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Le spectre d'absorption de la vapeur de thallium entre 7 000 et 1 850 Å

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Academic year: 2022

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(1)

HAL Id: jpa-00205326

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205326

Submitted on 1 Jan 1928

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Le spectre d’absorption de la vapeur de thallium entre 7 000 et 1 850 Å

Ramon G. Loyarte, Adolfo T. Williams

To cite this version:

Ramon G. Loyarte, Adolfo T. Williams. Le spectre d’absorption de la vapeur de thallium entre 7 000 et 1 850 Å. J. Phys. Radium, 1928, 9 (4), pp.121-126. �10.1051/jphysrad:0192800904012100�.

�jpa-00205326�

(2)

LE JOURNAL DE PHYSIQUE

ET

LE RADIUM

LE SPECTRE D’ABSORPTION DE LA VAPEUR DE THALLIUM ENTRE 7 000 ET 1 850 Å,

par RAMON G. LOYARTE et ADOLFO T. WILLIAMS,

Institut de Physique de l’Université de La Plata.

Sommaire. - Les observations faites

sur

l’absorption de la vapeur de thallium renfermée dans

un

tube de quartz,

aux

températures de 700° et 900°, montrant que le niveau le plus profond est 22P1 et que, par absorption, les séries 2P12S1 et 2P12D2 apparaissent;

on ne

remarque, par contre, que très peu de raies provenant du niveau correspondant à 2P2, contrairement à ce qui

se

produit pour l’aluminium, le gallium et l’indium.

Nous attribuons

ce

fait à

ce

que la différence 22P1

-

21P2, dans le thallium, est très grande relativement à celle des atomes Al, In et Ga; il

en

résulte que la proportion des

atomes

au

niveau 2P1 est 3,5 fois plus grande dans le

cas

de l’indium, 9,4 fois dans celui du gallium et 68 fois dans celui de l’aluminium.

En outre,

on a

observé pour la première fois, entre 2 210 et 2 105 Å, des raies très fines

d’absorption qui avaient déjà été observées

sous

forme de bandes

ou

de raies très diffuses.

Stitiii VI. TOME IX. AVRIL 1928 N° 1.

1. Considérations générales. - Parmi les raies qui constituent le spectre d’émission

d’un gaz ou d’une vapeur, seules doivent apparaître comme raies d’absorption

-

suivant

la théorie de Bohr

-,

celles dont le niveau initial est tel que le nombre d atomes qui le possèdent est très grand à la température considérée. Etant donné que d’autre part

-

et

suivant la même théorie

-,

les états quantiques des atomes sont successifs, ce qui veut dire qu’un même atome ne peut se trouver simultanément dans deux (1) ou plusieurs états quan-

tiques différents, les spectres d’absorption permettent de résoudre un premier problème :

-celui de la détermination de l’état quantique des atomes, ou - ce qui revient. au même -

l’état dans lequel se trouve la plus grande partie des atomes à la température considérée.

Il est fort probable que l’on pourrait apprécier la justesse de la théorie de Saha par la démonstration du fait que les spectres dépendent de la température, démonstration qui,

pensons-nous, est rendue très difflcile à cause de l’augmentation simultanée de la densité de la vapeur. Il est vrai que Saha a établi sa théorie pour le cas de l’ionisation, mais on sait

que des raisonnements entièrement analogues sont applicables, au même titre, tout au moins

à l’excitation.

On sait aussi qu’il est possible de compléter, au moyen des spectres d’absorption, la

connaissance des séries et peut-être encore de détacher, du fatras de raies de certains

spectres non classifiés, un groupe qui conduise à la connaissance des séries.

C’est en raison des considérations qui précèdent que nous avons entrepris, dans notre Institut, des recherches sur l’absorption des vapeurs métalliques, combinées, dans certains

cas, avec l’étude de l’excitation et de l’ionisation par chocs électroniques, par des mesures

électriques ou spectroscopiques.

En ce qui concerne le thallium, en particulier, la question de l’existence possible d’un

niveau plus profond que 2Pi a été résolue négativement par les travaux de Cario (2) et de

(1) Dans la luécanique ondulatoire de Schrôdinger, l’émission d’une raie provient de l’existence simultanée de deux états quantiques. Dans

une

telle mécanique,

une

infinité d’états peuvent donc coexister.

Il

ne

semble pas, de prime abord, que l’on puisse décider entre cette conséquence de la théorie de

Schrodinger et l’hypothèse de Bohr par le moyen des spectres d’absorption.

(2) G. Catuo. Zts. /’. Phys., t. 10 (1922), p. 185.

LI

JOURNAL

DE

PHYSIQUR

iIT L8 VI. - TOUR IX. - -

X 4. 9

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0192800904012100

(3)

122

Grotrian (3), qui montrent sans équivoque que c’est bien là le premier niveau. C’est aussi

ce qu’établit, d’autre part, la théorie de Hund.

°

Xotre but, en entreprenant ce travail, ne fut donc que d’essayer d’observer, pal-

absorption, d’autres termes des séries, et aussi de rechercher avec quelque soin l’influence de la température sur les spectres, afin de projeter plus de lumière sur la question des états.

quantiques, sujet étroitement lié à l’apparition de la raie verte (par absorption), qui n’a été-

observée ni par Wood et Guthrie (-) (bien que ces auteurs aient atteint la température

de 1 000"C dans des

mélanges de gaz ea présence de mercure), ni par Mc Lennan (~).

Suivant Grotrian (1), cette raie s’observe dans la vapeur de thallium pure lorsque la tempé-

rature atteint 800°C, ce qui veut dire que les atomes dont l’électron lumineux se trouverait.

au niveau ~P2 seraient nombreux dans cet état thermique. Il. -R. Rao (’) a seulement observé- les raies du niveau bien qu’il n’ait opéré qu’à la température de 1 500°. D’après cet.

auteur, les raies (surtout celles de la série P II) sont fort diffuses et accompagnées de satel-

lites. Par contre, J.-C. Frayne et Smith (8) affirment que les raies du niveau 2P,, apparaissent à la température de 400°, et celles du niveau 800°. Dire que les raies

appartenant au niveau ZP2 apparaissent par absorption a un sens, tandis que l’affirmation que les raies correspondant au niveau 2p s’observent vers 400° ne saurait avoir de signifi- cation, car c’est là le niveau oo se trouverait l’immense majorité des atomes au-dessous de 80il~ de sorte que l’apparition des raies d’absorption dépendrait exclusivement de la densité de la vapeur et du trajet parcouru par la lumière au travers de celle-ci. Dans un tube.

suffisamment long, ces raies apparaitraient sûrement à des températures inférieures à 400°.

Si, procédant par analogie avec la théorie de l’ionisation de Saha, on calcule le nombrer

ou plutôt la proportion d’atomes dont l’électron lumineux se trouve au niveau on arrive à la conclusion que ce nombre est donné (9) par l’expression générale :

il. ,

dans laquelle .1’’ est le nombre d’atomes

«

excités » ; ; ,1’, le nombre total d’atomes ; l’énergie

absorbée par l’excitation; li, la constante universelle des gaz, et I, la température absolue

La valeur de E se calcule en remarquant que les termes 2 2p et 21P:2 sont :

et

Si Fon représente par,) le nombre d’ondes de la différence, celui-ci équivaut, en chiffres"

ronds, à

correspondant à

cL puisque

il en résulte que

de sorte que

(%) GROTRIAN. Zts. f. Phys,, 1~. 12 (1922), p. 2fR.

(4) WOOD et GUTIIRIE. Astroph. J., t. 29 (1909), p. 211.

(5) Me etiRETON. Proc. roy. Soc. Canada, t. 13 (19fl9), p. 9.

(6) ~V. GROTRIAN. Zis, f. t. 12 (1922), p. 12.

(i) K.-R. RAO. l’roe. ph ys. Soc. London, t. 37 (192», p. 259.

(8) J.-C. FRAYEE et ~.-~~’ . SMITH. Phys. Rei,., t. 27 (19’26~, p. 23.

(1) Voir FOOTE et 310HLER : The 0rigin of Spectra (1922), p. 163 et sq.

(4)

A la température de 1 absolus, température un peu plus haute que celle pour

laquelle on observe, d’après Grotrian, l’apparition du niveau on a :

approximativement, c’est-à-dire que, sur 2j Of)O atomes, un seul - d’après cette tlléorie

-

aurait son électron lumineux sur le niveau IP,. Les raies d’absorption correspondant à un tel niveau, si tant est qu’on les observe, devraient paraître fort peu visibles par rapport

à ec,lles qui correspondraient au niveau 2Pi .

A 70t)OC, c’est-à-dire vers 1040° absolus, la proportion en question est

, , ... - -

c’est-à-dire près de trois fois moindre. A cette température, d’après nos observations, l’apparition du niveau 2P2 est douteuse, car s’il est vrai qu’on n’observe pas la raie verte, par contre, la raie 3 229, i5 (soit 2 2P2 - 2 2S~) apparaît sur presque toutes les plaques,

et sur un bon nombre d’entre elles apparaît aussi la raie 2 538,1H (soit 2 :!P2

-

7 2Si).

2. Installation et moyens d’observation. - l)ans la plupart des observations, la

vapeur de thallium était renfermée dans un. tube de quartz transparent de 30 cm de longueur sur 2 cm de diamètre intérieur, que l’on évacuait jusqu’à une pression inférieure

.

Fig. i

_

à 0,ni mm Hg. Le tube étaitlplacé dans un four à gaz représenté, en coupe, sur la figurel,

modèle auquel on s’est:arrêté après plusieurs essais infructueux de chauffage électrique.

Les parois du four [sont en carton d’amiante de 7 mm d’épaisseur, maintenu par une armature en fer. Deux traverser d’amiante soutiennent le tube, chauffé par 6 ~grands

,

brûleurs Meker. Nous avions ainsi atteint la température nioyenne de 7000 C, mesurée au

(5)

124

moyen d’un thermomètre à spirale de platine étalonnée par la Technische Reichanstalt.

Dans une autre série d’expériences, on alimenta les becs avec un mélange de gaz d "éclairage

et d’oxygène, ce qui permit d’atteindre la température moyenne de 90U°C, mesurée au moyen d’une pile thermo-électrique au platine-platinorhodium.

Dans d’autres observations, nous avons encore utilisé un ballon de quartz transparent

de 6 cm de diamètre, chauffé de la manière suivante : le ballon était plongé dans la

flamme de deux grands becs Meker; on évitait ainsi la condensation du thallium sur les

régions des parois au travers desquelles se faisait l’observation; on vaporisait, d’autre part, le thallium déposé sur les parties les plus froides au moyen d’un chalumeau. Au cours de ces observations, la température n’a pas été mesurée.

Les sources de lumière utilisées ont été : la lampe à vapeur de mercure, l’arc entre charbons imprégnés suivant la méthode indiquée par Jones, enfin l’étincelle entre électrodes due tungstène sous l’eau.

Nous nous sommes servis du grand spectrographe IIilger à optique de quartz pour la

région de 7 000 à 2 000 Â et, pour les longueurs d’onde inférieures, du petit modèle EsT Hilger qui permet de descendre jusqu’à 1 ~30.x.

Enfin, les enregistrements photographiques ont été faits sur plaques panchromatiques

Ilford et Schurnann.

3. Les raies d’absorption observées.

TABLEAU 1.

-

Observations failes avec le tube.

(6)

TABLEAU II.

-

Observations faites avec le ballon.

Les nombres indiqués pour les longueurs d’onde des raies observées sont ceux donnés.

par lecture directe sur l’échelle des spectrographes. Ceux qui correspondent au petit spectrographe sont entachés d’une erreur de plusieurs unités. La correspondance est cependant correcte.

En conformité avec les éléments des tableaux 1 et II, les raies observées dans le spectre d’absorption ont été consignées dans le tableau III. Suivant les notations habituelles, la

variation du nombre de quanta internes y a été désignée par 3 j.

TABLEAU III.

(7)

126

Nous avons observé quatre têtes de bandes entre 3 ~25 et 3 ~461. Dans une des bandes,

on parvient à distinguer cleux raies, ce que met en évidence la microphotographie.

Ces bandes ont été aussi observées par Wood et Guthrie, et par Grotrian, dans les

travaux déjà mentionnés. Ces auteurs

-

et nous partageons leur opinion

-

les attribuent à un groupe atomique instable, peut-ètre une molécule T12.

Revenant au sujet de la variation des états quantiques avec la température, un fait qui

s’est produit avec plusieurs plaques frappe l’attention : c’est la raie;) 77a,72, qui part du niveau 2Pi avec une forte intensité, bien plus grande que sur toutes les autres plaques, ce qui prouve que dans ces cas la densité de la vapeur et, partant, la température, y étaient

&

aussi plus élevées (’°), Par contre, an ne trouve pas la moindre trace de la raie verte

5 350,461, qui correspond au niveau IP2

Que dans l’aluminium, le gallium et l’inlium apparaissent beaucoup de raies d’absorption correspondant au niveau -’P2, cela s’explique par le fait que, dans ces corps, la différence d’énergie entre les niveaux 2Pi et 2Pz correspond respectivement à 0,014, 0, lU2

et 0,27 volts, c’est-à-dire à une valeur bien inférieure à celle du tballium, qui est de 0,96 volts. Dans l’indium, la proportion des atomes qui se trouvent au niveau la température de 1 1000 absolus, serait (conformément à la formule 1) 35 fois plus grande

que pour le thallium, tandis que pour le gallium et l’aluminium, cette proportion serait respectivement 9,4 et 68 fois plus grande.

4. Conclusions. - a) Des observations faites, il résulte, en accord avec les travaux d’autres investigateurs, que le niveau le plus profond est t :2p l’

b) A l’intérieur de la région étudiée, on a observé la totalité des raies correspondant

à ce niveau, c’est-à-dire les séries ’P,

-

2Si et :2p

-

c) A la température de ÎOOIC et plus bas, on observe quelques-unes des raies corres- pondant au niveau 2p2.

d) Ce dernier fait devient inexplicable à la lumière de raisonnemenl s sernblables à

ceux de Saha.

(~°) Il convient de faire remarquer que cette plaque

a

été obtenue

avec

le ballon. Le chemin du faisceau à travers

ce

ballon (:5 cm) est beaucoup moindre que dans le

cas

du tube, dont la longueur était

de 3û

rm.

*

Manuscrit, reçu le 10 octobre 1927.

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