R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
G EORGES S ERGEANT
La méthode statistique moyen de gestion d’une entreprise
Revue de statistique appliquée, tome 15, n
o2 (1967), p. 83-91
<
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83
LA MÉTHODE STATISTIQUE
MOYEN DE GESTION D’UNE ENTREPRISE Georges SERGEANT
La
méthode statistique fait appel à
destechniques de plus
en
plus élaborées impliquant,
tant sur lepl an théorique
quesur celui de l’estimation des moyens
permettant l’exécution
de calculslongs
etcompliqués,
uneformat ion
sinonspécialisée,
au moins
orientée
vers de tellesétudes.
Faut-il en conclure que la
statistique, considérée
commemoyen
degestion
d’uneentreprise,
estréservée
auxentreprises disposant d’ingénieurs spécialistes
de telles et,qu’à défaut
de cadres
confies,
1 e directeurd’une petite entreprise puisse
encore
ignorer
ce que latechnique statistique
laplus élémen-
taireassociée à l’esprit statistique
et lavolonté d’acquérir
une connaissance
chi ffrée
des chosespeuvent ajouter
comme moyensd’action à
sagestion techni que
etfinancière.
L’article
de M.Sergeant,
directeur d’unepetite
entre-pri se d’estampage,
mont re comment avec des moyenssimples, (col-
lecteorganisée
des observationschiffrées, étude
de distribu-t ions,
utilisation detechniques élémentaires
desondaée)
il apu mi eux
connaître
safabrication, les facteurs
surledquels
onpouvait agir,
rechercher les moyensd’action
et obtenir desré-
sultatsintéressants
tant sur leplan technique
que sur leplan financier.
L’étude
présentée, ci-après
est relative à uneentreprise
de FORGE-ESTAMPAGEoccupant
centcinquante
personnes etreprésentant
ce que nous
appellerons
unSystème.
Le
système
étant unconcept capable
des actions promues par lematériel,
lepersonnel, l’approvisionnement,
lescharges
etdavantage
le
climat,
ouesprit
del’entreprise, lequel
domine la marche d’uneaffaire, l’objectif
est alors de briser la maintenance duSystème
pour passer auvoisin,
meilleur enlui-même,
et ce continument à la manière desimages
successives d’un film évidemmentprojeté
au ralenti.Le cinéma
permanent remplace
lepositif
de fin d’année révélé par lacomptabilité
de l’exercicesocial,
avecquelque
retard dureste,
voire l’album souvenir des résultatsprécédents proposés
à la direction pourqu’elle
y découvre unchoix,
celui de lapropérité.
Nous nous proposons d’écrire
ci-après
comment nous avonspris
le
Système
en lacsgrâce
à laStatistique,
et comment nous avons viré d’unsystème
à un autreplus
satisfaisant.Revue de Statistique Appliquée, 1967 - vol. XV - N· 2
’ Par
images,
c’est-à-dire parétapes.
L’idée nous en vint en
rompant
délibérément avec leplan comptable quant
àl’exploitation
et recherchant l’événementqui
commandait les ré- sultats etpouvait
êtreaisément, partant fréquemment consigné.
Il suffit de
s’approcher
d’un atelierd’estampage,
d’en entendre leschocs,
pour songer à faireappel
auximpacts, c’est-à-dire,
aux coups de mouton formateurs d’oeuvre.Si leur distribution au cours d’un
laps
detemps
suivait la loi desgrands nombres,
et lesgrands
nombres nemanquaient point,
la méthode élue consistait à restreindre ladispersion puis
àdéplacer
le mode fa- vorablement.Plus
précisément,
nous considérâmes leSystème
comme un évé-nement
composé
et notre but futd’analyser
ses évènementssimples
constituants pour les mieux
comprendre
en enrestreignant
l’écarttype
dans leSystème
du moment,puis quand
il s’avérait que l’amélioration dans ce sens étaitbloquée,
d’en briser la maintenance par une suite de transformations de moyens, de mise en oeuvre,d’enseignement,
de fi-nance
quand
c’étaitpossible.
C’était
possible
par acharnement.Puisque
l’usine vendait despièces
et que lespièces
étaient faites à coups de mouton, il étaitpatent
que l’usine vendait ses coups de mouton.Le
premier
essai tenté fut donc de les dénombrerpendant
un cer-tain
laps
detemps,
d’en étudier ladistribution, puis après
lesdisposi-
tions
prises
pour uneamélioration,
en constater la réalité en refaisantun même dénombrement à une
époque
ultérieure.La
première
série d’observations desimpacts, portant
sur 130journées,
avaitpermis
de constater que la distribution du nombre quo- tidiend’impacts
étaitapproximativement
normale avec une moyenne- de 37212 et unécart-type
de 6196.Pour la seconde série ces nombres étaient
respectivement
49432et 10308.
(Dans
les deux cas lerapport
é cart moyen était très voisinet 10308. pp
écart-type
de
0,80 (0,798
et0,807).
Ces résultats
témoignaient, qu’à
certainségards
leSystème
étaitresté immuable.
Ainsi nous connûmes à
postériori
descomportements dégagés
decaractéristiques journalières obligatoirement complétées
par le calcul.Or il était pour nous de la
première importance
d’actualiser sim-plement
notremarche,
enprincipe
deux fois parjour,
defaçon
à laconduire le
plus
habilementpossible.
C’est alors que nous
inaugurâmes l’opération "Galop"(1) :
Instruit de notre fabrication en
action,
unpointeau polyvalent
no-tait au passage dix fois par
jour
à intervallesréguliers
lecomporte-
ment des
équipes
de travail auxappareils
et ce par oui(marche)
ou parnon
(arrêt),
suivant l’activitéapparente
deproduction.
(1) Terme familier utilisé à l’atelier pour désigner une étude par sondage des temps de fonctionnement des machines, hommage ainsi rendu à G. Gallup.
85
Un tableau
chronologique communiquait
le nombre des oui en fin dejournée
et des couleursjaunes,
vertes ou noiresapposées
suivant unbarème de références
déterminées,
intimaient immédiatement aux res-ponsables qu’ils
avaient ou n’avaient pas un état de crise à résoudre par décisionsopportunes
entemps
et lieu.En fin de
mois,
le nombre des oui informait dutemps
non pas deproduction,
mais deprésence
auxappareils puisque
lajauge
était uneimpression
soutenue par l’habitude et non pas uneconsignation péremptoire .
La
première opération "galop"
avait donné unpourcentage
detemps
deprésence
effective auxappareils
de776
=77,6 %
avec unécart-type
1000
égal
à1, 3 % .
En connaissance de la
première opération Galop des dispositions
furent
prises quant
à ladiscipline
desactions,
à l’étude duposte
detravail,
à lapréparation
dudit,
ce dernier en étant le termeprincipal.
Une seconde
opération
fut alors effectuée donnant unpourcentage
de= 86,8 %
avec unécart-type égal
à1, 2 %.
1210
Le fruit des décisions
prises après
lapremière opération
étaitdonc très
largement
favorablepuisque 87/78
=1,12,
soit uneaugmenta-
tion d’environ 12
%.
Cette
augmentation
dutemps
detravail,
révélée par deux constats à environ une annéed’intervalle,
s’associait évidemment à une augmen- tation du chiffre d’affaires.Afin de serrer la réalité
d’emploi, utile, efficace,
legalop
ordi-naire dit succint devait être
plus aigu.
Une aire de fabrication dans notre métier est
trop composite
dansses
implantations
et ses actions pourqu’un
observateur nonprofession-
nel
juge
avecpertinence
àl’improviste
et sans faillir.Aussi décidâmes-nous de
procéder
detemps
entemps
à l’établis- sement degalops poussés.
Pour ce
faire,
toutes les dix minutes lepointeau
de service notait le mouvement ou l’arrêt des marteaux à son passage, cequi témoignait
un vrai moment de
production.
Deux
expériences
furent faites à très peu d’intervalle.Là encore, la maintenance du
Système
s’affirma.Le nombre des actions notées
sur le
nombre des passages dupoin-
teau dans le
premier
cas fut de :et dans le deuxième cas :
Que signifiait
cette constante.Notant que seules les
descentes
de marteauxpartant
lesfrappes
étaient formatrices
d’oeuvre,
il était trèsprobable
que le coefficient :Revue de Statistique Appliquée, 1967 - vol. XV - N 2
représentait
le véritabletemps spécifique
à la création depièces
dansune
journée
deprésence
dupersonnel.
Le but était de
l’améliorer,
nousn’y manquâmes point
avecplus
de connaissance
qu’auparavant.
Ce
qui
restreint letemps
de travail defaçon
foncière sont lesdurées des pannes ; pannes
fonctionnelles,
pannesmécaniques, plus
lestemps
demontages
des outilsspéciaux,
des différentespièces
àfabriquer .
Nous avons donc étudié des distributions de tels arrêts de pro- duction.
Elles relevèrent toutes de la loi normale.
Sur
chaque événement,
deux tableaux successifs dans letemps
ex-primèrent
par leurs nombres les résultats favorables que nous avons obtenus paraménagements préventifs systématiques
sur lesoutillages
etdans le service d’entretien sachant mesurer leurs variations nous les connûmes mieux.
Pour l’évolution de notre affaire face à l’évolution du Marché
Commun,
il étaitavantageux
de connaître la densitéd’appareils
de pro- duction nécessaire à une marche favorablecompte
tenu despéripéties
des pannes et
montages.
Autrement
dit,
dans notre action cernée industriellement par lacomptabilité générale,
le nombre de coups de moutons fut-ilquelconque
maisgrand
commandait-il seul la loi normale devenue pour notreaffaire ,
institutionnelle.Davantage
le nombre de coups ne devait-il pas êtregrand
dans untemps donné,
restreint d’ailleurspuisque
la vieéconomique appelle
desséquences
mensuelles accordées avec letemps
depaiements
en débitet
crédit,
cequi
est le fond même d’une industriequi
se surveille.Une étude faite pour chacun de deux
appareils
différents décela successivement une distributionanarchique
des coupspuis
une distri-bution normale.
Elle affirmait comme
conséquence
cequi
étaitévident,
que pour un seul mouton il fallait étendre la série des coups sur uneplus longue
durée
qu’un mois,
une année parexemple,
pour que la distribution des coups se normalisât.Littéralement un
appareil seul,
soumis aux pannesorganiques
etfonctionnelles
qu’inflige
couramment lemétier,
comme auxmontages qu’appelle
la clientèle nepourrait
d’autant moins la satisfairequ’elle
serait
plus
étendue.Même d’une habileté consommée mais sans
spécialité affirmée,
leproducteur
devrait livrer peu detypes
depièces
à très peu de clientsqui
connaîtraient sesavantages,
c’est-à-dire vendre bon marché enqualité
valable dans des sérieslongues univoques
heureusement cadencéesqui
lui seraient demandées.87
Par
contre,
il aurait contre lui et brutalement tout nouveau statut des ventesobligeant
à peu oupoint
de stocks chez leclient,
à des li- vraisonsponctuelles
augré
de cadencements variables dans letemps ,
car fatalement pour combler ses passages à vide il devrait
entreprendre
diversement d’où
l’apparition
de combinaisons d’actionsqu’il
aurait àconduire et forcément de
probabilité
de réussite.D’où
l’obligation
pour biengérer
un atelierd’estampage
encompé-
tition
générale qu’il fut,
sinontouffu,
du moins fourni enappareils.
Il est deux
témoignages qui
sont courammentévoqués
dans notreprofession :
- soit le
tonnage
T depièces fabriquées qui
manifestel’impor-
tance du matériel mis en 0153uvre
partant
celle duSystème,
-
s,oit
le nombre depièces
nqui excipe
de la vélocité d’action nécessaire à l’abaissement duprix
derevient,
évidemment tout ceci dans un
temps
donné.Dans la confrontation de résultats l’un ou l’autre des
témoignages
est insuffisant comme
jauge.
Il fallait admettre un lien
simple
maispertinent
dans son affiche .Imaginant
laproduction globale
faite de réalisationspartielles
nousavons
pensé
auproduit
de deux termes tels que :Constatant que
T, tonnage, égale
n fois lepoids
de lapièce
évo-quée
commeéquivalente
à celles de toutes les fabrications dusystème ,
nous pouvons
remplacer
leproduit
nT parn2
p.Afin de
justifier
cette valeurspécifique
nous avons étudié un échan-tillonnage
nous concernant.Il s’est bien avéré relever de la loi normale et comme caractère inférant le
Système.
Il fallait ici encore le faire craquer.
L’intérêt
technique
eut été de pousser sur la valeur laplus
com-mode c’est-à-dire sur p, d’où nécessité d’investir
puissamment
pour obtenir des commandes depièces
lourdes si le marchés’y prêtait
Financièrement ce n’était
guère possible,
la trésorerie suffisantjuste
àaugmenter
le Chiffre d’Affaires continuementdans
la classequi
nous était propre.
C’est sur n
qu’il
nous fallutporter
l’effort.Le commercial
s’acquitta
de sa tâche mais un lourdhandicap
seleva avec l’accroissement de la vitesse de
production
et le maintien de laqualité,
deux conditions facilementincompatibles.
Par différents moyens révélés par le calcul et par
plus
delogique
dans la
méthode,
nous diminuâmes au maximum le train defrappes
for-mateur d’oeuvre et
augmentâmes
la mise aumultiple.
Revue de Statistique Appliquée, 1967 - vol. XV - N’ 2
Ainsi n s’accrut sans pour autant
précipiter
lerythme
del’acteur ,
ce
qui
est éminemmentdangereux
à touspoints
de vue.Disons accessoirement que tous ces efforts dits de
productivité
nous
permirent
de suivre l’essor heureux de l’industrie des dix dernières années.Dans ces études
statistiques
diverses ilapparut
que la maintenance duSystème
était difficilement réductible continûment.Il fallait pour tenter de la briser encore,
procéder
autrement que par desaménagements
de contexture.L’idée nous vint de lier les deux fonctions : Achat de Pièces
et
Vente de coups de mouton
par un élément T) dit train de
frappes
dont nous avonsprécédemment parlé.
A cet effet nous
consignâmes pendant plusieurs
semestres le nombrespécifique
desimpacts
despièces fabriquées
auxappels
d’une clientèle variable en firmes et en besoins.Nous trouvâmes que sur un
laps
detemps long
etantérieur,
la distributions’éloignait
de la loi normale tandis que dans untemps plus
court et récent elle s’en
rapprochait.
C’était néanmoins une affirmation de caractère
systématique
en-traînant décision.
Si nous améliorions le caractère 11 nous bousculerions nécessaire- ment le
système
pour le conduire à bonne fin.Le
matériel,
lepersonnel,
lespostes
detravail, l’esprit
del’entreprise
restant lesmêmes,
seulpouvait
être éventuellement modi- fiable l’écoulement du métal pour sonfaçonnage
en un nombre néces- sairement moindre de coups.L’analyse
nous y conduisit dans ladiscipline
de lamécanique
ra-tionnelle mais
aussi,
il faut hautementl’affirmer,
sousl’impulsion
dela
statistique précédemment
obtenue.En
fait,
pour que le train defrappes
s’abaissât il fallaitn’appeler qu’un
minimum de travailmécanique,
soit rechercher si la matièrepouvait accepter
des actions distribuées comme en unchamp potentiel.
La connaissance du métier
aidant,
le propos s’avérapossible.
Ce fut vraiment le second résultat
spectaculaire
de cette mé-thode de
gestion.
En
effet,
sur deux années successives la moyenne du train defrappes
passa de7, 7
à6,
8 soit une amélioration de laproduction
chif-frée à :
en
augmentation
de13,2 %.
89
Est-il utile de
signaler
que le nombre depièces quotient
du nom- bre de coups de moutondisponible journellement
par le train defrappes augmenta
enconséquence
le Chiffre d’Affaires.Est-ce à dire que tout ce
qui
découle duSystème jusqu’ici analysé
subit la même
discipline.
On
peut
àjuste
titre le croire.En
effet,
si l’on chiffre en ventes lesproductions journalières ,
elles suivent la loi
normale,
nous en avons faitl’expérience naguère .
Dérivant de ce caractère nous avons même constaté que les
prix spécifiques
des coups de mouton formateurs de différentespièces
sui-vaient
également
la loi normale.Il est relativement aisé de poser un
problème
et d’en donner la solutionlorsqu’elle
a ététrouvée,
avouons-led’ailleurs,
au bout d’un certaintemps.
C’est un peu la
parenté éloignée qui
subsiste entre la théorie et lesapplications
inédites que chacunpeut
faire.L’intérêt pour
l’entrepreneur
de mêmegabarit
est de connaître la voiequ’il
devra suivre pour résoudre ses propresquestions
de mêmesouche,
voire de souches différentes.Au reste nous avons dit la voie que. nous avons
suivie,
mais il existe certainement d’autres chemins pour briser la maintenance et c’estlà, peut-on répéter, l’intérêt, peut-être
le charme de la méthode sta-tistique qui
sembleapparaître
austère et à notre avis ne l’est pas.Prenons une fois encore un cas
spécifique
àl’entreprise.
Les
pièces estampées
sous desappareils
defrappes
sont mouléesforcées dans des matrices
qui
sont leursnégatifs.
L’exécution de ces outils est très
chère,
car trèslongue.
A l’obtention d’une commande nouvelle il est
procédé
à la création d’unepaire
de blocsgénéralement égaux
en volume d’acierspécial d’emploi
accordé :a)
par des queues d’ironde rabotées.b)
par desemplacements
degrains
deposition
fraisésc)
par dessurfaçage
etcadrage
minutieux des blocsd)
par unfraisage
réalisé ennégatif
e) d’après
un ensemble de calibres en tôle tracés et détourésf)
par unburinage
etpolissage
d’achèvement des gravuresg)
par unemplacement
dit de bavures avec un cordon d’écoulement fraisés etajustés,
nécessaires aulogement
de l’excédent de métalaprès
nourriture du
négatif.
h)
par un ensembledécoupe
etpoinçon tracés, surfacés, fraisés , ajustés, lequel
a pour but deséparer
lapièce
de sonsurplus.
Ces
outillages
s’usentrapidement
à lafrappe
et il faut les rem-placer après
une fabrication dequelques
milliers depièces.
Revue de Statistique Appliquée, 1967 - vol. XV - N· 2
Cependant,
avantépuisement
desparties
àplus grande longévité
on rénove les
parties
à moindredurée ;
on"lave"
lesblocs,
on refaitles gravures, on révise l’ensemble
découpe
etpoinçon :
en fait seules sont maintenues lesopérations :
c) partiellement d), f), g)
totalementh)
succintement.Il est apparu par une centaine de
consignations,
que lesrapports
existant entre lestemps
de réfection et de création de différents en-sembles de
production
suivaient la loi normale.Ce n’était pas
surprenant,
mais la distribution était assez alar- mante pour unequestion
debudget.
Il y avait variance due à la main
d’oeuvre,
variance due aux ma-chines,
variance due auxtemps
morts.A
priori
ilpouvait
êtresupposé
que la variance totaleégalait
lasomme des trois variances
précitées.
Que pourrions-nous
faire contre cette maintenance.Evidemment, s’attaquer
auxtemps morts,
et pour cela étudier ladisposition
des machines de fabrication.Un groupe se mit à l’étude et proposa, avec
l’appoint
dequelques appareils
demanutention,
une nouvelleimplantation qui
fut faite auplus
tôt : c’était tout
simplement
bousculer les mises enplace
des machines pour leurplus rapide emploi
suivant lesmoments-pointes
de croissance de l’usine.Le résultat ne se fit pas
attendre ;
lestemps
de réfection bais- sèrent de 16%
parrapport
auxtemps
de création eux-mêmes améliorés . Là encore, lastatistique
marqua unpoint largement bénéfique.
Ainsi donc la
consignation
d’événementségalement possibles
tendla
perche
àl’investigation qui engendre
la réussite.C’est un travail de
patience.
N’est-elle pas
indiquée
augestionnaire d’entreprise, qui
vit obsti- nément au fil dutemps,
afin d’être alerté pour faire face aux sautes de laconjoncture.
Certes le fait
systématique
éminemmentpuissant
le suscite enpriorité :
c’est sonespérance.
L’optique
del’action,
son essence, sa vitessequi
alertent les sens , laissenttoujours
croire à une amélioration considérable et presque spon- tanée duphénomène production.
Or les combinaisons de tous ces caractères ne sont pas accessibles à tous les cerveaux et les bénéficiaires sont
justement
lesinventifs,
les"trouveurs".
Tandis que les causes accidentelles
insoupçonnées
du fait de leur ténuité foncière finissenttoujours
parapparaître
sous les révélateurs que sont lesconsignations
et dénombrements évidemment bien conduits à laportée
d’unplus grand
nombre.91
Ce devrait être son assurance aux résultats substantiels : l’entre- preneur se voulant un chercheur.
Il y a des
consignations qu’il
amasse, mais il en est d’autresqui
lui sont offertes.
Il faudrait à côté des faits
statistiques qui
aident à mieuxgérer parler
du faitprobabiliste
c’est-à-direprévisionniste garant
de misesur la meilleure voie
quant
à laproduction.
A ce
sujet qu’est-ce
que L’OPERATION LIBERATRICE ?Lorsqu’un usinage
depièces appelle
différentesopérations
sur ma-chines diverses
d’espèce
et denature,
ilpeut
être assimilé à un évé- nementcomposé.
Chaque
événementsimple
constituant une desopérations prévues
a une
probabilité
de réussite p et l’événementcomposé
uneprobabilité
de réussite P
égale à p1 p2 p3
x ...pn ,
lesopérations
étant in-dépendantes.
Plus le nombre n est
grand, plus
la réussite del’opération
est difficile.Il faut alors découvrir un court-circuit ou shunt
qui
arrive aumême
résultat,
réduisantlargement
le nombre des événementssimples
et améliorant de ce fait la
probabilité
de réussite de l’événement com-posé
soitl’usinage
apriori proposé.
Ce shumt ou court-circuit est l’OPERATION LIBERATRICE des
risques
antérieurement courus.Elle est le fruit de
réflexions, d’astuces,
dedispositions propices ,
la véritable solution d’un
problème parfois
ardu.Il semble que son rôle devrait être de
plus
enplus prépondérant
car même des machines de
prix
très élevés nepeuvent
pastoujours
as-sumer en groupe des
opérations multiples
avec laprécision requise
par lecontrôle, opérations qui
laplupart
dutemps
doivent être très bon marché.Ainsi donc pour le chef d’une affaire
qui
veut segarder
à droiteet se
garder
àgauche,
voire pour avancerplus sûrement,
le fait sta-tistique
est à coup sûr fertile en résultats heureux.S’il n’est pas
toujours suffisant,
il arrive que saconjonction
avecle fait
probabiliste qu’il
est souhaitable depratiquer davantage
accordeà l’industriel
indépendant
deplus grandes efficacité, souplesse
et de bonmarché dans ses actions.
Revue de Statistique Appliquée, 1967 - vol. XV - N· 2