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De la voie d'infection nasale de la méningite · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1901-1902 N» 5

DE LA

VOIE D'INFECTION NASALE

DE LA MÉNINGITE

THÈSE

POUR LE DOCTORAT EN

MÉDECINE

Présentée et soutenuepubliquement le 15 novembre1901

PAR

Charles-Jean MAGUNNA

ÉLÈVE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE

ANCIEN EXTERNE DES HOPITAUX

à Saintes (Charente-Inférieure) le 19 février 1878.

I MM. ARNOZAN,professeur Président.

Examinateurs de la Thèse:

\

! RONDOT,

^nAACTHE<

agrege

Poseur....

^t Juges I HOBBS, agrégé )

teCandidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

G. GOUNOUILHOU, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE

II, RUE GUIRAUDE, II

11

(2)

FACULTE DE MEDECINE ET DE PHAItMACIE DE BORDEAUX

M. de NABI AS Dovea. | M. PITRES.. Doven honoraire.

PROFESSEURS MM.

Clinique interne Clinique externe.

Pathologieetthérapeu¬

tiquegénérales. . .

Thérapeutique. . . .

Médecineopératoire .

Cliniqued'accouchements.

Anatomiepathologique. .

Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie

MICE . . . * .

DUPUY

MOUSSOUS . . . .

MM.

jPICOT.

-\PITRES.

IDEMONS.

'|LANELONGUE

Professeurs honoraires.

YERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

LEFOUR.

COYNE.

CANNIEU.

VIAULT.

JOLYET.

Hygiène LAYET.

Médecinelégale . . .

Physiquemédicale. .

Chimie

Histoire naturelle . .

Pharmacie

Matièremédicale. . .

Médecine expérimentale .

Cliniqueophtalmologique.

Clinique des maladies chi¬

rurgicalesdes enfants .

Cliniquegynécologique Cliniquemédicale des

maladiesdes enfants Chimie biologique . .

Physiquepharmaceutique

MM.

MORACHE.

BERGONIÉ.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

deNABI AS.

FERRÉ.

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

MOUSSOUS.

DENIGÈS.

SIGALAS.

AGREGES EN EXERCICE:

section de médecine (Pathologie interneet Médecinelégale.) MM.SABRAZES.

Le DANTEG.

HOBBS.

MM. MONGOUR.

GABANNES.

Pathologie externe.

section de chiruhgie etaccouchements

MM.GHAVANNAZ.

| BRAQUEHAYE

I BÉGOUIN. Accouchements.(MM. FIEUX.

ANDÉRODIAS.

Anatomie

section des sciencesanatomiques et physiologiques

1MM.GENTES. I Physiologie . . . MM.PAGHON.

'

( CAVALIÉ. I Histoirenaturelle. BEILLE.

Chimie

section des sciences physiques

M. BENEGH. Pharmacie . . M. DUPOUY.

COURS COMPLÉMENTAIRES:

Cliniquedes maladiescutanées et syphilitiques MM.

DUBREUILH.

Clinique desmaladies des voies urinaires

POUSSON.

Maladies dularynx, des oreilleset dunez MOURE.

Maladies mentales RÉGIS.^

Pathologie externe

DENUCE.

Pathologie interne

RONDOT.

Accouchements FIEUX.

Physiologie P

ACHON.

Embryologie

PRINGETEAU.

Ophtalmologie

LAGRANGE.

Hydrologieetminéralogit GARLES. _

Pathologie exotique

LE DANTEG.

LeSecrétaire de laFaculté: LEMAIRE.

Par délibération du 5 août 1879, la faculté a arrêté que les opinions émisesdans

les

Thèsesqui luisont présentées doiventêtre considérées comme propresà leursauteurs,

et

qu'elle n'entend leur donnerniapprobationni improbation.

(3)

A LA

MÉMOIRE

DE MA TANTE WERNER

A LA MÉMOIRE DE MA

GRAND'MÈRE

QUI ME FITAIMER ET COMPRENDRE((LES LIVRES))

A MON

GRAND-PÈRE

A MES CHERS PARENTS

EN Y ASSOCIANT LUCILE ET HENRI

(( Merci. »

A MON ONCLE LE D' J.

PLANTÉ

A MES PLUS PROCHES

A MON « AMI» ALBERT

SARRA1LHÉ

Je dédie ces

quelques

pages.

(4)
(5)
(6)
(7)

AVANT-PROPOS

Au moment de terminer nos

études, le devoir du souvenir

nous fait un plaisir

de remercier tous ceux qui y présidèrent.

A Rochefort, nous avons

trouvé

en

MM. Grand'Moursel, Gor-

ron et Lassabatie des

conseillers, presque des amis de chaque

jour;

qu'ils daignent recevoir ici l'expression de notre entière

gratitude.

A J'Ecole de Bordeaux,

dans maintes circonstances, M. le

directeurBourru nous a

témoigné

sa

grande bienveillance. Qu'il

nous soit permis

de l'assurer de notre respectueuse reconnais¬

sance. A M.le docteur

Torel,

pour

l'intérêt affectueux dont nous

avons reçu tant de preuves,

et à tous nos autres professeurs,

nousadressons nos bien

sincères remerciements.

A l'hôpital,

durant

nos

deux premières années d'externat,

nous avons apprécié

à juste titre la grande affabilité et le savoir

de M. le docteur

Baudrimont et de M. le professeur Moussous;

nous garderons

toujours de leurs bonnes leçons un précieux

souvenir.

M. le professeur

Arnozan, auquel nous devons l'idée de ce

travail, nous fait

ici

un

grand honneur en acceptant la prési¬

dencedenotrethèse; ses

longues causeries au lit du malade ont

cté pournous la source

de nombreux enseignements, et c'est à

(8)

8

sa sollicitude que nous devons le peu que nous savons; nous lui en adressons ici un souvenir ému et bien reconnaissant.

Nous sommes heureux, enfin, de pouvoir remercier M. le

professeur Moure et son chef de clinique M. le docteur Brindel, qui ontjbien voulu nous aider de leurs conseils, et M. le profes¬

seur Ferré, qui nous a reçu;dans son laboratoire et nous a aidé lui-même dans la pratique de nos inoculations, nous facilitant ainsi la technique expérimentale de notre thèse.

A tous nos camarades de l'Ecole et de la Faculté qui nous ont

témoigné quelque sympathie, nous adressons un adieu amical

en souvenir des quelques bonnes heures vécues ensemble.

G. M.

Novembre 1901.

(9)

INTRODUCTION

Nous avons divisé notre sujet en trois chapitres.

Dans le premier, nous avons

tenté de donner

un aperçu sur

les opinions et les travaux des

divers auteurs

sur

la question

qui nous occupe ici.

Dans le deuxième, nous plaçant sur le

terrain de l'anatomie,

nous avons recherché les différents rapports de contiguïté ou de continuité existant entre la cavité crânienne et les cavités

nasales et rétro-nasales.

Dans le troisième, que nous intitulons : «

De la marche des

agents infectieux vers les

méninges à partir des cavités nasales

etrétro-nasales, » après avoir rappelé

l'état septique des fosses

nasales, nous nous demandons si, étant

donnés les deux fac¬

teurs énoncés plus haut :

rapports existant entre les cavités

nasales et les méninges et la septicité de ces

dernières,

on

n'est pas en droit de penser que,

dans bien des

cas,

la ménin¬

gite trouve son origine dans le nez.

Synthétisant davantage,

nous proposons jusqu'à

plus ample informé d'admettre cinq

voies différentes d'infection, les appuyant chacune sur

des

observations; trouvées dans la science.

Notre seul regret, le temps nous

ayant manqué

pour pour¬

suivre nos recherches dans la voie clinique et

expérimentale,

estdene pouvoirque proposer sans

affirmer.

(10)
(11)

DE LA

VOIE D'INFECTION NASALE

DE LA

MÉNINGITE

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

Depuis une

vingtaine d'années, les diverses maladies du nez,

jusqu'alors peu

étudiées, sont devenues à la mode, et bien des

affections, dont le

point de départ était jadis resté inconnu, ont

trouvé en lui leur

origine. Laryngite, bronchite, pneumonie,

tuberculose, lupus,

asthme, affections diverses des yeux, tout

vient du nez, tant est

si bien

que

l'on a pu dire : « plus de noso¬

logie, de la

nasologie.

»

La méningite seule semble avoir fait

exception à

cette règle, et peu nombreux sont les auteurs qui

ont étudié les rapports

existant entre une affection nasale et

l'apparition

de phénomènes méningitiques.

Rapidement nous

résumerons les divers travaux parus jus¬

qu'à ce jour,

ayant trait à la question.

En 1842, Déchant, dans sa

thèse inaugurale, en parlant de la

rougeole,

insiste, d'une part, sur les diverses lésions nasales

survenant dans le cours de

cette maladie, et, d'autre part, sur

la fréquence

de la méningite dans la rougeole, sans chercher

(12)

12

à établir une relation entre ces faits et sans parler de l'état des sinus.

De nombreuses années après ce fait, qui passa inaperçu,

en 1875, Hayem, abordant la question de la méningite consécu¬

tive à l'érysipèle de la face, dit à propos d'un cas rapporté

par Hanot : « Il estregrettable que les fosses nasalesn'aient pas été examinées, car on eût pu trouver la voie d'infection en

elles;» posant ainsi lepremier 1a. question quinous intéresse.

Quelques année# après, Weigert, trouvant que les fosses nasales sont souvent le siège d'ulcérations scrofuleuses, de coryzas strumeux, pensa que ces affections créent des lieux de moindre résistance où s'installe volontiers la bacille de Ivoch.

« Partant des fosses nasales, dit-il, ce microbe pourrait passer à travers les trous de la lame criblée de l'ethmoïde, atteindre

la pie-mère et provoquer la méningite tuberculeuse. » A ce

sujet, Weigert rapporte une observation dans laquelle la péné¬

tration des germes pathogènes s'était faite au niveau de l'eth¬

moïde à la faveur d'une tumeur crânienne insérée sur cet os et

qui avait exposé les méninges au contact du bacille de Koch présent dans les fosses nasales; fait, somme toute, peu con¬

cluant, que nous avons laissé de côté.

En 1884, Weichselbaum, s'aidant des travaux de Zaufal, émet l'hypothèse que l'agent infectieux de la méningite à pneumo¬

coques, partant des fosses nasales ou de leurs dépendances,

passe directementdans le crâne, et relate à ce sujet deux obser¬

vations par nous citées. Plusieurs années auparavant, il avait attiré l'attention « sur certaines phîegmasies du nez qui peuvent conduire à la méningite », et il en conclut qu'il est utile d'exa¬

miner le nez et ses dépendances.

Strumpell fait des remarques analogues, et, constatant dans la méningite cérébro-spinale des troubles de l'odorat, va jus¬

qu'à prétendre que « toute méningite débute par un rhume intense».

En 1887, Netter, traitant en quelques1 articles, dans les Archives générales de médecine, la question de laméningite due

au pneumocoque, signale, en dehors des méningites consécu-

(13)

13

tives à la pneumonie,

la méningite pneumonique par infection

locale directe. Ici, l'infection

méningée existe dès le début de

la pneumonie et

parfois même la précède, et « les pneumoco¬

ques ne

sauraient être puisés dans la poitrine». Il démontre

que, dans

l'infection pneumonique, il peut exister des pneumo¬

coques dans

certaines régions voisines de la cavité crânienne :

sinus, fosses nasales,

etc., d'où ils peuvent gagner les ménin¬

ges, commele

peuvent d'autres agents infectieux, causes de mé¬

ningites directes.

Il

va

même, à propos d'une observation de

M. Raymond,

tellement résumée qu'elle nous a paru ne rien

prouver,

jusqu'à

poser, sans

essayer de la discuter le moins

du monde, la question qui nous occupe

ici.

«

Cette observation,

dit-il, pourra

servir de type à de pareilles méningites par infec¬

tion nasale. »

En 1892, Kaplan, dans sa

thèse inaugurale,

sur

les sinusites,

parle à différentes

reprises de la terminaison de ces affections

parméningite, sans

toutefois approfondir la question.

En 1893, Zorkendorfer,

dans

un

article

paru

dans Prager

medicinische Wochenschrift (3 mai),

reprenant des

cas

de ménin¬

gite sans

pneumonie publiés

par

Frankel, Foa et Bordeni-Ufre-

duzzi, qui n'avaient

point recherché

par

quelle voie les bac¬

téries avaient gagné les

méninges, rapporte une nouvelle

observation, par nous

citée, qui démontre nettement la possi

¬

bilité de propagation du pus

des cavités accessoires aux enve¬

loppes crâniennes.

Dans la séance du 6 mail 1896 de la

Société d'otologie et de

laryngologie, à

l'occasion d'une communication faite par M. le

docteur Brindel, de Bordeaux, sur

les résultats de l'examen

histologique de 64

végétations adénoïdes, M. Lermoyez, prenant

la parole, posa

nettement

pour

la première fois la question de

savoir s'il existe des relations au point de vue

étiologique entre

les végétations

adénoïdes et la méningite tuberculeuse.

« Dans les observations quej'ai publiées,

dit-il, j'ai constam¬

ment noté l'existence de méningite

tuberculeuse chez les frères

et les sœurs de mes petits

malades. Récemment

encore,

le fait

suivant m'était raconté par un de mes

amis, médecin d'enfants

(14)

14

très distingué. Dans une famille déjà deux enfants étaient morts de tuberculose méningée, il fut appelé auprès d'un petit

garçon de quatre ans, chez qui il constata une insuffisance nasale manifeste. Il1 diagnostiqual'existence de végétations adé¬

noïdes; mais, en raison des antécédents, craignant leur nature tuberculeuse, il se refusa à une intervention et prescrivit seule¬

ment des précautions antiseptiques naso-pharyngées. Quelques

mois plus tard, l'enfant fut amené à l'étranger, où un spécia

liste moins prudent pratiqua en une séance le curettage du

cavum. Trois semaines plus tard, se déclarait une méningite tuberculeuse mortelle. »

La cavité encéphalique, ne communiquant pas avec l'air exté¬

rieur, ne peut jamais être atteinte par une tuberculisation de seconde main. Il est avéré qu'avant d'y pénétrer le bacille de Koch adû y faire une étape antérieure. Ordinairement on exa¬

mine un foyer de tuberculose pulmonaire préexistant, un gan¬

glion lymphatique caséeux, une lésion articulaire; mais une

étape, jusqu'ici laissée dans l'ombre, me semble devoir être prise en considération en vertu surtout de son voisinage immé¬

diat avec le crâne : l'étape naso-pharyngée. Entre l'encéphale

et les cavités naso-pharyngiennes, les communications vascu-

laires et lymphatiques! sont larges et faciles; dès lors l'existence d'un foyer de tuberculose au, niveau de l'amygdale pharyngée

n'est-elle pas pour les méninges un danger de contamination dont il faille tenircompte? Lefait deCapdenat, où uneméningite tuberculeuse a été la conséquence directe d'une tuberculose

nasale, vient à l'appui de cette étiologie.

On conçoit que l'intérêt s'attacherait à l'étude des végéta¬

tions adénoïdes tuberculeuses si l'importance de leur rôle dans

l'étiologie de la méningite tuberculeuse venait à être confirmée par des faits nombreux, et pour cela il suffirait d'examiner

systématiquement le pharynx nasal des jeunes enfants ayant

succombé à une méningitetuberculeuse.

« Prévenir la méningite tuberculeuse par l'ablation précoce

et totale des végétations adénoïdes tuberculeuses serait un im-

(15)

- 15

mense service rendu par

la rhinologie et qui la ferait rentrer

en grâce

auprès des pédiatres. »

En 1900, le docteur

Jacobson, dans sa thèse, inaugurale, rap¬

porte

15

cas

de méningite d'une valeur démonstrative variable,

à

pathogénie bucco-naso-pharyngée, sans chercher à expliquer

longuement

le trajet suivi par les microbes pour atteindre les

méninges; il

rappelle

que

la région pharyngienne, par l'inter¬

médiaire du plexus

ptérvgoïdien, envoie des branches qui com¬

muniquent avec

les vaisseaux de la face et qui pénètrent dans

la cavité crânienne, à travers

la fente sphénoïdale, avec la veine

ophtalmique.

L'auteur déclare que la

méningite tuberculeuse est, dans la

plupart des cas, une

maladie secondaire; elle n'est primitive

qu'en apparence;

aussi propose-t-il d'ajouter au qualificatif

« secondaire » celui de «

local

».

Tel est, en dehors

de quelques considérations sur les ménin¬

gites à

la suite de tuberculose pulmonaire ou d'adénopathie

trachéo-bronchique, le

travail du docteur Jacobson.

Cette même année, dans

la Semaine médicale du 5 septem¬

bre, L.

Concetti déclare que la méningite à méningocoques, d'or¬

dinaire primitive, a «

peut-être une infection nasale », posant

ainsi la question sans

plus l'approfondir.

se borne, en

dehors de quelques autres faits isolés que

nous citerons dans

le

cours

de notre travail, la liste, trop

courte,

hélas! de

ceux

qui songèrent à la possibilité de « la

voie d'infection nasale

de la méningite

».

Si,

maintenant,

nous

nous demandons pourquoi cet oubli de

la part des

observateurs, il nous vient à l'esprit une réponse

bien simple et

pourtant, nous en sommes convaincu, bien

vraie : quand les

premiers symptômes de méningite apparais¬

sent, ou bien la

maladie nasale bien caractérisée a disparu

depuis plus ou

moins longtemps, ou bien les phénomènes de

(16)

16

*

sinusite se confondent avec la maladie encéphalique et lui sont attribués, ou bien encore le médecin, appelé près du patient lorsque le mal est tout à fait installé, ne peut assister à l'inva¬

sion de l'infection, se traduisant ici par de l'inflammation de la pituitaire, c'est-à-dire du coryza. Du reste, quel est celui ici-bas qui a fait appeler le médecin pour un rhume de cerveau?

(17)

CHAPITRE II

QUELQUES CONSIDÉRATIONS

SUR LES RAPPORTS ANATOMIQUES EXISTANT ENTRE LA CAVITE

CRANIENNE ET LES CAVITES NASALES ET RÉTRO-NASALES

Notre intention n'est point de

refaire ici

une

anatomie des

fosses nasales, mais simplement

d'attirer l'attention sur les

rapports soit de

contiguïté, soit de continuité, existant entre

la cavité crânienne et les cavités

nasales et rétro-nasales,

créant ainsi deuxvoies : l'une directe,

l'autre indirecte.

A. Voie directe.

RAPPORTS DE CONTIGUÏTÉ

Prenons une tête, et, d'un trait de

scie partant de la racine

du nez jusqu'à

l'apophyse basilaire, supprimons la face, de

manière à pénétrer

complètement jusque dans les parties les

plus reculées : une série

de diverticulums, d'enfoncements (sinus

frontal, sphénoïdal,

cellules ethmoïdales) nous apparaissent

directement accolés au crâne, séparés de

cette cavité

par

une

simple lame osseuse,

qui,

en

certains points, présente une fragi¬

lité extrême, telle la lame

criblée de l'ethmoïde, située à la voûte?

des fosses nasales, véritable

dentelle

osseuse,

barrière plus que

faible, n'existant même pas

dans les premières années de la vie,

2

(18)

- 18

car elle n'atteint son complet développement que vers la cin¬

quième ou la sixième année, et encore reste-t-elle toujours peu

solide; il suffît, en effet, de prendre une aiguille à tricoter et de l'enfoncer directement dans le nez pour pénétrer dans le crâne.

Donc, en ce point, lieu de moindre résistance, il n'existe,, durant

les 'premières années de la vie, entre les méninges et l'air extérieur, qu'une membrane, la pituitaire, semée de quelques granulations cartilagineuses. Est-ce là une barrière infranchis¬

sable?

Avant d'aborder cette question et denous occuperde la struc¬

ture de la pituitaire, nous rappellerons le rapport de contiguïté

existant entre le sinus caverneux et la paroi supérieure de

l'antre sphénoïdal, cequi l'expose à l'infectionen cas d'empyème

de cette cavité.

RAPPORTS DE CONTINUITÉ

Elude de la pituitaire. La pituitaire, de consistance molle,

de résistance faible, est très adhérente à l'os sous-jacent, d'où

sa rupture facile à la suite d'un traumatisme quelconque exercé

sur elle.

Des nombreux vaisseaux sanguins qui l'irriguent (ethmoïdale, sphéno-palatine, ptérvgo-palatine, etc.), retenons seulement que les veines du cornet moyen se déchargent dans le sinus longi¬

tudinal par le foramen caecum et les trous de la lame criblée de l'etlimoïde: rapport anatomique des plus importants, sur lequel

nous reviendrons ultérieurement en traitant la question de la méningite à la suite d'opération sur le cornet moyen.

Les voies lymphatiques, si nous en croyons Axel Ivey et Retzius, établissent une communication directe entre les mé¬

ninges et les arrière-cavités des fosses nasales. En effet, pour

ces auteurs, les lymphatiques formentdans les couches, les plus superficielles du chorion de la pituitaire un réseau d'une

extrême ténuité, à grandes mailles irrégulières, d'où émanent

de nombreux canaux se dirigeant en arrière, vers l'orifice de la trompe d'Eustache, et s'y réunissent en deuxtroncs principaux,

(19)

19 -

aboutissant : le premier à un

volumineux ganglion, situé au-

devant du corps de l'axis;

le second à

un ou

deux ganglions

situés dans le voisinage de la

grande

corne

de l'os hyoïde. A la

suite d'injections poussées

dans les

espaces

sous-arachnoïdiens

du cerveau, Schwalbe d'abord,

après lui Axel Key et Retzius

ont fait sortir du liquide par les

cavités nasales. A la suite de

cette expérience, ils ont

signalé dans la pituitaire tout un sys¬

tème de canaux lymphatiques qui se

continueraient

en

haut, à

travers les trous de la lame criblée, soit avec la cavité

arachnoï-

dienne, soit avec les espaces

sous-arachnoïdiens. Ces canaux

lymphatiques, «

véritables diverticulums des cavités arachnoï-

dknnes et sous-arachnoïdiennes, » suivent pour la

plupart les

filets du nerf olfactif, autour duquel ils

forment des gaines

ana¬

logues à celles que nous

présente le nerf optique dans sa portion

orbitaire. Mais il en existe qui sont complètement

indépendants

des nerfs, et qui remplissent à eux

seuls certains trous de ta

lame criblée. Quoi qu'il en soit, qu'ils

soient indépendants

ou disposés autour des

filets

nerveux sous

forme de gaines péri-

neurales, les canaux d'Axel Key et

de Retzius

se

ramifient dans

le chorion de la muqueuse en un réseau

serré, et

«

finalement

viennent s'ouvrir à la surface libre de la muqueuse par des

canalicules très fins, cylindriques ou cratériformes ».

Ces mil¬

liers d'orifices, qui déversent à la

surface de la pituitaire le

liquide céphalo-rachidien, nous

ramènent

on

le voit, d'une

façon bien inattendue à cette opinion

surannée, d'après laquelle

les nerfs olfactifs auraient pour fonction de transporter

dans

les fosses nasales les humeurs du cerveau. Désormais ne devrions-nous pas prendre à la

lettre l'expression populaire

« rhume de cerveau » l'inflammation aiguë de la pituitaire

déterminant pour ainsi dire des phénomènes

de congestion des

vaisseaux lymphatiques, d'où abondance

plus grande dans

l'écoulement du liquide

céphalo-rachidien à la surface de la

pituitaire tapissant la partie

supérieure des fosses nasales?

Ainsi donc une libre voie de communication entre l'air exté¬

rieur et les méninges existe par

l'intermédiaire des lympha¬

tiques de la pituitaire. Cela nous semble

d'autant plus vrai

que

(20)

20

nous avons trouvé dans les Leçons de thérapeutique de Hayem

une observation que nous citons intégralement.

Observation I

Méningite consécutiveàun tamponnementdesfosses nasales.

(Hayem, Leçons dethérapeutique,p. 151.)

Dans un cas d'épistaxis, un pharmacien avait bourré le nez d'un

malade avecdes tamponsde perchlorure de fer.Le malade succombait quelques jours plus tard,avecdes symptômesdeméningite. Al'autopsie,

on trouva «le long des deux sillons olfactifs une coloration brune de

la base de l'encéphale. A ce niveau, la substance nerveuse donnait la

réaction du bleu de Prusse ». Il est évident que le perchlorure de fer

avait atteint lecerveau en passantàtravers les trous de la lame criblée

de l'ethmoïde.

Laclinique vient ici à notre secours pour nous offrir la preuve la plus certaine de l'existence d'une voie de communication

entre le nez et le cerveau, car les phénomènes d'imbibition

étant insuffisants pour expliquer le transport du perchlorure

de fer de la cavité nasale à l'encéphale, nous croyons être en

droit d'affirmer que le passage s'est fait ici par les canaux d'Axel Key et de Retzius.

B. Voie indirecte.

Il est enfin une dernière voie bien détournée, mais réelle,

mettant en communication la cavité nasale et l'encéphale. La trompe d'Eustache réunit, en effet, le méat moyen à l'oreille

moyenne, séparée à peine des méninges par une mince lame

osseuse, et dans laquelle s'ouvrent l'antre mastoïdien et l'oreille

interne. Or, les cavités mastoïdiennes sont en rapport direct de contiguïté avec le sinus latéral et la dure-mère, dont elles ne sont séparées que par une mince cloison osseuse, et de conti-

(21)

- 21 -

nuité par les

vaisseaux anastomotiques reliant la circulation

intra-mastoïdienne à la

circulation superficielle intra-cranienne;

d'autre part,

l'oreille interne

se

trouve être en communication

directe avec l'espace

sous-arachnoïdien

par

divers vaisseaux,

et, grâce au

labyrinthe,

par

les aqueducs du vestibule et du

limaçon, et par

la gaine des nerfs auditif et facial.

Ainsi donc l'anatomie nous montre

qu'il existe entre la cavité

crânienne et les cavités

nasales et rétro-nasales deux voies:

l'une directe, l'autre

indirecte,

que nous

résumerons dans le

tableau suivant :

1° Decontiguïté. . .

j

A. Voie directe parrapports:

a) voisinage.

3) sinuscaverneux.

/' a) veines du cornetmoyen.

Decontinuité. . , < [3) réseau

lymphatique d'Axel Key

\ etde

Retzius.

B. Voie indirecte partrompe

d'Eustache.

Oreille moyenneen rapportavec :

Directementavecméninges(paroi

supérieure).

^ ( a)

contiguïté (sinus latéral).

Antre mastoïdien. ] .•.../•• \

( (3) continuité (vaisseaux

sanguins).

a) vaisseaux.

I (

vestibule.

Oreille interne. .

^

&^Ue UC ( limaçon.

^

auditif.

T) gaine des

nerfs, j

(22)

M

. . ?4 tm

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(23)

CHAPITRE TII

DE LÀ

MARCHE DES AGENTS INFECTIEUX

VERS LES MÉNINGES APARTIR DES CAVITES NASALES ET

RETRO-NASALES

L'étude des divers rapports

anatomiques existant entre la

cavité crânienne et les

cavités nasales et rétro-nasales nous a

montré qu'elles

étaient étroitement unies entre elles: voyons

donc maintenant de quelle

manière les agents infectieux, pas¬

sant par une

de

ces

différentes voies, peuvent atteindre l'en¬

céphale.

Nous basant sur des

observations

avec

autopsie trouvées

dans la science, nous sommes

arrivé à penser que de cinq

manières différentes les agents

infectieux pouvaient, en partant

des fosses nasales, envahir les

méninges sans passer par la

circulation générale,

bien entendu,

ce

qui aboutirait à une infec¬

tion généralisée, connue

de tous, et que nous n'avons nulle¬

mentl'intention de traiter ici.

Ces cinq voies sont :

I. Voie directe, après

destruction de la voûte osseuse;

II. Par thrombose du sinus caverneux;

III. Par embolie des veines du

cornet

moyen;

IV. Voie lymphatique;

V. Voie indirecte par

l'intermédiaire de l'oreille.

Auparavant, il nous

semble utile de rappeler deux faits bien

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mis en lumière ces dernières années par les nombreuses recher¬

ches dequelques auteurs :

La septicité des fosses nasales.

2° Laprésence de certains microbes dans les sécrétions nasa¬

les au cours de méningite.

Septicité des fosses nasales. Bacilles de Koch (Strauss, 1894), pneumocoques (Sternberg Frankel, Netter, 1887; Hauser, Foa, Bordoni, Bonome, Renvers, 1888), streptocoques, staphy¬

locoques (Besser, 1889; Vausant), bacilles de la diphtérie (Vau- sant), méningocoques (Weichselbaum, 1887), se donnentrendez-

vous dans les cavités nasales et y végètent, prêts à devenir

virulents et à pulluler à la première occasion, afin d'envahir l'organisme en état de moindre résistance, tant et si bien qu'à l'autopsie de sujets morts d'affections tout autres que celles des

cavités nasales et rétro-nasales, divers auteurs ont rapporté

des cas assez nombreux de suppuration de ces cavités consta¬

tés à L'autopsie. C'est ainsi que l'an dernier, le docteur Henri Martin, dans sa thèse inaugurale sur la Fréquence de Vem- pyème des cavités accessoires du nez, a établi une statistique

des cas d'empyème constatés post-mortem. Sur 31 autopsies

de sujets morts de diverses maladies, il a constaté 15 cas de sinusite passés inaperçus durant la vie. Avant lui, Weischsel- baum, à propos de l'épidémie d'influenza de Vienne de 1890,

avait rencontré 30 cas de suppuration des cavités accessoires

sur 100 autopsies; en 1895, Harke 116 sur 400; en 1896,

Fraenkel 63 sur 146, et Lapalle, de Pau, en 1899, 55 sur 169,

tandis que, comme le fait remarquer le docteur H. Martin, pen¬

dant lavie, Chiari, sur 2,280 malades, n'a rencontré que 45 cas de suppuration des cavités accessoires du nez, et M. le docteur Lichtwitz 243 cas de suppurations d'un ou de plusieurs sinus

sur 12,000 malades observés durant ces dix dernières années.

Les divers microbes en assez grand nombre à l'orifice des fosses nasales deviennent de plus en plus rares à mesure que l'on avance davantage dans leur profondeur; pour certains

auteurs même, entre autres M. le docteurLiaras, les parties les

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plus

reculées seraient aseptiques. Comment expliquer alors :

la présence

du bacille de Ivoch dans certaines végétations

adénoïdes,

rencontré

par

Lermoyez une fois sur 75, Dieulaioy

1 sur15, Moure

et Brindel 1 sur 8, Hesseler 5 sur 100, Gottstein

4 sur 33, Pludor

5

sur

32, Pfîffi 3 sur 100, Srassmann 13 sur 21,

Rouze 6 sur28,

Walshan 21

sur

34, Lemin 10 sur 200; 2° l'ori¬

gine

nasale du lupus; 3° l'existence de tuberculoses nasales

primitives,

dont les cas deviennent de plus en plus nombreux

dans la science

(Chiari, Dr Hajek, Dionisio, Wolleski, Ko-

chier, etc.)?

Certes, l'action

bactéricide du mucus possède un pouvoir

suffisant pour

détruire les agents infectieux ou tout au moins

pour

arrêter leur développement; mais, malheureusement, dans

biendes cas, elle est

insuffisante, et n'est-il pas logique de pen¬

ser que les

végétations adénoïdes viennent à son secours : elles

emmagasinent, en

effet, le bacille de la tuberculose et s'opposent

ainsi à son

envahissement,

en

formant une barrière souvent

trop

fragile?

Ainsi' donc le nez,>

premier lieu de passage de bien des micro¬

bes, les arrête pour

la plupart au passage, en en laissant pour¬

tant pénétrer

quelques-uns, comme nous le prouvent les statis¬

tiques

rapportées plus haut.

Présence de certains

microbes dans les sécrétions nasales

au cours de méningite.

Nous

nous

bornerons à rappeler ici

les travaux parus sur

la présence du méningocoque dans le

mucus nasal au cours de

la méningite. Weichselbaum, Jaeger,

Furkinger,

Huber, Wilms, Schwartz, Kelen, Schiff, M. le doc¬

teur Antony, du

Val-de-Grâce, et M. le professeur Ferré ont

démontré, grâce

à leurs recherches bactériologiques, la pré¬

sence de nombreux méningocoques

dans le mucus nasal des

malades atteints de

méningite cérébro-spinale. Schrer espérait

même trouver ainsi un

élément précieux de diagnostic. Pour ce

faire ne considérant pas

seulement les cas où il y a des lésions

macroscopiques de

la muqueuse nasale, il fit à leur niveau des

recherches bactériologiques,

qui lui montrèrent la présence du

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26

méningocoque dans le mucus nasal. Il en concluait, du reste,

sans chercher à déterminer le lieu de

passage de l'agent infec¬

tieux, que, dans la méningite cérébro-spinale, l'infection pou¬

vait se faire dans un certain nombre de cas par les voies respi¬

ratoires supérieures.

Dans les publications récemment faites par les auteurs amé¬

ricains, comme le mémoire sur l'épidémie de Boston en 1898,

nous retrouvons très souvent signalée la présence des éléments

pathogènes au niveau de la muqueuse nasale excoriée et enflammée.

La présence de l'agent pathogène dans le mucus nasal nous

semble une excellente preuve en faveur de l'origine nasale de la

méningite cérébro-spinale.

I. Voie directe

après destruction

de la voûte osseuse

De proche en proche, l'infection peut gagner le cerveau et déterminer une méningite mortelle. A l'appui de ceci, nous

signalerons le cas remarquable, observé parWestermeyer, rap¬

porté par le docteur Dreyfuss, de Strasbourg, dans lequel l'in¬

fection, partant du sinus maxillaire, avait gagné l'endocrâne après perforation spontanée de la paroi postéro-supérieure du sinus, infiltration purulente de la fosse ptérygo-maxillaire et perforation de la région voisine de la base du crâne.

Cette invasion des méninges par les agents infectieux peut

encore se faire à la faveur d'une solution de continuité de la

paroi osseuse, consistant en une perforation pathologique, due

au progrès de l'ostéite, ou en une lacune préexistant à la ma¬

ladie. La dure-mère dénudée oppose une barrière à l'infection;

mais dans un temps court généralement cette membrane s'al¬

tère et se laisse imprégner et traverser par les éléments infec¬

tieux qu'elle transmet, suivant la région où évoluent les lésions,

dans un sinus veineux ou dans la cavité arachnoïdienne.

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27 -

Telleest l'observation de

Demarquay, dans laquelle l'infection

a eu lieu sans

interposition du tissu sain.

Observation II

(Demarquay,citéparE.BergeretKapran,

d'après Mackenzie.)

Hommede soixante-quatorze ans,

souffrant d'un polype du nez. A. la

suited'unarrachementdupolype par

le chirurgien, il

se

forme un abcès

du sinus frontal. On pratique la

trépanation du sinus, et la guérison est

obtenue. Récidivedu polype, que

l'on arrache; érvsipèle de la face à la

suite de cetteopération.

Aprèssix

mois,ldeuxième récidive et arrachement du polype; troisième

récidiveaprès sixmois.

Demarquay traite le

polype

par

arrachement et cautérise le pédicule

avec unesolutionforte denitrate d'argent.

Bientôtaprèsapparaissent

des

maux

de tête violents et inflammation

de la muqueuse nasale.

Douze jours après l'opération, M. Demarquay

constateun ptosis de la

paupière supérieure droite; l'œil droit est immo¬

bile, ilne réagitpas à

la lumière

;

la pupille est dilatée. Le quatorzième

jour, mort.

Al'aufopsie, on constateune

congestion des méninges de la base du

côtédroit, lecorpsdu sphénoïde est

fragile, la selle turcique est couverte

d'unecouchede pus; lesinuscaverneux

est

«

baigné dans le pus ». La

membranepituitairedu côté

droit est infiltrée de pus; les autres sinus

contiennent égalementdu pus.

■Remarque.— Le

premier traumatisme opératoire a produit

un point de

moindre résistance ayant pour suite un abcès du

sinus frontal; la même

complication est survenue après la qua¬

trième intervention, mais cette

fois du côté du sphénoïde.

L'autopsie démontre

la continuité des lésions jusqu'aux mé¬

ninges sans

interposition des tissus sains. Chose curieuse, la

lésion nasaleméningitique et

la complication oculaire sont loca¬

lisées d'un seul et même côté.

L'infection méningée peut se

faire encore à la suite d'une

fracture, qui, brisant une

des portions les plus reculées des

fosses nasales, ouvre une

porte d'entrée aux agents infectieux.

Comme preuve

à l'appui, nous citons une observation d'un

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- 28

cas de fracture de l'ethmoïde accompagnée de phénomènes méningitiques.

Observation III

M. W. H.Brown, A case of fracture of the etmoïd bone with baselmeningitis (Sociétémédico-chirurgicalede LeedsetWest-Rodings,in TheLancet,14 décem¬

bre1895).

Le patient, un garçon de seize ans, fut atteint par la chute d'une pierresur la région occipitale; il tomba en avant et le front vint frap¬

peravec force sur le sol. Il perdit connaissancependant quelque temps.

Aucuns symptômes spéciauxne furent remarqués, mais il fut couché.

Le troisièmejour, en se redressant sur son lit, il eut un écoulement aqueux abondant desdeux narines, qui persista pendant six jours. La température s'éleva à 104°5 F., en même temps que survenait une forte douleur frontale, de la photophobie, des bourdonnements et un strabisme passager. Trois semaines après l'accident, il fut admis à

l'hôpital deLeeds, dans le service de M. Brown.

Il n'y avaitpas alors designes externes de blessure, en dehors d'une décoloration de la peauàla racine du nez. Le malade se plaignaitd'une forte douleur temporale; les mouvements et les sensations de tousles membres étaient normaux. Température, 100° F.; strabisme conver¬

gent des deux yeux; pupillesdilatées et réagissant faiblement sous l'in¬

fluence d'une forte lumière; papillite optique double. Plus tard, vomis¬

sementsà intervalles réguliers,irritation etdélire; mais ces symptômes disparurent graduellement, etlepatient estaujourd'hui tout à fait bien.

II. Infection par

thrombose du sinus

caverneux

Nous avons rappelé dans le chapitre précédent le rapport anatomique existant entre la paroi supérieure du sinus sphé-

noïdal et le sinus caverneux; or, dans le cas d'empyème sphé- noïdal, l'infection intra-craniene peut aboutir à la production

d'une phlébite suppurée dansundes sinuscaverneux. De là, l'in¬

fection gagne facilement le sinus homonyme du côté opposé par l'intermédiaire du sinus coronaire; elle peut également s'étendre

facilement soit à la veine ophtalmique, soit au sinus pétreux,

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