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Le jeu Eduquer par le jeu?

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Le jeu – Eduquer par le jeu ?

Introduction

Le jeu semble d’abord être fondamentalement du côté d’une forme de faiblesse – la faiblesse puérile de l’enfance.

Vouloir éduquer à travers le jeu serait une manière de surprotéger les enfants de la réalité en fondant une éducation sur le plaisir et le divertissement qui ratent nécessairement la structure coercitive du réel.

Mais jouer à un jeu, ce n’est pas simplement jouer. En effet, ce qui définit tout jeu est le rapport à une règle – de ce point de vue un jeu est bien différent d’un jouet.

Il faut alors penser ce rapport à la règle. Alors qu’une règle est fondée par une forme de verticalité qui s’exerce de haut en bas, i.e. obéit à une logique de pouvoir par contrainte, la verticalité de la règle du jeu s’exerce de bas en haut, i.e. obéit à une logique de pouvoir par autorité. Quiconque joue à un jeu reconnaît toujours d’abord l’autorité de la règle du jeu. Personne ne commencer à jouer au football en disant « Tiens, je vais changer les règles du jeu » ou « ces règles du jeu sont horribles et nuisent à ma liberté, je refuse d’obéir, etc. ». Autrement dit, jouer à un jeu implique que le joueur s’oblige inconsciemment à respecter les règles. Tout jeu suppose donc toujours la présence de règles qui ne semblent jamais se donner avec justement la force d’une règle, i.e. comme contrainte. Le jeu peut donc se révéler en un sens comme une ruse en matière d’éducation – i.e. comme un moyen d’inculquer des règles qui passent pour obligations et non contraintes.

Mais à travers le jeu s’agit-il simplement de savoir maîtriser les règles ou de les respecter ? Autrement dit, le jeu n’est-il qu’une forme passive de rapport à la règle ? Être autonome n’est-ce pas se donner librement et activement ses propres règles du jeu en quelque sorte ? N’y a-t-il pas ainsi une manière de concevoir le jeu comme éducation à l’exercice même de la liberté ?

I – La puérilité du jeu comme forme d’éducation II – Les règles du jeu

a – Le rapport à la règle

b – La justice du jeu ou la fair-play c – La maîtrise sociale des règles III – Le jeu comme liberté

a – La moralité du jeu ou la question de l’éducation à l’autonomie

b – L’importance de l’humour en éducation ou le Witz comme jeu de l’esprit

I – La puérilité du jeu comme forme d’éducation

Il est vraiment singulier de voir comment des hommes raisonnables sont capables de rester assis et de mêler des cartes pendant des heures entières. Cela montre bien que les hommes ne cessent pas si aisément d’être enfants. Car en quoi ce jeu est-il supérieur au jeu de balle des enfants ? Il est vrai que les grandes personnes ne vont pas à cheval sur des bâtons, mais elles n’en ont pas moins d’autres dadas.

Il est de la plus grande importance d’apprendre aux enfants à travailler. L’homme est le seul animal qui soit voué au travail. Il lui faut d’abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de ce qui est nécessaire à sa conservation. La question de savoir si le Ciel ne se serait pas montré beaucoup plus bienveillant à notre égard, en nous offrant toutes choses déjà préparées, de telle sorte que nous n’aurions pas besoin de travailler, cette question doit certainement être résolue négativement, car il faut à l’homme des occupations, même de celles qui supposent une certaine contrainte. Il est tout aussi faux de s’imaginer que, si Adam et Ève étaient restés

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dans le paradis, ils n’eussent fait autre chose que demeurer assis ensemble, chanter des chants pastoraux et contempler la beauté de la nature. L’oisiveté eût fait leur tourment tout aussi bien que celui des autres hommes. […] On doit donc accoutumer l’enfant à travailler. Et où le penchant au travail peut-il être mieux cultivé que dans l’école ? L’école est une culture par la contrainte. Il est extrêmement mauvais d’habituer l’enfant à tout regarder comme un jeu. Il doit avoir du temps pour les récréations, mais il faut aussi qu’il ait ses moments de travail. S’il n’aperçoit pas d’abord l’utilité de cette contrainte, il la reconnaîtra plus tard […].

L’éducation doit être forcée, mais cela ne veut pas dire qu’elle doive traiter les enfants comme des esclaves.

Kant, Réflexion sur l’éducation, Vrin, p. 111

La nécessité d'être élevé existe chez les enfants comme le sentiment qui leur est propre de ne pas être satisfaits d'être ce qu'ils sont. C'est la tendance à appartenir au monde des grandes personnes qu'ils devinent supérieur, le désir de devenir grands. La pédagogie du jeu traite l'élément puéril comme quelque chose de valable en soi, le présente aux enfants comme tel, et rabaisse pour eux ce qui est sérieux, et elle-même à une forme puérile peu considérée par les enfants. En les représentant comme achevés dans l'état d'inachèvement où ils se sentent, en s'efforçant ainsi de les rendre contents, elle trouble et elle altère leur vrai besoin spontané qui est bien meilleur. Elle a pour effet le détachement des réalités substantielles, du monde spirituel et d'abord le mépris des hommes, qui se sont présentés eux-mêmes comme puérils et méprisables aux enfants, et enfin, la vanité et la confiance des enfants pleins du sentiment de leur distinction propre.

Hegel, Principes de la philosophie du droit

T – Mais il faut revenir au concept de jeu pour en préciser le sens. Un jeu ne saurait être un jouet. Autrement dit, le jeu se différencie du jouet en ce qu’il implique un rapport à des règles. Et ce rapport à la règle nécessite de redéfinir le rapport au jeu du point de vue de l’éducation.

II – Les règles du jeu

a – Le rapport à la règle

Je dis et déclare que, dans toutes les cités, on a, jusqu’ici, universellement ignoré que les jeux sont matière d’importance primordiale pour la législation, et causes, pour les lois existantes, de stabilité ou de caducité. S’ils sont, en effet, bien réglés, de sorte que les mêmes âges jouent toujours les mêmes jeux suivant les mêmes principes et de la même façon et se plaisent aux mêmes amusements, ils laissent ainsi, aux coutumes qui gouvernent les affaires sérieuses, la possibilité de durer sans que rien ne les trouble ; s’ils sont au contraire, instables, s’ils sont matière perpétuelle à innovations et changements de toutes sortes ; si les objets auxquels les jeunes gens trouvent leur plaisir ne sont jamais les mêmes, ni la décence ou l’indécence, soit dans leur maintien personnel soit dans toutes les chose à leur usage, jamais estimées de façon unanime et invariable, mais leur plus haute faveur assurée à qui inventera sans cesse du nouveau et apportera quelque mode qui sorte de l’habituel quant aux formes, aux couleurs, à toutes autres choses de même sorte, il n’y a pas alors de plus profonde ruine pour une cité, nous le dirons avec toute raison, car cela transforme insensiblement les mœurs de la jeunesse et l’amène à mépriser tout ce qui est ancien, à n’estimer que ce qui est nouveau.

Platon, Les lois, Livre VII, 797 a-c

T – Puisqu’il est question du rapport à la règle, le jeu implique aussi la question du respect de la règle, i.e.

contribue à constituer un principe de justice qui est fondamentalement à l’œuvre dans le jeu au sens où celui qui ne

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respecte pas les règles, celui qui triche, est injuste et hors-jeu. D’où une forme d’éducation morale à la justice – i.e. au fair-play.

b – La justice du jeu ou la fair-play

Tout comme des joueurs ont pour but commun de bien jouer et de façon correcte (fair), de même les membres d’une société bien ordonnée ont pour but commun de coopérer afin de réaliser leur propre nature d’une manière qu’autorisent les principes de justice.

Rawls, Théorie de la justice, § 79

T – Seulement, le rapport à la règle implique non seulement le respect des règles mais aussi la maîtrise des règles – or savoir maîtriser les règles confère un savoir social.

c – La maîtrise sociale des règles

L’expression « c’est le jeu » laisse bien entendre qu’il faut se plier aux règles, mais aussi que le jeu consiste à bien maîtriser les règles. D’où l’idée d’un jeu social au sens où les règles constituent une apparence qui pourtant structure la réalité. Quelqu’un qui ne joue pas le jeu en société, i.e. qui refuse les règles, se bannit de la société.

D’où un enjeu social essentiel du jeu. D’ailleurs, est admiré l’homme qui joue bien et qui maîtrise les règles, est exclu l’homme qui ne joue pas le jeu social. Il est ainsi possible de considérer que le jeu est une manière d’éduquer à la logique sociale de la réalité au sens où il faut savoir jouer le jeu – même si la question du paraître et du rapport à la vanité peut alors se poser.

Pour l’anthropologie. L’homme, pour lui seul, ne joue pas. Il ne chercherait ni à pousser habilement des boules de billard, ni à renverser des quilles, ni à jouer au bilboquet ou au solitaire. Tout cela, s’il le fait seul, il ne le fait que pour pouvoir montrer ensuite son adresse à d’autres. Pour lui, il est sérieux. De même, il ne consacrerait pas le moindre effort au beau, s’il ne devait par-là, comme il l’attend, être un jour vu et admiré par d’autres.

Cela appartient aussi au jeu. Il pourrait peut-être jouer avec des rats et des chèvres, comme Selkirk, mais en les considérant par analogie comme des personnes, il les domine, gagne leur sympathie, leur confiance et leur respect. Le jeu, sans spectateur humain, serait pris pour une folie. Ainsi tout cela a-t-il un rapport essentiel à la sociabilité et ce que nous-mêmes y ressentons directement est-il tout à fait négligeable. La communication, et ce qui se reflète sur nous-mêmes par-là, est la seule chose qui nous intéresse.

Kant, Réflexion 987

T – Il est possible d’aller encore plus loin et de repenser les rapports à la règle. S’agit-il simplement de savoir maîtriser les règles ou de les respecter ? Il semble exister un rapport à la règle qui implique aussi un rapport de liberté. Il s’agit d’ailleurs de la définition même de l’autonomie qui consister à se donner librement ses propres règles du jeu en quelque sorte. N’y a-t-il une manière de concevoir dans le jeu plus qu’un divertissement, plus qu’une maîtrise et plus qu’une obéissance – à savoir l’exercice même d’une liberté ?

III – Le jeu comme liberté

La représentation de l’enfant peut se voir modifier en ce que le jeu peut devenir une pratique pédagogique dont la valeur provient précisément de sa proximité à la liberté. Il se joue là un renversement du rapport au jeu. Ni puérilité, ni ruse pour accepter les contraintes, mais le jeu peut servir d’exercice même de la liberté.

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a – La moralité du jeu ou la question de l’éducation à l’autonomie

Il y a une importance du jeu en ce que les hommes se soumettent librement à des règles qu’ils choisissent – autrement dit, ils font l’apprentissage mineur de l’autonomie.

Nature du jeu dans le Critique de la faculté de juger – notamment avec l’idée de jeu des facultés. Il faut bien différencier ce jeu du jeu de l’anthropologie dont la finalité est de passer le temps et relève du plaisir de sensation et non de réflexion. A l’inverse, le jeu des facultés, à savoir l’imagination et l’entendement dans l’expérience même du beau, relève d’un plaisir de réflexion. D’où les effets du jeu des facultés – le plaisir, l’accord de la liberté et de la légalité, l’accord interhumain et le sens commun.

Même idée chez Schiller qui hérite de Kant mais qui plus que Kant fait du jeu une définition de l’homme. Il hérite d’une anthropologie qui pense une division de l’homme entre raison et sensibilité. Il faut différencier en l’homme un homme physique et un homme moral. Il s’agit certes de penser la division mais de penser à l’instar de toute la pensée allemande de l’époque une réconciliation. L’homme est donc sollicité toujours par une double législation – la législation de la nature et la législation de la raison. Cf. les oppositions qui structures les Lettres sur l’éducation de Schiller – raison/sensibilité, permanence/changement, existence absolue/existence temporelle, liberté/dépendance, activité/passivité, tendance formelle/tendance sensible et matérielle, etc. Les divisions sont sans fin et constituent l’homme.

Pour résoudre la division et l’opposition, il faut s’aider du Spieltrieb – la tendance au jeu – à travers la figure par excellence de la beauté qui est en est l’objet moral. Le jeu est le lieu où l’homme est finalement le plus complet.

L’homme ne joue que là où dans la pleine acception de ce mot il est homme, et il n’est tout à fait homme que là où il joue.

Schiller, Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, Lettre XV

T – Il est possible d’aller un peu plus loin est de voir encore un autre rapport à la règle à travers précisément l’exemple du jeu de mot qui est aussi l’expression à travers le langage d’une forme de liberté mais au sens plutôt de libération.

b – L’importance de l’humour en éducation ou le Witz comme jeu de l’esprit

Il s’agit d’abord de penser le jeu dans son rapport à la réalité et de comprendre la comparaison que fait Freud entre le jeu et le rêve pour saisir ensuite l’importance du jeu de mot.

[…] Attardons-nous encore un instant à l’opposition entre réalité et jeu ! Quand l’enfant a grandi et a cessé de jouer, quand il a déployé des décennies durant des efforts animiques pour appréhender les réalités de la vie avec le sérieux requis, il peut un jour tomber dans une disposition animique qui supprime à nouveau l’opposition entre jeu et réalité. L’adulte peut se rappeler avec quel grand sérieux il s’adonna jadis à ses jeux d’enfant et, en assimilant maintenant ses occupations prétendument sérieuses à ces jeux d’enfant, il se débarrasse de l’oppression par trop lourde de la vie et conquiert de haute lutte ce gain de plaisir qu’est l’humour. Ainsi donc, l’adolescent cesse de jouer, il renonce apparemment au gain de plaisir qu’il retirait du jeu. Mais quiconque connaît la vie d’âme de l’être humain sait qu’il n’est guère chose aussi difficile pour celui- ci que le renoncement à un plaisir déjà connu une fois. À vrai dire, nous ne pouvons renoncer à rien, nous ne faisons qu’échanger une chose contre l’autre ; ce qui paraît être un renoncement n’est en réalité qu’une formation substitutive ou succédanée. C’est ainsi que l’adolescent, quand il cesse de jouer, n’abandonne lui non plus rien d’autre que l’étayage sur des objets réels ; au lieu de jouer, maintenant il fantaisie, il se bâtit des

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châteaux en Espagne. Il crée ce qu’on appelle des rêves diurnes. Je crois que la plupart des hommes, à certaines périodes de leur vie, forment des fantaisies.

Freud, « Le poète et l’activité de fantaisie » in Freud et la création littéraire, PUF « Quadrige », p. 16

Freud avance l’hypothèse d’abord que tous les hommes jouent et que ce jeu est essentiel pour l’économie du psychisme en ce qu’il lie jeu et plaisir – mais dans le jeu de mot, il ne s’agit pas que d’une recherche du plaisir pour le plaisir. Il s’agit bel et bien d’une manière de détourner les formes de névroses possibles liées à la censure.

[…] Le surmoi, lorsqu’il provoque l’attitude humoristique, écarte au fond la réalité et sert une illusion. […]

L’humour semble dire « Regarde ! voilà le monde qui te semble si dangereux ! Un jeu d’enfant ! le mieux est donc de plaisanter ! ». Si vraiment c’est le surmoi qui, par l’humour, s’adresse, plein de bonté et de consolation, au moi intimidé ou épouvanté, cela nous rappellera qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre de l’essence du surmoi. Tous les hommes d’ailleurs ne sont pas également capables d’adopter l’attitude humoristique ; c’est là un don rare et précieux, et à beaucoup manque jusqu’à la faculté de jouir du plaisir humoristique qu’on leur offre. Et finalement, quand le surmoi s’efforce, par l’humour, à consoler le moi et à le préserver de la souffrance, il ne dément point par là son origine, sa dérivation de l’instance parentale.

Freud, Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, Appendice, Gallimard

Il avance l’hypothèse que le Witz révèle l’emprise inconsciente qui gouverne la parole et le langage. Les mécanismes qui produisent l’effet comique présentent de nombreuses similitudes avec le travail psychique qui s’accomplit dans les rêves. Notamment le procédé de condensation, i.e. en dire peu pour exprimer beaucoup, mais surtout le procédé de déplacement qui vise à contourner les interdits que la censure exerce sur les contenus agressifs ou sexuels refoulés, tout en permettant leur retour sous une autre forme – d’où le nombre de blagues sexuelles ou un peu féroces.

Ces mécanismes s’observent plus aisément dans les jeux de mot tendancieux plutôt que dans les jeux de mot innocents car dans ce dernier cas, seule la technique même du mot d’esprit constitue la source de plaisir alors que dans l’autre cas le plaisir vient d’une « économie réalisée sur la dépense d’inhibition ou de répression ».

Par exemple, face un homme violent, il est possible d’exprimer notre tendance agressive, mais la censure implique de se retenir, i.e. refoule l’expression de notre pulsion d’agressivité qui entraine alors une forme de névrose. Le jeu de mot peut justement se révéler comme une forme de compromis qui consiste à neutraliser l’agressivité en même temps que la névrose de la censure. Il s’agit d’exprimer symboliquement quelque chose que je ne peux exprimer réellement. L’intention est la même mais sublimée par le jeu de mot – il y a donc une libération du désir sans que ce désir ne s’exprime par les mêmes moyens.

Autre exemple, « Dieu a dit « Il faut partager ». Les riches auront la nourriture, les pauvres de l’appétit ».

Coluche. Il s’agit de détourner les formes possibles de névrose liées à la réalité castratrice ou liées aux interdits religieux.

Ou encore exemple de l’humour noir – « La mort est un manque de savoir-vivre » Pierre Dac. Il y a une castration de la mort et de la maladie donc faire de l’humour là-dessus est une manière de les vaincre symboliquement et de s’en libérer alors que je ne peux les vaincre réellement. Ou encore exemple même de Freud, qui en 1938, lorsqu’il quitta l’Autriche pour se réfugier à Londres, écrivit sur la déclaration exigée par les autorités, certifiant qu’il n’avait pas été maltraité « Je puis cordialement recommander la Gestapo à tous ».

Qui plus est, à la différence du rêve, que Freud considère comme un produit psychique asocial, le mot d’esprit constitue la plus sociale des activités psychiques.

Le jeu de mot comme jeu de l’esprit est donc précisément une manière de libérer l’homme ce qui est susceptible de le névroser et en même temps de renforcer les liens sociaux. D’où l’importance de l’utiliser comme moyen d’éducation.

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