DISSIPATION DE LA HOULE SOUS L’ACTION DU CISAILLEMENT INDUIT DE L’ECOULEMENT
ATMOSPHERIQUE
SWELL DISSIPATION BY INDUCED ATMOSPHERIC SHEAR STRESS
M. CATHELAIN*, Y. PERIGNON*, P.E. GUILLERM*, P. FERRANT*
* ´ Ecole Centrale de Nantes
Laboratoire de recherche en Hydrodynamique, ´ Energ´ etique et Environnement Atmosph´ erique UMR CNRS 6598
[email protected]
R´ esum´ e
Cet article pr´ esente un r´ esum´ e de l’´ etude de la r´ etroaction du for¸cage par une houle id´ eale sur un ´ ecoulement atmosph´ erique au repos et le calcul du coefficient de dissipation visqueuse de l’´ ecoulement atmosph´ erique induit par cette houle. Plusieurs amplitudes de houle ont ´ et´ e test´ ees, correspondant ` a des ´ ecoulements laminaires et turbulents. Cette s´ erie de simulations a ´ et´ e r´ ealis´ ee en RANS avec un mod` ele de loi de paroi type low- Reynolds. En laminaire, le coefficient de dissipation visqueuse tend vers une expression analytique, le coefficient de Dore, calcul´ e ` a partir du travail du cisaillement moyenn´ e sur une longueur d’onde, tandis qu’en r´ egime turbulent, il surestime de 3.8 ` a 8.4% ce coefficient. Un param´ etrage de cette augmentation est exprim´ e en fonction du coefficient de Dore : pour le cas le plus turbulent, l’augmentation atteint moins de 3.5 µ Dore ce qui correspond ` a une distance caract´ eristique d’att´ enuation 1/µ de 20 000 km pour une houle oc´ eanique.
Summary
The aim of this study is to examine the properties of the viscous air-sea boundary
layer driven by an idealized swell in order to characterize the induced atmospheric flow
regime and its associated viscous dissipation over swell. A set of numerical experiments
was conducted in CFD with a RANS numerical model. Under laminar conditions, work of
shear flow is close to the analytical expression by Dore, corresponding to the mean work of
the viscous stress normalized by the power of the underlying wave under the assumption
of low steepness for the ongoing swell, whereas the transition to the full development
of turbulence shows an increase in work of the shear stress. A parametrization of this
increase is deduced in term of viscous decay coefficient computed from the average work
of the shear over a wavelength.
I – Introduction
Dans le contexte d’une exploitation croissante des ressources ´ eoliennes en domaine oc´ eanique, la description fine de la ressource et de son interaction avec des ´ etats de mer locaux va constituer une probl´ ematique essentielle. Les normes utilis´ ees pour le design d’´ eoliennes offshore sont jusqu’` a pr´ esent similaires ` a celles employ´ ees pour les ´ eoliennes terrestres. N´ eanmoins, l’´ evaluation de la ressource de vent en mer est sujette ` a deux facteurs majeurs qui ne sont pas ` a prendre en compte sur terre : la stabilit´ e/instabilit´ e verticale de l’atmosph` ere due ` a la forte capacit´ e thermique de l’oc´ ean et les effets dus aux vagues, incluant notamment la rugosit´ e dynamique de la surface oc´ eanique [8].
De nombreuses ´ etudes exp´ erimentales ont montr´ e l’influence potentielle de l’´ etat de mer sur le transport de la chaleur dans l’atmosph` ere et les flux de quantit´ es de mouvement dans la couche limite atmosph´ erique marine [12] [15]. Des campagnes en mer ont montr´ e que la houle (caract´ eris´ ee par de longues p´ eriodes et des vitesses de phase importantes) impacte le flux de quantit´ e de mouvement bien au-dessus de la couche limite de vagues (zone de l’´ ecoulement directement impact´ ee par la vague, d’extension verticale d’ordre de grandeur O(m)) [12] [13]. Lorsque la houle se propage plus rapidement que le vent, un jet de vent est observ´ e proche de la surface libre et le profil du vent n’est plus logarith- mique. On note aussi une diminution de la contrainte de cisaillement ` a la surface [14]. Ces mesures en mer fournissent des donn´ ees pouvant ˆ etre utilis´ ees dans la param´ etrisation de grandeurs telles que la traˆın´ ee de surface. Cependant l’´ ecoulement au-dessus d’une vague est difficile ` a mesurer en mer et ` a reproduire en laboratoire de par la complexit´ e de l’environnement. Diff´ erentes simulations num´ eriques ont ´ et´ e men´ ees afin d’´ etudier les effets des vagues sur le champ de vent observ´ es lors des campagnes d’observation [12][13].
Sullivan et al. [19] utilisent des simulations directes (DNS) qui ont pour objectif l’´ etude de la structure turbulente et des bilans d’´ energie cin´ etique au-dessus de vagues id´ ealis´ ees.
Par la suite, Sullivan [17] a d´ evelopp´ e un mod` ele LES (Large-Eddy Simulation ) pour une vague 2D sinuso¨ıdale et a identifi´ e des r´ eponses d’´ ecoulement pour trois cas : vent oppos´ e ` a la houle, vent suivant la houle et vent au-dessus d’une houle stationnaire. Un mod` ele similaire a ´ et´ e d´ evelopp´ e en 2010 [18] pour tenir compte d’un spectre de vagues.
Les r´ esultats sont concordants avec les ´ etudes r´ ealis´ ees en 2000 et 2008 pour des vagues monochromatiques ainsi qu’avec les campagnes CBLAST [17]. Il semblerait cependant que l’influence de la houle sur le vent soit sensible ` a la composition du spectre de vagues.
Jenkins et al. [6] ont conclu que l’impact de la houle n’est pas insignifiant et que celle-ci devrait ˆ etre prise en compte dans le d´ eveloppement de mod` eles coupl´ es atmosph` ere-oc´ ean.
L’´ etude pr´ esent´ ee ici s’inscrit dans le cadre d’un travail de th` ese dont l’objectif est
l’´ etude de l’influence coupl´ ee du vent sur les vagues. La mod´ elisation du couplage dy-
namique de syst` emes atmosph` ere-oc´ ean n´ ecessite une compr´ ehension fondamentale et
quantitative du m´ ecanisme d’interaction vent-vague qui demeure complexe malgr´ e les
nombreuses ´ etudes r´ ealis´ ees. Le but est, ` a terme, de d´ evelopper un mod` ele de simulation
d´ eterministe du couplage ´ ecoulement atmosph´ erique - ´ etat de mer ce qui permettra de
fournir un outil permettant d’´ evaluer au mieux les conditions d’environnement (dont la
ressource, le for¸cage...). Le travail pr´ esent´ e ici constitue une premi` ere phase de ce pro-
jet. Il a pour but d’´ etudier les effets observ´ es des vagues sur l’´ ecoulement atmosph´ erique
via une mod´ elisation num´ erique et de calculer le coefficient de dissipation visqueuse de
l’´ ecoulement atmosph´ erique induit par la houle. Mieux connaˆıtre les ph´ enom` enes de dis-
sipation atmosph´ erique li´ ee ` a la propagation de la houle permettrait une am´ elioration des
mod` eles de pr´ ediction de houle ne prenant pas en compte la dissipation. En effet, dans le cas de tempˆ etes classiques, ces mod` eles surestiment actuellement de 20% les hauteurs significatives des vagues dans un rayon de plus de 4 000 km du centre de la tempˆ ete [2].
Une houle id´ ealis´ ee en pr´ esence d’un vent constant et en grande profondeur est soumise
`
a un ´ equilibre entre l’´ energie inject´ ee par le vent et les pertes par dissipation : on ob- serve alors un transfert constant d’´ energie sur de tr` es grandes distances. Des observations de la houle par satellite (mesures SAR par l’IFREMER, Ardhuin et al. [1]) ont montr´ e qu’une importante perte ´ energ´ etique avait lieu, notamment pour les houles cambr´ ees. Les mod` eles de propagation de houle prennent en compte les ´ echanges ´ energ´ etiques tels que : l’apport du vent et d’autres facteurs favorisant la formation des vagues, la contribution des effets non lin´ eaires et les pertes li´ ees ` a la dissipation. De nombreux processus restent
`
a ˆ etre identifi´ es et leur influence dans la fermeture du bilan d’´ energie ` a ˆ etre quantifi´ ee, par exemple l’interaction de la houle avec la turbulence oc´ eanique [11] ou avec le couplage de l’atmosph` ere [5].
L’objet du travail pr´ esent´ e dans cet article concerne l’´ etude du processus li´ e au cou- plage houle-atmosph` ere. On n´ eglige ici toute interaction entre un ´ ecoulement induit par la houle et un ´ ecoulement atmosph´ erique (on ne prend pas en compte de vent moyen).
La r´ etroaction de la contrainte de cisaillement atmosph´ erique induite par la houle est mal quantifi´ ee, notamment lorsque la vitesse orbitale et le d´ eplacement d’une particule dans l’eau am` enent l’´ ecoulement ` a un seuil de turbulence [2]. La caract´ erisation de ce r´ egime turbulent et de l’amplitude de la dissipation induite sur la houle reste une ques- tion majeure ` a traiter. Lorsqu’on n´ eglige la courbure de la surface, on se rapproche des r´ esultats connus pour une couche limite oscillante sur un fond fixe [4]. La struc- ture d´ etaill´ ee de l’´ ecoulement proche de la surface d’une vague est n´ eanmoins difficile ` a obtenir ` a cause de la complexit´ e de l’environnement et l’ensemble des param` etres environ- nementaux n’est pas ou peu connu. En effet, la couche limite atmosph´ erique d’´ epaisseur caract´ eristique δ = q 2ν/ω ≡ O(10 −3 m) a besoin d’ˆ etre ´ etudi´ ee le long d’une longueur d’onde O(100m) sur une hauteur de d´ eplacement vertical correspondant ` a une ampli- tude O(1m). Pour ´ etudier la dynamique laminaire ` a turbulente de cette couche limite, des simulations num´ eriques ont ´ et´ e men´ ees avec STAR-CCM+, un logiciel de simulation s’appuyant sur une r´ esolution de type CFD (Computational Fluid Dynamics) et traitant des probl` emes gouvern´ es entre autres par les ´ equations de Navier-Stokes. L’´ evolution du cisaillement est examin´ ee pour une large gamme de conditions de houle et l’augmentation due ` a la turbulence des termes de travail pari´ etal et du taux de dissipation associ´ e est quantifi´ ee.
La partie II d´ etaille le cadre g´ en´ eral du probl` eme et rappelle la solution analytique sous l’hypoth` ese de faible cambrure de la houle [3]. La partie III d´ ecrit la configuration des s´ eries de simulations num´ eriques et le mod` ele impl´ ement´ e pour l’interface air-mer en CFD. La partie IV-1 pr´ esente les r´ esultats de ces simulations num´ eriques sous des conditions de houle stationnaire. Dans la partie IV-2, les taux de dissipation associ´ es sont
´
evalu´ es et leur ´ evolution sous la contrainte de cisaillement turbulent est quantifi´ ee. Une
param´ etrisation du taux de dissipation en fonction du nombre de Reynolds caract´ eristique
est propos´ ee. La partie V pr´ esente la discussion finale et les conclusions de ce travail.
II – Solution th´ eorique pour les faibles amplitudes
Lorsqu’on ´ etudie le probl` eme d’une houle se propageant dans une couche atmosph´ erique visqueuse au repos, on peut consid´ erer la couche oc´ eanique comme un for¸cage fort sur la couche atmosph´ erique et l’´ ecoulement atmosph´ erique comme un for¸cage faible sur la surface libre. On propose ici une ´ etude de l’´ ecoulement atmosph´ erique cisaill´ e afin d’en d´ eduire la r´ etroaction du for¸cage de grande ´ echelle sur une houle id´ eale. Pour des raisons de simplicit´ e, la houle sera consid´ er´ ee unidirectionnelle et monochromatique. Une premi` ere caract´ erisation de l’´ ecoulement peut ˆ etre r´ ealis´ ee en n´ egligeant la courbure de la surface [2]. On retrouve un nombre de Reynolds caract´ eristique pour l’´ ecoulement atmosph´ erique bas´ e sur la vitesse double et le d´ eplacement double par analogie avec les probl` emes de couche limite oscillante sur plaque plane :
Re = 4u orb a orb
ν . (1)
Pour des vagues de profil lin´ eaire en profondeur infinie, on consid` ere la solution de l’´ equation d’Euler η(~ x, t) = a cos(~k~x − ωt) et la vitesse horizontale sous la surface libre est u − (~ x, t) = ωa cos(~k~x − ωt) avec ω = 2π/T la pulsation. u orb et a orb correspondent respectivement ` a l’amplitude de la vitesse de surface u − et du d´ eplacement η.
L’´ ecoulement est suppos´ e ˆ etre turbulent au-dessus de Re ≈ 10 5 [7] et la contrainte de cisaillement atmosph´ erique ` a la surface libre est alors suppos´ ee d´ evier de la solution analytique laminaire de Dore [3]. La solution laminaire peut s’´ ecrire comme la somme d’un
´
ecoulement potentiel et d’une sous-couche visqueuse permettant de connecter les profils de vitesses ` a travers les deux milieux. La couche visqueuse dans l’eau peut ˆ etre n´ eglig´ ee
`
a cause de l’inertie plus grande de l’eau et de l’ordre de grandeur des grandes longueurs d’onde consid´ er´ ees ici. La solution d’Euler pour le profil de la vitesse atmosph´ erique v´ erifie la mˆ eme solution de l’´ ecoulement potentiel que dans la couche oc´ eanique, avec un raccordement de la couche oc´ eanique par une couche limite visqueuse tel que :
u + (~ x, z, t) = −ωae −k(z−η) cos(~k~x − ωt) + 2ωae −z
+cos(~k~x − ωt − z + ) (2) avec z + = (z − η)/ q 2ν/ω.
Un tel profil est lin´ eairement d´ efini en n´ egligeant l’´ el´ evation de surface. Le fait d’utiliser ici la distance ` a la surface libre (z − η au lieu de z) fournit une premi` ere estimation du profil.
Le travail moyen de la contrainte visqueuse W v sous des conditions laminaires : W v =
*
ρ a νu + (z = η) ∂u +
∂z | z=η
+
(3) normalis´ e par la puissance lin´ eique de la vague donne le coefficient de dissipation vis- queuse :
µ = − W v
C g ρ w ga 2 /2 . (4)
On retrouve l’expression analytique de ce coefficient, corrigeant d’un facteur 2 l’´ equation A8 de Collard et al. [2] et l’´ equation 5 de Ardhuin et al. [1] :
µ Dore = − ω 2 gC g
ρ a ρ w
√ 2νω. (5)
En ´ etudiant num´ eriquement l’´ ecoulement atmosph´ erique turbulent, on s’attend ` a une asymptote bas Reynolds, sous r´ eserve que la cambrure et le nombre de Reynolds ca- ract´ eristique respectent les hypoth` eses ci-dessus. Cependant, puisque les conditions de houle oc´ eanique exc` edent souvent le seuil turbulent de Reynolds th´ eorique, la caract´ erisa- tion du coefficient de dissipation pour une large gamme de r´ egimes d’´ ecoulements reste ` a faire.
III – Mod´ elisation num´ erique
III – 1 G´ eom´ etrie
Un des enjeux de la mod´ elisation num´ erique de la contrainte de cisaillement at- mosph´ erique au-dessus des vagues est la repr´ esentation d´ etaill´ ee de l’´ ecoulement dans le voisinage de la surface libre en mouvement. Dans un r´ ef´ erentiel absolu, le d´ eplacement de la surface libre requerrait un processus de remaillage qui serait tr` es coˆ uteux en ressources et en pr´ ecision. Dans le cas de la houle et plus particuli` erement une houle unidirection- nelle et monochromatique, la mod´ elisation de l’´ ecoulement est plus facile. Si l’´ ecoulement est r´ esolu dans le r´ ef´ erentiel li´ e au d´ eplacement de la crˆ ete de la houle (c’est-` a-dire un r´ ef´ erentiel ´ evoluant ` a la vitesse de phase de la houle monochromatique par rapport au r´ ef´ erentiel absolu), beaucoup de logiciels commerciaux de CFD sont capables de mener de telles simulations num´ eriques. Ici, l’´ etude est r´ ealis´ ee avec le logiciel STAR-CCM+. Le mouvement du r´ ef´ erentiel relatif est en translation lin´ eaire dans la direction ~ x ` a la vitesse U ~ ref = C ~ φ et la phase de l’´ el´ evation de surface libre est r´ eduite, dans ce r´ ef´ erentiel, ` a une fonction d’espace v´ erifiant ~k~x − ωt = ~k(~ x ref + C ~ φ t) − ωt = ~k~x ref . Sous l’hypoth` ese d’un for¸cage fort de l’oc´ ean sur la couche limite atmosph´ erique et d’une r´ etroaction faible dans l’autre sens, on peut choisir de restreindre le domaine fluide ` a celui de l’atmosph` ere, avec une condition limite appropri´ ee en accord avec le for¸cage oc´ eanique et le mouvement du r´ ef´ erentiel attach´ e ` a la crˆ ete (Fig. 1).
L’´ el´ evation de surface libre est p´ eriodique dans la direction ~ x. Nos simulations num´ eri- ques sont r´ ealis´ ees dans un domaine de longueur λ de l’ordre de 100 m. L’extension transversale est choisie ´ egale ` a λ/16 pour des raisons pratiques. Une ´ etude de sensibilit´ e n’a montr´ e aucune influence de la taille de cette extension transversale et la largeur retenue permet la r´ ealisation de plusieurs simulations du mˆ eme ´ ecoulement en r´ egime turbulent, avec une taille raisonnable de maillage pour les plus grandes longueurs d’onde.
L’extension verticale moyenne du domaine est impos´ ee ` a H = λ/4 avec une fronti` ere sup´ erieure v´ erifiant une fermeture des lignes de courant attendue par la th´ eorie potentielle lin´ eaire :
H(x ref ) = H + η(x ref )e −kH . (6) Une condition cin´ ematique de type mur est impos´ ee sur les fronti` eres inf´ erieure et sup´ erieure, v´ erifiant la condition de vitesse orbitale de for¸cage u ~ − = u − ~ x + w − ~ z au fond et la solu- tion potentielle u ~ + (z = H) en haut. Les fronti` eres transversales du domaine sont d´ efinies comme des conditions limites de sym´ etrie (soit la d´ eriv´ ee normale d’une quantit´ e nulle ` a cette fronti` ere).
Dans l’air, une condition initiale de repos dans le r´ ef´ erentiel absolu est facilement
transposable dans le r´ ef´ erentiel relatif avec une vitesse initiale et homog` ene de − U ~ ref
associ´ ee ` a la condition de d´ ebit massique d’entr´ ee au niveau de la fronti` ere en amont. Une
condition de p´ eriodicit´ e est impos´ ee sur les deux fronti` eres amont et aval. Le maximum
Figure 1 – (a) Champ de vitesse absolue et lignes de courant de la section centrale du domaine atmosph´ erique, associ´ es au vecteur vitesse ` a la crˆ ete pour Re = 12 x 10 5 et T = 10 s. (b) Vue d´ etaill´ ee du vecteur vitesse dans le voisinage de la surface libre ` a la crˆ ete de l’´ el´ evation de surface libre est situ´ e au centre du domaine fluide le long de l’axe ~ x et nous avons choisi une vague se propageant selon la direction −~ x afin de consid´ erer une entr´ ee de masse positive au niveau du cˆ ot´ e gauche du domaine ( en x = −λ/2).
III – 2 Solveur
La strat´ egie de mod´ elisation et le choix de la fermeture turbulente sont li´ es ` a la nature de l’´ ecoulement ´ etudi´ e ici. Pour ce cas sp´ ecifique d’´ ecoulement cisaill´ e visqueux, une ap- proche Reynolds-Averaged Navier-Stokes (RANS) semble appropri´ ee ` a la mod´ elisation de la r´ egion proche paroi avec des coˆ uts raisonnables. De plus, dans le r´ ef´ erentiel relatif d´ ecrit pr´ ec´ edemment, l’´ ecoulement moyen est suppos´ e atteindre un ´ etat stationnaire ce qui per- met l’utilisation de simulations RANS stationnaires. Pour une mod´ elisation ad´ equate du cisaillement dans la r´ egion de proche paroi, un mod` ele de fermeture de type Low-Reynolds K-Epsilon est retenu parmi d’autres mod` eles. La r´ egion fluide est mod´ elis´ ee comme un composant unique de gaz id´ eal dont la densit´ e et la viscosit´ e cin´ ematique sont choisies telles que ρ a = 1.18 kg.m −3 et ν a = 1.57 × 10 −5 m 2 .s −1 . La sous-couche visqueuse a besoin d’ˆ etre proprement ´ etablie pour nos simulations num´ eriques et donc un traitement de mur de type low-y+ est utilis´ e. Le maillage est form´ e d’une grille de poly` edres dans le domaine fluide et d’un raffinement par une couche prismatique dans le voisinage des parois (cf Fig.
2). La distance adimensionnelle au mur y+ = yu ν
∗a