TITRE :
Les osillationsdes étoiles éphéides : une propriété de surfae pour explorer
les limites de l'Univers
Temps de préparation :2 h 15min.
Temps de présentation devant lejury : 10 minutes.
Entretienave lejury :10 minutes.
GUIDE POUR LE CANDIDAT :
Ledossier i-jointomporte :
un doument prinipalintitulé Les osillationsdes étoiles éphéides : une
propriété de surfae pour explorerles limitesde l'Univers (16 pages).
une annexe :2 pages.
Pistes de travail suggérées au andidat :
Faire l'analysedu texte proposé et dégagerlespointsessentiels.
Critiquerla méthode eten montrer les éventuelles limitationset prolonge-
ments.
Trouver des exemples dans le ours de physique pouvant avoir des simili-
tudesaveequiestévoquédansletexte:osillationsforées,linéarisation.
Replaer le propos dans un ontexte beauoup plus large de mesure des
distanes (du miroosmeau maroosme).
Remarque : les mots indiqués en gras sont repris dans un glossaire en n de
doument.
une propriété de surfae
pour explorer les limites de l'Univers
1 Préambule
Enastronomie,on aratériselesétoilesgrâe àdes grandeurs appelées ma-
gnitudes, dont les valeurs sont déterminées grâe aux télesopes. Elles per-
mettent d'avoir une indiation sur la luminosité des étoiles et, en faisant des
mesures dans plusieurs domaines de longueur d'onde, d'obtenir une information 5
surlatempératureen surfae.Ande failiterlaleturedu texte,onrappelleii
quelques notionssimplesonernant lesmagnitudes.Si
Φ
est leux de photons(expriméen W.m
− 2
)mesurésur un déteteurterrestre, onpeut dénirlamagni-
tudeapparente
m
de l'étoile, dont proviennentes photons, en s'appuyant sur la loide Pogson quitraduit la réponse non-linéaire de l'÷il.On pose alors :10
m = m 0 − 2, 5 log Φ
ave
m 0
une onstante. Cette magnitude dépend de la distane de l'étoile ('estpourquoielleest qualiée d'apparente) etdu domainede longueur d'ondeuti-
lisé.Auours du temps,les astronomes ontonstruit diérents systèmes de ma-
gnitudesqu'onnommesystèmesphotométriques.OnaainsilesystèmedeJohn-
son, elui de Genève, et. Dans es systèmes, une lettre est attribuée à haque 15
ltre,haunayantunebandepassantebiendénie.Danslesystèmede Johnson,
on a douze bandes auxquelles on attribue les lettres UBVRIJHKLMNQ. Ainsi,
m V
est une magnitude visuelle (labande V orrespond àun domaineentré surune longueur d'ondede 5 500 Å).
On peut également dénir des magnitudes absolues qui vont aratériser la lu- 20
mièreémiseparl'étoile,l'eet deladistaneétantretiré.Si
m
estunemagnitudeapparente, lamagnitude absolue orrespondante sera
M
donnée par :m − M = 5 log d − 5
ave
d
la distane de l'astre.Lerayonnementémis par lasurfae d'uneétoile portéeà latempérature
T ef f
25
est grossièrement elui d'un orps noir à la même température. Le spetre
d'un orps noir n'étant pas uniforme, en faisant deux mesures de magnitudes
dans deux bandes spetrales diérentes, on obtient une indiation sur
T ef f
. Surertaines gures le leteur verra apparaître B-V, qui n'est rien d'autre qu'une
diérenede magnitudes de type
m B − m V
.30
(bedfordnights.om et Wikipedia).
Onappelleluminositélapuissanetotale rayonnée par uneétoile. C'estune pro-
priétéintrinsèque de l'objet quis'exprime en watts. Laluminositéapparente est
une grandeur mesurée sur Terre, qui orrespond en première approximation au
moduledu veteurde Poynting reçu auniveau de l'instrumentd'observation.La 35
diérene entre la luminosité (grandeur intrinsèque) et la luminosité apparente
vient du fateur
1/d 2
, oùd
est la distane observateur-étoile. On peut relier la luminositéauxmagnitudes absolues, etla luminositéapparente auxmagnitudesapparentes.
40
Engénéral,onaèdeseulementauxluminosités apparentes, lesdistanes des
étoilesrestantsouventindéterminées.Legrandintérêtdes étoileséphéides est
de permettre une évaluationde
d
.2 Introdution historique
Fin1784,deuxjeunesastronomesanglaisEdward PiggotetJohnGoodrike 45
passionnéspar lesétoilesdontlaluminositévarie auoursdutempsdéouvrent
la variabilité régulière de
δ
ephei (δ
: la quatrième étoile la plus brillante,Cephei : situéedanslaonstellationde Céphée).Goodrikeestimelapériode des
variations de luminosité de
δ
ephei à 128 heures et 45 min (soit 5,365 jours),valeur très prohe de elle déterminée atuellement :5,366270 jours.
50
0 1 Indice de couleur (B-V) 14
15
16
17
18
19
20
21
22 Magnitude apparente m V
Température de surface croissante
Luminosité croissante } les céphéides
Bande d’instabilité
Fig. 2 Diagramme de Hertzsprung-Russell pour une population d'étoiles du
Petit Nuage de Magellan. Les points représentent des étoiles non-osillantes, les
éphéides représentées par de petits arrés sont loalisées dans une zone bien
préisedudiagramme :labande d'instabilité.Touteses étoilessont àunemême
distane de la Terre.
Au18èmesièle,ilyavaitseulementunedouzained'étoilesvariablesonnues.
Sil'originephysiquedesvariationsdeertainsobjetsétaitorretementinterpré-
tée :'était leas des étoiles doublesnon-résolues 1
ommeAlgol;il était impos-
sible de le faire pour
δ
ephei ave les onnaissanes sientiques de l'époque.55
Au ours du temps, de très nombreuses étoiles variables ont été déouvertes et,
parmi elles, des étoiles présentant des propriétés similaires à elles de
δ
ephei;ona alors adoptéle termegénérique de éphéides pour ette lasse d'objets.
1
On appelle étoile double un ouple d'étoiles, liées par la gravité, en rotation l'une et
l'autreautour duentre demassedusystème. Un telsystème estdit non-résolu lorsqu'onne
parvientpasàséparerlesimagesdel'uneet l'autre.Onparleaussidesystèmebinaire.On
noteraqueegenredesystèmeesttrès ommundanslaGalaxie.
sasurditémenaàbien desétudessupérieures, pour rentreren 1893ommeor-
dinateur humainauHarvard College Observatory.Son travail onsistant entre
autre à faire un relevé de magnitude des étoiles à partir de plaques photogra-
phiques. Cette tâhe, longue et minutieuse, la mènera à déouvrir une relation
entre la magnitude des étoiles éphéides et la période de leurs variations : plus 65
l'étoile est brillante, plus sa période est longue; les objets les plus faibles étant
eux aux variations les plus rapides. Cette relation pouvant se mettre sous une
formedu type :
m = a logP + b
ave
P
la période,a
etb
deux onstantes. Le domainede période des éphéidess'étend entre environun jour etune entaine de jours.
70
La déouverte d'Henrietta Leavitt a été faite à partir des magnitudes appa-
rentes d'un ensemble d'objets supposés être tous situés à la même distane de
l'observateur (les Nuages de Magellan qui sont de petites galaxies satellites de
la ntre, la Voie Latée). Un an après la publiation de e travail l'astronome 75
danois Ejnar Hertzsprung étalonne la relation période-magnitude apparente, en
latransformant en relationpériode-magnitudeabsolue.
Au début des années 20, une grande ontroverse qui sera nommée par la
suitele Granddébat a eu oursentre lesastronomesHeberCurtiset Harlow
Shapley, ette ontroverse onernait la nature de M31 qu'on nommait alors la 80
GrandeNébuleuse d'Andromède(voirgure 1)etplusgénéralementlastruture
de l'Univers.
Curtis soutenait que M31 était un objet externe à notre propre galaxie,
Shapley pensait le ontraire. Pour Curtis les nébuleuses spirales omme M31
étaient des Univers Iles dont l'Univers entier était omposé; notre Voie La- 85
tée étant un de es Univers Iles parmi d'autres. Shapley soutenait l'idée d'un
Univers omposé par notreseule galaxie. Ce Granddébat a été un grand mo-
ment de l'Histoire des Sienes, haun des prinipaux protagonistes avançant
des arguments ou ontre-arguments très pertinents au regard des onnaissanes
del'époque.Ceiillustreaussi touteladiulté de ladémarhe sientique lors- 90
qu'elle sesitue aux frontières de laonnaissane.
Un élément déisif fut apporté en 1925 par Edwin Hubble lorsqu'il identia
pour la première fois des éphéides dans M31,e quilui permit en évaluant les
distanes de es éphéides de montrer la nature extragalatique de M31; qui 95
est depuis lorsla galaxie d'Andromède. Larelation période-luminositédes é-
phéidesestenoreutiliséeaujourd'huipourmesurer desdistanesastrophysiques.
Onnotera queleséphéides sontàl'originede ladéouverte par Hubbledu phé-
nomèned'expansiondel'Univers :plusunegalaxieestlointainepluselles'éloigne
étant déterminéepar eetDoppler-Fizeau.Lagure 3est tirée de l'artilehisto-
riquede Hubble(1929),ellemontrelaorrélationentre distane etvitesse.Cette
déouverte est un des arguments fortsen faveur de lathéorie du Big Bang.
Fig. 3 Reprodution de la gure 1 de l'artile de Hubble (1929). On y voit la
proportionnalité entre la vitesse d'éloignement des galaxies (en ordonnée, expri-
mée en km.s
− 1
) et ladistane en parse (en absisse, unité de distane astrono-
miquequivautenviron3,26années-lumière)déterminéegrâeauxéphéides.Les
disques noirs et la droite en trait plein orrespondent à des galaxies prises indi-
viduellement, le trait en tirets et les erles sont relatifsà des valeurs moyennes
de groupes de galaxies.
3 Les données observationnelles onernant les é- 105
phéides
3.1 Position dans le diagramme Hertzsprung-Russell
Vers 1910,l'astronomeamériainHenryNorrisRussell etson onfrèredanois
Hertzsprung déjà mentionné dans et artile déouvrent que les étoiles ne se
répartissentpasauhasardquand ontraeleurmagnitudeen fontiond'unindie 110
de ouleur (diérene de magnitudes). Ce type de diagramme porte le nom de
diagramme de Hertzsprung-Russell ou diagramme HR; des exemples en sont
donnéspar les gures 2et 7.
partiulière du diagramme de Hertzsprung-Russell . Cette zone, appelée bande 115
d'instabilité,orrespond à une phase de la vie des étoiles de masse intermédiaire
(entre
∼ 3
et∼ 12
massessolaires)oùellesseomportentommedesosillateurs auto-exités, telles des ordes de violonqui joueraient seules!0 0.5 1
Phase
3.6
3.8
4
4.2
4.4
m V
3200 3400 3600 3800 4000
Temps (HJD)
3.6
3.8
4
4.2
4.4
m V
(a)
(b)
(a)
(b)
luminosité apparente luminosité apparente
Fig.4 (a)Un exemple de ourbe de lumière pour l'étoile
δ
ephei, en absissegure la phase (une période orrespondant à l'intervalle
[0, 1]
), en ordonnée ontrouve la luminositéapparente. (b) Les données à partir desquelles a été établi
laourbede lumière(a), en absissesetrouve letempsexprimé en Helioentri
Julian Day(HJD).La datejulienneest ladurée enjoursdéimauxséparant un
instantdonné du 1er janvier 4713avant J.-C.Le HJD est lamême hose ajustée
dansleréférentieldu Soleil.Sur ettegure,l'originede HJD aétéhangéepour
raisondeommodité.Lesévénementsayantlieuendehorsdusystèmesolairesont
datésen HJD,eipouréviterqueladatedépendede lapositiondel'observateur
dans leSystème Solaire.
3.2 Les ourbes de lumière 120
Une ourbe de lumière est un relevé de la luminositéau ours du temps. La
gure4(a) montre une ourbede lumièrede
δ
ephei. L'alternane jour/nuit, de mauvaises onditions météorologiques ou des problèmes tehniques divers, fontpossibleunedéterminationdelapériodediretementparleturedugrapheoupar 125
transforméede Fourier.Laméthode généralementutiliséereposesur l'ajuste-
mentde sinusoïdesauxvaleursexpérimentales.Unefoislavaleurdelapériode
P
déterminée,onpeutalulerlaphase
Φ = t/P
de haqueobservationetreplier lesdonnées sur un intervallede phaseommetraé sur la gure4(a). Cetteopé-ration de repliage en phase explique pourquoi onpeut avoir plusieurs valeurs 130
de luminositépourune mêmevaleurde phase (auxerreursexpérimentalesprès).
Lorsqu'on possède des données de très bonne qualité, e qui est le as quand on
peutfairedesobservationspendantplusieurslonguesnuits(enhiverparexemple)
onséutives, etquelapériodeest susammentgrandeparrapportàunjour;on
peut alors obtenir une très bonne estimation de la période en interpolant à la 135
mainlespointsexpérimentaux.C'étaitleaspour
δ
epheilorsdesadéouverte.3.3 La relation période-luminosité et la mesure de distane
Lesvaleursdepériodeétantdéterminéespour unéhantillonde éphéides,on
peuttraerleursluminositésenfontiondeleurspériodes.C'estequiestfaitsur
lagure5oùun éhantillond'étoiles,toutesmembresd'une mêmegalaxie,a été 140
traité. Cette galaxie est le Petit Nuage de Magellan, dont toutes les étoiles sont
supposées être à la même distane des observateurs terrestres (e qui revient à
négligerl'épaisseurdu Petit Nuagede Magellan).Grâe àune régression linéaire
onpeut mettre la relationpériode-magnitudesous la forme:
-0.5 0 0.5 1 1.5 2
Log P (en jours)
10
12
14
16
18
20
22
m V
m V = -2.35914 Log P + 17.6805
Luminosité apparente
Fig.5Unexemple derelationpériode-magnitudeapparente. Cesdonnées sont
issues de l'observation des éphéides du Petit Nuage de Magellan par le projet
OGLE (http://www.astrouw.edu.pl/ ~ogl e).
145
m V = a log P + b
(1)ave
P
lapériodeexpriméeenjoursetm V
lamagnitudeapparentedanslabandespetrale
V
. Les données utilisées pour la gure5 onduisent à :m V = −2, 35914 log P + 17, 6805
(2)On peut déterminer la distane des éphéides de notre Galaxie par exemple
grâeàune méthode angulaire:laméthode desparallaxes.C'estequ'ontfait
Mihael Feast et Robin Cathpole en 1997 en employant des données olletées 150
par le satellite astrométrique HIPPARCOS. Ils ont obtenu alors une relation
période-magnitudeabsolue(luminosité intrinsèque) :
M V = −2, 81 log P − 1, 43
(3)Plus réemment, en 2007, Pasal Fouqué de l'Observatoire de Midi-Pyrénées et
ses ollaborateurs ont établiune relation similaire(aux erreursprès) :
M V = (−2, 678 ± 0, 076) log P − 1, 275 ± 0, 023
(4)En négligeant les variations de pente, sujet qui fait l'objet d'un vaste débat, et 155
en supposant la relation
M V = f (log P )
des éphéides omme universelle; la diéreneµ V = m V − M V
ne dépend quede la distaned
des objets. Commeonl'adéjà vu:
m V − M V = −5 + 5 log d = µ V
(5)où
d
est exprimée en parses2. On notera queµ V = m V − M V
, le module dedistane, est à peu de hose près une distane en éhelle logarithmique. Pour 160
notre éhantillon d'étoiles du Petit Nuage de Magellan on a
µ V ∼
19; e quionduitàunedistanemoyennedeséphéidesduPetitNuagedeMagellanvalant:
d = 63 kpc
(6)soitenviron 206 000 années-lumière (à titre de omparaisonle Soleil se trouveà
environ8 minutes-lumièresde la Terre).
L'utilisationde ette relation période-magnitudepermet don de déterminer 165
ladistane desgalaxies.Lamesuredes parallaxesn'estpas faisableau-delàd'une
entaine de parses, les angles devenant trop petits. La méthode n'est appli-
ablequelorsqu'ilest possible de déteterdes éphéides.Ce quiest atuellement
réalisablejusqu'àdes distanesde plusieursdizainesde méga-parses.Au-delà,il
devientimpossiblederésoudreenétoileslesgalaxies.D'autresméthodesprennent 170
alors le relais, omme elles reposant sur lesvariations de luminositédes super-
novæ.
2
Unité de longueurutilisée en astronomie. C'est ladistane àlaquelle le rayonmoyen de
l'orbite terrestre est vu sous un angle d'une seonde. 1 p= 30,84
× 10 12
km=3,26 années
lumières
sentsdanslarelationpériode-magnitude(onparledealibration)aété,etreste 175
undesgrandsproblèmesde l'astrophysique.Lesdiultéssontnombreuses;elles
sont tellesqu'ilafalluattendre Baadeen 1952,pour queladistane totalement
fausse obtenue par Hertzsprung en 1912 pour lePetit Nuage de Magellan, soit
orrigée.Plusieurs aspets de larelationpériode-magnitudesonttoujours de nos
jours sujet àdébat. La omposition himique peut avoirun eet, la relation est 180
également suspetée de ne pas être omplétement linéaire. La détermination du
rougissement et de l'absorption interstellaire entahe d'inertitudes les magni-
tudes des éphéides.
Finalement,onpourranoterqu'iln'existepasunerelationpériode-luminosité 185
maisplusieurs :une pour haque bandephotométrique;l'utilisationdu domaine
infrarouge est partiulièrement intéressante ar les eets du rougissement sont
alors moinssensibles.
De très nombreux herheurs ont travaillé sur la détermination de relations 190
périodes-magnitude.Bienqu'ilsoitimpossibled'êtreexhaustif;outrelestravaux
deFouqué &al.(2007)onpeut égalementiterMadore&Freedman(1991)ainsi
queSandage & Tammann(2006).
4 Interprétation des propriétés des éphéides grâe
à la modélisation 195
On entend ii par modélisation le fait de mettre en équation un système
physique à partir de loisfondamentales (omme la deuxième loi de Newton) ou
phénoménologiques (omme la loi des gaz parfaits); et de dénir les onditions
aux limites dans l'espae et le temps. Les situations les plus simples peuvent
êtretraitéesanalytiquement,onobtientalorsaisémentlesloisliantlesgrandeurs 200
physiques pertinentes pour le problème posé. C'est le as pour la modélisation
de l'atmosphère terrestre dans le adre de la statique des uides, où la relation
donnantla pressionen fontion de l'altitudeest obtenue sans diulté.
Quand on herhe un degré de modélisation aussi réaliste que possible, il 205
n'existe très souvent auune méthode pour résoudre analytiquement le système
d'équations dité par les lois de la physique. Des méthodes numériques, pro-
grammées sur ordinateur, permettent alors d'approher la solution.Un exemple
typique en est donné enore par l'atmosphère terrestre, traitée dans sa globalité
etonsidéréeomme dynamique.Suivant l'éhelle de temps onsidérée,lesrésul- 210
tats donnent: soitlespréditions météorologiques,soitl'évolutiondu limat sur
de longuespériodes.
être prédites et interprétées dans le adre de modèles numériques. On s'intéres- 215
sera à deux aspets partiuliers : l'évolution stellaire et les propriétés liées aux
osillations.
L'évolutionetlesosillationspeuventêtre étudiées indépendammentar elles
orrespondent à des éhelles de temps très diérentes : de l'ordre de plusieurs 220
dizainesouentainesde millionsd'annéespourlapremière,de l'ordredu jourou
mêmede laminute pour lesosillations.
4.1 La vie des étoiles : interprétation du diagramme HR
Enpremière approximation,une étoile est un volumede gaz (prinipalement
de l'hydrogène et de l'hélium) subissant sa propre attration gravitationnelle.
225
Sous l'ation de sa masse, e gaz a tendane à se ontrater, provoquant une
élévation de températurepartiulièrementimportantedans lesrégionsentrales.
La pressiondu gaz et la pression de radiation s'opposent à la ontrationgravi-
tationnelle. La température, lorsqu'elle devient assez importante, délenhe des
réations nuléaires, prinipales soures d'énergie des étoiles.
230
On va donner quelques éléments de théorie de l'évolution stellaire, ei en
exluant les objets exotiques omme les trous noirs et les étoiles à neutrons.
En premier lieu, la deuxième loi de Newton peut être appliquée à un volume
élémentaire
dτ
de uide stellaire, ona ainsi :235
ρ dτ d − → v
dt = X
i
−
→ F ∗ i dτ
(7)ave
ρ
la masse volumique,− → v
la vitesse d'éoulement du uide, les−
→ F ∗ i
sont lesfores agissant sur l'unité de volume. Dans les
−
→ F ∗ i
on tient ompte des foresde pression (dues au gaz, mais aussi la pression de radiation) et de l'attration
gravitationnelle. Pour ertainstypes de modélisation ondoit tenir ompte de la
rotation de l'étoile ou du hamp magnétique. Pour la plupart des simulations 240
d'évolutionstellaire, dans leadre d'un équilibre hydrostatique, on obtient :
∂P
∂m = − Gm
4π r 4
(8)en prenant
m
(la masse de matière, omptée depuis le entre) omme variableindépendante. A ette équation,onajoutela onservationde lamatière,des élé-
ments de thermodynamique, unedesription des phénomènes de transportet les
équationsliées à laprodution d'énergie nuléaire.
245
misaupoint une méthode numérique qui permetde résoudre lesystème d'équa-
tions de la struture interne stellaire. A partir de la naissane de l'étoile :
l'instant
t 0 = 0
où les réations nuléaires de fusion de l'hydrogène s'amorent 250dans le ÷ur de l'étoile, on intègre une première fois le système d'équations ré-
gissant la struture interne (l'équilibre hydrostatique), e qui permet d'obtenir
entre autres grandeurs physiques la luminosité
L
et latempérature de surfaeT S
. En prenant un pas de temps∆t
on a un nouvel instantt 1 = t 0 + ∆t
pourlequel on alulela nouvelle omposition himique issue des réations nuléaires 255
et du mélange,ei en tout point de l'objet. Les équations de l'équilibre hydro-
statique sont alors à nouveau résolues. On reommene le proessus autant de
foisque néessaire pour une suite d'âges
t 2
,t 3
, ...,t N
.Ave une étoile de masse et de ompositionhimique initialedonnées, onob- 260
tient à la n du alul un ensemble de ouples (
T S
,L
)orrespondant à tous les instantst i
pour lesquels la struture interne a été déterminée.Dansleplan (
Log T S
,Log L
),la lignequirelie tous lespointsde oordonnées(
Log T S
,Log L
) (haun d'eux orrespondant à un instant) s'appelle un trajet 265évolutif.C'est un outilessentiel enthéoriede l'évolutionstellaire.Unexemple de
trajet évolutif est donné par la gure6.
3.6 3.7 3.8 3.9 4 4.1 4.2 4.3
Log T S
2 2.5 3 3.5
Log L/L solaire
Modèle de 4 masses solaires
Composition chimique galactique
naissance
au cours du temps Sens d’évolution
Fig.6Unexempledetrajetévolutifobtenupourunemassede4massessolaires
etuneompositionhimiqueinitialetypiquedenotregalaxie.Lesensd'évolution
de l'étoile est indiqué par des èhes de long de laourbe.
Lesouples(
Log T S
,Log L
) alulésthéoriquementpeuventêtre onvertis en données omparables ave les observations, 'est e qui est fait sur la gure 7.270
-0.5 0 0.5 1 Indice de couleur (B-V) 14
15
16
17
18
19
20
21
22 Magnitude apparente m V
M = 6.0 M solaire
M = 4.0 M solaire
M = 3.0 M solaire
luminosité apparente
température de surface
Echelle de temps : 100 millions d’années
Echelle de temps : 1−10 millions d’années
(combustion de H au centre) évolution lente
Séquence principale Masses utilisées
pour les calculs de ces 3 trajets évolutifs
"Boucles bleues"
des trajets évolutifs (évolution lente due à la combustion de He
au centre)
Fig.7Diagrammede Hertzsprung-Russellreprenanteluide lagure2,auquel
ontété ajouté trois trajets évolutifs. Lesphases évolutivesles plus lentes orres-
pondant àlaombustionde H etàelle de He ontété indiquées ave leséhelles
de tempsorrespondantes. Sur la séquene prinipale toutes lesétoilesn'ont pas
été représentées an de préserver lalisibilité de la gure.
Commeonlevoit,ladistributionnon-uniformedes étoilesdansediagramme
orrespond à diérentes phases de la vie des l'étoiles, la prodution massive 275
d'énergie par les réations nuléaires au entre des étoiles permet l'existene de
on trouve beauoup d'étoiles, orrespond à la ombustion (au sens nuléaire du
terme) de l'hydrogène au ÷ur de l'étoile. Les éphéides sont des objets ayant
dépassé e stade, ellebrûlent de l'héliumdans leurs entres.
280
Lesétoiles éphéides sont situées dansla bande d'instabilitédéjàmention-
née sur la gure 2, ette région orrespond à une portion des boules bleues
destrajetsévolutifs.Deplus,'estdansetterégiondu diagrammequelesétoiles
semettent àosiller sous l'eet déstabilisant du méanisme
κ
(voir plus loin)285
quifait de es objets des étoiles variables.
4.2 Interprétation des ourbes de lumière : modélisation
des osillations des éphéides
Vers le début du XXe sièle, beauoup d'astronomespensaientque les varia-
tions d'élat observées hez les étoiles similaires à
δ
ephei étaient ausées par290
la présene de deux étoiles (voir par exemple Campbell 1895). On devait selon
eux êtreen présene de systèmes binaires.Pour e typed'objet, l'élipseplus
oumoinspartielle,d'uneétoileparl'autre,engendrepourl'observateurlointain
une luminositépériodique. Eneet, quand un système binaireest susament
éloigné de l'observateur, il n'est pas possible de distinguer individuellement les 295
étoilesle omposant.
L'idée d'une origine intrinsèque des variations de luminosité a émergé ave
les réexions de Shapley (1914) et d'Eddington (1918 et 1919). Cependant un
phénomèned'exitation des osillationsdes éphéides devait être proposé. Deux 300
hypothèses ont été envisagées, dontune appelée méanisme
κ
. C'est Zhevakinquimontraquee méanisme
κ
devaitêtrepartiulièrementfortdansunezone prohe de lasurfae des éphéides.Lathéorie des pulsations aété vraimentonrmée lorsdes premières simula- 305
tions informatiques par Baker & Kippenhahn (1962). Nous allons dans la suite
exposer quelques idées simples sur les osillationsdes étoiles.
4.2.1 Nature de l'osillateur
En négligeant tous les détails de la struture interne (existene de zones
onvetive,...),ilestpossiblede shématiseruneétoileparuneboîtesphérique 310
ontenant du gaz porté à haute température. Par la pensée, on peut déouper
ettedernière en unesuite de oquillessphériques onentriques,dontlesmasses
volumiques vont en roissant lorsqu'on se déplae de la surfae vers le entre.
C'est e qui aété représenté sur lagure 8.
m 1 m 2 m 3 m N−1 m N
centre surface
Fig. 8 Shématisation d'uneétoile omme une suite de oquilles.
315
Ce système est similaireàune haîne de masselottes liées lesunes auxautres
pardesressorts(voirgure9).Unetelsystèmepossèdeunensembledepériodes
propres d'osillation. Pour que le système osille, il faut ependant qu'il y ait
un phénomène exitateur fournissantde l'énergie: la orde d'un violona besoin
du frottement de l'arhet pour vibrer.
320
m N k N k N−1
m 2 N−1
k 2 k 1
m 1 m
Fig. 9 Ensembles de masselottes.
Toutes les étoiles sont suseptibles d'osiller etainsi d'exhiber des variations
de rayons, température etluminositéqui seront éventuellement observables. Les
modesd'osillationdu Soleil sontentretenuspar lebruitgénérépar laonve-
tion, eux des éphéides le sont par le méanisme
κ
. Ce dernier a lieu dans325
unezoneprohede lasurfaeoùlesatomesd'hydrogèneetd'héliumsontionisés.
Lazoned'ionisation desatomes d'hydrogène etellede lapremière ionisationde
l'héliumsont plus prohes de la surfae de l'étoile, elles se trouvent entre 10000
K et 15 000 K. En allant vers le entre de l'étoile la température augmente, et
vers 40000 K setrouve la régionde deuxièmeionisationde l'hélium.
330
κ
est lanotationusuellepourle÷ientd'absorptionmoyen desondeséle- tromagnétiques par le plasma de l'étoile. Dans la région où H et He s'ionisent,e ÷ient
κ
aun omportement partiulier quel'on va essayer de dérire très qualitativement.335
latempérature augmente en faisant roître
κ
. L'énergie absorbée par la matièredevientplus importante,e quitend àdilaterlemilieu.A ontrario, sie dernier
est l'objet d'une légère dépression,
κ
diminue en provoquant une perte d'énergie340
etdon une tendane à laontration.
Leszonesd'ionisationdel'étoileentretiennentlesosillationsquisepropagent
dans toutel'étoile; alors quelesautres régionsde l'astreont tendane à amortir
es osillations. Le méanisme
κ
produit par le phénomène d'ionisation est 345étroitementliéàlatempératuredel'étoile.QuanddansundiagrammeHR,onse
déplaedes étoiles àsurfae haude (té gauhe du diagramme)vers lesétoiles
plusfroides(tédroitdudiagramme)onpeutmontrerthéoriquementqu'ilexiste
une température ritique où l'eet d'exitation par le méanisme
κ
devientplus important que l'amortissement.Cette températureritique dénit le bord 350
bleude labanded'instabilitérévélée parlesobservations.Enpoursuivantnotre
déplaement dans la diretion des basses températures, à l'intérieur des étoiles
la onvetion devient de plus en plus importante, allant jusqu'à annihiler les
osillations;e quiexplique l'existenedubordrougedelabanded'instabilité.
4.2.2 Détermination des valeurs de périodes propres : approhe li- 355
néaire
Il existe plusieurs méthodes permettant de aluler les périodes propres des
modèlesd'étoileséphéides.Lesplusourantes sontde typeperturbatives :on
érit pour la température, la pression, le rayon:
T = T 0 + δT
,P = P 0 + δP
,r = r 0 + δr
, ...360
soit de façon générique pour une grandeur physique
X
:X = X 0 + δX
ave|δX| ≪ |X 0 |
,|X 0 |
orrespondant à l'équilibre hydrostatique. Les équations de la struture interne peuvent alors être érites en négligeant les termes d'ordresupérieur ou égal à 2 : on linéarise les équations. On obtient par exemple, en
partantde l'équation7 : 365
ρ 0 r 0 d 2 δr/r 0 dt 2 = −
4 δr
r 0 + δP P 0
∂P 0
∂r 0 − P 0 ∂δP/P 0
∂r 0
(9)On remarque qu'on a tenu ompte ii du terme d'aélération. Si on onnaît la
struture(issue de l'hydrostatique) d'uneétoile ,lesinonnues sontalors les
δX
.Plusieursapprohessont disponiblesdanslalittérature and'obtenir les
δX
,une des plus populairesest elle publiéeen 1971 par John Castordu laboratoire 370
deLos AlamosauxEtats-Unis.La méthode de Castortraitelareherhe des
δX
etdes pulsations
ω
(i.e. des périodes) omme un problème aux valeurs propres.pide et ne présente auune diulté numérique de onvergene. En général, les
valeurs des périodes obtenues sont en bon aordave lesobservations. L'inon- 375
vénientmajeurest l'absene de prédition onernant lesamplitudes des osilla-
tions :on ne peut pas alulerainsi des ourbes de lumièrethéoriques.
5 Conlusion
Les étoiles éphéides orent un intéressant exemple de système aux osilla-
tions auto-entretenues. Dans une étoile ommele Soleil, une perturbation exite 380
un ou plusieurs modes d'osillation; si la perturbation n'est pas maintenue au
oursdu temps, lesosillationssont amorties.Aontrario, dans lesétoilessièges
du méanisme
κ
,une perturbationengendre des osillationsqui vont voirleur amplitude roître dans le temps jusqu'à atteindre une valeur limite qui est elleobservée.
385
Outre leur intérêt omme indiateurs de distane, les éphéides posent des
problèmes de physique. Bien que leurs propriétés générales soient bien onnues,
ertains omportements onernant aussi bien leur évolution (forme des trajets
évolutifs en ontradition ave les observations) que leurs propriétés d'osilla- 390
teurs (modélisation des rapports de périodes pour elles osillant suivant plu-
sieurs modes). De plus la prise en omptes, dans les simulations numériques, de
l'interation entre les phénomènesd'osillations et eux liés àla onvetion sont
enorehors de portée.
Photon
Le photon est la partiuleélémentaire médiatrie de l'interation életromagné-
tique. Lorsque deux partiules hargées életriquement interagissent,ette inter-
ation se traduit d'un point de vue quantique, omme un éhange de photons.
Lesondeséletromagnétiques,desondesradiosauxrayonsgammaenpassantpar 400
la lumièrevisible, sont toutes onstituées de photons. Ces derniers peuvent être
onsidérés omme des paquets élémentaires d'énergie ou quanta de rayon-
nementéletromagnétiquequisontéhangéslorsdel'absorptionoude l'émission
de lumièrepar lamatière.
405
Corps noir
Leorpsnoirest un objetidéal quiabsorberaittoute l'énergieéletromagnétique
qu'ilreevrait,sans rééhir nitransmettre.Il n'est faitauune hypothèse sur la
naturedel'objet.Lalumièreétantune ondeéletromagnétique,elleestabsorbée
totalement etl'objetdevrait don apparaître noir, d'où son nom.
410
Fig. 10 Exemples de spetres de orps noir, sur un diagramme de l'intensité
lumineuse en fontion de la longueur d'onde. Quand la température est élevée,
lepi de la ourbe se déplae vers lesourtes longueurs d'ondes, etinversement
pour les plus basses températures.
lapositiondu maximum d'intensitéd'émission du orpsnoir est donné par laloi
du déplaement de Wien :
λ max = b T
où
λ max
estlalongueur d'ondede e maximum,b = 2, 8977685 × 10 − 3
m.K est la415
onstantedu déplaementdeWienet
T
latempératureabsolueduorpsnoir.La puissane életromagnétique totale émise par le orps noir lui permet de gardersatempératureonstante.
Transformée de Fourier 420
Pourune fontionquipeutêtreériteommeune sériedeFourier,latransformée
de Fourier est une opération mathématique permettant d'obtenir lespetre des
fréquenes.