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Texte intégral

(1)

DE LA CHAUDIÈRE-APPALACHES et

UNITÉ DE GESTION BEAUCE-APPALACHES

PLAN D’AMÉNAGEMENT FORESTIER 2006-2013

DU RAVAGE DE CERFS DE VIRGINIE DE LA GRANDE-RIVIÈRE - RÉGION DE LA CHAUDIÈRE-APPALACHES -

DOCUMENT PRÉLIMINAIRE

Frédéric Hébert, biologiste Direction de l’aménagement de la faune

de la Chaudière-Appalaches

Document réalisé dans le cadre de

l’Entente spécifique de gestion intégrée du cerf de Virginie sur le territoire de la Chaudière-Appalaches

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Mars 2008

(2)

Référence à citer :

HÉBERT, F. 2008. Plan d’aménagement 2006-2013 du ravage de cerfs de Virginie de la Grande- Rivière, région de la Chaudière-Appalaches. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Direction de l’aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches. Entente spécifique de gestion intégrée du cerf de Virginie sur le territoire de la Chaudière-Appalaches. Lévis. 50 pages.

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AVANT-PROPOS

Les ravages situés sur les terres du domaine de l’État bénéficient d’une protection légale en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. De plus, une entente administrative entre les secteurs Faune et Forêt du ministère des Ressources naturelles et de la Faune prévoit la réalisation de plans d’interventions prenant en compte les besoins du cerf de Virginie.

Ce plan a été réalisé grâce aux travaux de mise en œuvre de l’Entente spécifique de mise en valeur du cerf de Virginie sur le territoire de la Chaudière-Appalaches. Cette entente a pour principal objectif de maximiser les retombées économiques régionales découlant de la présence du cerf dans le territoire. Une des actions entreprise dans le contexte de cette entente consiste à analyser l’état des principaux ravages qui constituent l’habitat hivernal du cerf de Virginie et à formuler des recommandations quant aux travaux forestiers qui devraient y être réalisés pour résoudre les problèmes identifiés.

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(5)

RÉSUMÉ

L’état de situation du ravage de la Grande-Rivière révèle qu’il s’agit d’une aire de confinement qui abrite une densité de cerfs relativement faible comparativement au reste de la région. Ceci est attribuable à la rigueur de l’hiver qui limite considérablement l’expansion des populations de ce cervidé. Les peuplements forestiers de ce ravage sont âgés et passablement dégradés. La proportion d’abri égale le seuil minimal recommandé par le Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie. Elle a d’ailleurs chuté de plus de la moitié au cours des douze dernières années. De plus, le paysage est très morcelé par les coupes forestières qui limitent et compartimentent la superficie utilisable par les cerfs. Aucun apport significatif de nouveaux peuplements à caractère d’abri n’est à prévoir avant une dizaine d’années.

La stratégie d’aménagement propose de réduire au minimum la superficie récoltée en coupe de régénération pendant au moins 10 ans, d’établir la priorité de récolte selon le degré de sénescence du peuplement ainsi que l’utilisation qui en est faite par les cerfs et finalement, de développer des traitements alternatifs qui visent à accélérer la venue à court terme de nouveaux peuplements d’abri.

Finalement, une programmation d’interventions est proposée pour la période 2006-2013.

(6)
(7)

TABLE DES MATIÈRES

Page

AVANT-PROPOS ... iii

RÉSUMÉ ... v

TABLE DES MATIÈRES ... vii

LISTE DES FIGURES ... ix

LISTE DES TABLEAUX... xi

LISTE DES ANNEXES ... xiii

1. Introduction... 1

2. Présentation du secteur d’étude ... 4

3. Évolution de l’utilisation du ravage ... 7

4. Portrait forestier ... 11

5. Potentiel d’utilisation par le cerf... 18

5.1 L’abri ... 23

5.2 La nourriture... 24

5.3 L’entremêlement entre la nourriture et l’abri ... 26

5.4 Le potentiel futur... 28

6. Diagnostic général et stratégie d’aménagement ... 30

7. Programmation des interventions ... 32

8. Modalités d’intervention... 34

8.1 Infrastructures... 34

8.2 Date de réalisation des travaux... 34

8.3 Travaux (modalités particulières)... 35

9. Conclusion ... 37

10. Remerciements... 38

11. Bibliographie... 39

ANNEXES ... 42

(8)
(9)

LISTE DES FIGURES

Page

Figure 1. Situation géographique du secteur d’étude... 6

Figure 2. Évolution du ravage... 8

Figure 3. Portrait de l’utilisation du ravage ... 9

Figure 4. Récolte de cerfs mâles adultes dans la zone de chasse 3 Est et dans un rayon de 20 km autour de l’aire fixe... 10

Figure 5. Origine des peuplements ... 12

Figure 6. Appellations regroupées ... 14

Figure 7. Distribution des types forestiers par classe d’âge en 1994... 15

Figure 8. Distribution des types forestiers par classe d’âge en 2004... 16

Figure 9. Végétations potentielles... 17

Figure 10. Potentiel d’utilisation par le cerf en 1994... 20

Figure 11. Potentiel d’utilisation par le cerf en 2004... 21

Figure 12. Distribution des potentiels d’utilisation par classe d’âge en 1994 ... 22

Figure 13. Distribution des potentiels d’utilisation par classe d’âge en 2004 ... 22

Figure 14. Morcellement des peuplements à potentiel d’abri... 25

Figure 15. Répartition des superficie de la jeune strate du ravage selon l’âge réelle ... 29

Figure 16. Secteurs d’intervention 2006-2013... 33

(10)
(11)

LISTE DES TABLEAUX

Page Tableau 1. Ventilation en hectares des peuplements selon les classes d’âge en 2004... 13 Tableau 2. Classification des peuplements selon leur potentiel d’utilisation par le cerf .. 19 Tableau 3. Superficies en hectares des potentiels d’utilisation en 1994 et en 2004 ... 19 Tableau 4. Nombre de parcelles dégradées, nombre de parcelles présentant un bon

entremêlement et nombre de parcelles fortement utilisées par groupement d’essences. ... 28

(12)
(13)

LISTE DES ANNEXES

Page

ANNEXE 1 : Méthodologie de la validation terrain 2003 ... 44 ANNEXE 2 : Plan de sondage et peuplements échantillonnés... 47 ANNEXE 3 : Résultats d’inventaire ... 48

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(15)

1. INTRODUCTION

Animal gracile, avec ses pattes effilées mais plutôt courtes, le cerf de Virginie est physiquement peu adapté à la rigueur de nos hivers. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il se trouve ici à la limite nord de son aire de distribution. L’abondance de la neige au sol restreint ses déplacements et c’est alors que les animaux se regroupent dans des quartiers d’hiver que l’on appelle «les ravages» (aussi appelés aires de confinement).

Les petits ravages de moins de 2,5 km² sont souvent temporaires. Par contre, les ravages plus grands, considérés permanents, supportent une bonne quantité d’animaux durant une période de trois à cinq mois chaque année. Les cerfs d’un secteur retournent généralement au même ravage année après année, après avoir parcouru souvent plus de 20 km. Les ravages permanents constituent la clé de la survie des cerfs sous notre climat et sont, à ce titre, des habitats fauniques essentiels. La région de la Chaudière-Appalaches compte actuellement une trentaine de ravages de plus de 2,5 km² dont le ravage de la Grande-Rivière.

Le ravage de la Grande-Rivière chevauche deux régions administratives, le Bas-Saint- Laurent et la Chaudière-Appalaches. Le présent document traite de la portion du ravage comprise en Chaudière-Appalaches.

Situé sur les terres du domaine de l’État, le ravage de la Grande-Rivière bénéficie d’une protection légale en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

De plus, une entente administrative entre le secteur Faune et le secteur Forêt du ministère des Ressources naturelles et de la Faune prévoit la réalisation d’un plan d’interventions forestières prenant en compte les besoins du cerf.

Les premières discussions concernant l’aménagement du ravage datent de près de vingt ans. Le stade avancé de maturité de la forêt préoccupait les autorités. Le fort pourcentage de strates mûres de sapins que l’on retrouvait alors rendait le ravage extrêmement vulnérable à une épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette qui aurait

(16)

2

sérieusement pu compromettre l’intégrité de cet habitat. Une étude détaillée fut réalisée en 1986 et dès l’année suivante des correctifs furent apportés au programme de coupes.

L’analyse révélait que le ravage comptait suffisamment de peuplements d’abri mais que le potentiel de nourriture était pauvre. Des problèmes de renouvellement de ces peuplements étaient également à entrevoir. Une stratégie visant à minimiser les pertes de bois par la récupération des vieilles sapinières, à optimiser le potentiel de nourriture du ravage et à conserver les peuplements à meilleur potentiel d’abri fut proposée. En 1995, le ministère de l’Environnement et de la Faune et le ministère des Ressources naturelles réalisaient conjointement un plan d’interventions forestières (Pichette et al., 1995) pour la partie du ravage située sur le territoire de la Chaudière-Appalaches1.

Des pourparlers ont été entrepris en 1999 pour mettre à jour le plan d’aménagement. Les données cartographiques ont été utilisées pour tracer un état de situation du ravage. En 2001, une stratégie d’aménagement, élaborée conjointement par la Société de la faune et des parcs et le ministère des Ressources naturelles, a été déposée aux industriels forestiers oeuvrant dans l’aire fixe (FAPAQ et MRN, 2001). L’analyse a alors été effectuée à partir des données cartographiques. Une validation sur le terrain à en suite été réalisée en 2003 et 2004 pour préciser la stratégie et, ainsi, bien répondre aux besoins du cerf.

Dans une première étape, 296 parcelles-échantillon réparties dans les sapinières et peuplements de feuillus intolérants de plus de 50 ans du ravage ont été inventoriées à l’été 2003 (Hébert et al. 2004). Les données récoltées furent l’appellation écoforestière du peuplement, le potentiel d’utilisation par le cerf, l’utilisation par le cerf par les indices de présence et l’état général de sénescence forestière de la parcelle. En plus, le ravage a été visité en période de confinement hivernal (hiver 2004). Les chemins forestiers ont été parcourus et les indices de présence (pistes, sentiers secondaires, sentiers principaux ou cerfs vus) ont été recensés. Avec ces données, il est maintenant possible d’orienter la planification des interventions selon l’utilisation réelle du ravage par les cerfs et

1 La partie du ravage située dans la région du Bas-Saint-Laurent possède aussi un plan d’interventions depuis 1996 (Bélanger et Ouellet, 1996) et ce dernier a été mis à jour en 2001 (Bélanger et Ouellet, 2002).

(17)

une « image terrain » de l’état de la forêt. L’annexe 1 présente la méthodologie ainsi que les résultats de la validation terrain 2003.

L’ensemble des informations obtenues ont servies à élaborer une programmation des interventions forestières dans le ravage de la Grande-Rivière. Cette dernière répond aux besoins du cerf de Virginie tout en prenant en considération les préoccupations et contraintes des gestionnaires et des industriels forestiers .

(18)

4

2. PRÉSENTATION DU SECTEUR D’ÉTUDE

Le ravage de la Grande-Rivière est situé à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de la Pocatière. Il chevauche le territoire des régions administratives du Bas-Saint- Laurent et de la Chaudière-Appalaches. L’aire de confinement cartographiée par le ministère de Ressources naturelles et de la Faune s’étend sur une superficie totale de 92 km² dont 51 km² sont compris dans la région de la Chaudière-Appalaches (figure 1).

La superficie sous aménagement, appelée « aire fixe d’aménagement » (figure 1), couvre 55 km² dans la région de la Chaudière-Appalaches. Ses limites, qui épousaient jadis celles de l’aire de confinement cartographiée (Pichette et al., 1995), ont été ajustées en 1999 afin de suivre le contour du parcellaire forestier et ainsi faciliter l’analyse se rattachant à la cartographie écoforestière du secteur.

L’aire fixe d’aménagement fait partie des municipalités de Saint-Damase-de-l’Islet, de Tourville et de Sainte-Perpétue, comprises dans la MRC de l’Islet (figure 1). Elle se situe à la limite des domaines écologiques de l’érablière à bouleau jaune et de la sapinière à bouleau jaune, donc entre les zones feuillue et mélangée. Selon le Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie (Zwarts, 1998), le ravage se situe dans la zone de caractérisation 5A (Moyennes-Appalaches).

Compte tenu de sa superficie, l’aire fixe a été découpée en deux compartiments pour des fins d’analyse. Les secteurs Est et Ouest sont séparés par la bande de protection de la rivière du Rat Musqué (parcelles 1118.0, 1119.0 et la section nord de 1125.0). Chaque compartiment est traité comme une unité d’aménagement où des objectifs de normalisation de l’abri et de production soutenue de nourriture sont recherchés.

Les hivers sont particulièrement rigoureux dans ce secteur. Les données enregistrées à la station de neige de Tourville, située tout près du ravage, révèlent que les hivers sont 150 % plus rigoureux que la moyenne provinciale. Cette station de neige fait partie d’un réseau provincial de surveillance de la rigueur de l’hiver où est enregistré l’indice NIVA,

(19)

une mesure de l’enfoncement des cerfs dans la couche de neige tout au long de l’hiver. À titre d’exemple, la moyenne provinciale des indices NIVA pour la période 1976-2003 est de 3684 jours-cm d’enfoncement tandis que celle de la station de Tourville pour la période 1977-2005 est de 5709 jours-cm.

(20)

BA S-SA

INT-LAURENT CHAUD

RE -APPA

LACHES

Saint-Dam ase-de-l'Islet

Tourville Sainte-Pertue Tourville

Saint-Onésim e-d'Ixworth

Petit-Lac-Sainte-Anne

Rang Manitoba 9e Rang Rte

de la Tra verse

Rang John

Lac Sainte-Anne

Lac

Lefèvre Petit lac

Sainte-Anne

Étang de l'Écluse

Rivière Sainte-

Anne

Riv re

du

Rat

Musq La

Gran de

Riv re

Riv re

Oue lle

1106.0

1120.0 1097.0

1142.0 1099.0

1150.0 1149.0 1100.0

1139.0 1104.0

1146.0 1136.0

1145.0 1123.0

1116.0

1144.0 1137.0

1124.0 1128.0

1117.0 1111.0

1131.0 1105.0

1148.0 1101.0

1143.0 1129.0

1134.0 1095.0

1133.0 1115.0

1135.0 1110.0

1130.0

1084.0

1112.0

1121.0

1138.0

1151.0 1132.0

1087.0

1248.0 1246.0

1113.0 1098.0

1102.0

1141.0 1114.0

1086.0 1094.0

1103.0

1122.0 1091.0

1108.0 1096.0

1109.0

1107.0

1147.0

1147.0

1249.0 1132.0

1085.0

1125.0 1118.0

1119.0

7103.0 1093.0

1127.0 1090.0

1133.0 1126.0 1088.0

1099.0

1140.0

1247.0 1092.0

1256.0 -69°58'0"

-69°58'0"

-69°56'0"

-69°56'0"

-69°54'0"

-69°54'0"

-69°52'0"

-69°52'0"

-69°50'0"

-69°50'0"

-69°48'0"

-69°48'0"

-69°46'0"

-69°46'0"

47°8'0" 47°8'0"

47°10'0" 47°10'0"

47°12'0" 47°12'0"

47°14'0" 47°14'0"

47°16'0" 47°16'0"

!

!

! Mauricie

Côte-Nord Saguenay-Lac-Saint-Jean

Capitale-Nationale

Estrie

Bas-Saint-Laurent

Chaudière-Appalaches Centre-du-Québec Montérégie

Québec Montmagny

Rivière-du-Loup

LÉGENDE

Chemin forestier Parcellaire forestier

Aire de confinement cartographiée Aire fixe d'aménagement

Élévation 500 m

0 m

Sources :

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Base de données topographiques et administratives (BDTA), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 1998.

Base générale et administrative du Québec (BGAQ), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Base de données des habitats fauniques (HAFA), préliminaire, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2004.

Réalisation :

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005 Projection cartographique :

Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

0 1,500 m

1:100,000

Figure 1. Situation géographique du secteur d’étude.

(21)

3. ÉVOLUTION DE L’UTILISATION DU RAVAGE

Le ravage de la Grande-Rivière est maintenant connu depuis une quarantaine d’années et de nombreux survols ont été réalisés dans le cadre d’inventaires aériens de l’habitat hivernal du cerf (figure 2). Les résultats de ces inventaires démontrent une relative stabilité du ravage jusqu’au début des années 2000. Depuis, sa superficie s’est considérablement réduite, les cerfs délaissant le sud de l’aire fixe. Le fort morcellement du couvert forestier de cette partie de l’aire fixe est considéré comme le principal facteur pouvant expliquer que les cerfs délaissent ce secteur en période de confinement maximal.

La densité de cerfs a toujours été relativement faible dans cette partie de la région. La rigueur des hivers n’est pas étrangère à cette situation car elle limite considérablement la productivité de la population de cerfs du secteur. Des dénombrements aériens, réalisés au cours des hivers 1996 et 2001, ont confirmé que la densité de cerfs se situe nettement sous l’objectif de 20 cerfs / km², défini dans le Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie pour cette partie du Québec (Desjardins et al. 2001). Le ravage comptait environ 600 cerfs en 1996 et 525 cerfs en 2001 ce qui correspond à des densités de 8,9 et 8,1 cerfs / km². Ces résultats s’accompagnent toutefois de marges d’erreur élevées (± 37 et 69 %), étant donné la taille réduite de l’échantillon.

Les travaux réalisés à l’automne 2003 et au cours l’hiver 2004 (Hébert et al. 2004) ont permis de comprendre la distribution des cerfs dans l’habitat et de préciser quelle partie du ravage est la plus intensivement utilisée par les cerfs en période de confinement hivernal maximal (figure 3). On constate que la densité de cerfs est très variable à l’intérieur même du ravage. Le « cœur du ravage » se situe le long de la Grande-Rivière et de la rivière du Rat Musqué tandis que le sud de l’aire fixe ne semble fréquenté qu’en début et en fin d’hiver ou lors d’hivers moins rigoureux. Il s’agit d’un phénomène bien connu : le réseau de pistes est davantage étendu lorsque les conditions de déplacement sont faciles et la superficie utilisée se réduit à mesure que l’enfoncement des cerfs dans la couche de neige augmente. Les cerfs se concentrent alors dans un espace plus restreint, au cœur du ravage.

(22)

1975 1980 1984

1988 1992 1995

1997 2002 2005

Projection cartographique : Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

Sources :

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Base de données topographiques et administratives (BDTA), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 1998.

Base de données des habitats fauniques (HAFA), préliminaire, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2004.

Réalisation :

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005

LÉGENDE

Aire fixe d'aménagement Superficie ravagée

Superficie survolée (1995 - 2005)

0 4,000 m

1:250,000

Figure 2. Évolution du ravage

(23)

0745.0

0808.0 0734.0

0811.0 0804.0

0737.0

0743.0

0805.0 0736.0

0813.0 0744.0

0732.0

0733.0

0802.0

0801.0 0742.0

0803.0 0740.0

0729.0

0810.0 0731.0

0806.0 0724.0

0738.0 0730.0

0735.0

0815.0 0725.0

0812.0 0741.0

0739.0

0807.0

0809.0 0722.0

0814.0 0738.0

0729.1 0739.1

0802.1

0738.1

0801.1 0801.0 0738.1 0721.0

0727.0

0730.0

0728.0

0816.0 0813.1

P P

R P

R R R

R R R R R R R

R

R P

R R RRR P RP RR PR R R RR

R

R

R R R R P P R P

P R

P P P

R

R RR R R R R R P P P RR R

R R RP R

PP

P R P

P P

P R RR

P R R

R R P

P

Vp Vp Vp

Vp

Vp

R+

Vp R+

Vp Vp R+

R+

VpVp Vp R+

R+

Vp Vp R+

R+

Vp Vp

Vp VpVp Vp

Vr R+

Vp Vp R+

R+

R+

Vp

Vr

Vr Vp

Vp

Vp

Vp

RP P

R P

P RP

R+

Vp Vr

R+

R+

R+

R+R+

Vp

Vp 1CV

-69°50' -69°52'

-69°54' -69°56'

47°14' 47°14'

47°12' 47°12'

47°10' 47°10'

LÉGENDE Hiver 2004

Cerf vu (1CV)

Sentier principal (R+)

Sentier secondaire (R)

Piste (P)

Vieux sentier (Vr)

Vieille piste (Vp)

Automne 2003

Utilisation 0 (nulle)

Utilisation 1 (faible)

Utilisation 2 (moyenne)

Utilisation 3 (forte)

Utilisation 4 (très forte)

Sources :

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Réalisation :

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005 Projection cartographique :

Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

0 1 500 m

1:60 000

Figure 3. Portrait de l’utilisation du ravage

(24)

10

La récolte de cerfs mâles adultes par les chasseurs, qui constitue un bon indicateur de l’évolution des populations, indique que la population de cerfs est aussi très variable d’une année à l’autre et qu’elle est particulièrement sensible à la rigueur des hivers. Par exemple, à l’hiver 2001, qui fut particulièrement sévère, une baisse de 62 % de la récolte de cerfs mâles adultes a été observée dans un rayon de 20 km autour de l’aire fixe (le rayon théorique d’influence du ravage) comparativement à une baisse de 32 % pour l’ensemble de l’est de la zone de chasse 3 (figure 4). Le nombre de cerfs fréquentant le ravage peut donc varier considérablement d’une année à l’autre.

0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600

1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 Année

3 Est

0 20 40 60 80 100 120 140

20 km 3 Est

20 km

Figure 4. Récolte de cerfs mâles adultes dans la zone de chasse 3 Est et dans un rayon de 20 km autour de l’aire fixe

(25)

4. PORTRAIT FORESTIER

Les caractéristiques du couvert forestier jouent un rôle déterminant dans l’utilisation d’un habitat par les cerfs. Afin de dresser le portrait forestier de l’aire fixe, les données issues des troisième et quatrième programmes d’inventaires décennaux du ministère des Ressources naturelles et de la Faune ont été utilisées. Les données du troisième inventaire proviennent de photos aériennes datant de 1990 tandis que les données du quatrième inventaire proviennent de photos aériennes de 2003. Les données ont été mises à jour respectivement en 1994 et en 2004 avec les rapports d’interventions forestières.

Plusieurs perturbations ont modelé le paysage forestier du secteur. Un important feu survenu dans les années 40, a permis de régénérer tout le nord-est de l’aire fixe en une forêt feuillue d’essences pionnières qui est toujours présente. Dans les années 50 et 60, des coupes sporadiques visant la récolte des plus grosses tiges furent pratiquées comme en font foi les souches encore retrouvées ici et là dans la forêt. Ensuite, pendant les années 70 et 80, une épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette a considérablement perturbé la forêt du secteur. Les signes laissés par ce ravageur sont encore bien visibles dans les nombreuses sapinières dégradées de l’aire fixe.

Ce n’est que vers la fin des années 80 que l’aménagement du ravage, à proprement parler, a été amorcé. À cette époque, l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette touchait à sa fin. Beaucoup de sapinières pures du ravage étaient dans un état lamentable et les autres, en meilleure condition, étaient âgées et bien régénérées. La récupération des ces strates prioritaires pour la récolte devait débuter afin d’éviter la perte de ces peuplements.

L’ajout de considérations fauniques au programme de coupe régulier, telles une superficie maximale de récolte et la conservation de corridors de déplacement, a permis de maintenir cet habitat jusqu’à nos jours. La figure 5 présente les secteurs récoltés depuis la fin des années 80 ainsi que les secteurs les plus touchés par l’épidémie.

(26)

1996 1989

1996 1989 1989

2002 1989

2004 1988

2003 2003

1989 1978 1987

1989 1989

1982 2001 2004

19891988 1988

1989 1997 1989

1987 1988

1988 1988 1988 1988

1988 1989 1991

1991

1996 2002

2001 2001

2002 2002

1999

2001 2001

2003

1988 1988

1988 1989

1989 1988

1988 1999

1989 1998

1998 1995 1989

1989 1989

2001 1989

19891989 1989 1989

1995 1990 1995 1989 19901988 1989

1989 1990

1991 1989

1995 1995 1994 2002 2000

2003 2003 2004

1999 1999

2000

2002

2002 1999 1999 2002 1994

1993

1993 1994

2001 1992

1996 1992

2001

1974 1995

1989 19891989

1997 1997 1982

1997 19961995 1995

1982

1992 1993

1997

1992 1999

1989 2003

2001 1120.0

1099.0

1150.0 1149.0 1100.0

1139.0

1146.0 1136.0

1145.0 1104.0

1116.0

1123.0

1137.0

1142.0 1111.0

1124.0

1117.0

1128.0

1131.0

1148.0 1101.0

1134.0 1115.0

1133.0 1112.0

1121.0 1129.0

1138.0

1151.0 1110.0

1132.0 1113.0

1144.0 1102.0

1114.0

1141.0

1246.0 1103.0

1122.0 1097.0

1109.0

1147.0

1147.0 1135.0

1125.0 1118.0

1119.0 1105.0

7103.0 1132.0 1127.0 1133.0 1126.0 1098.0 1099.0

1140.0

1248.0 1143.0 1130.0

-69°56'0"

-69°56'0"

-69°54'0"

-69°54'0"

-69°52'0"

-69°52'0"

-69°50'0"

-69°50'0"

-69°48'0"

-69°48'0"

47°8'0" 47°8'0"

47°10'0" 47°10'0"

47°12'0" 47°12'0"

47°14'0" 47°14'0"

LÉGENDE

Coupe totale Épidémie sévère Plantation Brûlis

Coupe partielle Épidémie légère

Sources :

Système d'information écoforestier,

Ministère de Ressources naturelles et de la Faune, 2002.

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

¹ Les années d'interventions n'ont pas été validées et ne figurent qu'à titre indicatif

Réalisation : Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005 Projection cartographique :

Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

0 1,500 m

1:75,000

Figure 5. Origine des peuplements

(27)

Précisément, l’aire fixe couvre une superficie de 5533 ha dont 5438 ha de superficie forestière productive (98 %). On retrouve 502 ha (9 %) de peuplements en voie de régénération, 1065 ha (20 %) de peuplements feuillus, 2436 ha (45 %) de peuplements mélangés et 1433 ha (26 %) de peuplements résineux. Le couvert forestier se compose principalement de jeunes peuplements issus de coupes totales, de sapinières, de peuplements de feuillus intolérants et d’érablières (tableau 1 et figure 6).

Tableau 1. Ventilation en hectares des peuplements selon les classes d’âge en 2004 (les classes 70 et 90 ans comprennent respectivement les jeunes et vieux peuplements de structure inéquienne ou irrégulière)

Classes d’âges Appellation regroupée¹

0 10 30 50 70 90

Total

Origine 502 502

Jeunes feuillus 73 73

Jeunes mélangés 730 5 735

Jeunes résineux 144 80 223

Feuillus tolérants 25 141 428 594

Feuillus intolérants 9 37 286 332

Mélangés à feuillus tolérants 13 191 105 308

Mélangés à feuillus intolérants 43 3 18 735 799

Mélézins 4 4

Pessières 1 401 46 447

Sapinières 33 170 1007 46 1256

Cédrières 13 151 164

Total 502 990 167 229 2773 776 5438

¹ Jeunes feuillus : Fn, Fx, FxFn ; jeunes mélangés : FnRx, FxRes, FxFnRx, FxRx, ResFx, RxFn, RxFx ; jeunes résineux : Res, Rx; feuillus tolérants : BjEo, Eo, EoBj, Er, ErBj, FtFi ; feuillus intolérants : BbPe, EoPe, Pe, PeBb, PeEo ; mélangés à feuillus tolérants : BjErSb, EoBjSb, ErBjSb, FtBbSb ; mélangés à feuillus intolérants : BbPeRx, EoFiSb, EoPeSb, EoRx, EoSb, PeBbRx, PeBbSb, PeEoSb, PeRx, PeSb ; pessières : Ep, EpRx, EpSb, EpTo ; mélézins : MlSb ; sapinières : Sb, SbBb, SbEo, SbEp, SbEpEo, SbEpFi, SbEpPe, SbFi, SbFt, SbPe, SbRx, SbRxPe, SbTo, SbToFi ; cédrières : To, ToRx, ToSb

(28)

1120.0

1149.0 1100.0

1146.0 1136.0

1116.0

1123.0

1137.0 1124.0

1117.0 1111.0

1139.0 1101.0

1134.0 1115.0

1133.0

1135.0 1121.0

1131.0 1112.0

1148.0 1138.0 1099.0

1132.0 1128.0

1113.0

1145.0 1102.0

1114.0

1141.0 1122.0

1151.0

1150.0 1103.0

1147.0 1132.0

1125.0 1118.0

1119.0

7103.0

1127.0 1133.0 1126.0 1104.0

1110.0

1128.0

1129.0

1142.0 1140.0

-69°56'0"

-69°56'0"

-69°54'0"

-69°54'0"

-69°52'0"

-69°52'0"

-69°50'0"

-69°50'0" -69°48'0"

47°10'0" 47°10'0"

47°12'0" 47°12'0"

47°14'0" 47°14'0"

LÉGENDE Origine Jeunes feuillus Jeunes mélangés Jeunes résineux Feuillus intolérants

Mélangés à feuillus intolérants Feuillus tolérants Mélangés à feuillus tolérants Pessières

Mélézins

Sapinières Cédrières

Sources :

Mosaïque d'orthophotos du 4e inventaire 21N04no, interprétation préliminaire

Ministère de Ressources naturelles et de la Faune, 2005.

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Réalisation : Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005 Projection cartographique :

Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

0 1,500 m

1:60,000

Figure 6. Appellations regroupées

(29)

Le tableau 1 illustre que près de 65 % (3549 ha) de la superficie forestière productive de l’aire fixe est occupée par des peuplements de plus de 60 ans et que 87 % des sapinières et des peuplements mélangés avec feuillus intolérants ont aussi plus de 60 ans. À l’opposé, près de 27 % (1492 ha) de la superficie forestière productive est occupée par des jeunes peuplements mélangés ou résineux de moins de 20 ans, principalement issus de coupes. Ces jeunes peuplements morcellent considérablement le paysage du ravage (figure 6). Au total, 92 % du ravage est constitué de forêt soit mature ou soit très jeune.

L’étude des figures 7 et 8 montre que le portrait forestier de l’aire fixe a évolué depuis 10 ans. On constate que la superficie de la vieille strate résineuse (70 ans) a diminuée de près de la moitié et que la strate mature (50 ans) est maintenant beaucoup moins importante. La récolte prioritaire des peuplements surannés, le vieillissement des peuplements matures et le manque de recrutement pour ces strates expliquent cette situation. Malgré un déficit encore plus prononcé pour les classes 30 et 50 ans et une structure d’âge encore très mal équilibrée, on peut quand même observer un début de normalisation des différentes classes d’âge.

1994

0 200 400 600 800 1000 1200 1400

0 10 30 50 70 90

Classes d'âge

Hectares

Origine Feuillus Mélangé Mélangé feuillus Mélangé résineux Résineux

Figure 7. Distribution des types forestiers par classe d’âge en 1994 (les classes 70 et 90 ans comprennent respectivement les jeunes et vieux peuplements de structure inéquienne)

(30)

16

2004

0 200 400 600 800 1000 1200 1400

0 10 30 50 70 90

Classes d'âge

Hectares

Origine Feuillus Mélangé feuillus Mélangé résineux Résineux

Figure 8. Distribution des types forestiers par classe d’âge en 2004 (les classes 70 et 90 ans comprennent respectivement les jeunes et vieux peuplements de structure inéquienne ou irrégulière)

L’aire fixe repose sur des sites qui sont relativement riches comme en font foi les types écologiques qu’on y retrouve. Le type écologique est une unité de classification qui exprime à la fois les caractéristiques physiques du milieu et les caractéristiques écologiques de la végétation (Gosselin et al. 1998). Dans le secteur d’étude, les types écologiques appartiennent principalement aux séries des végétations potentielles de la sapinière à bouleau blanc (MS2), de la sapinière à bouleau jaune (MS1) et, dans une moindre mesure, de l’érablière à bouleau jaune (FE3), de la bétulaie jaune à sapin et érable à sucre (MJ1) et de la bétulaie jaune à sapin (MJ2). Les types écologiques de ces séries sont habituellement reconnus pour être des stations plus riches. Finalement, les peuplements appartenant aux séries de la sapinière à épinette rouge (RS5), de la sapinière à thuya (RS1), de la cédrière tourbeuse à sapin (RC3), de la sapinière à épinette noire et sphaignes (RS3) et de la pessière noire à sphaignes (RE3) se retrouvent principalement sur les plateaux de l’est et du nord-ouest de l’aire fixe. Ces dernières sont associées à des couverts forestiers résineux purs et, à l’exception de la sapinière à thuya, à des milieux plus pauvres. La figure 9 présente les végétations potentielles de l’aire fixe.

(31)

1120.0

1149.0 1100.0

1146.0 1136.0

1116.0

1123.0

1137.0 1124.0

1117.0 1111.0

1139.0 1101.0

1134.0 1115.0

1133.0

1135.0 1121.0

1131.0 1112.0

1148.0 1138.0 1099.0

1132.0 1128.0

1113.0

1145.0 1102.0

1114.0

1141.0 1122.0

1151.0

1150.0 1103.0

1147.0 1132.0

1125.0 1118.0

1119.0

7103.0

1127.0 1133.0 1126.0 1104.0

1110.0

1128.0

1129.0

1142.0 1140.0

-69°56'0"

-69°56'0"

-69°54'0"

-69°54'0"

-69°52'0"

-69°52'0"

-69°50'0"

-69°50'0" -69°48'0"

47°10'0" 47°10'0"

47°12'0" 47°12'0"

47°14'0" 47°14'0"

LÉGENDE FE3 MJ1 MJ2 MS1

MS2 RC3 RS1 RS3

RS5 RE3 Improductif

Sources :

Mosaïque d'orthophotos du 4e inventaire 21N04no, interprétation préliminaire

Ministère de Ressources naturelles et de la Faune, 2005.

Base de données pour aménagement du territoire (BDAT), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 2003.

Réalisation : Ministère des Ressources naturelles et de la Faune Direction de l'aménagement de la faune de la Chaudière-Appalaches

© Gouvernement du Québec, 2005 Projection cartographique :

Mercator transverse modifié (MTM), zone de 3°, Système de coordonnées planes du Québec (SCOPQ), fuseau 7.

0 1,500 m

1:60,000

Figure 9. Végétations potentielles

(32)

18

5. POTENTIEL D’UTILISATION PAR LE CERF

Pour que les cerfs puissent se maintenir en bonne condition physique en hiver, le ravage doit posséder un bon couvert forestier constitué de résineux sous lesquels l’épaisseur de neige est moindre et l’effet du refroidissement éolien moins important. Il doit aussi offrir une bonne quantité de nourriture. Durant l’hiver, les cerfs se nourrissent principalement de ramilles d’érables, de cerisiers, de noisetier, de cèdre, de sapin ainsi que d’autres essences feuillues et résineuses. La nourriture et l’abri doivent être bien entremêlés de façon à être accessibles sans nécessiter de longs déplacements et donc de grandes dépenses énergétiques. Un ravage de qualité offre donc abri et nourriture en quantité ainsi qu’un certain degré d’entremêlement entre les deux. Le potentiel d’utilisation par le cerf du secteur d’étude est déterminé par l’analyse de ces trois composantes essentielles.

Le modèle d’indice de qualité d’habitat du cerf (IQH-cerf) permet de cartographier et de quantifier le potentiel d’utilisation par le cerf d’un certain territoire à partir des données écoforestières. Selon ce modèle et tel que défini dans le Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie, les peuplements forestiers du secteur d’étude sont classés en quatre différents potentiels d’utilisation.

Les peuplements abri sont utilisés pour la protection contre le climat rigoureux. Ils sont principalement résineux, plutôt denses et d’une hauteur suffisante. Les peuplements nourriture, quant à eux, sont utilisés pour l’alimentation. Ils sont soit principalement feuillus, ou alors pas assez denses ou trop jeunes. Certains peuplements sont considérés comme intermédiaires aux précédents ; ce sont les peuplements nourriture et abri qui servent à la fois comme couvert et comme site d’alimentation. Les peuplements peu utilisés n’offrent ni abri, ni nourriture. Il s’agit, par exemple, des aulnaies, des friches ou des peuplements feuillus âgés comme les érablières. Le tableau 2 présente cette classification selon la codification écoforestière et telle que présentée dans le Guide d’aménagement des ravages de cerfs de Virginie (Zwarts, 1998). Il faut préciser qu’il s’agit d’un modèle théorique et que la réalité sur le terrain peut différer quelque peu.

(33)

Tableau 2. Classification des peuplements selon leur potentiel d’utilisation par le cerf

Utilisation par le cerf Type de peuplement Densité Hauteur Classe d’âge

Abri Résineux¹, mélangés (R) A, B 1, 2, 3, 4 30 et plus²

Nourriture et abri

Résineux, mélangés (R) Résineux, mélangés (R) Mélangés (F)

A, B C A, B, C

5

1, 2, 3, 4, 5 1, 2, 3, 4, 5

30 et plus

Nourriture

Résineux, mélangés Résineux, mélangés Feuillus

Feuillus

Résineux, mélangés, feuillus Non régénéré³

A, B, C D A, B C, D

6

1, 2, 3, 4, 5 5, 6

1, 2, 3, 4, 5, 6 10

Peu utilisé

Feuillus Mélézins Improductifs Non-forestier

A, B 1, 2, 3, 4 30 et plus

¹ En excluant le mélèze ² Équien et inéquien ³ Coupe totale, friche, brûlis et épidémie sévère

Présentement, dans l’aire fixe, on retrouve 1051 ha de peuplements abri, 1482 ha de peuplements nourriture et abri, 2028 ha de peuplements nourriture et 945 ha de peuplements peu utilisé. Les résultats de l’analyse pour 1994 et 2004 sont présentés au tableau 3 ainsi qu’aux figures 10 et 11. Les figures 12 et 13 présentent, quant à elles, la distribution des potentiels d’utilisation par classes d’âge en 1994 et en 2004.

Tableau 3. Superficies en hectares des potentiels d’utilisation en 1994 et en 2004

Année Secteur Abri Nourriture et abri Nourriture Peu utilisé

Est 986 (41%) 490 (21%) 519 (22%) 384 (16%)

1994 Ouest 1079 (37%) 755 (26%) 636 (22%) 419 (14%)

Total¹ 2159 (39%) 1310 (24%) 1204 (22%) 841 (15%)

Est 466 (20%) 460 (19%) 1080 (46%) 360 (15%)

2004 Ouest 528 (18%) 936 (32%) 871 (30%) 566 (20%)

Total¹ 1051 (19%) 1482 (27%) 2028 (37%) 945 (17%)

¹ Incluant la bande de protection de la rivière aux Rats Musqués

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