526

pas varier cette divergence, et cela, que leur quantité d’électrisation soit la même ou différente.

Dans le cas contraire, il n’y a pas équilibre : celui qui augmente-

rait le plus la déviation des feuilles de l’électroscope, ou la diminuerait le moins, perdrait une partie de son électrisation, tandis que l’élec- trisation de l’autre augmenterait.

Il y a donc lieu de considérer un état électrique défini par cette

déviation, et on dira qu’un corps B, dans un état électrique donné

étant mis en communication avec un corps B2 dans un état électrique plus petit, le premier B, perd une partie de son électrisation, tandis que celle du deuxième B2 augmente; jamais on n’observe l’inverse.

Considérons le cycle suivant : on amène le plateau de l’électro-

phore d’une position initiale à une autre position il a le même

état électrique que Bi ; on le met en communication avec ce dernier.

On rapproche le plateau du gâteau de résine pour enlever à Bi une quantité d’électrisation e1 si petite par rapport à celle qu’il possède

que son état électrique ne varie pas sensiblement.

On fait cesser leur communication. On continue le mouvement du

plateau jusqu’à ce que son état électrique soit le même que celui de B., et on le met en communication avec lui ; par un mouvement

inverse, on accroît l’électrisation de B2 d’une quantité ez sans que

son état électrique varie sensiblement; e2 doit être tel que, si on fait

cesser la communication, le plateau est, dans la position qu’il occupe,

au mème état électrique que s’il n’avait pas communiqué auparavant

avec les deux corps B, et 8~,. On le ramène à sa position initiale. Le

plateau a effectué sur les forces extérieures un travail et

-

e2.

En admettant un postulat analogue à celui de Clausius, savoir qu’on ne peut pas transporter une quantité d’électrisation de B2 à B,

sans dépense de travail, on montrerait que les quantités et e2 ne dépendent pas de la machine employée et, par suite, ne dépendent

que des états électriques de B, et de B2. Ces valeurs e, et e2 peuvent donc représenter ces états électriques.

Soient deux nombres V, et V2, tels que :

les nombres V~ et V 2 pourront aussi représenter ces états électriques;

est indéterminé.

C’est un fait d’expérience que, quand avec une machine on enlève

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