SPECTROMETRIE DE MASSE
CHAPITRE V
I - INTRODUCTION
Elle permet :
Détermination de la masse molaire
Analyses structurales
Explication des mécanismes de ruptures de liaisons…
Analyses quantitatives :
Limites de détection < nanogramme
(parfois < picogramme)
Cette technique est applicable pour des composés solides, liquides et gazeux.
APPLICATIONS PRATIQUES
Biologie : Détermination de Masses molaires >
100000 (à 1 unité près) pour des macromolécules comme les proteïnes
Etudes de pollution de l’environnement
Détection de dopants chez les sportifs
AVANTAGES DE LA TECHNIQUE
Sensibilité
Sélectivité
Rapidité
II - PRINCIPE
impact électronique
Analyse de fragments moléculaires obtenus par ionisation
ionisation chimique
Ionisation : A-B-C + 1e- A-B-C+. + 2e- A-B-C+. : ion radical Fragmentations
Accélération des particules chargées par un champ électrique
Analyse : mesure de m/z de chaque fragment moléculaireions, radicaux ou molécules neutres
Déviation des particules chargées par un champ magnétiquedéviation proportionnelle à masse/charge :
m/z
source : lieu d'ionisation des molécules et fragmentation
des ions analyseur : sépare
les ions en fonction de m/z
collecteur d’ions ou détecteur : détecte ions sortants et les
exprime en fonction de leur abondance relative
III - APPAREILLAGE
Introduction de l'échantillon dans la source d'ions
III.1 - Le système d'introduction de l’échantillon
GAZ et LIQUIDES VOLATILS
A partir d’un ballon chauffé mis en communication avec source
SOLIDES
Tube avec filament + échantillon dissous dans un solvant organique et chauffé pour être vaporisé
Echantillon dans la source : état gazeux
1ère étape
III.2 - La source d’ions
Ionisation des molécules se fait dans la source.
Source : chambre en acier inoxydable, ss vide ≈ 6.10-7 mmHg
Electrons dans la
source sont émis par un filament en rhénium,
accélérés ss tension de 70 Volts
Plusieurs types selon le mode d'ionisation
L'impact électronique
Le plus répandu :
Collisions entre molécules et électrons se font à 70 eV : très énergétiques
Ionisation
d’une molécule M
ion moléculaire positif
Ion moléculaire M
+.: ion radical
Molécule neutre, électrons appariés
Par ionisation
Formation d’un radical
M + e
-M
+.+ 2e
-Excès d'énergie : sous forme d’énergie interne
Energie d’ionisation des molécules = 6-12 eV Energie des électrons accélérés = 70 eV
ions fils ou fragments
Fragmentation de l’ion moléculaire ou ion parent
Si énergie interne des ions fils suffisamment élevé D’autres fragmentations etc….
Durée de vie des ions très brève ( μs)
Nécessité de les faire
Molécules ou fragments neutres formés au cours
des fragmentations éliminés
III.3 - Analyseur ou séparateur d’ions
Ions positifs sont extraits de la source et focalisés vers le secteur analyseur de masse (ou séparateur d’ions).
Plusieurs types de séparateurs d’ions : - Séparateur à champ magnétique
- Séparateur par champs électrique et magnétique
- Séparateur par des champs électriques (Quadripôle) - Séparateur par des champs électriques (Trappe d’ions) - Séparateur par la vitesse des ions (Temps de vol)
Trie des ions suivant m/z
(en général, z = 1)
Cas d’un séparateur à champ magnétique
Ion de masse m et de charge z accéléré dans la source sous une ddp = V
A la sortie de la source, l’ion a une vitesse v et une énergie :
E
cinétique= ½ mv
2= zV
(énergie cinétique = énergie potentielle)
F = zvH = mv
2/r v = zHr/m
Ions de charge z et de vitesse v H
subissent une force d’origine magnétique, s’équilibrant avec la force centrifuge :
Dans un champ magnétique H :
Application de la Loi de Laplace
V : tension d'accélération H : champ magnétique
Or, ½mv2 = zV
r : rayon de la trajectoire de l’ion = rayon de courbure de l'électroaimant
V 2
r z H
/ m
2
2F = zvH = mv2/r v = zHr/m
Détection de tous les ions
produits (tous les m/z) : par variation de H ou de V
En général, balayage du champ magnétique
V 2
r z H
/ m
2
2 Tubes en forme de corne placés sous haute tension (1 à 3 kV)
III.4 - Le collecteur d’ions
Ion entrant dans le collecteur
émission secondaire de plusieurs électrons
phénomène d’émission en cascade
courant d’électrons appréciable détecté à la sortie du collecteur
Effet multiplicateur d’électrons
III.5 - Le système de traitement des données
Les spectromètres de masse sont pilotés par un ordinateur.
Opérations :
a - Réglage et calibrage du spectromètre b - Acquisition et stockage des données c - Traitement des données et recherche dans les banques de spectres
IV - SPECTRE DE MASSE
A la sortie du détecteur, on collecte les ions :
pic à une valeur m/z sur le spectre de masse
(r : rayon de courbure de l'électroaimant)
- chargés positivement
- vérifiant la condition 2 V r z H
/ m
2
2SPECTRE DE MASSE = Diagramme
ordonnée : intensité
abondance relative des ions
abscisse : m/z
(en impact électronique, z presque toujours égale à 1)
Intensité du pic le plus intense du spectre : fixée arbitrairement à 100
b - Le pic moléculaire ou pic parent
Les différents types de pics
a - Le pic de base
Pic le plus intense du spectre Ion le plus abondant
m/z = masse moléculaire
c - Les pics fragments Exemple : Ammoniac
Pic moléculaire m/z = 17
Pics m/z = 14, 15 et 16 : pics fragments
Pic de base m/z = 17
ion moléculaire NH + . stable
Hexane
Pic moléculaire ≠ pic de base
d - Le pic d’ion métastable
Conditions normales :
Ion moléculaire (ou fragment) formé dans la source est
suffisamment stable pour atteindre le détecteur.
Si durée de vie < qq μs
Ion métastable : se décompose en partie sur le trajet
pic sur la spectre
ion métastable
m* ≠ masse
m* = m
22/m
1 Si la décomposition de AB+. (de masse m1) a lieu entre source et analyseur
Ion métastable : se décompose en partie sur le trajet
AB
+.A
++ B
. Ion A+ (masse m2) donne une trace sur le spectre à une masse apparente m* :
- 2 pics (normaux) à m1 et m2
Une transition métastable 3 pics
- 1 pic métastable à m* :
Faible, de forme diffuse, dont la position non nécessairement une valeur entière
V - ANALYSE SPECTRALE
Exploitation des ions fragments :
détermination de la structure de la molécule
Selon deux étapes
Exploitation de l’ion moléculaire :
masse moléculaire, parité, isotopes,
masse exacte...
V.1 - Masse moléculaire
Masse de l’ion moléculaire = somme des masses des isotopes les plus abondants
(
12C,
1H,
16O,..) des éléments présents dans la molécule.
- Benzamide C7H7NO
Ion moléculaire M+. m/z = 121
7 x 12C = 84
7 x 1H = 7
1 x 14N = 14
1 x 16O = 16
M = 121
La spectrométrie de masse permet de déterminer la
- Méthane 12C1H4: ion moléculaire à m/z = 16
V.2 - Parité de l’ion moléculaire
REGLE DE LA PARITE
Si le pic parent a une masse impaire
La molécule contient un nombre impair d’éléments trivalents (N, P…) : CxHyOzNw (w =1,3,5…)
Exemple :
Benzamide C7H7NO m/z = 121
Nombre d’atomes d’azote : 1 (impair).
V.3 - Amas isotopique
Abondances naturelles relatives des isotopes des éléments courants calculées / 100 (isotope majoritaire)
Exemple : CH4
13C1H4 m/z = 17 pic M + 1 12C2H1H3 m/z = 17 pic M + 1 13C2H1H3 m/z = 18 pic M + 2 …….
Intensités relatives des pics de l’amas isotopique selon abondance naturelle des
différents isotopes de l’élément
Isotopes de faible abondance-Cas du carbone
Ces différents pics = Amas isotopique
12
C
2H
1H : Abondance isotopique du
2H = 0,016%
* 13C1H4 : Abondance isotopique du carbone 13 = 1,1% intensité du pic M+1 ≈ 1,1% de celle du pic M (12C )
Pic M+1 :
RELATION (a+b)
na : abondance relative de l’isotope le plus léger b : abondance relative de l’isotope le plus lourd prise égale à l’unité
n : nombre d’atomes de l’élément considéré
Nombre et intensités relatives des pics
de l’amas isotopique
Isotopes d’abondance considérable
Exemple 1 : CH3Br
79Br: 100% 81Br: 98%
a=1 b=1
(a+b)
1= a + b 1 1 M M+2
Amas isotopique : 2 pics M et M+2
d’intensité relative 1:1
Isotope lourd (+2) est abondant
Si la molécule contient n halogènes, l’intensité des pics de l’amas isotopique est donnée par la relation (a+b)n.
Cas du chlore et du brome
2 pics : 156 et 158
intensités presque égales car abondance naturelle relative des isotopes presque égales :
79Br (100%) et 81Br (98%)
M (m/z = 156) M+2 (m/z = 158)
Exemple 2 : CH2Cl2 M = 84
35Cl : 100% 37Cl : 32,5%
a = 3 b = 1 (a+b)2 = a2 + 2ab + b2
9 6 1 M M+2 M+4
3 pics M, M+2 et M+4
intensités relatives 9:6:1
Composés avec à la fois n atomes Cl et m atomes Br
Relation (a+b)
n(c+d)
mV.4 - Les fragmentations
-masse moléculaire -formule brute
-mesure des rapports isotopiques d’un élément
-structure moléculaire
Analyse d'un spectre de masse
En effet, les modes de
fragmentation dépendent des
groupes fonctionnels de la molécule
V.4.1 - Règles de base
Les fragmentations avec réarrangement sont favorisées par l’aptitude de certaines
molécules ionisées à donner un état transitoire à six centres.
3 facteurs favorisent le processus de fragmentation :
Les liaisons faibles se coupent plus facilement.
Les fragments stables se forment
préférentiellement.
En général, charge non localisée utilistion de crochets [ ]
1
èreétape
Ionisation d’une molécule M = expulsion d’un électron d’une liaison ou d’un doublet libre :Hétéroatomes ionisation préférentielle sur l’un d’eux
charge localisée sur l’hétéroatome
M + 1e
- M
+.+ 2e
-Ion radical formé généralement fragmentation
2
èmeétape
Alcools, éthers et alcanes linéaires ou à chaînes ramifiées :
plus grande tendance à la fragmentation
pic moléculaire faible
Cycles aromatiques, autres systèmes π conjugués et cycloalcanes :
doubles liaisons, cycle et surtout cycle aromatique stabilisent l’ion moléculaire
probabilité + grande de l’apparition du pic parent
V.4.2 - Modes de fragmentation
Probabilité de rupture d’une liaison est fonction de l’énergie de cette liaison et de la stabilité des ions formés
Ruptures des liaisons sont : - simples
- en α
- avec réarrangement …
Rupture simple = rupture d’une liaison σ V.4.2.1 - Ruptures simples
A partir d’un ion radical, une rupture simple donne ion + radical Exemple : propane
Formation d’un cation plus stable pic à m/z = 29 plus intense que celui à m/z = 15
Fragmentation donnant m/z = 29 préférentielle clivage de deux façons
Présence d’un hétéroatome N, O, S, X : « localisation » de la charge
V.4.2.2 - Ruptures
Le processus de fragmentation dépend cette localisation de charge.
a - Liaison carbone-carbone adjacente à un groupe carbonyle
Rupture facile
Formation d’un ion acylium stabilisé par résonance
Généralement
Molécule R-CO-R’ (cétone, acide, ester…) : 4 ions fragments
RCO
+R’CO
+R
+R’
+ Fragments R+ et R’+ minoritairesExemple
fragments majoritaires : ruptures radicalaires en α du carbonyle
b - Liaisons carbone-carbone adjacentes à un hétéroatome
Rupture facile : cation résultant stabilisé
par résonance
Exemple
Pic de base : m/z = 72
perte de CH à partir de l’ion moléculaire
V.4.2.3 - Ruptures avec réarrangement
ORIGINE :
Recombinaison de certains ions fragments
Fragmentations avec réarrangement
favorisées par Etat transitoire à 6 centres
Certains pics ne peuvent être attribués à une fragmentation simple
pics de réarrangement
Réarrangement = fragmentation complexe
A la fois rupture et création de liaisons
a - Réarrangement de McLafferty
Exemple
Pour des ions comportant une liaison C=O ou C=C avec existence d’un H en de l’insaturation
Transfert de H sur le site ionisé parl’intermédiaire d’un mécanisme à six centres
Elimination d’une molécule neutre d’éthyléniqueb - Réaction rétro-Diels-Alder
Fragmentation possible via une réaction rétro-Diels-Alder
Cyclohexènes
V.5 - Fragmentations de quelques classes chimiques V.5.1 - Les hydrocarbures
Spectres de masse faciles à interpréter
V.5.1.1 - Alcanes linéaires
Ion R+ CH3+ CH3-CH2+ CH3-CH2-CH2+ CH3-CH2-CH2-CH2+
m/z 15 29 43 57
Pics les plus intenses du spectre : Ions 43 et 57
Cas de l’hexane : Pic parent à m/z = 86
V.5.1.2 - Alcanes ramifiés
Ramification plus grande probabilité de clivage à l’embranchement
Cas du néopentane
Carbocation plus substitué + stable
Pic parent absent sur le spectre
Ion moléculaire se
fragmente rapidement carbocation
V.5.1.3 - Alcènes
Fragmentation des alcènes
cation allylique stabilisé par résonance
V.5.1.4 - Composés benzéniques
Pic parent toujours important :
ion moléculaire fortement stabilisé pour le cycle aromatique
Spectres de masse facilement interprétables
Pics caractéristiques
m/z = 77 : [M-H]+
m/z = 51 : C4H3+ [77 – 26 (acétylène)]
m/z = 39 : ion cyclique C3H3+ [51-12]
Fragmentations du benzène
a - Le benzène
Perte du substituant
b - Les benzènes monosubstitués Substituant ≠ alkyle
Clivage
cation phényle à m/z = 77
Clivage β
Substituant = alkyle de type CH2-RFragmentation prépondérante :
Rupture en du cycle aromatique
"rupture benzylique"
Perte d’un hydrogène ou d’un groupe R
cation tropylium C
7H
7+à m/z = 91
Pic parent souvent faible
Fragmentation la plus importante : perte d’un groupe alkyle,
préférentiellement le plus volumineux
V.5.1.5 - Alcools
Souvent, pic important à M-18
perte d'une molécule d'eau
V.5.1.6 - Aldéhydes