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Mémoire d'actuariat

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Academic year: 2022

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M´ emoire pr´ esent´ e pour la validation de la Formation

”Certificat d’Expertise Actuarielle”

de l’Institut du Risk Management et l’admission ` a l’Institut des actuaires

F´evrier 2019

Mod´elisation de l’inflation : des vanilles aux structur´es

Entreprise : Mazars Actuariat

Pˆole Ing´enierie Financi`ere

Directeur de m´emoire en entreprise : NordineChoukar

Etudiant `´ a l’institut du risk management : Alix Dupuy

(4)
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Plan du m´ emoire

1 L’inflation : risque, couverture et mod´elisation 6 2 L’inflation : origines, calcul et naissance des produits d´eriv´es 8

2.1 Les origines de l’inflation . . . 8

2.2 Le calcul de l’inflation . . . 9

2.3 Inflation et march´es financiers . . . 9

3 Les produits index´es sur l’inflation : obligations et d´eriv´es 11 3.1 Les obligations index´ees sur l’inflation . . . 11

3.2 Les d´eriv´es index´es sur l’inflation . . . 12

3.2.1 Les swaps index´es sur l’inflation . . . 12

3.2.1.1 Les swaps z´ero-coupon . . . 12

3.2.1.2 Les swaps Year-on-Year . . . 12

3.2.2 Les caps et les floors inflation . . . 13

4 Le premier mod`ele de valorisation des d´eriv´es index´es sur l’in- flation : le mod`ele de Jarrow-Yildirim 14 4.1 Pr´esentation du mod`ele . . . 14

4.2 Construction d’un march´e complet et sans arbitrage . . . 16

4.2.1 Dynamique des prix actualis´es des actifs . . . 17

4.2.2 Compl´etude du march´e . . . 18

4.2.3 Absence d’arbitrage . . . 18

4.2.4 Dynamique des prix actualis´es des actifs sous la proba- bilit´e risque neutre . . . 20

4.3 Formules de pricing des d´eriv´es index´es sur l’inflation . . . 21

4.3.1 Pricing des swaps Year-on-Year . . . 21

4.3.2 Pricing des caplets et des floorlets . . . 22

4.3.3 Pricing des caps et des floors . . . 23

4.4 Calibration du mod`ele . . . 23

4.4.1 Calibration du taux d’int´erˆet r´eel . . . 24

4.4.2 Calibration des autres param`etres . . . 24

(6)

5 Un mod`ele alternatif de valorisation des d´eriv´es index´es sur l’inflation conduit par deux processus de Hull et White 25

5.1 Pr´esentation du mod`ele . . . 25

5.2 Cadre math´ematique du mod`ele `a deux facteurs suivant une dy- namique Hull et White . . . 26

5.2.1 Dynamiques de rt et it . . . 26

5.2.2 Dynamiques des int´egrales des processus rt et it . . . 27

5.3 Formules de pricing . . . 27

5.3.1 Pricing des swaps Year-on-Year . . . 27

5.3.2 Pricing des caplets et des floorlets . . . 28

5.3.3 Pricing des caps et des floors . . . 28

5.4 Le mod`ele classique avec des coefficients constants . . . 28

5.4.1 Param`etres et dynamiques des processus . . . 28

5.4.2 La mesure risque neutre . . . 29

5.4.3 Formules de pricing . . . 29

5.4.3.1 Expression de C . . . 30

5.4.3.2 Expression de V2 . . . 30

5.4.4 Calibration du mod`ele . . . 30

6 Am´elioration du mod`ele `a coefficients constants : le mod`ele `a coefficients constants par morceaux 31 6.1 Param`etres et dynamique des processus . . . 31

6.2 La mesure risque neutre . . . 32

6.3 Formules de pricing . . . 32

6.3.1 Expression de C. . . 32

6.3.2 Expression de V2 . . . 33

6.4 Calibration du mod`ele . . . 34

6.4.1 Calibration du taux d’int´erˆet . . . 34

6.4.2 Implicitation de la variance V∗2 et de la corr´elationC `a partir des prix de march´e . . . 35

6.4.3 Calibration du taux d’inflation . . . 36

6.4.4 Calibration du param`etre de corr´elation . . . 37

7 Applications num´eriques et comparaison des diff´erents mod`eles de valorisation des d´eriv´es index´es sur l’inflation 38 7.1 Calibration des mod`eles de valorisation . . . 38

7.1.1 Calibration du mod`ele de Jarrow-Yildirim . . . 38

7.1.2 Calibration du mod`ele de Hull et White `a coefficients con- stants . . . 39

7.1.3 Calibration du mod`ele de Hull et White `a coefficients con- stants par morceaux . . . 39

7.2 Applications num´eriques . . . 40

(7)

7.2.1 Valorisation des swaps Year-on-Year . . . 40 7.2.2 Valorisation des caps inflation . . . 41 8 Le mod`ele d´evelopp´e est plus performant que les mod`eles de

valorisation classiques 45

A Preuves des r´esultats sur le mod`ele de Jarrow et Yildirim 47 B Preuves des r´esultats sur le mod`ele de Hull et White am´elior´e 51

R´ef´erences bibliographiques 56

(8)

Chapitre 1

L’inflation : risque, couverture et mod´ elisation

Semaine du 2 janvier 2017 : ”D’apr`es les chiffres publi´es cette semaine par Eu- rostat1, [. . . ] l’inflation [est de] 1,1% dans la zone euro [en ce d´ebut d’ann´ee].

C’est plus en Allemagne : 1,7%. En France, la hausse des prix atteint 0,8%, alors que Bercy anticipait encore il y a quelques mois une inflation proche de z´ero. Des niveaux qui restent assez faibles mais qui marquent un changement de cap pour l’´economie europ´eenne. Et si les prix augmentent, c’est d’abord `a cause du rench´erissement du coˆut de l’´energie, `a commencer par le p´etrole : en un an, le baril de brut est pass´e de 30 `a pr`es de 55 dollars.

Et ce mouvement devrait se poursuivre tout au long de l’ann´ee. D’un point de vue macro´economique, c’est plutˆot une bonne nouvelle, puisque l’ann´ee derni`ere

`

a la mˆeme ´epoque, la faiblesse de l’inflation faisait craindre le d´ebut d’une spi- rale d´eflationniste ´etouffant la croissance.”

Afin de se couvrir contre le risque d’inflation, les diff´erents agents (i.e. les assureurs vie ou les fonds de pensions) peuvent employer diff´erents types de d´eriv´ees sur inflation.

Ce march´e est complexe en raison de ses sp´ecificit´es avec en particulier l’existence d’un segment de march´e d’obligations z´ero-coupon et d’un march´e de swaps

”Year-on-Year” dont il faut assurer la coh´erence. En effet, depuis la crise de 2008, un nombre croissant d’instruments financiers permettant de se couvrir contre l’inflation sont apparus sur les march´es. Cela a d´emarr´e avec certains Etats comme le Royaume-Uni, la France, puis l’Allemagne, qui avaient pris´

1Se r´ef´erer `a : http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/

Inflation_in_the_euro_area.

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l’habitude d’´emettre, `a cˆot´e des obligations traditionnelles, des obligations in- dex´ees sur l’inflation. Apr`es la crise, la demande pour ces obligations s’est mise

`

a augmenter, rendant le march´e tr`es liquide. En comparant ces obligations, il

´etait possible d’´evaluer l’inflation anticip´ee sur les march´es. D`es lors, de plus en plus d’institutions financi`eres se sont mises `a proposer des produits d´eriv´es, plus ou moins complexes, permettant de se couvrir ou de sp´eculer sur l’inflation.

L’objectif des travaux pr´esent´es dans ce m´emoire est de construire un cadre de mod´elisation risque neutre complet pour la valorisation de produits index´es sur l’inflation. Ainsi, ce m´emoire pr´esentera dans un premier temps les effets de l’inflation sur les diff´erents acteurs ´economiques ainsi que le march´e des produits financiers index´es sur l’inflation. Apr`es avoir expliqu´e les risques li´es `a l’inflation pour les diff´erents acteurs ´economiques, ce m´emoire pr´esentera les principaux produits en lien avec l’inflation. Ensuite, le m´emoire pr´esentera deux mod`eles fondamentaux utilis´es aujourd’hui pour la valorisation des produits vanilles (swap, caps et floors) index´es sur l’inflation : le mod`ele de Jarrow-Yildirim et un mod`ele bi-facteurs reposant sur deux processus de Hull et White. Dans le cas du mod`ele de Jarrow-Yildirim, ce m´emoire pr´esente une construction d´etaill´ee de l’´economie th´eorique consid´er´ee en absence d’opportunit´e d’arbitrage, ce qu’il ne fera pas dans le cas du second mod`ele puisque sa construction math´ematique s’en d´eduit par analogie. Enfin, seront d´evelopp´es un mod`ele – une am´elioration des mod`eles nomm´es pr´ec´edemment – permettant une meilleure prise en compte de certains effets de march´e, notamment laterm structure de volatilit´e des caps inflation2 pour la valorisation des options vanilles ainsi que ses m´ethodes de calibration.

Les travaux pr´esent´es dans ce m´emoire ont ´et´e r´ealis´es au sein du Pˆole Fi- nance Quantitative de Mazars Actuariat qui joue aujourd’hui un rˆole de conseil aupr`es des banques d’investissement, des compagnies d’assurance et de grands groupes industriels pour des missions vari´ees, dont le d´eveloppement de mod`eles et d’outils permettant de g´en´erer des sc´enarios ´economiques ou encore la val- orisation d’instruments financiers vanilles et complexes sur toutes les classes d’actifs (taux, inflation, change, cr´edit, mati`eres premi`eres, actions).

2Structure par terme, pour un niveau de strike donn´e, de la volatilit´e des caplets/floorlets sur inflation.

(10)

Chapitre 2

L’inflation : origines, calcul et naissance des produits d´ eriv´ es

2.1 Les origines de l’inflation

L’inflation est un ph´enom`ene de hausse g´en´eralis´ee des prix, et correspond donc

`

a une baisse durable de la valeur r´eelle de la monnaie. La valeur de la monnaie a tendance `a baisser avec le temps, mais il lui arrive parfois d’augmenter, on parle alors de d´eflation, ou d’inflation n´egative. Ses causes sont complexes et vari´ees, mais il est possible d’en d´ecrire trois principales qui, combin´ees ou s´epar´ement, g´en`erent de l’inflation.

1. La premi`ere est l’augmentation de la quantit´e de monnaie en circulation par rapport `a la quantit´e de bien produit;

2. La seconde est une augmentation des prix, li´ee `a une augmentation des coˆuts de production. Cela peut ˆetre dˆu `a une augmentation des prix des mati`eres premi`eres import´ees, dans ce cas on parle d’inflation import´ee;

3. La troisi`eme est induite par une augmentation de la demande par rapport

`

a l’offre.

La conjonction de ces trois ph´enom`enes peut inqui´eter les investisseurs. En ef- fet, pendant la crise, les pays europ´eens ont vu leurs dettes augmenter de fa¸con importante, au point que la capacit´e de remboursement de certains d’entre eux a ´et´e remise en doute. Par un ph´enom`ene de ”flight to quality1”, les taux des obligations d’Etats se sont mis `a diminuer en France et en Allemagne et `a

1Flight to quality (fuite vers la qualit´e en fran¸cais) est un ph´enom`ene d’importants mou- vements de capitaux qui, lors d’un krach boursier, se d´eplacent de valeurs mobili`eres vers des placements plus surs.

(11)

augmenter au Portugal, en Espagne, et en Italie, engendrant ainsi une augmen- tation des spreads de taux2, au sein mˆeme de l’Union Europ´eenne. Face `a ces difficult´es, la tentation pour les gouvernements ´etait grande de faire intervenir la Banque Centrale Europ´eenne, ce qui aurait fait augmenter m´ecaniquement la quantit´e de monnaie en circulation. A cela s’ajoute l’augmentation des prix des mati`eres premi`eres tel que le prix du p´etrole ou de l’´energie.

2.2 Le calcul de l’inflation

L’inflation est un ph´enom`ene difficile `a appr´ehender, d’abord car il est diffi- cile de comparer la valeur de deux biens ou services au cours du temps, mais surtout car l’´evolution des prix de diff´erents produits impacte diff´eremment les m´enages, en fonction de leur consommation. Par cons´equent, l’inflation est sou- vent calcul´ee par rapport `a un panier repr´esentant la consommation moyenne d’un m´enage d’une population donn´ee. L’inflation est donc toujours subjective, car elle est calcul´ee sur la base d’un panier qui diff`ere d’un pays `a l’autre. En France, l’inflation est mesur´e par l’INSEE, sous forme d’un indice appel´e indice des prix `a la consommation (IPC). L’IPC est calcul´e `a la fa¸con d’un indice de Laspeyres, comparant l’´evolution des prix de l’´echantillon de biens, `a quan- tit´e constante, par rapport `a une ann´ee de r´ef´erence3. Aux Etats-Unis, l’indice utilis´e pour calculer l’inflation est le Consumer Price Index (CPI).

2.3 Inflation et march´ es financiers

Si les investisseurs se pr´eoccupent de l’inflation, c’est qu’ils en sont les pre- miers concern´es. En effet, un investissement initial permet l’obtention de cash flow futur, cependant si la monnaie perd de la valeur, alors les flux d’argent per¸cus dans le futur perdent ´egalement de la valeur et l’investissement de- vient moins rentable. L’inflation favorise les emprunteurs au d´etriment des cr´eanciers. Les actionnaires sont moins affect´es par l’inflation car le chiffre d’affaire des entreprises augmente avec l’inflation, mais les d´etenteurs d’obliga- tions peuvent ˆetre particuli`erement touch´es, surtout si leur taux d’int´erˆet est fixe. Les investisseurs institutionnels, et notamment les fonds de pension, sont sensibles `a l’´evolution de l’inflation. Ces fonds sont les principaux acheteurs d’obligations d’´Etats. Les ´Etats se sont donc naturellement mis `a ´emettre des obligations index´ees sur l’inflation, d’autant que leurs recettes augmentent avec

2Le spread de taux est l’´ecart de taux par rapport au taux sans risque.

3http://www.insee.fr

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l’augmentation des prix.

Les cr´eanciers ´etant, d’une fa¸con g´en´erale, affect´es par l’inflation, de nombreuses institutions financi`eres se sont mises `a proposer sur les march´es des produits d´eriv´es permettant de se couvrir contre ce ph´enom`ene. Sur ces march´es, les vendeurs de protection sont g´en´eralement des banques d’investissement et les principaux acheteurs sont des assureurs et des fonds de pension. La partie suivante de ce m´emoire sera consacr´ee `a l’´etude de ces diff´erents produits, elle d´ecrira leurs avantages et leurs inconv´enients, et donnera des exemples de con- textes dans lesquels ils sont utilis´es.

(13)

Chapitre 3

Les produits index´ es sur

l’inflation : obligations et d´ eriv´ es

3.1 Les obligations index´ ees sur l’inflation

Les TIPS (Treasury Inflation Protected Securities) ´emises par le tr´esor am´ericain ou encore les OATi (Obligation Assimilable du Tr´esor index´ee sur l’inflation)

´emises par l’´Etat fran¸cais diff`erent des obligations conventionnelles puisque leurs coupons sont constamment ajust´es en fonction de l’inflation.

En effet, pour une obligation conventionnelle en euro B ´emise `a la date 0, de maturit´e T, de nominal N et de taux de coupon RC, le flux vers´e `a chaque instant t = 1, . . . , T −1 est N ×RC. A la date T le nominal est rembours´e int´egralement en plus du coupon. Le flux vers´e ent=T est doncN×RC+N.

Si on note P(t, T) la valeur en t de l’obligation z´ero-coupon versant 1 euro en T, la valeur en t= 0 de cette obligation est :

B(0) =

T

X

t=1

N ×RC×P(0, t) +N P(0, T).

Dans les cas d’une obligation index´ee sur l’inflation BI, le coupon d´epend de l’inflation constat´ee sur chaque p´eriode, par rapport `a une p´eriode de r´ef´erence, entre les versements des coupons. Si on consid`ere une obligation ´emise `a la date 0 de maturit´e T, de nominal N, de taux de coupon RC, alors `a une date t de versement du coupon, la valeur de celui-ci sera RC ×N × I(0)I(t). La valeur du coupon est simplement compens´ee par le taux d’inflation apr`es la date d’´emission, i.e. le ratio I(0)I(t) o`u I(t) repr´esente l’indice des prix `a la consomma-

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tion `a la date t. Le prix en t de l’obligation sera donc : BI(t) =

T

X

k=t+1

RC ×N ×I(k)

I(0) ×P(0, k) +N P(0, T)I(T) I(0).

3.2 Les d´ eriv´ es index´ es sur l’inflation

3.2.1 Les swaps index´ es sur l’inflation

Un swap index´e sur l’inflation est un swap o`u, `a chaque date de paiement, la contrepartieA verse `a la contrepartieB le taux d’inflation sur une p´eriode pr´e- d´efinie, tandis queBpaie `aAun taux fixe. Les swaps inflation les plus ´echang´es sont les swaps z´ero-coupon et les swaps Year-on-Year.

3.2.1.1 Les swaps z´ero-coupon

Dans le cas du swap z´ero-coupon, il n’y a qu’un seul versement au bout de TM =M ann´ees. A cette date TM, B paie `a A le montant :

N[(1 +K)M −1],

o`u K est le taux fixe du swap etN le nominal. En ´echange,B re¸coit : N

I(TM) I(0) −1

. 3.2.1.2 Les swaps Year-on-Year

Dans le cas du swap Year-on-Year, il y a plusieurs versements aux datesT1, . . . , TM. A chaque dateTi, B paie `a A le montant :

N ϕiK,

o`u ϕi est un coefficient fix´e au d´epart se rapportant `a la p´eriode [Ti−1, Ti] et caract´eristique de la jambe fixe. En ´echange, B re¸coit :

N ψi

I(Ti) I(Ti−1)

−1

,

o`u ψi est un coefficient fix´e au d´epart se rapportant `a la p´eriode [Ti−1, Ti] et caract´eristique de la jambe variable.

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3.2.2 Les caps et les floors inflation

Un cap (resp. floor) index´e sur l’inflation est un flux de caplet (resp. floorlet) index´es sur l’inflation `a diff´erentes dates T0, T1, . . . , TM.

Un caplet index´e sur l’inflation est une option d’achat sur le taux d’inflation.

Un floorlet est une option de vente sur ce mˆeme taux d’inflation. A la date Ti, le payoff d’un caplet ou d’un floorlet est :

N ψi

ω

I(Ti)

I(Ti−1) −1−κτ

+

,

o`u (x)+=max(x,0), κest le strike du caplet ou du floorlet,ψi un coefficient de pond´eration se rapportant `a la p´eriode [Ti−1, Ti], N le nominal, τ :=Ti −Ti−1 etω = 1 pour un caplet et ω=−1 pour un floorlet.

Finalement, `a chaque date Ti le payoff du cap ou du floor sera : N ψi

ω

I(Ti)

I(Ti−1) −1−κτ

+

.

Il existe d’autres produits plus complexes tels que les swaptions inflation, les options knockout, etc... Ici nous nous int´eresserons uniquement aux produits standards d´ecrit ci-dessus.

(16)

Chapitre 4

Le premier mod` ele de

valorisation des d´ eriv´ es index´ es sur l’inflation : le mod` ele de

Jarrow-Yildirim

En 2003, Jarrow et Yildirim proposent un mod`ele d’inflation de type Heath- Jarrow-Morton (HJM). Ce mod`ele avait ´et´e ´etudi´e auparavant par Barone et Castagna en 1997. Ils mod´elisent les taux d’int´erˆet nominal et r´eel ainsi que l’indice des prix `a la consommation (CPI : Consumer Price Index). Dans leur ar- ticle (cf. [9]), le CPI est vu comme le taux de change entre l’´economie nominale et l’´economie r´eelle.

4.1 Pr´ esentation du mod` ele

Jarrow et Yildirim consid`erent une ´economie en temps continu sur l’intervalle [0, τ]. L’incertitude dans l’´economie est caract´eris´ee par un espace probabilis´e (Ω,F,P) o`u Ω est l’espace des ´etats,F l’ensemble des ´ev´enements possibles (une tribu sur Ω) etPest la mesure de probabilit´e historique sur (Ω,F). L’esp´erance sousPest not´eeE[.]. De plus, ils notent (Ft)t≤T la filtration naturelle engendr´ee par le mouvement Brownien standard tri-dimensionnel (Wn(t), Wr(t), WI(t))t≤T. Ses corr´elations sont donn´ees pardWn(t)dWr(t) = ρnrdt, dWn(t)dWI(t) = ρnIdt etdWr(t)dWI(t) =ρrIdt. Dans la suite de cette partie, les notations suivantes seront utilis´ees :

· r le taux d’int´erˆet r´eel, n le taux d’int´erˆet nominal,

· Pn(t, T) : prix nominal `a l’instant t d’un ticket z´ero-coupon de maturit´e T en euro,

(17)

· I(t) : indice des prix `a la consommation i.e. le nombre d’euro par unit´e de CPI `a l’instantt,

· Pr(t, T) : prix r´eel `a l’instant t d’un ticket z´ero-coupon de maturit´e T,

· fk(t, T) : valeur `a l’instanttdu taux forward pour une maturit´eT donn´ee avec k ∈ {r, n} i.e. :

Pk(t, T) = exp

− Z T

t

fk(t, u)du

,

· rk(t) = fk(t, t) : taux spot,

· Bk(t) = exp Rt

0 rk(u)du

: valeur `a l’instanttdu prix de march´e de l’actif sans risque.

Jarrow et Yildirim d´efinissent ensuite le prix du titre z´ero-coupon r´eel sans date d’ajustement (i.e. sans diviser par I(0)) comme :

PI(t, T) =I(t)Pr(t, T). (4.1) et de mˆeme pour la valeur r´eelle de la monnaie :

B(t) = I(t)Br(t). (4.2)

Puis, ´etant donn´e fr(0, T), ils mod´elisent le taux forward r´eel par : Hypoth`ese 1 :

dfr(t, T) =αr(t, T)dt+σr(t, T)dWr(t), (4.3) o`u αr(t, T) est Ft-adapt´e, mesurable et σr(t, T) est une fonction d´eterministe.

Ces fonctions sont telles que : Z T

0

r(u, T)|du <∞, P−p.s. et Z T

0

σr2(u, T)du <∞.

De la mˆeme mani`ere, ´etant donn´efn(0, T), ils mod´elisent le taux forward nom- inal par :

Hypoth`ese 2 :

dfn(t, T) = αn(t, T)dt+σn(t, T)dWn(t), (4.4)

(18)

o`u αn(t, T)dt et σn(t, T) sont soumis aux mˆemes hypoth`eses de r´egularit´e que αr(t, T)dt et σr(t, T).

Enfin, ils mod´elisent l’indice d’inflation (CPI) comme un Brownien g´eom´etrique :

Hypoth`ese 3 :

dI(t)

I(t) =µI(t)dt+σI(t)dWI(t), (4.5) o`u µI(t) est Ft-adapt´e, mesurable et σI(t) est une fonction d´eterministe du temps. Ces fonctions sont telles que :

E Z T

0

I(u)|2du

<∞, P−p.s.et Z T

0

σ2I(u)du <∞.

Ces hypoth`eses permettent de garantir l’existence de solutions fortes pour les

´equations (4.3), (4.4) et (4.5). La suite des travaux de Jarrow et Yildirim n´ecessite de se placer sous la probabilit´e risque neutre. Pour cela, ils consid`erent un certain nombre d’hypoth`eses leur permettant de construire un march´e com- plet et sans arbitrage, ce qui leur garantit l’existence d’une unique probabilit´e risque neutre. Cette d´emarche est pr´esent´ee dans la section suivante.

4.2 Construction d’un march´ e complet et sans arbitrage

Dans cette section, nous d´etaillons les restrictions n´ecessaires ajout´ees par Jar- row et Yildirim aux processus (4.3), (4.4) et (4.5) afin de rendre leur mod`ele de march´e complet et sans arbitrage. Ces restrictions concernent essentiellement les termes de drift des hypoth`eses 1 `a 3 et imposent quelques conditions de non d´eg´en´erescence des volatilit´es.

Les prix actualis´es des actifs du march´e sont donn´es par PBn(t,T)

n(t) , I(t)PBr(t,T)

n(t) et

I(t)Br(t)

Bn(t) . Ainsi, s’il existe une unique mesure telle que ces prix ´evoluent comme des martingales sous cette mesure, le march´e est complet et sans arbitrage.

La d´emarche suivie par Jarrow et Yildirim afin de construire une telle mesure martingale est pr´esent´ee dans les sous-sections suivantes.

(19)

4.2.1 Dynamique des prix actualis´ es des actifs

Dans cette section, sera d´evelopp´ee la dynamique des prix actualis´es des actifs.

Ainsi, il sera possible de donner des conditions sous lesquelles ces processus sont des martingales. Pour cela, les lemmes qui suivent seront tr`es utiles.

Lemme 4.2.1. Les processus d´efinis en (4.1)et (4.2)ont la dynamique suivante :

dB(t)

B(t) = (µI(t) +rr(t))dt+σI(t)dWI(t), dPI(t, T)

PI(t, T) =µT IP S(t)dt+ar(t, T)dWr(t) +σI(t)dWI(t).

o`u

µT IP S(t) =rr(t) +br(t, T) +µI(t) +ρrIar(t, T)σI(t), avec

ar(t, T) =− Z T

t

σr(t, y)dy, br(t, T) =−

Z T t

αr(t, y)dy+ 1

2a2r(t, T).

Preuve : Voir l’annexe A.

On est maintenant en mesure de donner la dynamique des prix des actifs actu- alis´es. Pour cela on introduit quelques notations :

· Zn(t, T) = PBn(t,T)

n(t)

· Zr(t, T) = PBI(t,T)

n(t) = I(t)PBr(t,T)

n(t)

· Znr(t) = BB(t)

n(t) = I(t)BB r(t)

n(t)

La dynamique de ces processus (i.e. celle des prix actualis´es des actifs) est donn´ee dans le lemme suivant.

Lemme 4.2.2. (Dynamique des prix actualis´es des actifs)

Les processus Zn(t, T), Zr(t, T) et Znr(t) d´efinis ci-dessus ont pour dynamique dZn(t, T)

Zn(t, T) =bn(t, T)dt+an(t, T)dWn(t) (4.6) dZr(t, T)

Zr(t, T) = (µT IP S(t)−rn(t))dt+ar(t, T)dWr(t) +σI(t)dWI(t) (4.7) dZnr(t)

Znr(t) = (µI(t) +rr(t)−rn(t))dt+σI(t)dWI(t) (4.8)

(20)

o`u an(t, T) et bn(t, T) sont d´efinis exactement comme pour le taux forward r´eel en changeant les r en n;

Preuve : Voir l’annexe A.

4.2.2 Compl´ etude du march´ e

Dans leur article, Jarrow et Yildirim ajoutent une hypoth`ese `a leur mod`ele afin de rendre le march´e complet. Ils commencent par r´e´ecrire la dynamique des prix actualis´es des actifs comme suit :

dZn(t, T)

Zn(t, T) =βn(t, T)dt+γn,2(t, T)dWn(t) dZr(t, T)

Zr(t, T) =βr(t, T)dt+γr,1(t, T)dWr(t) +γr,3(t, T)dWI(t) dZnr(t)

Znr(t) =βnr(t, T)dt+γnr,3(t)dWI(t),

o`u lesβ.(t, T) et lesγ.,i(t, T) (i= 1,2,3) se d´eduisent des dynamiques du lemme 4.2.2 et par d´efinition γn,1(t, T) = γn,3(t, T) = γr,1(t, T) = γnr,1(t) = γnr,2(t) = 0,∀t, T. Jarrow et Yildirim consid`erent ensuite un ticket z´ero-coupon nominal de maturit´eT et un ticket z´ero-coupon r´eel de maturit´eM. Puis ils d´efinissent :

A1(t) =

βn(t, T) βr(t, M) βnr(t)

 etA2(t) =

γn,i(t, T)i=1,2,3 γr,i(t, M)i=1,2,3 γnr,i(t)i=1,2,3

.

Afin de s’assurer que ces trois titres recouvrent les trois sources de risques de l’´economie, Jarrow et Yildirim ajoutent l’hypoth`ese suivante :

Hypoth`ese 4 : (March´e complet) A−12 (t) existe P−p.s..

L’hypoth`ese 4 garantit que le march´e est complet. En effet, dans ce cas, ´etant donn´e un payoff al´eatoire au temps τ, mesurable et int´egrable, il existe une strat´egie d’autofinancement mettant en jeu ces trois actifs et dont la valeur terminale r´eplique le payoff. Jarrow et Yildirim s’int´eressent ensuite `a des hy- poth`eses permettant d’assurer l’absence d’opportunit´e d’arbitrage.

4.2.3 Absence d’arbitrage

Notons Λ = (λr, λn, λI) la solution de :

A1(t) +A2(t)Λ(t) = 0. (4.9)

(21)

Ces trois quantit´es λr, λn et λI correspondent au prix de march´e du risque respectivement pour chaque source d’al´eaWr, Wn et WI.

On d´efinit maintenant une mesure de probabilit´e Q telle que sa d´eriv´ee de Radon-Nikodym soit donn´ee par :

dQ dP

= exp

 X

i∈{r,n,I}

Z T 0

λi(t)dWi(t)− 1 2

Z T 0

< X

i∈{r,n,I}

λi(t)dWi(t), X

i∈{r,n,I}

λi(t)dWi(t)> dt

. (4.10)

On note EQ[.] l’esp´erance sousQ.

Hypoth`ese 5 : (Existence d’une unique mesure martingale pour ces actifs sp´ecifiques) (i) Q est une mesure de probabilit´es,

(ii) Zr(t, T), Zn(t, T) et Znr(t) sont desQ-martingales par rapport `a la filtra- tion Ft, et

(iii) ˜Wi(t) = Wi(t)−Rt

0 λi(s)ds, i ∈ {r, n, I} est un mouvement Brownien tri- dimensionnel sur (Ω,F,Q).

Ces hypoth`eses garantissent que les processus de prix actualis´es donn´es par les trois actifs Zr(t, T), Zn(t, T) et Znr(t) ne sont arbitrables i.e. ce sont des martingales sous la mesure risque neutre. Une condition suffisante pour cela est que µI(t) +rr(t)−rn(t) et λi(t), i=r, n, I soient uniform´ement born´es sur (t, ω) ∈ [0, τ]×Ω. Ceci est une cons´equence directe du crit`ere de Novikov et du th´eor`eme de Girsanov au syst`eme (4.9). La combinaison des hypoth`eses 4 et 5 implique que la mesure martingale est unique. A pr´esent, il faut s’assurer de l’absence d’arbitrage sur les autres actifs de l’´economie. Pour cela Jarrow et Yildirim font une derni`ere hypoth`ese.

Hypoth`ese 6 : Lesλi(t) pouri=r, n, I sont ind´ependants des actifs particuliers choisis pour construire la mesure martingale.

Cette hypoth`ese combin´ee aux hypoth`eses 1 `a 5 suffit `a assurer que le march´e est complet et sans arbitrage.

Proposition 4.2.1. (Existence d’une unique mesure martingale)

Etant donn´ees les hypoth`eses 1 `a 6, il existe une unique mesureQ, ´equivalente `a P et sous laquelle tous les prix des actifs dans l’´economie sont des martingales.

Preuve : C’est une cons´equence directe de l’unicit´e de Q.

(22)

Et c’est ainsi que Jarrow et Yildirim finissent de construire un march´e complet et sans arbitrage. Puis, ils s’int´eressent `a la dynamique des prix des actifs sous la mesure risque neutre Q.

4.2.4 Dynamique des prix actualis´ es des actifs sous la probabilit´ e risque neutre

Afin de d´eterminer la dynamique des prix actualis´es des actifs sous la proba- bilit´e risque neutre, Jarrow et Yildirim donnent des conditions n´ecessaires et suffisantes caract´erisant l’absence d’arbitrage sur le march´e.

Proposition 4.2.2. (Structure des drifts en absence d’arbitrage)5

Pn(t,T)

Bn(t) , I(t)PBr(t,T)

n(t) et I(t)BB r(t)

n(t) sont des Q-martingales si et seulement si on a : αn(t, T) =σn(t, T)

Z T t

σn(t, v)dv−λn(t)

, (4.11)

αr(t, T) =σr(t, T) Z T

t

σr(t, v)dv−ρrIσI(t)−λr(t)

, (4.12) µI(t) =rn(t)−rr(t)−σI(t)λI(t). (4.13) Preuve : Voir l’annexe A

Jarrow et Yildirim obtiennent alors les diff´erentes dynamiques des processus sous la probabilit´e risque neutre.

Proposition 4.2.3. (Dynamique des processus sous la mesure risque neutre) dfn(t, T) =σn(t, T)

Z T t

σn(t, s)ds

dt+σn(t, T)dW˜n(t) (4.14)

dfr(t, T) =σr(t, T) Z T

t

σr(t, s)ds−ρrIσI(t)

dt+σr(t, T)dW˜r(t) (4.15) dI(t)

I(t) = (rn(t)−rr(t))dt+σI(t)dW˜I(t) (4.16) dPn(t, T)

Pn(t, T) =rn(t)dt− Z T

t

σn(t, s)ds

dW˜n(t) (4.17)

dPI(t, T)

PI(t, T) =rn(t)dt+σI(t)dW˜I(t)− Z T

t

σr(t, s)ds

dW˜r(t) (4.18)

dPr(t, T) Pr(t, T) =

rr(t) +ρrIσI(t) Z T

t

σr(t, s)ds

dt− Z T

t

σr(t, s)ds

dW˜r(t) (4.19)

5La preuve de cette proposition n’utilise pas la structure d´eterministe de la volatilit´e

(23)

Preuve : Reprendre les dymamiques des processus et utilier les conditions de la propri´et´e 4.2.2.

On voit donc que sousQ, les taux forward r´eel et nominal suivent une loi nor- male et l’indice de l’inflation est un Brownien g´eom´etrique. Ces formules sont tr`es utiles pour pricer des produits d´eriv´es index´es sur l’inflation ou d´ependant des taux forward r´eel et nominal.

Jarrow et Yildirim d´efinissent ensuite une structure param´etrique pour les volatilit´es des processus (4.3), (4.4) et (4.5) afin d’obtenir des formules de pric- ing sous forme analytique. Ils posent :

σk(t, T) = σke−ak(T−t), k ∈ {r, n},

o`u σk >0 et ak est un r´eel quelconque. De plus, la volatilit´eσI est constante.

Nous allons maintenant voir les formules de pricing obtenues avec ce mod`ele.

4.3 Formules de pricing des d´ eriv´ es index´ es sur l’inflation

Les formules de valorisation pr´esent´ees dans ce m´emoire n’ont pas ´et´e d´etaill´ees afin de ne pas l’alourdir. Toutes les formules sont obtenues avec des arguments standards de la th´eorie du pricing en absence d’opportunit´e d’arbitrage. Nous renvoyons `a [1] pour les d´emonstrations et le d´etail des calculs.

On reprend les notations introduites dans la section 3. De plus, on pose T :={T1, . . . , TM}, Ψ :={ψ1, . . . , ψM}et l(t) := min(i:Ti > t) (par d´efinition Tl(t)−1 ≤t < Tl(t)).

4.3.1 Pricing des swaps Year-on-Year

On note YYIIS(t, Ti−1, Ti, ψi, N) le prix `a l’instant t < Ti de la patte flottante sur la p´eriode [Ti−1, Ti]. Celui-ci est donn´e par la formule :

YYIIS(t, Ti−1, Ti, ψi, N) =N ψiPn(t, Ti−1) Pr(t, Ti)

Pr(t, Ti−1)eC(t,Ti−1,Ti)−N ψiPn(t, Ti),

(24)

o`u on a :

C(t, Ti−1, Ti) = σrBr(Ti−1, Ti)

Br(t, Ti−1)

ρrIσI− 1

rBr(t, Ti−1) + ρnrσn

an+ar(1 +arBn(t, Ti−1))

− ρnrσn

an+arBn(t, Ti−1)

, avec pour k∈ {r, n} :

Pk(t, T) = Ak(t, T)e−Bk(t,T)r(t), Bk(t, T) = 1

ak(1−e−ak(T−t)), Ak(t, T) = Pk(0, T)

Pk(0, t) exp

Bk(t, T)fk(0, t)− σ2k

4ak(1−e−2akt)Bk(t, T)2

. Puis, on note YYIIS(t,T,Ψ, N) le prix ent < TM de la jambe flottante d’un swap Year-on-Year index´e sur l’inflation. Ce prix s’obtient en sommant les valeurs des paiements :

YYIIS(t,T,Ψ, N) = N ψl(t)

I(t)

I(Tl(t)−1)Pr(t, Tl(t))−Pn(t, Tl(t))

+N

M

X

i=l(t)+1

ψi

Pr(t, Ti)

Pr(t, Ti−1)eC(t,Ti−1,Ti)−Pn(t, Ti)

. (4.20) En particulier ent = 0 on a :

YYIIS(0,T,Ψ, N) =N ψ1[Pr(0, T1)−Pn(0, T1)]

+N

M

X

i=2

ψi

Pr(0, Ti)

Pr(0, Ti−1)eC(0,Ti−1,Ti)−Pn(0, Ti)

. (4.21)

4.3.2 Pricing des caplets et des floorlets

On note IICplt(t, Ti−1, Ti, ψi, K, N, ω) le prix d’un caplet (pour ω = 1) (resp.

d’un floorlet pour ω = −1) `a l’instant t < Ti avec K := 1 +κτ. Celui-ci est

(25)

donn´e par :

IICplt(t, Ti−1, Ti, ψi, K, N, ω) = ωN ψiPn(t, Ti)

"

Pn(t, Ti−1)Pr(t, Ti)

Pn(t, Ti)Pr(t, Ti−1)eC(t,Ti−1,Ti)

×Φ ωlnKPPn(t,Ti−1)Pr(t,Ti)

n(t,Ti)Pr(t,Ti−1) +C(t, Ti−1, Ti) + 12V2(t, Ti−1, Ti) V(t, Ti−1, Ti)

!

−KΦ ω

lnKPPn(t,Ti−1)Pr(t,Ti)

n(t,Ti)Pr(t,Ti−1)+C(t, Ti−1, Ti)−12V2(t, Ti−1, Ti) V(t, Ti−1, Ti)

! # , (4.22) avec les mˆemes notations que pr´ec´edemment. On ne donne pas ici l’expression explicite de V2(t, Ti−1, Ti) car cette derni`ere est tr`es lourde et sans intˆeret par- ticulier. Cependant, le lecteur pourra la trouver dans [1].

Remarque 4.3.1.De plus, notantvBlack−call(S, K, σ, T, N)(resp. vBlack−put(S, K, σ, T, N)) le prix d’un call (resp. d’un put) europ´een dans le mod`ele de Black-Scholes sur

un un sous-jacent de prix S `a maturit´e T et de strike K o`u N est le nominal, on a pour T1 < T2 et t≤T2 :

IICplt(t, T1, T2, ψi, K, N,1) =vBlack−call

Pˆ(t, T2)

Pˆ(t, T1)eC(t,T1,T2),1 +κτ, V(t, T1, T2), T2, N ψi

!

IICplt(t, T1, T2, ψi, K, N,−1) =vBlack−put

Pˆ(t, T2)

Pˆ(t, T1)eC(t,T1,T2),1 +κτ, V(t, T1, T2), T2, N ψi

! , avec pour t ≤T,Pˆ(t, T) := PPr(t,T)

n(t,T).

4.3.3 Pricing des caps et des floors

Le prix en t = 0 d’un cap not´e IICapFloor(0,T,Ψ, K, N, ω) (pour ω = 1) (resp. d’un floor pourω =−1) s’obtient en sommant les prix des caplets (resp.

floorlets) correspondants :

IICapFloor(0,T,Ψ, K, N, ω) =

M

X

i=1

IICplt(0, Ti−1, Ti, ψi, K, N, ω).

4.4 Calibration du mod` ele

Les volatilit´es et les corr´elations sont des param`etres inobservables. Il va donc falloir les estimer. En particulier, il faut ˆetre capable d’estimer les valeurs

(26)

des param`etres pr´esents dans les formules (4.21) et (4.22) afin de pouvoir pricer d’autres produits du mˆeme type ensuite. Dans les mod`ele de Jarrow et Yildirim, les param`etres apparraissant dans ces formules sont an, σn, ar, σr, σI, ρnr et ρnI.

4.4.1 Calibration du taux d’int´ erˆ et r´ eel

La capture de la courbe des taux r´eels n’´etant pas l’objectif principal des travaux pr´esent´es dans ce m´emoire, pour les applications num´eriques, les valeurs des param`etres ar et σr ont ´et´e retenues `a dire d’expert.

4.4.2 Calibration des autres param` etres

On note Ktheoric(p, Tj) le taux th´eorique `a la monnaie d’un contrat swap Year- on-Year de maturit´e Tj (p d´esigne l’ensemble des param`etres dont il d´epend) et Kmarket(Tj) le taux de march´e d’un swap de maturit´e Tj. Les param`etres restant `a calibrer sont an, σn, σI, ρnr et ρnI. Afin, de r´epliquer au mieux les prix de march´e, nous cherchons `a minimiser l’erreur quadratique entre le taux th´eorique `a la monnaie et le taux de march´e sous des contraintes correspondant

`

a une r´ealit´e ´economique via le programme d’optimisation suivant :

annminInrnI Nobs

X

j=1

(Ktheoric(p, Tj)−Kmarket(Tj))2,

sous la contrainte que les corr´elations soient comprises entre−1 et 1 notamment.

IciNobsest le nombre de donn´ees dont on dispose. Ce programme d’optimisation sous contraintes est r´esolu avec l’algorithme de Nelder-Mead.

(27)

Chapitre 5

Un mod` ele alternatif de

valorisation des d´ eriv´ es index´ es sur l’inflation conduit par deux processus de Hull et White

5.1 Pr´ esentation du mod` ele

Les variables entrant en compte dans la mod´elisation de l’inflation sont le niveau de l’indice d’inflation et le taux d’int´erˆet. On peut donc mod´eliser l’inflation uniquement avec ces deux quantit´es. C’est l’id´ee du mod`ele pr´esent´e dans cette section. On note :

· rt la valeur du taux d’int´erˆet spot `a l’instant t,

· it la valeur ”taux” d’inflation `a l’instant t,

· B(t) = exp(Rt

0 rudu) le prix de l’actif sans risque `a l’instant t,

· P(t, T) le prix en t d’un z´ero-coupon de maturit´e T i.e. sous la mesure risque neutre Q on a :

P(t, T) = EQ

exp

− Z T

t

rudu

rt

,

· PI(t, T) le prix en t d’un z´ero-coupon payant l’inflation en T i.e. sous la mesure risque neutre on a :

PI(t, T) =EQ

I(T) exp

− Z T

t

rudu

rt, it

,

(28)

o`u I est d´efini ci-dessous. Les autres notations restent inchang´ees.

Comme dans la partie 4 des conditions de non arbitrage peuvent ˆetre trouv´ees en s’assurant qu’il existe un changement de mesure sous laquelle P(t,TB(t)) et PIB(t)(t,T) sont des martingales.

On consid`ere donc l’indice d’inflation comme un actif dont on voudrait mod´eliser le prix. Il est alors naturel de prendre le ”taux” d’inflation comme processus al´eatoire conduisant l’´economie, dans ce cas l’indice d’inflation s’´ecrit comme :

I(T) =I(T0)e

RT T0iudu

.

On souhaite mod´eliser le ”taux” d’inflation comme un processus de retour `a la moyenne, c’est pourquoi on utilise un mod`ele de Hull et White :

ditItIt −it) +σtIdWtI, (5.1) il est ´egalement naturel de mod´eliser le taux spotr de la mˆeme mani`ere :

drtrtrt −rt) +σrtdWtr, (5.2) o`u (WI, Wr) est un mouvement brownien standard de corr´elationρrI.

Nous commen¸cons par ´etudier la dynamique des processus (rt)t et (it)tdans un cadre g´en´eral. Nous pr´eciserons par la suite la structure des param`etres du mod`ele.

5.2 Cadre math´ ematique du mod` ele ` a deux fac- teurs suivant une dynamique Hull et White

5.2.1 Dynamiques de r

t

et i

t

En appliquant la formule d’Itˆo au processusXt=eR0tαrudurton peut montrer que la dynamique du processus (rt)0≤t≤T s’´ecrit en connaissant sa valeur `a l’instant s :

rt=eRstαrudurs+ Z t

s

αruθrueRutαrvdvdu+ Z t

s

σureRutαrvdvdWur. (5.3) De mˆeme on obtient la dynamique de (it)0≤t≤T en connaissant sa valeur `a l’instants :

it=eRstαIuduis+ Z t

s

αuIθIueRutαIvdvdu+ Z t

s

σuIeRutαIvdvdWuI. (5.4)

(29)

5.2.2 Dynamiques des int´ egrales des processus r

t

et i

t

On consid`ere maintenant deux instants T1 et T2 tels que : t ≤ T1 < T2. Par (5.3) et (5.4) on obtient facilement que :

Z T2

T1

rsds =rt Z T2

T1

eRtsαrududs +

Z T1

t

αruθru Z T2

T1

eRusαrvdvds

du+

Z T2

T1

αurθru Z T2

u

eRusαrvdvds

du +

Z T1

t

σur Z T2

T1

e

Rs uαrvdv

ds

dWur+ Z T2

T1

σru Z T2

u

e

Rs uαrvdv

ds

dWur, (5.5)

Z T2

T1

isds =it Z T2

T1

eRtsαIududs +

Z T1

t

αIuθIu Z T2

T1

eRusαIvdvds

du+

Z T2

T1

αuIθIu Z T2

u

eRusαIvdvds

du +

Z T1

t

σuI Z T2

T1

eRusαIvdvds

dWuI+ Z T2

T1

σuI Z T2

u

eRusαIvdvds

dWuI, (5.6)

5.3 Formules de pricing

On se place maintenant sous la probabilit´e risque neutre. Nous verrons plus loin, les conditions `a donner sur θrt etθIt afin d’ˆetre sous cette mesure.

5.3.1 Pricing des swaps Year-on-Year

La formule de pricing des swaps Year-on-Year est la mˆeme que (4.20) dans le mod`ele de Jarrow-Yildirim en ayant cette fois comme expression pour C la covariance due `a la corr´elation entre les int´egrales :

C(t, Ti−1, Ti) =Corr

Z Ti−1

t

iudu, Z Ti

Ti−1

(ru−iu)du

,

et en rempla¸cantPn(t, Ti) parP(t, Ti) et Pr(t, Ti) par PI(t, Ti). On a alors une nouvelle d´efinition de ˆP, pour t ≤T :

Pˆ(t, T) = PI(t, T) P(t, T).

(30)

5.3.2 Pricing des caplets et des floorlets

La formule de pricing des caplets et des floorlets est la mˆeme que celle donn´ee en (4.22) avecC comme d´efini pr´ec´edemment et :

V2(t, Ti−1, Ti) = V ar Z Ti

Ti−1

iudu|it

, (5.7)

et en rempla¸cant Pn(t, Ti) par P(t, Ti) et Pr(t, Ti) par PI(t, Ti).

5.3.3 Pricing des caps et des floors

La formule de pricing des caps et des floors est la mˆeme que dans le mod`ele de Jarrow-Yildirim en changeant les notations comme ´evoqu´e pr´ec´edemment.

5.4 Le mod` ele classique avec des coefficients constants

5.4.1 Param` etres et dynamiques des processus

Les param`etres sont choisis constants par rapport au temps : αtII etσtII,

αrtr etσtrr.

Cette structure particuli`ere nous donne alors les dynamiques : it =ise−αI(t−s)I

Z t s

θIue−αI(t−u)du+σI Z t

s

e−αI(t−u)dWuI, rt =rse−αr(t−s)r

Z t s

θure−αr(t−u)du+σr Z t

s

e−αr(t−u)dWur. et :

Z Ti

Ti−1

isds =ite−αI(Ti−1−t)B(αI, Ti−Ti−1) +αI

Z Ti−1

t

θIue−αI(Ti−1−u)B(αI, Ti−Ti−1)du+αI Z Ti

Ti−1

θIuB(αI, Ti−u)du +σI

Z Ti−1

t

e−αI(Ti−1−u)B(αI, Ti−Ti−1)dWuII Z Ti

Ti−1

B(αI, Ti −u)dWuI, (5.8)

(31)

et : Z Ti

Ti−1

rsds=rte−αr(Ti−1−t)B(αI, Ti−Ti−1) +αr

Z Ti−1

t

θure−αr(Ti−1−u)B(αr, Ti−Ti−1)du+αr Z Ti

Ti−1

θurB(αr, Ti−u)du +σr

Z Ti−1

t

e−αr(Ti−1−u)B(αr, Ti−Ti−1)dWurr Z Ti

Ti−1

B(αr, Ti−u)dWur, (5.9) avec :

B(α, T −t) = 1−e−α(T−t)

α .

Nous allons maintenant donner des conditions n´ecessaires et suffisantes sur les drifts afin de se placer sous la mesure risque neutre.

5.4.2 La mesure risque neutre

Dans [1] on pourra trouver une preuve que l’on est sous la mesure risque neutre lorsque le param`etre de retour `a la moyenne est donn´e par :

θtr =fr(0, t) + 1 αr

∂tfr(0, t) + σ2

2r(1−e−2αrt), o`u le taux d’int´erˆet forward est donn´e par :

fr(t, T) =− ∂

∂T lnP(t, T).

Et lorsque simultan´ement : θIt =fI(0, t) + 1

αr

∂tfI(0, t) + σ2I

2I(1−e−2αIt) + ρσσI

αI 1

α(1−e−αt) + 1

αI(1−e−αIt)e−αt

, o`u l’on a :

fI(t, T) = ∂

∂T lnPI(t, T) P(t, T).

5.4.3 Formules de pricing

Nous donnons ici les expressions particuli`eres de C et de V2 afin de pouvoir utiliser les formules de pricing.

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