Thématiques transversales d’animation
Les grands axes de recherches dégagés au sein du laboratoire sont traversés par des préoccupations communes qui vont faire le lien entre eux durant le prochain quadriennal.
Ainsi, au-delà des réunions internes à chacun des axes, l’animation globale du SET sera structurée par de grands thèmes transversaux qui feront l’objet de séminaires spécifiques ou de productions dont le caractère dépasse le cadre d’une action de recherche tout en étant fondamentales pour l’animation et la lisibilité de notre structure.
Thème 1 : Des outils pour la recherche et la gouvernance
Compétence spécifique sur les outils multimédias : Nicole Lompré, IE CNRS
Principaux membres du SET impliqués : Arnaud Banos, Dominique Badariotti, Sylvie Miaux, Frédéric Tesson, Colette Ducournau, Hélène Douence, Danièle Laplace, Vincent Laperrière, Bertrand Gonot
Plus qu’un support technique, les outils multimédias se multiplient aujourd’hui, deviennent supports de communication et intègrent de plus en plus les structures de gouvernance comme un de leurs outils majeurs. Ils constituent aussi des sources d’informations pour le chercheur, voire des objet de la recherche quand il s’agit, par exemple, de travailler sur les discours identitaires. On peut se fixer donc comme objectif transversal de considérer les outils multimédias et internet dans une perspective d’ouverture vers d’une part le monde de la recherche, d’autre part celui de l’action comme outil de la gouvernance.
Usages des logiciels systèmes multi-agents (SMA) et modélisation cognitive Les systèmes multi-agents s’intéressent à la conception d’agents (humains et non- humains) doués de propriétés clés pour agir collectivement dans leur environnement. La modélisation de tels systèmes nécessite la conception d’une architecture logicielle intégrant une description formelle des différents objets du système et des règles qui vont s’appliquer aux comportements individuels et aux interactions entre agents, eux même situés dans un environnement complexe. La construction d’une organisation d’agents cognitifs pose plusieurs questions quant à leur modélisation : comment les connaissances des agents et leurs interactions sont modélisées au sein des systèmes multi-agents et quels sont les usages actuels ? On se propose d’étudier plusieurs architectures logicielles (à partir de la liste des 123 logiciels recensés sur http://eprints.agentlink.org/view/type/software.html) . M ê m e s i l e s systèmes multi-agents imposent une modélisation souvent élémentaire des propriétés sociales et cognitives des acteurs humains qu’ils sont sensés représenter, la facilité de construction des différentes entités, relations de communications entre agents et les différents diagrammes produits peut être un champ intéressant pour l'ergonomie des logiciels, compte tenu de la multiplicité des approches actuelles.
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Usages multimédias et représentations cartographiques sur Internet
De nombreuses villes françaises proposent de consulter des cartes de localisation statiques ou dynamiques permettant aux habitants et aux touristes de se repérer dans l’espace urbain.
1) Recensement des ressources disponibles sur le Web : Derrière les représentations cartographiques, un modèle de l’usager se construit, différents selon les besoins ou les
déplacements supposés des utilisateurs au sein d’une ville. L’objectif de ce premier point est de recenser les ressources disponibles et de définir un protocole d’analyse comparative de leurs atouts et limites, dans l’objectif de mener une réflexion de fond sur les modalités d’appropriation de tels outils. Les cartes sont souvent orientées sur la localisation de rues, de services ou de tracé d’itinéraire, avec d’une part, les objets modélisés pour la représentation des utilisateurs, et d’autre part les objets permettant la manipulation.
2) Usages et attentes des utilisateurs de cartographies : A partir de l’échantillon des cartes observées sur le Web, un travail de mise en situation sera développé auprès d’usagers des différentes villes retenues afin de déterminer leurs besoins en matière de connaissance des parcours qu’ils souhaitent réaliser. L’accessibilité de l’espace public, notamment en terme de qualité de l’infrastructure piétonnière peut faciliter l’utilisation de certains secteurs de la ville. Par exemple, les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées et les mères de famille avec leurs poussettes ont besoin de trottoirs suffisamment amples et bas pour faciliter leurs déplacements… C’est en proposant une lecture de la ville en relation à l’expérience du piéton que nous faciliterons l’utilisation de l’espace public.
3) Les propositions que l’on peut apporter : L’itinéraire en tant que révélateur de l’expérience du piéton en mouvement peut servir d’entrée comme nouvelle dimension de la carte virtuelle : celle du parcours virtuel qui met en scène plusieurs usagers durant leurs déplacements. A partir de l’expérience des piétons, nous pourrons dépasser une lecture fonctionnelle de l’espace pour privilégier la dimension sensible du déplacement. La méthode des itinéraires qui repose sur la mise en récit du parcours en temps réel peut être utilisée pour repérer l’expérience sensible du déplacement en insistant sur les éléments qui la conditionnent et qui facilitent ou au contraire restreignent l’évolution. Nous représenterons alors ces itinéraires sur des SIG interactifs et participatifs tels que ceux qui ont été présentés dans l’axe 1, SIG qui seront en outre spécifiquement adaptées à la nature géographique de l’information et aux utilisateurs de cartes.
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Usages multimédias et représentations virtuelles des territoires du vin
Si l’ergonomie des logiciels peut être explorée à travers les normes ISO 9241-10 (7 principes de dialogue : 1 - Adaptation à la tâche , 2 - Caractère auto-descriptif , 3 - Contrôle utilisateur , 4 - Conformité aux attentes utilisateur , 5 - Tolérance à l’erreur , 6 - Aptitude à l’individualisation , 7 - Facilité d’apprentissage), les normes ISO 9241-12 (7 principes de présentation de l’information : 1 - Clarté , 2 - Discernabilité , 3 - Concision , 4 - Cohérence , 5 - Détectabilité , 6 – Lisibilité, 7 – Compréhensibilité) et les normes multimédia ISO 14915 (1 - Objectif de communication , 2 - Perception et compréhension , 3 - Adaptation à l'exploration, 4 - Adaptation à l'engagement), un regard croisé géographes-ergonomes, à partir de l’exemple de 25 sites web des comités interprofessionnels du vin, permettrait de définir de nouveaux concepts pour la représentation des territoires virtuels sur le Web.
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Gestion intégrée de l’eau : pour un outil pédagogique et une vulgarisation L’un des objectifs majeurs de la loi sur l’eau de 1992, loin d’être atteint pour l’heure, consiste à promouvoir la mise en œuvre de la gestion intégrée de l’eau. Dans cette optique, des outils (contrats de rivières, SAGE, etc.) visent à associer l’ensemble des acteurs concernés dans le processus de prise de décision (élus, gestionnaires, usagers, etc.). Pour garantir le succès de cette démocratie participative, pour que les négociations soient équitables, il est impératif que l’ensemble des acteurs disposent d’un même niveau d’information, ce qui n’est généralement pas le cas.
Dans le bassin de l’Adour comme ailleurs, la volonté de promouvoir la gestion intégrée de l’eau s’affirme. Pour accompagner, favoriser cette nouvelle approche gestionnaire,
il est indispensable d’œuvrer au service de la diffusion de connaissances adaptées à chaque type de public (connaissances en hydrologie, sur les usages de l’eau, la gestion, etc.).
Les recherches entreprises devront ainsi permettre le développement d’un outil didactique, ergonomique, interactif, à l’attention de toutes sortes de publics, y compris le public scolaire (« génération montante »). Cet outil d’information, de vulgarisation et de sensibilisation s’intègrera dans le site internet du bassin de l’Adour (site en cours de réalisation).
Il s’agit ici de mettre à profit les relations étroites nouées au sein de l’IRSAM entre le SET et l’observatoire de l’eau de Pays de l’Adour pour appuyer scientifiquement cet outil de veille et de gouvernance.
Partenariat : Bernadette Béguinet et Philippe Régnacq, chargés de mission à l’Observatoire de l’Eau des Pays de l’Adour
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Thème 2 : Archives ouvertes : les réseaux de la documentation scientifique
La réflexion sur les archives ouvertes constitue une des priorités du laboratoire compte tenu des nouveaux enjeux en termes de valorisation scientifique des recherches notamment.Une première réalisation est en cours, qui concerne les mémoires sanitaires.
Constituer une archive ouverte. Reconstituer les mémoires sanitaires
Chercheurs impliqués : J e a n -Pierre Hervouët, Pascal Handschumacher, Dominique Laffly.
Ingénieurs : CNRS : Anne Tricot, Jacques Daléas, Raymond Badel ; UPPA : Monique Morales
Dans le domaine de la santé, l’un des apports majeurs de la géographie a été de montrer que les lieux ne sont pas neutres, pas plus que les espaces ne sont indifférents aux phénomènes pathogènes qui s’y développent. En raison de l’inefficacité du concept d’espace socialement ouvert, espace à risque articulé autour des mobilités, de nouveaux outils opérationnels pour prévenir le développement des maladies doivent être recherchés, emboîtés en fonction des échelles de fonctionnement des phénomènes considérés. Transmission, diffusion et propagation participent aux systèmes pathogènes à partir d’aires potentielles de la maladie qui ne se transforment en aires d’expression de celle-c i q u e s i d e s m ailles élémentaires de maladie, espaces partagés, tant par des hommes que des vecteurs, se mettent en place, à partir des modes de gestion des espaces générés par les sociétés humaines et selon les mobilités que les diverses activités des groupes induisent (Hervouët, Handshumacher, Laffly 2004).
L’un des problèmes majeurs rencontré par les programmes nationaux de lutte contre la Trypanosomiase Humaine Africaine (ou autres pathologies) réside dans la difficulté de localiser, déterminer et caractériser les espaces d’intervention prioritaires.
Cette difficulté est accentuée par l’absence, dans la plupart des pays d’une mémoire de la maladie et des épidémies passées dès que les spécialistes formés jusque dans les années soixante prennent leur retraite. Il en est ainsi de la Guinée qui ne dispose d’aucun service d’archive concernant le passé de la maladie du sommeil sur l’ensemble du territoire national.
Les archives du Pharo à Marseille n’ont conservé que les rapports par colonies du service général autonome de la maladie du sommeil (1939-1944), du service général d’hygiène mobile et de prophylaxie (1944-1958). Ces échelles ne sont pas suffisamment précises pour
pratiquer des analyses épidémiologiques opérationnelles au moment où certains parlent de
« génie épidémiologique » de la maladie.
Au cours de différentes missions qu’il a réalisées durant les années 1979 jusqu’à très récemment (2005), Jean-Pierre Hervouët a constitué une somme importante de données (notes manuscrites, photocopies, clichés numériques en format JPEG) relatives à la THA. En accord avec l’OOAS (Organisation Ouest Africaine de la Santé), actuelle détentrice des archives en Guinée, une base de données numériques est en cours de constitution. La sauvegarde de ces archives contribue à la reconstitution d’une mémoire sanitaire sur ces types de maladies.
La valorisation scientifique de ces ressources passe d’une part par la saisie et l’homégénéisation des informations contenues dans les rapports ; une agrégation des informations collectés ; et une intégration au centre de ressource Santé Littorale / Guinée auquel JP Hervouët participe. L’information contenue dans ces rapports permet d’aller bien au-delà des simples faits épidémiologiques (THA, mais aussi dès 1945 SGHMP, lèpre, affection à méningocoques, trépanosomes, onchocercoe, trachome pour 1952-53, puis palu, fièvre jaune etc.). De plus ces rapports permettent de suivre l’activité des services de santé les relations de la médecine préventive avec l’AMI et l’évolution des moyens mis en œuvre pour la prévention des grandes épidémies
Ces rapports et leur contenu participent du patrimoine de la connaissance de l’universel. Il est donc inconcevable qu’ils ne puissent être mis à la disposition du plus grand nombre. Le laboratoire SET souhaite participer à une expérience de valorisation de ces données sous la forme d’une archive ouverte. Dès lors l’accompagnement du projet se fera tant dans sa partie scientifique, juridique que technique.
En collaboration avec quelques ingénieurs du SET (Anne Tricot, Raymond Badel, Jacques Daléas, Nicole Lompré) et de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (Monique Moralès), l’équipe de chercheurs réunie autour de Jean-Pierre Hervouët souhaite valoriser ces matériaux précieux tant pour les chercheurs que les praticiens.
Ce second thème est donc transversal dans sa genèse et dans la dimension historique qui l’anime. Il est fondé sur des données historiques qui constituent un des corpus privilégiés de beaucoup de chercheurs sur SET. De plus, il sert de fondement aux recherches menées en géographie de la santé (Axe 1) et sur la question du risque (Axe 2), ici sanitaire. Enfin, il vient s’inscrire dans une des traditions du laboratoire de mise à disposition de l’information tant pour les chercheurs que pour les praticiens. Ainsi, les enjeux, notamment en matière de savoir-faire, de la mise à disposition de ces archives sont nombreux et intéressent l’ensemble des chercheurs du laboratoire.
Collaborations : Pour mener à bien ce projet des contacts sont pris auprès de l’UMR 8560 (CNRS- EHESS-Cité des Sciences et de l’Industrie -Muséum National d’Histoire Naturelle) notamment l’équipe du Pôle Histoire des Sciences et des Techniques en Lignes (CRHST-HSTL) en la personne de Stéphane Pouyllau. Une collaboration sous forme de transfert de compétences est envisagée entre le SET et l’UMR 8560. Des contacts sont également pris auprès de la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie (MAE) de Paris X Nanterre.
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Thème 3: Approche transversale des risques
La question des risques intéresse bon nombre de chercheurs du SET, que ce soit dans l’axe 2 ou dans l’axe 1. Afin de faire fructifier les démarches, les chercheurs ont décidé de mettre en place des séminaires transversaux et thématiques. Au-delà de la question du risque,
les chercheurs ont également souhaité contextualiser l’approche du risque en regard des recherches consacrées aux espaces sensibles et plus généralement à la question du lieu, d’où la proposition de trois types de séances.
Des séminaires transversaux intéressant l’ensemble des chercheurs du SET : La question des espaces sensibles (A. Etchélécou)
La question du lieu (D. Laffly)
Des séminaires transversaux concernant les équipes risques : Vulnérabilité – résilience (A. Tricot, S. Clarimont)
Échelles/temporalités du risque (Y. Poinsot, A. Etchélécou, D. Badariotti)
Risque et modélisation : une séance consacrée à la conception et l’opérationnalité de la modélisation (D. Laffly, J.-P. Hervouët etc.)
Une séance consacrée au risque, la modélisation et le débat public (S. Clarimont, A. Tricot)
Le risque et l’événement : en géographie, en histoire, voire en philosophie (A.Tricot, S. Clarimont)
Des séminaires thématiques :
Ecosystèmes/transports routiers/effets sur la végétation (A. Etchélécou) Controverses/conflits (B. Charlier)
Thème 4 : Forme, morphogenèse, esthétique
La forme est une thématique qui traverse l’ensemble des axes et pourrait donner lieu à des séminaires transversaux. Qu’il s’agisse de la morphogenèse abordée dans l’axe 1, de la forme territoriale développée dans l’axe 2 ou de la forme déclinée dans sa dimension esthétique dans l’axe 3, on reste sur un questionnement morphologique qui constituera un moteur d’animation dans le cadre de séminaires interaxes. La première réalisation concerne un séminaire sur le paysage mais un second séminaire concernant la question des formes dans l’espace public est en préparation.
Le paysage
Le paysage dans sa formalisation pourrait constituer une base solide de questionnement morphologique sous la forme de séminaires.
Le paysage constitue une référence commode pour aborder dans leur complexité les interrelations spatiales. À ce titre, le paysage est souvent défini comme le signe sensible de systèmes en interactions fonctionnelles, qu’il s’agisse de systèmes à composantes naturelles, anthropiques ou mixtes. Ainsi conçu, le paysage se pose tour à tour comme le résultat d’une production matérielle comme un spectacle donné à voir ou encore comme une représentation mentale construite dans l’esprit de celui qui, en l’observant, cherche à l’interpréter et à le comprendre. Selon que l’on mette l’accent sur telle ou telle acception du paysage, on peut avancer une multitude d’approches complémentaires voire contradictoires au point de susciter parfois la polémique. G. Bertrand a bien montré l’opposition de nature entre le paysage matériel que l’on a « devant les yeux » et le paysage immatériel représenté que l’on a
« derrière les yeux ».
Autour du « Paysage » un séminaire est à organiser en privilégiant les regards croisés : Paysage de l’école bisontine : Brossard, Wieber, Ormaux et Laffly.
Géosystème et Paysage : G. Rougerie et G. Bertrand
Systèmes agraires et/ou Paysages : INRA (Desfontaines, Lardon et Poinsot), CDEO et CRP (C. Soulas et P. Gascouat)
Landscape Ecology et Paysage : V. Berdoulay et Arnoud
Art écologique et paysage durable : J. Lolive et N. Blanc Opérationnalité et méthodologie d’analyse autour du paysage.
Degremont, Puyo, Saule : analyse du contenu historico-culturel (peinture, gravure, texte…)
Moreau, Laffly, Hervouët : informations endogènes et exogènes pour décrire les paysages