Article de synthèse
Mise au point bibliographique,
au sujet de la nutrition oligo-minérale
des plantes supérieures.
Carences et toxicités chez les conifères
E Saur
INRA, station
d’agronomie,
centre de recherches de Bordeaux, BP 131, 33140Pont-de-la-Maye,
France(Reçu le 24 juillet 1989; accepté le 24 octobre 1989)
Résumé - Cette étude
bibliographique
traite desprincipaux
résultats concernant la nutrition oli-go-minérale
des plantes supérieures. Le choix est limité aux 4oligo-éléments
dominant enquantité
dans les tissus
végétaux,
c’est-à-dire le cuivre, lemanganèse,
le zinc et le bore. Chaque mono-graphie
concerne la présence de l’élément dans la roche-mère, les différentes formes présentesdans les sols et les phénomènes d’absorption racinaire et de transfert dans la plante. Un rapide
résumé des fonctions biochimiques de chaque élément permet de
préciser
son importance dansla
physiologie
des végétaux. Dans une deuxièmepartie
sont exposés les cas de carence enoligo-éléments
et de toxicité de ceux-ci décrits pour des peuplements forestiers de conifères.nutrition des plantes / cuivre /
manganèse
/ zinc / bore / conifèreSummary - Trace element nutrition of
plants.
Deficiency andtoxicity
in conifers. In thisreview on the trace-element nutrition of plants, only copper, manganese, zinc and boron are
considered. For each element, we discuss: sources and availability to plants, uptake and distribution within the
plant. A
summary of the biochemical roles of trace elements in plant metabolism isgiven
in order toexplain
their consequences ongrowth
and development. Inthe second part we discuss trace-element deficiency and toxicity in conifers.
plant
nutrition / copper / manganese / zinc / boron / conifersINTRODUCTION
Les études sur les
oligo-éléments
dansles
espèces végétales
et,plus particu-
lièrement, lesplantes
cultivées, ont ététrès nombreuses
depuis
le début de cesiècle. Pour des raisons propres à la
physiologie
et à lalongévité
desligneux,
les essences forestières n’ont fait
l’objet
que de peu de travaux, souvent suscités par des cas de carence graves.
Nous nous proposons, dans une
première partie,
de faire une mise aupoint
sur chacun des 4oligo-éléments
dominant en
quantité
dans les tissusvégétaux (Cu,
Mn, Zn,B)
avec leurcomportement
dans les sols et lesplantes.
Dans la secondepartie,
nousavons tenté une
synthèse
aussi ex-haustive que
possible
des travauxconsacrés aux
problèmes sylvicoles
liés à des carences enoligo-éléments
ou des toxicités de ces éléments.
TRANSFERT DES
OLIGO-ÉLÉMENTS
DU SOL
À
LA PLANTEET FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES
Le cuivre
État
du cuivre dans le solLa
quantité
de cuivre du soldisponible
pour les
végétaux dépend
des ré-serves
présentes
dans laroche-mère,
et surtout des conditions
physico-chi- miques régnant
dans le sol.Le cuivre dans la roche-mère
La concentration moyenne en cuivre de la croûte terrestre est d’environ 70
mg/kg (Hodgson, 1963),
celle des roches du territoire nationalfrançais
20mg/kg (Aubert
etPinta, 1971).
On trouve le cuivre surtout sous forme de sulfuressimples
oucomplexes (Sauchelli,
1969;Krauskopf, 1972).
La teneur de la roche-mère
dépend
de sonorigine géologique (Aubert
etPinta, 1971) :
- roche
éruptive basique :
100-200mg/kg;
- roche
éruptive
acide : 10-20mg/kg;
- roche
métamorphique, argile,
loess :30-40
mg/kg;
-
grès, sable,
calcaire : 3-10mg/kg.
Des résultats
agronomiques
ontmontré que les carences en cuivre ap-
paraissaient
sur des roches-mères pauvres en cetélément,
comme l’attes-tent les
exemples
observés sur les solsgranitiques
deBretagne (Coppenet
etJolivet, 1952),
les sols sableux des Landes deGascogne (Redlich, 1954)
et les sols
gréseux
de Basse-Norman- die et du Bas-Maine(Duval, 1963).
Leseuil de carence pour un sol serait de 7 à 8
mg/kg
de Cu total(Duval
et Mau-rice, 1970).
Cette constatation
générale, qui
meten
parallèle
lapauvreté
en cuivre d’une roche-mère et la déficience desvégé-
taux en cet
élément,
est insuffisante pourexpliquer
dans le détail la nutrition desplantes.
Eneffet,
la teneur totale d’un sol en un élément reflète mal sabiodisponibilité* (Juste, 1988).
Mac La-ren et Crawford
(1973)
ont montré que, dans les sols duRoyaume Uni,
une forteproportion
du cuivre total était in-disponible
pour lesvégétaux.
Pour tenter de définir la
biodisponi-
bilité d’unélément,
il est donc néces- saire dedistinguer
les différents états de cet élément dans un sol.Les différentes formes du cuivre dans le sol
Le
cuivre,
comme tout élément dusol, peut
se trouver dans l’un des 4 compar- timents suivants : minérauxprimaires
ousecondaires, composés organiques,
for-mes
échangeables
sur les colloïdes du sol et solutions du sol(Guillet,
1980;fig 1).
La forme
Cu 2+
est dominante dans lessols,
en effetCu +
est instable auxtempératures
ordinaires et aux concen-trations
supérieures
à10 -7 mol·l -1 (Loué, 1986).
La
majeure partie
du cuivre estgé-
néralement incluse dans les mailles
* Aptitude d’un élément à être transféré d’un compartiment quelconque du sol vers un organisme vivant
dans ce dernier.
cristallines des minéraux
primaires
ou secondaires(Mengel
etKirkby, 1982).
Le reste du
cuivre, potentiellement
dis-ponible
pour lesplantes,
est fortementadsorbé sur les surfaces
d’échange
dusol
(argiles : Muller, 1960; hydroxydes
de fer : Mac Bride etBlaziak, 1979)
oucomplexé
avec la matièreorganique (acides humiques
etfulviques : Hodg-
son
et al, 1966; Delas, 1967;
Schnitzeret
Skinner, 1966).
La concentration du cuivre dans la solution du sol est le résultat d’un
équi-
libre
chimique
entre les différentesphases qui
sont liées par des réactionsacido-basiques, d’oxydo-réduction,
deprécipitation,
dedissolution, d’absorp-
tion et de
complexation (Lepp, 1979).
En milieu
abiotique,
la mobilité etl’assimilabilité du cuivre sont condition- nées par les
propriétés physico-chimi-
ques du
sol;
l’élévation dupH
diminuefortement l’assimilabilité du cuivre
(Drouineau
etMazoyer, 1962).
L’intervention de la microflore
joue
un rôle
important
dans l’immobilisation du cuivre dans les couchessuperfi-
cielles de certains sols(Kabata-Pen-
dias et
Pendias, 1984).
Le mouvement des ions dans le com-
partiment liquide
du sol est conditionné par 2 processusprincipaux :
la diffu-sion et le flux de masse
(convection).
Le transfert du cuivre vers la racine semblerait se réaliser
principalement
par le flux de masse(Hodgson et al, 1966).
Absorption
du cuivre par les racines et rôle dans laphysiologie
duvégétal Absorption
du cuivreLe cuivre est
prélevé
en faiblequantité
par la
plante,
la teneur en cet élément de lamajorité
desvégétaux
étantcomprise
entre 2 et 20mg/kg
depoids
sec. Dans les tissus racinaires, le cui-
vre est presque
complètement
sousforme
complexée
mais il estprobable qu’il pénètre
à l’état élémentaire dans les cellules de la racine(Kabata-Pen-
dias et Pendias,
1984).
Le
prélèvement
du cuivre par laplante
est un processusactif,
affectépar des inhibiteurs
métaboliques (Do- kiya
et al,1964).
La
cinétique d’absorption
du cuivreà des doses croissantes est du
type
Michaelis-Menten, elle a été décrite par Bowen(1969)
sur feuilles de canne àsucre , Nielsen
(1976)
surl’orge
et Ca-thala et Salsac
(1975)
sur maïs et tour-nesol.
Des
phénomènes
deprélèvement passif pourraient
intervenir pour des dosesimportantes
de cuivre en solu- tion(Kabata-Pendias
etPendias, 1984);
Cathala et Salsac(1975)
ontsuggéré
le même mécanisme dans lecas de racines excisées.
Mais
l’absorption
du cuivre et des autres métaux lourds est encore très dis- cutée et le caractère michaëlien de lacinétique pourrait
traduire la succession de différents mécanismesqui n’impli- quent
pas forcément quel’absorption
soit réalisée par des
transporteurs
mé-taboliques (Harrison
etal, 1979).
L’absorption
du cuivre estprincipa-
lement liée à sa concentration sous
forme assimilable dans le sol
(Mengel
et
Kirkby, 1982),
mais aussi à l’inhibi-tion
compétitive
du zincqui
utilise lesmêmes sites
d’absorption
racinaire(Schmid
etal,
1965; Bowen,1969).
Keller et Deuel
(1958)
ont montréque le cuivre est
capable
de chasserde nombreux autres ions des sites d’é-
change
racinaire. L’intensité de la ré- tention du cuivre sur lesparois
cellulaires et dans les espaces intercel- lulaires est liée à la
capacité
d’é-change
racinaire(Cathala
et Salsac,1975).
Ceciexplique
l’accumulation de cuivre dans les racines desvégétaux
observée par Russ
(1958),
Hill(1973)
et Jarvis
(1978).
Migration
du cuivre dans laplante
Les mouvements du cuivre entre les différents tissus de la
plante
sont dé-terminants pour son utilisation. Ils pren- nent une
importance particulière
dans l’alimentation desplantes pérennes
ca- ractérisées par des mécanismesphy- siologiques
propres: les vagues de croissance des rameaux et des ra-cines, la mise en réserve des éléments dans les tissus et leur redistribution dans la
plante.
Les mouvements du cuivre dans la
plante
sontgénéralement
assez faibles.La mobilité
dépend principalement
desteneurs dans la
plante (Loneragan, 1975),
mais aussi de l’intensité du mé- tabolisme azoté. Eneffet,
Tiffin(1972)
etLoneragan (1975)
ont montré que le cui-vre est excrété par les cellules raci- naires dans les vaisseaux du
xylème
et duphloème
sous formeanionique complexée
avec descomposés
azotés(acides aminés).
L’excrétion de ces ex- sudats mobiles dans les vaisseaux serait le processus clé de la nutrition en cuivre desplantes.
La baisse des concentrations dans les feuilles
âgées
estparallèle
à leursénescence et à leur
appauvrissement
en azote. Elle semble
dépendre
del’hy- drolyse
desprotéines auxquelles
lecuivre est lié
(Loneragan
etal, 1980).
Fonctions
biochimiques
du cuivreLes fonctions
biochimiques
du cuivre dans laphysiologie
desvégétaux
ontfait
l’objet
de nombreuses études etpeuvent
se résumer ainsi :- le cuivre est
principalement
com-plexé
avec descomposés organiques
de
poids
moléculaire faible et avec desprotéines;
- le cuivre intervient dans la
composi-
tion de certaines enzymes;
- le cuivre
joue
un rôle fondamental dans certains processusphysiologi-
ques tels que la
photosynthèse,
la res-piration,
le transfert des sucres, laréduction et la fixation de l’azote, le métabolisme
protéique
et le métabo- lisme desparois
cellulaires;- le cuivre conditionne la
perméabilité
à l’eau des vaisseaux du
xylème
et donc, le contrôle des transfertshydri-
ques dans la
plante;
- le cuivre
régule
l’anabolisme de l’ADN et del’ARN,
une carence en cui-vre affecte considérablement la repro- duction des
plantes;
- le cuivre intervient dans le méca- nisme de résistance aux maladies.
La
plupart
des processus affectés par la déficience en cuivre résultentd’un effet indirect de celui-ci
(Kabata-
Pendias et Pendias,1984). Cependant,
il exerce un rôle direct sur le processus de
lignification (Rahimi
et Bussler,1974)
au traversd’enzymes
comme la laccase et lespéroxydases.
Sur les
espèces
forestières, les ca-rences en cuivre
provoquent
des défor- mations des axes, liées à unediminution de la
lignification
du bois,comme l’ont montré Downes et
Turvey (1986)
sur Pinus radiata.Interaction
phosphore-cuivre
Des
études sur l’interaction entre les nu-tritions en
phosphore
et en cuivre ont été réalisées, soit à la suite de l’utilisation pro-longée
de fortes dosesd’engrais phos- phaté,
soit lorsd’expériences
conduitesen milieu nutritif artificiel
(tableau I).
Bingham
et al(1958)
ont les pre-miers mis en évidence sur citronnier des carences graves en cuivre, in-
duites par
l’apport
d’acidephospho- rique
à 9 sols de Californie : les amen-dements
cupriques suppriment
lessymptômes
de carence et améliorentla croissance.
Bingham
et Garber(1960)
ont observé une baissesigni-
ficative des concentrations en Cu dans les semis
d’orangers
soumis àdes fertilisations à base d’acide
phosphorique
et dephosphates
depotassium,
d’ammonium et de cal-cium,
et celamalgré
uneaugmenta-
tion des teneurs en cuivre soluble à l’eau dans les 3 solsexpérimentés.
Cette interaction est confirmée par
Bingham (1963)
pour des semis d’o- ranger en solution nutritive sur sable.En
résumé,
la carence en cuivre in- duite par lephosphate
a été décritesur
pin,
citronnier, oranger,pample-
mousse, avocatier,
caféier,
tomate,trèfle,
poa,blé,
maïs et riz(tableau I).
Elleapparaît toujours
sur des solstrès pauvres en cuivre et le
plus
sou-vent acides.
A
l’inverse,
l’action inhibitrice des fortes doses de cuivre sur leprélève-
ment du
phosphore
par laplante
a étédémontrée par Greenwood et Halls- worth
(1960)
sur Trifolium subterra- neum,Spencer (1966)
sur le citronnier et Patra et al(1982)
sur le riz. Elle se-rait la
conséquence
de l’effettoxique
du cuivre sur le métabolisme racinaire
ou
mycorhizien (Graham
etal,
1986,sur
citronnier).
L’effet favorable des
mycorhyzes
àvésicules et arbuscules sur la nutrition des
plantes
en cuivre a été démontréà de nombreuses
reprises
par Lambert et al(1979)
sursoja
et maïs, Timmeret
Leyden (1980)
surcitronnier, Gildon,
Gildon et Tinker(1983)
surpoireau
et maïs, Krishna etBagyaraj (1984)
surarachide,
Hall et al(1984)
sur ray- grass,Pacovsky
et al(1986a
etb)
sursoja
etsorgho,
Colozzi-Filho etSiqueira
(1986)
surcaféier,
Sasaet al (1987)
surpoireau
etKucey (1987)
sur fève.Timmer et
Leyden (1980)
ontsuggé-
ré que la réduction des teneurs en cui-
vre dans les
plantes
enprésence
de fortes doses dephosphore
était liée à la réduction del’exploitation
du sol par lesmycorhizes
et, enconséquence,
àcelle de
l’absorption
du métal. Lephos- phore
exerce un effetdépressif
sur l’i-noculation des racines par les
mycorhizes
et il entrerait encompéti-
tion avec le cuivre pour les sites d’ab-
sorption (Gildon
etTinker, 1983).
Lambert et al
(1979)
ont démontréen effet que l’interaction P-Cu ne s’ex-
primait
pas en l’absence de myco- rhizes à vésicules et arbuscules sursoja
etpoireau.
Mais, à notre connaissance, il n’existe pas de travaux démontrant l’action des
ectomycorhizes
des arbres forestiers surl’absorption
ducuivre,
àl’exception
d’uneexpérience
de Sidleet Shaw
(1987) qui signalent
une baisse des teneurs en cuivre des ai-guilles
de Picea sitchensisaprès
ino-culation par Laccaria laccata.
Le
manganèse
État
dumanganèse
dans le sol Lemanganèse
dans la roche-mère Lemanganèse
est l’élément-trace leplus
abondant de lalithosphère.
La te-neur moyenne en
manganèse
de l’é-corce terrestre est de l’ordre de 900 à 1 000
mg/kg (Kovda
etal, 1964),
lesteneurs courantes dans les sols variant de 200 à 3 000
mg/kg (Swaine, 1955).
Aubert et Pinta
(1971)
ont noté desteneurs
(en mg/kg) :
élevées dans lesroches
éruptives basiques (1 000-
2
000),
moyennes dans les calcaires(400-600)
et faibles dans les sables(20-500);
elles sont très variables dans les rocheséruptives
acides et lesroches
métamorphiques (200-1 200).
On trouve le
manganèse
en abondancedans les séries
géologiques
ferro-ma-gnésiennes.
Les minéraux
manganiques
sont sur-tout des
oxydes (pyrolosite, manganite, haussmanite)
mais aussi des carbo- nates et des silicates.Les différentes formes de
manganèse
dans le sol
Le
manganèse
du sol seprésente
sousplusieurs
formes : inclus dans un mi-néral, complexé
par la matièreorgani-
que,
échangeable
et en solution, lemanganèse
solublepouvant
être, soitsous forme
ionique (Mn 2+ ), soit
combi-né avec des molécules
organiques
so-lubles.
L’équilibre
entre ces formes estdominé par les réactions
d’oxydation
àla surface des
particules
minérales du sol et les réactionsd’adsorption
sur lesminéraux
argileux
ou la matière orga-nique.
LepH
et les conditionsoxydo-
réductrices du sol sont les 2 facteurs
principaux régulant
cetéquilibre.
Enconséquence,
l’assimilabilité du man-ganèse
est fortement améliorée par la baisse despH,
l’ionMn 2+ prélevé
par lesvégétaux
étant fortement dominantaux
pH
acides.La richesse du sol en matière
organi-
que diminue la
biodisponibilité
de cetélément. D’autre
part,
une fortehydromorphie
dusol, qui
entraîne des conditions réductricesdrastiques
estsusceptible d’augmenter
fortement le taux demanganèse assimilable,
provo-quant
desrisques
de toxicité pour le vé-gétal (Meek
etal,
1968; Lal etTaylor, 1970).
En marge de ces
phénomènes
pu- rementphysico-chimiques,
il faut citer l’activitémicrobiologique
dessols,
re-connue pour être en
grande partie
res-ponsable
del’oxydation,
ou de la ré-duction des
composés manganiques.
Leur activité est
dépendante
dupH,
lesmicro-organismes
sontoxydants
dansles sols neutres ou
basiques (Meek
et al,1968),
mais ilspeuvent
aussi s’avé-rer réducteurs en milieu
anoxique (Lu-
cas et
Knezek, 1972).
Absorption du manganèse
par les ra-cines et rôle de celui-ci dans la
phy- siologie
duvégétal
Absorption
dumanganèse
D’après
Halstead et al(1968),
le man-ganèse
estabsorbé,
soit sous forme decomplexe
soluble, soitaprès
dissocia-tion,
sous formeMn 2+ .
Godo et Reise-nauer
(1980)
ont montré que les exsudats racinaires deblé,
dans des sols depH 5,5-6,0,
avaient un effet sur la réduction enMn 2+
dumanganèse
dusol et sur sa
complexation,
le rendantainsi
plus disponible
pour la racine.Le
manganèse
estprélevé
de ma-nière active par des
transporteurs
membranaires sensibles auxpoisons métaboliques (Maas
et al1968;
Moore, 1972; Halstead etal, 1968).
Il sembleque les
transporteurs
soient les mêmes que ceux dumagnésium
et du calcium.Lohnis
(1960)
et Maas et al(1969)
ontmis en évidence une
compétition
entreMn
2+
etMg 2+ .
En tout état de cause, lemanganèse
esttransporté
assez ra-pidement
vers lexylème
car ilréagit
peu avec les
ligands organiques
inso-lubles dans le tissu racinaire
(Kabata-
Pendias et
Pendias, 1984).
Migration
dumanganèse
dans laplante
Le
manganèse
esttransporté
assez ra-pidement
dans lexylème,
vers les par- ties en croissance(Amberger, 1973).
Ilsemble que la forme
cationique
libresoit dominante dans ce
transport
(Bremmer
etKnight, 1970; Tiffin,
1977;Tinker, 1981).
Par contre, la redistribu- tion par lephloème
est peu intense(Van Goor, 1974).
Lesquantités
trans-portées
dans la sève duphloème
sont faibles et unepartie
dumanganèse
se-rait liée à des
petites
molécules orga-niques (Van
Goor etWiersma, 1976).
Fonctions
biochimiques
dumanganèse
Parmi les métaux de transition
(manga- nèse, fer, cuivre, zinc),
lemanganèse présente
lesplus
faibles constantes de stabilité lors de la formation decomplexes (Clarkson
etHanson, 1980).
Il
peut remplacer
lemagnésium
dans denombreuses réactions
enzymatiques
et ilintervient
généralement
comme consti-tuant dans des
métallo-protéines,
comme site actif de liaison ou dans les
systèmes d’oxydo-réduction.
On retrouve le
manganèse
dans lesétapes importantes
du métabolisme desprotéines
et desglucides,
son rôle dansle métabolisme
lipidique
n’étant pas clairement établi. Il intervient dans la ré- duction des nitrates au niveau del’hy- droxylamine
réductase. Il aégalement
unrôle déterminant dans le
transport pho- tosynthétique
d’électrons au niveau del’oxygène accepteur final;
en cas de ca-rence
manganique,
c’est lesystème pho- tosynthétique qui
est altéré lepremier.
Le Zinc
État
du zinc dans le sol Le zinc dans la roche-mèreLa teneur moyenne en zinc de la litho-
sphère
est engénéral
de 50mg/kg
en-viron
(Kovda
etal, 1964)
et lesvariations ne sont pas très
importantes:
de 10 à 150
mg/kg.
La teneur en zinc de la roche-mère
dépend
de sonorigine géologique (Au-
bert et
Pinta, 1971) :
- roches
éruptives basiques
70-130mg/kg;
- roches
métamorphiques
etargiles sédimentaires,
80mg/kg
en moyenne;- roches
éruptives acides,
50-60mg/kg;
- limons
loessiques, argiles glaciaires,
30-40
mg/kg;
- roches
carbonatées, grès,
15-20mg/kg.
Dans les
roches,
le zinc se trouveprincipalement
sous forme de sul-fures
(sphalérite),
carbonates(smi- thsonite)
et de silicates(willemite).
On le rencontre comme ion de rem-
placement
dans les mailles cristal- lines des rochesferro-magnésiennes (augite, horblende, biotite).
Il est ad-sorbé entre les feuillets des
argiles
minérales ou en substitution du ma-
gnésium (montmorillonite).
Les différentes formes du zinc dans le sol
L’altération de la roche-mère
produit
des ions
Zn 2+ mobiles, particulièrement
en milieu acide et
oxydant.
Le zinc estensuite fortement adsorbé sur les ar-
giles
et la matièreorganique.
Dans cesconditions,
la solubilité du zinc est net- tement abaissée avec l’élévation dupH (Dolar
etKeeney, 1971). Zyrin
et al(1976)
ont montré que le zinccopréci- pitait
avec leshydroxydes
de fer et d’a-luminium.
D’après
Kabata-Pendias et Pendias(1984),
les minérauxargileux,
leshydroxydes
et lepH
sont les facteursprincipaux
intervenant dans la solubili- té du zinc. Lacomplexation
avec lamatière
organique
et la cristallisationen
hydroxydes,
carbonates ou sulfidesprésente
uneimportance
moindre.Le
déplacement
du zinc vers la sur- face racinairedépend
peu des mouve- mentsd’eau,
il se fait surtoutpar
diffusion
engendrée
par les très faibles teneurs en zinc duliquide
interstitiel auvoisinage
immédiat de la racine(Wil-
kinson et
al, 1968; Elgawhary
etal,
1970).
Laprésence
demycorhizes augmente
notablement cephéno-
mène.
Absorption
du zinc par les racines et rôle dans laphysiologie
duvégétal Absorption
du zincL’absorption
du zinc est engrande partie
sous contrôle
métabolique.
De nom- breux auteurs ont montré l’effet d’inhi- biteurs sur leprélèvement (Schmid
etal,
1965;Chaudhry
etLoneragan,
1972;Giordano
et al, 1974).
Lephosphore,
lefer et le cuivre
peuvent
entrer encompétition
avec le zinc dans les pro-cessus
d’absorption
et de transfert.Migration
du zinc dans laplante
Les teneurs en zinc de la sève du xy- lème sont
généralement supérieures
à celles du
liquide prélevé
par les ra-cines. Le zinc semble être
transporté
dans cette sève sous forme
ionique (Tiffin, 1967)
ou lié à des acides or-ganiques (White
etal, 1981).
Parcontre, dans la sève du
phloème,
ilest véhiculé sous forme de
complexe anionique (Van
Goor et Wiersma,1976).
Le zinc est un élément peu mobile et, en cas de consommation «de luxe», il tend à s’accumuler dans les racines
(Loneragan, 1977). Massey
etLoeffel
(1967)
ont montré, sur maïs,la
possibilité
d’une remobilisation du zinc foliaire au moment de la forma- tion del’épi,
mais cette remobilisationne se manifeste
plus
si laplante
estcarencée
(Riceman
et Jones,1958).
Fonctions
biochimiques
du zincDans le
végétal,
le zinc n’intervient pas dans les réactionsd’oxydo-réduction,
ce sont surtout ses
propriétés
de cationbivalent et sa forte
propension
à formerdes
complexes tétraédriques qui pré-
valent
(Clarkson
et Hanson,1980).
Lezinc
agit
soit comme constituant, soitcomme cofacteur
d’enzyme.
Le zinc est un constituant de l’alcool
déhydrogénase,
de lasuper-oxyde
dis-mutase, de
l’anhydrase carbonique
et de l’ARNpolymérase (Vaughan
etal,
1982; Sandmann etBoger, 1983).
Paractivation d’autres enzymes
(fructose- 1,6-biphosphatase,
PEPcarboxylase),
il intervient dans le métabolisme
gluci- dique
et dans le métabolismeprotéi-
que. Son rôle est
généralement
connudans la
synthèse
dutryptophane
et del’acide
indole-acétique.
La baisse des teneurs en AIA dans uneplante
caren-cée en zinc
explique
lessymptômes
d’arrêt de croissance et de faible élon-
gation
des feuilles.Le Bore
État
du bore dans le sol Le bore dans la roche-mèreLa teneur moyenne en bore de l’écorce ter- restre est de 50
mg/kg
environ(Kovda
etal, 1964).
Cette teneurdépend
fortementde la
proportion
des roches sédimen- tairesd’origine
marine,qui
contiennentjusqu’à
500 mg debore/kg.
Les rochescontinentales sont
beaucoup plus
pau-vres
(Aubert
et Pinta,1971):
- roches
métamorphiques,
roches sé- dimentairescontinentales,
5-12mg/kg;
- roches
éruptives
acides, 3-10mg/kg;
- roches
éruptives basiques,
1-5mg/kg.
Le minéral le
plus
riche en bore estla tourmaline, où le bore intervient, ainsi que dans d’autres silicates,
comme ion de
remplacement
du sili-cium dans les structures cristallines
tétraédriques.
Les différentes formes du bore dans le sol Au cours de l’altération des
roches,
le bore passe facilement en solution sousforme d’anions
(BO 2 - , B(OH) 4 - ).
II est abondamment absorbé par les
argiles
et les substancesorganiques.
La forme la
plus
courante dans la so- lution du sol est l’acideborique
ou l’ionborate
B(OH) 4 - .
L’absorption
du bore par leshydro- xydes
de fer et d’aluminium est un mé- canismeimportant qui
commande engrande partie
la solubilité de cet élé- ment dans le sol(Sims
etBingham, 1968).
La rétention du bore par la ma- tièreorganique
estprépondérante
en milieu acide où les colloïdeshumiques
formeraient la réserveprincipale
enbore,
lesmicro-organismes
intervien-nent en le libérant
progressivement (Parker
etGardner, 1982).
Absorption
du bore par les racines et rôle dans laphysiologie
duvégétal Absorption
du boreLes formes solubles du bore sont facile- ment assimilables par les
plantes
et l’a-cide
borique
non dissocié serait la formed’absorption privilégiée.
Lapropension
de l’acide
borique
à former descomplexes
avec lespolysaccharides
desparois végétales joue
un rôleimportant
dansl’absorption passive (Tanaka, 1967;
Thellier et al,
1979).
Les concentrationsen bore dans les racines
dépassent
lé-gèrement
celles duliquide
nutritif et l’ab-sorption
se faitprincipalement
par flux de masse(Oertli, 1963; Bingham
etal, 1970;
Bowen etNissen, 1976).
Des pro-cessus
d’absorption métabolique
ont étémis en évidence
(Moore, 1972)
mais ilssont mineurs et
s’expriment
pour de fai- bles concentrations externes(Nissen, 1974).
Migration
du bore dans laplante
Le bore est
transporté
dans la sève duxylème,
sous formeinorganique,
ou lié àdes sucres. Son
transport
est très étroi- tementdépendant
du flux detranspiration (Michael
etal, 1969)
et est souvent de faible intensité. Contrairement aux autresoligo-éléments,
le bore est faiblement ab- sorbé par les tissuslimitrophes
duxylème pendant
son ascension dans laplante (Van Goor, 1974).
Le bore a donc tendanceà s’accumuler dans les
parties supé-
rieures duvégétal
à forte activité trans-piratoire (Wilkinson, 1957; Jones, 1970).
La redistribution par le
système phloé- mique,
enparticulier
vers les zones decroissance,
est très limitée(Raven, 1980).
Ceciexplique l’apparition
despremiers symptômes
de carence au ni-veau des zones
méristématiques
et latrès faible autonomie du
végétal
mis ensituation de carence.
Fonctions
biochimiques
du boreContrairement aux 3 autres
oligo-élé-
ments
passés
en revue, le bore n’inter- vient pas comme constituant des enzymes du métabolismevégétal.
Le rôle du bore dans les mécanismes bio-chimiques
n’est pas bien connu, mais denombreuses
études ontporté
sur lesconséquences
de sa carence. Il en res-sort que le bore est
impliqué
dans 4 pro- cessusphysiologiques importants :
- le métabolisme
glucidique
et le trans-port
transmembranaire des sucres,comme en
témoigne
le caractèreaigu
etspectaculaire
des carences observées dans les organes fortement accumula- teurs de sucre(racines
debetterave,
tu- bercules de pomme deterre);
- la formation des
parois
cellulaires(pectines);
- l’activité
méristématique;
- la
synthèse
des acidesnucléiques
etde
phytohormones (Kabata-Pendias
etPendias, 1984).
CARENCE ET
TOXICITÉ
EN OLIGO-ÉLÉMENTS
CHEZ LESCONIFÈRES
Le cuivre
Le cuivre est un
oligo-élément
dont lecaractère
indispensable
à la vie desplantes
est admis par tousdepuis
fortlongtemps (Mc Hargue,
1925; Sommer, 1931;Lipman
et MacKinney, 1931),
mais les études décrivant son rôle
spé- cifique
chez les arbres forestiers sont peu nombreuses. Néanmoins, des tra-vaux anciens ont
permis
de caractéri-ser des carences ou des toxicités en
cuivre
provoquant
des troublesphysio- logiques
chez les arbres concernés.Benzian et Warren
(1956)
ont décou-vert des carences en cuivre, dans une
pépinière
sur sol sableux et acide, ex-primées
par des brûlures de l’extrémité desaiguilles
surl’épicéa
de Sitka. Ces carences ont pu êtrecorrigées
par desapports d’engrais
cuivrés.En 1961, Hall a constaté des caren-
ces sur Pinus radiata et P
pinaster
en Australie.Également,
Materna(1962)
adéfini des seuils de carences pour des teneurs foliaires de 2
mg/kg
pourl’épi-
céa commun et de 2,3mg/kg
pour l’é-picéa
de Sitka.L’exemple
leplus
célèbre de ca-rence en cuivre sur conifère est celui décrit par Van Goor
(1963
et 1965 a etb)
en Hollande sur ledouglas, qui adopte
unaspect pleureur
avec unmanque de
rigidité
de tous les axesfeuillés
lorsque
les teneurs foliaires en cuivreatteignent
2mg/kg.
Une fumuredéséquilibrée
en azote etphosphore
aété mise en cause, ainsi
qu’une
miné- ralisationrapide
de la matièreorgani-
que à la suite du labour de ces sols à humus brut
(carence
en Cu induite parN-P).
De son côté,Penningsfeld (1964)
a constaté le même genre de symp- tômes sur des
jeunes plants
de mélèze.Ahrens
(1965)
a mesuré des teneurs normales en cuivrequi
oscillent entre3 et 12
mg/kg
dans lesaiguilles
de ré- sineux, mais il n’a pu établir de relation entre la classe de fertilité des stations et la teneur en cuivre des arbres échantillonnés.Des
exemples plus
récents de ca- rence en cuivre sont mentionnés dans le tableau1
elles sont engénéral
bien cor-rigées
par despulvérisations
foliaires ou des fertilisationsappropriées (sulfate
decuivre).
On constate que les carences encuivre sont
principalement liées,
soit àdes sols très pauvres
(sables),
soit à dessols très riches en matière
organique
sta-ble
(tourbes).
Laffont(1981)
a pu établir que, dans les solsgranitiques
du Mor-van,
l’analyse
du Cu total dans l’horizon A1 du sol
pouvait
fournir un bondiagno-
stic du
risque
de carence(<
3,5mg/kg : risque
trèsélevén;
> 9mg/kg : risque
très
faible).
Parailleurs,
la tendance à lacarence en cuivre sur le
pin
maritime desLandes est
largement
renforcée par l’a- mélioration de la fertilisationphosphatée (Saur, 1989).
le tableau III résume les seuils de carence et les teneurs
optimales
encuivre,
recensés par Bonneau(1986),
dans les
aiguilles
de différentes es-pèces
résineuses.Les
symptômes
de la carence encuivre des conifères concernent la croissance des axes :
-
port
buissonnant etpleureur ;
-
multiplication
du nombre de rameaux parverticille ;
- pousses
longues, souples
et si-nueuses ;
- nécrose du
bourgeon
terminal.Certains
symptômes
sontplus spécifi-
ques:
-
apparition
depoches
de résine dans l’écorce(Pseudotsuga menziensit) ;
- chute
précoce
desaiguilles (Picea sitchensis) ;
-
jaunissement
de l’extrémité des ai-guilles (Pinus sylvestris).
Les cas de toxicité en cuivre sont
rares chez les essences forestières car
elles
reçoivent
engénéral
peu de trai- tementsphytosanitaires
à base de selsde cuivre. Des études ont néanmoins
permis
de mettre en évidence dans lesaiguilles
des teneurstoxiques
pour levégétal :
15mg/kg
pour Pinus elliotti(Van
Lear etSmith, 1972)
et 97mg/kg
pour Picea sitchensis
(Burton
et Mor-gan,
1983).
AuKenya,
Gibson(1958) signale
desdégâts
dans lespépinières
forestières de Pinus
patula
par suite de l’utilisation depréparations
à based’oxyde
de cuivre pour lutter contre la fonte dessemis;
cesdégâts
se mani-festent en sols acides et sont attribués à la toxicité du cuivre
qui
altère forte- ment lessystèmes
radiculaires.Dyke-
man et de Sousa
(1966)
observent dessymptômes
semblables à ceux de la chloroseferrique
sur Picea mariana, Abies balsamea et Larix laricina, attri- bués à une toxicité du cuivre dans unsable contenant 3 500 à 6 700 mg
Cu/kg.
Le
manganèse
Le
manganèse
est l’un desoligo-élé-
ments les
plus importants
pour la crois-sance des
végétaux ligneux,
danslesquels
il estprésent
engrande
quan-tité et
plus particulièrement
chez lesconifères.
Les cas de carence en forêt sont rares mais bien
identifiés
sur des sols calcaires et des sols tourbeux très pau-vres. Dans un sol
marécageux
calcaire,Ingestad (1958)
a observé une chlo-rose sur Pinus
sylvestris,
Picea abies,due à une carence en
manganèse.
Will(1978)
en Nouvelle-Zélande et Woods(1983)
en Australie ont décrit cette ca-rence sur Pinus radiata.
Chez les résineux, la carence se tra- duit par un blanchissement ou un
jau-
nissement de la
pointe
desaiguilles
lesplus jeunes
et lephénomène
progresse du bas vers le haut de la couronne.Dans le tableau IV
(Bonneau, 1986),
sont mentionnées
quelques
teneursoptimales
oucorrepondant
à descarences chez les conifères. D’une ma-
nière
générale,
la carence en manga-nèse fait
partie
dusyndrome classique
de la chlorose calcaire sur
épicéa (Le
Tacon,1976).
La toxicité
manganique
en forêt asouvent été
suspectée
mais rarementdémontrée sur le terrain. De
plus,
lesespèces
forestières, et surtout les coni- fères, tolèrent des teneurs élevées enmanganèse
dans les feuilles(1
000-5 000
mg/kg :
Stone,1968).
Ces fortes concentrationspourraient
traduire uneadaptation physiologique
à l’excès du métal. Unepartie
au moins des échecs derégénération
desapins
dans lesmulls des
Vosges
a été attribuée à une toxicitémanganique (Rousseau, 1960)
mais cette
hypothèse
a été contestéepar
Drapier (1983).
Le zinc
Les
exemples
lesplus spectaculaires
de l’effet des
oligo-éléments
sur les ar-bres forestiers sont les carences en zinc sur Pinus
(P
radiata, Ppinaster),
décrites par Stoate
(1950)
en Australieet sur Pinus
kesiya
duMangoro
à Ma-dagascar (Rampanana, 1984).
A l’ex-ception
de ces sols australiens trèspauvres, les carences sont rares et affectent surtout les
semis;
elles sont favorisées par un ensoleillementimportant (Viets, 1966).
Lessignes
les
plus
courants sont la couleurjaune
ou bronzée desjeunes
feuillesà l’extrémité des branches et la perte
précoce
desaiguilles âgées;
l’allon-gement
desaiguilles
estfreiné,
cequi produit
des rosettes très courtescaractéristiques.
Les seuils de carence ne sont connus que pour
quelques pins (tableau V).
Entout état de cause, les
symptômes
decette affection sont suffisamment mar-
qués
et laréponse
auxpulvérisations
fo-liaires assez nette pour que le
diagnostic
ne pose pas de
problème.
Les cas de toxicité du zinc sont in- connus en milieu forestier.
Le bore
La carence en bore semble être la
plus
commune des carences en
oligo-élé-
ments des arbres forestiers. Les
prin- cipaux
cas relevés pour les conifères sont cités dans le tableau VI.La carence en bore est souvent liée à la
pauvreté
de la roche-mère en cet élément.D’après
Bradford(1966),
lescas les
plus
courants sont observés surles substrats suivants :
- sols acides
d’origine volcanique
ou provenant de sédimentsfluviatiles ;
- sols acides fortement
lessivés ;
- sables pauvres en
argile
etlimons ;
- tourbes
acides ;
- sols riches en calcaire actif.
L’apparition
dessymptômes
de ca-rence est
aggravée
parl’hydromorphie
et la concurrence herbacée.
Les déficiences observées chez les conifères pour des teneurs foliaires inférieures à 10 mg
B/kg (tableau VII) provoquent
la nécrose desbourgeons
terminaux
pendant
lapériode d’élonga- tion,
ledéveloppement d’aiguilles
cour-tes et tordues virant au
jaune
et au brun et, dans certains cas, l’exsudation de ré- sine à travers l’écorce. Dans le cas desubcarence,
on observe une croissance sinueuse des axes, uneperte
de la do- minanceapicale
et un raccourcissement des entre-nœuds distaux des pousses.Les cas de toxicité sont surtout connus en
pépinière après
des traite-ments du sol contre la carence, ils sont donc très rares. Ils ont été décrits par Stone et Baird
(1956)
sur Pinus resino-sa et Pinus strobus, en