Chapitre 14 :
Calcul intégral et primitive
I. Intégrale d’une fonction continue et positive
1. Introduction
On appelle domaine associé à une fonction f positive sur [a ; b] le domaine D délimité par la courbe Cf , l’axe des abscisses, et les droites d’équations x = a et x = b ( avec a < b ).
Ce domaine est l’ensemble des points M(x, y) du plan tels que : a < x < b et 0 < y <f(x).
Le plan étant muni d’un repère orthogonal (O, I, J), l’unité d’aire ( en abrégé u.a. ) est l’aire du rectangle construit à partir des trois points O, I et J.
2. Aire et intégrale
Définition : Soit f une fonction continue et positive sur [a ; b].
On appelle intégrale de a à b de la fonction f l’aire du domaine associé à f sur [a ; b], exprimée en unité d’aire.
Ce nombre est noté. b
( )
a
f x dx
Vocabulaire et notation :
b
( )
a
f x dx
se lit « intégrale de a à b de f(x) dx » , ou « somme de a à b de f(x) dx ». Les réels a et b sont appelés les bornes de l’intégrale.
La lettre x peut être remplacée indifféremment par t, u, … ou n’importe quel symbole à l’exception de a et de b : c’est une variable muette.
Exemple : 5
A 2 (2x 1) dx. (9 3) 3
A 18
2 aire d’un trapèze
II. Extension et premières propriété
1. Intégrale d’une fonction continue de signe quelconque sur [a ; b]
Si f est une fonction continue et négative sur [a ; b], on appelle intégrale de a à b de la fonction f, et on note
b
a f(x) dx l'opposé du nombre réel correspondant à l'aire, en unités d'aire, de la partie du plan limitée par la courbe (Cf), l'axe des abscisses et les droites d'équations x = a et x = b .
On dit parfois que
b
a f(x) dx est l’aire algébrique du domaine délimité D, on a donc : b
( )
a
f x dx
= - aire(D). Si f est une fonction continue qui change de signe sur [a ; b], on appelle intégrale de a à b de la fonction f, et on note
b
a f(x) dx la somme des aires algébriques des domaines définis à partir des intervalles sur lesquels f(x) garde un signe constant.
+
- -
a b
Application 1: Calculer 3
1 1 x dx.
Sur [1 ; 3 ] la fonction
x 1 x
est négative on a donc :3
1
(1 x dx ) 2
Application 2: Soit f la fonction définie sur [– 3 ; 3] par :
2x 6 si x 3; 2
f (x)
x si x 2; 3 .
Tracer la courbe Cf représentant f dans un repère orthonormé et calculer
3
I 3f (x) dx.
3 0 3
3 3 0
I f (x)dx f (x)dx f (x)dx 3 4.5 1.5
2. Propriétés
Propriétés :
Soient f et g deux fonctions continues sur un même intervalle I et a, b et c trois réels de I.
1)
bcb a c
a
dx ) x ( f dx ) x ( f dx x
f .( Relation de Chasles )
2)
abb a b
a
dx ) x ( g dx ) x ( f dx ) x )(
g f
( ( Linéarité )
abb a
dx ) x ( f dx
) x )(
f
( , pour tout réel .
Exemple :
3 0 3 3 3
3
sin( ) x dx
3sin( ) x dx
0sin( ) x dx
0sin( ) x dx
0sin( ) x dx 0
III. Encadrement et valeur moyenne
1. Signe de l’intégrale et encadrement
Théorème :
Soient f et g deux fonctions continues sur un même intervalle I et a, b deux réels de I.
1) Si a ≤ b et si pour tout réel x de [a ; b ] , f(x) ≥ 0 alors b
( )
a
f x dx
≥ 02) Si a ≤ b et si pour tout réel x de [a ; b ] , f(x) ≤ g(x) alors b
( )
a
f x dx
≤
abg x dx ( )
Exemple :
1 0
xdx
≥
01x dx ²
Théorème : inégalité de la moyenne
Soit f une fonction continue sur un intervalle I, m et M deux réels ; a et b deux réels de I tels que a ≤ b . Si m ≤ f ≤ M sur [ a ; b ] alors : m ( b – a ) ≤ b
( )
a
f x dx
≤ M ( b – a ) Preuve :2. Valeur moyenne d’une fonction continue
Définition : Soit f une fonction continue sur [a ; b].
La valeur moyenne de f sur [a ; b] est le réel b
a
k 1 f (x)dx
b a
= -
ò
.Interprétation graphique :
Puisque b
a k dx k b a , on a donc b b
a k dx a f (x) dx. Ainsi, pour une fonction f positive sur [a ; b] l’aire du domaine associé à f sur [a ; b] est égale à celle du rectangle de dimensions ket b – a.
IV. Intégrale et primitive
1. Primitive d’une fonction
Définition :
Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Une primitive de f sur I est une fonction F dérivable sur I, telle que pour tout x dans I, F’(x) = f(x)
Exemple :
La fonction carré x x² est une primitive sur IR de la fonction x 2x Théorème :
k
a b
(C)
Corollaire :
2. Primitive d’une fonction continue
Théorème admis : Soient f une fonction continue sur un intervalle I et a un élément de I.
La fonction F définie sur I par
( )
x( )
F x
af t dt
est l’unique primitive de f sur I qui s’annule en a.Remarque : La fonction F ainsi définie est donc dérivable sur I et de dérivée f.
Exemple : La fonction t 1
t est continue sur ]0 ;+∞[ et son unique primitive qui s’annule en 1 est la fonction logarithme népérien. On a donc, pour tout réel x > 0, x
1
ln x 1dt
t .
3. Primitives des fonctions usuelles et opérations
Voir tableau en annexe
Autre cas particulier : Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I, une primitive de la fonction
( )
xu ax b ( a ≠ 0 ) , est la fonction x 1U ax b( )
a ou U est une primitive de u sur I.
Exemple : Soit f la fonction définie sur IR par : f x( )(6x1)². Une primitive de la fonction carré est la fonction 1 3
x3x
Donc, une primitive de f est la fonction F définie sur IR par : ( ) 1 1(6 1)3 1 (6 1)3
6 3 18
F x x x
V. Calculs d’intégrales
Conséquence :
Soient f un fonction continue sur un intervalle I et F une primitive quelconque de f sur I.
Démontrer que, pour tous réels a et b de I, on a : b
a f (x) dx F(b) F(a).
Théorème :
Soit f un fonction continue sur un intervalle I. Pour tous réels a et b de I, on a :
b
[ ]
baa f (x)dx= F(x) =F(b)-F(a)
ò
, où F une primitive quelconque de f sur I.Exemple :
Sur IR la fonction cosinus admet pour primitive la fonction sinus d’où : 02
20
cos( ) sin( ) sin( ) sin(0) 1 t dt t 2
Théorème : Intégration par parties
Soient u et v deux fonctions dérivables à dérivées u’ et v’ continues sur un intervalle I et a et b deux réels de I.
On a :
abb
a b
a
dx ) x ( v ) x ( ' u )
x ( v ) x ( u dx ) x ( ' v ) x (
u
.Preuve :
La fonction uv est une fonction dérivable sur I et de dérivé : (uv)’ = u’v + uv’.
Ainsi : uv’ = (uv)’ – u’v (1)
Puisque uv’ , (uv)’ et u’v sont continues sur I on en déduit de la relation (1) que : ( ) '( ) ( ) '( ) '( ) ( )
b b
au x v x dx a u v x u x v x dx
Par linéarité de l’intégrale on obtient : b
( ) '( )
b( ) '( )
b'( ) ( )
a
u x v x dx
au v x dx
au x v x dx
Or uv est une primitive de (uv)’ sur I , donc b( ) '( )
( ) ( )
ba a
u v x dx u x v x
Ainsi on obtient :
abb
a b
a
dx ) x ( v ) x ( ' u )
x ( v ) x ( u dx ) x ( ' v ) x (
u .
Exemple : Calcul de 1
0
te dtt
.1 0
te dtt
est de la forme 10u t v t dt( ) '( )
, avec u(t) = t et '( )v t et. On a alors : u’(t) = 1 et ( )v t et , avec u , v , u’ et v’ des fonctions continues sur [0 ; 1 ]. Donc d’après la formule d’intégration par parties on a :1 1 1 1 1
0 0 0
0te dtt tet 0e dtt tet et e (e 1) 1
Interprétation cinématique :
Pour un mobile se déplaçant sur une droite, ou sur toute ligne « continue » à la vitesse instantanée v(t) (t est le temps), toujours positive ou nulle, la distance d parcourue entre les instants t1 et t2 s’exprime par :
2
1
t
d t v(t) dt.
La vitesse moyenne d’un mobile est la valeur moyenne de la vitesse . En effet, avec la notation donnée, on a : vitesse moyenne = distance parcourue
durée du trajet = t – t
2
1
t
t v(t) dt = valeur moyenne de la vitesse.