S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
L UC I LLUSIE
Travaux de Quillen sur la cohomologie des groupes
Séminaire N. Bourbaki, 1973, exp. n
o405, p. 89-105
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405-01
TRAVAUX DE QUILLEN SUR LA COHOMOLOGIE DES GROUPES
par Luc ILLUSIE Séminaire BOURBAKI
24e
année, 1971/72,
n° 405 Novembre 1971Un nombre
premier
p est fixé pour toute la suite. Si X est un espacetopologique,
on noteH*(X) = H*(X ,1F )
lacohomologie
de X à valeurs dans le faisceau constantFp
; c’est uneF -algèbre graduée,
commutative(resp.
stric-tement
anticommutative)
si p estpair (resp. impair),
et munied’opérations
je Steenrod.1.
Cohomologie équivariante
et p-groupes abéliensélémentaires ([7], (8~, [9]).
1.1. Soit G un groupe de Lie
compact,
et soit X unG-espace,
i.e. un espacetopologique
surlequel
Gopère
continûment. Soit PG -~ BG un fibréprincipal
de groupe G tel que PG soit contractile. On dit que
est la
cohomologie équivariante
de X . On montre(2)
que est essentielle- mentindépendant
du choix de PG -~BG ,
etdépend
defaçon
contravariante de lapaire (G,X) ,
unmorphisme (G,X~ -~ (G’ , X’)
étantdéfini
comme uncouple (u,f)
formé d’un
homomorphisme
u : G -~ G’ et d’uneapplication
continue f : X -+ X’telle que
f(gx) = u(g)f(x)
pour g EG ,
x E X . Si X est unpoint,
on écritau lieu de
H~(X) ~
=H ~ (BG) . Quand
G est un groupefini,
coïncide avecla
cohomologie
habituelle de G à valeurs dans le G-module trivial F . Quand P( y 1 B
; Si .Y ,
Z sont desG-espaces,
on note comme d’habitudeY xG
Z lequotient
de Yx Z par l’actiondiagonale
deG , g(y,z) = (gy,gz) .
(2)
par unpetit
argument dû àBorel, reproduit
dans[8] ;
d’aucunspréféreront définir
lacohomologie équivariante
à l’aide dutopos
classifiant de Grothendieck(SGA
4 IV2.5) (cf,
n°4) (N.B.
les deux définitionscoïncident)
G est le groupe
unité,
on a bien entendu =Soit K C G un sous-groupe
fermé,
et soit Y unK-espace.
Lemorphisme
(K,Y~ -~ (G,G xK Y) , (k,y~
-(k,cl(1,y~~ ,
induit unisomorphisme
(1.1.1.) HG(G xK Y) H*K(Y) ("formule d’induction").
En
particulier,
si Y est réduit à unpoint
et K =Gx
est le stabilisateur d’unpoint
x deX ,
lemorphisme Y~ -~ (G,Gx~ , (k,y~ (k,x~ ,
induit un
isomorphisme
~
PROPOSITION 1.2
([8], [17].- Supposons dimF H*G(X)
~ . Alors est une Pde
type
fini. Enparticulier,
la série de deest une fonction rationnelle de t .
Preuve.
Plongeant
G dans un groupe unitaire U =U(n) ,
on seramène, grâce
à la formule d’induction
(1.1.1),
au cas où G = U . * Comme =~’p~ ct , ... , cn~ ,
la suite
spectrale
deLeray
de laprojection
PUx
X -~ BUpermet
alors de conclure.DÉFINITION
1.3.- On ditqu’un
groupe G est un p-groupe abélien élémentaires’il
existe un entier r tel que
G 1 (~~pZ~r .
L’entier rs’appelle
alors le rangde G .
*On notera A la
catégorie
des p-groupes abéliens élémentaires.1.4. Soit A E ob A. ° Identifions
Hom(A , Fp)
parl’isomorphi sme canonique. L’homomorphisme
deBockstein p : H ?
estinjectif,
et l’on a desisomorphismes
fonctorielscanoniques
où A
(resp. S)
est le foncteuralgèbre
extérieure(resp. symétrique)
surF .
En
effet,
par KUnneth on se ramène au cas où A est de rang un, pourlequel
lesassertions
précédentes
sont bien connues.1.5. Revenant à la situation de
(1.1),
on définit unecatégorie A(G,X)
de lamanière suivante. Les
objets
deA(G,X)
sont lescouples (A,c) ,
où A E ob Aest un sous-groupe de G et c E
XA désignant
l’ensemble despoints
de X fixes par A . Une flèche(A,c) -)- (A’ , c’)
deA(G,X)
est un homomor-phisme
u : A -~ A’ de la formeu(x)
=gxg
1 pour un élément g de G tel quegc ~
c’(N.B. gAg
1 c A’ ~X
c =gXA ).
En d’autrestermes,
si l’on poseTransp(A,c ; A’ , c’) = (g
EG I gAg*~
1 cA’ , c’) , Norm(A,c) = Transp(A,c ; A,c) ,
Cent(A,c) = (g
EG ~ 1 gag
1 = a pour tout a EA ,
gc =c~ ,
on a :
X?((A’c~,(A’ , c’))
=Transp(A,c ; A’ ,
En
particulier,
Norm(A,c)/Cent(A,c)
est un groupe, noté
W(A,c) ,
etappelé
groupe deWeyl
de(A,c) . Quand
X estun
point,
on retrouve les notions habituelles detransporteur,
normalisateur, etc.Pour
(A,c)
E obA(G,X) ,
notons(1.5.1) (A, c ~~ :
:HÂ
l’homomorphisme
induit par(A,pt~ -~ (G,X) , (a,pt)
~(a,x) ,
où x est unpoint
donné de c(1).
On vérifie facilement que, pour toute flècheu :
(A,c~ -~ (A’, c’)
deA(G,X) ,
lediagramme
est commutatif
(quand
X est unpoint,
cela résulte du fait bien connu que lesautomorphismes
intérieursagissent
trivialement surH~ ).
Les(A,c)*
définis-sent par suite un
homomorphisme
DÉFINITION
1.6- Soit f : R ~ S unmorphisme
deFp-algèbres.
On dit que f estun
F-isomorphisme (resp.
unF-isomorphisme uniforme)
si tout élément deKer(f)
~
’
n
est
nilpotent
etsi,
pour tout s ES ,
il existe un entier n tel quesP
EIm(f) (resp.
siKer(f)
estnilpotent
et s’il existe un entier n tel que, pour toutn
s E
S ,
on ai tsP
eIm(f) ).
Le résultat
principal
deQuillen ([8] 6.2)
est le suivant :THÉORÈME
1.7.- Soit G un groupe de Lie compact, et soit X unG-espace.
On suppose X compact(resp. paracompact
et dep-dimension cohomologique
finie( ))
et tel que, pour tout p-sous-groupe abélien élémentaire A de
G ,
soit(1) l’homomorphisme
enquestion
est évidemmentindépendant
du choix de x ;quand
XA = ~ ,
on convient que(A,c~~ _
0 .(")
lap-dimension cohomologique
de X est le sup des entiers n telsqu’il
existe un faisceau M de
Fp-madules
tel que 0 .fini
(1).
Alorsa(G,X) (1.5.2)
est unF-isomorphisme (resp. un F-isomorphisme
uniforme).
La démonstration sera donnée à la fin de ce numéro.
COROLLAIRE 1.8.- Sous les
hypothèses
de(1.7),
supposonsH*(X)
de dimensionfinie. Alors l’ordre du
pôle
de(1.2)
pour t = 1 estégal
à laborne
supérieure
des rangs des p-sous-groupes abéliens élémentaires A de G tels queXA ~ ~ .
En
particulier :
COROLLAIRE 1.8.1.- L’ordre du
pôle
dePSt(H;) pour t =
1 estégal à
la bornesupérieure
des rangs des p-sous-groupes abéliens élémentaires de G .(2~
Pour la démonstration de
(1.8),
voir([8] 7.7) :
c’est uneconséquence
facile du fait que le noyau dea(G,X)
estnilpotent.
1.9.
Quand
X est unpoint,
nous noteronsa(G) l’homomorphisme (1.5.2), qui
est
simplement
donné par la famille des restrictionsH*G ~ H:,
AG ,
A e ob A .
Voici,
dans ce cas,quelques
illustrations de(1.7).
1.9.1. G =
Z/pnZ ,
n ~2 ;
soit A =pn-1 Z/pnZ
le p-sous-groupe abélien élé- mentairemaximal ; d’après ([3],
p.252)
on aHG
= ~ S[y] , où x(resp.
y )
est ungénérateur
deH (resp. H-, ) ; a(G)
est la restrictionHG
-+H: ’ qui est
unisomorphisme
endegré pair
et zéro endegré impair ;
pouru E Ker
a(G) (resp.
on a 0(resp. up
E Ima(G) ).
1.9.2. G =
U(n) ;
soit T un toremaximal,
et soit A C T le sous-groupe des( ) Quillen
montre([8] 4.3)
que cettehypothèse
est vérifiée parexemple
siH*(X)
est de dimension finie ; voir
6.2)
pour un énoncélégèrement plus général.
(2~
ce résultat avait étéconjecturé indépendamment
parAtiyah
et Swan.points
d’ordre p ; tout p-sous-groupe abélien élémentaire de G estconjugué
à un sous-groupe de
A ,
et n’est autre que la restrictionH~ -~
où
l’exposant
Wsignifie qu’on prend
les invariants par le groupe deWeyl ;
elleest
injective (voir ([10] § 3)
pour le calcul de(H*A)W ).
1 .9.3. p =
2 ,
G= { ± 1 , ± i , ± j ,
fk}
est le groupe desquaternions
d’ordre8 ;
le centre A =
~f 1~
estl’unique 2-sous-groupe
abélien élémentaire nontrivial ;
a(G)
est la restrictionH~
-~HÂ ;
on aHÂ
= où z est legénérateur
de
HÂ ,
etHG
= + xy.+y2, ,x 2 y
+xy2~ ,
, forment unebase de
H~
et eengendre
;a(G)
est donné para(G)x
=a(G)y
=0 ,
a(G)e
= ;donc,
pour u E Kera(G) (resp. HA ~,
on au4 -
0(resp.
u4
E Ima(G) ).
Plusgénéralement,
Quillen dévissecomplètement HG
pour G ,extension centrale d’un
2-groupe
abélien élémentaire parL12~.
1.9.4. G =
6 ,
, groupe despermutations
de nlettres ; Quillen
montre~6~
quea(G)
estinjectif.
1.10. Preuve de
(1.7~. a)
Examinons d’abord le casparticulier où,
pour toutx
EX,
le grouped’isotropie
G est un p-groupe abélien élémentaire, On montre xalors facilement que
a(G,X)
s’identifie àl’homomorphisme
latéral(1 .10.1 ~
-~défini par la suite
spectrale
deLeray
_
Hi Rj
q~(~’ ~ ~
~H~ (X~ .
relative à la
projection canonique
q : PGxG
X -+X/G .
Lesingrédients
de cette vérification sont d’unepart l’hypothèse
quechaque XA
n’aqu’un
nombre fini de composantes connexes,qui permet
de considérer un élément du second membre de(1.5.2~
comme une familled’applications
localement constantesXA -~ HA
vérifiantune certaine condition de
compatibilité,
d’autre part le fait(~8~ 6.3)
que G nepossède qu’un
nombre fini de classes de p-sous-groupes abéliens élémentaires àconjugaison près, grâce
àquoi
on se ramène à une limiteprojective finie,
enfinla formule d’induction
(1.1.2) qui
résout le cas crucial où X n’aqu’une
orbite.Il
s’agit
maintenant de montrer que(1.10.1)
est unF-isomorphisme (resp.
un F-isomorphisme uniforme).
-Pourcela,
on n’aplus
besoin del’hypothèse
sur les grou-pes
d’isotropie.
Dans le cascompact,
l’assertion résulte d’une suite exacte deMayer-Vietoris équivariante, et,
dans le casparacompact,
de la structuremultipli-
cative de la suitespectrale
deLeray (une
fois établi queX/G
est de p-dimension
cohomologique finie).
b)
Dans le casgénéral, plongeons
G dans un groupe unitaire U . Soient Tun tore maximal de
U ,
et S c T le sous-groupe despoints
d’ordre p . Faisonsagir
G sur F =U/S
par translations àgauche.
LesG-espaces
X x F et X x F x F vérifient encore leshypothèses
de(1.7),
et lediagramme
deG-espaces
fournit un
diagramme
commutatifLes groupes
d’isotropie
de X x F(resp.
X x F xF )
sontconjugués
à des sous-groupes de
S ,
doncappartiennent
à A .D’après
le casparticulier a), a(G ,
XxF)
et
a(G ,
Xx FxF)
sont donc desF-isomorphismes (resp.
desF-isomorphismes
uniformes).
Pour en conclurequ’il
en est de même dea(G,X) ,
il suffitdonc, d’après
une variante du lemme des5,
de montrer que leslignes
de(1.10.2)
sontexactes. L’exactitude de la
ligne
inférieure résulte trivialement du fait que, pourtout p-sous-groupe abélien élémentaire A de
G ,
on aFA ~ ~ô .
Celle de laligne supérieure découle,
parl’argument
de descentehabituel,
du fait queF) = H*G(X)
® et queH*S
est un module libre detype
fini surH*U ,
G G
H*U
S S Uces deux derniers
points
se déduisant facilement du"splitting principle"
de la théorie des classes de Chern. Ceci achève la démonstration de(1.7~.
2. Stratification de
Spec ([9].
2.1. Notation. Si X est un
G-espace
comme en(1.1~,
on posera2.2. Soit A un p-groupe abélien élémentaire. Les formules
(1.4)
montrent queSpec HA
estirréductible,
et que le sous-schémaintègre sous-jacent
s’identifie(canoniquement
etfonctoriellement)
au fibré vectorielA
=Spec S(Av) (qui dépend
de
façon covariante
deA).
2.3.
Plaçons-nous
dans la situation de(1.7).
Pour(A,c)
E obA(G,X) ,
l’homo-morphisme (A,c)* (1.5.1)
définit unmorphisme
de schémas(2.3.1) (A,c?~, : A~ -~ Spec
Les
applications
continuessous-jacentes
aux(A,c~,~ fournissent,
par passage à lalimite,
uneapplication
continue(2.3.2)
limA
-+Spec HG(X) ,
(A,c)
EA(G,X)
où le
premier
membredésigne l’espace topologique
limite inductive des espacessous-jacents
auxA.
Le théorème(1.7) exprime
essentiellement que(2.3.2)
estun
homéomorphisme. Compte
tenu de ce que lesH ~
sont "finis" sur(variante
du théorème de finitude
(1.2))
et dufait, signalé plus haut,
que les classes deconjugaison
de p-sous-groupes abéliens élémentaires de G sont en nombrefini,
la traduction
précédente
découle en effet duLemme 2.3.3
([9] B.7).-
Soient R un anneaunoethérien,
.A -~B ~
C undiagramme
exact de
R-algèbres,
Bet
C étant finies sur R . Alors lediagramme d’espa-
ces
topologiques correspondant Spec(C~ ~ Spec(B~ -~ Spec(A)
est exact.2.4.
Quillen
pousseplus
loin ladescription
du côneSpec HG(X) .
Pour(A,c)
E obA(G,X~ ,
notonsl’image
par(2.3.1)
dupoint générique
deA (i.e.
l’idéalpremier (gradué)
noyau del’application composée
(A,C)* HA ~ HA/nilradical
=S(A) ),
etV A,c
= le sous-schéma ferméimage
deA.
NotonsA+
CA
lecomplémentaire
de la réunion desA’ ,
pourA’
CA, A’ / A ;
en d’autrestermes, A+
est l’ouvert d’inversibilité dee - f ~ f A-{0} f .
Notons enfin lecomplémentaire
de la réunion desVA’ A’ c A , A’ 1 A,
c’désignant
la composante connexe deXA
contenant c. Cela
posé,
on a leTHÉORÈME
2.5([9J 10.2, 11) .- (i)
Pour(A,c)
E obA(G ,X) ,
est affine etirréductible.
Le groupe deWeyl W(A,c) (1.5) agit
surA+ et (A,c)~ (2.3.1)
indui t un
homéomorphisme A+~W (A, c ~ -a ( ~ ~ ’
(ii)
Soit I unsystème
dereprésentants
pour les classesd’isomorphie d’objets
de A(G,X) .
AlorsSpec H (X)
admet unedécomposition
en sous-schémas localement
fermés disjoints.
(1)
N.B.- Si 03A9 est une extension Pagit
librement surA+(03A9) .
Remarques
2.6.- Ladécomposition précédente
est une "stratification" au sens na~f du terme :V A,C
est l’adhérence de , et sedécompose à
son tour en sommedisjointe
deV+A’
c, pour A’CA, A’ / A .
On aVA 1 tC 1 ~
2(i.e.
pA 2 ,c ~ 2 pA 1 ,C 1 ~
si et seulement siparticu-
lier,
lescomposantes
irréductibles deSpec HG(X) correspondent bijectivement
aux classes
d’isomorphie d’objets
maximaux deA(G,X) (1).
On retrouve ainsi(1.8),
car la dimension deSpec HG(X) (qui
dans ce cas estfinie)
coïncide avecl’ordre du
pôle
de pour t = 1 , comme il résulte d’un exercice facilesur les
polynômes
de Hilbert.De
plus, Quillen
caractérise les sous-schémas fermés deSpec HG(X)
de laforme c
:
THÉORÈME
2.7([9] 12.1).-
Les sont exactement les sous-cônes fermés irréduc- tibles deSpec HG(X)
stables par lesopérations
de Steenrod.(2~
En d’autres
termes,
un idéalpremier
deH G (X)
est de la forme pour unobjet (A,c)
deA(G,X)
si et seulement s’il esthomogène
et stable par lesopé-
rations de Steenrod.
2.8. Pour la démonstration de
(2.5),
nous renvoyons à((9~ 9, 10) (c’est
assezfacile à
partir
du fait que(2.3.2)
est unhoméomorphisme).
Le lecteur pourra aussi consulter[11], qui contient,
dans le cas où X estponctuel
et Gfini,
une(1)
on dit que(A,c)
est maximal si toute flèche issue de(A,c)
est un isomor-phi sme.
(2) Rappelons
que( H*(PG x G X))
est munid’opérations
de SteenrodP~ : g’~ G + 2i (p - 1 ~ (X~ (resp. H~ G + 1 (X~ ~
pour pimpair (resp.
p =2) ;
pt
= EP t
: est unhomomorphisme d’anneaux ;
pour u dedegré
2(resp.
1),
on aPt(u)
= u +upt .
jolie
démonstration directe de(2.5) (ainsi
que de laF-injectivité
de(1.5.2))
utilisant
l’homomorphisme
norme pour les revêtements finis.L’ingrédient
essentiel de(2.7)
est le fait[13] qu’un
sous-cône fermé irréduc- tible deA (A
E obA) qui
est stable par lesopérations
de Steenrod est néces- sairement de la formeA’ ,
pour A’ c A .Exemple
2.9.- Soit G le groupe diédral d’ordre8,
i.e. leproduit
semi-directZ~4Z
=(x ) N x (y) ,
avecx = y =
1 , xyx 1=
y
.Onpeut
aussi regar- der G comme extension centrale de(Z~2a~2
par(y2) (
~Z/2Z) .
La suitespectrale
de Hochschild-Serrecorrespondante (p
=2)
fournit(cf. [12])
H
= +v2) ,
avec u , v dedegré
1 , e dedegré
2 .Spec HG
est un
"dièdre",
dont lescomposantes
irréductiblescorrespondent
aux 2-sous- groupes abéliens élémentaires(de
rang2) (x,y2)
et(xy,y2) .
Noter enpassant
que ceux-ci "détectent" la
cohomologie
deG ,
i.e.a(G) (1.5.2)
estinjectif.
On conseille au lecteur
d’expliciter
une stratification(2.5 (ii))
... et de faireun dessin.
3. Variantes : groupes
compacts,
groupes discrets([~9] 13, 14).
Les résultats des n°S
précédents s’étendent,
au moins pour Xponctuel,
au cas de certains groupescompacts (tels
que les pro-p-groupesanalytiques)
et de certains groupes discrets(tels
que les groupesarithmétiques).
3.1.
Soit G un groupecompact. D’après Peter-Weyl,
G est limiteprojective
de ses
quotients
G.qui
sont des groupes de Liecompacts.
On poseOn note d’autre
part A(G) = lim A(G.)
lacatégorie
des pro-p-sous-groupes abéliensélémentaires de
G ,
lesmorphismes
étant donnés parconjugaison
par des éléments de G . Alors les théorèmes(1.7), (2.5), (2.7)
sont encorevalables,
mutatismutandis (1 ~,
pourvu queA(G)
n’aitqu’un
nombre fini de classesd’isomorphie d’objets. Quillen
montre que cettehypothèse
est vérifiée dès que Gpossède
unsous-groupe
distingué
G’ tel queHG’
soit de dimension finie et queG/G’
soit un groupe de Lie
compact,
cequi
est le cas parexemple
pour les pro-p- groupesanalytiques
de Lazard([5]
V2).
3.2. Soit r un groupe discret. Notons
H~,
lacohomologie
de F à valeurs dans le r-module trivialF ,
etA(F)
lacatégorie
des p-sous-groupes abé- liens élémentaires de F(les
flèches étant leshomomorphismes
de la formead(g) ,
g Alors([9] 14.1),
si Fpossède
un sous-groupe r’ d’indice fini tel que cd(2),
la flèchecanonique (définie
comme en(1.5.2))
.
est un
F-isomorphisme
uniforme(1.6). Si,
deplus,
r nepossède qu’un
nombrefini de p-sous-groupes abéliens élémentaires à
conjugaison près,
on a, pourr,
des théorèmes
analogues
à(2.5)
et(2.7).
Leshypothèses précédentes
sont véri- fiées par les groupesS-arithmétiques
deBorel-Serre,
comme il résulte facile- ment du fait([14], [15J)
que de tels groupespossèdent
des sous-groupes distin-gués
d’indice fini de dimensioncohomologique
finie. La réduction des résultatsqu’on
vient d’énoncer à ceux des n°s 1 et 2 estparticulièrement
facile dans le cas où F est un groupearithmétique :
eneffet,
si X est"l’espace symétri-
(1)
voir([9] 13)
pour des énoncés en forme ! t( )
si G est un groupediscret,
cd(G) désigne
la bornesupérieure
des entiersn tels
qu’il
existe un Fp[G]-module
P
M tel que
Hn(G,M) /
0 .que" correspondant (~15~~,
et si F’ c r est un sous-groupedistingué
d’indicefini sans
torsion,
on aHf -
et l’on est ramené aux théorèmes desnaf 1 et 2 pour l’action du groupe fini
F/F’
sur la variétéX/F’ .
Pour le casgénéral,
voir([9] 14, 15).
4. Calculs utilisant
l’isomorphisme
deLang ([7] § 2).
Ce n° est
indépendant
desprécédents.
Ilreproduit pratiquement
telsquels
les résultats annoncés dans(loc. cit.) (1).
4.1. Soient T un
topos,
G unGroupe
deT ,
BG letopos
classifiant deG ,
i.e.(SGA
4 IV2.4)
lacatégorie
desG-objets
de T . Pour X E obBG ,
onnote
XG
letopos
localisé(BG) ‘X (catégorie
desG-objets
au-dessus deX ).
Fixons un anneau A . La
"cohomologie équivariante"
de X à valeurs dansA ,
H*(XG , A) ,
notée encoreH*G(X,A) (voire HG(X) ),
est l’aboutissement d’une suitespectrale
de Lerayoù u :
XG -+
BG est lemorphisme
de localisation.Supposons
que A soit uncorps et que, pour tout Y e ob T et
tout j ~ 0 ,
la flèche dechangement
de base -+Rjpr1* (A) (où
Y x X ~Y )
soit unisomorphisme.
a AlorsRju*(A)
est le faisceau constant de valeurHj(X,A) ,
et(4.1 .1) prend
la forme
Soit H un
sous-Groupe
deG ,
faisonsagir
G surG/H
par translations àgauche.
Letopos
localisé(G/H)G
estcanoniquement équivalent
à BH(SGA
4 IV(1)
Nousespérons
queQuillen
en donneraprochainement
une versiondétaillée,
ainsi que de ses résultats sur les K.([7] § 3).
5.8.1),
doncH*(BH) .
Parsuite,
si X =G/H
vérifiel’hypothèse
depropreté cohomologique indiquée plus haut, (4.1.2) s’écrit,
pour X =G/H , (4.1 .3) E~~ - Hi(BG)
8)H~(G/H)
~En
particulier, prenant
pour H lesous-Groupe unité,
on obtient(sous
réservede
propreté cohomologique
pourG)
une suitespectrale
4.2. Soient k un corps
algébriquement
clos decaractéristique
p , k un osous-corps fini de
k ,
G un groupealgébrique
surk ,
G le groupe induito o
sur k . On suppose G connexe, et l’on note f : G - G
l’endomorphisme
deFrobenius associé à
(k ,G ) ,
dont le sous-groupe despoints
fixesGf
c G est o ole groupe fini G
(k ) . Rappelons ([16]
VI4)
que lemorphisme
G -G ,
o o
x P-
x(fx)-1 ,
est un revêtement étalesurjectif
de noyauqui
induit doncun
isomorphisme
appelé isomorphisme
deLang.
Prenons pourtopos
T de(4.1)
letopos
des faisceauxsur la
catégorie
des schémas sur k munie de latopologie
étale("grand
siteétale de k
"),
et pour anneau de coefficients A le corpspremier
avec~ /~
p .Compte
tenu del’isomorphisme
deLang,
la suitespectrale (4.1.3)
pourH =
Gf
s’écrit(l’hypothèse
depropreté cohomologique
de(loc. cit.)
est vérifiée du fait que G se dévisse enG/B
et en groupesGa
etGm ).
Elle permet d’atteindre la structure deH*Gf lorsqu’on
connaît celles deH*(BG)
etH*(G)
ouplus pré-
G
cisément celle de la suite
spectrale (4.1.4), qui
s’écrit iciSupposons
enparticulier
queH*(G) possède
unsystème simple
degénérateurs transgressifs
pour(4.2.3),
de sorte que,d’après ([2] 13.1, 16.1), H~~BG~
estune
algèbre
depolynômes S(V) ,
latransgression
donnant unisomorphisme
dedegré
1 entre le sous-espace des éléments
primitifs
deH (G)
etl’espace
vectorielgradué
V ,. et supposons deplus
que Vpuisse
être choisi de manière à être sta- ble sousf* : H*(BG) ~ H*(BG) . Quillen
affirme que, sous leshypothèses précé- dentes,
il existe unisomorphisme
deFl-vectoriels gradués
qui
est unisomorphisme d’algèbres pour l impair, Vf
etVf
étant définis par la suite exacte 0 ~V f -+
V V ~Vf ~
0 .Exemple (cf. (~10~ 2.2)).-
Si q est unepuissance
de p , et rdésigne
l’ordrede
q mod. 2 (i.e.
ledegré
de l’extension Fq (~,~~ ~ ,
i.l existe unisomorphisme d’espaces
vectorielsgradués
S~cr, ... ,cmr~ ® ~~cr, ...,c~r~ ,
où
2jr , deg(c" )
=2jr -
1 , m =En/r] .
Celui-ci est unisomorphisme d’algèbres
si t estimpair,
ou l = 2 et q = 1(mod 4) .
Lesc’
sontles classes de
Chern, définies
à la Grothendieck(cf. (loc. cit.)
et([4])),
dela
représentation
standard de GL(F )
surFn q (les c’! Jr
sont "de nature arith-métique").
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